Bonjour,

Me revoici avec une nouvelle histoire, une nouvelle aventure.

Elle me trotte dans la tête depuis pas mal de temps et j'avoue que sans l'insistance de certaines personnes, elle y serait peut-être restée.

Pour une fois, cette fiction sera un Jella. Et oui, je craque pour Jasper depuis très longtemps.

Depuis plusieurs jours, je relis sans cesse ce chapitre, le corrige, le modifie...mais là, j'arrête sinon, vous ne l'aurez jamais.

Evidemment les personnages ne m'appartiennent pas mais sont la propriété de Stephenie Meyer. Je dois aussi remercier Kathleen E. Woodiwiss qui m'a inspiré la trame de fond de cette histoire.

Bonne lecture.

Chapitre 1 : Arrangement

L'Australie ! Un magnifique pays qui m'avait toujours fascinée. J'y étais arrivée depuis deux semaines et j'avais l'impression d'avoir débarqué dans un autre monde. J'avais choisi de commencer mon périple à Adélaïde dans le sud. Cette ville était très intéressante et animée mais le climat froid de l'hiver austral ne me convenait pas.

Au bout de la première semaine alors que je venais de prendre la décision de changer de région, mon meilleur ami, Emmett, était venu m'y rejoindre. L'excuse principale étant que depuis que j'avais entrepris mon tour du monde, je lui manquais. Mais je le suspectais de me cacher une partie de la vérité et que mon père Charlie devait avoir un rapport avec ce voyage. Puisque j'avais le projet de traverser l'Australie, je l'embarquai avec moi. Je réservai deux places en wagon-couchette sur le légendaire Ghan. Le parcours du célèbre transcontinental était de 2.979 kilomètres et reliait Adélaïde à Darwin et ce, en passant par le Red Center. Je voulais du dépaysement et croyez-moi, j'en avais eu. Le voyage devait durer trois jours et deux nuits alternant des lieux civilisés au désert sauvage.

Durant la première soirée, ma ténacité, mon interrogatoire en règle associés à quelques verres de Cabernet Sauvignon eurent raison du silence de mon ami. Emmett m'avoua le véritable but de son expédition. La date fatidique de l'ultimatum de mon père expirant dans deux semaines, il venait m'informer des dernières nouvelles d'Arizona. Emmett était le fils du contremaître de notre Ranch à Oro Valley. Son père était au service du mien depuis l'achat de la propriété et ils étaient devenus amis. C'était ainsi qu'à notre tour, nous étions devenus amis. Il m'avait toujours aidée, soutenue, protégée et même parfois servi d'alibis. Apprenant les projets de Charlie, je décidai de descendre du Ghan à Alice Springs au cœur du Red Center. Cette minuscule ville en plein désert était l'endroit parfait pour réfléchir et mettre au point ma contre-attaque que j'avais un peu laissé de côté espérant que Charlie changerait d'avis.

Nous étions descendus au Crowne Plaza. Cet hôtel, l'un des plus huppés de la petite ville d'Alice Springs était à peine comparable au plus rustique de ceux qu'on rencontrait à Phoenix, ma ville. En cette fin du mois d'août, il y avait très peu de visiteurs ou touristes car nous n'étions pas à la meilleure période pour des vacances. Les journées étaient agréables et même chaudes certains jours mais les nuits, comme dans chaque désert, pouvaient s'avérer très froides. La nuit dernière, les températures avaient même été négatives. D'après le dépliant publicitaire trouvé à mon arrivée dans la chambre, cette région du territoire Nord de l'Australie était une région sacrée. A quelques kilomètres à peine, il existait un immense rocher appelé Uluru. Il était sacré pour les Anagus, l'une des tribus aborigènes locales. C'était lui surtout l'attraction du coin.

Durant deux jours, je repassai en boucle la dernière conversation que j'avais eue avec mon père. Je revoyais son ultimatum et ses raisons. J'analysais avec Emmett les options qui s'offraient à moi et je devais admettre qu'elles étaient très réduites, voire nulles. Quand Charlie m'avait énoncé ses projets, j'avais explosé mais ma colère ne l'ayant pas fait changer d'avis, j'avais pris la décision de partir en voyage. Je pensais que l'éloignement et le temps joueraient en ma faveur. C'était mal connaitre Charlie. Plus buté et borné, tu meures. C'est ainsi que je m'étais retrouvée en Australie après six mois de voyage en Europe et en Asie. Assise à la terrasse, je ne pus m'empêcher de revivre une fois de plus cette discussion.

Flashback

Je me levai assez tard ce samedi-là, comme toujours le lendemain d'une soirée. Surtout si ladite soirée avait été bien arrosée. Lorsque j'étais à Phoenix, la plus grande partie de l'année à vrai dire, j'avais une vie sociale et mondaine très active. Pas que j'appréciais particulièrement les familles snobinardes de Phoenix et leurs soirées mais Charlie Swan, mon père, était une des personnes les plus riches et les plus en vue de cette ville et de l'Arizona. Il était donc tout naturel que nous soyons régulièrement invités pour des bals de charités ou pour de simples soirées privées. Je devais donc faire acte de présence à un certain nombre pour avoir droit à un minimum d liberté à côté.

Mon père était considéré comme un nouveau riche dans la région mais il avait réussi à se faire accepter et apprécier. Il avait amassé sa fortune, seul juste grâce à son travail acharné. Il venait d'une petite ville située dans l'état de Washington appelée Forks. Curieux de nature, il choisit de devenir journaliste. Il commença comme pigiste avant de devenir chroniqueur d'un petit journal de Seattle. Mais Charlie était ambitieux. Il prit la décision de se lancer dans la recherche de scoop et partit même comme reporter dans les pays en guerre. Il était devenu reporter Freelance et vendait ses articles au plus offrant.

En 1978, à l'âge de vingt-deux ans, il remporta le prix Pulitzer pour un article impressionnant sur la guerre au Liban. A partir de ce moment, les plus grands quotidiens du pays le voulaient. Lors de son passage à Phoenix, il rencontra à une soirée Renée Dwyer dont il tomba éperdument amoureux. Ne voulant pas la quitter, il s'installa avec elle et l'épousa un an plus tard.

Rapidement, il fit sa place au Phoenix Diary New, acheta des parts et entra au conseil d'administration à trente ans. Je vins au monde trois ans plus tard alors qu'il devenait actionnaire majoritaire du journal. D'après ce que mon père me raconta, la vie à trois était formidable mais ma mère trouva la mort dans un accident de voiture alors que je n'avais que deux ans. Mon père fut anéanti. Il devint taciturne avant de prendre la décision d'investir une partie de sa fortune dans un ranch à Oro Valley où, avec l'aide de Sam, le contremaître et ami, il se lança dans l'élevage de chevaux Appaloosa et Quatrer Horses. Ce ranch était devenu au fil du temps, sa plus grande passion.

J'adorais cet endroit et je m'y rendais dès que je le pouvais. Mais mes études m'avaient gardée loin du Ranch. Je n'y retournais que rarement aux vacances et lorsque nos invitations nous laissaient un peu de répit.

Je me vis rejoidre mon père dans la salle à manger où il était déjà installé devant son petit déjeuner. Je souris en le voyant mordre dans son toast à la confiture de fraises. Aussi loin que je me souvienne, il avait toujours aimé ce déjeuner simple. Tout en mangeant, il lisait l'édition du matin du Phoenix Business New, le principal concurrent de son journal. Je m'approchai de lui, déposai un baiser sur sa joue avant de m'installer à ma place.

« Les nouvelles sont bonnes ? » demandai-je en me versant du café dans mon bol.

« Pas aussi bonnes que les nôtres, » marmonna-t-il avant de plier le journal et de le jeter sur le coin de la table.

« Bonjour, Mademoiselle Bella. Que désirez-vous pour déjeuner ? »

« Bonjour, Maggie. Je veux bien des crêpes si ça ne vous dérange pas. »

« Pas du tout. Je vous apporte ça de suite. Et vous Monsieur, vous en prendrez aussi ? »

« Non, Maggie, j'ai tout ce qu'il me faut. »

Maggie s'éloigna vers la cuisine tandis que j'ajoutai du sucre et un nuage de lait dans mon café. Je le mélangeai distraitement lorsque je remarquai le regard de mon père sur moi.

« J'ai un truc sur le nez ? » questionnai-je en riant.

« Voilà vos crêpes, Mademoiselle. »

« Merci Maggie. »

Je commençai à manger quand je surpris à nouveau le regard de Charlie par-dessus sa tasse de lait russe. Son regard scrutateur, pour une raison que je ne m'expliquais pas, me fit froid dans le dos.

« Qu'y a-t-il, Papa ? »

« Je viens de lire que la seconde fille de Walter Cunningam se marie dans deux semaines. »

« Ah, oui ! Encore une soirée barbante en perspective, » commentai-je en continuant à manger.

« Bella ! » s'exclama-t-il en secouant la tête.

« Bin quoi ? On s'ennuie aux fêtes des Cunningam. Ils n'ont aucune notion du savoir vivre et de ce qui fait la réussite d'une soirée. De plus, je pleins le pauvre futur mari.»

« Bella ! Ce n'est pas ça que je voulais dire. »

« Alors quoi ? »

« Tu te souviens de Frank Sterling ? »

« Le proprio de la chaines d'hôtels du même nom à qui tu as rendu service récemment en publiant une série d'articles promotionnels ? »

« Oui, lui-même. »

« Et alors ? » demandai-je en cherchant où pouvait nous mener cette conversation.

« Sa fille, Kate, s'est mariée le mois dernier et son nouvel époux vient d'être nommé vice-président de sa société. »

« Mais encore ? » répliquai-je en redoutant la direction que prenait notre échange.

« Quand vas-tu te poser, toi aussi ? »

« Me…me poser ? »

« Oui Bella. Quand vas-tu me présenter quelqu'un et t'intéresser un tant soit peu à notre journal ? »

« D'abord c'est ton journal, Papa. Et puis, tu n'aimes aucun de mes petits amis, » rétorquai-je en repoussant mon assiette. Mon appétit venait d'être coupé.

« Le journal est ton héritage et j'aimerais que tu t'y intéresses un peu plus. Quant à tes soi-disant petits amis, ce n'est qu'une bande d'arrivistes sans aucun intérêt que tu trinqueballes derrière toi pour faire bonne figure. Avoue qu'aucun d'eux ne trouve grâce à tes yeux. »

Je lançai un regard noir à mon père. Comment pouvait-il juger mes amis alors qu'il n'en avait rencontré presque aucun. De plus, la plupart venait de familles riches et influentes. Mes amis, ceux qui comptaient vraiment, se comptaient sur les doigts d'une seule main et ne correspondaient pas vraiment aux critères de mon père. C'étaient des filles et des mecs géniaux souvent sans le sous mais bourrés de talent. Quant aux soi-disant petits amis, eux aussi, on pouvait les compter sur une seule main. Mais ça, mon père l'ignorait.

« Je te rappelle que ces arrivistes comme tu dis sont les fils de tes connaissances. »

« Des bons à rien, juste bon à s'amuser et boire. Aucun d'eux ne travaille. Ose me dire le contraire ! »

« Ok pas encore mais un jour, ils seront à la place de leur père…enfin sûrement pour quelques uns. »

Je me levai d'un bond et me mis à tourner en rond dans la pièce. Je n'aimais vraiment pas cette conversation.

« Il est temps que tu penses à ….à ton avenir. »

Alors vraiment ! Je commençais même à regretter d'être rentrée hier soir.

« Papa ! Je n'ai que vingt-et-un ans. J'ai bien le temps, voyons. »

« Viens t'asseoir près de moi. »

Je soupirai en grimaçant mais je m'approchai et repris ma place. Le ton que venait d'utiliser mon père m'inquiéta et je me mis à appréhender le contenu de ce qu'il s'apprêtait à me dire. Je me redressai sur la chaise et me tournai vers lui pour le fixer.

« Isabella. »

Ouch ça craint ! Quand mon père utilisait mon prénom en entier, rien de bon n'en sortait. Enfin pour moi.

« Je m'inquiète pour toi ma chérie. »

« Tu ne devrais pas. »

« Ta mère nous a quittés bien trop tôt et j'ai fait tout ce que j'ai pu pour t'élever et te donner tout ce dont tu avais besoin. »

« Je sais papa et tu t'en es super bien sorti. »

« Si elle était avec nous, ce serait différent. »

« Qu'est ce qui serait différent ? »

« Ma chérie. Je t'aime mais je trouve que tes choix et surtout ton avenir sont trop incertains. Si ta mère était avec nous, elle pourrait te soutenir mieux que moi. »

Je voulus protester mais il leva la main m'intimant de me taire. Le fait de parler de ma mère me peinait énormément et je sentais les larmes picoter mes yeux.

« Tu as commencé des études de droit pour ensuite décider que la psychologie te convenait mieux mais là encore, tu as abandonné. Tu as demandé une année sabbatique que je t'ai autorisée mais là encore, elle s'est prolongée. Depuis plusieurs mois, tu passes ton temps à sortir, t'amuser. »

Les critiques de mon père me touchèrent plus que je ne voulais le laisser paraitre. Je devais reconnaitre qu'il n'avait pas tout à fait tord en ce qui concerne mes sortie mais il ignorait ce que je faisais en journée. J'avais entamé des études de gestion afin de pouvoir réaliser mon rêve. Vivre et travailler au Ranch. Je ne lui avais rien dit car je savais qu'il serait contre. Il espérait mieux pour moi. Mais les accusations de mon père me mettaient en colère. Je voulus à nouveau protester mais il refusa.

« Minute. Je vieillis Bella et je veux pouvoir être sûr que tu aies quelqu'un pour veiller sur toi, te protéger et si besoin, reprendre le journal après moi, te seconder en quelque sorte. »

« Je comprends tout cela mais j'ai encore du temps devant moi. »

« Non ! On ne sait jamais ce qu'il peut nous arriver. Tu ne veux rien faire, pas étudier, ni travailler, OK. Mais je veux que tu te trouves un mari. »

La dernière phrase de mon père me laissa sans voix. Mais que lui arrivait-il ? On n'était plus au dix-neuvième siècle, sacrebleu. Il n'avait pas le droit de m'imposer une chose pareille.

« Non ! » m'écriai-je.

« Je suis très sérieux. Pour diverses raisons que je ne tiens pas à t'expliquer aujourd'hui, je veux que tu aies quelqu'un à tes côtés. »

« Bon, d'accord. Je vais reprendre mes études, être capable de te seconder au journal et un jour, je me marierai. Promis. »

« Désolée, ma chérie. Mais tu vas commencer par te marier. »

« Mais ça n'a pas de sens, papa ! »

« Ca en a mais….Je te laisse jusqu'à ton prochain anniversaire pour avoir trouvé un époux. Si possible, quelqu'un de bien. Si jamais tu n'as pas fait ton choix pour le treize septembre prochain, c'est moi qui te choisirais ton mari. Est-ce clair ? »

La voix de mon père était douce mais ferme, comme lorsque j'étais petite et que j'avais intérêt à obéir sans discuter. Mais maintenant, j'avais vingt et un ans et j'étais décidée à ne pas me laisser faire. Quelle idée de vouloir me forcer à faire une chose pareille ? !

« C'est hors de question. Mais qu'est ce qu'il te prend pour m'imposer cela ? »

« Bella, je ….c'est non négociable. Si tu veux continuer à mener la vie que tu as actuellement, tu as six mois pour te trouver le mari parfait. Je pense que je suis assez vieux pour être grand-père, » plaisanta-t-il en reprenant un toast qu'il garnit de confiture de fraises.

Je restai interdite quelques minutes, observant mon père déguster son toast. Il ne semblait absolument pas perturbé par ce qu'il venait de me dire comme si ce chantage, car je ne trouvais pas d'autre mot, était naturel.

« Et si je préférais me passer de ton argent et vivre ma vie comme je le sens ? » criai-je en me dirigeant vers la porte pour regagner ma chambre.

« C'est ton choix. Tu as six mois pour réfléchir. Au bout de ce délai, ou tu te maries avec celui de ton choix, ou du mien, ou tu perds tous tes avantages, » déclara-t-il d'une voix glaciale que je ne lui connaissais pas.

« Puisque c'est ainsi, je vais mettre à profit ces six mois pour réfléchir à mon avenir mais loin de toi, loin de cette maison. Je pars faire un tour du monde puisque tu ne me couperas les vivres que dans six mois, » crachai-je en pivotant et montant dans ma chambre préparer mes bagages.

Fin du Flashback

C'est ainsi que j'avais quitté le cocon familial, ne comprenant absolument rien à l'attitude de mon père. Ses paroles et son chantage ne lui correspondaient vraiment pas. J'avais mis plusieurs jours avant de décolérer et de commencer à réfléchir sérieusement. Lorsque j'avais enfin recouvré mes esprits et digéré les paroles de mon père, ma première action fut de prendre contact avec mon meilleur ami et de lui expliquer la situation. Emmett avait été aussi abasourdi que moi lorsque je lui avais tout raconté. Ensemble, nous avions décortiqué les paroles de Charlie mais sans vraiment comprendre les raisons. Jusqu'à ce jour, mon père avait toujours donné l'impression de me laisser seule juge de ma vie et de mes choix. Et subitement, il voulait décider pour moi. Emmett paraissait convaincu qu'il y avait de très bonnes raisons derrière tout cela. Mais ni l'un ni l'autre n'arrivions à les découvrir.

Etant toujours en colère contre mon père, je mis en place mon idée de tour du monde. J'organisai mes déplacements, réservai mes hôtels au travers du monde ainsi que mes vols. Puisque mon père campait sur ses positions, je ferais la même chose. Je ne voulais pas le supplier de changer d'avis mais j'étais décidée à faire tout ce qui serait en mon pouvoir pour contrecarrer ses projets. Emmett, de son côté, allait tenter de savoir les motivations de mon père en questionnant le sien. Sam, en plus d'être le régisseur de la propriété, était aussi un très vieil ami à qui mon père racontait presque tout.

Emmett et moi étions persuadés que mon père m'avait caché certains faits importants. Et les informations qu'il venait de me confier tendaient à croire que nous avions raison. Mon père depuis mon départ, était devenu taciturne, s'énervant pour un rien mais surtout semblait inquiet. Emmett m'avait également rapporté que Charlie avait eu des visiteurs au Ranch durant mon absence et que les hommes qui avaient séjourné chez nous suscitaient une forme de peur à mon père. D'après ce qu'il m'avait rapporté, durant le séjour de ces hommes, de fréquentes disputes avaient retenti alors qu'ordinairement, Charlie était plutôt d'un tempérament calme et posé. Après leur départ, mon père s'était entretenu longuement avec ses hommes de lois mais il semble que là encore, les réponses qu'il avait obtenues ne soient pas satisfaisantes, le rendant plus taciturne et irritable.

Emmett avait surpris un échange entre Sam et Charlie qui l'avait incité à prendre un vol pour venir me rejoindre. Mon père avait avoué à Sam qu'il était pieds et poings liés et qu'il n'avait pas de solution à son problème. Emmett n'avait pas compris exactement de quoi il s'agissait mais il avait clairement entendu que la seule solution pour me protéger était que je sois mariée le plus rapidement possible afin que je sois en sécurité. Sam avait même proposé que Charlie m'avoue tout, que j'étais assez responsable pour comprendre mais celui-ci avait refusé catégoriquement. Je devais me marier et très vite sinon je risquais de souffrir et ça, il ne pouvait en supporter l'idée.

J'étais dans une impasse. D'un côté, je tenais à ma liberté et à la vie que je menais mais de l'autre je sentais que je devais agir comme mon père le souhaitait pour me protéger mais également le protéger même si je ne comprenais pas le pourquoi. Mais voilà, qui épouser ? Je n'allais tout de même pas mettre une petite annonce dans un journal.

« Recherche jeune homme, entre 25 et 35 ans, afin de l'épouser et de disparaitre ensuite. »

Oui disparaitre car je voulais bien me marier pour éviter le choix imposé par mon père mais hors de question de vivre avec qui que ce soit. J'avais bien envisagé de proposer ce rôle à Emmett mais je l'aimais trop pour perturber sa vie ainsi. Oh, il aurait été d'accord. Peut-être même y avait-il songé mais non, je devais trouver un autre homme.

Assise à une table du Red Ochre Grill, restaurant typique d'Australie, je sirotais un mojito en attendant l'arrivée d'Emmett. Je regardais autour de moi préférant attendre mon ami pour examiner la carte. A quelques tables de moi, un grand brun, bronzé me lançait des regards assez prononcés. Il était plutôt mignon mais son air de « personne ne me résiste » me donnait plutôt envie de rire. Alors que je portais le verre à mes lèvres, je vis le Don juan se lever. Ses pas le menaient directement vers moi. En le voyant approcher, j'envisageais de lui proposer un marché car je devais bien admettre qu'il était super mignon. Il s'arrêta à côté de ma table avant de s'y installer sans même me demander l'autorisation.

« Salut ma jolie. Comment ça va ? » Demanda-t-il en souriant.

Tout bien réfléchi, oublions le marché. Je m'apprêtai à lui communiquer mon mécontentement lorsqu'une voix forte s'éleva au-dessus de moi.

« Elle ira mieux quand tu auras quitté cette table, » asséna une voix qui me ferait peur si je ne le connaissais pas si bien.

« On t'a pas sonné toi. »

« Ecoute mec. Cette jeune femme est avec moi et je te donne trente secondes pour déguerpir sinon, je m'en charge. »

Un sourire naquit sur mes lèvres aux paroles d'Emmett mais il disparut lorsque je vis le type se redresser, se lever et se positionner face à mon ami. La peur de les voir se battre me noua l'estomac.

« Avec toi ? »

« Ouais ! Et t'as intérêt à te casser vite fait avant que je m'énerve. »

« Tu ne me fais pas peur….. »

Avant qu'il ne puisse finir sa phrase, Emmett le saisit par le col de sa chemise en flanelle à carreaux et le souleva légèrement du sol. Ils se fixèrent un moment et sans ajouter le moindre mot, Emmett le reposa à terre.

« Ok ! On va pas se disputer pour une gonzesse, » déclara le type en remettant son col correctement. Tous les regards de la salle convergeaient vers nous. Même si je sentais qu'Emmett était prêt à riposter, il prit place à notre table.

« Bonne soirée, » claironna-t-il en se dirigeant vers la sortie.

Emmett me fit un clin d'œil avant que nous n'éclatâmes de rire ensembles. Lorsque nous étions ensembles, nous arrivions toujours à nous faire remarquer. Mais que c'était bon de rire après le stress et les doutes de ces derniers jours. La serveuse vint prendre notre commande de repas et dès qu'Emmett eut sa bière devant lui, je ne pus résister plus longtemps à lui demander s'il avait trouvé.

« Alors ? »

« Bella ! Es-tu vraiment certaine que ce soit une bonne idée ? »

« Oui…ou plutôt je ne vois pas d'autres solutions dans un délai aussi court. »

« Il reste encore un peu de temps. On peut essayer de le faire changer d'avis ? » insista-t-il.

« Non, malheureusement. Malgré le fait que je lui en veuille encore, j'ai téléphoné tout à l'heure. »

« Vraiment ? »

« Oui, vraiment. Je voulais tenter une dernière fois de le faire changer d'avis ou de connaitre ses motivations. Je suis sûre qu'il y a un truc pas net là derrière. »

« Pourquoi ferait-il ça ? Tu es ce qu'il a de plus précieux. Il t'a toujours laissée libre de vivre ta vie à ta guise car il savait que tu étais une fille relativement raisonnable. »

« C'est pour cela que nous devons gagner du temps et découvrir ce qu'il me cache tout en respectant son ultimatum. »

Emmett finit sa boisson tandis qu'on déposait les plats devant nous. L'odeur était exquise et le tout paraissait délicieux. Nous commençâmes à manger dans le silence. Je voyais bien que mon ami réfléchissait à mes paroles.

« Emmett ! Je sais que tu n'approuves pas mais je n'ai pas le choix. Et c'est une solution qui va nous permettre de découvrir ce qui terrorise mon père comme tu me l'as dit et trouver un moyen de l'aider. »

« Ok, alors épouse-moi ! Pourquoi chercher un parfait inconnu ? »

«Tu es mon meilleur ami. Cette situation peut durer longtemps, nous n'en savons rien. »

« Je suis prêt à le faire, pour toi. »

« Je le sais mais je ne veux pas t'imposer ça. Tu as ta vie, des amis et une petite amie. »

« Rien d'important. »

« Et puis, si mon père a vraiment peur de quelqu'un, ce même type doit tout connaitre de nous. Il sait que tu es mon meilleur ami, que je suis partie en voyage plusieurs mois et que tu viens seulement de me rejoindre. Il doutera que nous soyons tombés amoureux en deux semaines. Non, nous devons nous en tenir au plan. »

Emmett s'adossa à sa chaise, soupira bruyamment avant de lever son regard vers le mien. Il hocha simplement la tête.

« As-tu trouvé ? »

« Ca m'a pris toute la journée et pas mal de graissage de pattes mais oui, j'ai quelqu'un. »

« Au son de ta voix, c'est pas génial ? »

« Comment voudrais-tu que je te trouve le mari idéal par ici ? »

« Emmett, je cherche pas l'homme idéal. Juste un mec qui accepte de jouer ce rôle et de disparaitre. »

« Ouais ! Il a surtout intérêt à disparaitre. Bon, j'ai parcouru la ville de long en large toute la journée comme celle de hier et d'avant-hier mais les types que j'ai rencontré ne semblent pas enclin à se marier par bonté d'âme. »

« Merde ! »

« Alors, j'ai élargi mon champ d'action. »

« Et ? »

« Il nous fallait un homme qui n'avait rien à perdre mais surtout tout à gagner. »

Je le fixai attendant qu'il poursuive mais une fois de plus, mon ami détourna son regard. Un petit mouvement de son corps, je compris qu'il tapait son pied au sol, signe d'une grande nervosité. D'un sourire, je l'encourageai à poursuivre.

« C'est dément…. »

« Emmett. Je n'ai pas le choix. Alors ? »

« Comme je n'obtenais aucun résultat avec l'australien moyen, j'ai été rendre visite au bureau du shérif local. »

« PARDON ? »

« Du calme, Bella. »

« Tu ne veux quand même pas que je me marie avec un criminel, quand même ? »

« J'ai évité les meurtriers. »

« Ah, très drôle ! »

Non mais quelle idée lui était passée par la tête. Il n'était pas sérieux ?

« Mais c'est là que j'ai trouvé un potentiel mari. »

Il était sérieux !

« Vas-y explique. »

« Nous avons besoin de quelqu'un qui accepte de t'épouser durant quelques mois. Mais pour cela, il faut une monnaie d'échange. »

« Une monnaie d'échange ? »

« Oui. Tu as besoin d'un mari et celui qui accepte doit en retirer un bénéfice pour qu'il soit d'accord. »

« Je ne vois toujours pas où tu veux en venir Emmett ? »

J'observai mon ami tentant de déchiffrer son langage énigmatique. Je me doutais bien qu'aucun homme n'accepterait de m'épouser sans une belle rétribution. Mais de là à épouser un criminel, je n'étais pas certaine d'être prête à franchir le pas.

« Comme je viens de te le dire, j'ai été voir le policier du coin. C'est un petit poste où les gens arrêtés ne font que passer avant d'être transférés à Dawnin. Là-bas, j'ai rencontré un américain. »

« Un américain ? En détention ? »

« Oui. Il a été arrêté car il campait sur l'Uluru. Or ici c'est considéré comme un crime car le lieu est sacré. Bref, le mec est un original qui bourlingue autour du monde en solitaire. Je lui ai parlé de notre problème et il semble prêt à accepter. »

« Il semble prêt ? Je sais pas…c'est…Comment lui faire confiance ? »

« Je suis passé par le cybercafé en ville pour effectuer des recherches. Il porte un nom très répandu au Texas dont certains patronymes sont mêmes très aisés. Il n'a rien à voir avec eux ou alors c'est un parent éloigné mais on pourrait facilement faire croire que tu as épousé un type de la haute société de Houston. Ils sont tellement nombreux que personne ne pourrait vérifier rapidement. Le temps que l'arnaque soit découverte, nous aurons trouvé ce qui tracasse ton père. C'est le mieux que j'ai trouvé. »

« C'est bien. Même mieux que ce que je pouvais espérer. Et il accepterait le marché ? »

« Oui mais avant de donner sa réponse, il veut te voir. »

« Me voir mais pourquoi ? Il signe les papiers et en échange il reçoit une grosse somme d'argent qui le sortira de prison. »

« Il est d'accord sur les termes de notre arrangement mais il ne donnera son accord qu'après avoir parlé avec toi. »

Je soupirai bruyamment. Je ne voyais vraiment pas l'intérêt de le voir. J'avais l'intension de me créer l'image de mon « mari ». Pas besoin de le rencontrer. Mais avais-je le choix ? Si je voulais rentrer chez moi, reprendre ma vie où je l'avais laissée plusieurs mois plus tôt, je devais rentrer à Phoenix avec un mari. Ou du moins, un extrait d'acte de mariage. Il était hors de question de m'encombrer d'un homme. Seul son nom m'intéressait.

« Et bien puisque monsieur exige de voir sa fiancée, nous irons lui rendre visite demain, » déclarai-je en tendant mon verre en direction Emmett pour porter un toast.

« A mon futur mari ! »

« Au futur mari ! » répéta-t-il.

Le reste du repas se passa dans la bonne humeur car j'avais l'impression de voir enfin le bout du tunnel. Mais une fois rentrée à l'hôtel, je ne réussis pas à trouver le sommeil. Les paroles de mon père tournèrent dans ma tête tout comme tout ce qu'Emmett m'avait rapporté. Lorsque je pus enfin somnoler, je me mis à imaginer l'homme que je m'apprêtais à rencontrer le lendemain et peut-être à épouser. Je me réveillai en sursaut lorsque mon réveil sonna. J'étais en sueur et je sentis immédiatement l'angoisse m'envahir. Je ne mangeai pratiquement rien au petit déjeuner. Plus les minutes me rapprochaient de la rencontre, plus je n'avais qu'une envie. Celle de fuir et d'accepter d'épouser celui que mon père choisirait. Mais tant qu'à faire d'épouser un inconnu, je voulais le choisir moi-même.

Je marchais aux côtés d'Emmett dans le petit poste de police quand le policier s'arrêta devant une porte en fer. Il abaissa la clenche qui laissa apparaitre un homme grand aux cheveux longs rassemblés en une queue de cheval. Une barbe naissante lui mangeait le visage. Mais ce qui me fit frissonner, ce fut son sourire en coin qui lui donnait un air suffisant malgré le fait qu'il soit emprisonné.

« Ainsi voici mademoiselle Swan, » railla-t-il lors de notre entrée.

« Bella, je te présente William Jasper Hale » déclama Emmett en s'écartant pour me laisser pénétrer dans la

Alors, verdict?

On continue?

A bientôt

Eli