Il était une fois deux fans du Dixième Docteur qui trouvaient que la Saison 5 de la Série manquait atrocement de charme - sans compter la présence d'un certain acteur écossais - et qui décidèrent un bon matin (ou peut-être était-ce le soir…) de refaire le monde. Enfin, la Série. Enfin, certains épisodes de la 5e Série.

Ceci est le début de leurs aventures (a elles) et la poursuite d'autres aventures (celles de Tenth) et… bah… peut-être de certains personnages qui auraient dû faire un comeback (non, pas le Maître… enfin… nannnn… sans doute pas).

Voici donc le premier épisode de la Saison 5 bis - Le prisonnier Zéro.

Bonne lecture (et les reviews sont toujours appréciées),

IDW2GO et MissFantasy743

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Spoilers : Toute la Saison 5

Public : si vous regardez sans supervision les épisodes à la télé, vous pouvez probablement lire ces nouveaux épisodes sans supervision itou

Disclaimer : J'ai emprunté la base de cette histoire à Steven Moffat, le Docteur à Russell T. Davis et j'ai téléchargé très légalement la musique de Murray Gold que j'écoute pour écrire cette histoire.

Histoire : Il y a une fissure effrayante dans la chambre d'Amélia Pond, six ans, et quand elle demande de l'aide et que le Tardis se crash dans son jardin, il est à peu près certain que le Docteur s'en mêlera.

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Prologue : Dans le Tardis

La première fois qu'il était mort, il avait eu très peur. Il avait suivi les cours de biologie primaire et les leçons étaient répétées suffisamment souvent pour que même les plus indisciplinés finissent par les retenir. La société gallifreyenne toute entière vivait très bien avec les régénérations. Alors la première fois, c'était probablement plus du trac que de la véritable peur. N'empêche. Il avait fait tout ce qu'il fallait pour se régénérer comme il faut. Et ça avait marché. Il était devenu un autre homme. Il avait eu beau jeu alors d'être nonchalant et de faire comme si ça lui était arrivé une demi-douzaine de fois auparavant. Le bluff était toujours un de ses talents, peu importe quel corps il habitait.

Quand il s'était vraiment régénéré pour la sixième ou septième fois, il avait commencé à penser qu'il avait l'habitude et ne s'en faisait plus vraiment. C'était seulement un moyen très désagréable de changer de garde-robe. Il en profitait pour refaire la déco, trouvait de nouveaux mots pour marquer sa surprise, sa joie, son impatience ou sa colère et… les vies continuaient : monstres, dangers, courses, voyages, le temps. Ça, ça ne changeait pas vraiment.

Et puis il avait rencontré Rose. Une nouvelle compagne de voyage. Et il s'était passé quelque chose de dérangeant quand il s'était régénéré devant elle : une part de lui avait commencé à exister à cause d'elle. Ses précédentes personnalités étaient des solitaires, des grincheux, des rebelles, des entêtés. La règle était l'excentricité. Mais la régénération qui répétait « Allons-y » jusqu'à plus soif avait ceci de particulier qu'elle était très attachée à une jeune Terrienne blonde de 20 ans et avait fait en sorte de se mouler, d'une certaine façon, sur une personnalité qui lui serait agréable. Les autres n'avaient jamais eu besoin de quelqu'un pour les rééquilibrer. La dixième version du Docteur était différente. Alors, curieusement - mon œil! - il n'était ni trop jeune ni trop vieux, plutôt pas mal de sa personne et avait ce petit quelque chose qui faisait qu'elle avait été conquise. Sans qu'il fasse grand chose pour le mériter d'ailleurs (sauver sa planète à Noël ne comptait pas : il l'avait fait sous l'impulsion du moment parce qu'il avait été vraiment embêté que les Sycorax débarquent sans prévenir).

Et puis elle avait disparu. Il avait survécu grâce à Martha Jones et Donna Noble qui l'avaient sauvé de plus d'une façon et il avait commencé à se remettre définitivement quand Donna avait accepté de l'accompagner. À cette étape de sa dixième vie, elles étaient les meilleures du monde. Martha avait suffisamment de bon sens, de sang froid de dévouement pour le supporter même alors qu'il était à ce point brisé du départ de Rose. Quant à Donna, elle adorait voyager avec lui, le remettait à sa place assez souvent pour le surprendre et il n'y avait aucune possibilité d'amour entre eux. Rien que de l'amitié et ça valait mieux. Rien pour lui rappeler celle qui lui manquait encore.

Mais elle était revenue. Rose était réapparue. Et il était mort. Ou presque.

Mais elle était là et il avait trouvé le moyen tricher avec la régénération qui était, en soit, une façon de tricher avec la mort. Ainsi, au lieu de se régénérer et parce qu'il voulait plus que tout rester avec elle, tel qu'il était dans son souvenir et pas lui imposer un troisième visage, il avait réussi à rester le même. Il avait pu la tenir une fois de plus contre lui et affronter la fin de la réalité, gagner contre Davros et les Daleks, remettre 27 planètes à leur place, faire de Donna un génie avec un cerveau complètement égal au sien et donner une fin heureuse à presque tout le monde. Enfin, presque.

Seul ennui, il s'était créé un jumeau. Un jumeau assez ressemblant pour tromper n'importe qui qui ne possédant pas un stéthoscope. Et ce jumeau, s'il n'était pas maléfique, avait besoin d'une supervision constante. Il n'était pas question de le laisser vagabonder dans une autre dimension et il n'y avait personne de mieux placer pour le réformer, le surveiller et en prendre soin à part elle. Rose Tyler.

Il l'avait donc forcée à choisir son jumeau, sachant aussi que c'était la seule chance de réel bonheur qu'elle aurait jamais. Sa version à deux cœurs ne pouvait pas passer le reste de sa vie avec elle - même si vu la quantité de vies qu'il dépensait on pouvait se poser la question - alors que l'autre ne se régénérerait pas. Ce demi Seigneur du temps méritait d'avoir le meilleur de ce que la vie pouvait lui offrir dans la poignée de décades que sa biologie lui autorisait. Et il y avait peu d'êtres plus capables que Rose Tyler de rendre heureux cette version à un seul cœur : elle lui offrirait celui qui lui manquait.

Et il avait dû se séparer de Donna après avoir laisser partir Rose.

Être seul était le prix pour avoir triché au-delà de tout. Ou c'était le karma. Il le savait depuis longtemps, peut-être même depuis l'initiation de ses huit ans : il était seul. Mais c'était terriblement injuste pour Donna.

Il avait continué, tout seul, mettant son veto à la moindre possibilité de ne plus l'être : un reflet de sa personnalité à l'époque victorienne, une voleuse qui savait piloter un autobus volant, un commandant de station martienne qui avait eu assez de cran pour lui jeter en pleine figure qu'il devenait un danger pour l'univers.

Il était temps de mourir une fois de plus. Jusqu'à cette seconde, il s'était senti las, épuisé et plus que prêt à tout reprendre à zéro. Il avait été plus loin que jamais dans ce corps : il était devenu humain, il était tombé amoureux, il avait perdu le Maître et Jenny, qui avaient été pour un temps les seuls enfants de Gallifrey a lui avoir survécu, il s'était fait un p'tit clone pour l'envoyer vivre avec la femme qu'il aimait désespérément. Il était même devenu fou et avait transgressé les règles du temps et s'était réconforté dans les bras d'Élizabeth la Blanche. Tout ça en quelques années. C'était pas mal. Une vie bien remplie.

Il avait fait ses adieux : tirons les rideaux et passons au suivant, merci beaucoup.

Il était tout seul avec le Tardis pour ses derniers instants. C'était mieux ainsi. Cette bonne vieille boîte était habituée à ses changements et ne le laissait jamais tomber. Il s'enferma, jetant pour la dernière fois son manteau sur l'un de ses piliers. Il ne le ferait plus. Plus de cette façon-là à tout le moins. Il ne savait pas ce qui l'attirerait dans le costumier, mais ça n'allait certainement pas être un costume bleu et des Converses. Cette époque-là était révolue.

Il enclencha les commandes, s'éloignant de 2005, de Powell Estate et de Rose Tyler.

Il était prêt.

Il jetait un regard mélancolique sur les parois du Tardis. Il les reverrait avec de nouveaux yeux et souhaita apprécier encore la lueur dorée. Ses mains ne toucheraient plus de la même façon les contrôles. Sa voix se modifierait et ne ronronnerait plus de « Molto bene ».

Et alors qu'il ressentait la régénération prendre totalement possession de lui, il flancha.

Il aimait bien être un bavard rebelle capable de faire claquer ses « yep » et de cligner de l'œil tout en mouchant les Cyberman. Il aimait pouvoir tout expliquer dans un seul reniflement ou un haussement de sourcil. Et si jamais il ne pouvait plus aussi bien contrôler ses muscles faciaux? Et s'il avait des dents épouvantablement mal placées? Ou un seul bras? D'accord, la possibilité était minime, mais…

Au moment où il était prêt à partir, il se rendait compte, au fond, qu'il ne voulait pas partir.

Mais il était trop tard. Il ne pouvait plus que faire face et sortir dignement.

Et comme il se retrouvait aveuglé par l'énergie qui se dégageait de son corps, il entendit une voix terriblement familière.

« Docteur? Oh mon dieu! Docteur! »

Et la régénération tourna au cauchemar.

L'énergie reflua en lui avant d'exploser, touchant de plein fouet la colonne centrale. L'alarme résonna pendant qu'il s'effondrait et cherchait à reprendre son souffle. Ça n'était pas supposé se passer ainsi!

« Docteur! Comment as-tu fait pour ne pas changer? Seigneur, est-ce que ça va? »

On le força à s'allonger, ce qui n'était pas particulièrement confortable à cause du grillage du plancher, mais il n'avait plus la force de protester.

« Je… » croassa-t-il.

Le Tardis vibrait follement et les explosions se succédaient les unes après les autres, projetant une pluie d'étincelles sur eux. Le Docteur essaya de releva la tête, mais peine perdue. Tout allait de travers. Il y avait quelqu'un d'autre dans le Tardis et ce quelqu'un était la seule personne qui pouvait faire en sorte que le Docteur reste dans son dixième corps. Non, impossible!

Il fut légèrement soulevé et enveloppé dans une douce étreinte qui l'empêcha de rebondir comme un pois sauteur à cause du chaos.

« Je te tiens, je suis là. Ne t'en fais pas. Je n'aime pas cette alarme. Je crois que ça veut dire que… que… »

Elle n'avait pas peur. Elle n'avait jamais peur, songea-t-il.

« On est en train de s'écraser. » grimaça-il après avoir trouvé suffisamment d'air dans ses poumons.

Ce serait tellement formidable qu'il puisse se lever et reprendre le contrôle du Tardis!

« L'important est que je sois là. » fit l'autre avec tendresse.

« On est en train de s'écraser. » lui rappela-t-il.

« Et après? » murmura-t-elle avec une trace d'amusement.

Comme le Tardis les envoyait valdinguer à l'autre bout de la salle de contrôle, le Docteur songea que la fin du monde était certainement arrivée puisque Rose Tyler était de retour. Elle ne pouvait revenir que dans les pires conditions et en mettant en danger deux univers.

Et c'était merveilleux.

« Allons-y! » dit-t-il en prenant appui sur elle pour se relever.