Cette fiction comporte des scènes explicites (bien que ne comportant pas de violence), elle s'adresse donc exclusivement à des lecteurs adultes et avertis et en aucun cas à un public jeune et mineur! (Des logiciels de protections existent pour filtrer les contenus non appropriés aux jeunes).

En lisant cette histoire vous vous engagez à avoir l'âge requis. (+18)

Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer.

Pov B

Dieu que la journée avait été longue! Assise en tailleurs à même la terrasse de bambou encore chaude je fumais ma cigarette avec délectation, à petites bouffées pour laisser le plaisir se distiller plus longtemps. Mon plat de riz blanc à la mangue terminait de cuire, son odeur embaumait déjà la petite maison sur pilotis qui était devenue mon refuge. Assise sur le sol je fumais et prenais mon thé, noir d'encre comme on le boit ici, en contemplant le lac serti de jungle. Débauche de verdure, monde parallèle irrigué d'un enchevêtrement de canaux aux eaux bouseuses où poussaient des jacinthes sauvages. Sur les berges, les bananiers luxuriants se prenaient dans les buissons d'hibiscus, les bambous à l'odeur fraîche formaient au dessus des canaux comme un toit de verdure. Le parfum végétal saturait l'air, on ne pouvait que respirer son abondance à pleins poumons, à la limite de la nausée, suffocante tant elle était puissante... fragrance de jungle, parfum de nature.

Le ronronnement des barques à moteur accompagnait le chant des moines de la pagode sacrée au centre du lac.

Mon regard se plongeait dans ces eaux troubles, pullulantes de vie, protégées par les Nats, esprits de la nature célébrés ici, je le laissais dériver sur les courbes du lac, tentant de m'y perdre, de m'y apaiser.

Sur la terre rougeâtre des enfants jouaient, leur cris se mêlaient à la symphonie vivante de la jungle laotienne.

Quatre ans, quatre ans déjà que chaque soir quand le jour finissait je m'asseyais ici et contemplais ce monde qui désormais était le mien. Quatre ans que la jungle m'aspirait et me dévorait, quatre ans que je me laissais emporter par cette Asie luxuriante... Quatre que l'occident n'était plus ma maison.

Tout avait commencé par une envie de tout plaquer! Par un manque de frisson, un burn-out professionnel qui me minait le morale. Onze ans de médecine pour en arriver là... Onze années de galère et d'espoirs pour finalement rien! Trois ans de pratique en tant que clinicienne hospitalière pour vouloir tout quitter. Dégoûtée de ce monde occidental qui ne correspondait pas à mes rêves, désillusions de mes ambitions professionnelles. Tant d'attentes... trop d'attentes sûrement pour en arriver à examiner des patients qui n'avaient pour beaucoup pas vraiment besoin de soins. Mes journées interminables se passaient dans la tension et la mauvaise humeur. Ce monde agressif me dégoûtait. Il me manquait quelque chose, le grand frisson, le sentiment d'être là pour quelque chose. Ma pratique n'avait rien de gratifiante, il fallait trop souvent se battre, oh oui bien trop souvent.

Tout avait commencé par une envie de partir...

Un projet fou pour moi la petite fille trop rangée, moi qui n'avait jamais tenté l'aventure, qui ne prenait pas de risque, pour moi la raisonnable! Une mission humanitaire, aux confins du Laos, le pays au mille éléphants. Le niveau de vie dans cette partie du pays était très faible, la situation sanitaire peu enviable, le manque de médecin: criant.

Alors j'avais dit oui à cette ONG qui me promettait un salaire bien inférieur à celui que j'avais dans mon pays, mais qui m'offrait mon rêve, mon frisson... et qui me garantissait une cahute au cœur de la jungle, au milieu des villages dont j'allais m'occuper, à quelques kilomètres de la frontière Birmane.

La proximité du triangle d'or de Birmanie, avec ses mines de pierres et surtout de rubis, dûment surveillées par la junte militaire au pouvoir, faisait de cette région une terre de trafiques en tout genre, terriblement mystérieuse.

Ma mission s'était prolongée, quatre ans après j'étais toujours là, sans la moindre envie de repartir. J'avais fuis l'occident, le Laos était devenu ma nouvelle patrie. Mon Asie... avec son calme et son mystère.

Le jour commençait à finir, des poignets d'étincelles solaires embrassaient le lac. Les rives commençaient à s'endormir, les paysans rentraient des champs avec sur la tête leurs paniers de légumes. Chaque villageois qui passait devant ma maison me saluait d'un grand signe de la main, j'avais depuis longtemps perdu mon statut d'étrangère... j'étais devenue leur sœur, une laotienne d'adoption qu'on respectait, qu'on saluait et qu'on ne regardait pas comme une bête curieuse.

J'allumais une deuxième cigarette et continuais de boire mon thé à petites gorgées. Les rizières dansaient dans le vent, la clameur de la jungle montait dans le ciel.

En dépit du jour finissant la chaleur était toujours suffocante, moite, asphyxiante... Ma simple chemise de lin blanc, que je portais pour seul vêtement me collait à la peau.

J'étendis mes jambes, que je trouvais trop longues et maigres, et continuais à regarder le monde autours.

La maison à côté de la mienne était allumée. Je pouvais voir une silhouette se dessiner en ombres chinoises, une silhouette qui n'avait rien d'asiatique.

Mon voisin occasionnel était un occidental, à vrai dire il venait d'arriver. C'était un américain dont l'âge devait avoisiner le mien, on le disait riche homme d'affaire, bien que je me demandais quelles affaires il pouvait envisager de faire dans cette partie du pays mangée par la jungle.

Au village on ne parlait que de lui, il voyageait sans femme, sans enfant, personne ne savait bien pourquoi il était là.

Sa maison était assez spacieuse et relativement confortable. Elle appartenait à un indien qui vivait à la ville, et qui ne venait ici que très rarement, on le disait pris dans le trafique de rubis en provenance de Birmanie. Mais il fallait relativiser cette accusation qui était si souvent servie pour parler des gens dont on ignorait l'activité.

L'occidental devait être son invité ou un locataire saisonnier.

En quatre ans je m'étais mise à parler des étrangers comme on avait du parler de moi à mon arrivée. Mais je n'aimais pas vraiment cet homme. Même si je ne le connaissais pas, je ne connaissais personne de sain d'esprit qui se promènerait dans la jungle laotienne avec un costume hors de prix. Costume qui lui allait remarquablement bien il fallait le dire.

Pour dire la vérité cet homme m'obsédait un peu... grand, les épaules carrées, un visage parfait dont les joues étaient mangées par une barbe de trois jours qui lui allait merveilleusement bien. Une chevelure bronze, indomptable... j'avais pu voir son regard le jour de son arrivée ici. Deux émeraudes à l'éclat de plus parfait, un vert à faire pâlir d'envie la jungle luxuriante. Un de ces regards qu'on oublie pas... qui vous transperce de toutes parts, qui fait monter une bouffée de chaleur du fond de votre ventre.

Il avait ce genre de regard cet homme dont j'épiais depuis les fais et gestes de ma petite terrasse de bambou. Il m'intriguait. Mes rêves étaient souvent peuplés de ses yeux verts, de ses mains délicates et fines et pourtant je n'aimais pas cet homme. Et je voyais son arrivée d'un mauvais œil, comme si il venait troubler ma quiétude nouvelle en apportant avec lui les souvenirs du monde que j'avais fui.

Le soir parfois je voyais se glisser à petits pas vers sa maison une fille d'ici, de ces perles de finesse comme seule l'Asie sait en faire naître. Créature enjôleuse à la chevelure d'un noir d'encre, aux lèvres ourlées de rouges et au teint de caramel clair. Corps à louer que l'on jette aux touristes pour amoindrir la misère.

Tant de légendes circulent sur ces femmes que leur succès fera leur perte. Et l'occidental lui ne se privait pas de leur compagnie, aucune éthique ne venait l'embarrasser.

Il allait avec délectation se perdre dans ces corps de rêve qui à force d'appartenir à tout le monde n'appartenaient plus à personne.

De mon observatoire j'épiais leurs allées et venues, une fille différente à chaque fois. Ces créatures enchanteresses se déplaçaient avec finesse, silencieuses, créatures de l'ombre et de plaisir. Je les regardais se jeter dans la gueule du loup, parce que c'est bien là qu'elles allaient, ces filles à la beauté insaisissable avec lesquelles il était impossible de rivaliser.

Plus que tout c'est peut-être ça qui m'agaçait. Trop occidentale pour les asiatiques qui préféraient les femmes de leur pays, mais aussi trop peu orientale pour les occidentaux perdus ici qui préféraient les beautés sombres d'Asie... seule toujours! Quatre ans de célibat forcé... quelques trop rares étreintes, ici il fallait faire attention à sa réputation les asiatiques étaient des gens très pudiques et réservés.

Je secouais la tête pour chasser ces sombres pensées. Ce n'était pas le moment. Les journées étaient suffisamment longues et difficiles pour profiter des moments de répit. Ici il fallait faire de la médecine avec peu de choses, et souvent pour des cas graves. Et ça prenait une énergie folle.

Pov E

Comme chaque soir depuis mon arrivée ici, j'examinais avec attention la terrasse de la maison voisine de la mienne. La position des deux maisons me laissait tout le loisir de regarder sans être vu...

Ma terrasse faisait face à la plus enchanteresse des visions qui soit... la jungle parée de son camaïeu de verts qui s'étendait sur les rives du lac aux eaux troubles.

Et pourtant aussi divine que soit cette vision, ce n'est pas vers elle que se portait mon regard mais vers la maison voisine, ou plutôt l'occupante de cette maison.

Comme chaque soir elle était assise sur le sol de bambou, dans une chemise blanche toute simple, ses boucles brunes remontées négligemment sur sa tête, ce qui dégageait la vue de sa nuque gracile. Elle était belle, d'une beauté très simple et même un peu sauvage, rien de superficiel ni de trop arrangé. Il se dégageait d'elle un puissant magnétisme, une aura de beauté presque animale. Elle m'évoquait un fauve magnifique de la jungle, cette femme avait sans aucun doute une forte personnalité. Cela se dessinait dans touts ses traits, qu'elle avait d'une remarquable finesse. Sa peau de porcelaine lui donnait un soupçon de fragilité qu'on devinait illusoire. Son corps était délicatement musclé, ses jambes longues, fines et nerveuses.

Depuis que j'étais ici cette femme m'obsédait, je ne sais pas si c'est sa simple beauté, son aura presque sauvage où le fait que cette occidentale vivait seule dans la jungle laotienne... mais il y avait quelque chose chez cette femme qui m'intriguait... qui m'attirait.

Je n'avais pas encore eu l'occasion de faire sa connaissance, je ne trouvais pas de prétexte pour le faire. L'envie de la connaître m'étonnait d'ailleurs, j'étais d'un naturel plutôt froid, dur même, ne me liant pas facilement et surtout n'ayant aucune envie de le faire.

Mais cette femme là, j'avais envie d'en savoir plus sur elle. On disait qu'elle était médecin humanitaire installée ici depuis quelques années... et c'est précisément ce qui allait me fournir mon prétexte.

Accoudé à la rambarde de bois je terminais mon verre, profitant des arômes subtiles de l'alcool. Mes vacances ici prenaient des airs de paradis, à tel point que je redoutais le jour de mon retours aux États-Unis...

Parti sur un coup de tête j'avais soudain eu l'envie de fuir, mon entreprise me prenait tout mon temps et toute mon énergie, mais là elle pouvait bien se passer de moi quelques temps, que je me repose loin de toute cette agitation. N'ayant ni femme ni enfant mon départ s'était organisé à la dernière minute, comme ça, sur un coup de tête... Et je ne le regrettais pas. Loin de là!

Le Laos était un pays magique... merveilleux, envoûtant.

Ayant pris soin de prendre avec moi mes pinceaux et des toiles je faisais venir chaque soir dans la maison de bois des filles d'ici, de ces filles qui vendent leur corps aux étrangers.

Contrairement à ce qu'on devait dire dans le village, je n'en avais pas touché une seule, et pourtant j'étais un très grand amateur de sexe. Mais la timidité et la pudeur asiatique ne me seyait pas... J'aimais les femmes plus expressives, plus sauvages.

Non, si je payais ces filles pour leur compagnie c'était dans le but de dessiner ou de peindre leur touchante et parfaite beauté. Étendues, nues sur le lit elles offraient à mon regard et à mes toiles le plus charmant des tableaux, la plus délicate des esquisses... Aucune d'elle ne semblait soulagée que ma demande ne concerne en rien le sexe, à vrai dire elles étaient inexpressives, se contentant de baisser leurs paupières sur leurs beaux yeux sombres et de s'étendre là, leurs cheveux dénoués et leurs corps exposés.

Mais ce soir aucune fille n'avait rendez-vous chez moi, je voulais mettre mon plan à exécution et faire la connaissance de ma charmante voisine, qui à quelques pas de moi fumait sa cigarette avec une troublante sensualité. Parfois c'est ses lèvres roses et pulpeuses que je voyais glisser dans sa tasse de thé fumant, et ce spectacle ne me donnait que plus envie de la connaître.

Pov B

Je m'apprêtais à dîner lorsqu'on frappa à la porte. J'allais ouvrir m'inquiétant vaguement de l'identité de la personne qui avait besoin de moi à cette heure.

Devant le battant se trouvait mon voisin, l'occidentale... Pour la première fois je pus me plonger dans ses yeux d'émeraude sans fin... Il était encore plus beau que ce que je pensais. Je fus tirée de ma contemplation par sa voix, et mon dieu quelle voix! Un timbre chaud et viril, teinté d'un soupçon de velours.

"-Euh bonjour! Edward Cullen." Il me tendit sa main parfaite que je pris précautionneusement, savourant le contact de son grain de peau si lisse contre ma main.

"-Bella, Bella Swan."

"-Enchanté Bella" mon prénom dans sa bouche sonnait comme du miel onctueux. "voila, on m'a dit que vous êtes médecin"

"-Oui en effet"

"-Et il se trouve que je pense avoir besoin d'un médecin."

"-Je vous en pris entrez, qu'est-ce qui vous arrive?"

"-Je pense que je me suis fait piquer par un truc, je ne connais pas la région, je ne sais pas ce que c'est mais..."

En disant cela il souleva le pan de sa chemise blanche, qui galbait si parfaitement son corps finement musclé.

Je dus me faire violence pour détacher mes yeux de son ventre, où une ligne de poils sombres semblait tracer le chemin vers le paradis des perverses...

Sur sa taille une très vilaine piqûre dessinait une auréole rouge et boursouflée.

"-En effet..." délicatement j'approchais mes doigts de sa peau, je le sentis tressaillir lorsqu'ils se posèrent près de la plaie. Sa peau était douce, en me penchant pour examiner la piqûre je pouvais sentir son parfum, une odeur masculine de cèdre, d'ambre avec une note de camphre, un parfum envoûtant qui m'émoustillait tout particulièrement.

"-Ça date de quand?"

"-Hum deux jours"

"-De la fière? Des nausées? Vomissements?"

"-Non rien de tout ça..."

"-D'accord, attendez j'ai un truc qui déjà va soulager la douleur, l'inflammation est assez importante".

J'allais chercher une crème dans ma pharmacie, sautant sur l'occasion de m'éloigner un peu de lui, sa proximité me troublait trop. Je sentais un flot de désir incontrôlable m'envahir face à cet homme. Hors je détestais plus que tout perdre le contrôle de mon propre corps.

"-Tenez, ces comprimés anti-inflammatoires deux fois par jours, il y en a suffisamment là pour vous éviter de courir après une pharmacie."

"-Merci."

Je lui souris distraitement et étalais une couche de crème sur le bout de mes doigts.

"-Ça risque d'être un peu froid." Le plus délicatement possible j'appuyais mes doigts, d'abord en périphérie de la zone douloureuse puis vers l'intérieure, le massant le plus légèrement que je pouvais. Jamais au grand jamais je n'avais pris autant de plaisir à appliquer de la crème sur un homme... heureusement pour moi d'ailleurs. Mais il y avait quelque chose avec lui, un truc qui mettait mes sens à fleur de peau, je ressentais comme des crépitements électriques en le touchant et son parfum toujours si entêtant venait me narguer et exacerber mon désir. A mesure que j'appliquais la crème je sentais un flot d'humidité envahir mon intimité. Je sentais son regard sur moi et cela me troublait.

Mon corps réagissait d'une façon étrange à sa proximité. Cet homme dégageait un je ne sais quoi de séduisant, de magnétique même. Son parfum me faisait tourner la tête, je ressentais trop sa proximité au fond de moi pour ne pas avoir peur, un désir sourd et fluide coulait dans mes veines.

"-Voila, tenez je vous la laisse. Appliquez en deux fois par jour cela soulagera la douleur."

"-Merci beaucoup! Combien je vous dois pour la consultation?"

"-Mais rien du tout voyons. Nous ne sommes pas en Amérique! Et puis c'est juste une piqûre."

"-Dans ce cas accepteriez-vous une invitation à dîner pour vous remercier?"

"-Je vous remercie, mais mon emploie du temps n'est jamais sûr vous savez."

"-Oui je comprends... mais..."

"-Par contre mon dîner est presque prêt là, si vous voulez rester! Je n'ai que du riz à la mangue et quelques fruits mais..." je me demande encore ce qui m'avait pris de l'invité à dîner. Cet homme que je méprisais il y a encore quelques heures! A ma décharge il faut dire que l'avoir rencontré n'améliorait en rien mon obsession. J'appréhendais ce qui allait ressortir de cette soirée. La décence aurait voulu que je le mette dehors au plus vite pour m'éloigner des tentations. Pas que je l'invite à dîner!

"-Ce serait parfait. Merci beaucoup! Je vais aller chez moi chercher à boire pour accompagner le repas."

Pov E

C'était aussi inattendu qu'inespéré! Je restais quelques instants abasourdi par cette invitation à dîner, et je crois qu'elle l'était elle même tout autant. Il s'était produit un truc étrange lorsqu'elle avait massé ma piqûre, comme, je ne sais pas, une sorte de courent électrique bizarre. Je pense qu'elle l'avait senti aussi étant donné qu'elle avait tressailli. La sentir si près de moi me faisait beaucoup d'effet, je sentais mon désir pour cette femme sauvagement sensuelle s'emballer à chaque fois que mes yeux se posaient sur elle. Alors la sentir à quelques centimètres seulement, ses doigts fins et méticuleux sur la peau de mon ventre, le parfum puissant qu'exhalaient ses cheveux, la finesse de sa nuque que j'avais eu tout le loisir de contempler lorsqu'elle s'était penchée sur moi... Cette femme était à elle seule une œuvre d'art, une sculpture à la fois fragile et puissance, sensuelle et délicate. Sa fine chemise de lin ne cachait pas grand chose de son corps svelte et musclé, racé même. Sous le vêtement blanc j'avais pu entre-apercevoir l'aréole brunâtre de ses seins, la chaleur moite d'Asie faisait pointer ses tétons arrogants sous le tissus.

Je ne me lassais pas de regarder cette femme, j'aurais aimé la peindre et la dessiner pour ensuite mieux la posséder, me fondre en elle, goûter sur le bout de ma langue son extrême sensualité qui je pense devait avoir la saveur velouté de la vanille.

Je pris une bouteille de rhum et repris la direction de la maison de ma charmante et mystérieuse voisine.

A ma plus grande déception elle avait troqué sa chemise de lin contre une petite robe de lin également mais au tissu un peu plus épais, qui me privait du plaisir d'admirer de façon si indiscrète le dessin de ses courbes féminines. La robe restait tout de même suffisamment courte pour mettre tous mes sens en éveil.

Installés autours de la table basse sur la terrasse de bois, face au lac qui s'endormait dans ses eaux sombres, nous dégustions le repas succulent bien que frugale.

"-Vous êtes une excellente cuisinière!"

"-Merci, mais je ne suis pas certaine de totalement mériter ce titre. Ce n'est que du riz."

"-Je suis incapable de cuisiner. Alors même si ce n'est que du riz je suis impressionné!" Son sourire avait quelque chose de rassurant, de calme comme les eaux face à nous. J'étais content de le lui avoir arraché.

"-Le secret en fait, c'est les mangues."

"-Et bien je m'en souviendrai si un jour je m'aventure dans une cuisine."

"-Vous ne cuisinez vraiment jamais? Vous êtes le genre de type à attendre sagement que sa femme lui prépare ses repas?"

"-Hum ça pourrait presque être ça... à ma plus grande honte! A ceci près que je n'ai pas de femme!"

"-Ah vraiment? Cela explique donc le défilé." elle avait marmonné la dernière phrase, comme si elle ne m'était pas destinée.

"-Le défilé?"

"-Des Laotiennes qui vous "rendent visites""

"-Ah! Oui je ne suis pas sûr que si j'avais une femme elle soit enchantée de me voir dessiner d'autres femmes qu'elle.''

"-Dessiner?"

"-Humhum, un de mes loisirs, le plus prenant je pense. Et le plus coûteux à mon avis aussi! Vu le tarif qu'elles prennent pour ça... pas de différences avec leurs "prestations habituelles" elles ne veulent pas perdre leur temps."

"-Vous voulez dire que vous faîtes venir chez vous une femme différente chaque soir, une de ces femmes qui vendent leur temps je veux dire, dans le but de les dessiner?"

"-C'est exactementce que je veux dire! Mais est-ce que par hasard vous m'espionnez?"

Je fus surpris de voir un rougissement s'étaler sur ses joues, elle qui semblait d'ordinaire si sûre d'elle!

"-Absolument pas! Mais il faut dire que ce n'est pas très discret, et puis les gens parlent au village vous savez. Vous devriez faire un peu attention à votre réputation! C'est important ici!"

"-Vos conseils sont excellents. Mais malheureusement je ne suis pas destiné à rester ici. Mes obligations vont bientôt me rattraper."

"-Malheureusement? C'est donc si pénible?"

"-Hélas oui, j'ai monté mon entreprise à ma sortie de l'université, tant qu'elle était petite c'était agréable de la gérer, maintenant c'est un véritable casse tête. Ces vacances étaient plus que nécessaires."

Moi qui n'étais pas très bavard d'ordinaire, et qui n'aimais pas me confier... Je ne sais pas si c'est la proximité de cette femme intelligente et vive ou le rhum qui me déliait la langue, mais je n'éprouvais aucune gène à me livrer.

Pov B

La soirée s'écoulait doucement, à un rythme un peu paresseux, langoureux. La nuit était noire désormais, toute vie sur le lac était endormie... il ne restait que nous sous la voûte étoilée, bercés par les bruits de la jungle. La nuit la jungle change de nature, elle devient bavarde, vivante.

A un moment je ne sais plus pourquoi je mis un peu de musique sur mon vieux poste radio.

Des tubes américains des années d'après guerre, le son était grésillant, c'est tout ce qu'on pouvait capter ici de ce pays qui autrefois avait été le mien. La jungle mangeait tout et ne nous laissait que les miettes. Entendre ces vieilles voix me plongeait dans la nostalgie, comme les rivages ombrageux d'un passé lointain que l'on se résigne à quitter. Le mal de l'exilé qui parfois se rappelle... Parait-il qu'on porte en nous le chant de notre pays, j'avais préféré oublier ça mais ce soir je me rappelais. Écouter de la vieille musique avec un américain au fin fond de la jungle laotienne... reparler du pays et se souvenir.

"Les États-Unis vous manquent parfois?" Edward était assis à côté de moi maintenant, le long du mur de bois, face au lac. Nos genoux se touchaient et nous fumions quelques cigarettes.

"-Rarement... je dois dire qu'ils ne m'ont pas manqués depuis quatre ans!"

"-Et ce soir?"

"-Ce soir c'est différent... Ce soir je ne me sens plus asiatique, ce soir je me sens comme l'étrangère que j'étais à mon arrivée."

"-A cause de moi?"

"-Grâce à vous je dirais. Ça fait du bien de se souvenir parfois. D'éviter d'oublier."

"-Peut-être qu'on pourrait se tutoyer non?"

"-C'est une idée! Et vous l'Amérique vous manque?"

"-Je viens de la quitter..."

"-C'est dans ces moments là que c'est le plus dur, après on évite d'y penser."

Le silence retomba entre nous, mais c'était un silence paisible pas un silence gênant.

Malgré la nuit tombée la chaleur était toujours présente, l'humidité aussi. Je sentais la sueur couler le long de mon dos, entre mes seins... voila pourquoi je ne portais jamais autre chose qu'une grande chemise quand je restais à ne rien faire, après on poisse et c'est désagréable.

Les moustiques voletaient autours de nous, sûr que demain nous serions piqués de partout. Mais pour le moment peu importait.

"-Pourquoi dessiner des femmes nues?"

"-Pour la beauté des corps."

"-Les corps ne sont pas beaux, il arrive toujours un moment où ils finissent pas nous trahir, nous dénigrer."

"-Cela n'empêche pas leur beauté éphémère..."

"-C'est peut-être vrai..."

"-Pourquoi avoir quitté les États-Unis?"

"-Manque de frisson, d'espace, je sais pas trop... une fuite de ce monde qui marche sur la tête aussi, sûrement."

"-Le rhum te rend cynique!'

"-T'as une autre cigarette?"

Je fumais ma énième cigarette en rêvassant, à ses dernières paroles? Pas spécialement... Je me laissais juste porter par le flot de mes pensées.

Mes doigts jouaient tout près des siens sur le bois tiède. Le piano! Voila ce qui me manquait le plus de mon ancien monde.

"-Tu danses?"

"-Hein?"

"-Tu veux danser?"

"-Je ne sais pas danser!"

"-Allez toutes les femmes le savent!"

"-Alors je ne dois pas être une femme."

"-Permets moi d'en douter !" Il s'était levé et me tendait sa main, sa belle main manucurée de pianiste ou de chirurgien.

Je ne sais même plus pourquoi sur le moment ça m'avait semblé une bonne idée, toujours est-il que je glissais ma main dans la chaleur de la sienne.

Il nous fit tournoyer lentement. La proximité entre nos deux corps me troublait. J'étais presque collée à lui, sa main dans le bas de mon dos caressait distraitement ma hanche.

Il sentait bon, de cette odeur proprement masculine qui me mettait les hormones en ébullition. La moiteur ambiante faisait coller sa chemise à sa peau. Sa précieuse chemise blanche qui devait coûter une fortune si on se fiait à sa douceur. La chaleur d'Edward avait quelque chose de rassurant, de réconfortant. Je sentais mon cœur battre un peu plus vite et surtout mon sang s'affoler dans mes artères.

Sans me poser plus de question je collais ma tête contre son torse, appréciant sa fermeté d'homme, me délectant encore et toujours de sa savoureuse odeur.

Je ne fus même pas surprise lorsque je sentis ses lèvres se poser sur mon épaule. Voyant que je ne protestais pas, je ne vois pas pourquoi je l'aurais fait d'ailleurs, son baiser avait la fraîcheur sucrée d'une fleur de lotus, elles migrèrent dans le creux de mon cou.

Son baiser se fit plus insistant, exigent. Je lui cédais du terrain avec délice. J'aimais la façon qu'il avait d'aspirer doucement ma peau, de suçoter cette zone si sensible.

Ses mains pétrissaient mes hanches, les miennes n'étaient pas en reste non plus, je caressais tout ce que je pouvais atteindre. Je m'enivrais de sa présence si près de moi, je me délectais de sa chaleur, de ne plus me sentir seule.

Nous continuions de tournoyer lentement. Les lèvres d'Edward étaient maintenant à mon oreille, la taquinant, l'aspirant dans sa chaleur doucement. Il léchait avec application le tout petit creux là, juste derrière le lobe, zone si sensible aux caresses.

La jungle tout autours continuait à bourdonner, indifférente au ballet de nos corps enlacés. Je déposais un baiser dans le creux de son cou. Le vieux poste crachotait sa musique grésillante.

"-Edward j'ai envie de toi."

"-Moi aussi..." pleine d'assurance je pris sa main et l'entraînais vers mon lit.

La moustiquaire se referma sur nous comme un rideau sur une alcôve. Et pour la première fois je pus goûter à ses lèvres, ses vibrantes et chaudes lèvres qui avaient comme une saveur de paradis, un goût de luxure.

Je me frottais contre lui, tout mon corps en ébullition alors que je sentais ses mains partout sur moi, me câlinant à mille endroits à la fois.

Les bretelles de ma robe avaient glissé, dévoilant le haut de ma poitrine qu'il embrassa avec envie.

Pov E

Elle était au dessus de moi, son corps créant une délicieuse friction contre mon sexe. Elle semblait prendre plaisir à m'allumer de la sorte. Ses joues étaient rouges, son souffle court et ses yeux brillants.

A califourchon sur moi elle ôta sa robe d'un mouvement fluide. Il ne restait comme seul rempart que son petit shorty de dentelle noire. Ses petits seins aguicheurs pointaient vers ma bouche d'une manière impérieuse. Je m'empressais de venir happer les pointes, petites framboises dans leur corolle sucrée.

La peau de Bella était salée, avec un petit quelque chose de sucré en même temps, subtil mélange, un peu aigre doux, à mi chemin entre la puissance et la fragilité.

"-Tu me fais confiance?" sa voix n'était plus qu'un murmure chargé de désir.

"-Bien sur."

"-Laisses moi te faire du mien."

Elle se pencha, me laissant tout le loisir d'admirer son délicieux petit postérieur moulé dans la dentelle noire, et sortit un fouloir de la commode.

Elle glissa le bout d'étoffe de soie de long de mon torse que ma chemise déboutonnée laissé à la vue, puis le glissa dans mon cou comme pour m'en faire apprécier la douceur, avant de saisir mes deux poignets et de les élever au dessus du lit.

Elle noua mes mains à la tringle de bambou, entravant tous mes mouvements dans une délicieuse prison de soie.

Je me sentis devenir encore plus dur. Je n'avais jamais expérimenté ce plaisir et j'étais très excité de le vivre maintenant.

Bella continuait de se frotter à moi, j'aurais presque pu l'entendre ronronner. Cela ne faisait que renforcer l'image de félin que j'avais associée à cette femme mystérieuse.

Avec des gestes experts elle m'enleva jusqu'au dernier vêtement, me laissant nu, à la merci de son regard carnassier.

Je la vis s'attarder sur mon membre fièrement dressé, semblant le juger avec satisfaction.

Elle s'agenouilla au pieds du lit, ses doigts traçaient habilement les contours de la plante de mes pieds. Je fermais les yeux pour apprécier cette caresse nouvelle. Sa bouche chaude et humide se posa dans le creux de ma cheville puis remonta jusqu'à mon genoux. Elle taquina de la pointe de sa langue mon creux poplité, je me laissais aller au plaisir de cette caresse si sensuelle. Je pouvais voir les seins fermes et impertinents de Bella dressés vers moi, cela ne faisait que renforcer mon désir pour elle.

Alors que sa main comblait mon autre jambe, ses lèvres remontèrent vers l'intérieur de ma cuisse, laissant une traînée brûlante de baisers.

Ignorant mon membre gonflé qui criait pour qu'on s'occupe de lui, elle traça de la pointe de sa langue les contours de mes abdominaux, vient mordiller durement mes tétons avant de marquer mon cou en l'aspirant entre ses lèvres pulpeuses avec force.

J'accueillis avec joie sa bouche quand elle vient se poser sur la mienne. J'eus à peine le temps de goûter la saveur de son baiser que je perdis le contact de ses lèvres sur les miennes. Elle avait glissé avec la rapidité d'une panthère vers mon bas ventre et se préparait à engloutir mon membre avec le regard d'un chat s'apprétant à dévorer un canaris.

Jamais encore je n'avais pris autant de plaisir à être dans la bouche d'une femme. Bella était excessivement douée. La pointe de sa langue ne cessait de taquiner mon gland alors que le plat de son muscle chaud caressait toute la longueur. Mais le meilleur était quand elle m'aspirait entièrement en elle, pompant durement et serrant la base de ma queue dans l'étau de sa petite main. Je me tortillais, retenu par mes liens, mes possibilités de mouvements étaient très limitées, et cela décuplait mon plaisir.

Je faisais tous les efforts possibles pour ne pas jouir maintenant, pour profiter encore un peu de cette caresse. Mais lorsque je ne pus me contrôler, que je sentais que ma jouissance serait libératrice, Bella se retira et me regarda avec un sourire enjôleur.

"-Non, pas tout de suite, laisse moi profiter encore un peu."

Elle remonta le long de mon corps et s'accroupit au dessus de mon visage, son intimité encore dissimulée par son sous-vêtement.

Avant d'essayer d'enlever son shorty à l'aide de ma bouche étant donné que mes mains étaient toujours prisonnières, je commençais par donner un coup de langue sur le morceau de dentelle, recueillant sur ma langue les perles de désir qui s'étaient échappées.

Elle m'aida dans ma besogne vu le peu de liberté de mouvement que j'avais. Je ne la fis pas languir plus longtemps et passais ma langue le long de cette fente juteuse, comme une mangue trop mure. Elle avait un goût divin, un goût sucré et capiteux. Je la lapais avec envie, avec frénésie même, comme un chaton affamé, me délectant de cette douce ambroisie qui coulait sur ma langue.

Pov B

Sa langue était magique, il n'y avait pas d'autres mots. Lorsque je me sentis sur le point de venir, je détachais ses poignets et les massais quelques secondes, une bonne manière de faire descendre la tension et de profiter encore un peu du plaisir.

"-Edward viens! Viens en moi maintenant!" mon ton était suppliant, ma voix étouffée par le désir.

Lorsqu'il enfonça sa verge si dure et gonflée au fond de mon intimité je me sentis écartelée, mais au paradis. Il me prenait avec force, nous gémissions tous les deux de nous sentir si intimement liés.

J'embrassais ses lèvres avec gourmandise et urgence, je le serrais contre moi pour le sentir toujours plus proche, toujours plus loin en moi. Nos corps étaient trempés par la sueur, je cueillais du bout de ma langue les gouttelettes qui couraient le long de son front. Nous tombâmes dans la jouissance ensemble, liés l'un avec l'autre de façon si intime.

Notre cris se perdit dans le murmure de la jungle, dehors la vieille radio grésillait toujours, le lac devait maintenant être couvert de brumes épaisses... la nuit vivait et palpitait au cœur de la luxuriante Asie. Nous tombâmes dans les bras l'un de l'autre pour tenter de retrouver notre souffle, nous les deux étrangers égarés ici qui venions de nous trouver. Et ce soir nous savourions sur nos langue le parfum subtile de l'Asie...