Titre : Jouer avec le temps

Date d'écriture : 17 juin 2007 – 21 juillet 2007

Thème : L'équipage arrive à votre travail/école ou à cause d'une anomalie spatio-temporelle rarissime, vous vous retrouvez soudainement transportée à bord du Romano Fafard. Comme ça m'inspirait plus ou moins, j'ai mêlé les deux situations, c'est un peu hors-sujet…

Résumé : Par la faute de la fumée étrange d'un volcan d'une planète, Valence et Charles se retrouvent pris dans les souvenirs de la psychologue… Mais ils devraient se rappeler que changer le passé, ça fait de la ''shnoutte'' dans le futur, comme dirait Pétrolia..


''The Place I Used To Live Made Me Feel Like A Tourist.

I Couldn't Co-exist With The Cold And Suspicious.

When The Last Remaining Light Was Starting To Filter,

It Seemed The Perfect Time To Step Into The Future.

[…]

I Left It All Behind In The Dead Of Last Winter.

I Left It All Behind, But The Question Still Lingers.

So Long, Forgotten Friends,

No You Don't Know The Difference.

Between Love And Submission,

And I'm Not That Obedient. '' Lilian - + 44

On aurait dû leur dire. On aurait dû leur dire que changer le passé ça faisait de la ''shnoutte''. Mais comme Pétrolia n'est jamais là quand on a besoin d'elle, de ce qu'elle a retenu des erreurs qu'elle a causé par ses inventions, ils ne pouvaient pas trop en prendre conscience…

Alors, ils l'ont fait, modifier le passé…

L'air était tellement irrespirable. Une grande quantité de gris se déversait dans celui-ci. Les échantillons n'étant pas encore analysés, aucun risque n'était à prendre et les masques à oxygène étaient de mise.

Cette planète semblait être totalement inhabitable. Une de plus. Une comme toutes les autres.

Valence, tentant – avec le plus grand mal – de voir oủ elle allait, avançait difficilement.

Derrière elle, par-delà une imposante multitude de cimes d'arbres, on voyait un monstre de roches craché sa fureur. Contrairement à tout ce qu'elle avait vu dans des documentaires, cette fureur, cet magma, était jaunâtre et semblait pâteux.

La main de Charles glissait entre ses doigts. Elle faisait tout pour ne pas prendre son seul point de repère, tout pour savoir quelle direction prendre. Mais pourtant, ils couraient si vite que le danger de le perdre était bien là.

Valence ne voyait presque rien devant. De la fumée, de la fumée, encore de la fumée. Il n'avait que ça. La fumée faisait mine de brouillard.

Comment allaient-ils regagner le téléfax de cette manière ?

Aucune idée, mais elle continuait à courir.

Jusqu'à temps que l'effet domino fasse une entrée magistrale et particulièrement pathétique.

Perdre pied au fil du masque qui pendouillait.

Répéter pour l'autre.

Chercher de l'air pur inexistant.

Se sentir extrêmement bizarre.

Entendre des gémissements rauques de la part de Charles.

Être couper de son et d'images sans savoir ce qui arrivait…

Lorsque Valence ouvrit les yeux, elle voyait les couleurs, les formes tourbillonnés avant de se replacer et de former le décor d'une garde-robe à la peinture beige.

À côté d'elle, Charles s'était aussi réveillé, tout aussi dans les vapes.

Étrange et inquiétant…

Où était le centre de santé ?

Où étaient les autres ? Les autres qui étaient supposés les avoir secourus héroïquement ?

Où était passé le vaisseau ?

Tout aussi molle et embrouillée qu'eux, la conversation s'engagea :

- Ça va, Charles ?

- Oui et toi ?

- Ça va…. Qu'est qui se passe ?

- Aucune idée.

Charles se redressa difficilement sur ses pieds, en se tenant sur le mur. Il scruta à loupe le minuscule endroit. Il aida ensuite son amoureuse à se lever en proposant :

- Viens, on va voir où on est.

La porte se replia, lorsque Charles la poussa avant qu'une ouverture se forme, assez grande pour les laisser passer.

Valence se figea, croyant à un mauvais tour de ses yeux.

Ces murs vert pâle, ce bureau de bois ciré rangé à la perfection ou il ne restait plus rien, ce classeur bleu, ces livres poussiéreux remplissant une bibliothèque, de vielles fleurs séchées sur le bord de l'énorme fenêtre, ces joyeuses œuvres d'arts et ces portraits de grands penseurs…. ce sofa, cette chaise, ce petit tabouret avec une boite de kleenex vide posé sur celui-ci…

Maintenant, l'impossible s'était ajouté à l'étrange et à l'inquiétant.

Charles regardait l'expression de surprise muette de Valence. Après un moment, ne supportant plus d'être dans l'ignorance, il demanda avec intérêt :

-Qu'est qu'y a ?

-C'est… C'est mon bureau… Enfin…. Quand on était sur Terre.

-Quoi ? S'exclama-t-il. On serait dans une hallucination, dans ce cas ?

Elle haussa les épaules, incertaine.

Ils quittèrent le bureau par la porte capitonnée et ils se retrouvèrent dans un couloir dans lequel il ne semblait qu'avoir ce genre de portes.

Charles marchait un peu à l'écart de Valence, marmonnant des paroles indéfinissables comme il se posait mille et une question. Pour sa part, la psychologue marchait, regardant partout, trouvant que cet endroit – dans son imagination si c'était bien ça – lui rappelait tant de souvenirs.

Et il eut ce jeune homme qui se dirigeait vers elle.

C'était une scène si familière… Surtout à son :

- Salut, Val chérie !

Valence ouvrit stupidement la bouche, ferma stupidement la bouche. Elle remit une mèche rousse dernière son oreille pour s'assurer que c'était un rêve, une hallucination….

Sauf que non. Ces espoirs étaient réduits en miettes quand elle sentit que son corps était bel et bien réel.

C'était quoi ce délire ?

- A… alut….Lillian…

Le jeune homme avait le visage rond, une petite repousse de barbe, les cheveux noirs dressés en bataille sur la tête en piques, les yeux bleus pétillants et il se tenait devant la jeune femme en lui souriant. Et ce sourire semblait lui allait à merveille.

- T'as l'air bizarre. Ça va ?

- Oui…, Parvenu à dire Valence.

- On dirait que t'as vu un fantôme, t'est toute blanche.

Elle toucha son visage, du bout des doigts, qui était en effet crayeux.

Elle reconnut alors le moment qu'elle était en train de vivre.

C'était quatre ans plus tôt, en septembre, quand elle avait su qu'elle avait passé en demi-finale pour les sélections de la plus grande mission spatiale de l'histoire de l'humanité. Elle avait alors raconté tout cela à son amoureux – il ne fallait pas que Charles le sache-, qui faisait le même métier qu'elle et qui se tenait alors devant elle. Lilian avait sauté de joie. Ils avaient fêté et fêté en soirée jusqu'à épuisement total…

Mais ce ne fut pas ce qui se passa, à ce moment …

Elle annonça, comme machinalement :

- Oh, c'est juste que je …

- Tu quoi, Valence ? Demanda la voix de Charles.

- C'est qui celui-là ? Coupa Lilian, les sourcils foncés.

Il avait aperçu le capitaine à ce moment. Ce dernier s'était appuyé au mur et regardait la scène, ahuri.

Avant que Charles n'ait eu la moindre réaction pour se présenter, Valence dut faire un choix.

Le passé était déjà abimé

Mais quoi choisir ? Quoi dire ? Quoi ne pas dire ?

C'était une situation si étrange que Valence ne savait pas quoi faire. Cette impression, de revivre le passé et d'être au présent, les deux situations à la fois… ça la laissait perplexe et surtout indécise.

Cependant, elle dû agir vite et elle décida de garder cette scène familière secrète. Il en valait mieux comme cela, étant donné qu'elle avait conscience que Charles pouvait être très jaloux quand il le voulait. Elle ne savait pas dans quoi elle s'embarquait si elle révéla que Charles était son amoureux… son nouveau…. Enfin… la vérité… Le reste semblait si complexe.

- C'est un client. Il était venu prendre rendez-vous avec Mélissa pour la prochaine rencontre, Inventa avec une extrême rapidité Valence.

- Hein ? Mais non, je suis … ! Commença à s'indigner Charles, ne comprenant pas la gravité de la situation.

- Il souffre de troubles de personnalité, tu vois ? S'empressa-t-elle de dire pour corriger sa gaffe.

Derrière elle, Charles eut une expression comment s'il venait de se faire insulter gravement.

Lilian hocha la tête pour montrer qu'il comprenait ce qu'elle voulait dire, en voyant ce type qui restait planté là sans retourner chez lui. Il ne lui accorda plus d'importance et il redemanda :

- Et qu'est qui se passe avec toi, à la fin, tu veux bien me dire ?

Comme automatiquement, comme si elle y était ''poussée'' à le faire, la psychologue annonça, avec moins d'entrain que elle en avait dans ses souvenirs :

- J'ai reçu un mail important, tout à l'heure… Figure-toi que... j'ai passé les quarts de finale !

Les lèvres de Lilian répéteraient silencieusement ses mots, les yeux exorbités de surprise, puis il lui sauta dans les bras :

- Oh, Val, c'est fantastique ! Je savais que t'allais triompher ! Je suis trop content pour toi !

-Ouais, c'est fantastique.

Elle pensait à Charles, derrière, qui devait se poser les questions et son enthousiasme machinal et étrange descendit d'un cran.

Puis, l'autre garçon se détacha de l'étreinte et proposa :

- Viens, je t'emmène manger dans un grand resto, de ton choix, pour trinquer à cette bonne nouvelle !

Elle sourit, aimant l'idée, puis approuva.

Malgré elle, elle quitta Charles et elle prit la direction des escaliers avec Lilian. Sauf qu'à son grand désarroi, Charles ne manifesta aucune protestation. En fait, on pourrait plus dire qu'il en n'eut pas le temps.

On aurait dit que la scène reculait autour d'elle sans qu'elle s'en rend compte, se sentait assez confuse à l'intérieur…

Encore une fois, elle perdit contact avec la réalité et renoua avec le néant.

Le passé faisait des siennes.


Il n'y avait rien à comprendre, puisque Valence, en reprenant conscience, se retrouva dans la même position dans ce couloir, à ressentir qu'elle se devait de faire un choix. Et celui-ci ne lui laissait guère d'avantages. Il ne restait qu'une option non exécutée...

Elle hésitait, se torturant, se battant contre sa conscience. C'était imprudent. Sauf que la jeune femme dû, encore une fois, parler. On aurait dit que quelque chose d'invisible la faisait parler et agir, selon ses pensées ou non….

Quelque chose d'étonnant de plus ne faisait guère la différence avec l'ensemble… Pfff…

- C'est Charles, c'est mon chum… dans le futur…, Prononça Valence, manquant visiblement de tact.

Le beau visage de Lilian se décomposa dans une moue partagée entre l'incompréhension et la colère.

-Ton… Quoi ? Non, tu me niaises …

La psychologue n'eut même pas le temps de lui assurer que non et de voir sa réaction que tout s'effaça jusqu'à la noirceur totale.

Le passé était changé.


En ouvrant les yeux, la tête lourde et les jambes en coton furent les premières sensations qui l'étreignirent.

Valence reconnut un plafond familier, celui du Romano Fafard et en fut soulagée. Enfin quelque chose de normal !

Elle ne savait pas encore qu'elle se trompait carrément et que la normalité n'existait pas dans cette mission.

- Valence ! Est-ce que ça va ? S'exclama la voix de Pétrolia.

La jeune émit un gémissement de douleur – la faute de sa tête – en voyant la docteure et elle murmura, incertaine :

- Heum, je crois que oui… Qu'est qu'il s'est passé ?

Pétrolia s'affaira plus loin à son ordinateur pour y noter des informations supplémentaires de son état de santé.

- Eh bien, Expliqua-t-elle, d'un ton grave. Il y a une éruption volcanique sur la planète qu'on explorait et quand on s'est enfuit vers le vaisseau, Flavien et Bob vous ont perdu de vue, le capitaine et toi. Et quand on vous a secourus, vous étiez tombés dans les pommes. Vous avez sûrement dû être asphyxiés par des gaz toxiques.

La jeune rousse continua de taper quelques secondes avant de renchérir, d'un ton trop détaché et trop léger pour le contenu :

- Tu vas être contente… On a failli ne pas pouvoir réanimer le capitaine…

Valence trouvait ces mots si irrespectueux, si sordides, qu'elle s'en indigna :

- Pétrolia ! Comment tu peux dire quelque chose comme ça !

Pétrolia ne semblait pas s'en faire. Voire même qu'elle ne comprenait pas pourquoi Valence s'indignait.

- Ben quoi ? Tu lui as déjà dit des choses bien pires !

- C'est pas pareil, on se chicanait ! Dit Valence, assurant sa défense, irritée.

- Justement ! Vous vous chicanez toujours que ça change pas grand-chose…

- Oh, toujours… Il faut pas exagérer… Seulement quelques fois…, Rougit légèrement Valence, parce-que le sujet des disputes était toujours d'une stupidité extrême.

Pétrolia émit un petit gloussement :

- Quelques fois… Laisse-moi rire, Valence ! Depuis le début de la mission que vous vous haïssez et que vous vous tombez dessus à chaque fois que vous en avez l'occasion !

Valence jeta un coup d'œil autour d'elle et vit Charles s'éveillant, étendu, toujours inconscient, sur le lit sous elle. Ils se détestaient ? Mais cette situation était vraiment une hallucination…. Ça n'avait jamais été le cas !

Ça n'avait rien d'une hallucination, elle le sut quand Charles lui lançant, de son ton le plus cruel :

- T'es pas morte là-bas ? Dommage, je suis déçu.

Il n'obtenu aucune réponse comme elle restait stupéfaite. Ce n'était pas du tout drôle pour la psychologue. Les seules fois où il avait utilisé tant de haine dans la prononciation de railleries, c'était envers Brad. Pas envers elle.

Tentant de se calmer, Valence établi un plan intérieur, en faisant mine de se recoucher, faisant semblant d'être vaincue dans la réfutation.

Premièrement : Elle ne trouvait ça pas drôle du tout.

Deuxièmement : Elle allait essayer de trouver une solution pour savoir ce qui se passait et régler la situation.

Troisièmement : Si la tentative n.2 échouait… Céder à la panique !

Lorsque son corps fut remis des troubles physiques et qu'une idée vint se nicher dans son cerveau, la jeune femme sauta de l'échelle. Elle sortit de la pièce sans prêter attention à Pétrolia qui lui criait de revenir se reposer, avant de traverser à la course la moitié des couloirs du vaisseau.

Essoufflée, elle arriva au laboratoire désert et elle y entra. Valence avait eu l'idée de se servir des flacons d'analyses des gaz pour revenir, en quelques sortes, sur ses pas. Elle savait au plus profond d'elle-même qu'elle avait fait une gaffe dans la deuxième… hallucination… et qu'elle devenait la corriger.

L'éprouvette qu'elle cherchait se trouvait dans une machine sophistiquée, qui était en train d'imprimer la liste des caractéristiques au fur et à mesure de l'analyse. Impatiente, elle stoppa la machine, ouvrit la porte pour prendre l'éprouvette.

Un peu dégoûtée de faire ça – mais comme c'était le seul moyen possible …. -, la psychologue pencha la tête, puis entreprit d'ouvrir l'éprouvette et de la pointer vers son nez. Aussitôt, le noir repris la relève.

Le passé était malléable.


Elle se retrouva alors dans la garde-robe de son bureau, encore une fois aux côtés de Charles.

Dédaigneux, il poussa une exclamation en la reconnaissant :

-Wash ! Va-t'en de ma vue !

Elle était toujours dans son casse-tête.

Elle essaya de le raisonner – étant très douée dans ce domaine comme elle avait déjà fait réussi à tirer des confessions de Brad Spitfire ! – avec toute la délicatesse qu'elle possédait.

- Cha… Capitaine… attendez-moi ici… J'ai quelque chose de très important à faire… ouais… et il faudrait que vous montiez la garde… J'ai besoin de vous…

Ce dernier ne sembla pas très réjoui à cette idée, mais il ne riposta pas.

Valence en profita pour sortir du minuscule endroit, fermant la porte derrière son passage. Ensuite, elle traversa son bureau, sortit dans le couloir et verrouilla la porte – simple mesure de précaution.

Comme elle l'avait prédit, son ancien copain arriva et elle saisit l'occasion de revivre la même scène qu'elle avait vécu des années auparavant. Comme dans ses souvenirs, exactement la même chose, au petit détail près. En temps normal, la nostalgie l'aurait bercée, mais cette fois, l'inquiétude était trop présente…. La nostalgie n'avait pas sa place dans son cœur.

Puis, quand Lilian l'emmena avec lui, elle se sentit vraiment bizarre. Il lui semblait que tout s'estompa quand son corps restait parfaitement matériel. Troublée, elle ne fit que fermer les yeux avant de ne plus rien ressentir.

Elle se réveilla encore une fois, la tête lourde. Elle commençait à être agacée à force de toujours subir cela. Elle ne se sentait pas très bien, le cœur au bord des lèvres.

Elle entendit des voix autour d'elle :

- Et donc, si je vous comprends bien, ça aurait fissuré le passé ? S'assura une première voix.

- Oui, le mélange de différents gaz, dont certains ne sont pas présents normalement dans une éruption volcanique, et du magma a dû créer une espèce d'explosion invisible… Une explosion si puissante qu'elle a ouvert l'espace-temps, Développa une deuxième voix. D'après ce que vous avez raconté, l'ouverture s'est probablement refermée quand on a réussi à vous réanimer.

- Ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi seulement la mémoire de Valence qui a été visité…, Réfléchit à haute voix la première voix.

- Je l'ignore aussi. Peut-être un hasard, peut-être que c'est elle qui a pénétré dans la fissure espace-temps avant vous. On ne connaît pas encore suffisamment l'espace-temps pour connaitre tous ses secrets.

On aurait dit qu'elle avait un couteau planté dans le crâne tellement il lui était douloureux. Valence subit le choc de la lumière en essayant de se relever. Puis, elle entendit les deux voix protester en la remettant aussitôt en position couchée.

Elle voulait pas dormir, elle voulait que des aspirines !

La jeune femme fit une nouvelle tentative pour reprendre contact avec la réalité et elle réussit, malgré son mal de crâne qui s'intensifia à la lumière.

Valence tourna la tête vers la droite et reconnu le capitaine et Brad qui la fixaient, attentifs à elle.

- Valence… tu vas bien ? Se risqua-t-il, la gorge serrée.

Elle hocha la tête en souriant faiblement. Charles. C'était son Charles, qu'elle avait toujours connu et aimé.

- Hum… Je pense que je vais aller faire autre chose moi… Bob et Flavien me cherche peut-être pour me frapper, Fit Brad en se mettant au garde-à-vous. Veuillez m'excuser Capitaine.

Brad sortit de la place, laissant les deux amoureux seuls.

Avant que l'homme ne dise quoi que ce soit, elle réclama des pilules et un verre d'eau qu'elle s'empressa d'avaler.

Puis, Charles ne put retenir plus longtemps sa curiosité. Il parlait d'une voix trainante, hésitante :

- Valence… Ce garçon dans les retours dans le passé…. c'était…

- C'était mon chum… Compléta-t-elle, faiblement.

Elle joua avec les draps, attendant que les effets adoucisseurs de la douleur s'imprègnent d'elle, tout en continuant :

- Je t'en ai jamais parlé, parce-que j'avais peur que tu veuilles plus de moi à cause de ça… Lui et moi ont a été ensemble pendant 2 ans et on n'avait pas rompu lorsque le Romano est parti de la Terre. On se quittait seulement pour le temps de la mission. Je l'aimais énormément, tu sais, mais la distance, l'attente, ça gâche tout – Valence parlait d'un ton grave et bas - … Alors, j'ai fini par l'aimer qu'en ami… Et toi, pendant ce temps, tu étais fou de moi. – Elle eut un sourire et continua d'un ton plus nostalgique – et moi je n'étais pas de glace devant toi. Puis, tout a commencé. – Elle se fit insistante, convaincante – J'ai misé tous mes sentiments, tous mes efforts, tout mon amour, sur toi…. Et tu sais quoi ?... Ça a valu la peine parce-que je t'aime comme jamais.

Charles battait des paupières, ne sachant pas quoi répondre à autant, à une si belle déclaration d'amour.

Valence, même si la douleur lui écrasait le cerveau, rajouta pour conclure :

- Lui, c'était mon collègue, toi, mon supérieur. Mais je pense que dans le fond, l'amour, ça n'a pas de statut. Je suis aussi égale à toi, parce qu'on partage la même passion… Je t'aime…