THE PIANIST'S MUSE

Prologue

PDV Bella :

Une douce mélodie me sortit des bras de Morphée. Un coup d'œil au réveil m'indiqua qu'il était bien trop tôt pour écouter de la musique.

Il ne dort donc jamais !

Cela faisait 3 semaines que je m'étais réveillée avec une amnésie la plus totale . Mon seul souvenir était le visage de cette homme qui me sortait chaque soir un peu plus de mon mutisme . Il m'était familier, mon corps était profondément attiré par le sien. Mais au plus profond de mon être, mon esprit me hurlait de m'enfuir. Je devais réapprendre à vivre, reconstruire une personne dans cette enveloppe charnelle dans laquelle je me sentais si mal à l'aise. Un traumatisme crânien et votre vie change ! Il me disait que j'avais toujours été maladroite . C'est peut être l'une des seules choses que j'avais accepté d'admettre . La journée j'étais suis toute seule et je me plongeais dans les méandres de mon esprit pour capter ne serait-ce qu'un petit détail qui ferait toute la différence.

Cette mélodie m'intriguait. J'avais cette impression de déjà vu. Soudainement la musique changea et de douces notes vinrent calmer les soubresauts qui soulevaient mon corps depuis mon réveil. Je sanglotais dans ce lit qui me paraissait trop grand. Cette musique m'attirait . Le plus discrètement possible je sortis de cette couette. J'avais peur ! Je ne pouvais pas m'expliquer ce sentiment. C'était comme ça

Dans ce couloir sans fin, chaque porte était close. Plus je marchais et plus la musique se rapprochait Jamais auparavant je n'avais remarqué qu'il y avait un piano dans cette demeure mais ce ne pouvait être autrement, le musicien était tantôt brutal, tantôt délicat sur les touches ivoires. Loin de tout ces cd qu'il m'avait appris à apprécier.

Sur ma droite se trouvait sa chambre, je le savais car il m'avait interdit d'y entrer. La musique était plus forte que jamais. Je sentais mes entrailles se serrer, ma main attrapait la poignée et comme une gifle, le souvenir de mon accident me fouetta en plein visage.

Flashback

Cet Adonis qui hantait mes nuits se tenait derrière cette porte, dans cette pièce que j'étais censée nettoyer. Son comportement de la veille m'avait autant énervée, qu'excitée. Tout aurait été plus simple , TROP simple si il n'avait pas été là ce soir.

Une grande inspiration plus tard, et il était là devant moi. Sur son piano à queue noir, des centaines de partitions. L'ambiance dans cette pièce était électrique. Mais la douce musique du Clair de lune vint caresser mes oreilles.

- Hum hum, Excusez moi Monsieur, je suis chargée de nettoyer cette pièce, vous souhaitez peut être que je repasse plus tard

- QUOI ENCORE ? VOUS VOUS ÊTES PASSE LE MOT CE SOIR NON !

- Je suis... Je suis désolée Monsieur, je ne fais que mon travail.

- Votre travail ! VOTRE TRAVAIL ! Et moi je fais quoi ? Je suis là pour acheter le terrain peut être? DEHORS MAINTENANT !

- Très bien Maître...heu Monsieur ! Je repasserai quand vous aurez disposé ! Au revoir Monsieur

Il releva alors la tête, ayant sans aucun doute entendu mon lapsus et mes joues s'empourprèrent aussitôt. Je baissais alors les yeux, observant frénétiquement le bout de mes chaussures comme-ci celui-ci allait me souffler la conduite à adopter. Après quelques secondes qui me parurent une éternité, il baissa à nouveau la tête sur son piano et dans ce qui me sembla un murmure, articula ces quelques mots qui me laissèrent sans voix.

- J'aime mieux ça.

« La reine des connes, voilà ce que tu es Bella ! « Maitre », il ne manquait plus que ça ! »

La porte claqua, et une foule de questions traversèrent ma pensée. « J'aime mieux ça » ! Quoi ? Qu'est ce que cela signifiait ?

Cette altercation me laissait perplexe. « Tu es une rêveuse Bella. Redescend sur terre, il est trop bien pour toi et il n'est sûrement pas celui que tu voudrais qu'il soit... »

Je rebroussais alors chemin en tirant derrière moi mon chariot de ménage. « Quelle veine Isabella Swan ! Tu arrives à te dégoter un boulot mais il faut quand même que tu te fasses remarquer ! C'est un don à ce niveau là ! Déjà hier soir et tu remets ça aujourd'hui ! Putain si Dieu existe, il m'en veut vraiment ! »

Après une heure à patienter et à astiquer le moindre recoin, la moindre rampe d'escalier. Une heure durant laquelle je l'entendais s'acharner sur son piano. Une heure durant laquelle je fantasmais sur cet homme et durant laquelle ma conscience me bottait le cul. Si je restais ici, j'allais exploser ! Il étaittemps pour moi de rentrer dans mon petit appart miteux ! Une fois changée et le matériel rangé, j'allais délivrer Jake du jardin du Conservatoire. Au moins sur ce coup là, je pouvais dire que j'avais eu de la chance. Je n'osais imaginer quelle bêtise il aurait encore fait si j'avais dû le laisser à l'appart ! Merci le cadeau empoisonné Charlie ! «Tu verras ça te fera de la compagnie pour New York» ! Bon d'accord, forcée d'admettre que sa bouille me faisait craquer et qu'aujourd'hui si il n'était plus là je serais malheureuse.

Comme à son habitude de gros bouledogue anglais qu'il était, Jake me fit une léchouille de bienvenue !

- Jake, Roooohhh gros chien dégoutant !

Wahou ! Wahou !

- Et bien oui nous rentrons, tu ne vas pas t'énerver toi non plus?

Le parking était sombre. A croire que la Juilliard School n'avait pas les moyens de changer trois néons ! Je m'avançais à taton alors que Jake courrait vers ma Chevrolet. Je crus l'apercevoir au loin, mais rapidement des phares vinrent m'éblouir et le bruit d'un moteur qui rugissait résonna dans le parking. Cette voiture roulait trop vite ! Je jetais un œil derrière moi.

- Merde Jake , tu es où bordel?

La voiture se rapprochait rapidement ... trop rapidement ... un regard sur la droite et je vis mon chien sur la trajectoire de ce chauffard !

- JAKE VIENT ICI TOUT DE SUITE!

Il s'immobilisa sur la chaussée ... Tétanisé ! Je courus pour le rattraper. Trop tard ! Un violent coup de poignard me coupa le souffle ! Je m'effondrais au sol. Ma tête heurta de plein fouet le macadam. Et le néant …

Mes jambes tremblaient comme des feuilles sous mon corps, je vis le sol se rapprocher et je m'effondrais sur le parquet. Putain de platre ! Des sanglots secouèrent mon être. Tout était là ! Tous mes souvenirs avaient reprit possession de mon esprit ! Cet homme était machiavélique! Il fallait que je parte ! Vite ! Pourquoi m'avait il fait ça ? J'aurais pu être à lui s'il ne s'était pas joué de moi. Je regagnais ma chambre à la hâte. J'enfilais un jean et le sweat noir que je portais le soir de mon accident. Mon sac était dans l'armoire. Je le vérifiais rapidement. Tout était là ! Tout était là ! Sauf Jake! NON JAKE !

Je n'avais jamais vu mon chien ici. Mes sanglots redoublèrent d'intensité. Mon instinct me poussa à sortir vite. J'avais tellement peur. Un souvenir foudroya mon esprit. Le mot de sécurité !

« Avec ce mot Isabella, vous êtes libre de partir. Je ne vous retiendrais pas, je ne vous chercherais pas. Ce sera comme-ci je n'avais jamais existé. Cela est irrévocable »

Je regagnais sans un mot le salon de l'appartement en étouffant mes sanglots dans ma gorge.

Je sortis un stylo et un morceau de papier déchiré à la hâte dans mon agenda.

Les mains tremblantes, je détachais mon collier de perles qui me donnait l'atroce sensation d'étouffer depuis que mes souvenirs m'avaient regagné !

Je le déposait sur la console du salon, le petit médaillon en or situé sur le fermoir me renvoyant ses initiales : EC-4-B

EDWARD CULLEN FOR BELLA

Je m'emparais du stylo et inscrivais ces 3 mots qui me sortiraient de l'enfer : Clair de lune...