Titre : Memories

Warning : M, contiendra des mentions d'abus, de tortures et de meurtres violents. Il y aura également du Slash (amour entre hommes) dans les futurs chapitres. Harry Potter suit l'histoire des livres jusque le cinquième, après mon esprit tordu l'aura complètement transformée, ainsi qu'une partie de son enfance chez les Dursley. Si cela vous dérange, n'hésitez pas à arrêter ici votre lecture et à lire une autre fanfiction !

Résumé : Harry a vécu durant son enfance à Las Vegas, voisin et ami à Spencer Reid, mais un accident magique l'a obligé à déménager et le Ministère à effacer la mémoire de son ami. Vingt ans plus tard, Harry, devenu Auror au Ministère de la Magie des USA, est assigné au BAU et rencontre à nouveau Spencer qui a déjà commencé à se souvenir d'un petit garçon aux yeux verts.

Couple : Harry/Morgan

Disclaimer : Ni Harry Potter, ni Esprits Criminels ne m'appartiennent... *snif* *snif* Pourqwaaaa ? T_T


Prologue : Sweet Dreams

Un proverbe arabe dit : "la vérité ne peut être contenue dans un seul rêve, mais un rêve peut contenir de la vérité."

-CM-HP-CM-HP-

J'étais assis sur le perron de la maison, un livre sur les genoux. Je repoussai mes lunettes sur mon nez et repris ma lecture. C'était la dix-septième fois que je lisais le bouquin, mais je ne m'en lassais pas. Grâce à ma mémoire, j'arrivais à le citer, mais rien ne valait la sensation du papier, le poids du livre dans mes mains, le cuir de la couverture entre mes doigts.

"DEHORS, MON GARÇON ! ET NE REVIENS PAS TANT QUE TU SALIS LA MAISON !"

Je grimaçai en entendant le voisin crier encore une fois. C'était un grossier personnage, je ne l'aimais pas du tout, même si mon père disait le contraire et que lui et sa femme Pétunia étaient 'adorables'. Je trouvais que c'était difficile d'apprécier des gens qui passaient leur temps à hurler, mais personne à part moi et ma mère n'avaient l'air de ne pas les aimer. J'attendis quelques secondes, le temps d'être sûr que l'homme était parti, puis je déposai le livre pour me précipiter au côté de mon seul ami, de l'autre côté de la barrière de buissons qui nous séparait des voisins.

Il était assis dans l'herbe, ses grands yeux verts déboussolés se posant instantanément sur moi, comme un aimant se dirigeant vers le nord. Je pris note de sa lèvre ouverte qui saignait, seule trace visible d'un abus qu'il refusait de m'avouer. Mais je savais bien ce qu'il se passait chez lui, que son oncle et sa tante ne s'occupaient pas bien de lui. Ma mère avait été choquée d'apprendre que nous n'avions qu'un an de différence et qu'il était le plus vieux : il était bien trop petit et maigre par rapport à moi. Mais en voyant son cousin Dudley, je devinais aisément où passait la nourriture qu'on ne donnait pas à mon ami.

"Sp… Spencer," gémit-il d'un air pitoyable.

"Shhh… Je suis là, Superman, je suis là…," dis-je en caressant ses cheveux noirs en bataille, me rappelant que lorsque ma mère me le faisait ça me rassurait et me calmait. Je traçai d'un air distrait l'étrange cicatrice en forme d'éclair sur son front, toujours aussi fasciné alors que je la voyais maintenant depuis presque deux mois. Il m'offrit un sourire hésitant à son surnom, selon lui bien mal choisi.

"Tu sais, Houdini, tu es la seule personne que j'ai au monde," m'avoua-t-il après un moment.

Je lui répondis par un sourire brillant et nous restâmes ainsi jusqu'à ce qu'il soit appelé pour leur faire à manger. Il se dégagea de ma poigne avec mauvaise volonté. Nous ne nous séparions jamais avec un au revoir. Jamais.

"Où étais-tu, Spencer ?" me demanda ma mère, quand je rentrai juste après.

"J'étais avec Superman. Son oncle lui a crié dessus et il avait besoin de moi."

"Tu es un amour, mon chéri. Je suis contente que ce pauvre garçon t'ait comme ami."

"Ce pauvre gamin, comme tu dis Diana, est selon sa famille une véritable calamité ! Tu ne devrais pas le plaindre, c'est déjà beaucoup qu'ils aient pris la peine d'accueillir l'enfant dans leur maison à la mort de ses parents alcooliques. Avec un tel bagage génétique, pas étonnant que le p'tit soit dérangé," conclut mon père, ignorant le regard furieux et choqué de ma mère et ma propre colère à entendre mon ami être insulté.

"William ! Cesse de raconter de telles horreurs ! Cet enfant est aussi doux et pacifique que Spencer "

"C'est pour ça que je vais l'inscrire au football ! Il faut qu'il s'endurcisse un peu au lieu de garder son nez dans ses bouquins ! Et il pourra devenir ami avec le fils Dursley, une compagnie beaucoup plus respectable que leur neveu."

Je me gardai de faire une remarque, même si dans ma tête plusieurs statistiques à propos des blessures infligées et reçues lors de matchs de football me venaient à l'esprit. J'avalai également un gémissement de peur à la pensée de Dudley près de moi pendant plus de dix minutes. Les récréations étaient déjà pénibles, même si Superman et moi arrivions à nous échapper, nos muscles et poumons avaient souvent vite raison de nous et je me rappelai avec une certaine honte la correction que nous avaient donnée Dudley et ses amis juste hier.

Le reste du repas se passa en silence et après avoir fini de manger je ne traînai pas dans le salon, encore fâché contre mon père et décidai plutôt pour me changer et lire dans ma chambre jusqu'à l'épuisement. Je fus surpris quand ma mère se montra au moment où j'allais éteindre la lampe pour m'endormir. Elle s'assit à côté de moi et me caressa gentiment les cheveux comme je l'avais fait plus tôt pour mon ami.

"Oublie ce qu'a dit ton père, Spencer. Il ne comprend pas à quel point ton ami est précieux. Mais une mère sait."

Je poussai un soupir de contentement quand elle posa ses lèvres contre mon front, à l'endroit exact où un éclair frappait celui de Superman.

"N'oublie jamais ce sentiment, Spencer. On ne doit jamais oublier un ami."

Elle me sourit, m'enleva tendrement mes lunettes et les déposa sur la table de nuit où elle éteignit la lumière. Je m'enfonçai plus profondément dans les couvertures, sentant déjà le sommeil m'appeler. Dans un dernier instant de conscience, je promis au cœur de la nuit :

"Je n'oublierai jamais, Harry."

-CM-HP-CM-HP-

États-Unis, Quantico, Virginie – Maison de Spencer Reid – 12 octobre 2007

"HAR… !"

Spencer Reid se leva avec un nom sur les lèvres, un nom qui lui échappa dès qu'il tenta de s'en souvenir. Il était fiévreux et sa respiration était hachée, comme s'il avait couru. Son réveil indiquait 3h30, mais le docteur ne se sentait pas l'envie de se rendormir. Il était glacé jusque dans les tréfonds de son âme. Venait-il de rêver ? Spencer se força à se souvenir des détails de son rêve avant de ressentir un violent mal de tête. Il se leva en tremblant, avec la ferme intention de ne prendre qu'un seul médicament, de ne pas toucher à la Dilaudid dans son tiroir. Avec l'aide de Morgan, Spencer avait commencé à faire son chemin à travers ses problèmes d'addiction suite à l'affaire Hankel durant laquelle il avait été torturé par Raphael et Charles, puis 'soulagé' avec de la drogue sous forme de Dilaudid par Tobias. Il faisait encore des cauchemars à ce sujet, mais en parler avec son ami lui permettait de faire diminuer l'envie d'user de l'hallucinogène si esclavagiste.

Ce ne fut qu'après avoir avalé le cachet d'aspirine avec un grand verre d'eau que le jeune homme s'autorisa à réfléchir à son rêve. Il ne se souvenait d'aucun Dursley ayant habité à côté de chez lui. Et avec une mémoire eidétique, difficile de croire qu'il aurait pu l'oublier. Pourtant, cela avait l'air tellement vrai… tellement réel. C'était presque comme… un souvenir ?

Qui était ce petit garçon ? Avait-il réellement été son premier ami ?

Et surtout : pourquoi alors l'avait-il oublié ?

Joyeux vingt-sixième anniversaire, Spencer...