Les livres de Harry Potter sont l'œuvre de J.K. Rowling.

La saga Twilight est une création de Stephenie Meyer.

Cullens go to Hogwarts sort tout droit de l'imagination de la formidable Erica. K. Bailey et met en scène les personnages tirés des livres de ces deux fantastiques auteures mentionnées plus haut.

La traductrice de la version française Les Cullens vont à Poudlard est Milk40.

Merci de me suivre à travers ce crossover et de me faire part de vos commentaires, et bonne lecture.

Chapitre 44 : Cette sorcière de journaliste !

En fin de compte nous préférâmes demeurer discrets et nous ne fîmes pas d'annonce spéciale pour expliquer la situation. Simplement, nous arrivâmes à Poudlard main dans la main, commençâmes à bavarder à l'heure du lunch, et arrêtâmes de nous retenir quand nous voulions nous lancer des regards amoureux. Ce fut un véritable soulagement. Il nous avait été très difficile de feindre d'être autre chose que ce que nous étions réellement. Et ça avait blessé des gens…

Bien sûr ça ne s'était pas fait sans causer de réactions. Les cancans valaient bien ceux que j'avais entendus lorsque nous avions commencé à nous montrer ensemble à Forks. Tout le monde avait un avis sur ce qui s'était passé… L'histoire la plus amusante était celle voulant que je me sois battu en duel avec Cedric pour obtenir la main de Bella le lendemain du bal de Noël. Bien entendu, dans une autre version des faits Bella et Cho s'étaient crêpé le chignon à la fin de la soirée, et dans une autre encore, Bella et moi étions tombés amoureux pendant les vacances de Noël, et Cho et Cedric ne l'avaient su que le premier jour d'école au retour du congé des fêtes… Et il y avait une autre version selon laquelle Cho et Cedric avaient commencé à se fréquenter, nous brisant le cœur à Bella et moi, et nous conduisant à nous consoler l'un l'autre. En l'absence d'informations, le moulin à rumeurs fonctionna à plein régime.

Heureusement, Cedric allait bien. Il fut un peu distant au début, tout comme le furent ses camarades quand ils me virent avec 'sa nana,' ainsi qu'ils considéraient Bella dans leurs esprits. La première semaine fut un peu plus difficile à passer avec eux, étant donné le mécontentement que j'entendais dans leurs têtes. Mais finalement, l'acceptation de la situation par Cedric eut raison de leurs réticences.

Non pas que les choses soient comme avant. Elles ne l'étaient pas. La nature insouciante de notre amitié était encore tendue. Il faudrait un certain temps pour regagner la confiance que nous avions jadis. Et à certains égards ça ne pourrait pas être pareil… mais c'était mieux que rien.

Le potinage au sujet de notre relation fut toutefois éclipsé par un autre article blasphématoire de cette redoutable femme, Rita Skeeter. Comme nous étions restés isolés à Venlaw pendant le congé de Noël, nous n'en entendîmes pas parler avant notre retour à Poudlard ce premier jour.

« Hagrid est parti ? » S'exclama Bella à sa table lors du premier petit déjeuner, discutant avec Hermione, Harry et Ron. « Mais pourquoi ? Que s'est-il passé ? Est-ce que c'est à cause de cette Madame Maxime ? »

Nous avions entendu dire que la tentative d'Hagrid de courtiser la directrice de Beauxbâtons ne s'était pas bien passée. Ron et Harry avaient entendu un échange entre eux dans le jardin, qui s'était terminé quand Madame Maxime avait abruptement quitté les lieux.

« Non, » répondit Hermione. « Nous ne sommes pas tout à fait sûrs… comme il n'a parlé à aucun d'entre nous, mais nous pensons que ça a quelque chose à voir avec l'article de cette bonne femme Skeeter. » Elle cracha le nom comme une masse de saleté.

« Quel article ? » S'enquit Bella. Hermione sortit un papier de son sac et le lui tendit. Bella le parcourut en vitesse. « Oh non ! » S'écria-t-elle avec désespoir. « Je peux voir ce que vous voulez dire… Quelle horreur ! »

Elle le partagea avec la famille ce soir-là dans la bibliothèque.

« Rubeus Hagrid, qui admet avoir été expulsé de Poudlard au cours de sa troisième année, occupe depuis ce temps le poste de garde-chasse à l'école, un emploi que Dumbledore lui a obtenu. L'an dernier, cependant, Hagrid s'est servi de sa mystérieuse influence sur le proviseur pour assurer la fonction supplémentaire de professeur de Soins aux Créatures Magiques, passant par-dessus de nombreux candidats mieux qualifiés, » lut Bella.

« C'est ridicule, » souffla-t-elle, son visage devenant rouge de colère. « Son expulsion a été annulée quand ils ont découvert qu'il était innocent… Elle expose ceci tout à fait hors contexte… »

Elle scruta le reste de l'article.

« "J'ai été attaqué par un hippogriffe, et mon ami Vincent Crabbe s'est fait mordre par un veracrasse enragé,'' témoigne Drago Malefoy, un élève de quatrième année. " Nous détestons tous Hagrid, mais nous avons tout simplement trop peur pour dire quoi que ce soit.'' »

« Une morsure de veracrasse, » persifla Emmett. « Ces choses-là n'ont même pas de dents. »

Bella continua de lire à voix haute. « Comme si cela ne suffisait pas, La Gazette du Sorcier a découvert des preuves qu'Hagrid n'est pas – comme il l'a toujours prétendu – un sorcier de sang-pur. En fait il n'est même pas complètement humain. Sa mère, nous pouvons le révéler en exclusivité, n'est nulle autre que la géante Fridluva, dont le sort est actuellement inconnu.

Sanguinaires et brutaux, les géants sont aujourd'hui en voie d'extinction à cause des guerres intestines qu'ils se sont livrés au cours du dernier siècle… »

« Sanguinaires et brutaux ? » S'exclama Jasper. « Elle ne connaît pas la véritable signification de ces deux mots… »

« Peut-être que nous devrions la mettre en présence de gens sanguinaires, » ajouta Emmett, les yeux pétillants.

« Les garçons ! » Les avertit Esme.

« On ne boirait pas vraiment son sang… » Sourit Emmett. « On s'amuserait juste un peu avec elle. »

« Ce n'est pas le genre d'attention dont nous avons besoin venant de la presse, » déclara calmement Carlisle, bien qu'il soit tout aussi en colère que les autres.

« Elle joue sur les préjugés des êtres humains – ils ont toujours vu les géants sous un éclairage défavorable, » commenta Rosalie.

Nous la regardâmes avec surprise.

« Eh bien, je pourrais avoir entendu un peu de cette histoire aujourd'hui de la bouche de Drago. » Elle sourit. « Je garde un œil là-dessus… »

Je secouai la tête. Je me demandais quelle nouvelle forme de torture elle aurait pour Drago suite à la parution de cet article… D'une manière ou d'une autre, je ne pensais pas que ce serait assez mesquin.

« Hagrid doit se sentir vraiment mal, » soupira Esme. « Qu'en dit Hermione ? »

« C'est justement ça, » répliqua Bella. « Il ne répond pas à sa porte, il ne sort pas de sa cabane… »

« Il y a également un nouveau professeur pour le remplacer, » ajouta tranquillement Carlisle. « Dumbledore a mentionné quelque chose à propos d'Hagrid qui aurait demandé un congé. »

« Eh bien, nous sommes censés retourner là-bas demain. Peut-être que je pourrai le raisonner, » nous rassura Jasper. Peut-être que je peux lui remonter un peu le moral…

« Toi et moi, mon pote ! » Emmett frappa son poing contre celui de Jasper.

Le développement le plus intéressant de notre retour à Poudlard fut de gagner une amie en la personne de Cho. Alors qu'avant elle n'avait été qu'une vague connaissance, à notre retour des vacances de Noël elle se fit un point d'honneur de venir nous voir, Bella et moi, pendant que nous déjeunions ensemble pour la première fois.

« Salut les amis. »

« Hé, » répondis-je. Bella parut simplement étonnée.

« Comment a été votre Noël ? » Demanda Cho.

« Très agréable. Les parents de Bella sont venus en visite des États-Unis, » dis-je, incitant Bella à se joindre à la conversation.

« Ah, oui, ils sont arrivés le jour après le Bal. C'était une surprise totale. Ils ont vu que les sièges étaient à prix réduit, et ils en ont profité pour voler jusqu'ici. »

« Excusez-moi. Des sièges à prix réduit ? » S'enquit Cho.

« Oh, dans un avion, » expliqua Bella. « Mes parents sont des moldus. »

« Oh ! » Les yeux de Cho s'illuminèrent. « Tu es comme Hermione. Ses parents sont des moldus eux aussi. Pas surprenant que vous soyez des amies si proches toutes les deux ! »

« Euh, oui, » marmonna Bella, levant les yeux vers moi. Elle était étonnée par la soudaine gentillesse de la jeune fille qu'elle avait autrefois perçue comme une menace.

« Hé, j'ai remarqué que vous venez étudier le soir… Je sais que vous aviez probablement des cours différents aux États-Unis – peut-être auriez-vous besoin d'un peu d'aide ? J'ai l'habitude de travailler dans la salle commune de Serdaigle, mais parfois ça peut être un peu bruyant. Ça vous dérangerait que je me joigne à vous ? »

« Ce serait vraiment super, » approuvai-je. Je me demandai brièvement si elle mettait des annotations dans ses manuels de Potions comme le faisait Hermione. « En fait j'ai un peu de retard en Potions. Est-ce que par hasard tu aurais encore ton manuel de quatrième année ? »

« Oui… Cependant il est rempli de notes dans les marges. »

« Parfait ! Ce serait formidable. »

Je jetai un coup d'œil à Bella pour voir comment elle réagissait à cet échange. Elle semblait remarquablement calme. En fait elle paraissait même presque contente de quelque chose. J'allais devoir lui demander plus tard.

« Eh bien, je ferais mieux d'aller chercher mes livres pour le prochain cours. On se voit ce soir. » Elle partit en nous faisant un signe de la main.

Après son départ, je voulus vérifier comment Bella prenait vraiment tout ça.

Mais elle me prit de vitesse. « Edward, je pense que nous devrions inviter Harry et Ron à nos séances d'étude un de ces quatre. »

« C'est une excellente idée, » dis-je en lui souriant. Elle était vraiment géniale parfois…

Ron et Harry n'étaient pas intéressés par la perspective d'une séance d'étude. Apparemment, même si Ron et Hermione étaient en trêve, ça ne l'empêchait pas d'être encore un peu fâché contre elle. Et Harry ne croyait pas trop que je ne sortais pas avec Cho. Notre petite conversation dans la Grande Salle n'avait pas arrangé les choses. C'est ainsi qu'à la bibliothèque ce soir-là, Bella et moi partageâmes notre table avec Hermione, Cho et Cedric.

« Tiens Edward, » me dit Cho en arrivant. « C'est mon livre de Potions de l'année dernière. J'espère qu'il te sera utile. »

« Merci ! » Répondis-je, le prenant et l'ouvrant tout de suite. Je devrais être en mesure de le lire avant la fin de notre heure d'étude.

« Êtes-vous au courant au sujet d'Hagrid ? » Demanda Bella.

« Ça a été révélé après Noël. Nous avons tous vu l'article, » dit Cho. « Je me sens un peu mal pour lui. Il n'est pas le monstre qui y est dépeint… Mais j'aime bien notre nouveau professeur aussi ! »

« Je sais, aujourd'hui nous avons vu une licorne et j'ai beaucoup appris… Je ne savais pas que les licornes avaient tant de propriétés magiques… C'était tellement stimulant intellectuellement, » s'anima Hermione avant de réaliser son erreur. « Mais bien entendu, Hagrid me manque, » s'empressa-t-elle d'ajouter.

Nous en convînmes tous, cependant je pouvais voir dans leurs esprits, à l'exception de Bella, qu'ils étaient plutôt impressionnés par le remplaçant d'Hagrid.

Jasper et Emmett n'eurent pas beaucoup de chance avec lui au cours de la semaine qui suivit. Jasper fut capable d'améliorer suffisamment son humeur pour qu'il les laisse entrer dans sa cabane, mais il était toujours considérablement déprimé, en dépit de l'aide de mon frère.

« Je n'ai jamais rien vu de tel, » remarqua Jasper à la fin de la semaine lors de notre première réunion hebdomadaire de la nouvelle année avec Dumbledore. « Je l'ai frappé avec toute la force de mon pouvoir, et malgré tout il a continué à se lamenter et à gémir qu'il était un monstre et que plus personne ne voudrait être son ami. » Cela avait été très exigeant pour Jasper de rester dans l'entourage de quelqu'un d'aussi morose toute la semaine. Alice frotta son dos dans un geste réconfortant.

« J'apprécie énormément ce que tu as fait pour lui, Jasper, » dit Dumbledore d'un ton rassurant. « Il faut qu'il se rende compte qu'il a des amis. Et tu as au moins fait ça. »

« Ouais, mais il était vraiment déprimé, » ajouta Emmett. « Il ne voulait même pas sortir dehors pour aller voir ses scroutts à pétard apprendre à ramper hors de leurs boîtes… petites bêtes astucieuses… » Soupira-t-il avec adoration.

« Il n'a même pas laissé Hermione, Harry et Ron entrer, » dit Bella en secouant la tête.

« Encourage-les à continuer d'essayer, » lui conseilla Dumbledore, puis il changea d'expression. « Parlant de Harry, avez-vous une idée de comment il se débrouille avec son œuf d'or ? »

« Eh bien, » débutai-je, « je lui ai conseillé de l'essayer dans le bain des Préfets. Mais je ne sais pas s'il a suivi mon conseil. »

« Et je présume que tu as résolu l'énigme ? » Dit Dumbledore en souriant.

« Je pense que oui. Je travaille sur un sortilège pour créer une bulle d'air avec Cedric, » répondis-je, ne sachant pas combien je devais en dévoiler.

« Ça me semble très judicieux, » acquiesça le vieux sorcier.

« Y a-t-il autre chose que nous pourrions faire ? » S'enquit Carlisle. « Je veux dire concernant Hagrid ou Harry ? »

« Eh bien, je me demandais si vous pourriez m'aider avec quelque chose. Voyez-vous, il y a une visite à Pré-au-Lard, ainsi que les élèves appellent la partie de Peebles où ils vont, de prévue vers le milieu du mois. Je suis un peu inquiet pour Harry. Rita Skeeter continue de rôder dans les parages, et je crains qu'un émissaire de Voldemort n'attente à la vie de Harry lorsqu'il n'est pas dans l'enceinte de Poudlard, qui possède ses propres protections. »

« Je vois où vous voulez en venir, » répondis-je. « Je suis certain que je pourrais y aller avec Cedric ou quelques autres… »

« Oui, ce serait excellent… Je suis sûr que Bella voudra faire la visite avec Hermione elle aussi. » Il sourit. « Mais j'ai également pensé que quelqu'un pourrait y aller de façon un peu plus discrète. »

« Tu veux dire comme un vigile ? » Demanda Carlisle. « Alice serait probablement la meilleure candidate… Elle peut voir quand quelqu'un s'en vient tout en s'assurant de ne pas être vue elle-même. »

« Ce que j'ai en tête exigerait que quelqu'un soit hors de vue en tout temps. » Les yeux de Dumbledore pétillaient de malice. « J'ai accès à une certaine cape qui faciliterait la tâche. »

Nous le dévisageâmes tous avec des yeux écarquillés de stupéfaction, ne sachant pas trop de quoi il parlait.

« J'ai besoin d'un volontaire pour se promener et garder un œil ouvert et une oreille attentive afin de détecter quoi que ce soit d'inhabituel. Il n'est pas nécessaire que ce soit Alice, mais ce serait certainement un bon choix. »

« Eh bien, je pourrais le faire, » proposa Jasper. « Je pense connaître le genre de lieux qu'il faut inspecter et ce qu'il faut écouter, à moins que tu ne veuilles t'en charger, ma chère ? »

« Non, Jasper, » répliqua Alice. « Vas-y, tu feras mieux que moi. Tu peux sentir quand quelqu'un est mal à l'aise… Ça fait de toi un meilleur choix. »

« Je suis d'accord, » dit Emmett, « s'il s'agit de se faufiler partout, Jasper est celui qu'il vous faut. »

« C'est réglé alors, » lança Dumbledore. « Donc, dans deux semaines à partir d'aujourd'hui nous nous rencontrerons plus tôt et je t'apporterai la cape spéciale. Et Edward, » dit-il en se tournant vers moi, « j'aimerais que tu fasses ton possible pour faire en sorte que Harry soit préparé pour la seconde tâche. Je crains qu'il ait tendance à procrastiner comme il l'a fait la dernière fois, et il se trouve que cette tâche nécessitera un peu plus de préparation. »

Les quelques semaines suivantes passèrent très vite. Notre routine avait changé, mais pour le mieux. Chaque matin Rosalie, Bella et moi arrivions à Poudlard. Rosalie se rendait à la salle commune de Serpentard pour entendre les derniers ragots, pendant que Bella et moi allions rejoindre nos camarades de maisons respectifs dans la Grande Salle. Bien entendu, maintenant nous nous tenions par la main en marchant, ce qui était un grand soulagement pour moi.

Habituellement nous croisions Cho à l'heure du déjeuner et bavardions pendant quelques minutes, confirmant nos plans d'aller étudier à la bibliothèque le soir venu. Nous retournions à Venlaw pour passer un peu de temps en tête-à-tête, puis après le souper nous étions de retour à Poudlard pour notre session d'étude.

Cho était incroyablement intelligente. Elle avait une confiance tranquille en elle qui rendait agréable de la côtoyer. Ses textes bien annotés constituaient également un ajout bienvenu. J'avais pris l'habitude de lui emprunter ses manuels, une matière et plusieurs années à la fois, que je lisais au cours de la nuit.

« Tu dois lire très vite, » fit-elle remarquer une fois.

Cela fit ricaner Bella. « Oui, on pourrait presque croire qu'il lit toute la nuit ! » Bella avait plus que fait la paix avec Cho. Elles étaient en train de devenir amies.

Ça n'aidait pas les choses avec Harry, par contre. Il semblait me tenir rancune d'avoir emmené Cho au Bal. Je pouvais difficilement le lui reprocher. J'aurais voulu que la situation évolue autrement. Et il se méfiait de l'amitié que j'entretenais maintenant avec elle. Ça semblait interférer avec sa progression concernant la deuxième tâche.

« Est-ce qu'Hermione lui a demandé aujourd'hui ? » M'informai-je auprès de Bella.

« Oui, mais tout ce qu'il a dit c'est qu'il a presque trouvé l'indice. »

« Presque ? Ça n'a aucun sens. Soit il l'a trouvé, soit il ne l'a pas trouvé… A-t-il dit quelque chose au sujet d'un bain ? »

« Hermione n'en a pas fait mention. »

C'était frustrant. J'aurais dû simplement lui dire, mais je ne pensais pas qu'il allait me croire. Peut-être qu'il ne m'aurait pas cru.

Le jour de la visite à Pré-au-Lard arriva. Nous nous réunîmes à la bibliothèque de Venlaw tôt le matin afin de faire nos plans pour la journée.

« Je dois rencontrer Cedric, » répondis-je à Dumbledore qui voulait savoir comment nous allions nous organiser. « Et Bella va s'y rendre avec Hermione, Harry et Ron… Nous allons les retrouver à Poudlard après cette réunion. »

« Et je suis prêt à aller n'importe où où vous voudrez m'envoyer, » ajouta Jasper.

« Je pense qu'il serait probablement préférable de les suivre dans un premier temps, » dit Dumbledore. « Mais sers-toi de ton jugement si quelque chose semble étrange. Je suis sûr qu'avec ton passé militaire tu détecteras facilement toute anomalie. »

Jasper lui adressa un sourire entendu. Il avait hâte d'accomplir sa mission. Comme un jeu de cache-cache…

« Tiens, essaye-la. » Dumbledore lui lança une longue cape soyeuse qui paraissait fabriquée dans un matériel aqueux. Jasper la jeta sur ses épaules et la ramena vers le devant.

« Apparemment elle me fait. » Il sourit alors que le reste d'entre nous demeurait bouche bée. « Quoi ? » Demanda-t-il en baissant les yeux sur lui-même. À partir de ses épaules jusqu'au sol, son corps avait complètement disparu. « Quoi… Mince alors ! »

« Cool ! » Emmett le contempla avec appréciation. « Je retire ce que j'ai dit. Je pense que c'est moi le meilleur choix pour cette tâche. »

« Je ne suis pas sûre que cette cape parviendrait à te couvrir complètement, » railla Rosalie.

Jasper mit la capuche sur sa tête. Elle tombait devant son visage, le couvrant de manière à ce qu'il soit complètement invisible…

« De quoi ai-je l'air ? » Dit-il avec une pointe d'humour dans la voix.

« Je peux encore te voir, » gazouilla Alice, mais ensuite elle sursauta légèrement. « Et, arrête ça Jasper. Je peux te voir, mais pas si vite. »

Il enleva la capuche de sa tête. Il fallut une seconde pour le localiser car il s'était déplacé de l'autre côté de la pièce.

« Maintenant, tu dois faire preuve d'une discrétion absolue, » l'avertit Dumbledore. « Et je vous prierais tous de ne pas en parler aux autres. Je l'ai empruntée, toutefois le propriétaire pourrait ne pas en être pleinement conscient. » Il sourit.

Et c'est ainsi que nous prîmes le chemin de l'école, Bella et moi, et Jasper sous sa cape. C'était un peu énervant. Je pouvais encore entendre ses pensées pendant que nous courions, mais quand je lançais un regard en direction de sa voix, il n'y avait rien.

Nous arrivâmes devant la salle commune de Gryffondor et entendîmes la fin d'une discussion entre Hermione et Harry.

« Es-tu sûr que tu devrais venir aujourd'hui, Harry ? » Demanda Hermione.

« Pourquoi n'irais-je pas ? »

« Je pensais juste que tu voudrais profiter du calme de la salle commune pour essayer de déchiffrer cet œuf. »

« Oh, je – je pense avoir une assez bonne idée de quoi il s'agit maintenant. »

« Vraiment ? Mais c'est très bien ! »

Je fronçai les sourcils. Il mentait, mais je ne pouvais pas faire grand-chose à ce sujet. Hermione pensait qu'il était sincère, et il n'y avait pas de raison pour que Bella sache comment résoudre l'énigme de l'œuf. Et de toute façon, même si j'essayais encore de l'aider, il ne m'écouterait pas. Mon esprit se mit à chercher une solution alternative.

Bella donna le mot de passe secret et, me gratifiant d'un baiser rapide sur la joue, elle s'esquiva par le trou accédant à la salle commune.

Devrais-je la suivre ? Demanda mentalement Jasper.

J'acquiesçai et me rendis dans les quartiers de Poufsouffle.

Nous nous retrouvâmes tous ensemble sur le chemin du village, mais je marchais au sein d'un groupe composé de Cedric et de ses amis ainsi que de Cho et de quelques-unes de ses copines, tandis que Bella marchait à peu de distance avec Harry, Hermione et Ron. Il était évident que je n'étais pas le bienvenu, du moins en ce qui concernait Harry.

« Il est fou ! » S'exclama-t-il en parlant de Viktor Krum qui venait de plonger dans le lac et dont on ne voyait que la tête noire bouger à la surface de l'eau. « Ça doit être glacial en plein mois de janvier ! »

« Il fait beaucoup plus froid d'où il vient, » commenta Hermione. « Je suppose que pour lui l'eau du lac doit sembler tiède. »

« Ouais, va pour la température, mais que dire du calmar géant ? » Lança Ron.

Mais ce n'était pas le froid ou le calmar géant qui attirèrent mon attention, c'était le reflet d'or dans sa main quand il avait plongé dans le lac. Il avait visiblement reçu quelques conseils au sujet de son œuf, et il aurait probablement une solution d'ici la fin de la journée. Je commençais à marcher un peu plus vite pour rattraper Harry et lui faire part de cette constatation lorsque je me rappelai qu'il n'avait pas confiance en moi. Quelle raison aurait-il de me faire confiance maintenant, quand je l'encourageais ni plus ni moins à sauter dans un lac ?

Nous nous rendîmes dans une partie du village que je n'avais pas vue avant. Je me demandai si en fait elle n'était pas cachée des moldus à Peebles. C'était comme s'il y avait une section entière de la ville, rien de plus qu'une rue, vraiment, où les élèves de Poudlard aimaient s'attarder pour visiter le magasin de bonbons, boire de la Bièraubeurre aux Trois Balais, ou faire du shopping dans l'un des nombreux commerces le long de la rue.

« Je veux acheter des bonbons, » dit Cho, secondée par son amie, alors que nous déambulions dans la rue. J'observai Bella du coin de l'œil tandis qu'elle et ses amis se dirigeaient de l'autre côté, contemplant les boutiques, pendant que nous allions directement chez Honeydukes.

Je la surveille, me rappela Jasper.

Je hochai la tête et suivis Cedric et Cho et le reste de nos amis, tout en gardant un œil sur Bella et ses amis par l'intermédiaire de Jasper.

« Il ne semble être dans aucun des magasins, » commenta Ron. Je réalisai qu'ils avaient espéré trouver Hagrid.

« Allons prendre une Bièraubeurre aux Trois Balais. Peut-être qu'Hagrid y sera. »

Hagrid ne pourrait pas être en ville… Il peut à peine sortir du lit, songea Jasper en les suivant discrètement.

Le pub était très bondé, ce qui rendait difficile pour Jasper de se déplacer à travers la foule sans être détecté. Tous les quatre s'approchèrent du comptoir, commandèrent de la Bièraubeurre à la tenancière, Madame Rosmerta, et allèrent s'asseoir à l'une des tables, la mine déconfite. Jasper trouva un coin tranquille à l'écart et s'appuya au mur pour écouter leur conversation.

« On ne dirait pas du tout qu'il est en ville, » finit par dire Harry, après quoi ils demeurèrent tous silencieux.

Une autre conversation attira l'attention de Jasper et il tourna la tête vers Ludo Verpey qui était dans un coin sombre avec ce qui ressemblait à des gobelins. Il était sur le point de s'approcher pour avoir une meilleure vue de leurs visages lorsqu'il entendit Hermione s'écrier : « Ne se rend-il jamais à son bureau ? »

Cela dut surprendre Ludo car soudainement il les remarqua tous les quatre, assis de l'autre côté du pub. Il s'excusa auprès des gobelins et se dirigea vers la table de Bella et de ses amis.

« Nous n'avons pas fini de régler nos affaires, Ludo. Tu nous dois une explication… »

« Dans un instant… » Dit-il brusquement.

« Harry ! » Poursuivit-il. « Comment vas-tu ? J'espérais tomber sur toi ! Tout va bien ? »

« Edward ! » Cho court-circuita ma concentration. « Voulais-tu quelque chose ? Nous allons partir. »

« Non, les sucreries c'est pas vraiment mon truc, » répondis-je.

« Alors, y a-t-il un endroit en particulier où tu voudrais aller ? » S'enquit Cedric.

« Je ne sais pas vraiment ce qu'il y a ici, » admis-je. « Je ne suis jamais venu dans cette partie du village avant. »

« Oh, eh bien dans ce cas on va te faire visiter ! » Dit James avec enthousiasme, et ils m'entraînèrent avec eux.

Ils s'empressèrent de m'emmener chez Gaichiffon, la boutique de prêt-à-porter, et chez Scribenpenne, le magasin de plumes pour écrire. Dans la première nous nous contentâmes de regarder puisque personne n'avait besoin de vêtements, et dans le deuxième Cho fit rapidement l'acquisition de quelques plumes. Ensuite nous fîmes un arrêt chez Derviche et Bang, un magasin qui vendait toute sorte de matériel magique. James et Patrick allèrent tout de suite examiner les scrutoscopes pendant que les autres jetaient des coups d'œil à la ronde. Cela me fournit l'occasion de retourner à Bella.

Jasper écoutait toujours la conversation entre Ludo et Harry. Il avait trouvé un meilleur endroit pour les épier.

« Qu'est-ce qu'ils veulent ? » Questionna Harry, jetant un regard vers la table où les gobelins continuaient d'observer Ludo avec suspicion.

« Euh – eh bien… » Dit Verpey. Je remarquai son sentiment d'inconfort via Jasper. « Ils… euh… Ils cherchent Barty Croupton. »

« Pourquoi le cherchent-ils ici ? » Demanda Harry. « Il est à Londres, au Ministère, n'est-ce pas ? »

« Euh… En fait je ne sais pas où il est, » répondit Ludo. « Il a en quelque sorte… cessé de venir au travail. Ça fait quelques semaines qu'il est absent maintenant. Le jeune Percy, son assistant, dit qu'il est malade. Apparemment il s'est contenté d'envoyer des instructions par hibou. Mais pourrais-tu ne le mentionner à personne, Harry ? Parce que Rita Skeeter est toujours en train de fouiner partout où elle le peut, et je suis prêt à parier qu'elle transformerait la maladie de Barty en quelque chose de sinistre. Elle prétendrait sans doute qu'il a disparu comme Bertha Jorkins. »

Il ment, Edward. Je peux le sentir. Je ne pense pas qu'il sache où M. Croupton se trouve, mais il est sûr qu'il n'est pas malade.

« Tu vas acheter ça ? » Demanda Cedric en me ramenant dans le magasin d'accessoires magiques.

« Euh, je ne pense pas, » répondis-je en replaçant l'objet que je n'avais même pas enregistré dans mon esprit sur l'étagère. « Hé dites donc les amis, ça vous dirait d'aller boire quelque chose ? »

« Oh oui ! Allons prendre le thé chez Madame Pieddodu, » proposa Cho.

« Ah, ce n'est pas vraiment le genre d'endroit où on va en groupe, » commenta Ernie… C'est plus un lieu où les amoureux se donnent rendez-vous, vraiment, songea-t-il avec un certain malaise.

« Pourquoi pas Les Trois Balais ? » Suggéra Patrick.

« Ça risque d'être très achalandé… mais c'est quand même mieux que La Tête de Sanglier, » approuva Cedric.

« Mais il faut qu'Edward voie la Cabane Hurlante, et si nous allons aux Trois Balais maintenant, nous n'aurons probablement pas le temps, » argumenta James.

« Va pour la Cabane Hurlante alors… et ensuite Les Trois Balais. » Nous nous dirigeâmes vers une petite maison en bois, dans laquelle il semblait impossible d'entrer à cause des planches qui en bloquaient tous les accès. Elle semblait abandonnée depuis un certain temps.

« C'est la maison la plus hantée de Grande-Bretagne, » dit James avec un tremblement dans la voix pour un effet lugubre.

« Pourquoi est-ce qu'on l'appelle la Cabane Hurlante ? » Demandai-je. Elle paraissait plutôt tranquille.

« On dit qu'il y a de ça plusieurs années, les gens de Pré-au-Lard pouvaient entendre des hurlements et des cris de fantômes terrifiants… Ça arrivait seulement une fois par mois, mais quand ça se produisait, c'était le bruit le plus horrible, le plus épouvantable, » expliqua Patrick.

« Oui, la légende raconte qu'un meurtre outrageusement horrible a eu lieu dans cette maison, et qu'il se rejoue lui-même une fois par mois à titre de rappel, » ajouta Ernie.

Cho et ses amies frissonnèrent en se souvenant des histoires terrifiantes qu'elles avaient entendues au fil des ans.

Je regardai la maison spéculativement. C'était juste un vieux bâtiment abandonné. Je haussai les épaules. Il s'agissait sans doute d'un truc que les garçons adolescents utilisaient pour effrayer leurs compagnes lors de rendez-vous galants. Je souris en réalisant que ça avait bien fonctionné sur les filles de notre groupe. Peut-être que je devrais revenir ici avec Bella.

Nous quittâmes les lieux et retournâmes sur la rue principale en direction des Trois Balais. Je pouvais voir au loin Ludo Verpey et un groupe de gobelins sortir du pub, traverser la rue et se diriger vers La Tête de Sanglier. Jasper les suivait.

En entrant dans le pub, je repris l'écoute de la conversation du coin où Bella, Hermione, Ron et Harry étaient assis.

« Tu t'inquiètes au sujet des 'pauvres p'tits gobelins' maintenant, hein ? » Demanda Ron à Hermione. « As-tu songé à commencer un nouveau mouvement de libération pour eux aussi ? Quelque chose comme la 'Société pour la Protection des Vilains Gobelins' ? »

« Ha ha ha, » répliqua sarcastiquement Hermione. « Les gobelins n'ont pas besoin de protection. N'as-tu pas écouté ce que le professeur Binns nous a dit à propos des multiples révoltes des gobelins ? »

« Non, » répondirent en chœur Ron et Harry.

« Eh bien, ils sont tout à fait en mesure de faire face aux sorciers, » continua Hermione. « Ils sont très ingénieux. Ils ne sont pas comme les elfes de maison, qui sont incapables de se défendre. »

« Oh-oh, » dit Ron en fixant la porte.

Du coin de l'œil, je vis Rita Skeeter entrer dans le pub. Je me tournai prestement et me dirigeai vers une table à l'écart où je m'assis. Cedric me lança un regard interrogateur car je n'avais pas commandé, mais alors il aperçut Skeeter et opina sans dire un mot.

« Que veut-elle, d'après toi ? » Demanda Cedric tandis que les autres nous rejoignaient à la table.

« Aucune idée – mais je parie qu'elle va prendre tout ce qu'elle voit et le transformer en un tissu de mensonges. »

« C'est terrible ce qu'elle a écrit au sujet d'Hagrid. » Ernie secoua la tête.

« Et cet article sur Harry ! » Dit Patrick. « Ce n'était rien d'autre qu'un ramassis d'ordures. »

« C'est étonnant qu'elle soit autorisée à continuer de publier des articles sans aucune preuve. Quelqu'un devrait la réprimander, » ajouta Cho.

« Oui, mais qui ? » Demanda Cedric. « Quiconque ose la défier se voit devenir le sujet d'un de ses articles diffamatoires. »

Le reste de la tablée secoua la tête. C'est à ce moment-là que notre discussion fut interrompue.

« Qu'est-ce que ça peut bien faire qu'il soit un demi-géant ? » S'écria Harry. « Il n'y a rien qui cloche avec lui ! »

Nous n'étions pas les seuls à avoir été interrompus. Le pub au complet se tut pour observer la confrontation entre cette sorcière de journaliste et Harry.

Rita s'empressa de sortir sa plume et son parchemin magiques. « Que dirais-tu de m'accorder une interview au sujet du Hagrid que tu connais, Harry ? L'homme derrière les muscles ? Votre amitié improbable et les raisons qui se cachent derrière. Dirais-tu qu'il est une figure paternelle de substitution ? »

J'étais sur le point de me lever et d'interrompre cet entretien impromptu, mais c'est Hermione qui se leva à la place. « Vous, espèce d'horrible bonne femme, » lança-t-elle en serrant les dents, ce qui aurait été impressionnant si elle avait été un vampire, « vous vous en fichez, n'est-ce pas ? N'importe quoi pour une histoire, et n'importe qui fera l'affaire, pas vrai ? Même Ludo Verpey. »

« Assieds-toi, petite sotte, et ne parle pas de choses que tu ne comprends pas, » rétorqua froidement Skeeter. « Je sais des choses au sujet de Ludo Verpey qui feraient dresser les cheveux sur ta tête… Oups, je n'avais pas réalisé qu'ils l'étaient déjà ! »

« Partons d'ici, » dit Hermione. « Allez, Bella… Harry… Ron… »

Elle marcha rapidement vers la porte avec les autres.

« Je ferais mieux de les rattraper, Cedric. Je ne veux pas être pris dans les filets de cette bonne femme Skeeter… »

« À plus tard, Edward, » dit-il tranquillement tandis que j'échangeais de brefs saluts avec les autres. Lorsque Rita fut occupée à parler avec un autre client installé au bar au sujet du récent meeting entre Ludo et les gobelins, je me glissai discrètement par la porte.

Les quatre amis n'avaient pas pris trop d'avance, mais ils se déplaçaient à un rythme humain très rapide. « Bella, » appelai-je en me rapprochant, « Bella, je vais retourner à la maison… Tu veux rentrer avec moi ? »

« Umm… » Elle semblait partagée. « Nous allions voir si Hagrid accepterait d'avoir des visiteurs. »

J'allais demander si je pouvais y aller avec eux, mais je notai le regard rempli de méfiance de Harry et la suspicion évidente dans son esprit.

« Je peux venir te chercher plus tard alors, » offris-je.

« Sûr, » dit-elle en souriant. « Dans environ une heure ? » Elle tendit le bras et serra brièvement ma main, puis elle rejoignit les autres en route vers Poudlard.

J'attendis quelques minutes. Je pouvais retourner à Venlaw, mais alors je ne ferais qu'attendre le moment d'aller chercher Bella. Je décidai plutôt de les suivre. Ils contournèrent le château en vitesse, se dirigeant tout droit vers la cabane d'Hagrid.

« Hagrid ! » Cria Hermione, martelant sa porte. « Hagrid ça suffit ! Nous savons que tu es là ! Personne ne se soucie du fait que ta maman était une géante, Hagrid ! Tu ne peux pas laisser cette ignoble Rita Skeeter te faire ça ! Sors de là, Hagrid, tu n'es qu'un- »

La porte s'ouvrit. « Il était t- ! » Lança Hermione avant de stopper net, parce que ce n'était pas Hagrid qui avait ouvert la porte, c'était Dumbledore.

« Bonjour, » les salua-t-il poliment.

Hermione devint aussi rouge que Bella. « Nous – euh – nous voulions voir Hagrid. »

« Oui, c'est ce que j'avais présumé, » répondit-il, les yeux pétillants. « Pourquoi ne viendriez-vous à l'intérieur ? »

« Oh… euh… d'accord, » fit Hermione.

Ils entrèrent dans la cabane et il y eut un peu d'agitation. Quand je me servis des yeux d'Hermione pour savoir ce qui se passait, Crockdur, le gros chien d'Hagrid, était par-dessus Harry, aboyant et essayant de lui lécher les oreilles.

Hagrid était exactement tel que je l'avais vu dans l'esprit d'Emmett et celui de Jasper. Non, en fait il était pire. Quand Emmett et Jasper l'avaient visité, au moins il avait été en mesure de bavarder avec eux, malgré son état dépressif. Sans l'aide additionnelle de Jasper, il ne pouvait même pas lever les yeux de sa tasse.

« Bonjour Hagrid, » dit timidement Harry, choqué par l'apparence du demi-géant devant lui.

Hagrid leva momentanément la tête. « B'jour, » marmonna-t-il avant de la baisser à nouveau sur sa tasse.

« Encore du thé, je pense, » dit Dumbledore en refermant la porte. D'un coup de sa baguette il fit apparaître un plateau avec un service de thé et une assiette de gâteaux qui flotta en l'air et atterrit doucement sur la table. Tout le monde s'assit. Après une courte pause, il poursuivit. « Est-ce que par hasard tu aurais entendu ce que Mlle Granger a dit en criant, Hagrid ? »

Hermione était rouge comme une tomate, mais Dumbledore lui sourit en continuant. « Hermione, Bella, Harry et Ron semblent toujours vouloir te connaître, à en juger par la façon dont il ont tenté de défoncer la porte. »

« Bien sûr que nous voulons toujours te connaître ! » S'exclama Harry. « Tu ne penses pas que cette Skeeter, cette vache – excusez-moi, Professeur… » Il jeta un regard honteux à Dumbledore.

« J'ai perdu l'ouïe temporairement et je n'ai pas la moindre idée de ce que tu dis, Harry. » Je gloussai en voyant Dumbledore se tourner les pouces pour feindre l'innocence.

« Euh – bon d'accord, » continua Harry, l'air penaud. « Ce que je voulais dire, Hagrid, c'est que je n'arrive pas à comprendre que tu puisses penser qu'on allait accorder de l'importance aux choses que cette – femme – a écrites à ton sujet. »

De grosses larmes, de la taille de petits raisins, coulèrent le long du visage d'Hagrid, emmêlant leur humidité dans sa barbe.

« La preuve vivante de ce que je t'ai dit, Hagrid, » dit Dumbledore. « Je t'ai montré les lettres des innombrables parents qui se souviennent de toi du temps où eux-mêmes étaient des élèves ici, me disant dans des termes on ne peut moins équivoques, que si je te renvoyais ils auraient leur mot à dire à ce sujet- »

« Pas tous, » répliqua Hagrid d'une voix rauque. « Ce n'sont pas tous les parents qui veulent que j'reste. »

« Vraiment, Hagrid, si tu tiens à la popularité universelle, j'ai bien peur que tu ne sois confiné à cette cabane pendant très longtemps. » Dumbledore lui jeta un regard sévère à travers ses lunettes en demi-lune. « Pas une semaine ne s'est écoulée, depuis que je suis directeur de cette école, sans que je ne reçoive au moins une plainte à propos de la manière dont je dirige celle-ci. Mais que devrais-je faire ? Me barricader dans mon bureau et refuser de parler à qui que ce soit ? »

« Ouais, ben c'est facile à dire quand on n'est pas un demi-géant, » croassa Hagrid.

« Regarde les gens dans ma famille, Hagrid ! » Répliqua Harry avec une férocité qui me surprit. « Regarde les Dursley ! »

« Excellent point, » poursuivit le professeur Dumbledore. « Mon propre frère, Abelforth, a été poursuivi pour avoir pratiqué des sortilèges inappropriés sur une chèvre. Ça a été relaté dans tous les journaux, mais est-ce qu'Abelforth s'est caché ? Non, pas du tout ! Il a tenu sa tête haute et vaqué à ses affaires comme d'habitude ! Bien entendu, je ne suis pas entièrement certain qu'il puisse lire, alors ce n'était peut-être pas de la bravoure de sa part… »

« Reviens enseigner, Hagrid, » dit doucement Hermione.

« S'il te plaît, reviens. Tu nous manques vraiment, » renchérit Bella.

Un nouveau flot de larmes ruissela de ses yeux à sa barbe en entendant ces paroles.

« Je refuse d'accepter ta démission, Hagrid, et je m'attends à ce que tu sois de retour au travail lundi, » ordonna Dumbledore. « Tu te joindras à moi pour le petit déjeuner dans la Grande Salle à 8h30. Pas d'excuses. Bonjour à vous tous. »

Dumbledore fit une pause pour gratter les oreilles de Crockdur en quittant la cabane, laissant la porte se fermer derrière lui. Je n'avais pas besoin d'être dans la tête d'Hermione pour entendre les sanglots de ce grand homme brisé qui prenait maintenant conscience de l'amour de ceux qui l'entouraient. Dumbledore sourit en s'éloignant de la cabane.

« Allons-nous retourner à Venlaw ? » Demanda-t-il en marchant, ne donnant pas l'impression qu'il m'avait vu penché à côté du château, une quinzaine de mètres plus loin. « Je crois que nous avons certaines affaires à discuter… et je désire ardemment rendre la cape de Jasper à son propriétaire légitime avant qu'il ne remarque qu'elle est manquante. »

Bonjour Louise, bonjour Juju.

À bientôt tout le monde.

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