Auteur : Mrstrentreznor

Traductrice : Moi

Spoilers : -

Rating : M

Genre(s) : Drama/Angst

Disclaimers : Tout l'univers des Cullen appartient à Stephenie Meyer. L'histoire que vous allez lire appartient à Mrstrentreznor. Quand à moi, je ne suis qu'une humble traductrice.

Bêta: Caropat07... Merci Caroline!

Notes : Pour ceux que ça intéresse de lire cette histoire en version originale, le lien se trouve dans mon profil.

Je rappelle que vous pouvez désormais me trouver sur Facebook sous le nom de Saw Trombone... Si vous voulez discuter de mes fics ou vous tenir au courant de ma vie :D Vous êtes les bienvenus!


- Chapitre 6: The needle tears a hole -

Un trou.

Elle vivait avec un trou maintenant. Elle le portait en elle.

Un trou aux bords arrachés, douloureux et sanglants. Un trou au centre de son être. Elle enroula ses bras autour de son corps pour s'empêcher de tomber en morceaux. Comment pouvait-elle continuer à avancer alors qu'une importante partie d'elle-même avait disparu, elle ne le savait pas. Comment pouvait-elle respirer sans ses poumons? Comment son cœur pouvait-il continuer à battre alors qu'il avait été arraché de sa poitrine.

Elle pouvait le couvrir. Le couvrir et fonctionner. Continuer à faire semblant d'être entière; en marchant, en parlant, et en existant. Mais occasionnellement et toujours par surprise, le trou se rouvrait. Il suffisait d'un mot ou d'une phrase pour qu'elle se rappelle de lui.

Elle ne supportait plus la musique maintenant, alors qu'elle y avait toujours puisé du réconfort. Elle éteignit la radio. Elle avait arraché celle qu'ils lui avaient offerte, et elle l'avait enterrée au fond de son placard. Elle ne pouvait même pas se convaincre de la jeter à la poubelle.

Elle alla à La Push après avoir appelé Charlie pour le prévenir. Il en fut ravi. Si seulement il savait pourquoi.

Son petit Jake avait grandi. Il faisait pratiquement deux mètres de haut, lui dit-il fièrement. Son visage s'était allongé, affiné et ses rondeurs enfantines avaient disparu. Il grandissait. Il lui fit remarquer qu'elle avait loupé son seizième anniversaire. Elle ne voulait pas savoir pourquoi son âge était si important pour lui. Elle détestait les anniversaires.

Il déchargea les motos sans le moindre effort et les fit rouler jusque dans son garage. Elle passa l'après-midi assise dans sa Volkswagen Rabbit, à discuter avec Jake en le regardant embrasser le projet de reconstruction de motos à bras ouverts.

Cette nuit-là, elle dormit sans un bruit.


Sam poussa un grognement satisfait. Shadow et lui montaient la garde dans la forêt. Ils auraient des problèmes avec Emily pour être rentrés tard. Mais ils s'en moquaient.

Ouais. Ça lui fera du bien de dormir. Jacob est son ami.

Je sais.

C'est ce que tu voulais, non?

Il soupira.


Les jours passèrent.

Elle continua à aller à La Push.

Elle rencontra Quil et Embry. Elle et Jake allèrent à la casse pour acheter les pièces qui leur manquaient. Elle dîna avec les Clearwater et Charlie chez les Black. Jake se moqua de la sauce tomate en boîte de Billy. Elle rigola.

Elle se sentait presque humaine.

Mais cette nuit-là, après deux nuits sans rêve, la forêt fut de retour. Celle qui l'avait faite crier chaque nuit pendant quatre mois.

Avant, c'était une forêt vide qui la faisait crier. Pourquoi, elle ne le savait pas. Peut-être parce qu'il n'y était pas? Parce qu'elle le cherchait mais qu'elle ne pouvait pas le trouver?

Mais cette fois-ci, elle ne fut pas seule dans les bois. Sam Uley était là. L'homme qui l'avait ramassée la nuit à laquelle elle ne pouvait pas penser. A laquelle elle ne pensait pas consciemment, donc elle était relégué à son inconscient; à ses rêves. Mais c'était étrange de le voir là, si inconnu dans un rêve qui lui était si familier.

Ses yeux sombres semblaient étonnement hostiles. Ils semblaient être plein d'un secret; un secret qu'il ne voulait pas partager avec elle. Elle le regarda dans ses rêves, ses yeux retournaient constamment vers Sam, après avoir voyagé dans la forêt pour le trouver. Il restait debout, à l'observer.

Ça la mettait mal à l'aise de l'avoir là, dans ses rêves.

Mais aussi, à chaque fois qu'elle ne le regardait pas directement, sa silhouette semblait trembler et changer. Il devenait plus large et plus sombre. Plus noir. Et il ne l'aidait pas. Il restait juste debout là.

Elle était sûre qu'il l'avait aidé auparavant. Il avait été attentionné. Il avait semblé inquiet pour elle lorsqu'elle s'était perdue. Il avait tenu la porte ouverte, prêt à la rattraper si jamais Charlie la faisait tomber. Il l'avait couverte avec une couverture supplémentaire.

Il lui avait caressé le visage de ses doigts puissants. Ils avaient été chauds.

Il s'était inquiété.

Et maintenant, il l'ignorait.

Ses cris commencèrent.


A l'école, le jour suivant, elle choqua tout le monde en parlant.

Angela était en train de raconter à tout le monde que Ben et elle n'avaient pas été aux sources d'eau chaude parce qu'ils avaient vu un immense animal noir sur le bas-côté de la route. Plus gros qu'un ours assura-t-elle à tout le monde.

Bella prit sa défense lorsque Lauren et Jessica l'accusèrent pratiquement de raconter des bobards. Angela était probablement la personne qui mentirait le moins à un tel sujet.

"Non, elle a raison. Samedi, à la boutique, un randonneur a juré avoir vu cet ours lui aussi. Il a dit qu'il était énorme, noir et qu'il se trouvait juste à la sortie de la ville, hein, Mike?" Elle se tourna vers Mike pour qu'il corrobore son histoire.

Le choc disparut rapidement et les autres recommencèrent à parler entre eux. Certains eurent même le courage d'essayer de parler avec elle.

Plus tard, elle fut approchée par Angela. Elle aimait beaucoup Angela, mais elle la trouvait bien trop perspicace. Elles étaient en train de déposer leurs plateaux lorsqu'Angela lui demanda, "Tu vas bien?"

"Pas vraiment," admit-elle. "Mais ça s'arrange."

"J'en suis heureuse," sourit Angela. "Tu m'as manqué."

"Hier, cela a fait un an exactement que j'ai mis les pieds ici," remarqua Bella.

En entendant Lauren et Jessica cancaner, elles sourirent toutes les deux à l'idée que rien n'avait jamais vraiment changé.

Sauf que ça avait changé.

Elle rêvait de Sam Uley maintenant.


Cette après-midi là, elle décida de visiter leur maison

C'était une tentative d'entendre sa voix parfaite à nouveau. Si elle allait chez lui, il serait là...non? Comme une sorte de déjà-vu? Inspiré par sa location plutôt que par sa proximité avec le danger.

La dernière fois où elle avait été là-bas, ça avait été le soir de son anniversaire. La coupure. Bizarre comme quelque chose de si petit avait eu de telles conséquences. C'était juste une petite coupure. Elle avait réalisé qu'il ne s'était rien passé jusqu'à ce qu'il la jette à travers la table recouverte d'assiettes prêtes à recevoir des parts de gâteau qu'ils ne pouvaient même pas manger. Après ça, elle avait eu besoin de points de suture. Et tout était allé en enfer. La fête avait été ruinée.

Elle ignora cette pensée; c'était irrespectueux. Il avait essayé de la protéger et il ne connaissait pas sa propre force...c'était tout. Son père l'avait recousu; il n'y avait rien eu d'irréparable.

Elle manqua le virage menant à la maison des Cullen. Il avait toujours été difficile à voir, mais maintenant, il était invisible. Il n'avait pas fallu longtemps à la forêt pour reprendre ce qui était sienne. Elle dut reculer en marche arrière; il n'y avait pas assez de place pour faire demi-tour.

Alors elle allait le faire, pourquoi? En partie à cause du cauchemar. Le vide de son rêve lui tapait sur les nerfs. Elle cherchait quelque chose. Il y avait quelque chose à trouver. Il le fallait. C'était inaccessible et impossible, sans cœur et distrait...mais elle devait le trouver. Il était là dehors. Quelque part. Elle savait qu'il était quelque part; il était immortel, bien sûr qu'il était encore là dehors.

Et puis, c'était un anniversaire tordu. Tout avait commencé presque un an plus tôt, lorsqu'elle était arrivée au lycée de Forks.

Elle s'engagea finalement dans l'allée menant à la maison. Elle eut l'impression de rouler pendant des heures. La maison n'était pas si loin que ça, si? Les plantes et les arbres recouvraient les côtés de la route encore et encore. Elle commença à paniquer. Et si la maison n'était plus là? Et si la maison avait disparu aussi complètement qu'eux? Et si quand ils déménageaient, ils prenaient leurs maisons avec eux?

Finalement la verdure s'éclaircit et elle arrêta la camionnette.

La clairière devant la maison avait été envahie par les mauvaises herbes.

La maison existait. Elle poussa un soupir de soulagement.

Mais même si la maison n'avait pas changé, elle semblait différente. Un vide sans fin criait depuis les fenêtres extravagantes.

Vide. Abandonnée. Oubliée.

Comme elle?

Mais elle ne pouvait pas entendre sa voix et c'était ce qu'elle voulait. Elle sortit de la camionnette et s'approcha lentement de la maison. Elle alla jusqu'aux escaliers menant au porche. Elle laissa le contact, comme une sortie de secours.

Elle avait l'horrible impression que si elle entrait, elle trouverait tout à sa place. Immuables et permanents comme les vampires. Leurs possessions abandonnées et oubliées, comme elle. Le grand piano réduit en miettes toujours éparpillé partout.

Elle ne voulait pas entrer dans la maison.

Son moteur fut coupé.

Paniquée, elle fit volte-face et le trouva là.


Prochain chapitre : The old familiar sting

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