Un café noir bien corsé sans sucre. Certains disent que le café est le reflet de la personnalité de la personne qui le boit. Ou alors que, comme toutes personnes normalement constituées (incluant, bien évidement, les mutants !), les gens ont des goûts différents et rajoute du lait ou du sucre en fonction de ses goûts.

Erik ferma les yeux lorsque le liquide chaud coula dans sa gorge. Un rayon de soleil apparut timidement, se déversant dans la cuisine, caressant la peau du contrôleur de métal. Ce dernier savoura ce contact avec délectation. Puis, au fur et à mesure, il se rendit compte que la chaleur avait déserté sa peau. Il entrouvrit un œil et le referma rapidement en soupirant bruyamment.

« Bonjour à toi aussi, ça fait plaisir de te voir le matin ! Tu exploses de joie en ma présence… » Ironisa Raven en piquant un croissant à coté d'Erik, son croissant ! Est-il utile de préciser que ce dernier lança un regard glacial vers la métamorphe ?
« Quoi qu'il en soit, on doit parler affaire toi et moi » fit-elle la bouche pleine. « Au fait, où est Charles ? »
« Il dort encore, et toi et moi on ne doit pas parler affaire, je n'en ferai jamais avec toi. »

Raven haussa un de ses parfaits sourcils blond et eut un rictus ironique. Erik amorça un geste vers la sortie, son petit déjeuner, ainsi que sa tranquillité, lui ayant été enlevé en à peine quelques minutes… Cependant, c'était sans compter Raven qui lui bloqua le passage, les bras placés de façon à faire barrage.
« Erik, soyons clair : tu n'aimes pas tourner autour du pot et moi non plus. Dois-je te rappeler que les murs de cette maison ne sont pas insonorisés et qu'à certains endroits, ça résonne ? » Dit-elle d'un ton cassant. La caféine n'avait pas encore eut le temps de faire son chemin et Erik mit du temps à comprendre ce que lui disait Raven. Alors seulement, un soupire d'exaspération franchit ses lèvres.
« Et… ? »
Raven expira à son tour bruyamment. Cela l'ennuyait de devoir tout expliquer.
« Et ? Je n'arrive plus à dormir et quand cela arrive, c'est pour vous imaginer… l'un sur l'autre… vous embrassant… vous touchant… vous emboîtant… »Dit-elle d'un air tourmenté.
« C'est bon, j'ai compris ! Et que veux-tu que j'y fasse ? »Il souffla bruyamment avant de reposer son regard sur elle, avec cette fois-ci une petite étincelle dans les yeux. Il lui dit ensuite d'une voix plus suave : « Tu veux te joindre à nous ? »
Raven pris un air outré et lui tapa la tête.
« Crétin ! Je veux juste ta carte de crédit. »

Erik la transperça de ses yeux bleus. Il n'y eut pas un seul mouvement trahissant ce qu'il ressentait. Contrairement à la métamorphe qui arborait un sourire des plus rayonnants. Ses cheveux blonds encadraient son visage et lui donnait l'air d'un ange. Gentille et adorable. Mais ça ne lui en donnait que l'air. Erik humidifia ses lèvres avec un petit rire. Trouvant que ce petit manège avait assez duré, il poussa Raven sans ménagement et s'engagea dans le couloir à grandes enjambées. Il crut entendre quelques protestations de cette dernière, mais ne s'en soucia pas plus que de la dernière pluie. Après quelques détours pour être sur d'avoir semé Raven, il arriva enfin devant sa chambre et y entra doucement pour ne pas réveiller son bel endormi. Tandis qu'il fermait la porte sans la claquer, il observa Charles,tout attendri. Ou plutôt, il se retint de rire. En effet, son amant se trouvait les fesses en l'air, à peine recouvertes par les draps. Sa tête était posée sur son profil droit et sa bouche entrouverte laissait s'échapper un petit filet de bave qui, aux yeux du contrôleur de métal, était adorable. Quand l'amour rend aveugle…

Erik s'approcha doucement du lit et s'accroupit à coté de son bien-aimé. Il lui caressa le front puis replaça quelques mèches qui cachaient son visage. Il monta ensuite sur le lit, exerçant une pression sur son postérieur pour le redescendre et se mit à califourchon sur Charles. Il passa ensuite ses doigts sur son dos nus, appliquant un mouvement léger et sensuel telle une douce caresse, un petit chatouillis. Il sentit Charles frissonner. Il remua un peu, puis ouvrit un œil avant de le refermer dans un soupir. Erik se mit à le masser, arrachant ainsi un soupir de satisfaction de son amant.
« Salut... »
« Salut »
L'allemand embrassa tendrement son omoplate avant de continuer ses massages. Ils restèrent ainsi quelques minutes, mais s'en était déjà trop pour Charles qui essaya de se retourner. Une fois mis sur le dos, il emprisonna les hanches d'Erik dans ses bras. Ce dernier s'abaissa pour l'embrasser à pleine bouche. Rompant pour quelques secondes le contact de leurs lèvres, Erik murmura :
« Tu as une haleine de chacal, mon chéri… » Charles haussa faiblement les épaules. Le télépathe voulut inverser les rôles et se mit, à son tour, à califourchon sur Erik. Il l'embrassa le cou, la clavicule, descendit sur les pectoraux, puis se furent au tour des abdominaux d'être assaillis par des baisers…Erik gémissait, savourant avec délice les ardeurs amoureuses de son amant. Ce dernier s'approchait tout doucement de la partie dangereuse. Cependant, il se contenta d'un baiser humide sur le bord de la hanche et se leva rapidement avant de se précipiter dans la salle de bain. Erik ouvrit subitement les yeux, qu'il avait alors fermé de plaisir, et regarda autour de lui à la recherche de Charles. Frustré d'avoir ainsi été laissé en plan, il se redressa brusquement en plissant les yeux.
« Charles ! »
Seul un rire taquin lui répondit. Il expira bruyamment avant de se laisser tomber sur les draps, rebondissant quelques secondes à cause des ressorts. Il croisa ses mains sur son torse et observa le plafond.

Erik se trouva un peu ridicule d'être ainsi, mais il devait avouer que cela était reposant de rester couché et de laisser ses pensées aller et venir à leur guise. Il pensa à tellement de chose ! Et si peu en même temps… Son premier baiser avec Charles, merveilleux, l'un de ses plus beaux souvenirs. Leur première nuit d'amour. Les enfants se chamaillant. A ses parents, qui lui manquaient terriblement… Puis, ce fut le visage de Raven qui s'imposa à son esprit. Il aurait préféré que se soit un certain brun aux yeux bleus, mais bon…Cependant, cela l'amena à repenser à ce que lui avait dit la blonde ce matin. Tout à coup, sa « zen-attitude » s'évanouit et il émergea aussi sec de ses pensées. Il essaya de retourner dans cet état second ; sans succès. Quelque chose lui trotta dans la tête. Il essayait de comprendre ce que tramait Raven ; or c'était un exploit que d'essayer de la comprendre avec son esprit tordu ! En fond, il entendait le jet de la douche. Il tenta d'imaginer son chéri sous l'eau bouillante, d'imaginer les gouttes d'eau caressant sa peau… mais rien n'y fait. Il pensait toujours à Raven. Et cela le frustrait. Vraiment. Erik ruminait donc seul, sur le lit où, quelques minutes auparavant, il fut une première fois frustré par son amant, puis une deuxième fois par ses pensées.

Finalement, dans un mouvement brusque, l'allemand sortit de la chambre en trombe. Bientôt, il arriva devant la chambre de la métamorphe et toqua comme un forcené sur la pauvre porte en bois…
« J'arrive, j'arrive ! »
Lorsqu'elle eut ouvert la porte, Raven eut une moue étonnée avant d'arborer un sourire supérieur.
« J'ai failli attendre, mon cher Erik. »
Seul un grognement lui répondit. Elle l'invita à entrer, mais Erik refusa. Il devait juste savoir.
« Qu'est-ce que tu voulais ce matin ? » Dit-il, ses paroles sonnant comme une douce menace en cas de non-réponse.
« Je veux juste ta carte de crédit. »
« Il en est hors de question ! Qu'est-ce que tu ferais avec ? J'imagine déjà la tête de Charles s'il savait… »
« Il a déjà accepté. »
Le contrôleur de métal s'arrêta dans ses gesticulations, une main levée au-dessus de son front, le regard perdu dans les moulures du bois de la porte. Il avait l'étrange impression de s'être fait avoir. Dès que le moment de surprise fut passé, son visage devint froid et une étincelle de colère naquit dans ses iris métallisé. Raven n'avait, évidement, rien raté à tout ceci. Elle sourit de plus belle en prenant le bras d'Erik, le forçant à entrer. Elle claqua la porte d'un coup de pied et le fit asseoir à son bureau.
« Raven, je n'ai pas de temps à perdre avec ces sornettes. Je t'ai dit que… »
Elle l'interrompit en étalant des plans devant lui. Malgré lui, il se pencha pour en étudier le contenu. Rapidement, il se rendit que c'était des plans de la résidence, mais seulement du rez-de-chaussée. Cependant, il y avait une erreur…
« Clairement, voici la situation : Hank se cloître dans son laboratoire la nuit pour dormir ; Alex prend des somnifères et des boule-quies ; Sean va dormir dans le salon avec la télé allumée et moi, je n'arrive pas à fermer l'œil de la nuit, soit par le bruit, soit parce que je vous imagine en train de copuler. Franchement, cela ne peut plus continuer, ça devint invivable ! Alors, ou vous arrêtez de vous faire des papouilles ou vous habitez autre part. Avec les gars, on a choisit la deuxième solution. Donc, ici c'est une annexe à la résidence pour vous deux. »

Elle indiqua « l'erreur » qu'avait remarquée Erik un peu plus tôt. Ce dernier s'aperçut que le sourire de la jeune femme était parti, laissant la place à une mine soucieuse. Elle se mordait nerveusement la lèvre inférieur, attendant une réaction de la part de son interlocuteur.
« Une annexe ».
« Euh oui… En gros, elle est à une dizaine de mètres de la demeure principale et serait reliée à celle-ci par un couloir. L'annexe serait entièrement insonorisée. Le seul problème, c'est qu'on n'a pas l'argent pour faire les travaux, alors on a pensé que ça vous ferai plaisir d'assurer les dépenses… »
Jusque là, l'allemand semblait conquis par l'idée. Il est vrai qu'avec Charles, ils avaient déjà parlé d'avoir un peu plus d'intimité. Non que son amant soit prude (il l'était beaucoup moins depuis quelque temps...) mais ils voulaient aussi pouvoir partager des moments rien qu'à eux, qu'ils ne

leur appartiendraient qu'à eux seul. Cependant, il avait quelques réserves sur cette idée : s'il y avait un problème à la maison, pourraient-ils arrivés à temps ? Ou pire : entendraient-ils seulement les appels ? Ne se sentiraient-ils pas trop seul, sans les cris des enfants se chamaillant le matin ? Mais d'un coté, c'était si tentant…
« En plus, vois le bon coté des choses : imagine qu'on recrute plus de mutants, ça fera de la place pour eux ! » Erik ne pu s'empêcher de s'esclaffer.
« Parce que tu crois vraiment qu'on va rechercher d'autres élèves ? On ne va pas faire une école non plus ! On en a déjà assez vu avec vous, pas besoin de rajouter d'autres mioches ! »
« Rabat-joie… »Raven se renfrogna, croisant ses bras sur sa poitrine.

Cependant, elle ne devait pas perdre de vue son projet final : la carte de crédit d'Erik. Elle était prête à tout pour l'avoir, même si les méthodes n'étaient pas de celles qu'elle préfère… Elle s'obligea à respirer doucement avant de se créer un visage serein et séducteur. Elle se rapprocha subtilement d'Erik avec son regard de prédatrice.
« Erik, Erik, Erik… Tu peux me dire ce que tu veux, je sais que tu la veux cette annexe. Je sais que Charles et toi avez d'autres projets qui doivent se faire loin des oreilles prudes et innocentes. Imagine tous ce que vous pourrez faire, toutes les nouvelles possibilités qui s'offrent à vous. Tu ne vas pas me dire que ça ne te tente pas, si ? » Elle fit une petite pause à son laïus, ses derniers mots flottant encore entre elle et Erik. Malgré son calme et sa confiance apparente, elle avait peur qu'il ne décèle son petit manège « d'envoûtement ». Elle se remit à parler avant qu'il n'ait pu prononcer un seul mot qui puisse le faire changer d'avis.
« Allez petit coquin, je sais que t'en meurs d'envie… Et Charles aussi, sinon il n'aurait pas accepté. Et tu sais qu'il n'accepterait jamais un projet inutile… »
Elle avait gagné. Quoi qu'il se passe par après, elle savait qu'elle avait convaincue Erik. Si Charles est d'accord, Erik l'est aussi et vice-versa. Tellement facile – et prévisible ! Effectivement, après quelques doutes, quelques questions et hésitations, il lui tendit une ô merveilleuse carte. Raven eut quand même la décence d'attendre qu'il soit parti avec de crier et de sauter de joie partout dans la pièce. C'est avec un déhanchement fort provocateur qu'elle rejoignit son autre chambre à l'étage, se mordant la lèvre inférieure. Une fois dans son antre, elle déposa délicatement la carte sur son bureau, alluma sa radio, mis le son à fond et se déhancha sur le rythme dans toute la pièce telle une endiablée, chantant à tue-tête. Au bout d'un moment qui aurait parut interminable et d'une torture constante, Raven se calma (du moins sembla-t-elle moins énergique) et alla annoncer la nouvelle à Sean, Alex et Hank.

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Il dégustait chacune de ses bouffés. Charles avait beau avoir tout tenté pour le faire arrêter, Erik ne pouvait résister à la tentation d'une cigarette. Le soleil se couchait à peine, zébrant le ciel azur de rose, mauve… L'immense astre n'était plus qu'une boule orange sur ce fond envoûtant. Quelques nuages se baladaient par ci par là, donnant à la scène une atmosphère irréel ; tout simplement magique.

Finalement, ils avaient enfin eu leur annexe. Il s'avéra que c'était réellement une bonne idée. Cela leur donnait une intimité et, tout simplement, une vie bien à eux. Bien qu'Erik n'accorda pas beaucoup de confiance en Raven (du moins se méfiait-il de ses… goûts), il devait avouer qu'il fut agréablement surpris et touché par ce qu'elle avait su faire. Elle avait tout marchandé et au final les travaux n'avaient pratiquement rien coûté (ils ne voulurent pas savoir comment elle s'y était prise… Même si tout le monde s'en doutait…). Par après, c'est elle qui avait fait toute la déco. Elle avait su trouvé ce qui les correspondait et les avait associés avec goûts. Bref : Erik et Charles se sentaient chez eux.

Erik rentra dans l'annexe après avoir pris la dernière bouffée de sa cigarette. Il s'étira les bras et le dos, craquant quelques vertèbres au passage. Soudain, Charles surgit dans la pièce l'air affolé d'une biche perdue. Lorsque son regard tomba sur celui bleu métallique d'Erik, il accourra vers lui, manquant de tomber.
« Ouhla ! Doucement Bambi ! Qu'est-ce qui t'affole comme ça ? » Fit-il, attendri, avec un sourire.
Charles agitait des papiers dans tous les sens tandis qu'il essayait de reprendre haleine. Erik s'en empara avant de les parcourir pendant que Charles parla.

« Ce… C'est… l'orphelinat. Ils ont accepté ! ON VA ETRE PAPA ! »