Les livres de Harry Potter sont l'œuvre de J.K. Rowling.

La saga Twilight est une création de Stephenie Meyer.

Cullens go to Hogwarts sort tout droit de l'imagination de la formidable Erica. K. Bailey et met en scène les personnages tirés des livres de ces deux fantastiques auteures mentionnées plus haut.

La traductrice de la version française Les Cullens vont à Poudlard est Milk40.

Merci de me suivre à travers ce crossover et de me faire part de vos commentaires, et bonne lecture.

Chapitre 43 : On dit que tout guérit avec le temps…

Le lendemain au petit déjeuner, les choses furent encore très tranquilles. Renée et Charlie essayaient de s'adapter au décalage horaire, leurs habitudes alimentaires et leurs heures de sommeil complètement chamboulées. Comme Bella, ils finiraient par s'habituer.

Je n'étais pas aussi certain que nous allions réussir à régler la situation épineuse avec Charlie, par contre. Il nous avait évités pendant le reste de la soirée après l'échange tumultueux que nous avions eu au dîner, et il était on ne peut moins loquace ce matin. La plupart du temps, sa conversation fut dirigée vers Esme pour lui demander de lui passer tel ou tel plat, ou la complimenter sur la qualité de la nourriture.

Dans le but de préserver l'unité familiale, tout le monde était là ce matin pour le petit déjeuner. C'était la première fois que nous utilisions la salle à manger depuis que nous nous étions installés à Venlaw. Jasper souffrait énormément. Toutes les pensées négatives et la tension le frappaient à travers son don, et il avait beaucoup de difficulté à garder la maîtrise de lui-même, surtout que de temps en temps Charlie regardait dans ma direction et grognait dans sa barbe.

Esme avait fait de son mieux pour dresser la table avec ce que je soupçonnais être un brunch succulent, si seulement la nourriture servie m'avait paru appétissante. Il y avait des crêpes, des gaufres, des œufs bénédictine, des saucisses, du bacon, un grand bol de salade de fruits composée de melon et de petites baies, des sirops, de la crème chantilly et de la sauce hollandaise… Si la nourriture pouvait remédier à cette situation, nous serions tous en train de nous étreindre les uns les autres en chantant Kumbaya à la fin du repas.

« Alors, vous avez eu un bon prix pour vos billets d'avion ? » Demanda Jasper, essayant de faire la conversation.

« Oui – c'était 399$ pour un aller-retour, » répondit gaiement Renée.

« Taxes en sus, » grogna Charlie.

Il y eut un long moment de silence.

« Est-ce que Phil va de nouveau faire les épreuves de sélection au printemps ? » Essaya encore Jasper.

« Non, les ligues mineures c'est fini pour lui. Il est entraîneur maintenant… et il aime ça. Il se pourrait qu'il retourne aux études pour devenir enseignant. »

« Je n'étais pas au courant, maman. »

« Apparemment toute notre famille ne fait que ça, cacher des choses, » grommela Charlie.

Un autre moment de silence s'ensuivit.

« Écoutez, Charlie, » débuta Emmett, « il n'y a pas d'action dans la chambre d'Edward, vous pouvez me croire ! On passe notre temps à l'agacer à ce sujet. »

« Emmett ! » S'écria Esme tandis que Rosalie donnait une taloche derrière la tête de son époux.

« Quoi – c'est vrai ! Je n'ai jamais vu un mec tenir le coup comme Edward. Si ce n'est pas du contrôle, ça ! »

Charlie se leva et sortit tranquillement de la pièce.

« Quoi ? » Emmett passa d'un visage furieux à l'autre autour de la table. « J'disais ça comme ça. »

Rosalie lui administra une autre tape.

Nous ne revîmes pas Charlie avant le repas du midi. Cette fois-ci Rosalie et Emmett avaient des 'plans' qui gardèrent celui-ci loin de la table. Esme se surpassa à nouveau avec au menu des petits pains mollets, des charcuteries, une salade aux œufs, thon et saumon, cinq variétés de fromages, un plateau de crudités, un plateau de fruits coupés, et une chaudrée de maïs épaisse et crémeuse. C'était un self service pour que chacun puisse préparer son propre sandwich, mais il y avait assez de victuailles pour nourrir la meute de loups au complet.

Cette fois-ci, personne n'essaya de forcer la conversation. Nous mangeâmes tous en silence. Charlie ne passa pas son temps à nous lancer des regards noirs, ce qui était une nette amélioration par rapport à sa conduite du matin. Il se concentra plutôt sur sa nourriture, prenant grand soin à préparer son sandwich à la perfection avant de le manger avec lenteur.

« Un autre excellent repas, Esme, » dit-il poliment en repoussant son assiette et en quittant la salle à manger. Esme nous regarda, prise de panique. Elle voulait que les choses aillent mieux, que tout le monde soit heureux et de bonne humeur – que chacun ait du bon temps pendant les vacances. Bella baissa la tête, la mine sombre. Elle avait à peine touché à sa nourriture. Je réalisai qu'elle n'avait pas mangé beaucoup ce matin non plus. Ce n'était pas bon pour elle.

L'affrontement continua jusqu'au dîner. Nous nous rassemblâmes tous autour de la table de la salle à manger une fois de plus. Emmett avait été autorisé à revenir avec la consigne stricte de ne pas parler. Charlie et Renée semblaient tous les deux s'être ajustés au décalage horaire. Apparemment, les heures de silence induites par le stress avaient ça de bon.

Esme avait préparé un rôti de côte de bœuf avec du Yorkshire pudding, des pommes de terre grelots et des asperges. Elle avait servi un consommé de bœuf suivi d'une salade grecque avant le plat principal.

« Vous pourriez ouvrir un restaurant, Esme, » commenta Charlie. Il y avait un changement dans sa voix. Elle n'était plus excessivement polie ou froide. Une touche de chaleur s'y était glissée. Je sentis une lueur d'espoir.

La conversation fut quand même très frugale pendant le reste du repas. Nous passâmes les plats à la ronde, nous nous concentrâmes sur l'assiette devant nous, et nous sourîmes poliment aux autres convives. Il y avait toutefois une diminution perceptible de la tension – et ce n'était pas à cause de Jasper.

Esme venait d'apporter le dessert – de la tarte à la citrouille avec crème fouettée et du gâteau au fromage 'Turtle,' quand Charlie décida de rompre le silence.

« Carlisle, » commença-t-il, « j'ai confié ma fille à vos soins lorsque vous avez décidé de venir ici pour l'année. »

Je sentis Bella se raidir à mes côtés, craignant ce qui allait suivre.

« Maintenant, Bella et Edward me disent qu'ils partagent une chambre sous votre toit. Est-ce le cas ? »

« Oui Charlie, » répondit calmement Carlisle. « C'est vrai. »

« Et ils me disent aussi que, même s'ils partagent une chambre, ils se comportent de manière appropriée. »

« Au meilleur de ma connaissance, c'est également vrai. » Carlisle lui rendit son regard sans sourciller. « Nous aimons tendrement Bella. Nous ne voudrions jamais qu'il lui arrive du mal. »

Charlie hocha la tête. « Eh bien, je suppose que je vais devoir me contenter de vous faire confiance sur ce point, » dit-il en soupirant, et un sourire commença à étirer ses joues.

À côté de moi, Bella éclata en sanglots de soulagement. Elle se leva et alla vers lui, jetant ses bras autour de son cou. « Ça va, Bells… » L'apaisa-t-il en caressant ses cheveux. « Je suis désolé – j'aurais dû te faire confiance. »

« Moi aussi j-je s-s-s-suis d-dé-désolée, papa… J'aurais dû te le dire, » renifla-t-elle.

« Eh bien, je suppose que c'est une bonne chose qu'on ne me laisse plus transporter mon révolver dans l'avion, » sourit-il. « J'aurais détesté découvrir que j'avais tiré à tort sur ton fiancé. »

La tension nerveuse éclata en rires autour de la table, bien que Charlie ne sache pas pourquoi c'était si drôle pour le reste d'entre nous.

Le reste de leur séjour se déroula beaucoup mieux par la suite. Charlie décida de croire Bella, et ce même s'il avait des doutes, car de toute façon elle allait faire ce qu'elle voulait. Elle était une adulte maintenant et il fallait qu'il la laisse partir. Je pouvais voir que c'était difficile pour lui. Dans son esprit, elle était toujours sa petite fille. Je supposai que j'éprouverais la même chose si je pouvais avoir une fille…

Après les premiers quelques jours pénibles, le reste de la semaine passa trop vite, et bientôt Bella fit ses au revoir à ses parents, les yeux remplis de larmes, tandis qu'ils chargeaient leurs bagages dans le taxi qui allait les ramener à l'aéroport d'Édimbourg.

« Prends soin de ma fille, » dit Renée en me serrant dans ses bras.

« Merci Renée – je suis très content que vous soyez venus, » répondis-je avec plus d'éloquence que ne le laissaient entendre mes paroles. Elle sourit, comprenant leur sens.

Bella étreignit Charlie très fort. Il finit par se dégager et sourit d'un air penaud avant de se tourner vers moi. « Edward… Ah… Prends soin de ma Bella, d'accord ? »

« Certainement, monsieur. »

« Appelle-moi Charlie. » Il sourit.

« Merci, Charlie. »

Et ils partirent. Bella poussa un énorme soupir de soulagement alors que le taxi tournait le dernier virage et disparaissait de notre champ de vision.

La deuxième semaine des vacances de Noël passa très vite elle aussi. Bella et moi pûmes apprécier la liberté d'être en couple sans masques, tromperies ou anxiété. C'était un grand soulagement d'être tout simplement ensemble. Le reste de la famille aussi profita de ces vacances. Les quelques derniers mois avaient été agréables, certes, mais également très stressants… Nous avions besoin de ce temps de répit pour nous ressourcer.

Je décidai un matin d'emmener Bella faire une promenade pour profiter de la nature environnante. C'était une journée plus chaude que les précédentes et le soleil était au rendez-vous – ce qui semblait rare. Mis à part Forks, c'était un des endroits les plus nuageux où nous avions vécu, et même quand il faisait soleil, nous pouvions facilement nous rendre à Poudlard en utilisant la Poudre de cheminette et ensuite rester à l'intérieur du château toute la journée. C'était une autre raison pour laquelle nous avions presque un sentiment de normalité ici.

Bella s'emmitoufla dans son manteau d'hiver et ses bottes chaudes avant que je la balance dans mon dos et que nous sortions. Je voulais lui montrer l'affleurement que nous visitions souvent en allant chasser. Il semblait y avoir un nombre relativement élevé de carnivores de taille appréciable dans cette région, et la corniche offrait un point de vue spectaculaire. Bien entendu, aujourd'hui mon but n'était pas de chasser. Je voulais que Bella voie la vallée en contrebas à partir de la saillie.

Je la sentis sourire contre ma nuque pendant que nous courions. J'aimais le fait que maintenant elle prenne plaisir à courir avec moi, partageant ainsi ma passion. Elle garda les yeux ouverts et affronta le paysage en relevant la tête, ayant assez confiance en moi pour savoir que j'allais éviter les branches d'arbres au passage.

Quand nous arrivâmes au bord de l'affleurement, je la fis descendre de mon dos. Elle haleta en voyant le panorama qui s'étendait devant nous. « Edward, c'est magnifique. »

Juste à ce moment, je distinguai une odeur familière. « Attends, » dis-je tranquillement. Je pouvais entendre le lynx venir de ce côté, guettant sa proie inconsciente du danger. Soudainement il y eut du remue-ménage, et un lapin sortit de la lisière de la forêt, le lynx à ses trousses.

Je regardai Bella, qui ouvrit de grands yeux en voyant le lynx passer devant nous à toute vitesse. « Wow, je ne peux pas croire que je viens de voir ça avec mes propres yeux, » souffla-t-elle. Sa réaction me fit glousser et nous reportâmes notre attention sur la splendide vallée.

« Edward, » dit-elle tandis que nous contemplions les terres en contrebas. « Je ne veux plus faire semblant. »

« Je sais, » répondis-je. « Je ne veux plus prétendre moi non plus. »

Il n'y avait rien de plus à dire.

C'est le dimanche avant le retour à l'école que nous reçûmes une visite impromptue. Nous étions à l'extérieur, Emmett et Jazz jouant à la lutte dans la cour, pendant que je me déplaçais à une vitesse humaine, jouant à chat perché avec Bella. Même en courant 'au ralenti,' elle n'était pas de taille contre moi, néanmoins de temps en temps elle trouvait le bouclier parfaitement invisible érigé par Dumbledore et elle se baissait derrière, échappant à ma poigne ne serait-ce qu'une minute, avant que je la plaque au sol de façon ludique, formant une cage protectrice autour d'elle tandis qu'elle riait à gorge déployée.

Il venait de commencer à neiger lorsque je levai les yeux et vis Cedric debout dans la cour, nous observant tous les uns après les autres. Je me relevai en sursaut, tirant Bella avec moi. « Cedric ! » S'exclama-t-elle, courant vers l'endroit où il se tenait et s'arrêtant à quelques mètres de lui. « C'est si bon de te voir, Cedric. Comment se sont passées tes vacances de Noël ? »

« Pas mal, » répondit-il. « Je viens de rentrer. »

« Veux-tu venir à l'intérieur prendre un chocolat chaud ? » Demandai-je… « Ou un thé ? »

« Un chocolat chaud serait très sympa, » dit-il avec le sourire, « mais peut-être après que j'aie montré une chose ou deux à tes frères… » Il sourit de plus belle, sur le point de se lancer sans s'en douter dans un match de lutte avec deux vampires.

« Non ! » S'écria Bella, mais Emmett l'invita à se joindre à eux. « Allez, Cedric, je suis sûr que t'es capable de prendre Jasper. » T'inquiète pas, Edward… On ne va pas le blesser – trop gravement.

Cedric courut vers Jasper qui dévia facilement sa progression vers la droite, tandis qu'il s'inclinait vers la gauche, donnant l'impression que Cedric s'était fait frapper, même si seulement légèrement. Ils se relevèrent tous les deux, se tournant autour, à la recherche d'une ouverture. Cedric plongea pour attraper les jambes de Jasper qui se glissa aisément hors de sa portée, mais en profita pour plonger sur lui, le faisant rouler dans l'herbe.

Hé, c'est pas mal amusant… Il émit un petit rire.

Incapable de rester à l'écart très longtemps, Emmett jaugea Cedric, attendant l'occasion de sauter dans l'action. Pendant que Cedric grimpait sur Jasper, cherchant une autre opportunité, Emmett le prit de côté, le saisissant par la taille pour le faire tomber au sol, appliquant une torsion à leurs corps pour que Cedric atterrisse sur lui. De cette position, Emmett roula afin de renverser Cedric et de le clouer au sol. Cedric tenta de repousser Emmett, mais celui-ci ne se montra pas aussi conciliant que Jasper l'avait été.

Finalement, Emmett le libéra de son emprise et ils rirent tous les deux. « Je te proposerais bien de catcher avec Edward – mais il triche ! » Railla Emmett.

« Pourquoi ? Parce qu'il peut entendre tes mouvements avant que tu ne les exécutes ? » Cedric sourit. « Je pense que je peux m'en tirer. »

Je relevai un sourcil. « Tu es sûr de ça ? »

Il répondit en prenant une pose défensive. Je soupirai… C'était un bon signe qu'il soit ici, mais il faudrait que je fasse attention. Il n'était pas un combattant expérimenté. Il s'était probablement seulement amusé avec ses camarades de Maison à l'école. Et par ailleurs, Poudlard n'avait pas d'équipe de catch. Avec sa taille et son gabarit, il avait un avantage sur les autres garçons de son âge, mais sans cela, il n'allait pas durer contre quelqu'un d'habile – et j'étais très habile.

J'initiai la première mise à terre, décidant de m'emparer de ses jambes, mais comme je le jaugeais, je trouvai difficile de réfléchir à tout ce qui pourrait réellement le blesser. Alors que je plongeais, il glissa de côté et me saisit à bras-le-corps au moment où je touchais le sol. Nous roulâmes une fois avant que je m'apprête à l'épingler au sol, mais il se déroba prestement et se remit sur ses pieds.

Il initia la seconde mise à terre. Envisageant de m'immobiliser complètement, il enroula ses bras autour de ma taille et essaya de me pousser par terre. Même si je pouvais dire qu'il utilisait toute sa force, ça ne me faisait pas plus d'effet qu'une brise légère. Malgré tout, alors qu'il se jetait en avant, je m'enhardis, et en déviant un peu je l'envoyai s'étaler comme une crêpe. Tandis que je me penchais pour le river au sol, il roula, tirant mon bras. Je suivis son mouvement de manière à ne pas lui faire mal, et pendant un instant il eut presque le dessus, mais je me dégageai de lui et rebondis sur mes pieds.

Nous échangeâmes maintes prises et mises à terre, et nous roulâmes dans tous les sens, mais jamais ne me résolus-je à tenter quoi que ce soit qui aurait pu éventuellement le heurter. C'est ainsi qu'en fin de compte, le match dura beaucoup plus longtemps que si j'avais combattu un de mes frères. Finalement, comme il roulait une fois de plus pour m'immobiliser au sol, j'utilisai son propre élan pour le pousser davantage, et c'est moi qui le clouai au sol à la place. Il rit de bon cœur. « Je le prendrais bien, ce chocolat chaud, à présent. »

Je l'aidai à se relever et nous rentrâmes à la maison. Nous ne parlâmes pas de ce qui s'était passé au bal de Noël ou de la douleur que je lui avais causée. Je ne sentais pas le même niveau de confiance ou d'amitié qui avait existé avant, et je pouvais entendre dans ses pensées que tout n'était pas encore réglé entre nous – mais il avait décidé de me donner une chance et j'allais la prendre.

À la fin de la journée, quand Cedric retourna à Poudlard pour la nuit, une épaisse couche de neige recouvrait la cour et le jardin. C'était beau et paisible comme c'était toujours le cas quand la neige ensevelissait l'herbe et les feuilles mortes en décomposition tapissant la terre gelée. Ça donnait à toute chose une apparence de fraîcheur et de renouveau… pour l'instant.

Un chapitre qui m'a rappelé que nous sommes encore au cœur de l'hiver…

À la semaine prochaine (ou dans deux semaines au plus tard)

Un bonjour tout spécial à Louise, à Juju, et à Unpassantquipasse.

Milk