Ouf, après une LONGUE absence, me revoilà. Je suis trop, trop désolée de ne pas avoir pu mettre ce chapitre en ligne depuis… oh… bien trop longtemps. Mais bon, je vais me rattraper :) En espérant ne pas avoir perdu trop de monde… Enfin bref…

Darken et Isabella atteignirent le Palais du Peuple quelques heures plus tard. Durant tout le voyage, nul mots ne furent échangés. Darken ne cessait de jeter des regards, qui se voulaient discrets, vers Isabella. Celle-ci préférait regarder les paysages à travers la fenêtre du fiacre qui les ramenait au Palais du Peuple. Isabelle essayait d'ignorer sa douleur du mieux qu'elle le pouvait et également de cacher sa peur.

Lorsqu'ils s'arrêtèrent, le chauffeur du fiacre vint leur ouvrir la porte. Darken offrit son bras à Isabella comme appui… encore une fois, et elle accepta son aide, encore une fois. Darken marchait doucement, pour permettre à la blessée de se déplacer sans douleur. Il était calme, apaisant et silencieux et cela ne rassurait pas du tout Isabella. Son attitude l'effrayait même. Ce n'était pas dans l'habitude de Darken Rahl d'être aussi serviable.

Ils marchèrent jusqu'à atteindre l'aile ouest du palais, là où se trouvait la chambre d'Isabella. Darken lui ouvrit la porte et attendit qu'elle y rentre en première, mais la jeune femme ne fit pas un geste. Il savait qu'elle le craignait encore. Sans réfléchir à ses paroles, Darken la rassura : « Tout va bien, je ne te ferais pas de mal »

Elle lui lança un regard qui signifiait la même chose que : « Et pourquoi serais-je censée te croire ? » mais elle n'avait pas d'autre choix. S'appuyant toujours sur le bras de Darken, Isabella pénétra la chambre. Darken la conduit jusqu'au lit et la déposa délicatement sur le lit. Une fois Isabella installée, Darken recula de quelques pas et l'observa un court instant. Il sourit quelque peu et lui dit à titre d'information : « Ne bouge pas, je reviens tout de suite », puis il disparut.

« Comme si j'avais le choix » soupira Isabella.

Quelques temps plus tard, Darken retourna à la chambre d'Isabella avec un plateau recouvert d'un simple torchon. Il portait le plateau lui-même, car il serait stupide de demander à une servante de le faire à sa place il ne voulait pas que quelqu'un sache qu'il s'occupait d'Isabella. Celle-ci s'était installée au milieu du lit et appuyait doucement sur sa cheville blessée. Lorsqu'elle l'aperçut dans l'entrebâillement de la porte, elle stoppa net son geste et le fixa longuement. Darken entra à son tour dans la chambre, posant le plateau sur la table de chevet, croisant encore une fois le regard d'Isabella. « Tu as encore beaucoup mal ? » demanda-t-il. Elle sourit ironiquement et répondit d'une même voix : « Grâce à tes Mord'Siths. »

Le seigneur de D'Hara mordit sa lèvre inférieure. Il était à la fois agacé et surpris par son attitude envers la jeune femme. Darken plaça ensuite le plateau entre lui et Isabella, relevant le torchon d'un geste rapide. Isabella vit sur le plateau deux petits bols en terre cuite remplis d'eau, un autre bol contenant une substance pâteuse couleur crème, quelques morceaux de tissus propres et du coton. Darken s'empara en premier d'un morceau de coton et le trempa dans le bol d'eau. Doucement, il tenta d'enlever le sang séché du front d'Isabella, mais celle-ci se rétracta rapidement. D'une voix calme, mais stricte, Darken lui dit : « Ne t'inquiètes pas, je ne te ferais pas de mal. Je vais simplement enlever le sang de ton visage » Isabella ne réagit pas à ses propos, mais elle ne se rétracta pas lorsqu'il s'appliqua à nouveau à éponger son front. Finalement, alors qu'il sécha le visage de la jeune femme avec un morceau de tissu, il la vit mordre sa lèvre au sang et agripper ses cuisses fermement. Darken savait, il savait à quel point ses Mord'Siths pouvaient être féroces et sans pitié. Ce qui l'épatait était la persévérance d'Isabella à ne pas montrer à quel point elle avait mal.

« J'ai entendu que tu as sauvé Nicci »

Isabella le regarda, confuse : « Nicci, qui est… oh, cette femme, son nom est Nicci ? »

« Tu ne te soucis pas vraiment des noms, ai-je tort ? Tu ne connais même pas le nom de la femme que tu as sauvée » Darken sourit narquoisement.

« Les noms ne sont pas importants quand on sait que les actions d'une personne la décrivent mieux que n'importe quels noms »

«C'est une bonne manipulatrice » rajouta Darken d'une voix calme.

« Et de toute façon » Isabella continua de parler comme s'il ne l'avait pas interrompue, « n'importe quelle personne étant votre prisonnier mérite un traitement meilleur. »

« Tu ne sais rien de cette femme. Si tu savais qui elle était, tu ne serais pas de son côté ».

« Je sais très bien qu'elle est du côté du mal. Le mal ne se cache pas aussi facilement je le voyais danser de mille flammes dans ses yeux. Même mourante, cette flamme brillait dans ses yeux. Mais en tant que votre prisonnière, elle n'était pas aussi mauvaise que celui qui l'avait capturée. De plus, elle était mourante et même si elle n'est pas une bonne personne, elle comme moi et vous, mérite de vivre » explique Isabella.

« Donc, -si j'en crois ta description-, si tu me trouvais mourant, tu me sauverais ? » demanda Rahl d'une voix neutre.

Elle fronça les sourcils : « Quelle genre de question à poser » se dit-elle, mais la dernière chose qu'elle voulait, c'était de le contrarier. « Je pense que même vous auriez besoin d'être sauvé de la mort. Pourtant, vous étiez mort l'année dernière, tout le monde le savait. Et vous voilà Darken Rahl, celui qui a défié et vaincu la mort. Je crois qu'une simple fille comme moi ne suffirait pas à vous sauver. Je ne suis pas assez puissante »

« Tu n'es certainement pas faible » il pensa tout bas, pendant qu'il épongeait le visage de la jeune femme.

Pendant que Rahl prenait soin d'elle, son regard tomba sur son annuaire gauche, où la peau à la base du doigt était plus clair que le reste de la main. Elle portait la marque d'une bague, une bague qu'elle ne portait plus. « Tu es mariée ? » demanda-t-il d'une voix qu'il espérait, sonnait calme et posée. Elle leva la tête et le fixa dédaigneusement : « Quelle différence ça fait ? N'essayerais-vous pas de me violer, même si j'étais mariée ? Cela vous importerait-il de me faire du mal en sachant que je suis mariée ? » Rahl serra le morceau de tissu fermement dans sa main, tentant de se calmer. Il reprit de soigner le visage d'Isabella, s'y prenant plus fermement cette fois-ci. « Non, tu as raison. Cela ne changerait rien »

Rahl jeta le morceau de tissus imprégné de sang violemment sur le plateau, trempant un deuxième morceau de coton dans l'eau et s'appliquant à tamponner le bras d'Isabella. Elle ne cessait de le fixer d'un œil suspicieux. « Oui, j'étais mariée » Rahl sourit ironiquement. « Était mariée ? Quoi, tu es partie en courant ? » Elle lui sourit : « Non, c'est lui qui est parti en courant » Rahl croisa son regard, se sentant déconcerté. « Pourquoi serait-il parti ? » Le sourire d'Isabella n'avait pas quitté ses lèvres, mais il se fit triste. « Il est mort »

Les mains de Darken se frigorifièrent. Il connaissait ce regard dans les yeux d'Isabella, il l'avait déjà vu avant, quelques années plus tôt : il avait eu le même regard dans ses yeux à la mort d'Alma. Il sécha les plaies d'Isabella avec un autre tissu propre. « Comment il s'appelait ? » Isabella évitait de croiser son regard : « Daniel »

« Daniel Knight ? »

« Non »

« Tu utilises ton nom de jeune fille ? Tu le haïssais autant que tu ne veux même pas porter son nom ? » Elle lui lança un regard des plus noirs : « Je ne porte pas son nom, parce qu'à chaque fois que je l'entends, il me rappelle que j'ai perdu une personne chère à mon cœur, une personne que j'aimais » Darken soutint son regard, mais il ne la voyait pas elle : il ne cessait de voir Alma. Cela le rendait de plus en plus malade.

« C'est pour cela que tu as retiré ta bague ? »

« Oui, c'est pour cette raison que j'ai enlevé la bague. Il y a longtemps, elle m'inspirait le bonheur et la joie, aujourd'hui elle n'est plus qu'un outil de torture. »

Darken la regarda d'un air surpris. Lui-même avait qualifié la bague qu'il voulait offrir à Alma d' « objet de torture ». A chaque fois qu'il la voyait, il se rappelait de la vie qu'il aurait pu partager avec Alma. Soudainement, il se rendit compte qu'entre lui et Isabella, il n'y avait pas de grandes différences. Peut-être qu'Alma était mieux que lui dans le sens, où elle avait passé du temps avec l'homme qu'il aimait avant qu'il ne meurt. Lorsqu'il croisa le regard de la jeune femme, il fut d'autant plus surpris qu'elle ne détourna pas ses yeux. Soupirant quelque peu, il jeta le tissu sur le plateau, trempant un énième morceau de coton dans l'eau. Sans réfléchir, le leva la robe d'Isabella afin d'analyser sa jambe, mais celle-ci se défit de sa poigne et encercla ses jambes de ses bras en un geste protectif. Son regard se posa à nouveau sur lui : un regard empli de haine et également de frayeur. Rahl était surpris il n'avait pas tenté de la toucher cette fois-ci.

« Ne t'inquiète pas, petite, je veux simplement voir ta cheville tordue » il tentait de la rassurer, mais le regard d'Isabella était toujours rempli de suspicions.

« Tu sais que si je veux quelque chose, je le prendrais sans demander ta permission. De plus, je n'aurais pas besoin de te soigner d'abord tu ne crois pas ? » Isabella avala difficilement et s'approcha de Rahl, leva la jupe de sa robe et révélant sa cheville enflée. Rahl examina les taches de sang avec un sourire : « Tu as dû vraiment énerver Heather » lui dit-il. Elle sourit ironiquement. « Les Mord'Siths n'ont pas besoin d'une raison pour torture quelqu'un » Rahl ignora sa dernière remarque. Il soigna la cheville d'Isabella, voyant qu'elle avait très mal à cet endroit. Il était surpris par la force d'esprit de la jeune femme et s'empressait d'en apprendre plus sur elle.

« Donc, quand est-il décédé ? »

« Il y a un peu plus d'un an »

« De quoi ? » Isabella ferma ses yeux pour empêcher les larmes de couler. « Fièvre » elle répondit platement. Rahl fronça les sourcils : « La marque sur ta main joue une autre musique »

« J'avais l'habitude de mettre une autre bague lorsque j'avais retiré mon alliance, car je ne pouvais empêcher ce sentiment de manque de m'envahir. Je suppose que vos Mord'Siths me l'ont piquée. Je ne savais pas qu'elles aimaient ce genre d'atout féminin, mais elles l'ont certainement fait pour me punir » expliqua Isabella d'une voix amère.

Elle avait raison : les Mord'Siths étaient les dernières femmes au monde à s'inquiéter des bijoux et des vêtements. Rahl plongea ses doigts dans la substance pâteuse, en appliquant sur la cheville d'Isabella. « Dites-moi si je me trompe, mais n'est-il pas bizarre que le SEIGNEUR DARKEN RAHL en personne soit celui qui me soigne ? » demanda-t-elle, mais elle fut ignorée. Rahl lui-même n'avait pas de réponse à cette question. Isabella devait pourtant admettre, que les doigts de Rahl étaient apaisants et doux sur sa peau endolorie, ce qui l'amena à nouveau à se faire du souci.

« Tu travailles donc en extérieur » demanda Rahl, montrant la peau foncée de la jeune femme. Isabella n'était pas à l'aise avec toutes ses questions, mais elle savait très bien que si Rahl voulait en savoir plus sur elle, il n'avait qu'à envoyer ses hommes faire des recherches.

« Oui, j'avais un pub qui servait à l'intérieur et à l'extérieur. J'avais aussi des écuries »

« Un pub et des écuries ? Deux voies complètement différentes »

« Les écuries appartenaient à mon mari et le pub à mes parents »

« A tes parents ? Ils sont donc… »

« Morts… aussi »

« Comment ? »

« Pourquoi toutes… » Isabella ne voulait pas répondre à ces questions, qui faisaient resurgir en elle de mauvais souvenirs. Mais, elle ne voulait pas pour autant se disputer avec Rahl, une dispute qui ne tournerait pas en sa faveur. Elle se sentait trop faible pour se défendre. Soupirant fortement, elle s'appliqua à répondre à la question.

« Mon père mourut en tombant de son cheval. Deux semaines après sa mort, ma mère le rejoignit dans le Sous-Monde » Les larmes roulèrent le long de ses joues et elle croisa le regard de Rahl. Son sourire ironique la mit en colère. « Qu'est-ce qu'il y a de drôle à ce que je viens de dire ? »

« C'est l'amour, n'est pas ? Ta mère est morte à cause de son amour pour ton père » Isabella sécha rageusement ses larmes et répondit en haussant le ton :

« NON, l'amour n'a pas tué ma mère, la mort a tué ma mère. Ma mère est morte à cause de la mort de mon père, parce qu'elle ne pouvait pas vivre sans l'amour de l'être aimé. Vous ne croyez pas au grand amour, n'est-ce pas ? »

Rahl rapprocha légèrement son visage du sien, murmurant d'une voix dévouée de sentiments : « Non, ma chère, je crois au désir »

« Eh bien, l'amour et la prochaine étape du désir si celui-ci et bien utilisé »

« Tu sembles bien éduquée également »

« Mon père était… un homme sage. Il était un excellent tuteur et m'a appris tout ce que je sais aujourd'hui »

« De même pour le mien, avant qu'il n'essaye de me tuer »

Rahl commença à rouler un bandage autour de la cheville d'Isabella. « Donc, tu es une jeune et belle femme, qui tient un pub et des écuries, ce qui veut dire que tu sais négocier avec des personnes de différentes cultures. Tu fus également veuve et orpheline à un très jeune âge, ce qui, combiné avec ton caractère, t'a fait devenir la forte tête que tu es aujourd'hui » Il lui sourit mesquinement, « tu aurais fait une incroyable Mord'Sith » Elle le fusilla du regard, « Jamais je ne serais une Mord'Sith. Jamais je ne m'abaisserais à leur niveau »

Rahl la fixa longuement dans les yeux avant de sourire ironiquement : « Ton attitude hostile envers mes Mord'Siths est compréhensible et intéressante à la fois » La réponse d'Isabella était jouissive pour Rahl. « Hostile ? Vous vous attendiez à quoi, que tout le monde accepte ces monstres comme si elles avaient été une bande de sourciers ? Ces… monstres qui kidnappent de jeune filles et les font devenir ces même monstres qui… argh, je ne comprends même pas comment personne ne s'est rebellé contre votre insoutenable monstruosité et…. Je ne comprends pas comme vous pouvez vivre avec tous ces morts sur la conscience »

A la fin de son discours, Isabella soufflait dédaigneusement, le même regard noir tourné vers Rahl. Il était surpris par son audace et ne savait pas quoi faire ni dire. Devait-il la punir pour avoir osé lui parler sur ce ton, ou devait-il tenté de parler calmement avec elle ? Devait-il la faire subir mille et une tortures pour lui avoir parlé comme s'il avait été un vulgaire paysan ?

Finalement, Rahl finit de mettre le bandage et se leva du lit. « Je laisserais le plateau ici. Il faut que tu mettes cette crème chaque jour et que tu refasses ton bandage. Lorsque tu es soignée, je te laisserais rentrer chez toi… intacte » Isabella ouvrit la bouche mais aucun son n'en sortit. Elle n'en croyait pas ses oreilles. Était-ce un autre jeu de chat et de la souris ?

« Vous n'allez pas me toucher ? »

« Non »

« Sachez que si je dois en venir à cela, je me tuerais sans hésitations »

Rahl marchait jusqu'à la porte, lui lançant un : « Tu es une invitée jusqu'à ce que tu sois soignée. Ensuite, tu pourras rentrer chez toi »

Avant qu'il ne quitte la pièce, il l'entendit murmurer : « Je suppose que je dois vous remercier de m'avoir soignée » Son souffle se coupa instantanément. « Bonne nuit, Isabella »

Darken se dirigea vers sa chambre, ne pensant à rien en particulier. Il jouait avec l'idée de retourner dans les jardins, mais il s'était promis de ne plus le faire. Cela réveillait en lui des souvenirs, qu'il aurait préféré oublier. Il ne voulait plus penser à Alma. Depuis qu'il refaisait parti du monde des vivants, il s'était promis d'être un homme meilleur. C'était le seul moyen pour ne pas retourner chez son ancien maître à sa mort. Mais il était dur de rester aimable avec une femme qui le défiait. Rageusement, Darken agrippa le premier livre qui lui passa sous la main et le jeta de toutes ses forces contre le mur. Il se sentait faible, comme incapable de regagner le contrôle sur cette femme. Et la seule chose que Darken Rahl haïssait par-dessus tout, c'était de perdre le contrôle.

Chapitre 9 à suivre… (très bientôt, je l'espère)