L'univers de Kaamelott est l'oeuvre de l'esprit fertile de M. Alexandre Astier. Je ne fais que passer et jouer dans cet univers.


Introduction

Père Blaise et Arthur sont en réunion.

Arthur: Bon, qu'est ce qu'on a maintenant?

Père Blaise: Le seigneur Bohort vient faire son rapport.

Arthur: Son rapport? Son rapport sur quoi?

Père Blaise: Dites, vous pourriez faire semblant d'avoir lu le programme des réunions avant d'y venir, que je passe pas une heure dessus pour rien.

Arthur: Eh oh, vous allez pas m'engueuler, non? C'est quand même pas ma faute si il vous faut une heure pour faire un programme!

Père Blaise: Il me faut une heure parce que je dois sélectionner les trucs prioritaires!

Arthur: Ah ouais, et c'est sur quel truc prioritaire le rapport de Bohort?

Père Blaise: Le diner dansant des clans bretons.

Arthur lui lance un regard effaré.

Père Blaise: Ouais, bon, cette semaine y avait pas surcharge!

Acte I

Bohort: Ah Sire, tous ces gens différents rassemblés, c'était parfaitement charmant. Si vous aviez vu toutes ces bonnes volontés, tous ces échanges culinaires et cultu...

Arthur(le coupant): Houla non mais alors tout ça c'est super, hein, j'aime beaucoup, mais venons-aux aux faits!

Bohort: Euh..aux faits, Sire?

Arthur: Oui non parce que la bouffe et les danses traditionnelles c'est une chose mais je suppose qu'il y a des choses plus importantes dans votre rapport.

Bohort: C'est à dire que...j'avais plus ou moins concentré ce que je voulais vous dire autour des échanges culturels et de l'entente entre tous nos clans fédérés.

Arthur(au Père Blaise): Dites, vous, vous allez quand même pas me dire que vous l'avez fait venir juste pour me raconter que les chefs de clans s'échangent leurs recettes pourries. Non parce que comme priorité, ça se pose là!

Bohort: Leurs recettes pourries, je vous trouve un peu catégori...

Arthur(le coupant, ironique): Remarquez, c'est vrai que si tous les bouseux du royaume qui se prennent pour des chefs de clans ou des chefs cuistots se mettent à répandre leurs plats dégueulasse à travers la Bretagne ça va vite devenir un sujet de préoccupation. Les pécores préfèreront retourner se faire couper les mains en Carmélide plutôt que de manger ici.

Père Blaise: Non mais l'intitulé exact du rapport c'était sur l'opinion des chefs de clans en ce moment. On en a parlé à la dernière réunion de la Table ronde.

Arthur: Ah bon?

Bohort: Oui Sire, on était plus ou moins d'accord sur la nécessité de garder un oeil sur nos chers camarades de toutes les contrées de Bretagne.

Arthur: On était plus ou moins d'accord et je m'en souviens pas?

Silence gêné.

Arthur; Ah mais c'était le sujet après le récit de Perceval, c'est ça? Ah mais d'accord, non mais moi après ça c'était plus possible, j'avais envie d'attaquer la table ronde avec les dents pour me calmer. Bon ben ça d'accord, c'est déjà plus intéressant comme sujet, qu'est-ce que vous avez là-dessus Bohort?

Bohort: Ma foi, pas grand chose. En même temps dès mon arrivée au dîner on m'a offert une boisson qui, je le crains, m'a un peu troublé l'esprit. Une sorte de vin qui, rien qu'à l'apparence, m'a laissé je dois dire un peu perplexe.

Père Blaise: Et pourquoi vous n'avez pas refusé, s'il était bizarre?

Bohort: Je ne voulais pas le vexer. Et puis il avait un poulet sous son bras qui me regardait bizarrement, j'ai préféré éviter l'esclandre.

Arthur: Un poulet sous le bras? Ah ben vous êtes bien tombé...

Bohort: Vous me connaissez, Sire, je n'aime pas la violence. Mais quand ils ont assommé le poulet pour le faire rôtir, je dois avouer que j'ai respiré beaucoup mieux.

Acte II

Arthur: Donc, si je reprends les choses depuis le début, vous êtes venu me faire un rapport pour m'annoncer solennellement qu'il y avait poulet au menu du repas machin chouette des chefs de clans?

Bohort: Ah si, tout de même, quelque chose me revient, j'ai eu beaucoup de remarques des chefs de clans qui disent que vous ne leur rendez pas assez visite.

Arthur: Rendre visite aux chefs de clans? Ça va pas mieux, non?

Père Blaise: C'est vrai que ça fait longtemps que vous n'avez pas organisé quelques visites chez les clans fédérés. J'ai reçu pas mal de messages vexés, y en a qui menacent de faire sécession.

Arthur: Quoi? Mais vous me l'avez pas dit, ça!

Père Blaise: Ça venait après les autres priorités. Et puis me dites pas que vous y tenez, à ces clans, hein!

Arthur: Non mais ça c'est sûr, les pignoufs par groupe de dix qui se prennent pour des grandes puissances ça me fait doucement marrer, on est d'accord.

Père Blaise: Oui enfin là y en a une bonne vingtaine qui ont signé une déclaration jurant que si Kaamelott ne leur accordait pas plus de considérations ils mettraient le bazar.

Arthur: Quoi! Et ça, ça fait toujours pas partie des priorités, je suppose!

Père Blaise: Oui, bon, j'avais mis ça un peu de côté.

Arthur: Un peu de côté? Moi qui me demandais pourquoi on me rapportait de plus en plus d'incidents entre clans, je suis fixé. Ça vous est pas venu à l'idée de faire la relation, vous?

Père Blaise: Bref, j'ai quand même pensé à une solution: il suffirait que vous fassiez un tour de Bretagne des clans pour les calmer.

Arthur: Il suffirait? Vous avez une idée du temps que ça prendrait?

Père Blaise: Non mais après je dis "un tour de Bretagne" c'est pour que ça fasse un peu classe aux yeux des clans, hein. Vous visitez deux trois chefs de clans par ci par là, ça ira bien...

Arthur: Mais qu'est-ce que vous voulez que j'aille foutre chez les clans?

Bohort: Et si vous en profitiez pour goûter les spécialités locales? Je vous assure qu'il y a de très bonnes choses.

Arthur; Ah non mais ça va bien, maintenant, je vais pas aller bouffer du poulet rôti à l'autre bout du royaume pour faire plaisir à trois péquenots!

Un message arrive.

Père Blaise: Détenons le chevalier Provençal. Souhaitons que le roi Arthur nous considère.

Arthur: Nous considère et?

Père Blaise: Non mais ça s'arrête là.

Acte III

A la table ronde.

Leodagan: Quoi, c'est pour ça que vous nous avez fait venir d'urgence? Mais qu'il y reste, avec son clan, ça nous fera pas une grosse perte.

Arthur: Symboliquement je peux pas me permettre d'abandonner un chevalier, c'est pas plus compliqué que ça. Qu'il soit complètement con ou pas.

Leodagan: Et, comme par hasard, c'est des Orcaniens qui viennent foutre la merde.

Galessin: Excusez-nous de ne pas nous laisser piétiner comme des merdes.

Leodagan: Ah non mais quand on aura lancé nos catapultes sur la tronche de vos clans c'est pas piétinés qu'ils seront c'est écrabouillés, ratiboisés, désintégrés.

Bohort: Mais, et le seigneur Perceval. On va pas l'écrabouiller aussi, quand même!

Arthur: Non mais c'est pas ça le problème, si je me mets à attaquer des clans ça va foutre le bordel, on n'a pas fait une fédération pour rien.

Leodagan: Mais C'EST le bordel, vous le voyez bien. Alors rasez-moi ces cons une bonne fois pour toutes!

Calogrenant: Bon, qu'est ce qu'ils demandent, au juste?

Arthur: D'être plus respectés, à ce que j'ai compris.

Leodagan: Voilà, ça commence comme ça et après ça demande du pognon, ah non mais pour profiter de vous ils sont futés, hein!

Arthur: C'est vrai que vous quand il s'agit de demander du pognon vous êtes du genre discret.

Leodagan: C'est pour la défense du pays!

Arthur: Ah non mais je parle pas de vos tourelles, là, je parle de la Carmélide.

Leodagan: Ah, dites, si vous escomptez me faire un procès en public ça sera sans moi! Et puis vous êtes forts pour les procès à rallonge, ça fait des plombes que vous déblatérez sur les clans sans rien décider.

Bohort: Sire, c'est vrai qu'on juge un peu les clans par contumace, on devrait les écouter.

Karadoc: C'est pas faux.

Léodagan: Juger par quoi?

Bohort: Je veux dire, on les juge en leur absence.

Leodagan: Ah oui non mais moi les termes juridiques, hein.

Arthur: Ah ben c'est sûr, vu la façon dont vous rendez la justice vous devez pas être débordé par le vocabulaire! Vous avez quoi: cramer, pendaison, crever les yeux. Ça s'arrête là, non?

Leodagan: J'ai aussi l'option "coller une trempe" pour les emmerdeurs, ça vous tente?

Acte IV

Les esprits se sont un peu calmés autour de la table.

Calogrenant: Bon! Qu'est ce qu'on fait, alors?

Père Blaise: Bon ben sire, je vois que ça: vous vous rendez en Orcanie, vous restez un peu avec les clans, vous récupérez Perceval au passage et sur le chemin du retour vous visitez deux trois clans, ça devrait aller comme ça.

Galessin: Alors, juste un truc, je connais un peu les clans en question, ils sont très cons mais ils font de très bons friands à la saucisse. Vous leur en achetez un peu, ça devrait suffire à les calmer.

Bohort: J'ai une idée, Sire, si vous achetiez des spécialités locales dans chaque région traversée? Au retour vous pourrez inviter tout le monde à un banquet des clans et...

Arthur: Acheter de la bouffe? Non mais on a déjà plus une tune. A moins que Leodagan ressorte l'argent qu'il me pique...

Leodagan: De quoi?

Calogrenant: Ah ben non, Sire, recommencez pas!

Arthur: Oui non mais c'est bon, ça va. Mais on peut pas trouver autre chose qu'acheter de la bouffe pour leur faire plaisir?

Leodagan(ricanant): Leur faire plaisir...

Bohort: Ben, c'est à dire qu'ils ont pas grand chose d'autre à mettre en avant

Arthur: Oui, remarquez...Donc en gros, votre idée, c'est que j'aille à l'autre bout du royaume pour bouffer des friands, que j'achète de la barbaque aux clans que je rencontrerai en revenant et que je fasse semblant de vanter les mérites culinaires des clans au retour à Kaamelott? Tout ça pour sauver un chevalier qui n'a jamais été foutu de réussir une mission et qui visiblement ne sait toujours pas dire son nom?

Père Blaise: Ben, en gros, euh...oui. Ça vous coutera toujours moins cher que de payer une rançon.

Galessin: En plus, les friands à la saucisse, c'est vraiment pas cher.

Leodagan: Ah ben ça, vu ce que ça doit être bon...

Galessin(moqueur): Vous avez la langue trop délicate, c'est pour ça

Leodagan: Et vos noix, vous voulez que je teste à quel point elles sont délicates?

Arthur: Hop hop hop, c'est bon, on arrête le tir trente secondes! Bon, je suppose que personne n'est volontaire pour m'accompagner?

Bohort lève la main

Arthur: Ah ben oui je suis con, évidemment. La beauté des échanges culturels, j'avais oublié. D'autres amateurs?

Bohort: Vous pourriez emmener Karadoc. Après tout, niveau gastronomie, notre ami est un spécialiste. En plus, si c'est pour aider son ami Perceval...

Arthur: Ma foi, pourquoi pas. Karadoc?

Karadoc: Ben moi j'ai rien compris mais s'il s'agit de bouffer je viens.

Arthur: Voilà...Bon, Galessin vous venez aussi, évidemment.

Galessin: Ah bon. Et... pourquoi?

Arthur: Ben, on va un petit peu chez vous, vous pourriez nous êtes utile, vous croyez pas? Et puis comme ça vous gouterez les friands en premier, on jugera sur votre tronche avant de goûter nous mêmes. Allez, la séance est levée, on va se préparer.

Hervé de Rinel: Vous voulez que je vous fasse une carte pour le voyage?

Personne ne prend la peine de répondre

Conclusion

Arthur: J'en reviens pas d'être obligé de me trimballer jusqu'en Orcanie à cause de ce con de Perceval.

Père Blaise: Mais, Sire, juste un truc, il était pas censé être chez lui au Pays de Galles, le seigneur Perceval?

Arthur: Euh...si, je crois.

Père Blaise: Qu'est ce qu'il est allé faire en Orcanie, alors?

Arthur: Qu'est ce que j'en sais, moi? Il a peut-être fini par oublier où il habitait. Vu le bordel que c'est dans son cerveau, je me suis toujours étonné qu'il retrouve à chaque fois la route de chez lui.

Père Blaise: Remarquez un chevalier enlevé et secouru, c'est bon pour la légende ça.

Arthur: Ah ben oui, je vois ça d'ici. "Chevalier sans nom fixe un jour rentra chez lui. Par prodige incroyable, finit en Orcanie. Les chevaliers vaillants vinrent l'aider, conquérants,...

Noir

Arthur:...pour le récupérer, s'empiffrèrent de friands".


Vous avez aimé? Détesté? Vous voulez une suite? Vous voulez que j'aille me pendre pour échapper à ma propre médiocrité?

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