Mieux vaut tard que jamais, voici un deuxième chapitre. Qui en appelle un troisième, le plus vite possible, si ça plaît encore


Introduction

Seli arrive dans sa chambre pour se coucher. Elle s'allonge, sur le dos, et jette un coup d'œil à son mari, déjà allongé dans la même position, puis un autre coup d'œil plus prolongé.

Seli: Qu'est-ce que vous avez?

Leodagan: Comment ça, qu'est-ce que j'ai?

Seli: C'est quoi ce sourire niais, sur votre tronche, vous vous être pris un coup de masse? Non parce que déjà qu'à l'origine c'est pas jojo mais alors là c'est carrément flippant.

Leodagan Eh oh, ça va oui! Je suis de bonne humeur, j'ai le droit de temps en temps ou faut vous envoyer un préavis?

Seli: Et je peux savoir ce qui vous met en joie?

Leodagan: Le roi qui s'absente pour un voyage. La paix pendant des semaines. Pas de phrases gnian-gnian et de mesures de gonzesse aux séances de justice…Voilà ce qui me met en joie!

Seli: Ah parce qu'il vous a autorisé à donner la justice sans être là pour vous engueuler une heure après?

Leodagan: Le roi m'a dit « Je veux pas de zèle, Lancelot y veillera ». Mais bon c'est pas l'autre bien peigné qui va me freiner, hein..

Léger silence.

Leodagan: D'ailleurs vous croyez que si je fais cramer les cachots avec les détenus dedans ça passera pour du zèle?

Acte I

Arthur et Père Blaise organisent le périple du roi à travers la Bretagne.

Arthur: Donc, on est bien d'accord, on va récupérer Perceval en Orcanie, à l'aller on passe par la Carmélide et la Calédonie, au retour par l'Irlande, on dépose Perceval chez lui avec mon pied au cul en bonus, et c'est marre.

Père Blaise: Euh, oui...mais tant que vous y êtes, vous voulez pas visiter le sud du royaume, l'Aquitaine, Vannes, tout ça?

Arthur: Alors là pardon mais je vois vraiment pas l'intérêt.

Père Blaise: Ben c'est nos peuples, quand même, faudrait peut-être qu'ils nous voient de temps en temps, non?

Arthur: A mon avis ils savent même pas qu'ils sont bretons, alors...

Père Blaise: Faudrait peut-être les mettre au courant, non? Qu'est ce qu'il se passera si un jour vous avez besoin d'eux et que vous envoyez un message à tous les bretons? Ils mettront le message au feu, et le pigeon qui le portera avec si ils ont la dalle.

Arthur: A Vannes ils passent la moitié du temps à bouffer et l'autre à ronquer, ça leur laisse pas grand chose pour se rebeller, et encore moins pour se battre, en admettant qu'ils en aient l'idée. Et puis en Aquitaine ils sont tellement loin qu'on voit jamais leur tronche et on sait jamais ce qu'ils foutent.

Père Blaise: Et ça vous gêne pas que la moitié de vos sujets ne sachent même pas que vous êtes roi?

Arthur: Mais ils s'en foutent de ça, d'être bretons, saxons ou chinetoques! Ils pataugent dans la bouse toute la journée, alors l'appartenance au royaume ça doit être un concept assez vague pour eux, pardon!

Père Blaise: Je m'excuse mais les paysans d'ici pataugent aussi dans la bouse et quand il s'agit de venir réclamer leur bon droit en tant que sujets du royaume ils hésitent pas longtemps.

Arthur: Oui, non mais eux c'est pas pareil. Ils sont à côté de la plaque, mais aussi à côté du château, pour venir gueuler c'est plus pratique.

Père Blaise: D'accord mais…

Arthur: Houlà non mais quand j'aurai envie de lancer un grand débat sur l'identité nationale bretonne je vous appellerai, hein! Bon, ils sont prêts, Karadoc, Bohort et Galessin?

Père Blaise: Je suppose, oui.

Arthur: Comment ça, vous supposez?

Père Blaise: Ben oui, je suppose, j'ai pas le pif sur eux toute la journée, pardon!

Arthur: Non mais ça d'accord mais vous les avez pas vus ce matin?

Père Blaise (ironique): Si, bien sûr, j'ai été vérifier la valise du Seigneur Bohort et je lui ai conseillé de rajouter une petite laine, et puis j'ai préparé des sandwichs pour le Seigneur Karadoc…Du coup j'ai laissé de côté le courrier et les comptes du château, je suppose que vous comprendrez, y a des priorités.

Arthur (agacé, haussant le ton au fil de la phrase): Ecoutez, me les pétez déjà modèle géant à longueur de journées, à vous plaindre en permanence de votre paperasse à la con, si en plus vous essayez de faire de l'ironie vous allez finir à poil dans la neige et je peux vous garantir que c'est pas une petite laine qui vous couvrira!

Arthur se lève et quitte la salle.

Acte II

Arthur, Bohort, Karadoc et Galessin sont dans la calèche qui les mène vers l'Orcanie.

Karadoc: Sire….

Arthur: Ah non, alors on va poser ça dès maintenant comme une règle, vous la bouclez!

Bohort: Sire, loin de moi l'idée de vous contredire mais c'est tout de même un long voyage, si personne ne parle je crains que ça ne soit pas très amusant.

Arthur: Ah parce que vous croyez qu'en laissant l'autre débile déblatérer des conneries on va se fendre la gueule?

Bohort: Des conneries, vous y allez un peu fort, notre camarade n'a dit qu'un mot.

Galessin: C'est pas pour faire le lèche-bottes mais enfin déjà un mot ça laissait une bonne idée de la suite…

Arthur: Ah, vous voyez!

Karadoc: Non mais c'était juste pour poser une question là…

Arthur: Ah non mais que ce soit pour déclamer un poème ou pour un concours de rots je ne veux pas que vous ouvriez la bouche! Gardez vos forces pour engloutir les trois tonnes de bouffe que vous allez voulu amener!

Karadoc: Trois tonnes? Mais y a à peine assez pour une demi-journée de voyage! D'ailleurs quand est-ce qu'on…..

Arthur: Eh oh non mais vous vous foutez de ma gueule, là ? Je vous a dit de la fermer! Au prochain mot que vous prononcez je vous débaroule dehors et vous finirez à pied avec vos provisions sur le dos, c'est compris ça?

Léger silence. Soudain la carriole s'arrête.

Arthur: Mais qu'est-ce qu'ils foutent, ces cons?

Il frappe sur la paroi de la calèche les séparant du conducteur.

Arthur (fort): Eh, oh, pourquoi vous vous arrêtez?

Voix du conducteur: Désolé sire, une traversée d'une famille de chevreuils.

Arthur(fort): Une famille de chevreuils? Non mais vous êtes barré, non? Vous allez vous arrêtez à chaque fois qu'un lapin remue les oreilles au bord du chemin, aussi?

Bohort: C'est la nouvelle loi, Sire!

Arthur: La loi? Comment ça, la loi? Je vous signale que je suis bien placé pour la connaitre, la loi!

Bohort: Mais si, vous savez, quand vous avez voulu faire un geste pour un chef de clan qui se plaignait que des animaux mouraient sur les routes trop fréquentées à côté de chez lui…

Arthur: Ah, mais ça? Non mais j'avais dit ça pour déconner, le coup des règles de circulation de calèche, c'était à la fin d'une séance de table ronde où on avait eu droit à un récit de Perceval et un autre d'Hervé de Rinel, j'en pouvais plus!

Bohort: Eh bien notre ami Père Blaise avait retranscrit ça dans une loi sur les clans.

Arthur: Le Père Blaise? Putain, il a vraiment un problème avec l'ironie ce con là.

Bohort: Je m'étonne que vous ne l'ayez pas lue avant de la signer…

Arthur: Oui, non mais parce qu'il a un problème avec la paperasse aussi. Je finis par lui signer ses trucs, sinon il me tire une tronche de déterré pendant huit jours.

Quelques secondes de silence passent.

Arthur: Faut vraiment que j'arrête de vouloir faire plaisir à des cons, moi!

Acte III

Les quatre voyageurs se sont arrêtés dans une auberge, pour la nuit, et se sont mis à table.

Arthur: Alors rappelez-vous, m'appelez pas sire, y a du monde. Déjà que je dois me farcir des visites de clans, si en plus on me reconnait et que je dois me taper le tour de l'auberge je vais péter un câble avant d'arriver en Orcanie, moi!

Bohort: Comment on vous appelle du coup?

Arthur: Mais j'en sais rien, moi! Appelez-moi pas, ça ira bien comme ça

Karadoc: Pas? C'est bizarre comme nom, ça, non?

Arthur lève les yeux au ciel mais ne répond pas.

Arthur: Bref, alors écoutez-moi bien….

Karadoc: Euh, Pas, on peut demander plus de pain?

Arthur: Bon alors vous, le pain dans votre gueule vous l'aurez pas demandé mais il va pas tarder en tout cas! Pour la dernière fois, fermez-là!

Arthur lance un long regard noir vers Karadoc et reprend:

Arthur: Donc, demain, on va visiter un premier clan. Un clan de Carmélide.

Galessin( d'un ton sceptique): Un clan de Carmélide? Parce que Leodagan laisse des clans exister chez lui?

Arthur: Justement, c'est pas chez lui, c'est chez moi. Et puis attention, je dis un clan mais vu la description qu'on m'en a fait on dirait plus une grande famille de péquenauds qui vivent ensemble dans des cahutes en forêt qu'un clan à proprement parler. Enfin bref, la spécialité de ce clan, c'est le….

Il lit un papier.

Arthur…le bouillon de mouton et de pommes de terre. Apparemment la tradition veut qu'ils boivent ça tout seul, surtout sans rien avec, régulièrement. Ça vous dit quelque chose, peut-être Karadoc?

Silence. Karadoc regarde Arthur d'un œil vide.

Arthur: Non mais quand je pose une question et que je mets « Karadoc » derrière c'est pour votre pomme, vous pouvez répondre!

Karadoc: Ah, d'accord!

Arthur: Donc?

Karadoc: Euh..c'était quoi la question?

Arthur: D'accord donc en fait vous écoutez pas un mot de ce que je vous bave?

Karadoc: Si mais je regardais l'aubergiste en train de cuisiner là…

Arthur: Bon Dieu mais vous êtes pas apprenti cuistot, vous êtes un chevalier en mission, là, alors la cuisine locale vous vous la mettez où je pense, ok?

Karadoc: Désolé, Sire.

Arthur soupire.

Karadoc: Bon, du coup c'était sur quoi votre question?

Arthur: Sur la cuisine locale!

Silence gêné. Arthur se prend la tête entre les mains, dépité. Sur ces entrefaites, l'aubergiste arrive avec les plats.

Aubergiste: Voilà pour ces messieurs les voyageurs! Il vous fallait autre chose?

Karadoc: Si vous aviez un peu plus de pain...

Aubergiste: Ah ben je vais plus en avoir, vous m'avez bouffé quatre miches rien qu'avec vos entrées!

Karadoc (déçu): Ah. Bon ben tant pis alors.

Aubergiste (se penchant vers la table): En parlant de bouffer des miches, j'ai quelques belles filles de passage dans l'auberge ce soir, si ça vous tente….

Bohort (regardant Arthur): Sire!

Arthur (bas): Pas Sire, abruti!

Aubergiste: Sire?

Karadoc: Non mais c'est Pas son vrai prénom, mais on a l'habitude de l'appeler Sire.

Arthur: Dites, aubergiste, vous avez sans doute des clients à servir là.

Aubergiste: Ah, bien, bien…Allez, je vous laisse manger!

Arthur( bas): C'est ça, trop aimable!

L'aubergiste part.

Arthur, à Karadoc: Dites, vous savez que c'était presque pas con ce que vous lui avez dit sur mon prénom? C'est juste con que vous l'ayez pas fait exprès.

Conclusion

Lancelot croise Père Blaise dans un couloir de Kaamelott

Lancelot: Ah, Père Blaise, alors vous avez des nouvelles du roi?

Père Blaise: Figurez-vous que je viens juste de recevoir un message, là….

Lancelot: Et alors, comment ça se passe?

Père Blaise: Apparemment Karadoc a mis en rogne un chef de clan de Carmélide, et Arthur par la même occasion, mais sinon ça va.

Lancelot: Qu'est-ce qu'il a fait, encore, ce débile?

Père Blaise: Il a goûté une spécialité locale, un bouillon de je sais pas quoi….

Lancelot: Laissez-moi deviner, il a pas aimé et il n'a pas pu s'empêcher de le dire?

Père Blaise: Non, apparemment il n'a pas détesté,…

Noir

Père Blaise…c'est juste qu'il a demandé du pain, avec.


Le bouillon de mouton et de patates est vaguement inspirée de traditions écossaises, la Carmélide telle qu'on peut l'envisager dans l'univers de Kaamelott recoupant en partie l'Écosse actuelle.