L'histoire se situe après la fanfic « Élémentaire mon cher docteur ». Elle fait suite à la révélation du dernier chapitre sur la vraie nature de Joe. Dans la série, elle arrive à la fin de la sixième saison, alors que le docteur est seul et sans compagnons.

Le réveille sonna à 6h30. Dehors, il faisait encore sombre, mais le soleil commençait déjà à se lever. Josianne Tessier se réveilla et sortie lourdement de son lit. Comme à tous les matins depuis des mois, elle se demanda comment avait-on été jusqu'à la programmer pour dormir, rêver, avoir sommeil, manquer de sommeil, avoir de la difficulté à fermer l'œil, tomber comme une souche après une grosse journée, se réveiller dans la nuit avec de la difficulté à se rendormir : enfin tous les états normaux des humains face au sommeil. Car Joe n'était pas humaine, elle était un robot construit pour ressembler à un être humain.

Elle le savait depuis que le docteur le lui avait annoncé quelques mois auparavant. Elle avait eut de la difficulté à y croire, mais bien vite, elle avait remarqué que cela pouvait expliquer ses petites extravagances. Elle n'était jamais malade, et ne se blessait jamais sérieusement, malgré des incidents qui auraient dû être plus douloureux. Elle avait pourtant des souvenirs de ses maladies d'enfances et d'un bras cassé en tombant de vélo, mais elle le savait maintenant, son enfance n'avait jamais eu lieu, ce n'était que des souvenirs implantés dans sa mémoire.

Toute sa vie n'était qu'une façade, qu'une invention et le principal responsable était la personne pour qui elle avait eut le plus d'admiration : son patron. Mais, peut-être avait-elle été programmée pour l'admirer, en esclave docile. L'esclavage était terminé, le docteur l'avait libérée de son emprise et elle ne pouvait que détester l'auteur de toutes ces manigances.

Cependant, comme il ne devait se douter de rien, elle devait agir comme si rien n'avait changé, mais le jour viendrait où elle pourrait le confronter et connaître toute la vérité. Le docteur le lui avait été promis, elle avait été créée pour une raison et quand ce moment viendrait, le Seigneur du temps reviendrait. Il avait installé, dans sa tête, une balise qui l'avertirait où qu'il soit et il lui avait promis son secours.

En attendant, une autre journée de travail l'attendait : une journée de mensonges où elle ferait semblant d'être humaine, où elle saluerait son patron en souriant, en bon mentor qu'il était sensé être. Elle irait sur des scènes de crime ou alors elle interrogerait des suspects, sans penser au moment où cette mascarade prendrait fin. Elle redoutait ce moment, mais l'espérait aussi : elle en avait assez de cette vie de mensonges.

Comme à tous les jours, elle sortit de chez elle, prit son vélo et s'engagea dans la rue. Elle tourna le coin de la rue et failli foncer sur un piéton qui se tenait bêtement là à la fixer. Elle l'évita à la dernière minute.

Ce n'était pas un piéton ordinaire. Il semblait ne pas être vraiment là, il marchait dans la rue alors que les voitures le traversaient sans le blesser. Personne, sauf Joe, ne l'avait remarqué. Il portait un survêtement bleu qui lui couvrait entièrement le corps, même le visage, comme un habit de plongeur sans masque ni trou pour les yeux. Une étrange lueur émanait de tout son être, mais alors qu'il traversait la rue. Elle remarqua alors qu'il y en avait un autre plus loin, puis, en tournait la rue, elle en vit trois. Et tout le long de son parcours, elle remarqua ces étranges inconnus.

Elle fut prise alors d'un besoin très fort d'aller tout dire à Forget. Elle devait le lui dire, c'était d'une importance capitale. Elle comprit alors qu'elle y était. Le moment était arrivé où elle connaîtrait le but de son existence.

Elle avait été programmée pour avertir son mentor de l'arrivé de ces étranges personnes. Elle avait aussi reçu la faculté de les voir. Ce don de vision, que le docteur avait très tôt remarqué, était sûrement une sonde très sophistiquée qui détectait toutes anomalies.

Comme le docteur avait désactivé le système de contrôle de Forget, elle ne se sentait pas obligé de l'avertir, mais en attendant l'arrivé du docteur, elle jugea que sa meilleure option était de jouer le jeu.

Elle fonça donc dans le bureau de son patron dès qu'elle arriva au poste de police.

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Le docteur s'était installé sous sa console pour en tripoter les fils. Comme un peintre devant son chef d'œuvre, il travaillait minutieusement, entièrement absorbé par le mélange des couleurs, le fil bleu avec le rouge, le fil vert avec le jaune… ou plutôt le violet… et pourquoi n'y avait-il jamais de fil rose?

Comme il réfléchissait aux améliorations qu'il souhaitait apporter au Tardis, une alarme retentit. Ce n'était pas le son de cloche habituelle que le Tardis lançait quand il était en danger, mais une sirène stridente. Le docteur se redressa.

- Une alarme! Il n'y a que trois choses qui peuvent déclencher une alarme dans le Tardis, se dit-il.

Première possibilité : si un trou noir entre en collision avec un vortex temporel. Ce genre de chose était virtuellement impossible, mais les conséquences seraient catastrophiques pour tout voyageur du temps, il préférait en être averti. Il vérifia rapidement son scanner : rien de tel ne s'était produit.

Deuxième possibilité : il dormait et le seigneur des rêves était revenu le tourmenter. Le docteur avait programmé le Tardis pour le réveiller de la façon la plus bruyante possible si cela se produisait. Mais, il était certain qu'il ne dormait pas quand l'alarme s'était déclenchée. Cependant, on ne peut être sur de rien quand on rêve.

Troisième possibilité : la boulangerie qui faisait les meilleures brioches de Londres venait de fermer ses portes. Si cela arrivait, il s'y rendrait à toute vitesse pour en déguster un dernier. Bien sur, il pourrait toujours y aller aux époques où elle était encore ouverte, mais il y était allé si souvent qu'il craignait de croiser la propre ligne du temps.

Il réalisa qu'il avait omit une quatrième possibilité. Il avait récemment placé une balise transtemporelle dans la tête d'une inspectrice de police androïde du nom de Joe Tessier et il avait programmé une nouvelle alarme pour le jour où elle aurait besoin de son aide. Il vérifia son moniteur. La balise avait effectivement été activée. Joe II avait besoin de lui!