Bonsoir!

My god... J'ai tué Meyd, je suis une criminelle, bouhouhou! Bon, c'était prévu, vu que Demyx est là, mais quand même... J'ai été sadique, franchement :(. Enfin, vous verrez par vous-même...

Merci à chut pour ses reviews, et à tous les lecteurs qui suivent cette fanfiction! Chut, eh bien, je pense que tu as ta réponse :(... Sinon, en homme sirène, il était aussi beau qu'en Simili... :P

Pfiou, je suis encore sous le choc, j'ai tué Meyd... Sniiiif!


Aucun personnage de Square Enix ne m'appartient, de même que les lieux.


Partie 3:

l'ultime symphonie de l'amer

Meyd répondit au salut d'Ariel, de son nouvel ami Polochon – le petit poisson lune qu'ils avaient croisé la veille – de Sébastien et du Roi Triton. Puis, il se retourna et nagea à vive allure jusqu'aux limites de la mer d'Atlantica afin de rejoindre l'océan. Il détestait les adieux et avait toujours eu tendance à fuir lorsqu'ils se prolongeaient de trop.

Il fit attention à ne pas sortir des petites cachettes que les abysses, ou le fond marin, pouvaient receler; s'exposer dans le Grand Bleu, c'était mourir à coup sûr, entre les mâchoires d'un requin ou de prédateurs plus vicieux. Le peuple des sirènes n'échappait pas à la règle, Meyd le savait.

Avec souplesse, il frôla deux massifs couverts d'étoiles et d'anémones des mers, tout en préservant sa Guiharpe des chocs. Cet instrument était le plus précieux trésor qu'il pouvait posséder; sans lui, il n'était rien, ce n'était pas avec sa voix qu'il pourrait créer sa propre musique et la faire partager...

Sa prochaine destination se situait au delà de tout royaume; de tout océan potentiellement habitable. Cet endroit perdu, qu'il désirait atteindre pour apprendre la virtuosité de son art, s'appelait Antarctys; il y avait une légende qui circulait parmi tous les peuples de la mer, comme quoi seuls les musiciens et les chanteurs les plus doués pouvaient franchir les immenses barrières de glace et de sel que ce royaume perdu avait érigées.

Meyd ne souffrait d'aucune ambition... en vérité, il était juste trop curieux. Il voulait simplement essayer de l'atteindre pour voir ce que cela donnerait. Une motivation supplémentaire le poussait à entreprendre ce voyage: Ariel, et sa voix si merveilleuse.

Il laissa un courant chaud le porter pendant quelques heures; ensuite, il se retrouva en compagnie de poissons clowns assez sympathiques. Meyd croisa même le chemin d'hommes-sirènes venant du Royaume d'Indie; ces derniers venaient certainement rendre visite au souverain d'Atlantica. L'un d'eux, un homme aux longs cheveux couleur de lune, lui révéla qu'un raccourci existait pour aller à Antarctys: il suffisait de prendre le Gouffre Noir – réputé pour être peuplé de monstres – par le fond, puis de le longer sur la gauche, de remonter pour prendre un courant marin froid. Il le mènerait tout droit sur les Chemin des Volcans Furieux.

Meyd le remercia, quitta le groupe d'hommes-sirènes qui le regardaient avec un air inquiet sur le visage. Ils avaient entendu d'effroyables rumeurs et trouvaient insensé que ce jeune ménestrel veuille à tout prix aller là-bas. Ils espéraient qu'il se découragerait avant de s'engager dans le Gouffre Noir.

Les eaux accueillantes se firent alors plus hostiles autour de Meyd, tandis que le bleu se métamorphosait en un gris opaque et brouillon. Sous l'eau, cela prenait des allures de cauchemar. Puis, un immense trou lui fit face. Meyd tenta de distinguer le fond, mais n'y parvint pas. Il devrait descendre, sans lumière, sans même une arme.

La peur lui serra la gorge. Comment allait-il faire? Il fallait qu'il y plonge pour trouver ce fichu courant marin glacial! Puis il se souvint d'un minuscule détail: lorsqu'il pinçait les cordes de sa Guiharpe avec suffisamment de force, sans les casser, alors il pouvait contrôler l'eau et la forcer à produire de la lumière, du moins à capter celle qui venait du haut. Il avait découvert ça lors de ses solos nocturnes et solitaires.

C'est pourquoi il la prit contre lui et commença à échauffer ses doigts et ses cordes, tout en descendant dans la bouche béante de cet endroit hanté par l'inconnu.

X

XXX

X

Bon, ce n'est pas l'algue guérisseuse, mais ça pourrait être pire.

Une faible aura lumineuse l'entourait alors qu'il progressait en douceur . Il avait enfin atteint le fond, et cela faisait des heures qu'il y errait. Parfois, il croyait voir des ombres autour de lui, ou bien il sentait qu'on l'espionnait avec avidité, mais peut-être n'était-ce que son imagination. Le cœur battant à tout rompre, il n'avait qu'une hâte: trouver ce courant marin.

Jouer de la musique l'apaisait, même si ses bras étaient fatigués. Il se rendait compte que ça l'aidait à tenir. Il s'était même fait une réflexion: peut-être que sa musique écartait tout ennemi! Peut-être qu'elle le protégeait d'eux!

Cela pouvait paraître absurde, mais dans sa tête, les idées s'emballaient. Meyd les laissait aller, au moins ça lui occupait l'esprit et le poussait à continuer.

Peut-être que ce Gouffre Noir est l'une des épreuves ou obstacles, imposé par Antarctys pour que seuls les meilleurs parviennent jusqu'à elle!

Il sentit sa peau réagir à un subtil changement de température: elle eut la chair de poule. Meyd frissonna non seulement de froid, mais aussi de soulagement: il l'avait trouvé! Sans demander son reste, il se laissa aller jusqu'en haut, le cœur tambourinant dans sa poitrine. Il en oublia de jouer; il en oublia le danger. A la moitié du parcours, alors qu'il commençait à voir se rapprocher les lèvres béantes du Gouffre Noir, son ouïe capta des clapotements derrière lui. Quelque chose nageait derrière lui, et ce quelque chose... gagnait de la vitesse.

Meyd accéléra. Paniqué, il savait qu'il allait se faire dévorer s'il ne se dépêchait pas! L'une de ses hypothèses était vraie alors: sa musique avait tenue à l'écart les monstres!

- Aaaaaah! Non!

Le souffle de la bête caressait les nageoires de sa queue. Meyd retrouva un instant de lucidité après cela, serra sa Guiharpe contre lui, puis se remit à jouer, même si c'était maladroit. Dans un premier temps, cela ne marcha pas; Meyd vit même d'autres monstre se précipiter vers lui, juste devant lui, alors qu'il était presque au bord du Gouffre!

Il faut que je joue juste et harmonieusement, sinon je ne passerai pas!

Il se força à garder son sang-froid. Ses doigts parvinrent à retrouver les notes pour les calmer et les cajoler. Bientôt, une mélodie claire, forte, empli et ses oreilles, et celles des créatures. Meyd put arrêter de nager et continuer son morceau, alors qu'il se sentait en sécurité. Ils s'éloignaient, tous! Même celui qui le pourchassait par derrière!

Il souffla. Il n'avait pas beaucoup de temps. Il arrêta de jouer, fit basculer son instrument dans son dos, puis nagea vigoureusement jusqu'au sommet. Il se retrouva sur le fond marin, sur un chemin où il ne pouvait pas se poser sous peine de finir grillé. L'eau avait pris des teintes ocres et chaudes, ce qui ravit le musicien dans un premier temps. Il murmura:

- Le chemin des Volcans Furieux...

Il devrait le suivre jusqu'à la cité perdue, prêt à parer toute menace. Après ce qu'il venait de vivre, est-ce que ce qui l'attendait pouvait être pire?

Meyd commença à avancer, en restant à bonne distance de la rage bouillonnante de ces cratères cracheurs de feu liquide.

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Après avoir manqué de se faire intoxiquer par les vapeurs sulfureuses, après s'être fait blesser par quelques morceaux de roches en fusion rejetés, pour ensuite avoir évité de justesse des éruptions mortelles, Meyd arriva enfin au bout de ses peines.

Cependant, le découragement le prit à la gorge, tandis que devant lui, se dessinaient d'immenses murs acérés d'une matière blanche et aussi pure que le cristal. Il se retint de toucher la surface de ces barrières.

De la glace...

Il commençait à avoir froid. Après la chaleur insupportable engendrée par les Volcans Furieux, un froid polaire s'emparait des eaux malmenées de cette partie de l'océan. Le changement brusque de température, en plus d'être très basse, se chargeaient de l'affaiblir physiquement. S'il posait la main sur cet obstacle, elle y resterait collée, et lui se changerait en glace, il le sentait.

Comment allait-il pouvoir passer? S'il remontait, alors il mourrait de froid, c'était plus que certain! S'il longeait ce mur, il trouverait peut-être une faille... Meyd rejeta cette idée. Non, c'était une autre épreuve destinée à ceux qui seraient méritants. Elle avait un rapport avec la musique ou le chant, il en était sûr.

Les gestes un peu ralentis par la lourdeur de l'eau – à cause du froid –, il reprit sa Guiharpe, manqua la lâcher à cause de l'engourdissement de ses doigts et de sa fatigue, puis pinça les cordes pour s'échauffer. Il avait besoin de dormir, il le savait, mais il ne pouvait pas le faire maintenant. L'hypothermie le gagnerait et le plongerait dans un sommeil éternel.

Meyd s'efforçait de ne pas perdre la foi. Il trouverait.

Il joua pendant un moment avant qu'un son cristallin ne sorte de son instrument. Meyd fut même surpris par la mélodie qui venait de naître...

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L'éclat de la lune artificielle le sortit de ses pensées un bref instant. Demyx comprit qu'il ne lui restait plus qu'une vingtaine de minutes. Après, il devrait sortir de cette chambre vide, rejoindre le couloir principal, ouvrir un portail des ténèbres, et...

Non, ne pas y penser. Pas ça.

Il serra son Sitar contre lui et commença à jouer avec les cordes de ce dernier. Fluet, puis paré d'un souffle mélancolique, l'air ne tarda pas à acquérir de la force. Du grave se maria aux aigus legato, les notes s'immergèrent dans un océan d'harmoniques qui auraient empoigné n'importe quel cœur. Demyx lui-même sentit un pincement dans sa poitrine vide.

C'était exactement la même mélodie qu'il avait créée devant ces murs de glace, ce qui lui avait valu son surnom de Mélopée Nocturne lorsqu'il avait été découvert. Une mélodie qui...

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Meyd entendit un craquement distinct alors qu'il se laissait peu à peu porter par ses arpèges, ses octaves et ses envolées poignantes de vie et de mort. Il ne s'arrêta pas, mais ses doigts caressèrent plus doucement les cordes de sa Guiharpe.

Une fissure minuscule, en forme d'étoile, venait d'apparaître devant lui. Meyd la vit s'agrandir peu à peu comme une toile d'araignée des mers. Il fut surpris par le nombre de comparaisons qui lui venaient à la minute, signe qu'il était excité par l'aventure, même si l'angoisse lui serrait la gorge. Une ouverture, de la taille d'une grotte sous-marine, n'attendait plus que lui. Meyd pensa que cela était bon signe et s'y engouffra.

Tout ce blanc le rassurait et lui donnait la sensation d'être dans un cocon. Il se laissa aller, guidé par la direction que prenaient les parois. S'il écoutait son cœur, il s'arrêterait ici pour jouer un peu, pour voire comment ses notes se répercuteraient dans cet espace.

Bientôt, il arriva au centre d'une salle ronde, remplis de cristaux immaculés. Des reflets du ménestrel s'y logeaient, comme des perles prêtes à être cueillies. Et au centre, il n'y avait rien. Intrigué, Meyd décida de s'y avancer quand même. Une boule se forma au creux de son estomac. Quelque chose n'allait pas, il avait un mauvais pressentiment.

Je ne le sens pas du tout...

Il s'efforça de maîtriser sa panique. Peut-être devait-il attendre qu'on vienne le chercher? D'accord, mais pas en restant immobile, dans cette eau gelée qui ne l'avait jamais autant été. Meyd sentait même de minuscules grains de sel irriter sa peau raidie par le froid.

Ses mouvements étaient moins fluides lorsqu'ils se saisit de sa Guiharpe pour occuper son esprit et ses doigts. La mélodie étrange qui l'avait submergé tout à l'heure lorsqu'elle était née de ses mains se rejoua à nouveau, avec beaucoup plus d'écho. Les dimensions et les formes de la salle y étaient pour quelque chose.

Meyd n'était pas rassuré; la mélodie s'empara de ce sentiment pour entamer le second acte. Surpris, il faillit cesser de composer. Tiens, maintenant c'était sa surprise qui... La musique s'emparait de ses émotions une à une pour les jouer! Meyd s'aperçut alors que l'eau ondulait autour de lui.

Quoi?

Il ne comprenait rien à ce qu'il se produisait, mais une étrange allégresse s'emparait de lui. Oui, c'était exactement ce qu'il voulait. Ses doigts s'envolèrent sur les cordes pour y imprégner tous les sentiments du ménestrel; les notes s'entrechoquèrent et se lièrent pour se séparer à nouveau. Les couleurs naquirent de ces big bang révolutionnaires, explosives mais tendres à la fois.

Il jouerait jusqu'au bout, quitte à y laisser la vie. Il eut à peine conscience de cette dernière pensée, alors que tout bougeait autour de lui. Non, rectification: tout dansait. L'eau venait de se métamorphoser en une partenaire sensuelle et s'accrochait à son corps comme si sa vie en dépendait. Meyd murmura, à moitié enivré:

- Danse, mon eau, danse...

Un sourire magnifique naquit sur ses lèvres pleines. Ses yeux pétillèrent d'extase, en accord avec le bleu de ce ciel qu'il n'avait jamais vu. Peut-être qu'à Antactys, il le contemplerait. Peut-être que...

Soudain, ses minuscules branchies au cou se fermèrent. Meyd lâcha sa Guiharpe et porta les mains à sa gorge. Il ne pouvait plus respirer... il était en train de s'étouffer dans cet enfer blanc!

Non, ce n'est pas possible, non!

Sa bouche s'ouvrit, mais c'était peine perdue: il ne pouvait rien faire! Son corps s'arcbouta, une douleur vive s'empara de son bassin. Il eut l'impression qu'on le déchirait en deux. Son cœur cognait dans sa poitrine et dans sa tête, Meyd poussa un cri silencieux.

Il sentit son corps se replier sur lui-même. Puis, en même temps que de voir sa Guiharpe au fond de l'eau, fracassée en mille morceaux par ces cristaux de glace tranchants, il s'aperçut qu'il saignait, qu'il était nu et...

J'ai... j'ai des jambes. Non!

Un rire profond se fit entendre dans la caverne. Sur le point de s'évanouir, Meyd eut juste le temps d'apercevoir une silhouette blanche juste devant lui. Une voix de femme lui dit:

- Bravo, tu as remporté l'épreuve ultime pour parvenir au Royaume d'Antarctys, jeune musicien.

Meyd peinait. Il ne tiendrait pas longtemps. Soudain, alors qu'un voile noir recouvrait ses yeux, il sentit quelque chose de froid s'appliquer sur sa gorge. De nouveau, il put respirer; il prit de grandes goulées d'eau afin de se reprendre. Cependant, cette chose apposée sur sa gorge y restait. En ouvrant les yeux, il se rendit compte que c'était une main.

Il se força à ne pas reculer devant la créature qui le maintenait en vie: elle devait le faire grâce à la fente sur sa main! Meyd ne connaissait qu'un seul type de créature pouvant faire cela... Un démon des mers. Il sut à cet instant que ce qu'il venait de se produire. Ce qu'il venait de faire l'avait transformé en humain, et il était prisonnier dans une caverne sous-marine. Antarctys lui avait enseigné cette virtuosité qu'il était venu chercher, mais à quel prix! Enfin, la souveraine de cette cité perdue – il savait que c'était elle ! –, la Géante des Mers, la pire des Calamités que les océans pouvaient connaître.

Alors qu'il reprenait ses esprits, trouvant les mots pour s'expliquer, Meyd rassemblait les pièces du puzzle. La légende disait que seuls les musiciens et les chanteurs les plus doués pouvaient aller jusqu'à la cité, gardée par Margygr, la Géante des Mers. Seulement, ils seraient frappés par une malédiction, dont la nature restait inconnue. Meyd pensait que ce n'était qu'une affabulation, mais non, la preuve: il était devenu un homme, c'était ça!

Les joues ridées de Margygr le furent encore plus lorsqu'elle sourirent; ses grands yeux noirs le fixèrent, alors que son corps girond, enveloppé de voiles blanches, flottait comme s'il n'était qu'un poids mort. Sa voix fluette, mais inquiétante, rompit le silence:

- Jeune impertinent, pensais-tu franchir les murs de mon royaume? Tu en as payé le prix. Tu es devenu virtuose dans ton art, tu m'as vue et tu as affronté tous les obstacles. Cependant, tu ne verras jamais Antarctys, jamais. Tu es un humain, et les humains n'ont rien à faire ici.

- Pourquoi ne pas me retransformer en homme-sirène, alors? lui demanda Meyd, un peu en colère.

Les longs cheveux noirs de Margygr formèrent un halo autour de son visage pointu, tandis que ses traits se durcissaient sous la colère. La main toujours posée contre la gorge du pauvre ménestrel, elle se rapprocha de lui, lui susurra:

- Alors, tu ne reviendras jamais chez les tiens. Tu seras mon époux pour l'éternité.

Les yeux de Meyd s'écarquillèrent. Non, tout, mais pas ça! Non! Il commença à se débattre. Il préférait mourir plutôt que de rester enchaîné à cette créature qui aurait tôt fait de le dévorer si jamais il ne lui convenait pas!

La Géante des Mers éclata d'un rire sardonique. Meyd se calma alors. Tant pis, il serait un humain. Au moins, il serait vivant. D'une voix ferme, il demanda à la créature:

- Dans ce cas, ramenez-moi à la surface. Je préfère être maudit, si vous n'y voyez pas d'inconvénient.

Margygr le transperça de ses yeux sans prunelle, puis souffla:

- J'ai une meilleure idée. Tu devras sortir de cette caverne avant que l'ouverture, que tu as créée avec ta musique, ne se referme. Si tu réussis, tu seras sain et sauf et tu auras suffisamment d'air pour remonter à la surface sans encombre. Mais si tu perds...

Elle laissa sa phrase en suspens. L'échine de Meyd se glaça. Déjà que l'eau n'était pas très agréable... Il hocha la tête, signe qu'il acceptait. Margygr se concentra alors, et lui envoya une décharge électrique. Temporairement, des branchies se formèrent au cou du jeune homme. Elle ôta sa main, lui servit un dernier sourire cruel, puis lui susurra:

- Dépêche-toi, mon petit humain. Cela commence déjà à se refermer...

Meyd ne se fit pas prier. Maladroitement, il battit des jambes et s'engagea de nouveau dans le couloir blanc, sous les yeux de la Géante des Mers qui se léchait les lèvres.

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Son cou lui faisait mal; un humain n'était pas fait pour avoir des branchies, c'était certain. L'étau de cet enfer blanc qui le cernait se refermait de plus en plus autour de lui. Meyd, désespéré, mit plus d'ardeur que jamais dans ses mouvements.

Plus vite, plus vite!

Là, droit devant lui, la sortie. Elle se rétractait de plus en plus, doucement mais sûrement. Meyd n'en pouvait plus. Il était à bout de souffle, il commençait à sentir la glace piqueter sa peau. Il fallait qu'il y arrive, coûte que coûte! Ses jambes le faisaient souffrir, mais il continua de les battre en même temps que ses bras.

Je n'aurais jamais réussi si j'avais eu ma Guiharpe...

Amer, il regrettait son instrument. Il vivrait, mais sans lui, et en plus il serait un pauvre humain. Qu'est-ce que le sort pouvait lui réserver de pire?

Alors qu'il pensait qu'il se retrouverait à jamais bloqué dans ce mur de glace, sa tête, puis son corps basculèrent dans l'ouverture et glissèrent hors du tunnel, qui continua à se rétracter pour se clore définitivement. Haletant, Meyd ne s'attarda pas. Il avait froid, il avait mal, et il ne lui restait plus beaucoup de temps; il fallait qu'il rejoigne la surface.

Il gémit lorsqu'il lança ses bras vers le haut et bougea le bassin. Du sang recommença à couler des plaies qu'il avait au niveau de son bas-ventre, signe que la transformation avait laissé quelques séquelles. Meyd brassa l'eau et fixa son regard vers le haut pour ne pas perdre espoir. Ses branchies étaient encore là, autant qu'il s'en serve jusqu'à échéance!

Là-haut... Il verrait le ciel pour la première fois de sa vie, et il ne pourrait même pas le raconter à Ariel... Des larmes vinrent piqueter ses yeux et couler sur son visage. Elles amenèrent un peu de chaleur dans cet environnement hostile et glacial.

Alors qu'il commençait à apercevoir les reflets bleus de ce là-haut tant craint du peuple des sirènes, une douleur aigüe se manifesta à son cou. Il sut ce que cela signifiait: le sort venait de prendre fin. Il retint sa respiration, mit plus d'énergie que jamais à atteindre la surface.

Ses poumons le brûlaient déjà lorsqu'il leva les bras pour les sortir hors de l'eau. Le froid engourdissait son corps et le rendait lourd. Meyd sentait que l'hypothermie était proche. Il espérait que des humains le trouveraient et...

Ses mains rencontrèrent quelque chose de dur et de gelé. Surpris, il laissa échapper quelques bulles d'air.

Non, non...

Il se pressa contre la glace – car cela ne pouvait pas être autre chose ! – comme un fou pour la faire céder. Des larmes d'impuissance perlèrent au bord de ses paupières pour se figer sur ses joues.

Je ne veux pas mourir, non!

Il avala une goulée d'eau, s'étouffa et eut un haut de cœur. Ses gestes se firent moins précis. Comme tout à l'heure, un voile noir envahit sa vision. Meyd leva ses yeux emplis de détresse vers cette ignoble surface gelée, dans l'espoir de pouvoir apercevoir quelque chose à travers.

La langueur de l'eau ne fit plus qu'un avec lui. Sa bouche s'ouvrit, signe qu'il abandonnait la partie. A travers le blanc de la glace, quelque chose de vaguement rond se dessinait. Le cœur du ménestrel ralentit, chaque battement se prolongeait et leurs écho assourdissaient ses tympans.

Le ciel... le soleil...

Il ne rendit pas son dernier souffle, n'en ayant plus au sein de son être. Son sang cessa de pulser au moment où la vie quittait son cœur et le nécrosa.

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XXX

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Des gifles vigoureuses le sortirent de sa torpeur. Deux voix d'hommes ne cessaient de lui parler. Il ne comprenait pas ce qu'ils disaient. Il ne savait même pas où est-ce qu'il se trouvait, ni ce qu'il était sensé faire.

- Réveille-toi, gaillard! Allez, il faut que tu te lèves!

Lorsqu'il ouvrit les yeux, il s'aperçut que deux hommes d'un certain âge l'observaient. Ils étaient chaudement habillés, il voyait à peine leurs yeux. L'un d'eux l'aida à se redresser et à se lever, ce qu'il fit sans trop de mal. L'autre homme, un peu surpris, lui demanda:

- Qu'est-ce que tu fous dans ce champ? On t'aurait cru mort si tu ne t'étais pas réveillé. Tu as vu le temps qu'il fait?

Il haussa les épaules. Il leur dit simplement:

- Je ne sais pas comment je suis arrivé là.

Puis il eut un sourire désarmant en leur disant:

- Je crois que je me suis endormi, c'est tout.

Il se regarda. Un simple tee shirt, un pantalon et des bottes marrons le recouvraient. Pourtant, il ne ressentait pas le froid. Pourtant... Il fronça les sourcils. L'un des deux hommes commença à enlever son manteau pour le lui donner. Il secoua la tête, leva les mains et lui dit:

- Non, non. Ce n'est pas la peine. Vous voyez, je vais bien. Je vais rentrer chez moi et...

Il s'arrêta en plein milieu de sa phrase.

Rentrer chez moi?

D'où est-ce qu'il venait, déjà? Il verrait en temps voulu. Pour l'instant, il devait s'éloigner de ses deux sauveurs. Il n'était pas comme eux, cela se sentait.

- Bon, eh bien... si tu le dis...

Gênés, ils ne savaient que faire. L'étranger avait l'air bien portant, mais tout de même... Ce fut son expression qui les décida à soupirer, puis à le laisser seul. L'un des deux lui fit un signe de la main:

- Rentre bien, mais ne reste pas là. Ce n'est pas un endroit pour un jeune gaillard comme toi, ici.

Il les regarda s'éloigner en silence. Sa main se colla contre sa poitrine alors qu'il réfléchissait. Elle se figea lorsqu'il sentit quelque chose d'anormal.

Normalement, il devait avoir quelque chose, là. Quelque chose qui battait. Normalement, il aurait du ressentir... quoi déjà?

- Je...

Ses traits se crispèrent, mais rien à faire! Il ne faisait que feindre! Sa mémoire se souvenait de ces choses qui lui manquaient, mais...

- Mon cœur... mes sentiments...

Il soupira. Il fallait qu'il parte d'ici. De plus, une fine poudre blanche commençait à tomber et à envahir ses épaules et ses cheveux.

Ces choses n'avaient pas complètement disparu. Elles n'étaient juste plus, c'était tout...

X

XXX

X

C'était l'heure. Demyx eut une grimace et se leva, tout en faisant disparaître son Sitar.

Alors qu'il franchissait la porte de cette chambre aussi blanche que ces murs de glace qui avaient causé sa perte, il se souvenait de sa rencontre avec Axel, alors qu'il errait dans une ville à la recherche de ce qu'il était. Ce dernier l'avait alors amené ici, à Illusiopolis.

Il s'engagea dans le couloir et avança d'un pas vif. Il vérifia qu'il avait bien son petit bout de papier en poche, là où sa mission était consignée.

Lorsque Xemnas lui avait demandé son nom, il l'avait sorti sans peine, alors qu'il ne se souvenait pas de son passé. Il se rappelait encore la manière dont le Supérieur avait fait apparaître son nom, puis avait ajouté un X après les avoir mélangées. Demyx, le Neuvième Membre de l'Organisation.

La mélopée Nocturne, qui n'aimait pas se battre, qui était doué pour la musique... Désormais, il savait pourquoi. Ses rêves lui avaient restitué cette mémoire.

J'aurais aimé retrouver mon cœur de la même manière...

Pourtant, il avait vraiment l'impression de pouvoir avoir des sentiments.

Sa main se leva et fit apparaître les lambeaux sombres du passage qui le mènerait au Colisée de l'Olympe.

Il avait réussi à cultiver ces ersatz en lui. Oui, un Simili pouvait ressentir quelque chose, et pas que physiquement. Demyx n'en parla à personne cependant. Les autres n'étaient pas prêts. Sauf Axel et Roxas, peut-être... L'un avait trahi l'organisation, et l'autre...

Sa Guiharpe... elle ne l'avait jamais abandonnée... Elle s'était réincarnée comme lui, sous une autre forme.

Alors que les Ténèbres se refermaient sur lui, Demyx sentit un pincement dans sa poitrine. Il eut un sourire crispé.

Je suis un Simili... mais je reste Meyd!


Note de fin: "ce n'est pas l'algue guérisseuse" = ce n'est pas la panacée :).