Hello tout le monde ! Voila la suite ! Alors que va faire Bella ?

Merci beaucoup pour vos review !

Sissouille : Je suis super contente que cette histoire te plaise ! J'espère que la suite te donnera aussi envie de continuer ! Soraya : merci beaucoup pour ta review ! Les peurs de Bella sont simples, elle a peut de retomber dans sa vie d'avant... J'espère que la suite te plaira ! Jackye : merci beaucoup pour ta revie w ! Tu as très bien décrit l'état de leur relation, ils ne communiquent pas... J'aime énormément cette image de bagages en transit ! C'est tout à fait ça ! Bisous, à très bientôt ! Flopy69 : Merci pour ta review ! Tu as raison, Bella fait beaucoup d'effort pour s'adapter, mais est-ce que cela suffira? A bientôt !

Merci LyraParleOr et SBRocket (tu vas devoir te surpasser pour la review là ! T'as déjà laissé la meilleur pour le manoir...)

Pov B

Je serrais dans le creux de ma main les clés de la voiture à m'en faire blanchir les jointures. Tout le temps qu'il me fallut pour descendre au garage je le passais à caresser le métal froid, à évaluer le poids de ce trousseau qui semblait peser bien plus lourd dans ma main, lourd de toutes les implications que représentait cette sortie en ville... seule... dans ce qui était pour moi un monde hostile.

Les clés étaient celles d'un petit coupé Audi noir et élégant, raffiné, tout comme son propriétaire. Je n'avais pas conduit depuis si longtemps qu'il me fallut quelques minutes pour me ré-acclimater, retrouver mes réflexes et je me lançai sur la route de Seattle, une boule au ventre et l'impression de faire quelque chose de vraiment difficile.

La matinée était ensoleillée, une brise légère jouait dans les feuilles rousses des arbres et dans d'autres circonstances j'aurais pris plaisir à conduire cette voiture souple sur la route qui longeait l'océan.

Les silhouettes élancées des immenses buildings de verre se détachaient sur le ciel clair, impressionnantes, menaçantes.

La boule dans mon ventre enflait, grossissait, sans autre raison que la peur de voir arriver une nouvelle crise de panique.

J'arrivais en ville sans savoir vraiment où aller, je m'étais rendue jusqu'ici sans autre but que de me prouver que j'en étais capable, qu'il n'y avait rien de vraiment terrifiant à l'idée de me retrouver plongée au cœur de cette vie citadine qui avait si longtemps été la mienne. C'était certes dans une autre partie du pays, dans une autre ville, mais après tout elles se ressemblaient toutes pour moi.

Arrêtée à un feu je réfléchissais vaguement à l'endroit où je pourrais aller. Un jeune couple traversa la route, la femme poussait la poussette d'un enfant coiffé d'un petit bonnet bleu. L'homme avait passé son bras dans le creux du dos de sa compagne, il souriait. Je me pris à rêver, à rêver d'Edward qui regarderait la poussette de notre enfant avec ce même regard un peu hébété, un peu émerveillé. Je chassais bien vite ces pensées, cet avenir-là n'était pas pour moi, n'était pas pour nous, mais c'était une jolie image, un joli soupçon de rêve qui me donna le courage de poursuivre ma route. Peut-être un jour, dans longtemps, dans très longtemps et loin d'ici qui sait... et même si j'étais tout à fait consciente de me bercer d'illusions j'avais aimé ce furtif moment d'espoir.

Je m'arrêtais au premier Starbucks sur mon chemin puisque je n'avais rien de mieux à faire. Les odeurs familières qui m'assaillirent me replongèrent dans les souvenirs de ma vie étudiante, lorsque chaque matin je faisais une halte pour acheter un café en me rendant à la fac. J'avais vingt ans à nouveau, toute pétrie d'espoirs et de naïves illusions.

C'est tout naturellement qu'une fois revenue dans la voiture, après m'être brûlées les lèvres avec le café insipide et trop chaud, je suivis les panneaux en direction de l'hôpital.

Je me garais à bonne distance des urgences mais suffisamment près de l'entrée principale pour observer. Observer quoi au juste? Je n'en avais pas la moindre idée... Observer ce qu'aurait dû être ma vie sûrement. Mes tendances masochistes n'étaient plus à prouver.

Des patients ou des visiteurs remontaient la petite allée de dalles blanches que bordait une pelouse à l'allure maladive jonchée de feuilles mortes.

Je suivis des yeux une jeune femme en blouse au pas dynamique et pressée qui s'arrêta à peine quelques secondes pour saluer d'autres blouses blanches. Ses longs cheveux bruns se balançaient au rythme rapide de ses pas. Un pincement douloureux se fît sentir alors que je regardais ce ballet cruellement habituel, celui de ma vie quatre ans auparavant lorsque moi aussi j'arpentais ces dalles blanches, c'étaient celles d'un autre hôpital mais qu'importe, pour affronter une désespérément longue journée qui ne correspondait pas à mes rêves de jeunesse. L'étudiante naïve et candide que j'étais des années plus tôt était morte dans une allée semblable à celle-ci, morte de dépit et d'étouffement, mais peut-être étaient-ce seulement ses rêves qui s'en étaient allés... L'amertume les avait remplacés.

Abandonnant le café dont le goût désagréablement familier me donnait la nausée, j'allumais une cigarette, et bientôt une deuxième sans que la nicotine ne m'apporte le moindre apaisement. Je me sentais de plus en plus nerveuse, de plus en plus mal à l'aise, de plus en plus prisonnière. Mes mains tremblaient. Immergée dans le passé je ressentais de nouveau, aussi intensément que quatre ans plus tôt, l'impression que ma vie s'émiettait entre mes doigts, qu'elle se vidait de sa substance pour devenir cette désespérante routine qui me faisait mourir à petit feu. Je sentais de nouveau l'amertume qu'avaient laissée sur mes lèvres mes rêves évanouis. Le défilé des blouses blanches n'en finissait pas, il devait être presque l'heure de la visite médicale dans chaque service. J'avais la sensation d'étouffer, de nouveau je me sentais enfermée, captive, comme un oiseau avide de s'envoler à qui on aurait coupé les ailes. La révolte grondait sous ma peau, c'était la même sensation que celle qui m'avait poussée à répondre à cette annonce pour le Laos, la seule vraie décision louable que j'avais prise dans ma vie. La seule qui m'avait permis d'échapper à cet enfermement qui délitait tout espoir. Je bouillais, ma tête tournait et mes instincts de fuite reprenaient le dessus, ce vieux mécanisme qui était devenu pour moi un refuge. La révolte était là, dans le creux de mes entrailles et elle se débattait contre l'étouffement.

Je revoyais la jeune femme sage et trop rangée que j'avais été, celle qui était toujours à l'endroit où on l'attendait, celle qui faisait toujours ce qu'on lui demandait et cette vision me rendit haletante, je luttais pour retrouver mon souffle, en proie à la panique. Jamais plus je ne voulais redevenir ainsi. Ce n'était pas ce que j'attendais de la vie.

Une fois que je pus retrouver un peu mes esprits et mon calme, je pris la direction de la maison d'Edward. Fuir, encore! A mesure que les kilomètres défilaient je sentais la pression sur ma gorge se relâcher et la main invisible qui entravait mes poignets finit par disparaître. Venir en ville avait été une mauvaise idée, c'était au-dessus de mes forces, je n'étais pas assez forte pour ça. Je pensais à Edward et cela m'emplit de peine et de tristesse, j'étais si bien dans le creux de ses bras, si apaisée, si à ma place et pourtant je ne pouvais envisager de m'installer avec lui. A moins de rester enfermée pour le restant de ma vie je ne voyais pas bien comment je pourrais reprendre ma vie ici alors qu'une simple visite en ville me mettait dans un état de panique proche de la folie. J'avais essayé, j'avais échoué... Deux choses puissantes se battaient en moi, les sentiments que j'avais pour Edward et mon instinct de fuite et ce dernier semblait toujours être le plus fort!

En rentrant dans la maison j'avais l'impression de flotter sur un nuage de confusion, j'étais hébétée, perdue.

Edward n'était pas rentré et quelque part cela me rassura qu'il ne me voit pas dans cet état, même si j'aurais aimé me fondre dans ses bras où j'étais certaine de pouvoir retrouver mon calme.

J'allumais son ordinateur et me connectais sur ma boite mail pour relire la proposition de Garrett, la Birmanie... la fuite encore, comme une échappatoire rassurante... Il parlait de quelques semaines, ce n'était pas très long, et ça me permettrait certainement de faire le point. Ma relation avec Edward semblait dangereusement s'engager dans une impasse et je tenais beaucoup trop à lui pour le perde, j'avais besoin de réfléchir, mais loin d'ici! Je voulais partir.

Je pris quelques minutes pour prendre ma décision, mais pour la forme seulement, je savais très bien que j'allais accepter cette mission, malgré tous les risques qu'elle comportait. Et d'ailleurs si je devais être totalement honnête avec moi-même je devais avouer que j'avais toujours su que je finirais par accepter... Le spectre de cette idée n'avait jamais vraiment cessé de me hanter.

Je fis quelques recherches rapides sur la Birmanie, quelque part je voulais presque qu'Edward rentre et qu'il me dissuade de me lancer là-dedans, mais il ne rentra pas alors j'envoyais un mail à Garrett et je pris mon billet de retour pour le Laos, sans plus réfléchir, l'instinct et la peur étaient toujours les plus forts!

Il était bien plus de midi mais je ne songeais même pas à déjeuner. Je laissais mon regard dériver vers le Pacifique, les vagues s'écrasaient sur les roches en faisant jaillir des gerbes d'écume. Bientôt je serais de l'autre côté de cet océan, loin d'Edward...

Les larmes commencèrent à me brûler les yeux et ma gorge était douloureusement serrée. Je savais que j'avais pris la bonne décision, je ne pouvais pas rester ici indéfiniment, confinée dans la maison, dans cette bulle protectrice qu'Edward créait autour de moi, ce n'était pas la vraie vie... le monde extérieur finissait toujours par entrer un jour! Mais c'était tellement difficile...

J'avais besoin d'une douche, bouillante, pour dissiper le froid qui s'infiltrait dans chaque fibre de mon être, mais ce froid était intérieur, c'était celui du désespoir.

Je me glissais sous le jet brûlant en même temps que les larmes dévalaient mes joues et je finis par me laisser tomber sur le sol, contre le mur de carrelage froid tant la douleur me coupait le souffle. J'étais aussi perdue que désemparée et j'avais la sensation de ne plus rien contrôler. A cet instant je m'aperçus que j'avais beaucoup plus attendu de ce voyage que ce que je n'avais voulu me l'avouer. Ça aurait pu être un retour définitif... si j'avais la force pour cela! Mais sur ce continent je redevenais cette femme faible et fragile, celle qui ne pensait qu'à fuir pour éviter de ressentir.

Ma peur allait me séparer d'Edward, à nouveau alors qu'il était la personne la plus proche de moi sur cette Terre. J'aurais voulu lui demander de venir avec moi, mais jamais je n'exigerai qu'il abandonne toute sa vie pour me suivre. Mes choix ne devaient engager que moi, ce n'était pas les seins, je n'avais pas le droit de lui demander ça, même si j'en mourrais d'envie et même si cela me semblait être la seule solution pour ne pas le perdre parce que je n'étais pas capable de rester ici.

Mais je n'avais pas le droit de me montrer si égoïste! Alors je fis taire cette envie avant qu'elle ne devienne trop encombrante et je continuais à pleurer jusqu'à l'épuisement et qu'il ne reste certainement plus d'eau chaude vu le temps que j'avais passé sous la douche.

Pov E

Je réussi à me libérer un peu avant 17 heures et je n'avais qu'une hâte: rentrer à la maison! Jamais encore je n'avais été aussi pressé de rentrer chez moi. Bella me manquait, je l'avais quittée seulement depuis le matin pourtant, j'appréhendais son retour au Laos si déjà j'avais du mal à me séparer d'elle une journée!

J'aurais aimé qu'on sorte un peu ce soir, nous pourrions aller quelque part et même pourquoi pas nous faire un ciné! Mais je n'étais pas sûr qu'elle allait accepter cette idée, notre dernière sortie ne l'avait pas vraiment enchantée. Finalement il valait peut-être mieux rester tranquillement à la maison et profiter l'un de l'autre.

Ma mère m'avait appelé dans la journée, ça faisait un moment que je n'avais pas eu de ses nouvelles, ma famille n'était pas très présente dans ma vie, mais ma mère voulait connaître mes projets pour Thanksgiving qui se rapprochait à grands pas. C'était une des rares occasions de rassembler toute la famille et je n'avais pas le souvenir de l'avoir manqué une seule fois mais cette année je n'avais pas pu lui répondre oui directement, cela ne dépendait pas que de moi! J'espérais que Bella serait encore là dans dix jours et qu'elle accepterait de m'accompagner. Je me rendis compte seulement à cet instant à quel point j'avais envie, et même hâte de la présenter à ma famille.

Bella était invisible dans les pièces du bas alors je montais à notre chambre. Elle devait être devant le piano, à peine les dernières marches gravies j'entendis une envolée de notes à la fois douces et déchirantes. Je restai quelques secondes dans son dos à l'écouter, à la regarder, à l'admirer. Ses longs cheveux humides cascadaient dans son dos, elle devait sortir de la douche, des gouttes d'eau imbibaient le tissu de la chemise blanche qu'elle portait, la rendant un peu transparente. Elle était belle, même de dos, il émanait d'elle encore plus que jamais cette aura de force et de fragilité, insaisissable, fragile, et sauvage Bella. C'était ce qui m'avait tant troublé et attiré vers elle sur cette terrasse au Laos où elle passait chacune de ses soirées.

Je me glissai dans son dos et caressai la courbure délicate de son dos. Sans cesser de jouer elle pressa contre ma main sa peau chaude et humide, comme un chat. Mes mains descendirent sur ses épaules, le long de ses bras, je la serrai contre moi, moulant mon corps au sien.

"-Salut" Je murmurai contre son oreille, la chatouillant de mon souffle.

"-Salut" Son chuchotement était un peu étouffé mais rien que le son de sa voix me donna envie de resserrer mon étreinte. Une journée loin d'elle c'était bien de trop! Je regrettais tellement d'avoir dû partir alors que j'étais plein d'incertitudes sur le temps qu'il nous restait à passer ensemble ici.

Ses mains abandonnèrent le clavier et elle se retourna contre moi pour nicher son visage dans le creux de mes pectoraux.

Je la portai sur le lit. Couché dans son dos je caressais la peau douce de son ventre, je voulais qu'elle me raconte toute sa journée, je voulais lui parler de l'invitation de mes parents mais surtout je voulais profiter d'elle, de sa chaleur, de sa douceur.

Le silence était apaisant, j'étais bien, tellement heureux que j'avais l'impression que mon bonheur finirait par m'étouffer.

"-Bella"

"-Hum?"

"-Je voulais te demander, ma mère m'a appelé tout à l'heure pour nous inviter pour le week-end de Thanksgiving..." Sous mes doigts je la sentis se tendre, c'était presque imperceptible mais c'était pourtant bien là.

"-Edward, je..."

"-Si tu n'es pas très à l'aise avec ça ou si tu ne veux pas rencontrer ma famille tout de suite ce n'est pas grave tu sais! On peut aussi rester ici, tous les deux!" La rassurer, ne pas l'effrayer, ne pas la brusquer. Avec Bella je devais être prudent, le moindre détail, même le plus anodin pouvait déclencher sa fuite.

"-Je rentre au Laos dans deux jours." Ses paroles étaient tombées, froides, distantes en même temps qu'elle s'échappait de mes bras pour s'asseoir en tailleur de l'autre côté du lit. Je restai quelques secondes sonné, abasourdi avec l'espoir encore tenace d'avoir mal entendu.

"-Quoi, mais, pourquoi? Bella?" Elle fuyait mon regard, ses doigts s'agitaient nerveusement.

"-Une mission en Birmanie, quelques semaines mais je dois rentrer au Laos un peu avant pour la préparer."

"-En Birmanie? Mais depuis combien de temps le sais-tu?"

"-C'était encore un très vague projet jusqu'à ce matin. Garrett avait besoin de ma réponse."

"-Garrett? Tu pars avec lui? Mais pourquoi? Pourquoi tu ne m'en as pas parlé? Pourquoi tu m'as laissé espérer Bella? Qu'est-ce qui t'as décidé à partir?" La tristesse et la colère serraient ma gorge, je ne comprenais pas et j'étais effrayé. Jamais je n'aurais dû la laisser seule aujourd'hui!

"-Tu savais que c'était un séjour et pas un retour Edward, je ne t'en ai pas parlé parce que je n'étais pas encore sure de moi."

"-Et pourquoi l'es-tu maintenant? Tu aurais dû me le dire avant, deux jours c'est tellement court pour accepter l'idée..."

"-A peine deux jours en fait, je pars après demain en début de matinée. Je suis désolée Edward, mais je... je ne peux pas..." Prestement elle sauta du lit et quitta la chambre en courant, cependant pas suffisamment vite, j'avais eu le temps de voir ses yeux s'emplir de larmes.

Ma tête retomba lourdement contre l'oreiller, je frottais mon visage en proie à une soudaine et grande lassitude. Un pas en avant, deux en arrière, voilà comment j'avais l'impression d'avancer avec Bella. Et pourtant je l'avais toujours su qu'elle allait repartir! Qu'est-ce que je croyais sérieusement? Qu'elle allait abandonner le Laos, rester ici avec moi, cloîtrée dans la maison parce qu'elle ne supportait pas de sortir, qu'elle fuirait tous ceux qui viendraient nous rendre visite? Bien sûr que non, elle allait repartir, ça avait toujours été clair. Bella devait être apprivoisée, avec douceur, ne jamais lui donner la sensation d'être prisonnière. Mais aujourd'hui cela me semblait insurmontable, je n'étais pas sûr de pouvoir être celui qui ferait taire ses insécurités. Elle partait dans deux jours et elle n'avait pas cru bon de m'informer de cette mission dans un des pays les plus dangereux et mystérieux du monde. Elle partait et elle m'annonçait ça comme ça sans me donner une chance d'en discuter. Qui étais-je pour elle à part un amant qu'elle retrouvait quand l'envie lui en prenait? J'étais injuste et je le savais mais je sentais ma colère gronder, ses vagues m'emportaient et je n'arrivais pas à lutter. J'étais las, triste, et désemparé.

J'allais la perdre, une nouvelle fois, et pour combien de temps? Aurais-je la force de l'attendre? Je n'en savais foutrement rien et ça me faisait peur!

De l'après-midi je ne revis pas Bella. C'était stupide, j'aurais dû profiter de chaque seconde avec elle mais d'abord je devais ravaler ma colère.

La maison était silencieuse, Bella avait dû sortir. Je restais couché sur le lit jusqu'à ce que l'obscurité envahisse la chambre. La nuit ne tarderait pas à tomber. Je ne comprenais pas ce qui lui avait fait prendre une décision si rapide. Il avait dû se passer quelque chose, le moindre détail semblait être capable d'enflammer son désir de fuite et d'en faire un brasier dévorant contre lequel rien ne pouvait lutter. J'aurais dû être là aujourd'hui! La Birmanie n'était qu'un prétexte, ce qu'elle voulait c'était une porte de sortie. Mais pourquoi? Oh Bella si tu savais à quel point j'aimerais comprendre!

Je finis par quitter la chambre, c'était trop bête de gâcher les dernières heures de sa présence. Du bruit se faisait entendre dans la cuisine et quand j'entrais je vis Bella occupée à préparer le dîner. Ses gestes étaient secs, nerveux. Elle virevoltait dans tous les sens comme si s'occuper les mains pouvait l'empêcher de réfléchir, j'aurais aimé être capable d'oublier moi aussi.

"-Bella je suis désolé d'avoir réagi comme ça!" Je ne savais pas bien ce qui me poussait à m'excuser, j'avais de vraies et solides raisons d'être en colère, mais je voulais la ramener à moi.

"-C'est moi qui suis désolée Edward, j'aurais dû t'en parler avant." Sa voix était dure et tranchante, elle avait séché ses larmes et je savais que rien ne la ferait revenir sur sa décision.

"-On mange dans le salon?

"-Oui tu veux bien mettre la table?" Machinalement je sortis deux assiettes et les couverts, m'occuper les mains pour m'empêcher de penser... Ce n'était pas franchement efficace tout compte fait.

Le riz sentait bon, son parfum me replongea dans les souvenirs de notre premier repas, de notre première rencontre, là-bas, au Laos...

Du riz à la mangue, c'était ce qu'elle avait préparé ce soir, comme cet autre soir qui me semblait si lointain. J'avais la désagréable impression qu'elle était en train de boucler la boucle, ou peut-être qu'elle n'était plus vraiment là et qu'elle cherchait à retrouver ses habitudes pour se rassurer.

Je sortis deux bières du frigo.

"-Euh Edward je pense qu'on va avoir besoin d'un truc un peu plus fort..." Elle posa devant moi une bouteille de rhum. Ça aussi me rappelait notre première rencontre... L'angoisse était de plus en plus forte, je la sentais monter insidieusement dans mon ventre, et je n'aimais pas ça.

Nous mangeâmes rapidement, et presque en silence. L'espace entre nos deux corps était infime et seule sa proximité me rassurait.

Bella versa une mesure généreuse de rhum dans nos verres et avala le sien presque d'une traite en faisant une grimace qui aurait pu être comique si l'instant ne m'avait pas semblé si dramatique.

Pour une fois le silence entre nous n'avait rien d'agréable, il était lourd, opaque et me mettait mal à l'aise. Je me levais pour mettre un peu de musique, comme ce premier soir... Et en me rasseyant j'attirais Bella dans mes bras qui remplissait de nouveau nos verres.

"-On va rester là toute la soirée à boire sans se parler?" l'agacement se devinait dans le ton rude de ma voix.

"-Honnêtement Edward? Je préfère qu'on continue à boire... ça anesthésie et ça évite de réfléchir!" Elle choqua son verre contre le mien et je n'eus d'autre choix que de l'avaler, l'alcool me brûla de nouveau la gorge mais j'aimais cette sensation qui m'évitait de penser à cette autre brûlure de dépit solidement enracinée dans mon ventre.

"-Plus que d'éviter de réfléchir j'aurais surtout besoin d'éviter de ressentir."

"-umh moi aussi..." elle poussa un profond soupir, mi blessé, mi désespéré.

Et le silence, encore. Doucement je sentais l'ambiance changer, l'alcool aidant, nos corps se détendaient, la musique m'empêchait d'entendre le bourdonnement incessant de mes pensées.

Je caressais la hanche de Bella, sa cuisse, son genou, je m'enivrais de sa douceur, de sa chaleur avant d'en être de nouveau privé.

Elle se laissa aller contre moi alors je posais mes lèvres dans son cou, je respirais le parfum exaltant de ses cheveux et j'avais envie de la faire mienne encore une fois avant qu'elle ne s'envole en Asie.

"-Bella, viens" Ma voix était un murmure sourd, étouffé. Je pris sa main dans la mienne et la conduisis jusqu'à la chambre. Mes intentions étaient claires et je savais qu'elle les avait devinées.

Brusquement je pris ses lèvres en grognant, je l'embrassai à en perdre haleine, nos langues dansaient ensembles de façon violente, précipitée, décidée.

Je poussai Bella sur le lit et tombai presque sur elle. A demie allongée contre les oreillers elle m'attira à elle pour m'embrasser de nouveau, avec la même force, avec la même frénésie. Nos lèvres ne se caressaient plus vraiment, elles s'attaquaient, luttaient, se mordaient. Nos dents s'entrechoquèrent alors que Bella avec des gestes nerveux et saccadés tentait d'enlever ma chemise. Quelques boutons s'envolèrent ne résistant pas à la passion de notre étreinte.

Une fois que je l'eus moi aussi déshabillée je plongeai mon visage dans la vallée de ses seins, j'embrassai sa peau, la suçotais, la mordillai, je laissais sur elle mon emprunte. Lorsque les marques s'effaceraient Bella serait loin mais j'espérais qu'en les voyant elle penserait à moi. Et un peu perversement je devais l'avouer j'espérais même qu'elle regretterait son départ, qu'elle regrettait de m'avoir quitté.

Mes mains continuaient à pétrir sa peau chaude en même temps que ma bouche courait partout sur elle et je sentais la colère refaire surface. La colère mêlée au désir, mélange enivrant qui exaltait tous mes sens, me rendant plus dur, plus violent aussi.

La petite main de Bella tirait les cheveux de ma nuque, elle me rapprochait toujours un peu plus d'elle, comme si elle avait peur que je m'en aille, que je la quitte, mais c'était elle qui me quittait et non l'inverse... Et cette pensée fit se tordre mes entrailles d'un mélange de peurs, d'angoisses, de colère.

Je cueillais son souffle saccadé sur ses lèvres alors que mes doigts glissaient sur la moiteur de son centre chaud. Son petit bouton de rose pointait son mes doigts, lui aussi avide de caresses. Bella gémissait et chacune de ses complaintes était comme une lame trempée de vitriol qui s'enfonçait dans mon cœur. Bella ne me quitte pas... J'avais envie de lui crier, j'avais envie de mordre ses lèvres pour qu'elle ressente elle aussi la douleur qu'elle m'infligeait.

"-Edward, viens!" Elle était haletante, languissante alors je m'enfouis au plus profond de sa moiteur en essayant de faire taire cette colère qui coulait dans mes veines. Bella je t'aime... je te déteste! Ne pars pas... Mais les mots ne franchissaient pas mes lèvres qui butinaient la peau brûlante de Bella.

Était-il possible d'aimer comme j'aimais cette femme? Bella je t'aime et je te hais en même temps... Je m'enfonçais en elle avec force, son corps écrasé sous le mien bougeait lascivement. Elle agrippait mon cou en même temps que je sentais son antre humide palpiter autour de moi. Je voulais la retenir, la garder prisonnière dans l'étau de mes bras, je voulais l'empêcher de fuir.

Je l'obligeais à détacher ses mains de ma nuque alors que mes coups de butoir se faisaient de plus en plus violents et je plaquais ses mains au-dessus de sa tête, serrées entre les miennes, les réduisant à l'immobilité et faisant de Bella ma captive. Je voulais me perdre dans cette illusion qu'elle m'appartenait, je voulais faire vivre encore un peu cette chimère pour oublier que jamais aucune pensée ne fût plus fausse que celle-ci, Bella ne m'appartenait pas, elle était bien trop insaisissable, évanescente et sauvage pour appartenir à qui que ce soit, pas même à moi en dépit des flots d'amour, de tendresse et de sécurité dans lesquels je pouvais la bercer.

Ses hanches allaient à la rencontre des miennes et chacun de ses mouvements m'enfonçait un peu plus dans son étourdissante chaleur. Je voulais hurler pour répondre aux gémissements de plaisir de Bella. Mes gestes étaient violents, la pression de mes mains sur les siennes se resserrait à mesure que j'approchais de la délivrance. J'avais l'impression de déverser sur elle, en elle toute ma colère. J'étais presque certain de lui faire mal mais ses soupirs ne témoignaient que de son plaisir.

Bella ne m'abandonne pas... Mais incapable de lui parler de cette souffrance que de nouveau elle me faisait vivre j'embrassais ses lèvres, je mordais son cou et je m'enfonçais un peu plus dans ce plaisir viscéral si proche de la douleur...

"-Bella, viens, viens avec moi, je vais pas tenir longtemps." Je taquinais son petit bouton de plaisir avec des gestes un peu trop vifs, un peu trop brusques, attendant désespérément de la sentir se resserrer autour de moi pour pouvoir lâcher prise.

"-Bella, viens!" Je criais presque, en proie au plaisir, en proie à la douleur. Les vagues de la jouissance montaient en moi, insidieuses, aussi brûlantes et tranchantes que délicieuses et enfin Bella trembla dans mes bras. Je posais ma bouche sur la sienne et ensemble nous nous laissâmes tomber dans la jouissance, dans l'oubli...

Du pouce, j'effaçais une larme qui roulait sur la joue de Bella. Mon visage aussi était humide. Nous étions deux écorchés vifs par la vie, incapables de communiquer, incapables de faire les choses simplement. Deux écorchés qui s'étaient liés et qui s'agrippaient l'un à l'autre contre vents, et marées... contre la vie et ses aléas, contre les doutes et les peurs de Bella.

Mais l'aimerais-je autant si elle n'était pas cette femme à la fois fragile et sauvage? Envoûtante et impossible à déchiffrer? Je ne le croyais pas...

Je basculai sur les dos et l'attirai contre moi. Elle posa sa tête sur mon torse et ma main caressa son dos. Aucun de nous ne parlait mais nous étions enfin apaisés.

Je ne devais pas chercher à la retenir, ça je l'avais toujours su et même si à certains moments c'était plus dur, je devais rester là et attendre sans la brusquer, peut-être un jour finirait-elle par me laisse l'apprivoiser?

Mon insaisissable Bella...

Nous dûmes nous endormir peu de temps après ça, nichés l'un contre l'autre. Pour moi ce fût un sommeil calme et sans rêve, je n'étais plus en colère, j'étais simplement résigné...

Pov B

Dernier jour en Amérique...

Nous faisons une promenade le long de la plage, j'avais l'impression d'être ici depuis longtemps et en même temps ce séjour me semblait tellement court.

Une part de moi, celle guidée par ses instincts, se réjouissait de quitter ce pays demain, l'autre, était pleine d'appréhension à l'idée de quitter Edward.

Pour l'instant il tenait ma main et je profitais simplement de la chaleur de sa peau sur la mienne. Sa présence était douce, réconfortante.

C'était une belle journée, le soleil réchauffait la plage il faisait presque bon. Les embruns soufflaient doucement et ils n'étaient pas chargés de cette humidité froide qui m'avait fait frissonner tout le temps de mon séjour ici.

Je marchais, perdue dans mes songes. Je pensais à ma relation avec Edward, à la Birmanie, à ma vie qui ressemblait moins que jamais à un long fleuve tranquille. Est-ce que je reviendrais ici un jour? Peut-être... Pas d'une façon définitive c'était certain, mais pour quelques semaines, tant que j'étais avec Edward tout allait bien, il fallait juste tenir le monde extérieur à l'écart de notre bulle. Je repensais à cette réflexion qu'il m'avait faite un jour, sur les bambous qu'il devait planter autour de sa maison pour recréer "ma jungle" et cela me fit rire.

"-Tu partages?"

"-Oh c'est vraiment rien, je pensais juste à cette jungle que tu devais planter... Il va falloir que tu te dépêches si tu veux qu'elle pousse avant ma prochaine visite."

"-Parce que tu reviendras?" sa voix était grave, notre petite bulle de sérénité éclata au moment où elle résonna dans l'air vif et marin. Je savais qu'il était en colère, ou du moins qu'il l'avait été, jamais encore il n'avait été si brusque que la veille, mais j'avais aimé ça, j'avais aimé que quelque part, par ses gestes il ait cherché à me retenir... J'emporterai un joli souvenir de cette étreinte, mon corps était encore marqué de son passage et j'aimais voir ces traces qui me donnaient l'illusion qu'une part de moi lui appartenait.

"-Je ne sais pas Edward, mais oui j'imagine que je reviendrai, surtout si tu tardes trop à me rendre visite au Laos." Je t'en supplie Edward, comprends que je ne peux revenir m'installer ici définitivement, comprends que cette vie n'est pas pour moi, qu'elle ne me ressemble pas, c'était ce que j'avais envie de lui crier. Je voulais le supplier de ne pas chercher à m'enfermer dans ce rôle mais finalement je devais admettre qu'il n'avait jamais cherché à le faire... Jamais avec qui que ce soit je ne m'étais sentie aussi libre qu'avec Edward.

Nous continuâmes à marcher sur le sable humide que le soleil devait rendre tiède. J'avais envie que cette promenade ne prenne jamais fin, j'étais bien là, juste en tenant la main d'Edward alors que le vent léger caressait mon visage.

"-Et lui... Garrett, que va-t-il se passer avec lui Bella?" C'était donc ça la question qu'il semblait retenir depuis la veille. Et je savais que ça lui coûtait de me la poser, comme si il craignait la réponse.

"-Quoi Garrett? C'est juste un collègue Edward, il n'y a rien à en dire de plus."

"-Et pourtant il y a déjà eu plus..."

"-Une erreur, une erreur qui ne se reproduira pas Edward, je ne le pourrais pas, pas tant que tu es dans ma vie!" Il n'ajouta rien, je n'étais pas tout à fait certaine d'avoir calmé ses angoisses et finalement j'étais heureuse qu'il m'ait posé cette question, elle m'autorisait à croire que dans sa vie non plus il n'y aurait personne d'autre. Je portais nos mains liées à mes lèvres et déposais un baiser juste dans le creux de son poignet.

"-J'ai envie de marcher dans l'eau!"

"-Tu vas mourir de froid Bella! Tu n'es pas encore en Asie!"

"-Je m'en fiche! Juste un orteil!" J'envoyais déjà valser mes chaussures sous le regard à la fois dépité et amusé d'Edward.

Comme je l'avais prédit le sable était tiède et comme Edward l'avait prédit l'eau était glacée! Mais j'aimais sentir les vaguelettes chatouiller mes pieds!

"-Allez viens Edward!"

"-Oh non merci! J'ai aucune tendance masochiste moi!"

"-Poule mouillée!"

"-Techniquement c'est toi qui a les pieds dans l'eau, je pense que ce qualificatif te va bien mieux qu'à moi." Puérilement je lui tirais la langue et essayais de l'arroser en donnant un coup de pied dans l'eau, ce qui eut pour seul résultat de tremper le bas de ma robe et de me faire frissonner. Se baigner en novembre était une idée stupide!

Je courus sur la plage en riant, le sable collait à mes pieds, j'avais froid mai j'étais heureuse et quand Edward vient me prendre dans ses bras je fus plus heureuse encore. A ce moment là je regrettais d'avoir pris mon billet de retour avec une telle précipitation. Mais c'était inévitable, alors...

Pov E

L'aéroport encore, la même attente, la même tristesse qui pesait sur mes épaules. L'envie que l'embarquement ne soit jamais annoncé, l'envie de la supplier de rester alors que je savais que cette idée était stupide. L'envie de suspendre le temps ou de simplement arrêter de ressentir.

Je portais le sac de Bella alors qu'elle était nichée dans le creux de mes bras, les yeux rivés sur le petit écran à fond bleu qui m'écorchait le regard. Il faisait gris aujourd'hui, comme si le ciel avait décidé de s'accorder à mon humeur maussade. Par les grandes vitres de l'aéroport on pouvait voir les nuages denses et d'un gris menaçant. Peut-être qu'il y aurait de l'orage? Et je me pris à l'espérer, le vol serait retardé, ce serait quelques secondes de répit supplémentaire. Je me faisais pitié à moi même à m'accrocher ainsi à chaque soupçon d'espoir.

Bella me paraissait plus frêle que jamais, elle avait froid et elle aussi semblait malheureuse. Pourtant c'était elle qui avait pris la décision de partir...

Je posais mon pull sur ses épaules, cet aéroport en plus d'être déprimant était glacial.

Elle m'offrit un timide sourire pour me remercier et je posais un baiser tendre sur ses lèvres, rassurant, alors que j'étais celui qui avait besoin d'être consolé.

La dernière nuit en sa compagnie je l'avais passée à la regarder dormir, et à la dessiner, pour saisir et garder un peu d'elle puisque je ne pouvais rien avoir de plus. Puisque que Bella était cette femme ténébreuse, impénétrable et fuyante qu'on ne pouvait espérer saisir que sur le papier. J'avais passé de longues heures à caresser son corps chaud du bout de mes doigts et son corps dessiné de la pointe de mon crayon. Profiter d'elle, de chaque seconde puisque ce pouvait être la dernière. Et finalement c'était ce qui rendait notre relation si exaltante, si forte et si puissante, chaque infime parcelle de temps était précieuse puisque tellement rare.

Une voix nasillarde résonna pour annoncer le début de l'embarquement du vol de Bella alors que sur l'écran le mot « boarding » teinté de rouge clignotait comme pour m'enfoncer un peu plus dans mon désespoir.

Bella ne bougea pas tout de suite, mais elle dut bientôt se résoudre à passer le dernier poste de sécurité.

Je commençais à sentir la panique monter en moi par vagues, ses flots enflaient à chaque seconde écoulée. Je n'avais pas envie qu'elle parte, je voulais la retenir encore.

Doucement elle embrassa mes lèvres, ses yeux étaient humides et j'étais certain que les miens devaient l'être aussi ou alors cela ne tarderait pas.

Des mots se bousculaient dans ma tête, insistaient pour franchir la barrière de mes lèvres, ces mots qui peut-être seraient les seuls capables de la retenir.

"-Bon et bien Edward je..."

"-Bella, je... Ne pars pas!"

"-Je n'ai pas le choix Edward, on se reverra, bientôt!"

"-Bella, reste s'il te plaît, reste." Elle me regardait paniquée, ses yeux semblaient me supplier de ne pas lui faire ça, mais c'était plus fort que moi, cette fois je n'arrivais pas à la laisser partir.

"-Bella je t'aime... ne pars pas." C'était la première fois que je lui avouais l'aimer et je vis ses yeux s'agrandir sous le choc mais la peur était plus forte encore.

"-Edward je dois y aller, viens me rejoindre bientôt, dès que tu pourras, viens passez du temps au Laos avec moi!"

Nous nous embrassâmes une nouvelle fois et longtemps encore nos mains restèrent accrochées ensembles.

Bella récupéra son sac, les bouts de ses doigts glissèrent contre les miens et elle s'engouffra dans la file.

J'avais essayé de la retenir alors que je me m'étais promis de ne pas le faire, et j'avais échoué... Elle partait, une nouvelle fois. J'espérais juste que ce n'était pas pour trop longtemps et qu'elle me reviendrait bientôt.

Une dernière fois elle se retourna vers moi, les larmes dévalaient ses joues. Je lui fis un pâle sourire auquel elle répondit timidement et je murmurais ces mots que pourtant elle ne pouvait entendre dans le bruit ambiant de l'aéroport.

Reviens-moi Bella...

Pov B

Je me dirigeais vers la place que m'indiquait l'hôtesse d'une démarche automatique, la mort dans l'âme et les yeux humides de larmes.

Je prenais la fuite... une nouvelle fois! C'était devenu si habituel que je n'aurais pas dû me mettre dans cet état mais quitter Edward faisait tellement mal!

Je m'assis et regardai par le hublot la ville dont on devinait les buildings.

Il m'aimait... Il me l'avait dit alors que moi je n'avais encore jamais été capable de lui dire ces mots que pourtant j'étais certaine de ressentir. Il m'aimait et m'envolais à des milliers de kilomètres de lui.

Dieu que ce vol allait être long... assise seule, face à mes pensées, en tête à tête avec mes regrets!

Une hôtesse donna les consignes de sécurité et sa voix m'agaça, je n'aspirais qu'à m'enfoncer dans le calme et le silence.

J'enfouis mon visage dans le pull d'Edward qu'il avait posé sur mes épaules à l'aéroport et je respirai son parfum à plein poumons, recréant autour de moi cette bulle si douce, sans chercher à retenir mes larmes.

L'avion décolla...

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