Le disciple de « Red John » a tiré sur Patrick.

Voici la suite !

Bonne lecture !

Vous m'excuserez pour la numérotation erronée du précédent chapitre !

Merci !

Partie 7 :

A l'instant où retentit la déflagration, Jane ferma les yeux très fort et s'attendit à une douleur cuisante.

Une seconde, puis une autre, s'écoula et rien. Toujours rien. Pas de douleur. Pas de giclée de sang. Juste un rire matois et sournois dans la pièce.

Patrick rouvrit les yeux et choqué, réalisa qu'il était « entier ». Son agresseur riait encore et le narguait, en jouant avec le fusil qu'il finit par jeter au pied du mentaliste.

Le brusque recul et l'air paniqué de Jane provoquèrent une joie démente confinant à une jouissance extrême.

« -Des balles à blanc, Patrick. Expliqua le jeune homme, en souriant avec une nonchalance amusée. Rien que de voir votre expression apeurée était un pur moment de bonheur ! Un vrai régal ! Cela compense ma déception de la soirée des enchères ! Non… »

Ses traits se durcissant, il extirpa un pistolet de dessous sa veste et la braqua sur Patrick qui se figea.

« -Ne me tentez pas, Patrick. Déconseilla l'inconnu, d'une voix glaciale. Celui-ci n'est pas chargé à blanc. J'ai d'autres projets pour vous. Je disais donc que la soirée chez Mashburn aurait été une apothéose, un chef-d'œuvre : Vous et moi partageant une nuit de folie. Surtout que je ne vous étais pas indifférent…Le chasseur et une de ses proies ayant une relation inoubliable ! »

Patrick, au souvenir de l'attirance ressentie lors de cette soirée, éprouva une nausée et un dégoût de lui-même. Une haine immense menaça d'emporter toute prudence chez le consultant qui crispa des poings. Ses yeux étincelèrent dangereusement.

Le psychopathe, observant cela, eut un sourire de joie, de triomphe et de fierté.

« -Mais Mashburn a changé la donne. Fit-il, en haussant des épaules, désinvolte. Il s'est entiché de vous, à ma plus grande surprise et à mon plus grand bonheur ! Vous traquer jusqu'à Paris et la mise en scène dans cet hôtel étaient absolument grandioses ! »

L'homme en frémit de bonheur et de jubilation, déclenchant une réaction d'écoeurement et de mépris chez le mentaliste.

Puis sans un mot, il fit signe à Patrick de grimper les escaliers et de se diriger vers « la » chambre. Réticent, Jane hésita mais la menace de l'arme le décida à ouvrir la porte.

Malgré lui, il revit le moment où il avait découvert les corps de sa femme et de sa fille.

La terreur, le désespoir et l'impuissance refluèrent en lui, en des vagues puissantes et les yeux bleus du blond se posèrent sur le dessin tracé sur le mur.

Le remords et la culpabilité déferlèrent, faisant vaciller le consultant qui dut s'accrocher au mur.

« -Enfin, j'y suis ! » S'exclama, avec une ferveur presque religieuse, le psychopathe.

Ce dernier attacha Jane et le bouscula contre un mur. Déposant son arme à terre, il contempla la pièce avec une exaltation fiévreuse et un sourire béat sur son visage. Avec dévotion et une main tremblante d'émotion, il caressa le contour du visage rouge et souriant et amoureusement, pressa ses lèvres contre ce dessin, les yeux clos.

« -Le plus grand triomphe de mon maitre ! Murmura-t-il, dans un soupir admiratif et fanatique. Son chef-d'œuvre ! Son œuvre le plus abouti ! »

Un spasme arc-bouta son corps, subitement et un cri se perdit aux quatre coins de la pièce. L'homme s'affaissa, face au mur et les yeux fermés, une expression de plénitude sur ses beaux traits, se figea dans une position d'adoration ultime : Agenouillé, la tête baissée et les mains jointes…

Les larmes aux yeux, Patrick assistait à ce spectacle répugnant et obscène d'un disciple de « Red John », meurtrier de sa famille, souiller le lieu où étaient mortes sa femme et son enfant.

Il faillit vomir quand il vit ce malade avoir un orgasme dans la chambre où demeuraient, vivaces encore, les dernières images de sa famille. Il voulut se relever et sauter sur cet homme pour l'étrangler mais les liens entravaient ses poings et ses pieds.

Soudain, il pâlit. Le psychopathe s'était ressaisi et s'approchait de lui.

Une lueur de désir malsain dans ses yeux verts et un demi-sourire de jubilation sur ses lèvres.

« -Quel plaisir et quelle jouissance ! Fit l'inconnu, en balançant Patrick sur le matelas près du dessin. Vous prendre juste ici, sous la signature de mon maitre et dans cette chambre ! Et vous trancher la gorge quand je jouirai, tout en regardant votre lumière s'éteindre dans vos yeux… »

Dégainant un canif de poche, il s'allongea sur Patrick et écartant les pans du peignoir de bain, il se mit à promener une langue râpeuse, humide et avide le long de la peau du cou de Jane.

Le mentaliste se débattit, ne faisant qu'exciter davantage son violeur et tenta de le mordre, provoquant des rires moqueurs de son agresseur.

Une main se faufila entre les cuisses de Patrick qui essayait de l'esquiver et des doigts se frayèrent un chemin pour aller…

Des coups de feu résonnèrent et le violeur s'écroula sur le corps du consultant qui demeura sans réaction.

Le visage éclaboussé de sang de son agresseur, Patrick resta figé, les yeux grands ouverts.

« -Patrick ! Appela une voix familière, inquiète. Ca va ? C'est moi, Patrick ! »

Le cadavre du psychopathe fut projeté sans ménagement sur le côté, libérant Patrick de son poids et de sa présence. Jane leva des yeux éperdus vers son sauveur et des sanglots silencieux, de gratitude et de soulagement, le secouèrent quand le consultant reconnut le visage de Walter.

Il se suspendit à son cou et pleura, longuement, ne pouvant dire un mot.

« -C'est fini, mon chéri. Rassura le milliardaire, en lui caressant le dos. C'est fini, mon amour. »

Bouleversé de voir si vulnérable, Walter souleva Patrick dans ses bras et le pressant contre lui, l'emmena ailleurs. Loin de cette chambre. Loin de cette maison.

« -Tu ne resteras plus une minute de plus dans cette maison. Décida le milliardaire, d'un ton laconique et déterminé. Tu vas emménager chez moi. Pas de « non », ok ? »

Patrick, désemparé, les larmes coulant toujours, donna son assentiment par un hochement de la tête.

Assis dans l'arrière de l'ambulance, une couverture sur les épaules, Patrick se laissa examiner et soigner par un ambulancier. Des gyrophares de voitures de police trouaient l'obscurité de la nuit et éclairaient l'agitation qui se faisait autour de la maison du consultant.

Lisbon et Walter discutaient avec un inspecteur et Van Pelt et Cho sortaient de la demeure.

« -Ca va, Jane ? Demanda Rigsby, avec sollicitude. Tu veux parler ? »

Le mentaliste secoua de la tête et sourit pour rassurer son collègue qui ne fut pas dupe.

« -N'hésite pas à m'appeler. Conseilla Rigsby, en pressant l'épaule de Patrick. De jour comme de nuit, d'accord ? Puis Cho et Van Pelt sont là aussi pour toi. Ne l'oublie pas. »

Touché par l'amitié de ses collègues et ces paroles, Jane ne sut que dire mais Rigsby, comprenant, lui donna une accolade amicale et virile et s'éloigna vers Lisbon.

Avisant Walter qui se dirigeait vers Jane, Risgby l'accosta et lui chuchota quelques mots, l'air sérieux.

Le milliardaire opina de la tête et reprit son chemin vers Patrick qui sourit faiblement :

« -Il n'aboie plus qu'il ne mord. Tu n'as rien à craindre de lui. »

Mais Walter, soucieux, ne sembla pas goûter la plaisanterie du mentaliste et répliqua, agacé :

« -J'ai l'impression qu'il a des vues sur toi. »

Un vrai sourire apparut sur le visage de Jane qui confia :

« -Non, détrompes-toi. Rigsby tient énormément à Cho. »

Walter digéra l'information, stoïque et dévisagea Patrick, préoccupé. Le blond avait repris un air distant et lointain et paraissait éviter son regard.

Le milliardaire perçut de la crainte chez le mentaliste qui le fixa. Dans l'expectative.

« -Tu me veux toujours, Walter ? Interrogea Patrick, hésitant. Je suis un véritable aimant à problème. Je ne peux pas te garantir la sécurité… »

Walter, les mains sur les hanches, fulminait intérieurement mais se maitrisa pour ne pas hurler :

« -La vie est une jungle permanente. Le danger peut être là où l'on ne le pense pas. La vraie sécurité est là, ici. »

Se taisant, il tapota, doucement, le front de Patrick et l'enlaça dans ses bras. Jane, ému et épuisé, s'abandonna dans l'étreinte pleine d'amour de Walter et chuchota :

« -Emmène-moi. Je veux être là où tu seras. C'est avec toi que je me sens en sécurité, Walter. »

Walter, ému par la confiance de Patrick et sa prière, pleurant et riant à la fois, heureux, déposa une multitude de petits baisers sur le front, le nez et les paupières du mentaliste, en promettant :

« -Je ne te quitterai pas, Patrick. Où tu seras, je serai. Quel que soient l'endroit et le moment. Je serai auprès de toi. »

Fin

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