Bonjour!

Et oui ça y est, je suis ENFIN de retour avec la suite de Wedding!

Je remercie encore toutes mes revieweuses du premier volet, j'espère ne pas en avoir perdu de trop pendant cette lonnnngue attente! Merci à ma béta DOUMBEA d'avoir remis le couvert avec moi! ^^

Je précise dès maintenant que cette suite va être assez différente, dans le sens où il y aura certainement plus d'envies de meurtre à mon égard que précédemment... Haha!

Pour les nouvelles lectrices je pense que vous aurez compris qu'il faut donc lire Wedding (à chercher sur mon profil ça ira pus vite) pour comprendre un minimum ce qui va se passer ici!

Je vous laisse, on se retrouve dans les reviews bien entendu, et puis si tout va bien on se donne rendez-vous le samedi! ;D


PROLOGUE

« Aux yeux de tous j'avais disparu de la surface de la terre depuis cent soixante huit heures. Cent milles quatre vingt minutes. Six cents quatre milles huit cents secondes. Je n'ai pas eu le courage de compter les millièmes.

Le plus désagréable dans tout ça, c'est que pendant cinq jours, soit cent vingt heures, mon corps n'a été qu'un geôlier des plus féroces. Aucun moyen de le faire bouger, mon esprit prisonnier de ma peau, de mes muscles, de mes nerfs, et ce jusqu'à la moelle.

Mais aujourd'hui tout a changé.

Mon petit doigt gauche ne m'a pas résisté. Et ses quatre autres amis n'ont pas fait le forcing très longtemps. Le temps que le fourmillement s'achemine jusqu'à mon poignet, mon coude, mon épaule, je pensais en avoir à peu près pour seize heures, si le réveille se faisait au même rythme. Et si en plus j'avais la chance de sentir arriver l'autre bras en même temps, ainsi que mes jambes, je pouvais gagner trois bonnes heures.

J'ai eu beau prier toutes les forces supérieures qui m'étaient connues, Taha Aki, Bouddha, Jésus, Dieu, Lucifer, Gabriel, Zeus, mon père, pas une seule fois la marée n'a voulu m'emporter avec elle. L'océan est vicieux. Votre corps peut bien reposer pendant cent soixante huit heures sur des rochers, jamais une vague ne vous prendra avec elle. Elle vous aspergera toujours de son sel dégueulasse, vous hydratera autant qu'elle asséchera votre peau après s'y être déposée, mais ne vous fera pas le plaisir de vous donner enfin la paix.

Mais ça va changer.

Ce septième jour, dix minutes m'ont suffi pour que je réussisse à ouvrir les paupières. Ça en faisait cent milles quatre vingt que je ne l'avais pas fais. Je les ai refermées. D'après ce que j'avais vu entre mes larmes, le ciel était gris.

Il était de la même couleur cent soixante huit heures avant. Quand je suis tombé de la falaise. Je peux vous dire que je suis passé par toutes les phases allant du regret, à la colère. Enfin ce n'est pas facile d'exprimer ses sentiments quand on est un légume. J'avais eus le temps de tourner et retourner la scène dans ma tête, d'analyser tout ce qui s'était passé, de me dire à quel point tout cela avait été con et comme j'avais envie de savoir ce qu'ils étaient devenus. Ceux qui faisaient partie de ma vie et qui pensaient que j'avais quitté la leur.

Ça allait changer.

Le sixième jour j'ai eu faim. Une faim horrible, prenante, surtout quand on sait qu'on ne peut rien faire. L'intérieur de mon être s'était réveillé brusquement après que mon cœur, cent quarante quatre heures plus tôt s'était remis à battre. La vie était revenue, et avec elle des choses auxquelles je n'avais pas eu droit depuis une quinzaine d'années.

J'avais eu froid. J'avais eu mal. Et j'avais des blessures qui saignaient.

Et encore maintenant je redoutais l'hypothermie à force de rester sans bouger. Il fallait être patient. J'avais la trouille autant l'avouer. Une peur qui vous saisissait les tripes, et ne vous lâchait plus tant que vous n'étiez pas sûr de vous en sortir. Et moi je n'étais sûr de rien. Juste que je revenais au monde après six cent quatre milles huit cent secondes échoué comme un poisson mort. Alors autant vous dire que je me rongeais les sangs.

Ma gorge était asséchée, mon souffle long et difficile. J'avais tendance à songer au discours que Bella m'avait rendu, quand elle s'était transformée en vampire. Le feu qui avait habité son corps, et puis ses sens décuplés. Moi plus j'émergeais, plus je me sentais petit, faible. Humain.

Et puis tout a changé.

Au lieu des seize heures prévues, ça a été seize secondes. Seize secondes qui m'ont enfin délivrée. Je ne sais pas comment, je ne sais pas pourquoi, mais mes muscles se sont remis en marche, comme si de rien était, comme si je n'avais pas passé toutes ces heures sur ces rochers à n'entendre que la musique de l'écume qui s'écrase le long de la falaise, inlassablement, à tenter de sentir le Soleil brûler ma peau, à ne plus écouter les plaintes de mon esprit sur la bataille qui faisait rage dans mon corps, et celle dans cette clairière, qui avait causée ma mort.

Ma mort.

Et j'étais là, vivant, bougeant mes membres endoloris, n'osant même pas me retourner de peur qu'avec tout ce temps, mon dos ne se soit fondu dans la matière. J'allais souffrir. Rien que d'envisager lever une jambe occasionnait en moi la sensation du message nerveux qui se rendait de mon cerveau à ma cuisse. J'étais faible, mais bien décidé à revenir sur terre. Ma terre. J'avais cette envie inébranlable de leur en boucher un coin à ceux qui me croyaient parti pour le monde des esprits, si, évidemment, eux n'y étaient pas allés après moi.

Je bougeai un bras, puis l'autre, et pris le temps de m'habituer enfin à la lumière. Pas facile quand votre seul champ de vision était le ciel nuageux. Je mis exactement quatre vingt dix neuf secondes. La centième je pleurais, mais avais bien les paupières ouvertes, découvrant sans grande surprise les cinquante mètres en hauteur qui me séparaient de la réserve. Bravo, si j'arrivais à y remonter sans réellement mourir en chemin. Une seule fois, pas deux, merci.

Après avoir échauffé tous mes membres et fait craqué la moindre articulation, je me basculai sur mon côté droit, et ce fut mon premier vrai réveil brutal. Ma colonne vertébrale fit une série de craquements inquiétants. Mon souffle se bloqua quelques secondes, mais je n'avais pas l'air paralysé. Tant mieux. Repliant mes jambes avec la lenteur d'un escargot aveugle, je me rendis compte que je frissonnais. Pas nerveusement, non. J'étais gelé, et le fait de découvrir mon dos nu au vent du large me fit gémir. Si tant est que ma voix ait voulu reprendre du service. Ça, ce n'était pas normal. Pas du tout. Peut être même pire que d'être vivant après une chute comme la mienne, poussé par un abruti.

Je me frottai les yeux, peau rêche contre sang séché. Mes bras étaient bien maquillés. Mon torse aussi, pire que le reste. Et bien entendu les jambes. Mon short autrefois gris était désormais noir d'hémoglobine presque sur toute sa surface, et aussi dur qui si je l'avais laissé dehors par moins trente degrés. Sans parler que j'étais pieds nus. Quelle idée. Mes orteils n'entraient pas encore en compte dans ma surface nerveuse, mais qu'importe.

Le deuxième réveil me surprit presque autant que le premier. Occupé à regarder les mille et unes entailles qui me faisaient souffrir le martyr, je remarquai trop tard que je glissais, et me retrouvai très vite à hurler pour la première fois depuis cent soixante huit heures en me voyant tomber dans les remous.

Au final, souffrir le martyr ne fut qu'un doux euphémisme avant que mon corps ne plonge dans l'eau glacée, déjà balloté comme un vulgaire chiffon. Je n'avais pas eu le temps de m'agripper au caillou. À ce moment précis, mon instinct de survie fit sonner l'alarme, et l'électricité revint en un quart de seconde.

Je devais vivre.

Je me débattais, rassemblant la force que j'avais, c'est-à-dire presque rien avec que dalle dans l'estomac pendant sept jours et des blessures partout. Seulement voilà, mon but depuis plus de cent milles quatre vingt minutes c'était de la revoir elle. La toucher, la rassurer, lui dire que j'étais là, bien vivant quoi que cruellement abîmé. Respirer son parfum, embrasser ses lèvres, l'écouter parler, rire, chanter, la voir tout simplement. Alors j'essayais de regagner la surface pour éviter de me noyer bêtement. Survivre à sept jours de momification après être mort ne valait vraiment pas la peine de crever comme un lambda, emporté par les vagues. Vagues qui finalement, après vous avoir fait chier pendant six cent quatre milles huit cent secondes, voulaient vous récupérer une fois que vous aviez enfin une chance de vous en sortir. »


Oui c'est court, je sais, mais... ça laisse à réfléchir! ^^