« Lucky…»

« Lucky. Encore ce nom. Encore cette voix.

On ne cesse de m'appeler, de ce nom qui n'est pas le mien. Mes paupières ne veulent s'ouvrir, mon corps est lourd, je ne peux lutter contre ces drogues qui inhibent toute douleur, enfonçant mon être dans une profonde léthargie.

J'aimerai pourtant voir quel visage se cache derrière cette voix. J'aimerai connaître cette personne qui m'appelle de ce nom qui m'apporte l'espoir. »

Chapitre 3

XxXxXxXxXxXxXxXxXxX

Starrk rangea les quelques verres qui traînaient et donna un ultime coup de balais sur le carrelage, les premiers clients ne tarderaient pas à remplir son bar. La belle au bois dormant n'avait pas daigné ouvrir les yeux, ce n'était guère surprenant. Il lui avait laissé un mot sur la table de chevet qu'il avait spécialement installée pour lui, juste au cas où il se réveille en son absence, ce soir, il n'aurait pas de temps à lui accorder.

Il frotta son visage fatigué, regrettant la décision prise plus tôt. Ce gosse, il ne pouvait s'en occuper, il en était incapable.

« Quelle connerie ! Maugréa-t-il à l'attention de lui-même. »

Il attrapa le paquet de cigarettes posé sur le bar et cala l'une d'elles au coin de ses lèvres. Las, il se laissa choir sur le haut siège de bar qu'il gardait à disposition derrière le comptoir, le faisant tourner de droite à gauche, les balancements aidant sa réflexion. Il n'aimait pas savoir sa précieuse tranquillité ainsi dérangée, ce n'était pas comme si son bar était la maison du bonheur en plus, il y avait bien d'autres endroits où le gosse serait bien mieux, chez Matsumoto par exemple. L'idée était audacieuse, mais avec un peu de chance, la jeune femme toujours en quête de l'amour pourrait trouver le jeune homme à son goût.

« Autant espérer gagner au loto…, lâcha-t-il en rejetant un nuage de fumée. »

xxx

Deux cœurs solitaires s'étaient réunis autour d'une seule et même table, trompant l'ennui et l'attente de leur âme sœur respective qui ne semblait pas vouloir venir. Les discussions futiles autour d'eux ne distrayaient point leurs malheurs, ils s'étaient enfermés dans leur monde illusoire, guettant cette porte si apte à leur offrir le bonheur convoité.

Des rêves vains pour l'un, Matsumoto ne se montrerait pas ce soir, son nouvel amant étant une distraction bien plus grisante que ce bar. Pour l'autre, peut-être y aurait-il un fin espoir, même si Starrk n'aurait pas parié là-dessus.

La déception marqua les jolis traits d'Inoue quand une nouvelle fois la porte s'ouvrit, ne laissant pas apparaître la personne qu'elle désirait. Hisagi, lui, n'espérait plus, peut-être même, n'avait-il jamais espérer. Il était un homme complexe, renfermé, sacrément intuitif pourtant, c'était sans nul doute pourquoi il avait invité la désespérée Inoue à se joindre à lui, sa tristesse ne lui ayant pas échappé. Rien ne lui échappait d'ailleurs, un don dont il se servait avec aisance dans son activité de commercial, car trouver les failles de ses clients et les utiliser contre eux était un bon moyen de voir s'accroître son chiffre d'affaire.

Starrk profita d'un moment de calme provisoire pour resservir une tournée à cette triste table.

« Un problème, Starrk ? »

Le barman sentit le regard perçant du jeune homme sur lui, mais il l'ignora d'un geste vague de la main, chassant la fumée embuant l'atmosphère.

« Et toi ? répliqua-t-il simplement. »

Hisagi haussa les épaules sans rien répondre, l'invitant juste d'un geste à prendre place parmi eux. Il n'était pas bavard et cela en faisait un client parfait pour Starrk qui hésita cependant à s'asseoir, se mêler à ses clients n'était pas une de ses habitudes.

« Deux minutes, lâcha-t-il distraitement avant de retourner derrière son comptoir. »

Un verre ne serait pas un luxe, il lui semblait que ressasser encore et encore les évènements de la journée allait juste faire exploser sa tête. Les deux minutes furent largement dépassées, Yumichika l'ayant hélé pour un ravitaillement général de sa table où dix personnes se livraient une lutte sans merci dans une partie de cartes, et lorsqu'il retourna auprès du malheureux couple, Inoue, téléphone à l'oreille, laissait un énième message à son petit-ami absent.

« Je n'arrive pas à joindre Ichigo. L'as-tu vu aujourd'hui ? demanda la jolie jeune femme alors qu'il attrapait la première chaise venue pour y poser son corps fatigué.

-Pas depuis cet après-midi.

-Oh… »

Starrk écrasa sa cigarette avec nonchalance dans le cendrier de cristal, s'en rallumant une autre dans la foulée.

« Il a dû avoir un souci Orihime, tenta de la rassurer Hisagi.

-J'ai eu besoin de son aide, intervint le barman sentant la pression du pied du commercial sur le sien.

-Hum… ?

-J'ai…Renversé toute une caisse d'alcool et comme il passait dans le coin…Et puis, nous avons eu un petit incident en chemin, je suppose que tout cela l'a retardé pour ses révisions… »

Ce satané Kurosaki lui en devait une belle, il ne manquerait pas de le lui rappeler. Il jeta un regard perplexe à Hisagi qui le soutint avec un sérieux plutôt terrifiant. Le barman haussa les sourcils, légèrement décontenancé, se demandant depuis quand il était aussi impliqué dans la relation de ses amis, et qu'il ferait bien mieux de s'occuper de ce qui le minait.

« Starrk ! T'as un appel ! »

Il soupira d'ennui et se leva tranquillement pour prendre le téléphone que lui tendait le bien aimable Sado, un grand type brun bien moins âgé qu'il n'y paraissait. Il rata le premier appel, mais un second suivit immédiatement derrière, un numéro qui lui était jusque là inconnu.

« Allô…Ah, Doc ! Deux secondes…Je sors. »

C'était un signe du destin, pensa Starrk prêt à léguer le pauvre Lucky à qui le voudrait bien.

xxx

Une acclamation de joie l'accueillit alors qu'il franchissait à nouveau la porte, la discussion avait duré bien plus longtemps que ce qu'il avait prévu et ses clients semblaient…déshydratés.

« Ouais, ouais…J'arrive, souffla-t-il d'un ton dégagé. »

Il n'était qu'un idiot et le Doc un peu trop malin. Kurosaki pouvait se sentir fier d'avoir pour père un homme intelligent et vaguement sournois. Un à un, il avait contré ses arguments avec une aisance surnaturelle, assez pour le faire sourire en tout cas, voilà longtemps qu'il n'avait eu discussion aussi intéressante avec un autre.

«Je ne peux pas m'occuper de lui.

-Mais…Tu lui as déjà donné un nom…

-Ce n'est pas un chien, Doc….

-Puisque tu en as conscience, c'est qu'il est entre de bonnes mains !»

Doc était un sacré bonhomme, un caractère aux antipodes du sien. Lucky resterait avec lui, enfin, juste un temps.

« C'est rare de te voir sourire, Starrk, remarqua Hisagi quand il s'assit de nouveau à leur table.

-Journée pourrie…, se justifia-t-il du tac au tac.

-T'es pas le seul ! Tu pourrais servir tes nouveaux clients, lui hurla soudain Renji en se penchant vers lui. »

Depuis quand l'hurluberlu à la tignasse impossible était arrivé, il n'en savait rien, fallait dire qu'il avait fait les cents pas devant son bar, sans s'inquiéter de qui sortait ou entrait, trois éléphants auraient pu passer qu'il n'aurait rien remarqué.

« Renji…, soupira-t-il en délaissant le verre qu'il venait de saisir. Mon client préféré….Tu n'es pas avec Kurosaki ? »

Question routinière plus qu'intéressée qui arracha à Renji une grimace qu'il ne put interpréter. Préférant ne pas s'inquiéter davantage d'une chose qui ne le regardait en rien, Starrk reprit son poste derrière le comptoir. La nuit ne faisait que commencer.

XxXxXxXxXxXxXxXxXxX

Rien n'habillait cette pièce, pas même quelques rideaux aux fenêtres. La lampe nue accrochée au plafond crachait sa lumière jaunâtre sur cet espace vide, impersonnel, un endroit rêvé pour lui qui ne voulait s'attacher à rien. La porte close laissait filtrer le brouhaha venant du dessous : des rires et des éclats de voix joyeux, des bruits de verres qui tintaient, une ambiance chaleureuse bien loin de ce qu'il connaissait.

Ulquiorra fit quelques pas chancelants sur le plancher grinçant, sa hanche le gênait, la douleur était inconfortable, mais il pouvait toujours marcher.

Etre ici le mettait juste dans une position incommodante. Qu'était-il sinon un hôte indésirable ? Il n'y avait pas sa place. Trop d'incertitudes, trop de dangers, il ne ferait qu'être un fardeau. Il s'assit sur le rebord du lit et prit entre ses mains le mot laissé à son attention. « Coyote S. » avait une nouvelle fois croisé son bien chaotique chemin, un étrange hasard qui le poussait à quitter les lieux au plus vite. Les coïncidences avaient quelque chose d'effrayant, d'inexplicable, et il ne pouvait garantir sa sécurité par ce simple jeu de la vie, chaque signe n'était toujours qu'un mauvais présage.

Confiné dans cette pièce jusqu'à ce que les joyeux clients quittent les lieux, il ne pouvait qu'attendre que l'aube s'illumine.

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Minuit sonna. L'heure pour Cendrillon de rendre ses habits de bal et de retourner à sa vie de souillon, mais Inoue attendait toujours son prince. Il fut peiné pour elle, juste assez pour lui offrir un verre de consolation. Geste qui lui valut un regard désolé, la pauvre enfant ne comprenait pas l'attitude de son chevalier à la crinière rousse, son cœur ne voyait pas encore qu'à l'horizon pointait la fin de leur idylle. L'amour rendait stupidement aveugle, c'était la seule leçon à retirer de tout ça.

« Dommage… »

Hisagi ne fut pas plus explicite, mais ce simple mot était en lui-même assez juste pour exprimer ce que chacun dans ce bar pensait.

« Ah… »

Le commercial avait pris place sur un coin du comptoir, jouant avec son téléphone portable dernier cri, l'ennui lui allait plutôt bien. Pourquoi passait-il son temps libre ici ? Cela restait un mystère. Starrk jeta un coup d'œil à l'horloge, il hésitait à s'éclipser, juste pour vérifier que son hôte n'était pas mort, juste pour enlever le poids qui pesait sur lui, mais le faire serait admettre qu'il était inquiet, or il se refusait à ce sentiment. Voilà la raison pour laquelle il n'aimait pas se mêler aux autres, il détestait les problèmes qu'ils apportaient, parfois malgré eux, il détestait se sentir impliqué contre son gré. La peine, l'inquiétude ou la colère finissaient par entraver la vie de ceux qui voulaient tant lier des liens avec autrui, des sentiments néfastes, juste bon à se torturer l'esprit. Avoir ce lien signifiait juste porter avec soi le fardeau de l'autre. Il était bien trop égoïste pour laisser de telles choses arriver.

« Nerveux ? Se moqua Hisagi tout en continuant de tripoter son portable.

-Hein ?

-Si c'est Shunsui qui te met dans cet état, tu vas devoir prendre ton mal en patience… »

Sur ses sibyllines paroles, le commercial attrapa son verre à moitié vide et s'installa auprès de Yumichika et Ikkaku. Starrk eut un vague sourire, son client était loin du compte, à cet instant ce n'était pas Shunsui qui était au centre de ses préoccupations, mais son sourire se figea instantanément quand il vit son amant s'avancer dans le bar.

« Ben ça… »

Grimmjow semblait tout aussi surpris que lui, mais ce n'était pas vraiment les mots qu'il aurait choisis pour décrire son ressenti.

« Ah…, soupira-t-il simplement. »

Le jeune homme à la forte carrure s'empara d'un bol de cacahuètes fraîchement servi et retourna auprès de Renji non sans lui jeter un regard interrogateur. Shunsui venait rarement à cette heure, quand le bar était en pleine activité, surtout pas depuis leur rupture, l'officielle, et il sembla que tous estimèrent qu'ils méritaient un peu d'intimité et le comptoir se vida subitement de ses clients, un grand moment de solitude pour Starrk.

« Fais chier, murmura-t-il pour lui. »

Shunsui s'accouda au bar, un sourire désinvolte sur les lèvres, une expression qu'il gardait en toute circonstance.

« Starrk, du saké. »

Le barman se tourna pour saisir la bouteille convoitée et il put sentir le regard de son amant suivre chacun de ses mouvements, en fait, il put sentir le regard de chacun de ses clients pointés sur lui.

« Fais chier…, soupira-t-il encore une fois, dépité par le ridicule spectacle dont il était la vedette. »

xxx

L'ignorer n'aurait été qu'enfantillages, pourtant la tentation était grande.

« Starrk, parlons ! »

Parler, c'était bien une première, le barman leva les yeux au ciel, pressentant le pire. Fataliste, et sachant pertinemment qu'il ne pourrait échapper au souhait de son amant, il lui fit face, un verre pour seul soutien.

« Je pars en Europe quelque temps. »

Starrk pencha la tête sur le côté, ne sachant pourquoi cette ô importante révélation venait sur le tapis. Ce n'était pas la première fois, et en général, il ne se donnait même pas la peine de l'en informer.

« Ah… »

Il but une gorgée, puis deux. Le silence semblait s'éterniser, « parler » n'avait jamais été le fort de Shunsui.

« Et… ? S'enquit-il afin de relancer cette merveilleuse discussion. »

L'homme posa son menton entre ses doigts liés.

« J'ai repensé à notre dernière rencontre.

-Ah… »

Un ange passa, au sens figuré et littéral du terme, enfin, un drôle d'ange, les bras chargés de paquets divers.

« Je peux monter, Starrk ? »

La politesse était une chose agréable, qui manquait sérieusement à son amant, mais d'un autre côté, « l'ange », alias Kurosaki, n'attendit pas la réponse pour s'engouffrer dans les escaliers.

« Depuis quand laisses-tu tes clients envahir ton espace privé ? releva Shunsui sous le coup de l'étonnement.

-Je te laisse bien l'envahir, répondit le barman.

-Et si je te laissais envahir le mien ? »

Cacher son étonnement fut peine perdue et cela arracha un sourire victorieux à Shunsui. L'appartement luxueux qu'il occupait était un lieu jusque là interdit, jamais il n'y avait mis les pieds, pas une seule fois en dix ans de relation, la femme de Shunsui étant une barrière plutôt efficace contre son intrusion dans leur demeure.

« Nanao est partie… ? Souffla-t-il presque atterré.

-Oui. »

Ce dont il avait rêvé arrivait bien trop tard. C'était en partie grâce à cette femme qu'il avait pris conscience qu'aucun avenir n'était possible entre eux, qu'il ne faisait que s'enliser dans une relation sans issue. Shunsui n'arrivait pas à mettre un terme à un mariage qui n'en était plus un, il l'avait détesté de sa faiblesse, il s'était lassé de son inaction. Au fil des années, rien n'avait changé, et la solitude avait fini par l'emporter sur tout le reste. Seul le soir, seul le matin en se réveillant, seul dans son quotidien, de sa relation, il ne retirait rien d'autre que de la solitude.

La passion essoufflée, la raison plus mature, il avait compris que leur aventure aurait dû s'achever bien avant. Mais l'envie d'y croire, l'envie de partager sa vie avec quelqu'un, avait été un écran illusoire le menant sur le mauvais chemin. L'homme qu'il avait admiré n'était plus celui qu'il fréquentait, il avait changé, lui aussi. Le gamin naïf de vingt ans qu'il était, n'existait plus. La réalité l'avait rattrapé.

« Reprenons où nous en étions, Starrk. »

Reprendre ?...Reprendre une relation déjà morte n'avait rien de bien réjouissant. Mais la solitude était écrasante.

« Réfléchis-y. »

Une seconde chance.

Pour lui, pour eux, un nouveau départ.

« Nous pourrons en discuter à mon retour, Starrk. »

Etait-ce ce qu'il voulait ? Il n'en était pas certain. La vie l'avait désabusé de tout, il n'aimait pas celle qu'il menait, mais n'en attendait pas une autre. Il n'attendait rien. Pourtant, les battements frénétiques de son cœur le troublaient, un cœur qui s'éveillait à un espoir jusque là impossible. Le devait-il ? Le pouvait-il, mener cette vie heureuse ? Briser les lourdes chaines de sa solitude n'avait jamais été aussi réalisable.

« Starrk ! Tu peux venir ? Vite ! »

La voix de Kurosaki pénétra son crâne, rompant la chaine de ses pensées torturantes.

« Starrk, penses-y.

-Ah… »

Il quitta le comptoir sans autre mot et monta les escaliers sans précipitation, son cerveau en surchauffe. La surprise l'avait pris de court. Ses mots avaient ébranlés ses convictions, le plongeant dans le doute le plus troublant. Le chemin qu'il avait choisi lui avait toujours paru juste, maintenant, il n'était plus certain de rien.

xxx

Un fantôme, il n'y avait pas d'autres mots pour le décrire.

Debout près du lit, le visage pâle, les yeux grands ouverts, les traits inexpressifs, il n'était qu'un fantôme.

Kurosaki braillait, mais cela n'avait rien d'inhabituel, à côte de lui, Lucky restait silencieux, l'observant sans même ciller une seule fois.

« Starrk ! Empêche-le de partir ! Il ne peut pas ! »

Starrk se gratta le sommet du crâne, indifférent à ce qui opposait les deux jeunes hommes.

« Je ne peux rester ici, Monsieur. »

Il la trouva agréable, cette voix. Grave, bien plus que ce qu'il avait imaginé, un ton posé, en accord avec son tempérament qu'il pouvait deviner calme. Il se demanda pourquoi ses yeux étaient ainsi vides, comme si aucune émotion ne parcourait son âme.

« Starrk ! »

Kurosaki le rappela à la réalité. Réalité merdique en ce moment. Las, il se frotta le visage, tentant de chasser ses réflexions devenues un peu trop encombrantes.

« Kurosaki, viens avec moi, juste un instant.

-Oh…Ok… »

Starrk attrapa la poignée de la porte et la referma d'un mouvement sec, tournant la clé dans la serrure, renfermant purement et simplement Lucky à l'intérieur.

« Qu'est-ce que tu fais ? lui hurla Kurosaki.

-C'est ce que tu voulais, non ?

-T'as pas le droit ! Aboya le jeune homme.

-Ok, je le laisse partir alors…

-Non !

-Faut savoir… »

Kurosaki était chiant, ses principes moraux –quand il voulait bien en avoir- étaient chiants. Que Lucky reste, qu'il parte, il en avait rien à faire, il voulait juste avoir la paix.

Silencieusement, il descendit les escaliers, Kurosaki sur ses talons.

« Ne le mets pas dehors, Starrk, lui murmura le jeune homme alors qu'il reprenait sa place derrière le comptoir.

-Entre toi et ton père, je crains de ne pouvoir le faire, rétorqua le barman en se penchant vers son client.

-Merci…T'es cool, Starrk.

-Et toi, tu n'es qu'un imbécile. Au lieu de te mêler des problèmes des autres, occupe-toi des tiens !

»

Kurosaki ouvrit la bouche pour parler, mais la referma aussi sec, accusant ses paroles.

« Qu'est-ce que vous foutez tous les deux ? leur demanda Renji en parlant au nom de tous les clients présents.

-Rien, firent-ils d'une même voix.

-Rien, on a fini je crois, continua Kurosaki avant de lui tourner le dos et rejoindre Inoue non sans lui avoir jeté un regard froid.

-Z'êtes engueulés ?

-Non…Ou peut-être que si… »

Il lui avait fait la morale, lui ! Starrk se sentit fatigué soudain, fatigué et troublé.

« Toi et Shunsui…Tenta l'homme aux innombrables tatouages qu'il fit taire d'un regard.

-Visite de courtoisie, articula-t-il assez clairement pour que chaque indiscrète oreille l'entende et le comprenne. »

Visite dont il se serait bien passé. Il dégagea du comptoir le verre vide laissé par son amant, celui-ci ayant quitté les lieux dès qu'il avait eu le dos tourné, le laissant dans cet état de doute, seul.

Réfléchir.

Il ne voulait réfléchir.

Il ne voulait pas laisser l'idée s'installer dans sa tête.

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Un grand merci à Ulquiorra-lover pour sa précieuse aide.