NA: Ce chapitre est inspirée d'une idée de T'Pau.

Sa petite merveille

C'était une sensation étrange.

Lorsqu'il était dans l'armée, on lui avait enseigné à rester éveillé plus de 72 heures consécutives, sans jamais réclamer sommeil, restant toujours alerte. Il savait comment rester lucide des jours durant sans dormir une minute, mais ce matin-là, alors que les premiers rayons du soleil chatouillaient l'horizon, même si son dernier repos ne datait d'à peine vingt-quatre heures, il était exténué.

Exténué, mais excité, agité, exalté.

C'était une sensation étrange parce que, malgré la pénible fatigue qui l'accablait, il ne s'était jamais senti aussi excité. Depuis quelques heures maintenant, se battant contre le sommeil et ses paupières affreusement lourdes, il tenait pour la première fois sa petite fille dans ses bras.

Il regardait sa petite boule de bonheur et n'arrivait pas à croire qu'il avait pu fabriquer avec Bones un être aussi parfait. Elle avait le mignon petit nez de sa maman et elle avait aussi hérité de ses yeux. Son menton venait de lui et probablement ses petits cheveux blonds aussi; il était blond lorsqu'il était bébé. Elle avait enfourné la tête dans le creux de son coude et ses minuscules petits doigts – était-il possible que des doigts soient si miniatures? – serraient l'auriculaire de son papa si fort qu'il pouvait sentir le sang y circuler.

Elle avait hurlé sa venue au monde à 4h47 ce matin-là. Dans un cri pouvant concurrencer les hurlements sévères de sa procureure préférée, elle avait averti le monde entier de bien se tenir, elle était maintenant arrivée!

L'infirmière l'avait immédiatement placée dans les bras de sa maman et dans un moment sacré, il avait été témoin du plus beau phénomène qu'il avait eu la chance de voir dans sa vie. La détresse saccadée de son petit trésor s'était apaisée aussitôt qu'elle avait retrouvé le contact avec la poitrine de sa maman. La transformation dans le visage de sa Bones avait été encore plus extraordinaire. Ses traits teintés d'angoisse s'étaient adoucis, l'anxiété dans ses yeux s'était apaisée. Comme par magie, elle avait oublié la douleur qu'elle venait de vivre. Sous le regard amoureux de Booth, elle était devenue maman.

D'un seul coup, sa vie s'était transformée. Il n'avait jamais été aussi fier qu'à ce moment-là. Il était le papa de la plus belle princesse de l'histoire et il était amoureux de la femme la plus forte du monde. Il s'était assis à côté d'elle sur le lit, avait placé un baiser sur son front et avait caressé les cheveux blonds de sa magnifique petite fille qui ouvrait pour la première fois les yeux pour voir ses parents la regarder avec amour.

Quelques heures plus tard, le soleil grimpant doucement dans le ciel, il regardait sa Bones récupérer quelques heures de sommeil en berçant sa fille capricieusement dans ses bras. Il se battait contre le sommeil. Il voulait prolonger ce moment à l'infini, mais la longue nuit qu'il venait de passer le voulait autrement.

Il n'avait pas le choix. Il était trop tard pour dormir, les visites commenceraient bientôt et, s'il ne faisait pas quelque chose contre la fatigue immédiatement, il pouvait bien s'endormir sur cette chaise, son bébé dans ses bras.

Il se leva, déposa gracieusement son précieux petit trésor dans son berceau et ouvrit silencieusement la porte de la chambre. La lumière blanche et artificielle de cet horrible couloir d'hôpital l'aveugla aussitôt et il dût prendre un moment pour s'y habituer avant d'entreprendre la recherche de café ou d'une quelconque boisson énergisante.

« Excusez-moi, demanda-t-il à l'infirmière de garde au poste d'accueil. Où pourrais-je trouver du café à cette heure?

- Il est huit heures, la cafétéria de l'hôpital est ouverte depuis quelques heures déjà, répondit l'infirmière sans grand intérêt.

- Et c'est où ça?

- Troisième étage, suivez les indications.

- Merci ».

Il laissa l'infirmière blasée continuer son travail et il se rendit à la cafétéria.

Il avait toujours détesté les cafétérias d'hôpitaux. Entre les infirmiers et médecins qui prenaient quelques minutes de repos entre deux patients et les malades qui s'y promenaient attachés à leur soluté, il ne s'y était jamais senti à l'aise. Il traversa rapidement les tables où étaient assis patients et personnels soignants pour se rendre immédiatement au stand de café.

Il choisit deux gobelets, un immense pour lui et un autre plus modéré pour Bones et plaça quelques pièces de monnaie dans la machine à café avant de faire son choix. Alors que l'appareil broyait, torréfiait ou faisait peu importe ce que ce genre de machine faisait, il plaça ses mains sur la table et profita de ces quelques secondes pour laisser reposer ses paupières… juste un petit peu.

« Seeley? » Entendit-il derrière lui.

Il sursauta.

« Je suis réveillé! S'écria-t-il un peu désorienté.

- Je vois ça, rit la voix féminine.

- Hannah? Demanda-t-il toujours un peu confus. Mais qu'est-ce que tu fais ici?

- Bonjour à toi aussi! Tu as l'air affreux!

- Je te remercie, un compliment comme ça à cette heure du matin après avoir passé la nuit blanche fait toujours du bien.

- Désolée, mais pour ta gouverne, tu devrais réellement aller te voir dans le miroir! On dirait que tu n'as dormi depuis des jours.

- Je vais bien. Je peux te renvoyer le compliment d'ailleurs. Tu as la mine horrible, est-ce que tu vas bien?

- Moi, ça va super! C'est mon caméraman qui s'est fait tirer dessus hier. Il est au bloc.

- Oh mon Dieu! Il va bien.

- C'est juste sa jambe. Il va s'en sortir. Je vais peut-être demander à Tempérance de regarder ses rayons X par contre, on ne sait jamais.

- Je ne crois pas que Bones sera disponible pour travailler pour les prochains jours. Elle a pris quelques semaines de vacances.

- Génial, elle mérite bien des vacances. Je suppose qu'elle a décidé d'aller visiter un endroit plein de squelettes!

- Non, elle doit s'occuper d'affaires familiales.

- Ah bon? Je l'aurais cru en pleine jungle hondurienne à chercher le chaînon manquant ou un truc du genre.

- Eh bien, pour l'instant, elle est au 5e étage et elle dort.

- Tout va bien?

- On ne peut mieux, sourit-il alors que la machine indiquait que les deux cafés étaient prêts.

- Le 5e étage, ce n'est pas la néonatalogie ça?

- Exactement, continua-t-il gardant son sourire d'idiot tatoué au visage.

- Tu ne me dis pas… Tempérance a eu un bébé?

- Si. À 4h47. C'est une magnifique petite fille, répondit-il en amplifiant son sourire d'idiot.

- Oh mon Dieu! Mais c'est génial! Elle fera une maman extraordinaire.

- Tu aurais dû la voir, elle a été tellement forte. Elle a fait tout le travail sans médication, ou anesthésie, même pas un Tylenol!

- Tu… tu étais dans la salle? Demanda-t-elle en fronçant les sourcils.

- Évidemment que j'y étais.

- Je veux dire… c'est pas un peu étrange, ses parties ouvertes pour être vues de tous…

- Pas vraiment, ce n'est rien que je n'ai pas vu avant! Dit-il alors qu'Hannah qui croyait qu'il faisait référence à la naissance de son premier fils ne comprit pas le sous-entendu.

- Au risque de me répéter : ce n'était pas étrange? Je veux dire, je sais que vous êtes proches, mais si j'accouche un jour, même si j'aime bien Mike, mon caméraman, je ne suis pas certaine que je l'inviterais dans la salle d'accouchement. Je veux dire, le père du bébé ne devait probablement pas être très content que tu soies là.

- Je connais très bien le père du bébé et je peux t'assurer qu'il n'avait aucun problème avec le fait que je sois là.

- Il est un bien meilleur homme que moi alors », blagua-t-elle.

Malgré qu'il comprenne la confusion, après avoir payé les cafés et se déplaçant tranquillement vers les ascenseurs, il ne savait pas comment annoncer à Hannah qu'il était le père du bébé de Brennan.

« Alors, à l'exception de ta coéquipière qui vient d'avoir un enfant, y a-t-il du nouveau dans ta vie?

- On peut dire ça, affirma-t-il de moins en moins à l'aise.

- Quoi? Quoi?

- Eh bien… il prit une inspiration. Je suis papa à nouveau, souffla-t-il.

- Quoi? Toi aussi! Mais c'est une conspiration! Rit-elle. Tu parles d'une coïncidence! Depuis quand exactement?

- 4h47 ce matin ».

Hannah arrêta sa marche nette, comprenant enfin ce que tentait de dire Booth. Levant lentement son regard vers celui de son ancien amant, elle le croisa et demanda :

« Tu veux dire…

- Ouais… euh… je sais… ça fait un peu bizarre comme ça, mais oui, je suis le père du bébé de Bones.

- C'est une fille?

- Ouais… elle n'a encore pas de nom, mais … euh… oui, c'est une fille. Elle est vraiment magnifique, elle a le nez et les yeux de sa maman.

- Ça veut dire que Tempérance et toi…

- Ouais… depuis… enfin neuf mois, dit-il en appuyant sur le bouton d'appel de l'ascenseur.

- Oh! Ok… dit Hannah, alors qu'il pouvait sentir que la conversation soulevait plus de questions chez elle qu'elle en répondait.

- Tu sais, tu peux venir avec moi voir Tempérance et la petite si tu veux. Je suis certain qu'elle sera totalement heureuse de te voir. Elle avait beaucoup d'affection pour toi.

- Oh, tu sais, dit Hannah en balayant sa main. Je ne suis pas certaine… Mike va bientôt sortir de chirurgie et tu sais…

- Oh! Alors, je suppose qu'on se reverra bientôt, sourit-il alors que le ding de l'ascenseur se fit entendre.

- Ouais, à la prochaine! » Dit-il en pénétra dans l'enclave.

Il se retourna, lui fit un petit sourire et vit les portes se refermer entre elle et lui.


Il y a des moments où un homme est reconnaissant à la vie de lui donner de nombreux amis et membres de sa famille avec qui il peut partager des nouvelles joyeuses. Cette journée-là n'était définitivement pas une de ces journées. Alors que la petite chambre était bondée de collègues et d'amis, il ne souhaitait qu'une chose : se retrouver seul avec sa Bones et sa fille et profiter de leur dernière nuit d'hospitalisation avant le retour à la maison.

« Vous avez l'air exténué, dit Hodgins en s'assoyant à ses côtés lui offrant une nouvelle tasse de café.

- Vous n'avez pas idée. Merci pour ça.

- Si ça peut vous consoler, les visites se terminent dans une heure, vous allez avoir un dernier moment de paix avant de retourner à la maison. Ça, c'est si vous réussissez à endormir votre fille quelques minutes cette nuit.

- Très encourageant.

- Vous me remercierez de mes sages conseils dans trois semaines lorsque vous aurez de la merde de bébé jusque dans le front.

- Quels conseils?

- Dormez. C'est ça mon conseil. À chaque opportunité que vous avez, dormez. Je sais que c'est complètement contre-intuitif, que vous voudrez toujours la garder dans vos bras. Cependant, non seulement vous n'aurez pas la paix pour les deux prochaines semaines, mais, et ça c'est si vous avez de la chance, vous aurez environ deux heures par nuit pour vous reposer.

- Merci pour vos encouragements! Répéta-t-il sarcastiquement

- Eh! Je ne fais que partager avec vous mon expérience. Je vous rappelle qu'il y a à peine huit mois, c'est moi qui n'avais que deux heures de sommeil par nuit. Si vous voulez faire à votre tête, allez-y, mais venez pas vous plaindre que vous vous êtes fatigué et plein de caca dans six semaines quand Dr. B. reviendra au boulot!

- Désolé, finit-il par laisser sortir. Je ne voulais pas être brusque avec vous. Je suppose que je suis un peu à cran.

- Bah! Je ne vois pas de différence avec le Booth de tous les jours! » Blagua le petit homme en donnant une tape amicale dans le dos de Booth avant de se lever pour rejoindre sa femme qui berçait la nouvelle venue avec des larmes aux yeux.

Il leva son regard vers sa famille et ne put s'empêcher de sourire malgré la fatigue qui accablait chaque muscle de son corps. Devant lui, la femme de sa vie partageait un grand instant de bonheur avec sa meilleure amie, son enfant dans ses bras, et Cam. Au pied du lit, Max, Sweets et Hodgins discutaient de la nouvelle addition à la famille et regardaient les quatre filles avec affection. La chambre, qui était d'une neutralité réconfortante ce matin, avait été décorée de mille ballons, animaux en peluche et fleurs.

« Papa? »

Booth se retourna. Son fils de onze ans, qui avait passé la majeure partie de sa journée à jouer avec son jeu vidéo sur un siège au coin de la chambre, s'était approché de lui et le serra très fort dans ses bras. Booth dut s'avouer surpris par l'approche de son préadolescent qui ne l'avait pas embrassé de cette façon depuis plusieurs mois.

« Eh! Eh! Eh! Mais d'où ça sort, ça?

- Je vais m'ennuyer de toi.

- Je vais quelque part? Demanda Booth.

- T'as un nouveau bébé, tu n'auras plus besoin de moi.

- Mais de quoi parles-tu? Bien sûr que je vais avoir besoin de toi, bien plus qu'avant même! C'est beaucoup de boulot un bébé!

- Et c'est pour ça que tu veux que je vienne plus souvent? Pour m'occuper du bébé?

- Quoi? Bien sûr que non! Mais d'où ça sort tout ça?

- Devon m'a dit l'autre jour à l'école que lorsque sa petite sœur est née, ses parents ont arrêté de s'occuper de lui et se sont mis à toujours s'occuper du bébé.

- Ok, d'abord, ce n'est pas nécessairement une mauvaise chose pour Devon. Toi-même, tu disais que sa maman était toujours en train de le couver! Mais Parker, la raison pour laquelle je veux que tu viennes plus souvent, c'est pour que tu apprennes à connaître ta petite sœur!

- Comment veux-tu que j'apprenne à la connaître, c'est juste un bébé! Elle ne peut pas parler, elle ne peut pas jouer…

- C'est vrai. Pour l'instant, tout ce qu'elle sait faire, c'est baver, manger, dormir et faire caca! Le gamin poussa un petit rire. Et crois-moi, il y en aura des tonnes de caca.

- Génial! Murmura le garçon.

- Je ne suis pas sûr que tu trouveras ça aussi génial quand ce sera ton tour de changer sa couche. Mais même lorsqu'ils sont tout petits, les bébés ont leur personnalité. Certains pleurent tout le temps, d'autres sourient tout le temps, certains passent leur temps à dormir, d'autres restent éveillés à tout moment et regardent partout autour d'eux.

- Je suis sûre que bébé-Bones va être comme ça!

- Si elle retient de sa maman, c'est probable. Toi, tu étais un dormeur. On ne t'entendait que quand tu avais faim ou que tu avais fait dans ta couche! Et encore… Combien de fois je t'ai changé pour me rendre compte que tu étais endormi comme ça, les fesses à l'air? Mais à un moment, tu t'es mis à être plus éveillé. Tu t'es mis à explorer le monde. Et puis tu as appris à t'assoir seul, puis à ramper pour aller chercher ce que tu veux, puis à marcher à quatre pattes. À ce moment, le plus grand plaisir de ta vie était de lancer tout ce que tu trouvais sur ton passage, tu trouvais ça hilarant! J'ai même quelques objets précieux qui n'ont pas survécu à l'ouragan Parker de 2000. Le gamin rit à nouveau. Tu avais, quoi, sept mois à ce moment-là? Et tu sais quoi? Les fins de semaine où tu me visitais étaient les plus belles fins de semaine du monde! Je pouvais passer des heures à jouer avec toi à simplement lancer le ballon ou à te chatouiller. Tu riais tout le temps! Et tu sais quoi? Même aujourd'hui, les fins de semaine où tu es avec nous sont les plus cools!

- Vraiment? Bones pense ça aussi?

- Bones? Voyons, elle t'adore! Je crois qu'elle t'aime plus qu'elle ne m'aime moi! Écoute Parker, rien ne va vraiment changer pour toi. On ira toujours au parc et on continuera d'aller regarder tes parties de hockey. C'est juste que le bébé va devoir venir avec nous et que les nuits seront peut-être moins tranquilles qu'avant. Si tu veux, tu pourras même t'en occuper de temps en temps. Ce n'est pas super difficile. Si tout va bien, elle va boire, pleurer et dormir. Allons, viens ici, dit Booth alors que Parker grimpa sur les genoux de son père pour se laisser bercer. Ça fait longtemps que je ne t'ai pas bercé comme ça.

- Ouais.

- Tu sais, même si Bones et moi avons 12 bébés, tu seras toujours mon premier, mon plus grand!

- Vraiment?

- Bien sûr! Peu importe ce qu'il arrivera dans notre vie, tu seras toujours mon fils et je serai toujours ton père. Il n'y a rien qui pourra changer cela.

- Ok, dit le gamin en se levant. Papa?

- Oui mon grand?

- Comment elle va s'appeler?

- On n'a pas encore décidé d'un prénom pour elle. Elle aura Angela comme deuxième prénom.

- Et si vous l'appeliez Alice?

- Comme Alice au pays des merveilles? Demanda l'homme à son fils sachant où il voulait en venir.

- Ouais, c'était mon livre préféré quand j'étais petit.

- Ah ça je sais! Alice, assise auprès de sa sœur sur le gazon, commençait à s'ennuyer de rester là à ne rien faire, cita Booth. Tu me l'as fait lire et relire tant de fois que je le connais par cœur.

- Ce serait bien qu'elle s'appelle Alice, comme ça elle aura beaucoup d'imagination!

- Ça fait longtemps que tu penses à cela, non?

- Je sais pas, quelques semaines. Ce serait cool qu'elle porte le nom que je choisisse pour elle.

- Écoute, je ne peux pas te faire de promesse, mais je vais en parler à Bones, d'accord?

- Ok.

- Tiens voilà ta maman, annonça Booth alors que Rebecca faisait son entrée dans la chambre déjà surpeuplée.

- Salut m'man!

- Tu es prêt? Je dois… commença-t-elle alors qu'elle aperçut le bébé dans le bras d'Angela. Oh Seeley, est-ce que c'est elle? Oh mon Dieu! Mais elle ressemble à Parker à cet âge. T'as vu son petit visage… et ses cheveux?

- Tu crois? Dit Booth en s'approchant du lit pour regarder son petit trésor.

- Évidemment. Elle est vraiment magnifique Tempérance.

- Merci Rebecca.

- Tu vois, mon homme, dit Booth à son fils, elle a déjà beaucoup de points communs avec toi!

- Je crois que c'est le temps de porter un toast, dit Angela en redonnant le bébé à Brennan avant de sortir une bouteille de champagne de son immense sac-à-main.

- Tu plaisantes? S'étonna Booth. Tu as vraiment passé du champagne en douce dans un hôpital?

- Ben quoi? Ce n'est pas comme si c'était totalement interdit, dit-elle en offrant un verre à tous les invités.

- Pas pour moi, dit Rebecca amicalement en se redressant. Parker, dit au revoir à ton père, t'as un entraînement de hockey dans 30 minutes!

- Bye p'pa, fit le gamin en prenant son père dans ses bras.

- Bye mon grand. Travaille fort à ton entraînement.

- C'est promis, finit-il avant de s'approcher du bébé et de lui poser un petit baiser sur la joue. Bye bébé!

- Oh! Ça c'était trop mignon, fit Angela alors qu'elle commençait à s'impatienter. Alors on le fait ce toast?

- Angela, je ne suis pas certaine que je suis à l'aise de boire pendant que j'allaite.

- Elle vient d'être nourrie et tu as déjà fait des réserves pour que Booth s'occupe du prochain boire, tu peux te permettre de boire une petite gorgée de champagne!

- D'accord, d'accord, dit-elle en prenant son verre.

- J'aimerais le porter, dit Max du bout du lit. Il y a eu des moments dans ma vie où je ne croyais jamais pouvoir avoir la chance un jour de rencontrer mes petits-enfants. C'est avec bonheur qu'aujourd'hui l'homme grâce à qui j'ai pu reprendre contact avec ma fille est devenu le père de ma première véritable petite-fille, continua-t-il avec émotion. Aujourd'hui, je suis content d'être vivant pour être témoin de la naissance de la plus belle enfant du monde. Je lève donc mon verre à ma petite-fille, qui n'a pas encore de nom, mais qui, si elle retient de ses parents, en fera bouger des choses sur cette planète!

- À Bébé-Bones, s'écria Booth.

- À Bébé-Bones, répondit tout le monde.

- Bon, dit Angela après avoir avalé son champagne, je crois que c'est l'heure d'y aller ma chérie. Tu dois être épuisée.

- Il est vrai que, en dépit du fait que votre compagnie soit agréable et appréciée, je ressens des symptômes qui s'apparentent à de la fatigue. Je ressens aussi une certaine douleur aux muscles abdominaux et dans la région pelvienne.

- Un peu trop d'informations ma chérie, dit Angela avant d'embrasser son amie alors que les autres personnes présentes grimacèrent en entendant ces détails. Occupe-toi bien de ce petit trésor », dit-elle en caressant les cheveux du petit ange.

Un à un, les visiteurs sortirent de la chambre et bientôt, les seules personnes présentes était Booth, Brennan et leur fille qui dormait dans les bras de sa maman.

« Tu crois que je suis une mauvaise mère d'avoir bu de l'alcool si tôt après l'accouchement.

- On ne peut appeler ça boire, Bones! Répondit-il en jetant un coup d'œil au verre toujours plein sur la commode. Tu as à peine trempé tes lèvres dans ton verre.

- Si tu le dis, chuchota-t-elle en regardant avec affection son enfant. On va devoir lui trouver un nom.

- Que dirais-tu d'Alice?

- Alice? Comme dans Alice au pays des merveilles?

- C'est Parker qui en a eu l'idée. Qu'en penses-tu?

- C'est mignon. J'aimais ce roman quand j'étais petite.

- Vraiment?

- Évidemment, mon père me le lisait tous les soirs avant de me coucher.

- Je le lisais à Parker aussi.

- Je crois que nous devrons continuer la tradition alors.

- Lire Alice au pays des merveilles à notre fille Alice?

- Cette idée me parait satisfaisante ».

Ils se retournèrent l'un vers l'autre et se sourirent. Sachant pertinemment bien qu'ils venait d'offrir à leur fille le plus beau cadeau qu'ils pouvaient lui faire, ils ne purent s'empêcher de s'embrasser amoureusement avant de s'émerveiller devant leur petite Alice qui se réveillait tranquillement.

« Bonjour Alice », dit Booth d'une voix douce.

Comme si elle venait de reconnaître son véritable nom, elle ouvrit davantage les yeux et observa ses parents avec une si grande attention que seuls ses parents pouvaient reconnaître. Pour la première fois depuis toujours, à ce moment précis, Booth était parfaitement heureux.

« Je t'aime Bones.

- Je t'aime aussi, Booth, répondit-elle avant de tomber quelques secondes dans une profonde réflexion. Booth?

- Oui?

- Je réfléchissais à cela ce matin pendant que tu étais parti chercher les cafés et je me disais que s'il y avait un moment propice pour que je veuille entrer dans une union matrimoniale avec toi, présentement serait approprié. Booth se redressa un moment et regarda son amoureuse d'un œil suspect.

- Qu'essaies-tu de me dire au juste?

- Je réfléchissais simplement au fait que tu étais un homme incroyablement romantique et que si je devais choisir un moment pour te proposer d'unir nos ménages, ce serait aujourd'hui qui serait le plus adéquat.

- Bones, es-tu en train de me demander de t'épouser?

- Évidemment, c'est ce que j'étais en train de faire, je n'étais pas claire?

- Bones! Sourit-il à pleines dents.

- Parce que je croyais être claire! Je sais que la coutume veut que je m'agenouille devant toi et que je t'offre un bijou représentant l'oppression et l'appartenance, mais… »

Elle fut coupée par un intense baiser.

« Booth, murmura-t-elle lorsqu'il se sépara d'elle.

- Oui. Oui, oui, je veux t'épouser.

- Vraiment.

- Évidemment! Rit-il avant de la regarder dans les yeux. On va se marier, sourit-il de ce sourire qu'elle n'avait vu que lorsqu'elle lui avait annoncé qu'elle était enceinte.

- Tu es heureux.

- Bien sûr que je le suis! C'est le plus beau jour de ma vie!

- Je t'aime Booth.

- Je t'aime aussi Bones… et je t'aime aussi Alice Angela Brennan-Booth! »

Comme pour sceller l'entente, il l'embrassa romantiquement à nouveau avec tout ce qu'il avait en lui malgré la fatigue et l'épuisement.

Ce qu'il ignorait était que par la porte qui était restée entrouverte, une grande femme blonde observait ce moment spécial un ballon à la main et un ours en peluche dans l'autre. Avec jalousie, elle observait l'homme qu'elle avait autrefois aimé – et qu'elle aimait peut-être même encore – se forger des moments précieux avec sa nouvelle famille. Une magnifique femme à ses côtés, son nouvel enfant dans ses bras, elle ne pouvait qu'être heureuse pour lui malgré la tristesse et la déception qui s'imposait à elle à l'idée que dorénavant, ce rêve secret qu'elle entretenait de retourner vers lui et lui offrir tout ce qu'il avait toujours voulu ne resterait à jamais qu'un fantasme. Elle regardait cet homme et cette femme partager des étreintes chaleureuse et des regards brûlants et, sachant que jamais pendant les quelques mois où ils avaient habité ensemble il ne l'avait regardée de la sorte, elle ne ressentait qu'une énorme jalousie.

Résolue à laisser la petite famille tranquille, elle se retourna, remis ses présents à la première personne qu'elle croisa dans le corridor et continua sa vie comme si elle n'avait jamais mis les pieds dans cet horrible couloir d'hôpital. Appuyant sur le bouton d'appel de l'ascenseur, elle réfléchit pour la dernière fois à ce dont elle venait d'être témoin. Ce soir, elle s'endormirait seule dans un triste lit d'hôtel, la totalité de ses possessions qui se tiennent au pied de son lit, et lui, restera éveillé plus longtemps qu'il en sera capable alors qu'il combattra le sommeil pendant des heures pour observer un peu plus longtemps ses deux merveilles.

Fin.

NA : Oh mon Dieu, je n'arrive pas à croire que je viens de tout terminer! Je voudrais remercier tous ceux qui ont commenté cette histoire. Comme toujours votre appui a été le carburant qui me poussait à me surpasser à chaque histoire. Pour les prochaines semaines, je vais me concentrer sur Le garde du corps qui en est à un point critique. Je vous suggère fortement de lire cette histoire dont je suis très fière. Si j'arrive un jour à la terminer, j'ai commencé à rédiger dont le titre temporaire est Northwest Avenue.

Encore une fois merci énormément de tous vos bons commentaires et je vous dis à la prochaine histoire .