Épilogue

- Oh… oh… j'pense… j'pense que je me sens pas bien….

Un cri retentit dans la salle de travail à ce moment.

Elle avait la tête qui tournait et la nausée. Elle était blanche et avait les yeux qui se fermaient de fatigue et d'étourdissement.

Elle avait tellement chaud qu'elle sentait la sueur lui glissé sur la peau. Elle avait l'impression de vaciller, même si elle était accroupie en train d'expulser, avec une douleur extrême.

Elle savait ce qui se passait, que la phase terminale se finissait ici, à ce moment, que la perte d'autonomie avait été fatale, qu'elle ne verrait jamais son enfant grandir… peut-être même naitre…

Flavio avait insisté pour l'accompagner, il n'était pas de garde, pour la soutenir comme il l'avait fait pendant toute la durée de sa grossesse à risque. Et il était encore là. Elle le trouvait merveilleux de faire tout ça pour la minable fille qu'elle était. Pour ce mal de chien qui l'assaillait dans le bas du ventre, elle savait qu'il avait tout donné pour lui donner les meilleurs soins, même s'il n'était pas obstétricien…

Il croisa son regard et lui sourit.

- Tu t'en tire bien, continue...

- Non… je suis pas bonne… je vais pas y arriver…, Dit-elle faiblement en baissant la tête.

-J'te jure ! Aller !

Ellie se sentit vraiment imbécile à ce moment de ne pas être capable, de résister à un simple accouchement. À une chose que tant de femmes avait fait avant elle. Incapable de ne pas vivre ! Incapable de donner la vie !

Un grand mal s'ajouta à son vertige après une longue poussée, une crampe atroce la saisit, alors, au niveau du bassin. Elle voulait crier tout le mal qui l'habitait, mais elle n'avait presque plus de voix.

Elle s'accrocha au drap et à la main du jeune homme en se demandant si elle allait survivre jusqu'à la fin…

Pourtant, elle avait eu raison de le penser. La fin… Celle-ci avait était désastreuse, Ellie n'eut à peine le temps de voir son fils, de voir apparaître dans sa vie, avant de la quitté brutalement.

Le bambin se retrouva alors abandonné, avec comme seul souvenir son nom, l'héritage du testament de sa mère, une lettre bouleversante de sa mère et un soulier de son père. Il ne connaitrait rien de plus de ses origines, il se sentait si seul plus tard…

Pour instant, il ne pouvait pas comprendre. Il ne faisait que réclamer sa mère disparue en pleurant, inconscient de ce qui l'attendait.

''… J'étoufferai en pensant combien

Tu m'as fait mal, mais je dirai rien

Je sais tout ce que je te dois

Aujourd'hui, je serais pas là

Si t'avais pas, il y a longtemps,

Longtemps marché les pieds dans l'ombre

Jusqu'à la belle aux cheveux sombres…

Si t'avais pas aimé Maman…''*


FIN


* La main sur le carreau - Amélie Veille