Les résumés et moi, c'est la guerre. Courage, donc. Je sais que vous pouvez le faire. Je vous aime! Vraiment! Si vous me lisez (enfin pas moi, mon texte) !

Donc Rating K+, je sais pas trop trop y a des moments bien moches, mais je pense que c'est pas la peine d'aller jusqu'au T, non? Vous me direz.

C'est ma première fic de toute éternité (quatre ans d'écriture, fallait bien que j'essaie). Je me sens niaise avec mes espèces d'indications scéniques à la noix, mais bon... Alors, pour, un peu, le code : en gras les chansons (vous auriez trouvé tous seuls) et les tirades de... l'individu mystère \o/ (c'est pas un lol, c'est un bonhomme), en /texte/ c'est les pensées sur le moment, et je crois que c'est tout, si vous avez des questions allez-y, avec joie, même si c'est pour me demander si ça va, je vous aime tous! Et bah... FIGHT! Lecture! (je sais, le copié/collé c'est le mal, mais je vais pas tout réécrire à chaque début de chapitre)


Loaw : Bon sang de dieu, j'aurais dû m'en douter. Bien. Dans l'ambulance, nous avions insisté pour être ensemble. Arrivés à l'hôpital, cette demande ne fut pas acceptée jusqu'à ce que mes parents interviennent. Ils ont même fait rapprocher les lits. Comme ils disaient, le choc psychologique était trop important et nous avions besoin l'un de l'autre. Nous passions toute la journée à parler. Puis nous avons eu la nouvelle. Clarence était condamné. Ils voulaient le garder, alors j'ai dit clairement qu'il était hors de question que je le quitte. Il a bien essayé de me raisonner, mais... Il a toujours été le plus sage de nous deux. Moi, j'étais la spontanée. Je le protégeais, je n'hésitais jamais à foncer dans le tas pour lui. Bref, il n'a pas réussi à me convaincre, et moi je suis restée avec lui, après ma guérison. J'ai continué à suivre le programme avec des livres, des cahiers d'exercices et tout ce bazar, que j'amenais tous les jours. Je lui lisais des histoires, je lui apprenais ce que je venais d'apprendre, nous regardions la télé, ou jouions aux jeux vidéos. Il m'écrasait à chaque fois, je ne faisais pas le poids contre lui. Je voyais son état se détériorer, lui-même en avait conscience, mais nous abordions rarement le sujet. Et puis, un jour, il ne s'est pas réveillé. Comme ça. Je le regardais en le secouant un peu. Il avait l'air si paisible, si heureux. Oui, il avait réalisé ses trois vœux, je pense bien que c'est ça. Mais quel était le troisième? Sûrement que je ne l'oublie jamais. Je veux dire, la veille, il m'avait avoué qu'il avait affreusement peur, mais qu'en même temps il était confiant, ce genre de choses. Et puis, je lui ai juré de ne pas l'oublier quoi qu'il arrive. Je sais bien qu'il n'en doutait pas, mais le fait que je le lui dise le rassurait tout de même. Après ça, après ma rencontre avec ma brume, forte de ce nouveau sentiment, je suis retournée au collège. Tu m'a demandé si j'avais sauté une classe. C'est le cas. Mais si tu avais fait plus attention, tu te serais rendu compte que ce n'était pas forcément le cas. Oui, j'ai quatorze ans, mais c'est parce que je suis née un trente-et-un décembre. J'ai bien sauté le CE1 – je connaissais Matthieu d'avant, mais bien que je passe des test souvent pour vérifier mon niveau d'études, avec une assistante sociale, tout ça, mes parents et elle ont quand même insisté pour que je reprenne mon année. Du coup je suis retournée dans ma tranche d'âge. Matthieu avait déménagé. J'étais tellement dégoûtée. Et moi, je le haïssais de tout mon être, mais je haïssais tout le monde. Je ne voulais me lier avec personne. Pour moi, m'attacher à quelqu'un, c'est trahir Clarence. Je me doute bien que ce n'est pas ce qu'il veut, mais j'étais incapable de raisonner correctement. J'ai fait plusieurs crises comme celles que tu viens de voir, et cela m'arrive quand je subis trop de pression sociale. Je ne peux pas supporter les gens, bien que ça s'améliore. Je n'aurais jamais pensé qu'un jour, je raconterais ça à quelqu'un comme toi.

Lysandre : Comme moi, c'est-à-dire?

Loaw : Tu es... Détaché. Enfin, c'est bizarre. Tu as une aura. Je l'aime bien cette aura. Tu es rassurant. Le genre de type qu'on a envie d'avoir en tant que meilleur ami ou grand frère. C'est bon maintenant? On peut aller en bas?

Lysandre : Comment tu me considère, maintenant?

Rattrapée par la situation. Retour sur terre. Je lâchai son bras (dans lequel j'avais planté mes ongles sans m'en rendre compte) et reculai un peu.

Loaw : Je ne sais pas. Dans mon esprit, tu n'es pas raccroché à une catégorie. Tu es Lysandre. Je dirais que tu es le plus proche de moi, hors de ma famille.

Cette formulation soigneusement calculée des choses parut lui plaire. Il se leva, et je le suivis jusqu'au salon. Toute ma famille était réunie devant une émission de débat politique.

Loaw : Vous êtes pas crédibles. Je prends le contrôle de la télécommande.

Ma mère se tourna vers moi, les yeux pleins de larmes.

Maman : Loaw... Ma Loaw... Ma Loaw à moi...

Loaw : Non! Tu te tais et tu te calmes! Assez de glauquitude pour aujourd'hui. Et puis je sais très bien ce que vous voulez tous me dire. Vous êtes très heureux, vous êtes affreusement émus et NON papa n'appelle pas Lysandre « mon gendre »!

Je zappais jusqu'à trouver l'émission que je cherchais. Les anges de la télé-réalité. Tous ensemble, sur le canapé, nous nous sommes vidés les neurones en changeant de chaine à chaque fin de programme. Vers onze heures, tout le monde au lit. J'installai Lysandre sur un matelas volé à ma sœur (elle en a en rab). Après avoir un peu parlé, le sommeil vint nous chercher. Pour une fois, je dormais vraiment bien.

If you love me, If you hate me, You can save me, Baby baby!

Nyaaaan pas ça! Trop tard. Encore une fois, une chanson niaise (trouvée par cliquage d'amv sur youtube) avait fait lieu de réveil, et en bondissant lentement pour aller l'éteindre avant qui quelqu'un l'entende, je trébuchai sur Lysandre et m'étalais sur lui (en travers hein, pas de situation propice à un rapprochement ici)

Loaw : Outch... Désolée, j'avais oublié que t'étais là.

Lysandre : Pas de problème. Tu ne t'es pas fait trop mal?

Il n'y avait que lui pour réagir aussi placidement alors qu'une fille venait de se ramasser sur son ventre.

Loaw : J'aime bien ce côté de toi. Je vais bien, t'inquiète.

Oups, pensé à voix haute. Tant pis. J'éteignis ce fichu réveil et me retournai.

Loaw : Je sais pas quelles habitudes tu as le matin, mais fais comme chez toi. La salle de bain est au bout du couloir, les toilettes juste à côté, le reste en bas...

Lysandre : Oh, je ne fais rien de très particulier. Je vais me contenter de m'habiller et de manger.

Loaw : Hum. Oui. Je... Vais dans la salle de bain, habille-toi ici.

/Wah! Mais stop! Ta gueule cerveau! Ne pense pas, je t'interdis de penser à ça... Argh./

Je venais de me souvenir de Lysandre torse nu. Une grossière erreur. Je pris quelques vêtement relativement au hasard dans mon armoire et partit en fermant la porte. Après m'être passé de l'eau sur le visage, je m'habillai. Un bustier bleu foncé et noir (que je laçais avec difficulté, dans le dos c'est une pure horreur), des mitaines en dentelle noire, une jupe fendue à jupons dans les mêmes tons que le haut, des bas noirs. Tout dans le style victorien (enfin, dans le style kuroshitsuji ais-je envie de dire, mais je suis pas sûre que tout le monde comprenne). Je me coiffai avec application et descendis dans la cuisine, où Lysandre se trouvait déjà, devant un verre de jus d'orange et des tartines de beurre. Je marquai un temps d'arrêt avant de prendre une bouteille de jus de citron. Un fond, chouette. Pas besoin de verre. Je m'assis, mais continuai de le fixer.

Lysandre : Qu'est-ce qu'il y a?

Loaw : Je ne t'imaginais pas en train de manger des trucs aussi normaux. Je te voyais plus... Devant un thé, avec des gâteaux. Genre Lord anglais en fait.

Lysandre : Oh. Tu n'es pas la première qui me le dit. Castiel, pour ne pas le citer, était aussi très surpris. Mais l'image que je renvoie n'est pas vraiment celle de ma vie, je le crains.

Je ronronnai.

Loaw : J'adore ta façon de parler... Mais enfin. Lysandre, j'ai une faveur à te demander.

Lysandre : Je t'en prie.

Loaw : S'il te plaît, sois mon prof particulier de physique! Je comprends vraiment rien. Je dois l'admettre, tu es largement supérieur à moi dans ce domaine.

Il fallait vraiment qu'il accepte pour que je m'en tire avec la moyenne, autant dire que j'avais mis le paquet. Il souriait, prit le temps de réfléchir.

Lysandre : Tant que ça? Je suppose que je vais accepter alors. À midi, les jours où on a ce cours?

Loaw : Ouaip. Va falloir que je m'explique en long, en large te en travers aux filles, sinon elles vont pas me lâcher...

Lysandre : À propos de quoi?

Loaw : Tu n'es pas si naïf, pas la peine de faire semblant. Si je dois vraiment te le rappeler, une fille et un garçon qui mangent seuls – n'essaye même pas de me faire croire que tu feras venir Castiel – éveillent toujours les commérages. L'espèce humaine est ainsi faite. Pour pouvoir jalouser tranquillement son voisin, il faut lui inventer une vie parfaite.

Lysandre : Je suis flatté.

Loaw : Pourquoi?

Lysandre : On y va?

Bon sang... Mais c'est vrai...

Loaw : C'est mon père qui a raison, faudra qu'on ait une discussion sérieuse sans possibilité de retraite un de ces jours. Mais où je serais pas la seule à parler.

Lysandre : Forcément, sinon ce ne serait pas une discussion.

Je le fixai, étonnée. Il était un peu rouge et avait le regard rivé sur son verre.

Loaw : Tu es vraiment étrange ces temps-ci. Surtout, ne te sens pas coupable par rapport à hier, je te le répète, je l'ai fait en pleine connaissance de cause et tu ne m'y a obligée en rien. Je peux te le dire autant de fois que tu veux, mais n'y pense plus. S'il te plaît. J'ai assez de mes problèmes sans que quelqu'un d'autre s'en approche.

Lysandre : Tss... Tu veux ma mort hein? Bon, c'est l'heure.

Loaw : Oui.

J'enfilais mes New Rock, puis mon manteau, et il fit de même. Nous partîmes ainsi, sans vraiment parler sur le trajet. Chacun répétant la scène qui avait eu lieu hier. Du moins je suppose, c'était mon cas. Et lui, à la fois rouge et pâle, qui me jetait des regards en coin... Je fis mine de ne pas m'en apercevoir, j'avais une sorte de remuement d'estomac quand je croisais ses yeux.

Au lycée, la première chose que je fis fut d'informer Iris et Violette de mon programme de rattrapage de physique.

Iris : Naaaan sérieusement, tu vas faire ça avec Lysandre? Vous deux, pour déjeuner, tout seuls, juste pour parler cours?

Loaw : Bah oui, je vois pas où est le problème.

Violette : Tu sais, tu n'es pas obligée d'en parler si tu ne veux pas, mais on n'est pas des idiotes non plus.

Iris : Exact. C'est pas crédible comme excuse.

Loaw : Hein? Mais vous avez vu mes notes? J'ai eu un six, un huit et un dix! J'ai carrément besoin d'aide là, et puisque c'est son truc, qu'il m'a déjà aidé et que c'est pour ça que j'ai eu la moyenne au dernier contrôle, je vois pas de raison de ne pas le faire.

Iris : Admet quand même que tu es contente de pouvoir rester avec lui...

Loaw : Mais pas du tout, je vous dis que... Et puis bien que j'apprécie sa compagnie, ce n'est pas pour ça que je veux nécessairement, enfin je veux dire, il est gentil, beau, intelligent et tout ce que vous voulez, mais il s'inquiète trop, c'est lourd.

Violette : Tu es rouge.

Iris : Incontestablement. Tu t'égares je crois, mais tu finiras bien par tout nous dire, alors fais ce que tu veux pour le moment.

So do I, so do I, Say sorry in first...

/Quoi? Mais pourquoi il m'appelle? Il s'est passé quelque chose?/

Je décrochai en faisant un signe d'excuse aux deux autres.

Loaw : Allô? Papa? Qu'est-ce qu'il y a?

Papa : C'est plutôt à moi de te demander ça! On était censés aller chez le médecin!

Loaw : Quoi? Tu ne m'en a jamais parlé!

Papa : Si, je t'assure. Je passe te prendre dans dix minutes, alors attends-moi devant le lycée.

Loaw : Non. Certainement pas. C'est hors de question. J'ai déjà manqué deux semaines et ça fait à peine plus d'un mois que je suis là, alors je reste.

Papa : Loaw... Ils savent que c'est pour ta maladie, personne ne te le reprochera.

Je commençais à perdre mon sang-froid.

Loaw : Si, ma vie sociale.

Papa : Arrête un peu, tu n'es pas la seule à en souffrir, alors ne fais pas ta mauvaise tête.

Loaw : Pardon? Mais si, mon cher, je suis la seule à en souffrir. Toi, t'as juste à t'inquiéter et à m'emmener à ces foutus rendez-vous! Je préfère passer ma journée à faire de la physique que de passer trois heures à faire des examens!

Papa : Je sais bien que tu es énervée, mais ce n'est pas une raison pour dire ce genre de choses! Nous avons déjà perdu ton frère, et tu es fragilisée par cet événement, donc tu vas m'obéir, bon sang!

Loaw : Non. Ne remets pas ça sur le tapis. N'implique pas Clarence. Ne parle pas de lui. Clarence n'a rien à faire dans cette histoire et tu le sais très bien. Autant que le fait que je ne puisse pas te désobéir, alors au lieu de débattre d'un sujet gagné d'avance, viens me chercher.

Je raccrochai brutalement et respirai profondément pour ravaler les larmes qui me montaient aux yeux. Pleurer deux fois en deux jours, voilà qui ne me ressemblait pas. Je m'étais un peu éloigné de Violette et Iris, mais elles avaient dû entendre ce que je disais. Lysandre, lui, marcha jusqu'à moi.

Loaw : Quoi? Toi aussi tu veux me faire la leçon?

Lysandre : Non, dieux non, Loaw. Simplement... C'est encore à propos de... Je me doute que ça doit... Tss. Tu veux que j'attende avec toi?

Loaw : Non, ça va. Je peux rester debout toute seule.

Bon sang, je n'aurais jamais dû lui en parler. Bien sûr qu'il me prenait de haut, bien sûr qu'il avait pitié de moi, qu'il me considérait comme une petite chose fragile.

Loaw : Laisse-moi te rappeler que je ne suis pas un hamster. Souviens-toi de ce que tu as dit la dernière fois et laisse ma fierté tranquille.

Lysandre : Non, mais...

Loaw : Lysandre, t'es lourd. Va rejoindre ton pote le chiant et m'approche pas.

En cette scène mélodramatique, moi restant tête baissée, regard non visible, et lui partant de la même façon, il serait temps de mettre quelques bulles expliquant que je le rejette pour son bien, ou parce que je suis trop lâche pour admettre que je l'aime. Mais bien que l'envie de pleurer me prenne encore, j'avais un atout qui manquait cruellement aux héroïnes de shojos.

Mais pour qui il se prend lui? Tu lui as tout révélé, et il en demande autant? Quel idiot, il croit peut-être que tout est réglé et que vous allez vivre un amour sans faille, mais c'est la réalité ici! Ce n'est pas parce que tu as trouvé un confident à priori fiable que vous allez rester ensemble toute la journée et qu'il peut étaler sa pitié d'une telle façon! Les relations d'aujourd'hui n'effacent pas celles d'hier. Crétin.

Oui, une alliée de taille dans ce genre de moment. J'expliquai aux filles que mes problèmes de santé me valaient un nouveau passage impromptu chez le médecin, et leur précisai que je serais de retour pour l'après-midi. Elles se montrèrent très compréhensives, ajoutant que si je voulais en parler, elles seraient là. Bah. J'allai m'asseoir sur mon banc, un peu énervée. Énervement accru par l'apparition dans mon champ de vision du copain chiant. Paf, masque d'impératrice, je suis neutre.

Loaw : Qu'est-ce que tu veux?

Castiel : M'asseoir.

Loaw : Je t'en prie.

Je mis mon iPod sur mes oreilles et commençai à chantonner sans faire plus attention à lui. Bien sûr, j'étais tendue. J'avais peur qu'il veuille me parler, ce serait vraiment une plaie. Malheureusement je sentis sa main sur mon épaule. Je l'enlevai d'un coup sec et vrilla mon regard dans le sien.

Loaw : Qu'est-ce que tu me veux?

Castiel : Te parler de Lysandre.

L'air mortellement sérieux. Ça sent le mec qui veut défendre son ami. Misère.

Loaw : Et? Je ne t'en empêche pas. Parle donc.

Castiel : Il va mal. Clairement. Et c'est ta faute. Alors arrête de jouer avec lui.

/Si je jouais j'en profiterais au moins un peu, pauvre idiot./

Je le vis respirer profondément.

Castiel : Ou plutôt, explique-lui pourquoi tu fais ça.

Loaw : C'est déjà fait.

/Renseigne-toi avant de venir me faire la morale.../

Castiel : Enfin je sais pas moi... Mais fais quelque chose pour ça. Il t'adore, c'est clair. Alors tu dois faire quelque chose.

Loaw : Je ne vois pas pourquoi. Je ne lui ai pas demandé de m'aimer, je ne lui suis redevable en rien. C'est même le contraire pour l'instant. Alors tu es bien gentil, mais retournes-y et dis-lui bien que si il veut me parler, il a qu'à venir.

Castiel : Met-toi à sa place deux secondes. Tu l'envoies bouler dès qu'il essaye d'être gentil.

Je poussais un soupir. Ouais. Le mec chiant. Il méritait bien son surnom celui-là. Je remis mes écouteurs, en tapant sur ma cuisse en rythme. Quelques minutes plus tard, je sentis la présence de mon père. Le regard noir malgré moi, je le dépassai et montai dans la voiture. C'est parti pour de nouvelles aventures chez le médecin... Youhou...

Yeah, baby tonight, the DJ got us falling in love again... So dance, dance, like it's the last, last night of your life, life, Gonna get you right

Ce passage me mettait toujours les larmes aux yeux sans que je sache vraiment pourquoi. Accoudée au rebord de ma fenêtre, regardant la nuit, mélancolique, je ne pus me retenir de chanter en même temps que les paroles défilaient derrière moi. J'étais lasse. Lasse de tout ça. Lasse de Lysandre, lasse de Castiel, lasse de Violette et d'Iris, lasse de moi, lasse de mon comportement... Tout quoi. Je regardais au loin avec des envies de suicide.

/Le problème avec ce mec, c'est qu'il est sérieux. Le seul moment où je l'ai vu un peu perdre ses manières c'était en jouant aux jeux vidéos... Faudra qu'on se refasse ça un de ces jours. Même peut-être un pacman familial, mes parents l'adorent. Je me demande comment il régirait dans une situation... Bon sang de dieu ma vieille, arrête de penser à ce genre de trucs, c'est malsain. C'est pas parce que tu lis des trucs suspects que tu dois essayer de replacer ça dans la vraie vie. Là, tu peux être sûre qu'aucun mec te sortira « tu me fais de l'effet » en rougissant un peu et en détournant le regard parce que t'es à moitié allongée sur lui./

Je me noyais sous mon saignement de nez en imaginant la scène (perverse? Nooon),rougis plus que jamais et j'enlevais mon pull. Il faisait vraiment chaud d'un coup. Je me calmais en lisant, et je finis par me coucher.

Nothing's what it seems to be, I'm a replica, I'm a replica Empty shell inside of me I'm not myself, I'm a replica of me...

Je ne suis pas moi même, je suis une réplique de moi…Rien n'est ce qu'il semble être, Je suis une réplique, je suis une réplique, Coquille vide à l'intérieur de moi...

Aaaah... Ces paroles merveilleuses. Ouais, je suis une réplique, et alors, voilà ce que j'avais envie de crier. J'avais envie d'avoir une grande discussion avec Lysandre, en fait. Une longue, longue discussion. Je voulais lui expliquer que je ne voulais juste pas dépendre de lui, que je ne voulais, surtout, pas qu'il me pense faible alors que j'étais tout le contraire... Ou pas.

/Mais qu'est-ce que je pense moi? Déjà hier... Alors un peu de calme ma fille, t'arriveras à rien comme ça! Tu vas t'excuser et.../

Bam. Je m'étais envoyé la tête contre la mur pour me faire arrêter de penser. En vérifiant que je ne saignais pas, j'allai me doucher, me séchai tranquillement, et enfilai un corset noir et rouge et une jupe courte de style loligoth de même couleurs, des bas noirs et des bottes qui montaient jusqu'à mi-cuisse, noires avec des sangles rouges et des petits talons. Je tournai sur moi-même, contente du résultat, et descendis boire mon verre de jus de citron. Je me brossai les dents, me coiffai avec une grande application, et enfila mon gros manteau. La seule chose qu'on voyait de ma tenue, ainsi, étaient mes bottes, mais je n'en avais pas grand-chose à faire. Je voulais parler en salle de musique, alors je n'avais pas à m'inquiéter qu'il ne me voie pas aussi mignonn... Re-bam. Un bon coup de mur sur le front, ça secouait le cerveau de bon matin, c'était vivifiant, merveilleux, et surtout dangereux pour la santé mentale, mais vu ce que je pensais avant, je n'en avais plus assez pour m'en inquiéter. Je râlais un peu en arrivant au lycée, espérant que je ne m'étais pas fait de marque, ça ferait tache dans cette image particulièrement soi... Re-re-bam. Quelques personnes se retournèrent en me regardant bizarrement, mais j'étais trop occupée à me battre avec moi-même pur y prêter attention.

J'aurais pas cru devoir dire ça un jour, mais faut vraiment que tu lui parles... Tu te comportes d'une façon... Flippante. Tu penses n'importe quoi, tu serais pas en train de tomb...

Et vlan, coup de tête contre un arbre. Il fallait vraiment que j'arrête de faire ça, je saignais un peu. J'allai saluer Iris et Violette, et attendis toute la journée la fin des cours, enfin, pour pouvoir régler cette histoire de manière plus ou moins définitive. Lorsque le sonnerie retentit, je soupirai de soulagement et partit presque en courant à l'étage. Là, dans la salle de musique, j'enlevai mon manteau (les salles du rez-de-chaussée étaient congelées malgré les radiateurs, je l'avais gardé), et m'assis sur le bord de la fenêtre. Je l'attendais en faisant des petits dessins sur la vitre avec la buée, mais dès que je le sentis se rapprocher, je me tournais vers la porte, un peu anxieuse, assise sagement les mains sur les genoux, pareille à une poupée. Il marqua un temps de pause à l'entrée de la salle, fit un ou deux pas en me regardant avec méfiance. Chacun son tour. Je me levai, pris une grande inspiration malgré le stress qui me nouait le cœur, et m'approchai de lui.

Loaw : Lysandre, je... Je... Suidé'lée. Merde. Je suis... Dé'ée.

Je respirais vite, mais l'air peinait à passer dans mes poumons. Je fis une pause, un instant, une main sur le cœur, puis me redressai.

Loaw : Je te demande pardon. Vraiment. Je suis désolée. J'ai réagi n'importe comment hier. C'est juste que je...

Lysandre : On devrait s'asseoir. Tu en as sûrement pour longtemps. Et tu n'as pas l'air très bien, tu es sûre que...

Il ne finit pas sa phrase et mit une main sur mon front, je l'éloignai d'une tape et détournai le regard, je le crains, en rougissant. Je me rassis sur le bord de la fenêtre et il me rejoint.

Loaw : Donc. Une chose. Ne t'en fais pas pour moi. Jamais. Ne me demande jamais quelque chose par compassion, ou pitié, ou inquiétude. Rien. Hier, si j'ai fait... Ça, c'est parce que, comme je le disais, je ne supporte pas qu'on me prenne de haut. Tu as le droit d'être inquiet à propos de ma maladie, mais ne me le montre pas, c'est tout. Ne me propose pas ton aide car je risque d'accepter, et ce serait la pire chose à faire. Si j'accepte une fois, j'accepte le reste du temps. Je ne dois pas dépendre de toi, c'est hors de question. Je ne veux pas avoir l'air faible devant toi, je ne veux pas que tu me trouves faible, que tu me voies comme un petit être à protéger. Je veux ton respect, pas autre chose. Et, désolée, il faut que je sorte cette réplique, j'ai toujours rêvé de pouvoir le dire en vrai. « Je te demande si peu de chose, Lysandre. Juste de régner sur toi. Et toi tu auras enfin la chance d'avoir tout ce que tu veux. Je veux que tu aies peur de moi, que tu m'aimes. Sois ce que je désire et tu trouveras en moi un très fidèle esclave. » Bon, faut arranger un peu, mais je devais le dire. Si tu ressens de la pitié ou de la peine à mon égard ne le montre pas. Ne t'inquiète pas car je ne pourrais pas le supporter.

Il avait la tête un peu baissée. Il eut un rictus.

Lysandre : Je crois que tu me prêtes des intentions trop louables...

Il se redressa et releva mon menton pour que je le regarde droit dans les yeux. Il avait l'air vraiment différent de d'habitude, plus assuré. Plus... Royal, dans un sens.

Lysandre : Je n'ai pas demandé à rester avec toi par une quelconque pitié, mais parce que j'en avais envie. C'était un parfait prétexte pour passer un peu de temps avec toi qui joue au chat et à la souris sans même t'en rendre compte. Tu t'approches si près de moi que je crois t'avoir attrapée, puis tu fuis, que dis-je, tu te téléportes à des lieues de là, et moi je dois te courir après, tenir le rythme si je ne veux pas être distancé. Tu ne peux pas, Loaw, me dire ce genre de choses, même dans une citation, et t'attendre à ce que je ne réagisse pas. Ça m'est impossible, tu vois. Ne bouge pas, reste là et ne bouge pas, ne t'en vas pas loin de moi.

Pétrifiée par ses paroles, je le vis se rapprocher de moi, avec hésitation, et alors que je me crispai pour encaisser quelque chose – un simple réflexe – je sentis ses bras se refermer autour de moi. Les yeux écarquillés, je m'arrêtai de respirer, peinant à admettre la situation. Lysandre. Moi. Dans les bras de. Bizarre. Quoi. Situation.

Je réussis, je ne sais comment, à replacer les mots dans le bon ordre. Moi, dans les bras de Lysandre, situation bizarre. Qu'est-ce qu'il se passe?

J'eus comme une bouffée de chaleur et je relâchai ma respiration, tout doucement. Il resserra son étreinte, et je passais mes bras dans son dos en tremblant un peu. Hop, rébellion, mon corps avait prit le contrôle des opérations. Je me détendis, me tassai contre lui et enfouis ma tête dans son cou, le cœur prêt à éclater. Après m'être rendue compte de ce que je faisais, je voulus m'écarter, mais lui ne l'entendait pas ainsi, et il me garda contre lui. Par un miracle inexpliqué, je ne le repoussai pas, au contraire.

Loaw (marmonne) : Lysandre... Lysandre je peux pas bien respirer...

Il me lâcha en s'excusant. En quelques secondes, nous fûmes tous deux rattrapés par la situation. De l'extérieur, cela devait ressembler à deux poivrons au bord d'une fenêtre. Nous étions fixes. Et rouges. Très rouges. Et embarrassés. Très très embarrassés. Le regard par terre, j'entrepris de parler, difficilement, avec la voix un peu plus aiguë que d'habitude, certes,mais c'est un détail.

Loaw : Je... Je... Je sais pas ce qu'il m'arrive sérieusement, depuis hier je pense des choses bizarres, et ce matin c'était pire que tout, je faisais attention à moi, j'avais envie que tu me trouves mgnnnn... Voilà, et puis j'ai chaud, je me sens mal mais bien, et je crois que je deviens de plus en plus dingue, ce que je viens de dire, c'est clairement du suicide. Lysandre... Je crois que je vais m'enfuir en courant, tu peux le refaire?

Il redressa la tête, surpris, et sourit d'un air... Indéfinissable? Avant de me serrer contre lui de nouveau.

Loaw : Voilà, c'est ça. Je vais exploser je crois.

Lysandre : Retiens-toi, s'il te plaît, ce serait gênant. Comment je ferais pour expliquer pourquoi tu es étalée sur les murs?

Je ris, et lui aussi. Ça me faisait un drôle d'effet de le sentir bouger contre moi, et il me caressa les cheveux, s'arrêtant un peu sur ma nuque avant de recommencer.

Lysandre : Je pense pouvoir te dire pourquoi tu te sens comme ça, mais ça ne va pas te plaire.

Loaw : Dis toujours.

Lysandre : Tu m'aimes.

Je fronçai le nez.

Loaw : T'as raison. Ça me plaît pas.

Lysandre : Tu aurais pu tomber sur quelqu'un de pire.

Loaw : Encore une fois, le problème n'est pas toi mais moi. Si je t'aime, alors je suis vulnérable, tu vois? Si je t'aime je suis faible face à toi, et je ne le supporterais pas.

Lysandre : Moi, je t'aime, donc je suis vulnérable. Je t'aime, donc je suis faible face à toi. Donc tu n'as pas à t'en inquiéter, si tu m'aimes, nous sommes au même niveau. Égaux.

Loaw (rougit, marmonne en détournant le regard) : De toute façon, il y a un moyen de vérifier si tu as raison non?

Il se crispa un peu, me regarda très sérieusement.

Lysandre : Tu es sûre?

Je ne répondis pas, brûlée par l'embarras. Il leva son visage vers moi et posa ses lèvres contre les miennes. Plop. J'avais explosé, ça y est. J'étais tellement rouge, j'avais tellement chaud que je crois que je fumais. Clairement, je l'étais. Cette chose pouvait donc vraiment arriver à tout le monde?

Loaw : Tu me promets, que tu es aussi faible que moi?

Lysandre : Bien sûr.

Je me dégageai et me levai pour partir. Juste devant la porte, je m'arrêtai.

Loaw : Alors peut-être que je le suis... Un peu.


Et voilà, c'est la fin... Je trouvais que c'était le moment parfait pour arrêter, en continuant je risquais de tomber dans le répétitif, et je veux absolument éviter ça. Merci à tous de m'avoir lue et/ou reviewée \o/

Musique o/

What the hell - Avril Lavigne

So do I say sorry first - Stephanie McIntosh

DJ got us fallin' in love - Usher ft Pitbull

Replica - Sonata Arctica