« - Non, tu ne peux pas faire ça !
- Je suis désolé… Je n'en peux plus.
- Non, s'il te plaît Erik ! Je suis sur que tu peux le faire, j'ai confiance en toi ! On traversera ce moment difficile à deux, je t'en supplie, ne fais pas ça !
- Je suis vraiment désolé, mais je n'arrive plus à tenir le coup.
- Ce sera une grosse erreur et tu le sais ! L'une des plus grosses de ta vie, alors s'il te plaît, je te le redemande, n'arrête pas tout maintenant. » supplia Charles, au bord des larmes.

Erik serra les poings, ne voulant céder face à Charles. De toute façon, il était décidé.

« - Après deux semaines… Tu ne peux pas me faire ça… Tu t'es sortais si bien, on s'en sortait si bien… Tu ne peux pas tout gâcher après deux malheureuses semaines !
- Je ne tiens plus le coup ! C'est vraiment trop dur ! Ne me complique pas la tache, Charles.
- Je ne peux pas te laisser faire une bêtise pareille !
- Non ! Rends-moi mon briquet ! Il me faut cette cigarette, j'en peux plus ! C'est trop dur !
- Mais tu y étais presque ! Cela faisait deux semaines que tu n'y avais plus touché, ensemble on pourrait y arriver. Ne gâche pas tout ! »

N'y tenant plus, Erik se jeta sur Charles telle une bête cherchant à récupérer son bout de viande. Tout deux basculèrent sur le tapis azur de la chambre de l'allemand. Charles tentait par tous les moyens de mettre son bras hors de portée d'Erik, mais celui-ci avait l'avantage. Étant au-dessus du télépathe, il bloqua facilement les jambes de ce dernier, l'empêchant de se débattre et il lui immobilisa le haut du corps avec son torse. Charles savait qu'il était dans une mauvaise posture et que la seule façon de s'en sortir était d'utiliser ses pouvoirs. Mais avant qu'il n'ait pu mettre a exécution ce qu'il prévoyait, Erik attrapa les bras du télépathe et pris le briquet. Cependant, Charles n'était pas près à le lâcher. S'ensuivit alors une scène des plus… cocasses. Du moins c'est ce qu'en pensa Raven. Elle revenait du laboratoire où Hank lui avait expliqué toute une procédure complexe dont elle n'avait presque rien retenu. Sur le chemin de sa chambre, elle avait été interrompue de ses rêvasseries par le bruit que faisait les deux hommes dans la chambre d'Erik. Inquiète, elle avait poussé du bout des doigts la porte déjà entrouverte pour en rester médusée (et ravie, mais cela ne vint qu'après le premier moment de surprise) par la scène qui se passait devant elle. De son point de vue, on pouvait voir Erik le visage dur et déterminé, à califourchon sur le torse de Charles, dont les jambes étaient coincées par le contrôleur de métal. Ce dernier essayait de péiger les bras de son ami. Ensuite on voyait Charles, rouge comme une tomate, en train de lutter (vainement) à ce qu'Erik n'attrape pas un petit objet rouge emprisonné dans sa main. D'abord déstabilisée par ce qu'elle voyait, Raven s'en remit vite et un sourire éclatant vint barrer son visage. Au même moment, Erik put attraper le fameux objet, qui lui semblait, de là où elle était, être un briquet, et ils commencèrent à s'enrouler sur eux-mêmes, chacun tentant de prendre le dessus sur l'autre. On entendait par inter-mitant des morceaux de phrases ne voulant pas dire grand-chose.

Raven jubilait intérieurement. Elle avait toujours trouvé Charles et Erik mignons ensemble ! La seule chose qui ternissait le tableau n'était autre que Moira. Elle n'avait jamais su blairer cette femme, depuis le premier jour. Mais le pire fut lorsque Charles lui avait annoncé qu'il entretenait une relation avec cette… cette harpie ! Raven l'avait tout simplement nié le reste de la semaine. Moira… Heureusement, ils ne risquaient plus de la revoir de sitôt dans la maison (ricanement sadique de la métamorphe). L'agent avait dû être envoyée d'urgence sur une autre affaire, elle avait alors mis sa relation avec Charles en suspens. Tout à coup, un bruit de verre brisé retira Raven de ses pensées. Elle se reconnecta à la réalité et vit Charles collé au mur, tel un faon apeuré, à coté de lui un vase de cristal reflétant les mille et une couleurs de l'arc-en-ciel qu'un rayon de soleil avait fait apparaître sur les morceaux éparpillés. Quant à Erik… Ses jointures étaient blanche, son regard impénétrable était fixé sur le professeur. Il baissa quelque secondes les yeux sur les bouts de verres, puis vers le briquet que Charles avait encore su conserver dans sa main. Erik se courba légèrement en avant et sauta littéralement sur Charles qui se rabattit en boule sur le sol. L'allemand trébucha sur lui, quelques bouts de verres s'accrochèrent dans sa chair mais il ne s'en soucia pas. Il n'avait qu'une chose en tête : briquet.

Raven regardait la scène en tant que spectatrice, se délectant du spectacle. Elle regretta de ne pas avoir un appareil photo ou une camera pour immortaliser l'instant. Soudain Erik se saisit du briquet ; il se releva d'un bond et courut presque jusqu'à sa table de nuit d'où il sortit un paquet de cigarettes. Il en sortit une et la porta fébrilement à ses lèvres. Il activa plusieurs fois le briquet avant qu'une flamme frémissante n'en sorte tellement ses mains tremblaient. Et il l'alluma... Il la porta à ses lèvres puis inspira une bouffée. Ses traits se détendirent aussitôt, il relâcha ses épaules et recracha la fumée doucement en gardant les yeux fermés de plaisir. Charles, quant à lui, était encore sur le sol, les bras reposant inertes par terre. Il fixait Erik, découragé. Et heureux d'être encore en un seul morceau. Il laissa sa tête tomber sur son torse, complètement abattu par cet échec, soufflant dans sa barbe.

« - C'est tout ? »

Erik avala sa fumée sous le coup de la surprise avant de tousser, les yeux bien ouvert cette fois. Charles releva d'un coup la tête, se la cognant au mur pour la rabaisser à cause de la douleur. Il la redressa tout doucement, la main posé sur son crâne endolori. Les deux hommes fixaient Raven. Cette dernière pencha légèrement la tête sur le coté, un doigt posé au coin des lèvres avec un sourire espiègle. Mais ce qui se remarquait le plus, c'était ses yeux. Ils étaient pétillants comme jamais et exprimaient bien plus de chose qu'on ne pourrait en dire.

« - Hm… » Commença-t-elle avec une mimique déçue. « Je m'attendais à un peu plus de spectacle. Vous étiez si adorable à vous roulez l'un sur l'autre !
- De…Depuis quand… Depuis quand tu… ?
- Je suis arrivée quand Erik était à califourchon sur toi… Vous n'aviez rien fait avant au moins ? Je suis tellement triste d'avoir raté le début… » Dit-elle avec un sourire coquin.

Charles ouvrit et ferma la bouche plusieurs fois, ses joues s'empourprant tandis que son embarras grandissait. Erik cherchait visiblement contenance, ses yeux fuyant le regard de Raven qui se délectait visiblement de leur malaise.

« - Non… Enfin, oui. Mais non. En fait, nous… Hm je… J'empêchais Erik de… » Commença Charles avec difficulté avant de se faire interrompre par sa sœur.
« - Mais oui, bien sur ! Tu auras beau me dire tout ce que tu veux, Charles, je ne suis pas prête d'oublier ça ! Et je ne suis pas prête à changer d'avis sur la question. » Finit-elle avec un clin d'œil vers le contrôleur de métal qui arborait un visage impassible, ses mains trahissant néanmoins sa nervosité.

Raven quitta la pièce d'un pas léger, presque sautillant, souriant à en avoir mal aux joues, plus heureuse que jamais. Ils étaient vraiment trop chou tous les deux ! Dans la chambre de l'allemand, ce dernier se racla la gorge tandis que Charles se remettait de ses émotions tout en se relevant. L'allemand finit sa cigarette d'une dernière bouffée nerveuse, avant de l'écraser dans le cendrier sur sa table de chevet. Il s'avança vers son ami et lui proposa sa main pour l'aider à se relever. Même cette simple poignée qui était plus que banale, parut étrange après la discussion avec Raven. Il savait que ce n'était que pur « fantasme » venant de cette dernière, mais ne put s'empêcher d'éprouver une certaine gêne de par ce contact. Charles se racla la gorge avant de s'adresser à Erik.

« - Hm… Je ne sais pas si ça en vaut vraiment la peine de te reprendre ton briquet…
- Si ! Vas-y, reprends-le. Ce n'était qu'un petit moment de faiblesse de ma part, cela n'aurait pas du arriver.
- Quoi donc ? » Demanda le télépathe, ayant encore les mots de la jeune métamorphe en tête.

Ce n'est qu'après que ces mots soient sortis, qu'il se rendit compte qu'il n'y avait pas de double sens. Non, il n'y en avait aucun. Erik l'interrogea du regard, mais Charles sourit gentiment en reprenant le fameux briquet rouge.

« - Supprimons toute tentation. »

Tandis qu'il sortait de la chambre, Charles se demanda d'où il sortait de telle phrase. Franchement ! « Supprimons toute tentation », comme si il y en avait !

« - Je m'égare, je m'égare. » marmonna-t-il dans sa barbe en se pinçant l'arrête du nez.

Charles se dit qu'il avait grand besoin d'un peu de repos pour remettre ses idées au clair… Le lendemain, Erik et Charles se retrouvèrent dans la bibliothèque pour disputer une partie d'échec ; comme à leur habitude.

« - Je suis désolé pour hier, je ne savais pas trop ce que j'avais, j'étais…
- Tu n'as pas à t'excuser. » l'interrompit prestement le télépathe. Le silence reprit place entre les deux hommes. Au bout de quelques pions mis sur le coté, Erik voulu reprendre la parole. Il ouvrit la bouche tout en croisant ses pieds près de son fauteuil, mais l'un deux vint heurter la table et tous les pions furent équeuter sur le sol. Il se leva prestement pour les ramasser.

« - Je suis vraiment désolé, Charles. Je n'ai pas fait attention.
- C'est moi, ou tu t'excuses souvent ses derniers temps ? » Fit-il d'un air taquin. «Ce n'est rien, on en commencera une autre. »

Le télépathe s'abaissa, son épaule effleurant celle de son ami. Ils ramassèrent les pièces en silence, jusqu'à ce qu'il n'en resta plus qu'une, que tout deux voulurent saisirent en même temps, raison pour laquelle on avait l'impression qu'il se tenait la main, leurs yeux fixés sur leur doigts enlacés ou sur le profil de l'autre. C'est en tout cas l'impression qu'eut Raven. Elle venait tout juste prévenir les deux hommes que le dîner allait être servit.

« - Encore ? Mais vous ne savez pas rester tranquille deux secondes vous deux ! Toujours à vous faire des papouilles quand il n'y a personne ! Vous savez qu'il y a des enfants dans cette maison, un peu de tenue, s'il vous plaît ! »

Elle ne disait pas cela sur un ton de reproche, car au fond, elle jubilait. Ils étaient trop mignons ! Charles avait pris la même couleur que la moquette cramoisie et Erik ne savait visiblement pas où se mettre. Ha ! Elle allait fonder une agence de rencontre, elle était faite pour ça !

« - Au cas où, le repas va être servi. Mais ne vous dérangez pas pour si peu. »

Raven sembla revenir sur ses pas, mais à la dernière minute elle se retourna et dit d'une voix claironnante :

« Si vous voulez mon avis, vous allez l'air plus affamés l'un par l'autre que par un steak ! »

Et elle sortit d'un pas sautillant, malgré le fait qu'on voyait bien qu'elle se retenait de faire des bonds de joie. Dès que les boucles blondes de Raven ne furent plus dans son champ de vision, Charles retira rapidement sa main en se raclant la gorge. Il était… mortifié ! Il crut que c'était la plus grande honte de sa vie ! Mais… pourquoi pensait-il cela, alors qu'il savait pertinemment que cela ne voulait rien dire ! Rien du tout, vraiment… pourquoi était-il obligée de s'en convaincre alors ? Il se serait volontiers cogner la tête contre le mur le plus proche si son ami – ami ? Oui, ami ! Rien de plus ! – n'avait pas été là. Ce dernier par ailleurs rassemblait les pièces du jeu d'échec dans des mouvements fébriles et quelque peu désordonnés. Erik ne savait plus où se mettre non plus. Charles n'essaya pas de l'aider, toujours plongé entre l'envie de crier contre un dément en se fracassant le crane et le fait de s'en retenir.

« - On devrait peut-être hm… » Commença Erik, dont les pommettes rosirent légèrement.
« - Aller manger, oui sans doute. Enfin, je veux dire oui, oui ! On doit, on va euh… aller manger. »

Les deux hommes sortirent en trombe de la pièce sans un regard l'un pour l'autre, mais la gêne était si épaisse qu'elle formait comme une glu entre eux.

-

Charles finit en se rinçant le visage. Après être resté plus d'une demi-heure sous les jets brûlants de la douche, il en était ressorti relaxé et enlevé de ses envies de faire du tam-tam avec son crâne. Soudain il entendit comme un grand coup de vent, puis des débris qui se fracassait à terre. Aussitôt, sa relax-attitude partit en fumée avec le reste des vapeurs de la douche et une petite ride d'inquiétude se formant sur l'arrête de son nez.

«- Mais qu'est-ce que… »

Il ouvrit la porte de sa salle de bain à la volée, ou du moins est-ce ce qu'il aurait voulu faire, mais quelque chose la bloquait. Après être venu à bout de l'obstacle, il se retrouva devant un amas de débris et de poussières recouvrant la moindre surface de sa chambre.

« - Mais qu'est-ce que… » répéta-t-il à voix haute.

Il s'avança prudemment entre les morceaux de bois et de ciments qui s'étalaient à terre et regarda vers la porte de sa chambre. Enfin… vers le trou d'entrée de sa chambre.

« - Mais qu'est-ce que c'est que… ! » Commença-t-il en élevant la voix.
« - Charles ! On peut tout t'expliquer ! Mais d'abord, c'est sa faute ! » Fit Sean, un doigt accusateur visant Alex à coté de lui.

Dans le couloir, plusieurs têtes avaient faites leur apparition jusqu'à ce que tous les habitants de la maison soit au complet, contemplant les dégâts d'un air médusé ou hilare. Charles ne pipait mot, trop ébahi. Mais comment diable avaient-ils fait ça ? Sean, après quelques altercations avec Alex, consentit enfin à expliquer ce qu'il s'était passé : Sean s'entraînait dans le couloir à casser des verres avec son pouvoir. Et, trop concentré qu'il était pour bien dosé la résonance et pour ne pas se couper, il n'avait pas vu Alex arriver derrière lui. Ce dernier l'avait saisi et, surpris, Sean avait crié sans réfléchir. Puis le mur était tombé...

« - N'empêche, j'ai gagné le pari ! Par ici la monnaie, Rav' »fit joyeusement Alex.
« - Ah zut ! Je te dois combien maintenant ?
- Stop ! Avant tout, vous allez me nettoyer tout çà ! Je ne peux pas dormir là-dedans ! »
Les visages encore amusés quelques minutes auparavant affichèrent soudain des mines scandalisées et on vit les commissures des lèvres de jeunes retomber très vite.

« - Quoi ? Mais il est presque minuit, demain on doit se lever tôt pour…
- Je m'en fiche, il fallait y penser avant !
- Allons, mon ami, ils le feront demain. » dit gentiment Erik. « Ils ne l'ont pas vraiment fait exprès, tu dormiras autre part cette nuit. »

Charles ne sembla pas très convaincu par cette excuse, mais laissa passer. Peut-être devenait-il trop laxiste avec les enfants ? Hm…

« - Oui, c'est une très bonne idée ! » Jubila Raven, alors que tout le monde avait déjà prit la poudre d'escampette. « Et, puisque tu te proposes, la question est réglée ! »

« Tut tut tut ! » Rajouta-t-elle en voyant les deux hommes ouvrirent la bouche pour contester. « Ne faites pas semblant d'être gênés, vous en mourrez d'envie ! Je l'ai vu là-tantôt. »

Elle les laissa là, repartant d'un pas léger après leur avoir fait un clin d'œil taquin. Erik et Charles ne savaient pas trop comment interpréter tout cela ; mais après tout, c'était Raven ! Le télépathe alla chercher un vêtement pour la nuit dans son armoire et retrouva son ami dans sa chambre. Erik était déjà sous les draps, un t-shirt noir recouvrant son torse où l'on devinait des muscles bien dessinés.

« Attend… tu ne penses quand même pas aux muscles de… ! Non ! Et maintenant, avale ta salive ! Charles, t'es vraiment nul. » Se sermonna le télépathe.

Ce n'était pas normal, il ne devait pas penser comme ça. Même si l'autre homme pensait comme lui ? Sauf que Charles ne lirait pas dans l'esprit de son ami pour le savoir, il lui avait promis. Il s'approcha du lit, ne sachant trop où se mettre. Erik tira quelques draps d'une main, l'invitant à le rejoindre. Ils se glissèrent entre les draps et se souhaitèrent bonne nuit. Combien de temps passa avant qu'Erik ne soupire, Charles n'en avait aucune idée. La seule chose dont il était certain, c'est qu'Erik ne dormait pas . Apparemment il n'était pas le seul à ne pas pouvoir trouver le sommeil.

« - Erik ?
- Charles ?
- Tu dors ?
- A ton avis ?
- Non ?
- Idiot ! »

Et ils éclatèrent de rire, complice.

« - Je n'arrive pas à dormir… trop de pensées se bousculent dans ma tête… » Dit doucement Charles
« - Encore les enfants ?
- Non, pour une fois qu'il n'y a que les miennes. Ils dorment tous à point fermés, je peux te l'assurer.
- Qu'est-ce qui te préoccupe ? A part, bien sur, ta chambre en morceau, Shaw, la menace d'une troisième Guerre Mondiale par sa faute, la sécurité des enfants… »

Même dans le noir, Charles remarqua le sourire taquin de son ami. Ils laissèrent un silence planer quelques minutes dans la pièce.

« - Vérité ?
- Pardon ?
- On joue à vérité ? » Demanda innocemment Erik.
« - T'y as déjà joué ?
- Il y a une première fois à tout ! Allez, vérité !
- Hm… Tu aimerais avoir des enfants ? »

Le silence se prolongea un peu après sa question que Charles crut un instant qu'Erik s'était assoupi, mais il répondit finalement.

« - Je ne sais pas… Peut-être, mais en attendant je me sens déjà un peu comme un père avec les jeunes. As-tu déjà eu des relations sérieuses avec quelqu'un ?
- Non, j'avoue que je n'ai jamais vraiment envisagé une relation sérieuse avec quelqu'un ; du moins avec les personnes avec qui je suis sorti. »

Charles se tut le temps de réfléchir à sa prochaine question puis demanda, pas très sur de lui, quels seraient les trois mots avec lesquels il le décrirait. Erik se tourna vers son ami. Il le regarda attentivement, pesant chacun de ses mots, cherchant ceux qui le définissaient le mieux. Charles quant à lui ne pouvait défaire son regard de celui du contrôleur de métal.

« - Généreux, borné et… adorable. »

Charles réfléchit à ces dernières paroles, plongé dans l'immensité bleue métallique de son interlocuteur. Ce dernier se racla légèrement la gorge avant de poser une question à son tour, mais, semblait-il, d'une voix faussement décontractée.

« - Quel est l'endroit où tu te sens le plus en sécurité ?
- Dans cette maison. »

Charles passa un bras sous sa tête et s'installa plus confortablement face à son interlocuteur. Il avait une question qui lui trottait dans la tête depuis l'annonce du jeu, mais il avait peur de la dire à voix haute… Oh et puis zut ! Il inspira profondément et ferma les yeux une demi-seconde avant de les rouvrir en posant sa question.

« - Si tu devais faire l'amour avec quelqu'un, là, tout de suite, ce serait avec qui ? »

Erik eut un sursaut imperceptible, cependant il ne coupa pas le contact visuel qu'il avait avec Charles. Il ne comprenait pas très bien à quoi jouait son ami, mais il se dit qu'après tout, autant y aller jusqu'au bout !

« - Avec toi. »

Erik se pencha vers Charles et lui effleura doucement les lèvres. Leur baiser fut doux et sans contrainte. Le télépathe murmura doucement à l'oreille de son amant, d'une voix rendue grave par le désir.

« - Je veux une chose en échange…
- Quoi ? » Chuchota à son tour Erik entre deux baisers sur le cou. -
« Que tu arrêtes de fumer définitivement. »

Ils scellèrent leur commun accord d'un baiser plus fougueux et rempli d'amour contenu depuis… ils n'en avaient aucune idée ! Durant leur première nuit à deux, ils se contentèrent de s'embrasser et de se câliner sans aller au-delà. Mais ils avaient tout le temps pour aller plus loin, beaucoup plus loin...