Les livres de Harry Potter sont l'œuvre de J.K. Rowling.

La saga Twilight est une création de Stephenie Meyer.

Cullens go to Hogwarts sort tout droit de l'imagination de la formidable Erica. K. Bailey et met en scène les personnages tirés des livres de ces deux fantastiques auteures mentionnées plus haut.

La traductrice de la version française Les Cullens vont à Poudlard est Milk40.

Merci de me suivre à travers ce crossover et de me faire part de vos commentaires, et bonne lecture.

Chapitre 48 : Retour à la maison

« Alors, pouvons-nous retourner à la maison à présent ? » Demanda Rosalie avec un soupçon d'agacement.

Alice fit une pause, se concentrant sur les plans des Volturi. « Je ne les vois pas revenir… Ils ont une autre tâche. Apparemment nous n'étions pas l'objet de ce voyage particulier au Royaume-Uni, ils avaient des affaires à régler à Londres, puis ils devaient se rendre à New York pour une autre mission. Demetri a détecté notre emplacement et c'est ainsi que Jane a décidé d'enquêter… Nous avons un peu de temps. »

Nous poussâmes tous un soupir de soulagement. Nous avions un sursis, quoique temporaire.

« Albus, » commença Carlisle, « comme nous l'avons mentionné, Aro a le pouvoir de lire dans les pensées – comme Edward, mais dans son cas il peut lire tout le vécu de quelqu'un au contact de sa peau. Quelle est la probabilité qu'il sache à propos de Poudlard ? »

Dumbledore considéra la question pendant un certain temps. Lorsqu'il parla, c'était presque comme s'il ne s'adressait pas vraiment à nous, exprimant seulement une série de pensées au fur et à mesure qu'elles défilaient dans sa tête. « Aro et ses 'frères' étaient pleinement conscients de l'existence des sorciers avant de renverser le clan des Roumains. C'était, je crois, autour de l'an 500 AD… Poudlard est la plus vieille des trois écoles, mais elle a été fondée au dixième siècle. Après que les Volturi aient volé notre feu magique, les sorciers sont devenus beaucoup plus prudents au sujet de ceux avec qui ils s'associent ou partagent leurs connaissances…

Les fondateurs ont été très protecteurs en ce qui concerne l'emplacement de Poudlard, tout comme nous continuons de l'être à ce jour. Si les gens au Ministère savaient ce que vous êtes et ce que vous savez maintenant, ils seraient très mécontents de moi, j'en ai bien peur, » gloussa-t-il.

« La pratique de l'occlumancie protégerait n'importe quel sorcier ou sorcière, bien sûr. Salazar Serpentard était très doué en legilimancie. Cela semble être une puissante habileté chez beaucoup appartenant à sa Maison. En conséquence, les autres fondateurs sont devenus très habiles en occlumancie et ont enseigné cette compétence à certains de leurs élèves des années supérieures après que ceux-ci aient terminé leurs études… Ce n'est pas un sujet approprié pour ce niveau, cependant, ce qui explique que cette compétence ne soit pas une matière enseignée à Poudlard…

Pour voir Poudlard, celle-ci doit vous être montrée par une personne désignée par le proviseur… Pour toutes mes années à Poudlard, j'ai désigné Hagrid, bien qu'il ne réalise pas que c'est pour ça que c'est toujours lui qui amène les premières années à l'école. » Dumbledore sourit à cela puis s'arrêta momentanément avant de se concentrer de nouveau sur nous.

« Je pense, pour répondre à ta question, Carlisle, qu'il est très probable qu'Aro connaisse l'existence de Poudlard. La plupart des sorciers ne seraient pas en mesure de se protéger de sa capacité à lire dans les esprits. Même s'ils auront évité les vampires autant que possible pendant le dernier millénaire, il est plus que probable qu'Aro ait été en contact avec quelqu'un qui connaissait l'existence de Poudlard ou de n'importe laquelle des autres écoles magiques. »

C'était ce à quoi je m'attendais… Je n'aurais pas pu espérer qu'Aro soit ignorant à ce sujet. Cela signifiait qu'il reviendrait, j'en étais sûr.

« Néanmoins, je suis également certain qu'il ne connaît pas l'emplacement de l'école… Aucun individu désigné par le directeur ne lui révélerait cette information – pas après ce qui est arrivé au cours de l'histoire. Les directeurs ne connaissent pas l'emplacement géographique des autres écoles. Ils n'ont pu arriver ici que parce que j'ai ensorcelé le vaisseau de Durmstrang et le fiacre de Beauxbâtons afin qu'ils agissent de façon similaire à des portoloins. Cet enchantement, évidemment, sera enlevé après leur départ. »

« Alors quand les Volturi vont revenir, » présuma Carlisle, « pourra-t-on à nouveau trouver refuge dans l'enceinte de l'école ? »

« Bien sûr, jamais je ne voudrais qu'il en soit autrement, » répondit Dumbledore en souriant… « Mais puis-je suggérer, une fois que vous aurez réparé la cheminée, que vous ne vous déplaciez qu'avec la poudre de cheminette ? Je préférerais ne pas causer plus de stress à Severus en ayant à surveiller des vampires continuant à suivre votre odeur jusqu'à l'école. J'ai bien peur qu'il ait douté de nos défenses. »

« Bien entendu, » approuva Carlisle.

« Maintenant, vous ne pouvez pas retourner à Venlaw avec la poudre de cheminette pour le moment. J'ai un portoloin qui conduit à un endroit à proximité de votre demeure. Je vais transplaner et le récupérer, si ça ne vous dérange pas. Je ne veux rien laisser dans la région qui pourrait les diriger ici. »

Et c'est ainsi que nous rentrâmes à Venlaw. Esme fut consternée en voyant l'état des lieux à notre retour. Ils avaient creusé dans la cour près de la cheminée, probablement à la recherche d'une pièce secrète. Le foyer lui-même avait été démonté pierre par pierre. Cela avait été fait méthodiquement, de sorte qu'il ne serait pas impossible de tout réassembler, mais pour brouiller les pistes ils avaient renversé divers objets et meubles partout dans la maison pour faire croire à un cambriolage tout ce qu'il y avait de plus ordinaire.

« Est-ce qu'ils ont dérobé des objets ? » Demanda Esme en évaluant l'ampleur des dégâts.

« Non, » répondit Jasper, ayant fait l'inventaire de chaque pièce. « Ils ont maquillé leurs actions pour donner l'impression que le château a été pillé, et j'ai trouvé un tas d'objets de valeur cachés dans une salle inutilisée, mais il ne semble pas qu'ils aient pris quoi que ce soit avec eux. »

Esme poussa un soupir de soulagement.

« Ne t'inquiète pas – la cheminée avait besoin de quelques modifications de toute façon. » Alice passa son bras autour d'Esme. « Tu vois ? » Elle expliqua sa vision de l'espace rénové, le foyer reconstruit avec l'arrière ouvrant sur la salle à manger.

« J'espère seulement qu'ils n'ont pas causé de dommages au niveau de la structure, » commenta Carlisle, regardant autour de la pièce à la recherche de fissures, mesurant mentalement la hauteur des murs pour s'assurer qu'ils n'avaient pas bougé. Son examen des lieux sembla le satisfaire.

Bella fixait ses pieds, les épaules voûtées. Je n'arrivais pas à visualiser la source de son expression mélancolique. C'était fini, pour l'instant. Nous pouvions respirer en toute liberté.

« Bella, mon amour. Ça va aller. Ce n'est rien qui ne puisse pas être réparé, » lui assurai-je, supposant qu'elle était bouleversée à cause de la cheminée.

« Non, Edward, ça ne va pas aller… Je t'ai mis en danger encore une fois, j'ai mis ta famille en danger… et maintenant Poudlard… et cette maison, euh, château… » Elle s'assit sur la chaise la plus proche, enfouissant sa tête dans ses mains. « Tu avais raison. Je suis un aimant pour le danger. Et ceux qui m'entourent se font blesser. »

Je la pris dans mes bras. Elle ne protesta pas. « Bella, mon amour… c'est à cause de moi, de ce que je suis, que tout ça est arrivé… Tu n'es en aucun cas à blâmer. Ce n'est pas ta faute. » Je caressai ses cheveux en la tenant contre moi.

Edward, il se fait tard et la journée a été éprouvante. Peut-être qu'elle a juste besoin d'un peu de sommeil, jugea Carlisle. J'acquiesçai et l'emmenai à notre chambre.

Je la déposai sur le lit et me blottis à ses côtés. J'essayai de la réconforter, caressant ses cheveux et son flanc. « Bella… ça va bien se passer, » l'apaisai-je.

« Nous ne le savons pas, » dit-elle doucement. « Peut-être que tu devrais me changer maintenant… Je n'aurais pas à terminer le semestre. Tu pourrais dire que j'ai eu le mal du pays… Je sais que tu ne serais pas ici – que je devrais compter sur Alice et Jasper – mais peut-être que ce serait pour le mieux… »

« Bella, je ne veux pas que tu choisisses cette… existence simplement pour nous protéger. Aucun de nous ne voudrait ça. Je ne veux pas que tu… » Je stoppai au milieu de ma phrase. Les mots sortis de ma bouche n'étaient pas vrais. Je voulais qu'elle me rejoigne… Le miroir du Risèd me l'avait montré. Mais je ne voulais pas qu'elle le fasse par crainte. « Bella, voudrais-tu s'il te plaît me regarder ? »

Elle se déplaça sur le lit, ses mouvements d'autant plus difficiles qu'elle portait encore les robes encombrantes qu'on lui avait prêtées après qu'elle se soit séchée à Poudlard. Ses magnifiques yeux bruns rencontrèrent les miens. Je détestais voir la douleur qui occupait leur profondeur en ce moment. « Bella, » débutai-je, ancrant mon regard dans le sien. « Je veux que tu deviennes comme moi, » admis-je. « Je suis une créature égoïste… C'est ce que je veux pour moi… Mais pour toi – il serait préférable de rester humaine. »

« Mais, nous- » commença-t-elle à argumenter. Je mis mon doigt sur ses lèvres.

« C'est ton choix, Bella. Et je ne vais pas revenir sur ma parole, » m'empressai-je de dire, réduisant ses objections au silence. « Mais je veux que ce soit quelque chose que tu feras par amour, par choix, et non par crainte… »

« Je t'aime… » Répliqua-t-elle.

« Je sais, » dis-je en souriant, la ramenant contre moi. « Tout comme je t'aime. »

J'eus l'impression qu'elle était sur le point de dire quelque chose, puis elle respira profondément et se détendit. Était-ce une autre objection ? Une autre tentative pour me convaincre de la changer maintenant ? Mon esprit normalement curieux n'était pas soucieux de ces questions comme il aurait dû l'être, parce qu'une autre partie de mon cerveau se réjouissait de sa présence dans mes bras, hors de danger, en sécurité. J'avais eu tellement peur quand je l'avais vue au fond du lac… L'image me revint spontanément à l'esprit avec une clarté cristalline – son corps pâle et sans vie… Je l'attirai à moi plus étroitement, rappelant à tout mon être qu'elle était vraiment là, bien vivante, saine et sauve – pour l'instant.

Les robes volumineuses qui couvraient son corps se mirent subitement à m'agacer. Comme si elle pouvait lire dans mes pensées, elle se débattit pour se dégager de mon emprise et, quand elle eut un peu d'espace pour bouger, elle les retira, ne gardant que les leggings et le haut en coton qu'elle portait souvent sous ses robes. La sensation de sa présence à côté de moi s'intensifia et l'autre partie de mon être, la partie humaine, prit le relais.

Je ramassai les robes maintenant éparses sur le lit et les laissai tomber par terre. Je la tirai sur moi alors que j'étais allongé sur le dos. Sa chaleur réchauffa mon corps et mon semblant d'âme lorsque nos lèvres se rencontrèrent. Lentement, timidement… comme pour nous rappeler leur usage… Je laissai mes mains vagabonder sur son corps, arrêtant au creux de son dos pour la tirer encore plus près, accentuant le baiser…

Puis elle rompit notre étreinte. Je soupirai, pensant qu'elle y mettait fin, mais alors je sentis des flammes brûlantes de chaleur le long de ma mâchoire et de mon cou tandis qu'elle pressait ses lèvres sur ma peau froide. Le plaisir éprouvé à son contact était une brise légère comparé au torrent qu'elle envoyait en moi à présent. Alors qu'elle s'aventurait sur ma poitrine, ses cheveux tombèrent sur mon visage. J'inhalai son parfum en profondeur, fermant les yeux pour apprécier pleinement les mèches soyeuses qui traînaient sur mes joues et mes lèvres.

Elle avait changé de position et maintenant elle chevauchait ma taille, rendant très difficile de maintenir quelque sentiment de contrôle que ce soit. La chaleur de son corps était désormais intensément concentrée sur mon centre, et tout ce que je voulais c'était avoir plus. Elle défit habilement les boutons de ma chemise et je me soulevai du lit pour lui permettre de la retirer complètement… Je savais que nous étions en train d'emprunter un chemin que nous avions convenu tous les deux d'éviter, mais oh, je la voulais tellement… Peut-être juste un peu plus loin avant de nous séparer à contrecœur…

Elle promena ses mains sur ma poitrine glaciale, ses caresses envoyant des flammes de chaleur et de désir à travers tout mon être. Puis, comme si ce n'était pas déjà assez intense, elle se pencha et se mit à m'embrasser doucement. J'approchais dangereusement du point où j'allais perdre toute raison. Je savais qu'il fallait que je l'arrête. Je savais qu'il fallait que je m'arrête… mais je ne voulais pas. Elle remonta vers mon cou, puis elle l'effleura avec sa langue en l'embrassant.

C'en était trop. Rapidement elle se retrouva sur le dos avec moi au-dessus d'elle, supportant mon poids sur mes avant-bras et mes jambes, les siennes toujours enroulées autour de ma taille… Je me délectai de sa saveur, embrassant ses lèvres, ses joues, la ligne de sa mâchoire et de son cou, la goûtant avec ma langue comme elle l'avait fait. Son goût était délicieux… Alors que je traçais sa clavicule, elle gémit, cambrant le dos pour accentuer son contact avec moi. À ce moment, je me souvins de ce premier jour passé ici, quand j'étais entré dans la chambre alors qu'elle n'était pas encore habillée. L'image de son corps nu brûla dans mon esprit… Je voulais le revoir… le toucher… embrasser chaque centimètre de celui-ci… graver chaque courbe, chaque contour dans ma mémoire…

Je retournai à ses lèvres en nous faisant rouler de nouveau, permettant maintenant à mes mains de descendre dans son dos jusqu'à son postérieur, appréciant la beauté de ses formes. La chaleur entre nous était extrême à présent. Je songeai brièvement que je devais me détacher d'elle maintenant ; je devais mettre un terme à nos ébats avant que tout ça n'aille trop loin… C'était déjà allé trop loin.

Ce n'était pas suffisant – je voulais avoir davantage… Une partie de mon cerveau raisonna que nous étions fiancés… Nous aurions dû être mariés à l'heure actuelle… Nous l'étions presque… Mes mains remontèrent prestement à sa taille et entreprirent de parcourir son dos sous le tissu de son top, détachant habilement l'agrafe qu'elles rencontrèrent en chemin, caressant ensuite sa peau satinée… Ce n'était pas suffisant. Je la retournai sur le dos, plus vite… plus brusquement que tout à l'heure, la plaquant sur le lit tout en l'embrassant plus fougueusement… Ce n'était pas suffisant. Je pressai mes lèvres sur les siennes, puis je redescendis vers sa clavicule… Puis encore plus bas… Elle gémit plus fort en s'offrant à mes mains qui n'attendaient que ça. Elle avait des formes parfaites, mais cette épaisseur de coton était une nuisance… Je tendis la main vers le bas pour libérer son corps.

Une petite main chaude se ferma subitement sur la mienne. Ça n'avait que peu d'importance. Elle n'était pas de taille à lutter contre moi… Elle la tint de toutes ses forces et haleta un « non » à peine audible. Le grognement que j'émis en guise de réponse me surprit. Je ne voulais pas que cela me soit refusé plus longtemps. Je la voulais… Ma main fit une troisième tentative pour lui retirer son chandail… le déchirer, en fait… Nous n'avions pas le temps pour les civilités.

« Non, Edward, » dit-elle clairement, et bien que chaque parcelle de mon être voulait l'ignorer, je ne le pouvais pas. Je ne pouvais pas le faire contre sa volonté. Je ne pouvais pas lui causer de la douleur… C'était impossible. Je m'enlevai vivement de sur elle et restai allongé sur le dos, combattant le feu qui faisait rage en moi, le désir que j'arrivais à peine à tenir à distance.

Elle tendit la main pour caresser mon bras. Je stoppai son geste. « Non, Bella… Nous devons nous arrêter maintenant… Je ne peux pas… » Je pris une profonde inspiration, essayant d'imaginer n'importe quoi sauf le corps que j'avais vu des mois plus tôt, la sensation de l'avoir contre moi, sa chaleur, sa douceur… Non, tout sauf ça… Je résolus de réciter la Constitution Américaine… Puis en espagnol… Puis en portugais… Au moment où j'en étais au cantonais, je me permis de tendre le bras et prendre sa main.

Je lui jetai un coup d'œil. Ses yeux étaient fermés, son visage rouge de s'être affairé… à des activités dont le souvenir inonda mon esprit… Je fermai les yeux. Cela n'aida pas. Je m'enjoignis à rester allongé immobile pendant que j'occupais mon cerveau avec des choses plus terre à terre et que je me concentrais sur ma respiration pour la ralentir.

Après quelques instants de plus, je sentis un mouvement à côté de moi sur le lit. J'espérais et craignais simultanément qu'elle se penche vers moi et m'embrasse. Si elle m'avait embrassé, je suis à peu près certain que les choses auraient progressé rapidement… Ça aurait été à elle de les arrêter. Je n'étais pas en contrôle, pas encore… mais elle se leva, ramassa ses choses pour la nuit – je notai avec un mélange de reconnaissance et de regret qu'elle avait choisi ses pantalons de survêtement épais et un chandail à manches longues – et se retira dans la salle de bain.

J'entendis la douche se mettre en marche et le bruit de Bella qui entrait dans la cabine. Si je me concentrais, je pourrais entendre les nuances dans chaque goutte d'eau qui frappait les différentes parties de son corps… mais ce n'était pas utile en ce moment. Je pouvais à peine me retenir d'aller la rejoindre. La porte verrouillée entre nous ne serait rien si je libérais ne serait-ce qu'une petite portion du contrôle que j'avais regagné.

Elle resta longtemps dans la douche, et encore plus longtemps dans la salle de bain après. Elle sécha ses cheveux complètement, se brossa les dents, lava son visage… Je pouvais entendre la lotion jaillir de sa bouteille et Bella l'appliquer sur son corps… Je m'empressai de penser à autre chose… Étais-je un tel monstre que même ses banales activités nocturnes me laissaient à bout de souffle ?

Cette pensée eut le mérite de me dégriser… J'étais un monstre. Je l'avais presque prouvé ce soir, répondant à peine aux signaux d'arrêt qu'elle m'avait envoyés. Je ne la méritais pas. Comment pouvait-elle m'aimer ? C'était incompréhensible… Et pourquoi s'éternisait-elle dans la salle de bain de toute façon ? Avait-elle vu le désir faisant rage dans mes yeux ? Était-elle maintenant en train de réaliser quel genre de monstre j'étais ? Je fus soudainement assailli par mes vieilles insécurités – je croyais que Bella les avait enterrées durant la nuit remplie de larmes où elle avait fait son choix entre Jacob et moi… Je pensais qu'après ça je ne douterais plus jamais de ses sentiments à mon égard.

J'étais impatient de la voir – de voir dans ses yeux qu'elle m'aimait toujours, qu'elle n'était pas horrifiée de ce que j'avais presque fait. Et, tandis que je retrouvais mon calme suite à nos activités, ce que j'avais failli faire vint me frapper de plein fouet. J'avais été hors de contrôle. J'avais continué de pousser toujours plus loin, pensant que nous arrêterions juste avant – seulement le 'juste avant' était venu et reparti pendant que je continuais sur ma lancée… Je secouai la tête. J'avais été tellement stupide. Si elle n'était pas intervenue, je l'aurais utilisée pour mes propres désirs. Une vague de gratitude déferla sur moi en songeant au contrôle qu'elle avait. Elle était plus forte que je ne l'avais toujours pensé.

Elle émergea finalement de la salle de bain, me regardant avec réticence. Je ne vis ni horreur, ni répulsion dans ses yeux… « Est-ce que ça va ? » Demandai-je doucement.

Elle hocha la tête. « Et toi ? »

« Pas tout à fait, » répondis-je. « Je pense que je vais prendre une douche. Ça devrait m'aider. »

« Oui, » sourit-elle. « La douche m'a vraiment été bénéfique. »

Il y avait un malaise entre nous. Je craignais de la toucher, même de l'approcher – et elle semblait ressentir la même chose. Aussi attendis-je qu'elle se soit installée de l'autre côté du lit avant de me lever et d'aller à la salle de bain.

Tandis que je me tenais dans la douche, chaque goutte d'eau absorba une infime particule de la tension accumulée dans mon corps et l'évacua dans le drain. Après 9 minutes, je pus sentir une différence perceptible dans mes épaules et mon dos. J'étais lucide à présent – en contrôle… J'avais honte de m'être autorisé à perdre la maîtrise, mais je ne me vautrai pas dans les insécurités qui m'avaient assailli précédemment. Je savais qu'elle m'aimait – et son amour était plus fort que le monstre que j'étais. C'était assez, plus qu'assez pour moi. Elle était remarquable… Elle était l'ange contre mes démons – le bien contre le mal qui m'habitait… Je ne pouvais qu'espérer essayer d'être l'homme qu'elle méritait… non, je ne le serais jamais, mais j'essayerais.

Après m'être essuyé, j'enfilai mes propres pantalons de survêtement et un tee-shirt pour la nuit. Je fis une pause, réfléchissant à cette simple activité que je n'avais jamais envisagé de faire au cours de mes quelques quatre-vingt cinq années d'existence en tant que vampire avant l'arrivée de Bella dans ma vie. Je n'avais pas besoin de dormir, donc pas besoin d'un lit ou de vêtements de nuit. Mes nuits avaient été consacrées à la lecture, à jouer du piano, à apprendre… à bloquer les sons des activités qui, je pensais, ne feraient jamais partie de mon existence. Elle avait changé tout ça pour moi. Je souris en réintégrant la chambre. Elle était déjà enfouie sous les couvertures, en train de lire Vampires et Sorciers à travers les âges, le livre que Dumbledore avait prêté à Carlisle. Je m'allongeai à côté d'elle, par-dessus les couvertures, pour une fois reconnaissant qu'elles soient si épaisses.

Elle plaça le signet dans son livre et posa celui-ci sur sa table de chevet. Elle se tourna vers moi avec un sourire. « Puis-je te souhaiter bonne nuit avec un baiser maintenant ? »

Je me penchai et déposai un chaste baiser sur ses lèvres. C'était suffisant, pour l'instant. Elle sourit en réponse.

« Je suis désolé, » dis-je.

Elle ouvrit grand les yeux, abasourdie et étonnée. « Pour quoi ? »

« Pour… plus tôt. » Je cherchai des mots qui ne feraient pas resurgir les images dans ma tête. « Quand j'ai perdu le contrôle… »

« C'était toi quand tu perds le contrôle ? » Elle rit doucement. « Vraiment ? »

Était-elle complètement inconsciente de l'effet qu'elle me faisait ? Réalisait-elle à quel point nous étions passés près ce soir ? Que j'aurais pu lui faire très mal puisque je n'étais plus en contrôle ? Je ne voyais pas comment – ne comprenait-elle pas que je devais lutter avec acharnement pour éviter de la prendre chaque fois que nous étions ensemble comme ça ? N'était-ce pas elle qui avait dû m'arrêter par trois fois avant que j'obéisse de mauvaise grâce ?

« Tu ne peux pas honnêtement dire que tu ne t'en es pas rendu compte, n'est-ce pas ? » J'étais désolé pour la pointe de dureté dans ma voix.

« Que tu étais en train de perdre le contrôle ? Non, Edward… je savais que nous avions… progressé. »

« Je n'étais pas en train de perdre le contrôle, Bella, il m'avait déjà échappé, » répliquai-je avec plus de dureté. Je ne comprenais pas cette colère qui se manifestait subitement. D'où venait-elle ? « J'ai perdu le contrôle ce soir, Bella… Si tu n'avais pas insisté… Si tu ne m'avais pas stoppé… » La réalisation de ce qui aurait pu arriver me frappa encore une fois.

« Je t'ai stoppé ? » Il y avait de l'étonnement dans sa voix. « Mais Edward, comment est-ce possible ? Je ne peux pas t'arrêter… Je ne veux pas t'arrêter… »

« Mais tu as dit non, » fis-je remarquer. Elle savait, réalisai-je. Essayait-elle d'épargner mes sentiments ? Elle était très silencieuse à côté de moi. Je sentis la chaleur de sa rougeur irradier de son visage, m'incitant à la regarder. « Tu m'as dit "non''… Tu as dit "Non, Edward.''»

« Pas parce que je voulais arrêter, » dit-elle tranquillement, le visage cramoisi… J'explorai ses yeux, en quête d'un indice de ce que tout ça signifiait. Elle me désarçonnait complètement.

« Mais tu as dit non, » soulignai-je encore.

Elle soupira, comme si elle avait peur d'admettre le secret qui commençait à me rendre fou. La colère était en train de se dissiper, remplacée par ma curiosité. « S'il te plaît dis-moi, Bella… » Ma voix était plus douce.

Je l'entendis respirer profondément. « J'aurais aimé m'en rendre compte, » admit-elle. « Je n'aurais pas dit non. »

J'étais interloqué. Que disait-elle ? Qu'elle m'aurait laissé… que nous aurions… mais elle avait dit…

« Je voulais que ce soit… spécial. J'aurais voulu prendre une douche et me préparer. Je me sentais encore un peu crasseuse du lac et d'avoir passé toute la journée dans les mêmes vêtements… Je voulais porter quelque chose de spécial… » Ses joues déjà écarlates prirent une teinte encore plus sombre. « Je ne savais pas jusqu'où nous irions, mais je voulais me préparer… avant d'aller plus loin. »

Je tendis la main et inclinai son visage pour qu'il rencontre mes yeux. « Mais, Bella… nous avions pris la décision. »

« Je sais, » dit-elle avec frustration, luttant contre l'emprise que j'avais sur son visage pour éviter mes yeux. « Je sais… mais j'avais l'impression que, peut-être… »

« Que peut-être que ça allait arriver ce soir, » terminai-je doucement. Puis, plus sérieusement, « Bella, c'est passé à deux doigts de se produire… Je t'ai ignorée les deux premières fois que tu as essayé de m'arrêter. » Il fallait qu'elle le réalise. Je devais lui faire comprendre. « Je n'étais plus en contrôle, Bella. »

« Alors comment as-tu arrêté ? Et après, quand tu ne voulais pas continuer ? » Je pouvais entendre une pointe de tristesse dans sa voix. Voilà donc pourquoi elle avait passé autant de temps dans la salle de bain. Elle s'était sentie rejetée…

Je me tournai à nouveau sur le dos. Comment expliquer cela ? J'expirai bruyamment… « Bella, j'étais là… j'étais même plus loin… Si tu n'avais pas insisté – je t'aurais prise ce soir. » Je tournai la tête pour regarder dans ses yeux curieux. « Je l'aurais fait, » dis-je avec certitude. Elle écarquilla les yeux en signe de compréhension. Bien. « Quand tu as essayé de m'arrêter, je ne voulais pas… J'ai failli continuer – mais il n'y a rien en moi qui veut te voir avoir mal, Bella. C'est peut-être comme tu l'as dit, que je ne peux pas te faire de mal… Je ne sais pas. Je sais seulement que lorsque tu as insisté, je ne pouvais pas te pousser contre ta volonté… ou du moins ce que je croyais être ta volonté. » Peut-être que c'était une bonne chose que je ne puisse pas lire dans ses pensées. « Puis, après avoir rompu notre étreinte, je pouvais à peine me contenir… Tout frôlement m'aurait ramené immédiatement là où nous en étions. »

« Je pensais que tu mettais la pédale douce, » dit-elle posément.

« Je m'en rends compte maintenant, avec le recul, » répondis-je. « Je suis navré d'avoir blessé tes sentiments. »

Je perçus l'odeur plus forte de ses larmes avant de voir celles-ci, et en un instant je l'eus à nouveau dans mes bras – gardant la lourde couverture entre nous. Je n'étais pas tant que ça en contrôle. « Je suis tellement désolé, Bella, » l'apaisai-je. « Je sais que cela a dû avoir l'air d'un rejet de ma part… mais ce n'est pas ça du tout… Je t'aime. Je te veux – vraiment. Le besoin est si fort que je me demande combien de temps je pourrai rester allongé à côté de toi nuit après nuit, et ne pas… » J'avais honte. J'avais admis plus que je ne le voulais. Mais elle sembla réconfortée par l'information.

Elle se recroquevilla un peu plus près de ma poitrine et je l'entendis inhaler mon odeur. Je souris en faisant la même chose. « C'est bon à savoir, » marmonna-t-elle paisiblement, puis je la tins jusqu'à ce qu'elle s'endorme.

Je vous souhaite à tous et à toutes un très agréable week-end de Pâques.

Un bonjour tout particulier à MaPlumeMagique qui a posté la 400ème review :0)

À bientôt

Milk