Disclaimer: les persos de DBZ sont à Toriyama.

L'AMI VENU DES OMBRES
Chapitre 1 - Lassitude d'Existence


Un soleil de plomb écrasait cette ville perdue dans l'arizona. La chaleur qui montait de l'asphalte de l'autoroute créait des vaguelettes dans l'air et faisait trembler l'image des lointaines montagnes rocheuses.

Jed Blade s'épongea le front en attendant que le responsable du hangar revienne avec les clefs. Il avait posé sur sa tête la mallette qui contenait tous les formulaires qu'il allait devoir remplir à la suite de cet entrevue. Il le ferait probablement dans l'avion du retour. Il regarda d'un oeil distrait les tumbleweeds qui rebondissaient paraisseusement dans le vent, en soulevent des petits nuages de sables. Il serait ravi quand il serait à quelques milliers de miles d'ici.

Le responsable du hangar, un homme ventripotent dont la chemise bleue foncée se tachait de sueur aux aisselles et au niveau du nombril, ouvrit la porte avec un grincement strident dans la pesanteur de cette chaude après midi. Jed Blade amorça un mouvement de marche, rabaissant la malette noire et se passant une main dans ses cheveux mauves, heureux de gagner enfin l'abris ombré du hangar, même si ce qui l'attendait à l'intérieur ne lui plaisait guère.


Jed et l'autre homme nommé Rogers étaient penchés vers l'intérieur de la carcasse de la voiture, Rogers montrant les différents points à remarquer alors que Jed prenait des notes au vol ainsi que quelques mesures. "Le père devait être assez gros", commenta Rogers, désignant le siège du conducteur, "Voyez l'endroit ou sa graisse a brûlé sur le siege avec sa chemise en polyester? Ca fait très... art contemporain".

Jed gardait un visage impassible. Il eut été un temps où ce genre de détail lui aurait fait rendre son petit déjeûner, mais l'habitude venant, les morts ne devenaient plus que des statistiques. Des chiffres sur du papier, vites encodés en nombres binaires ou hexadécimaux. Il avait gagné en résistance et en cynisme au cours des dernières années. Mais sa vie lui semblait bizarrement vide.

La mort en elle-même ne l'effrayait plus car il se demandait juste si elle pourrait lui briser la monotonie de l'existence... Avait-il toujours ressenti cette même lassitude face à la vie? Sa mémoire ne remontait guère à plus de cinq ans en arrière, et avant celà, c'était un trou noir complet. Il n'aurait su répondre à cette question dès lors...

"Ici", poursuivit Rogers, "on peut voir l'appareil dentaire de la gamine qui s'est encastré dans le cendrier." Il se tourna vers Jed, "vous pensez que ça ferait une bonne pub anti-tabac?"


Un voiture neuve construite par la société dans laquelle Jed travaillait roulait à 90km/h. Le différentiel arrière se bloque. Le conducteur perd le controle de la voiture qui dérape et tombe dans un ravin, elle s'enflamme et tue tous les occupants, une famlle complète. Jed faisait partie de la section enquête de la société et il devait déterminer si oui ou non celà pouvait être du à un défaut de série, qui nécéssiterait un rappel.

C'est ce que Jed expliquait maintenant à la grosse femme assise à côté de lui dans l'avion et qui avait voulu engager la conversation pour tuer l'ennui classique de ces vols de nuit. Elle avait posé la question qui statistiquement parlant ouvrait la conversation dans 74% des cas après les traditionnels "Bonjour comment allez-vous?" et "Il fait beau/dégueu/froid aujourd'hui, n'est-ce pas?"; le fatidique "Que faites-vous dans la vie?".

Maintenant, la grosse femme - qui avait auparavant engagé la conversation avec son séduisant voisin dans un but de flirt éventuel - regardait maintenant Jed avec des yeux ronds, la bouche bée en "attrappe-mouche". Il ne s'offusca pas: il s'avait très bien l'effet que la description de son travail avait sur les gens. Parfois il pensait que si un jour il disait qu'il était tueur à gage, avec l'actuel relâchement des moeurs, les gens réagiraient probablement mieux à son égard.

Mais à l'heure actuelle, il était pris dans son élan et décida de mesurer la résistance de son interlocutrice en expliquant en quoi réellement consistait son travail "passionnant".

"Prenez x, le nombre de voiture la même série qui ont été produite, 'y' le taux probable de défaillance, et 'z' la moyenne des couts de la prime-assurance que la compagnie a du aux familles des victimes. Si x fois y fois z est inférieur au cout d'un rappel... On ne fait rien..."

La femme le regarda avec des yeux élargis par un mélange de dégout et d'horreur. Elle déglutit, et mit quelques decondes avant de reprendre: "Et ce genre d'accident arrive souvent?"

Jed se pencha vers elle, comme pour lui faire part d'un secret: "un nombre incroyable de fois"

La femme parut réfléchir car son regard se voila pendant un moment, puis elle pose sur Jed un regard ferme. "Pour quelle marque de voiture travaillez-vous?"

Utilisant toujours le même ton de conivance, Jed répondit simplement: "une marque très connue..."

Sa voix montra bien à la femme que le jeune homme aux cheveux mauves à ses côtés n'en dirait pas plus, et à moins de se renseigner sur qui était son interlocuteur, elle n'en saurait pas plus. Dégoûtée par le peu de valeur accordée à la vie humaine, elle prit sa veste et son sac, et se leva pour prendre un autre siège.

Enfin tranquille, Jed se renfonça dans son propre siège, espérant profiter du calme pour se reposer un peu.

Il fut tiré de sa somnolence par de légers tremblements des parois de l'avion. Encore une turbulence, pensa-t-il en essayant de se rendormir; la journée du lendemain serait dure. Comme prévu, la turbulence parut se calmer. Mais un moment seulement, car elle reprit peu de temps après. Et avec plus de force...

Jed entendit quelques glapissement d'effroi - probablement des gens qui prenaient l'avion pour la première fois - et essaya de les ignorer en fermant ses yeux plus fortement. L'instant d'après, une secousse encore plus forte se fit sentir. Il fronça les sourcils, attendant qu'elle passe.

Il lui sembla un instant que l'amplitude de la secousse allait en s'amenuisant, mais dans les secondes qui suivirent, elle redoubla.

Cette fois il lui était impossible de dormir. Il ouvrit les yeux. Les lumières à l'intérieur de l'avion clignotaient désespéremment et les gens commençaient à paniquer. Les hotesses essayaient de garder un sourire pepsodent rassurant, mais au fond de leurs yeux, Jed pouvait lire le même effroi qu'elles essayaient d'anihiler chez les passagers.

Jed sentit alors que l'avion piquait du nez. Etait-ce une procédure normale pour lutter contre la dépressurisation ou le pilote avait-il perdu totalement controle de l'appareil?

A ce moment, alors que les lumières du sol paraissaient encore bien lointaines, une secousse gigantesque arracha une partie de la parois, une dizaine de rangée derrière Jed, mais du côté opposé. Jed tourna la tête juste à temps pour voir un double siège être aspiré au dehors. Y avait-il eut des passagers attachés à ce siège? Il l'ignorait. Mais un grand vent se leva dans la cabine alors que la température chuta magistralement , effaçant de la mémoire de Jed le souvenir même de la chaleur de cet après-midi là.

Il continuait de fixer le gouffre béant dans la coque de l'appareil - gouffre qui s'élargissait au fur et à mesure que d'autres objets - ou personnes - en heurtaient les bords, aspirées par une force gigantesque à l'extérieur.

Il sentit son propre siège trembler et ses cheveux malmenés par le vent. Le froid et le manque d'oxygène commencèrent à lui faire tourner la tête alors que l'avion piquait toujours du nez vers le sol. Si le pilote n'en avait pas perdu le controle, c'est qu'il était à l'heure actuele en train d'essayer de joindre des niveaux de différence de pression moindre, à basse altitude.

Fixant toujours le gouffre béant, Jed se demanda ce que ça ferait d'être aspiré à son tour dans les ténèbres. Souffriait-il du froid? S'évanouirait-il avant de toucher le sol?

Et puis il perdit conscience et tout devint blanc pour lui.

[à suivre ;-) ]


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Et voilà, dans l'attente de YELL 14 qui devrait sortir d'ici peu, voici une ancienne fic que je viens de retrouver et que je vais essayer de terminer rapidement [si je vois par les reviews qu'il y en a intéressé(e)s à lire la suite :p ] :)

L'"ami mystérieux" annoncé dans le résumé n'est bien sur pas encore apparu, mais vous aurez facilement deiné qui "Jed" est, n'est-ce pas? ;)

A pluche :)