Auteur : sheba6086

Traductrice : Moi

Spoilers : Tous les livres

Rating : M

Genre(s) : Drama/Romance

Disclaimers : Tout l'univers de Sookie et Eric appartient à Charlaine Harris. L'histoire que vous allez lire appartient à sheba6086. Quand à moi, je ne suis qu'une humble traductrice.

Notes : Pour ceux que ça intéresse de lire cette histoire en version originale, le lien se trouve dans mon profil.


- Chapitre 1 -

Sookie inspira brusquement en sentant une douleur vive dans sa jambe. Elle tomba au sol et ses mains agrippèrent instinctivement son mollet droit, comme si le toucher ferait disparaître la douleur.

Amelia fut à ses côtés en quelques secondes, avec une inquiétude sincère marquée sur le visage et dans la voix. "Oh, Sookie! Qu'est-ce qu'il y a?"

Ça avait été une lente après-midi chez Merlotte's. Il n'y avait pas vraiment eu de rush à midi, et le peu de gens qui étaient venus étaient déjà repartis depuis longtemps. Trois tables seulement étaient occupées et vu que les clients avaient eu toute l'attention de deux serveuses, ils n'avaient besoin de rien.

Les yeux d'Amelia se posèrent sur les mains de Sookie. Elles agrippaient un gros pansement blanc qui, Amelia le savait, recouvrait une longue rangée de point de suture.

"Je pensais que c'était presque guéri?" demanda Amelia.

Sookie releva la tête vers elle. "Ça l'est," réussit-elle à dire. Elle allait pleurer. Elle pouvait le sentir. La douleur était...elle avait...disparu. Aussi rapidement qu'elle était apparue, elle avait disparu. Dans les tréfonds de son cerveau, elle entendit une voix mais ne réussit pas à comprendre ce qu'elle disait.

"C'est parti," chuchota-t-elle en retirant ses mains pour regarder son mollet qui était certes blessé, mais définitivement pas douloureux.

"Qu'est-ce qui est parti, Sookie?" demanda Amelia, clairement confuse.

"La douleur," répondit Sookie. Elle tendit une main et Amelia l'aida à se relever.

Amelia se pencha et attrapa un torchon pour commencer à nettoyer distraitement le bar, dans une tentative de sembler occupée alors qu'elle attendait que sa curiosité soit satisfaite.

"Que s'est-il passé? Tu t'es cognée dans quelque chose?"

Sookie pouvait entendait la curiosité d'Amelia aussi clairement que si elle lui avait posé dix mille questions à la fois. Pour une raison ou une autre, elle voulait connaître tous les détails gores de sa séance de torture, mais Sookie n'était pas prête à entré dans ce genre de détails. Si jamais je commence, songea sombrement Sookie, elle ne s'arrêtera jamais.

"Je ne suis pas vraiment sûre de ce qu'il vient de se passer," répondit-elle. "J'allais aller chercher du sel pour remplir les salières quand soudainement, Eric..."

Sookie se figea. Le nom d'Eric flotta dans l'air entre elles.

"Eric?" demanda la voix abasourdie d'Amelia.

"Eric," dit doucement la petite voix qui provenait des tréfonds de son cerveau.

Puis elle entendit une autre voix, une sorte d'animal. Ses cris étaient assourdissants. Sookie plaqua ses mains sur ses oreilles et regarda autour d'elle avec panique.

La seule chose que Sookie vit fut la réaction d'Amelia, qui n'aurait pas semblé plus surprise si des ailes étaient soudainement poussées dans le dos de Sookie et qu'elle avait commencé à voler autour de la pièce.

"Sookie! Assieds-toi," demanda Amelia avec insistance. "Laisse-moi aller te chercher un peu d'eau." Elle commença à se diriger vers le bar, mais Sookie la retint par le poignet.

"Non," dit Sookie.

"Eric!" insista la petite voix avec panique.

Un autre cri que personne d'autre ne pouvait entendre résonna. L'animal avait mal. Mais ce n'était pas un animal. C'était...il était...elle le vit...il criait et agrippait son ventre.

Sookie l'imita. Elle agrippa son ventre et se rappela à quel point Machin Un et Machin Deux s'étaient amusés avec la chair tendre de son ventre. Puis elle baissa les yeux et vit que sa main gauche recouvrait l'endroit exact où se trouvait sa cicatrice. Un cadeau laissé par les dents aiguisées comme des rasoirs de Machin Deux.

Sookie regarda ses mains. Que se passait-il? C'était comme si quelqu'un avait jeté les pièces d'un puzzle dans son esprit et que si elle se concentrait juste assez, elle pourrait les emboîter et tout s'expliquerait.

Amelia posa sa main sur l'épaule de Sookie mais Sookie la repoussa distraitement. "Je vais bien," dit-elle.

"ERIC!" lui cria la voix.

Le puzzle s'assembla.

Sookie sauta sur ses pieds. "Couvre-moi, Amelia," dit-elle en enlevant son tablier pour le jeter sur le bar. "Je dois partir. Maintenant."

"Sookie, qu'est-ce qu'il y a?" lui demanda Amelia d'une voix suppliante.

"C'est Eric!" cria-t-elle, choquée par le désespoir bien audible dans sa voix. Elle courut hors de Merlotte's jusqu'à sa voiture.

Elle fut surprise par le soleil éblouissant de fin d'après-midi. Quelque chose n'allait pas. Eric se faisait torturer. Elle le savait, avec autant de certitude qu'elle savait son propre nom. Il était prisonnier et il se faisait torturé par quelqu'un qui avait entendu parler des tortures qu'elle avait subit, parce qu'il recevait exactement les mêmes blessures qu'elle.

Mais il faisait encore jour? Il restait au moins une heure avant le coucher du soleil. Alors qu'elle roulait à toute vitesse vers l'autoroute, une autre pièce du puzzle s'emboîta. L'assaillant d'Eric n'était pas un vampire.

L'esprit de Sookie s'emballa alors qu'elle roulait vers Shreveport. Une fois, elle faillit presque faire demi-tour lorsqu'elle se demanda ce qu'elle pourrait bien faire contre quelqu'un qui était assez fort pour maîtriser Eric. Mais elle repoussa cette pensée aussi rapidement qu'elle était arrivée. Elle ferait quelque chose. Elle le devait. Après tout, d'une certaine façon, c'était sa faute, n'est-ce pas? Quiconque qui torturait Eric utilisait ce qui lui était arrivé à elle contre lui.

Occasionnellement, elle ressentait des élancements là où Machin Un et Machin Deux l'avait blessé. Eric, songea-t-elle avec impuissance. J'arrive.

"Pourquoi?" lui demanda une voix.

Ce n'était pas la voix qui avait crié le nom d'Eric avant. Non. Cette voix semblait irritée, exigeante...jalouse, peut-être. "Pourquoi?" répéta la voix.

Des arbres, des champs et des panneaux de signalisation passaient à toute vitesse devant ses yeux alors qu'elle continuait à roulait vers sa destination.

"Il a besoin de moi," chuchota Sookie à voix haute.

"Vraiment?" demanda la voix avec incrédulité. "Pour quoi?"

"Fous-moi la paix!" cria-t-elle au ciel. Elle sentit une larme brûlante rouler sur sa joue. "Je dois le trouver! Je dois aller à Fangtasia!"

Mais, alors qu'elle était sur le point de prendre la sortie menant à Fangtasia, quelque chose l'empêcha de tourner. Non, pensa-t-elle. Pas à Fangtasia. Il ne serait pas là avant le coucher du soleil. Jusqu'à maintenant, ça ne lui était pas venu une seule fois à l'esprit qu'elle n'avait absolument aucune idée de là où elle devrait aller.

Elle pouvait sentir les prémices d'une crise de panique gonfler en elle. Qu'allait-elle faire? Elle devait le trouver.

Elle prit la sortie suivante et s'arrêta sur le parking d'une station essence. Elle regarda les gens qui faisaient le plein et qui entraient et sortaient de la station. Ils vivaient leur vie alors qu'un vampire millénaire était torturé, peut-être à mort, dans leur ville. Le guerrier Viking...le magnifique et puissant Sherriff de la Zone 5...Eric...son Eric.

Son Eric? Ben, il faisait partie d'elle maintenant. Le lien de sang s'en était assuré. Avec toutes les petites morsures qu'ils avaient partagé au lit, en plus de leurs échanges plus importants, Sookie avait perdu le compte du nombre de fois où leur sang s'était mélangé. Mais elle était certaine que si elle demandait à Eric, il pourrait non seulement lui donner le compte exacte, mais il pourrait aussi lui donner le volume de sang qu'ils avaient échangé.

Alors que son esprit retournait à nouveau vers Eric, sa tête se tourna brusquement vers la droite. Elle avait entendu son hurlement de douleur. Elle laissa une trace de pneus sur le parking lorsqu'elle repartit à toute vitesse.

Elle fit de son mieux pour se détendre pour pouvoir se concentrer. Elle concentra ses pensées sur Eric. Elle le vit couvert de sang. Bien sûr, il avait l'habitude d'avoir du sang sur lui, et elle l'avait déjà couvert de sang d'autres personnes plus d'une fois, mais cette vision d'Eric, couvert de son propre sang (et bien que ce ne soit qu'un fragment de son imagination) lui était presque insupportable.

Alors qu'elle s'engageait dans un quartier aux pelouses bien entretenues, où traînait parfois un tricycle d'enfant, elle sentit les larmes lui monter à nouveau aux yeux.

Cette fois-çi, elle ne les retint pas. Elle n'essaya même. Ça lui demanderait bien trop d'effort.

A travers ses sanglots, elle le sentait. Elle savait qu'elle y était presque. Elle se gara dans la rue et coupa le contact. Elle ferma les yeux et prit une profonde inspiration...là...droit devant.

Elle ouvrit les yeux, sortit de la voiture et commença à marcher. Alors qu'elle passait la troisième maison, elle commença à accélérer.

Elle courrait à toute vitesse lorsqu'elle arriva en vue de la maison à deux étages en briques grises qui était située un peu en retrait des autres. La pelouse était entourée par une haie taillée au millimètre près et de chaque côté de l'allée menant à la maison s'alignaient des rosiers qui s'évasaient autour de la maison.

Sookie courut jusqu'à la porte et tambourina furieusement. Bien sûr, personne ne répondit.

"Eric?" appela-t-elle.

Lorsqu'elle n'eut aucune réponse, elle cria, "ERIC!" Elle regarda le ciel. Le soleil se couchait. Elle tambourina à la porte de toutes ses forces. "ERIC!"

Elle ne ressentait plus aucune douleur. Quiconque étant là-dedans avec Eric avait arrêté de le torturer. Ils avaient dû l'entendre.

"Eric! Laisse-moi entrer!" hurla-t-elle alors qu'elle commença à regarder tout autour d'elle pour voir si elle pourrait jeter quelque chose dans la fenêtre. Elle remarqua les rangées de briques délimitant les rangées de rosiers. Elle se pencha et arracha une des briques.

Alors qu'elle levait le bras, elle sentit quelqu'un l'attraper par arrière. Elle se jeta sur le côté de toutes ses forces et réussit à se libérer, mais elle tomba au sol. Elle atterrit sur les fesses avec un bruit étouffé et releva la tête pour voir son assaillant.

"Vous êtes dingue?" aboya l'homme. "Qu'est-ce que vous faîtes ici? Un vampire vit dans cette maison. Vous allez l'énerver et il va tous nous tuer!"

"Eric," s'étrangla Sookie.

L'homme avait l'air furieux. "Je n'ai aucune idée de son nom, mais vous feriez mieux de vous bouger les fesses et de partir d'ici rapidement."

"Eric Northman," dit l'intéressé, avec un petit sourire en coin.

Eric était apparu de nulle part. Il tendit la main pour aider Sookie à se relever. "Et ses fesses sont exactement là où elles devraient être." Une fois qu'elle fut debout, Eric porta sa main à ses lèvres et se pencha pour l'embrasser légèrement. Sookie ne put rien faire d'autre que le regarder fixement.

Il semblait être en parfaite santé. Plus parfait que n'importe quel homme devrait l'être, pied nu au milieu de son allée. Il ne portait qu'un pantalon en soie grise et une robe de chambre en soie noire ouverte dont la ceinture pendait à ses genoux.

Eric regarda l'homme qui se tenait sur sa pelouse. L'homme qui venait juste d'échapper à la mort, et ce, uniquement parce qu'Eric pouvait voir que Sookie n'était pas blessée. "Mr. Lindsay? C'est ça?"

"O-oui," bégaya l'homme. Sa colère envers Sookie avait disparu au profit de sa peur d'Eric.

Eric fit un large sourire à Mr. Lindsay. Il semblait être très amusé par cette situation. "Permettez de vous présenter mon épouse..."

De la main gauche, Eric fit un large geste vers Sookie. Il tendit ensuite sa main droite, qui tenait toujours la main gauche de Sookie, vers Mr. Lindsay. "Lady Northman," dit Eric d'une voix autoritaire.

"Ma chérie, voici notre voisin, Mr. Lindsay," dit Eric à Sookie avant de hocher rapidement la tête en direction du voisin.

Eric tenait toujours la main de Sookie tendue. Il fallut plusieurs secondes et à Sookie et à Mr. Lindsay pour réaliser ce qu'Eric attendait. Sookie fut la première à comprendre et elle essaya de retirer sa main mais Eric la retint fermement. Elle sourit et hocha légèrement la tête. C'était bien trop surréel. Elle avait peur d'ouvrir la bouche parce qu'elle risquait de crier, ou d'éclater de rire, ou de fondre en larmes ou quelque chose de tout aussi inapproprié Donc elle resta simplement là, à fixer l'homme dont elle entendait les pensées paniquées. Il était sur le point de s'enfuir en criant.

Une seconde plus tard, Mr. Lindsay se pencha pour faire un baise-main à Sookie et lui murmurer un rapide, "Comment allez vous, Lady Northman."

Eric sourit et continua, "N'est-ce pas formidable que nous ayons des voisins qui s'intéressent autant à notre bien-être."

Il se tourna ensuite vers Sookie, "Devrions-nous rentrer, mon amour?" lui demanda-t-il gentiment.

Sookie le suivit et alors qu'ils s'approchaient de la porte, il regarda par dessus son épaule, vers Mr. Lindsay qui était retourné sur sa propre pelouse et qui les regardait de derrière un Magnolia.

Eric s'adressa à lui, comme s'il venait de se souvenir qu'il avait oublié d'ajouter: "Oh, et je vous assure, Mr. Lindsay, que vous n'avez rien à craindre de moi."

Lorsqu'ils furent entrés et qu'Eric eut fermé la porte derrière eux, tout le stress de Sookie revint à la charge.

"Eric! Tu es intact!" souffla-t-elle en enroulant ses bras autour de son cou et en s'accrochant à lui de toutes ses forces alors que des larmes roulaient sur ses joues.

"Et tu es magnifique, ma belle amante," répondit-il en la changeant légèrement de position mais sans faire mine de la relâcher. Il s'assit sur le large canapé en cuir situé au milieu de la pièce, directement en face d'une immense cheminée qui ne semblait jamais avoir été utilisée. Sookie était roulée en boule sur ses genoux comme une enfant.

"Non," dit-elle en se reculant légèrement pour voir son sourire amusé. Je veux dire tu vas bien. Personne ne t'a fait de mal."

Eric tendit la main pour sécher doucement ses traînées de larmes. "Du mal?" demanda-t-il distraitement, puis il la regarda plus attentivement et demanda, "Qu'est-ce que tu veux dire par là?"

Sookie était vraiment confuse maintenant. "Je pensais que...je veux dire, j'ai sentis...que tu étais blessé...torturé..."

L'expression amusée disparut instantanément de son visage. "Torturé?"

"Oui," continua-t-elle. "Tu étais prisonnier et quelqu'un te torturait. Exactement comme ce qui m'est arrivé. Et je pouvais vraiment le SENTIR. Presque comme quand c'est arrivé, mais pas vraiment."

Sookie plongea son regard dans celui d'Eric. Elle avait toute son attention. Il était complètement à elle...et il attendait...il attendait patiemment. Mais quoi, se demandait-elle?

Lorsqu'il ne répondit pas, elle continua. "Au début, je pensais que c'était juste mes cicatrices qui me faisaient souffrir, mais ensuite j'ai entendu les cris."

A ces mots, Eric grimaça légèrement, mais il resta malgré tout silencieux.

"Et ma tête était si pleine, si emplie de douleur et de cris et des fées complètement folles et de torture...et ensuite j'ai réalisé..."

"Qu'as-tu réalisé, ma belle amante?" demanda-t-il doucement en lui caressant les cheveux.

"Ce n'était pas moi. Ce n'était pas ma douleur...c'était...c'était...la tienne."

"Oui," soupira-t-il, et son sourire réapparut. Il l'attira contre son torse et la garda là.

Sa peau était si froide contre la joue de Sookie. Et quoi qu'il soit arrivé avant, tout allait bien maintenant. Sookie prit une profonde inspiration. Elle se sentait tellement en sécurité dans les bras d'Eric. Elle aurait facilement pu s'endormir s'il n'avait pas repris la parole.

"Ce n'était qu'un mauvais rêve," dit-il.

Ça ne lui plu pas. Elle le repoussa et se redressa.

"Non!" protesta Sookie. "Ce n'était pas un rêve! J'étais bien réveillée! Je l'ai sentis! J'ai conduis jusqu'ici! J'ai entendu tes cris!" Puis elle fondit à nouveau en larmes.

"Oui. Tu étais bien réveillée, mais réfléchis Sookie. Pas moi. Le soleil ne s'était pas encore couché." Eric attrapa son visage pour qu'ils se fassent face...leurs visages séparés à peine par quelques millimètres. "C'était mon rêve, ma belle amante. Mon cauchemar qui t'a appelé et t'a mené ici...à moi...là où est ta place."

Eric tourna la tête vers la porte. "Pam arrive."

"J'ai sentis ton rêve?" demanda Sookie. Elle ne voulait pas mettre fin à cette conversation. Qu'est-ce que Pam venait faire ici?

"Oui," répondit-il. Puis il s'adressa à la porte, "Entre Pam." Elle n'avait même pas encore toqué.

Pam fut dans la pièce en moins d'une seconde, et elle semblait positivement sauvage. Elle portait un joli survêtement rose, qui aurait été très stylé, s'il avait été convenablement mis. La veste devait être défroissée et une des jambes était montée presque jusqu'à son genou. Elle portait des chaussettes dépareillées et ses baskets étaient couvertes de boue.

Mais ses vêtements n'étaient rien comparés au reste de son apparence. Sookie remarqua que c'était la première fois qu'elle voyait Pam sans maquillage. Elle n'avait pas besoin de grand chose, grâce à sa peau de porcelaine, mais même si elle avait de longs cils sombres, elle se maquillait tout de même les yeux. Mais pas ce soir.

"Oh mon Dieu, Pam!" s'exclama Sookie. "Qu'est-ce qui s'est passé?"

Pam regarda Sookie comme si elle venait de lui poser la question la plus stupide au monde avant de se tourner vers Eric. "Tu vas bien?"

"Comme tu peux le voir," répondit-il. Puis il haussa un sourcil et la regarda de haut en bas avec insistance. "Y-a-t-il une grève de stylistes?"

"Mignon," renifla Pam. Ça amusa beaucoup Eric et lorsqu'il éclata de rire, la tension dans la pièce se dissipa.

Pam regarda à nouveau Sookie. "Qu'est-ce que tu fais ici?"

"Ben, je..." commença Sookie, mais Eric l'interrompit. "En plus de son fort désir de rencontrer les voisins, je crois que Sookie est ici pour la même raison que toi, Pam."

"Quoi?" demanda Sookie.

Les yeux de Pam s'illuminèrent. "Oh! Je veux rencontrer les voisins! Sont-ils gentils? Ils n'ont pas d'enfants, n'est-ce pas?"

Eric rigola à nouveau et se leva, remettant Sookie sur ses pieds par la même occasion.

"Attendez une minute!" cria presque Sookie. "En parlant de rencontrer les voisins, c'est quoi cette histoire de Lady Northman?"

"Très simple," répondit-il avec suffisance. "Je suis un Sherriff. A ce titre, si je prends une épouse, elle devient ma Lady et à droit au respect que ce titre lui gratifie."

"Oh," fut tout ce que Sookie pensa à dire.

"Sookie peut te présenter à Mr. Lindsay, si tu veux, Pam. Je suis sûr qu'il a eu le temps de changer de pantalon maintenant." Eric fit mine de quitter la pièce avant de se tourner à nouveau.

"Reste un peu avec Sookie," dit-il à Pam. "Je crois qu'elle a des questions auxquelles je n'ai pas vraiment envie de répondre pour le moment. Je dois me détendre. Si vous voulez bien m'excuser, je vais aller prendre une douche." Il s'inclina dramatiquement devant elles. "Mesdames."

"Mais fais donc," dit Sookie avec un grand sourire. "Ne nous laisse pas te retenir."

"Ne papotez pas trop longtemps," répliqua-t-il alors que la pointe de ses crocs effleurait sa lèvre inférieure lorsqu'il lui sourit et lui fit un clin d'oeil. Puis il disparu dans un couloir.

Comment ais-je bien pu faire pour lui résister aussi longtemps?, se demanda Sookie. Il pouvait être si charmant quand il le voulais.

Pam avait corrigé sa tenue et s'était installée dans un énorme fauteuil en cuir. Elle se touchait les cheveux et avant que Sookie ne puisse se rasseoir sur le canapé, Pam lui demanda, "Tu n'aurais pas une brosse à cheveux? Je suis partie de chez moi sans mon sac à main."

Sookie regarda autour d'elle. "Je dois avoir laissé la mienne dans la voiture," dit-elle en semblant mécontente. "J'ai laissé ma voiture à quelques maisons d'ici. Veux-tu bien venir avec moi? Je crois que j'ai laissé mes clés sur le contact en plus. Tu penses que ça dérangerait Eric si je me garais dans son allée?"

Pam renifla. "Je ne pense pas que ça dérangerait Eric que tu te gares même dans le salon, tant que tu survivrais à la collision avec le mur." Cette image mentale les fit rire toutes les deux. Pam passa son bras sous celui de Sookie et lui dit, "Viens. Allons chercher ta voiture avant qu'un idiot la vole et qu'Eric lance tous les vampires de Shreveport à sa recherche."

Pam fut déçue de voir que Mr. Lindsay n'était plus dehors. Apparemment, il avait fait bien assez de connaissance pour la soirée.

Lorsqu'elles approchèrent de la voiture, Sookie demanda, "Pam, Eric m'a dit que toi et moi étions là pour la même raison?"

"Oui," répondit Pam en prêtant plus d'attention à la voiture qu'à Sookie elle-même. "Je me demande pourquoi il ne t'a pas acheté une nouvelle voiture? Peut-être que je devrais lui en parler."

"Je n'ai pas besoin d'une nouvelle voiture," dit sèchement Sookie. "J'ai besoin de savoir pourquoi tu es venue ici ce soir?"

"Jalouse?" lui demanda Pam, d'une voix joueuse. "Ne le sois pas. Je pensais qu'il était en danger. N'est-ce pas pour ça que tu es là? Bien que je ne sache pas vraiment ce que tu aurais pu faire si ça avait été le cas."

Elles montèrent dans la voiture de Sookie. Les clés était toujours sur le contact. Elle démarra et commença à rouler lentement vers l'allée d'Eric.

"Je n'ai pas vraiment réfléchis sur le coup," dit Sookie en se rappelant de son trajet paniqué jusqu'à Shreveport et des cris qui l'avaient mené jusque là. "Je pouvais entendre ses cris...me transpercer...Je croyais qu'il était torturé, comme ça m'est arrivé."

Pam était clairement fascinée par ce que Sookie avait à lui dire. Elle restait complètement immobile pour l'écouter.

"J'ai suivi ses cris," continua Sookie d'une voix triste, en baissant les yeux après qu'elle se soit garée au milieu de l'allée d'Eric et qu'elle ait coupé le contact. "Ça m'a mené ici. C'était le lien de sang. Je ne suis jamais venue ici auparavant. Le lien m'a mené ici. C'est la même chose pour toi?"

"Un lien de sang?" Pam sembla surprise par la question. "Pas exactement. Eric est mon créateur. Comme tu le sais, ce lien est très fort, beaucoup plus fort qu'un simple lien de sang d'habitude. Mais je pense que vous avez échangé beaucoup plus de sang que la normale, parce que son lien avec toi est plus fort que tout ce que j'avais jamais vu auparavant."

Sookie releva la tête. "Vraiment?"

"Et d'après ce que tu m'as décrit," continua Pam, "ton lien avec lui est lui aussi extrêmement inhabituel."

Sookie renifla. "Bon, je suppose qu'on doit se préparer à se voir à chaque fois qu'il aura un cauchemar. Ça arrive souvent?"

"Non. Ou en tout cas, ce n'était jamais arrivé." Pam chercha ses mots pendant que Sookie attendait. Elles étaient encore assises dans la voiture.

"Ce n'est pas tant des rêves que des flash-back. Les vampires ne rêvent pas," finit Pam.

"Mais ils ont des, euh, flash-back?" demanda Sookie.

"Pas vraiment. C'est une autre nouveauté."

"Une autre nouveauté? Qu'est-ce que tu veux dire par là?"

Pam gigota à nouveau. Elle changea de position plusieurs fois avant de sembler se décider finalement sur ce qu'elle allait dire.

"Quand tu étais prisonnière..." commença Pam.

Sookie se prépara à retenir ses larmes. Ses pensées se tournaient vers cette attaque bien assez souvent sans qu'elle le veuille.

"J'ai cru qu'Eric allait devenir fou," ajouta Pam.

"ERIC allait devenir fou!" cria Sookie. "J'étais torturée à mort et c'était LUI qui devenait fou? Bien sûr!" Sookie leva les bras au ciel et entendit un rire hystérique qu'elle reconnu à peine comme étant le sien. Ses larmes étaient bien décidées à couler et elle les laissa faire.

"Ils allaient ME tuer pour se venger de mon arrière-grand-père, mais bien sûr, tout ne tournait qu'autour d'Eric!" fulmina-t-elle. "Je suis vraiment stupide de ne pas l'avoir réalisé. Je suppose que toutes ces TORTURES m'ont fait perdre le sens des priorités!"

"Sookie, s'il te plaît," supplia Pam. "Il va t'entendre."

"Quelle différence ça pourrait bien faire s'il m'entendait maintenant? Il ne m'a pas entendu quand j'avais besoin de lui! Quand je l'ai supplié de venir. Quand j'ai prié pour le voir." Elle s'étranglait sur ses sanglots maintenant et fouillait dans son sac pour trouver un mouchoir.

Pam se pensa par-dessus le boîtier de vitesse, agrippa Sookie et la serra dans ses bras pour pouvoir lui parler directement à l'oreille. "Il t'a entendu, Sookie. Il t'a entendu. Ecoute-moi." Pam la serra plus fort et lui caressa les cheveux.

"Mais il n'est pas venu," murmura Sookie d'une voix faible. Sa rage avait disparu, laissant place à ses souvenirs douloureux. Elle resta assise, à sangloter doucement sur l'épaule de Pam tout en l'écoutant lui parler d'une voix douce à l'oreille.

"On était à Fangtasia quand on a apprit que tu avais été enlevée. Tu sais qu'Eric est toujours calme et pratique. Il a immédiatement commencé à passer des coups de fils, pour organiser des recherches. On était sur le point de nous joindre aux recherches lorsque ça a commencé.

Il a crié ton nom et est tombé au sol.

Je ne savais pas quoi faire. En trois cent ans, je n'avais jamais vu Eric faire quelque chose de ce genre. Je l'ai aidé à se relever. Il souffrait clairement, mais je ne savais pas ce qui causait sa douleur. Il fit mine de partir à nouveau, mais il tomba à nouveau, frappé par quelque chose d'invisible, et ça ne fit qu'empirer.

Ginger m'aida à le ramener dans son bureau. On l'allongea sur un lit de fortune et ensuite j'ai appelé le Dr. Ludwig qui arriva moins d'un quart d'heures plus tard.

Il a crié et souffert pendant des heures, Sookie, pour toi. Il a sentis chaque coup...chaque coupure...chaque déchirure de ta peau. Il a sentis ton sang s'échapper de tes veines comme si c'était le sien. Il a sentis ta peur, ta douleur, ton désespoir. Il a entendu tes cris et tes prières. Et Sookie...il t'a répondu, de la seule façon qu'il pouvait."

Sookie releva la tête et étudia le visage de Pam. Elle aurait aimé pouvoir lire les pensées des vampires à cet instant, mais bien sûr, les pensées de Pam demeurèrent un mystère.

Parce que c'était Pam, la Pam énigmatique et létale, qui la regardait avec un visage empli de gentillesse et de compassion.

"Comment?" demanda Sookie.

"Il t'a donné sa force. Il savait que tu ne serais jamais capable de supporter ce qu'ils te faisaient très longtemps, que tu ne pourrais pas survivre jusqu'à ce que Bill et ta famille te retrouvent.

Il a réalisé que le lien de sang entre vous était inhabituellement puissant, vu qu'il ressentait littéralement ta douleur, et non pas seulement tes réactions émotionnelles. Donc au lieu d'essayer de combattre ta douleur, pour pouvoir se lancer à ta recherche, il l'a appelé à lui. Il est resté allongé sur ce lit de fortune et a forcé ton agonie à entrer dans son corps. Il savait qu'il survivrait à ce que tu ne pourrait plus supporter.

Sookie, est-ce que tu réalises ce que ça veut dire?" Pam vit que Sookie était toujours entrain d'absorber toutes ces nouvelles informations, donc elle lui expliqua. "Sookie, si au cours de tes tourments, si pour une raison ou une autres ils avaient décidé que ce serait amusant de te planter un pieu dans le coeur..."

"Eric," murmura Sookie en comprenant ce que Pam voulait lui dire. Elle fouilla dans ses souvenirs et se rappela d'une tentative de meurtre dans la salle de bal d'un hôtel. Elle essaya de se rappeler de ce qu'Eric lui avait dit. Si la flèche avait été destinée à Sookie, il ne se serait pas mis devant elle, parce que ça aurait pu le tuer, mais il l'aurait poussé hors du trajet de la flèche. Eric le survivant avant tout. Quelque chose avait changé.

"On ne sait pas si ça l'aurait vraiment tué," continua Pam. "Mais avant ce jour-là, on ne savait pas non plus que quiconque pouvait lui faire du mal à longue distance. Tu ne dois en parler à personne, Sookie. Est-ce que tu comprends? Personne."

"Personne," répéta Sookie, mais seul son corps était présent; son esprit était très loin de cette conversation. Elle était dans un lit d'hôpital. La voix d'Eric lui parlait doucement.

"Tu aurais survécu à beaucoup plus," avait-il dit comme si c'était une certitude. Comment aurait-il pu savoir ça sans connaître exactement tout ce qu'elle avait subit?

Elle se rappelait d'avoir été assise là, enchaînée à une chaise, à se demander pourquoi elle ne mourrait pas? Comment quelqu'un pouvait-il subir autant et survivre? Maintenant, elle le savait.

Son esprit retourna vers un poème qui était encadré dans la chambre de Gran depuis aussi longtemps qu'elle pouvait s'en souvenir. C'était un poème religieux, mais il semblait approprié.

"Mon précieux, précieux enfant,

Je t'aime et je ne saurais t'abandonner.

Si aux moments les plus difficiles de ton existence,

Tu n'as vu qu'une seule trace de pas dans le sable,

C'est parce que c'était moi qui te portait."

Sookie se défit de l'étreinte de Pam. "Je dois aller le voir." Puis un sourire sincère apparut sur son visage. "Et Pam, merci."

"Je suppose que tu n'as pas besoin que je vienne avec toi?" lui demanda Pam avec un sourire amusé.

"Je pense que je peux me débrouiller toute seule."

Sookie sortit de la voiture et fut devant la porte d'entrée en quelques secondes. Elle ne toqua pas. Elle entra et verrouilla la porte derrière elle. Elle enleva ses chaussures et les laissa dans le salon. Lorsqu'elle entra dans le couloir sombre, elle vit une lumière tremblotante émaner d'une porte entrouverte à l'autre bout du couloir.

En s'approchant de la porte, elle entendit l'eau couler dans la douche.

Elle ouvrit la porte et entra dans une immense chambre éclairée par des bougies. La porte de la salle de bain adjointe était entrouverte et de la buée s'en échappait.

Eric fit un pas vers elle. La robe de chambre avait disparu. Il ne portait plus que son pantalon en soie grise...pour le moment. "Ton timing est parfait, ma belle amante."

"Oh Eric," dit-elle en diminuant la distance entre eux jusqu'à ce qu'il n'en reste plus rien. Des larmes fraîches avaient commencé à couler sur ses joues. Elle jeta ses bras autour du coup d'Eric et s'agrippa à lui. "Je suis tellement désolée. Je ne savais pas."

Eric l'embrassa sur le sommet de la tête et la prit dans ses bras. "Tu n'as pas à t'excuser, Sookie. Et plus de larmes. Tu as assez pleuré."

"Tu as partagé ma douleur, comme si c'était la tienne."

"C'était la mienne."

"Comme je suis à toi."

"Oui."

"Comme tu es à moi."

"Oui," murmura-t-il.

"Mon bel amant," souffla-t-elle.

Les lèvres d'Eric s'entrouvrirent légèrement, puis elle se posèrent sur sa bouche. Le monde de Sookie se dissipa en un endroit où rien d'autre que leur passion mutuelle existait. Les lèvres et les mains d'Eric, et le besoin de les posséder de Sookie.


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