Hello tout le monde ! Et voilà c'est la fin... la toute fin !

Merci beaucoup pour vos review, vos mises en favoris, en particulier à celles à qui je n'ai pas pu répondre par Mp : Nini (oui ne t'inquiète pas des idées de fic j'en ais plein, mais avant je vais terminer celles en cours!), Nana10 et Ines (merci à vous deux pour votre lecture et vos messages!) !

On se retrouve en bas !

Epilogue

Paris octobre 1905

Un couple élégant sortait du Grand Palais où se tenait cette année le Salon d'Automne. Je m'étais rendu la veille à cette exposition d'art, événement immanquable pour l'étranger que j'étais. Cette année le modernisme était à l'honneur. Un genre nouveau qu'on appelait le Fauvisme avait régné en maître sur le salon et j'étais resté muet de stupéfaction devant les œuvres des peintres tels Matisse ou Derain. La salle VII attirait toutes les curiosités de la ville. La débauche des couleurs vives semblaient en dehors de tout contrôle. Ce courant qui se voulait audacieux et instinctif laissait les visiteurs béats d'admiration ou muets d'horreur. Pour ma part, j'avais encore du mal à qualifier cette peinture fondée sur l'instinct, mais elle me semblait à l'image de ce siècle, prisonnière d'une course folle vers le modernisme...

Nous étions entrés de pleins pieds dans le XXème siècle et le temps semblait s'emballer. La science nous entraînait dans un tourbillon incontrôlable, tout semblait aller trop vite, toujours cette course folle vertigineuse et étourdissante. La fée électricité avait remplacé les chandelles et dans les rues éclairées toute la nuit on ne pouvait plus profiter de l'apaisante obscurité. Le murmure de Paris si doux et musical il n'y avait encore pas si longtemps commençait à se troubler, les automobiles remplaçaient doucement le pas des chevaux sur le pavé. L'instrumentalisation sonnait comme la promesse d'un confort universel mais elle semait çà et là comme un malaise. Au milieu de ce tourbillon qui s'ouvrait vers un nouvel avenir on sentait poindre quelque chose à l'horizon, un air nouveau que je trouvais vaguement inquiétant.

Je chassais ces pensées de mon esprit lorsque mon regard croisa une nouvelle fois le chemin du jeune couple qui attendait maintenant à deux pas du Grand palais, certainement le passage de l'omnibus à impériale. C'était le crépuscule, quelques timides rayons de soleil se baignaient encore dans la Seine, il allait faire nuit bientôt.

La jeune femme tenait le bras de l'homme qui lui souriait. Malgré le large chapeau qui cachait la moitié de son visage ses traits m'étaient vaguement familiers. L'homme portait un costume anglais et la femme une robe élégante. Même son maintien m'évoquait une connaissance. Il semblait y avoir une très grande complicité entre eux, une étrange connexion, quelque chose d'intense et viscéral. Ils se noyaient dans les yeux l'un de l'autre. Leur lien était magnétique et mystérieux, ces deux-là semblaient partager un secret profond. Même leurs corps s'orientaient l'un en fonction de l'autre, ils ne faisaient qu'un, ce n'était pas un couple mais une seule entité, indivisible.

Je n'arrivais pas à détacher mes yeux de leurs silhouettes, ils étaient tous les deux d'une incroyable beauté, et s'ils ne se touchaient pas amoureusement sans cesse j'aurais presque pu croire qu'ils étaient frère et sœur tant ils partageaient une certaine ressemblance. C'était assez vague, leurs traits étaient très différents mais il émanait d'eux une sorte d'aura qui les faisaient se ressembler.

Je concentrais un peu plus mon attention sur le visage de la femme pour tenter de comprendre pourquoi elle me semblait si familière. Elle avait de longs cheveux bruns ondulés, sa peau était très pâle mais d'ici elle me semblait dénuée de toute imperfection. Sa bouche d'un carmin intense contrastait avec la blancheur de son visage et ses yeux en amande me paraissaient très foncés. Elle avait un visage doux, des lèvres parfaitement dessinées. En regardant plus attentivement le dessin de sa bouche je crus reconnaître des traits semblables à celle de ma cousine... La belle Isabella dont je conservais un vif souvenir, possédait elle aussi cette beauté charmante et pleine de douceur. Elle ressemblait beaucoup à cette femme bien que l'impression générale qui s'en dégageait était différente. Dans mon souvenir Isabella ne montrait pas tant d'assurance, elle était plutôt effacée et sa beauté semblait plus pâle et terme que celle de cette jeune femme. Mais la ressemblance était troublante et saisissante...

De ma cousine nous n'avions pas la moindre nouvelle. L'épouse du comte de Durham s'était un jour évanouie dans la nature. Dans la famille on murmurait qu'elle avait pris la fuite, quitté le domaine de son mari et celui-ci qu'on disait parfois tyrannique... Elle avait fait un beau mariage pourtant et ses parents lui avaient donné le plus beau parti d'Angleterre...

La version officielle de sa disparition était qu'elle avait succombé en couches, tout comme l'enfant qu'elle mettait au monde. Mais de mémoire personne n'avait jamais eu vent qu'Isabella attendait un enfant... Sa disparition était un mystère. Était-elle toujours de ce monde? Cachée quelque part et pourquoi pas avec cet homme que je voyais devant moi? Ou avait-elle succombé comme on le racontait partout?

Le pas des chevaux tirant l'Impériale chassa mes pensées. L'omnibus s'arrêta devant le jeune couple qui monta à son bord. N'écoutant que ma curiosité je traversais la route en courant devant la voiture qui s'apprêtait à repartir et grimpais moi aussi à la suite des jeunes gens mystérieux.

La femme s'était pelotonnée d'une façon bien impudique dans les bras de l'homme, celui-ci caressait son dos amoureusement.

L'obscurité commençait à envahir la ville, le dernier rayon de soleil avait plongé derrière les immeubles et seule la lumière blafarde des réverbères dissipaient maintenant les ténèbres.

La voiture emprunta la rue qui longeait les quais de la Seine, je n'avais aucune idée de notre destination mais ma curiosité était trop forte, je devais l'assouvir.

Dans l'omnibus il y avait peu de gens mais tout de même suffisamment pour que je puisse me faire discret et ne pas me faire remarquer.

Alors que le pas des chevaux nous entraînait à travers les rues de Paris je songeais à ma cousine, ou plutôt à son époux. Le très riche et respecté comte de Durham avait beaucoup souffert de la perte de sa femme. On racontait que quelques temps après sa disparition il semblait avoir perdu l'esprit et se lança dans le jeu avec frénésie. Cette nouvelle passion associée à quelques placements très hasardeux qui se révélèrent des échecs cuisants finirent d'avaler toute sa fortune. Il ne restait au comte qu'un titre prestigieux mais totalement désargenté. Il avait tout perdu jusqu'à être contraint de vendre son domaine puis son château... Depuis lors, le comte infortuné s'était embarqué pour le Nouveau Monde dans l'espoir de peut-être retrouver sa grandeur passée.

Après une multitude d'arrêts qui ne firent pas le moins du monde sourciller les deux jeunes gens, l'omnibus s'arrêta dans le quartier de Passy où le couple descendit.

Je m'empressais de quitter l'Impériale à leur suite mais dans les ruelles sombres je restais à bonne distance. Le bruit de mes pas sur le pavé humide n'était pas des plus discrets.

Je regardais les deux ombres devant moi qui s'étiraient démesurément sur le mur des maisons. J'ignorais ce qui m'avait poussé à les suivre mais je commençais à ressentir une profonde appréhension maintenant, et pourtant je n'avais rien d'un couard.

Avant de tourner au coin de la ruelle la jeune femme jeta un coup d'œil derrière elle. Bien que je sois assez loin je pus voir son regard qui n'avait pas l'air le moins du monde effrayé, pourtant un homme inconnu les suivaient dans leur promenade nocturne. Au contraire, elle me sembla même vaguement amusée.

Nous arrivâmes sur une large avenue que je connaissais bien, un instant je crus qu'ils allaient entrer dans la maison de santé installée à l'hôtel de Lamballe. C'était une étrange coïncidence, celle qu'on disait liée à ma famille, une sorte de tante je crois, principale représentante de la branche française avait acheté cette hôtel en son nom propre. Marie Louise de Savoie Carignan, la princesse de Lamballe avait toujours été une femme indépendante qui ne se souciait de personne pour acheter les demeures qui lui plaisaient.

Le couple passa devant les grilles de fer forgé de la maison de santé mais ne s'y arrêta pas, leur destination était l'hôtel particulier situé juste en face.

Galamment l'homme tient la porte à sa compagne et ils disparurent ,avalés par l'obscurité. En se refermant la porte cochère émit un grognement sonore.

J'ignorais pourquoi je restais encore là, à regarder la façade de cet immeuble, mille interrogations s'ébattant dans mon esprit.

Le premier étage s'alluma, à travers les fenêtres je voyais un ballet d'ombres et de silhouettes, c'était celles du couple mystérieux.

La grande fenêtre qui donnait sur le balcon surplombant la rue s'ouvrit et la belle brune en sortit. Malgré l'air très frais et humide de la nuit elle portait maintenant une robe simple aux bras dénudés, et pourtant elle ne paraissait pas souffrir du froid. Son compagnon la rejoint, il passa ses bras autour de sa taille et les noua sur son ventre.

Un sourire tendre illumina la bouche féminine lorsque l'homme posa la sienne dans sou cou, il embrassait sa peau avec application, presque avec dévotion avant de fondre sur ses lèvres pour un baiser plein de fougue.

Une fois encore j'eus la certitude qu'ils partageaient tous les deux un lien étrange, une sorte de secret peut-être, quelque chose qui les liait et que jamais rien ne pourrait dissoudre.

Une fois leur baiser achevé, ils posèrent leur regard sur la ville étendue devant eux, ils semblaient déborder de confiance en l'avenir, comme si rien ne pouvait les atteindre. Ils étaient ensembles, ils s'étaient trouvés et c'est peut-être ce qui faisait leur force...

Alors que j'allais éloigner sans avoir eu la moindre réponse à mes interrogations l'homme baissa son regard vers la rue. Aucun doute que le bruit de mes pas sur le sol mouillé avait attiré son attention, bien qu'il faille avoir une ouïe très attentive pour l'entendre.

Son regard croisa le mien, il était froid, glacial même, dans l'obscurité il sembla luire comme la lame acérée d'un poignard.

Sa compagne leva ses yeux vers lui et il l'entraîna doucement à l'intérieur en passant son bras dans le creux de ses reins. Lorsqu'ils passèrent la porte l'homme posa sur les cheveux de la belle un baiser et me jeta un nouveau regard, aussi froid que le premier...

Qui étaient-ils?

Le lendemain matin, à la première heure du jour je viens me poster devant l'entrée de l'hôtel. Encore une fois je ne savais pas bien ce qui m'avait poussé à venir ici mais ça avait été un besoin impérieux contre lequel je ne pouvais lutter.

J'eus beau attendre une grande partie de la journée, personne ne se montra ni à la porte, ni aux fenêtres... Jamais je ne sus si c'était bien ma cousine Isabella que j'avais aperçue ce soir-là, le couple mystérieux paraissait s'être évanoui dans la nuit...

The End

Alors cette fin ? Décevante ou à la hauteur de vos attentes ?

Merci à tous de m'avoir suivie dans cette histoire ! Merci pour vos messages et vos encouragements ! Je suis très contente de vous avoir embarquées avoir moi dans ce début du XXème siècle ! Je reviens vite avec la suite de Parfum d'Asie et d'Aux frontières ! Merci de m'avoir lue !

Merci LyraParleOr pour tes corrections , tes conseils et tes encouragements !

Ma SBRocket, tu sais la place et l'importance très particulière que tu as pour cette histoire ! Merci, pour tout ça 3

A bientôt!