Hello everyone!

J'ai cru que je n'arriverai jamais à finir ce chapitre -' nombreuses furent les fois où j'ai bloqué dessus, mais heureusement, dans la mesure où je suis une super warrior, j'ai fini par le boucler. Presque un mois après le dernier update, il faut le faire quand même x_x Bref, mon retard est impardonnable, j'espère que ce nouveau chapitre vous plaira. S'il vous plaît, pour ceux qui lisent mes chapitres et ne me laissent pas de reviews, j'aimerais vraiment que vous le fassiez. Ça ne prend que cinq minutes de votre temps, et ça suffit à faire ma journée! Alors, pensez-y, parce que c'est vraiment très important pour moi de connaître l'avis de mes lecteurs! Bisous, et à bientôt pour la suite.

Réponse aux reviews:

Roman 2005: Quels doutes? Tu m'intrigues xD Enfin, j'espère que ce chapitre va t'apporter des réponses, à défaut de créer d'autres questions. On retrouvera Drago dans le prochain chapitre, nos deux ennemis n'ont pas fini de se détester, et Drago de cracher sur le dos d'Hermione x) Merci pour ta review, et d'être fidèle au poste! J'espère que ce chapitre te plaira!

Manoirmalfoys: Merci pour ton commentaire, ô nouveau (nouvelle?) lecteur (lectrice?). Je suis contente que mon histoire te plaise, ainsi que mon Théo. J'aime tellement ce personnage que je me sens obligée de le torturer, le pauvre petit. Plus j'aime un perso, plus je le martyrise, où est la logique? Tu crains pour la fin? Tu as raison x) Ce n'est que le début des galères! J'espère que ce nouveau chapitre te plaira!

Meg-la-cacahuète: Oui oui, c'est dans le prochain chapitre que ça va se gâter, à la fois pour Théo et Hermione, d'ailleurs. Ils ont tellement galéré pour se mettre ensemble, que je vais encore les faire galérer, parce que non, mon petit couple n'a pas fini d'en voir de toutes les couleurs. Enfin, je pense qu'avec le prochain chapitre, vous allez avoir envie de me trucider. Mais le principe est simple: trucider l'auteur=pas de suite. Donc voilà (a). En tout cas, merci pour ta review, et ta fidélité, je ne le dirai jamais assez. J'espère que ce nouveau chapitre te plaira!


Lorsqu'Hermione se fut endormie, je décidai qu'il était temps pour moi de lever le camp et de retourner dans la salle commune, pour faire un rapide état des lieux après cet épisode plus que mouvementé. J'embrassai Hermione sur le front. Elle murmura quelque chose dans son sommeil qui ressemblait vaguement à mon prénom, elle se tortilla un moment, puis retomba légèrement sur le matelas, toujours endormie. Elle paraissait si paisible, si calme, et pourtant, son mal la rongeait, elle était fiévreuse même si je n'avais aucune espèce d'idée de sa température exacte. Il devait bien exister un sort pour la déterminer, mais ce n'était pas dans mes attributions. Demain, si cela ne s'arrangeait pas, j'emmènerai Hermione à l'infirmerie pour que Mrs Pomfresh puisse établir un diagnostic correct et la soigner si besoin est.

Je refermai doucement les rideaux du lit à baldaquin, puis je m'éloignai à pas de loups, pour la laisser se reposer convenablement. Je traversai le dortoir, et jetai un coup d'œil au lit vide de Malefoy. Apparemment, il avait vraiment l'air décidé à déserter la salle commune pour ce soir. Tant mieux. En soi, ce n'était pas une grosse perte. Après la scène qu'il venait de me faire, je n'avais vraiment pas envie qu'il revienne hanter les lieux, sinon, je me ferais une joie de lui mettre une dérouillée bien méritée.

Sans prendre la peine de reboutonner ma chemise, grande ouverte sur ma peau dénudée, je descendis les quelques marches qui menaient à la salle commune. Mon esprit, quant à lui, était sur le qui-vive. Je n'étais pas tranquille à l'idée de laisser Hermione seule dans le dortoir des garçons, mais à ma connaissance, aucun des autres garçons n'étaient présents. J'en déduisis donc qu'ils étaient soit dans la salle commune, soit en train de vadrouiller quelque part dans le château jusqu'à ce qu'ils se fassent rappeler à l'ordre par les préfets des autres maisons. Ils n'étaient donc pas un danger, tout du moins, pour le moment.

Je vis finalement un groupe d'élèves au milieu de la salle commune. Parmi eux, il y avait Blaise et Tracey. Matthew Forbes était nonchalamment vautré dans le fauteuil réservé à Malefoy -une chance que ce dernier ne soit pas là, sinon le malheureux première année se serait fait démolir. Les sœurs Greengrass étaient également présentes, tout comme Millicent Bulstrode. En fait, seuls Malefoy et Parkinson avaient déserté, même Crabbe et Goyle étaient dans un coin en train de comploter je ne savais quoi. Raison de plus pour les garder à l'œil, surtout s'ils avaient des velléités de monter à leur dortoir.

Je me laissais tomber sans aucune grâce dans le fauteuil qui m'était habituellement réservé et qui n'était jamais occupé par un autre que moi, sous peine de subir mes foudres. Millicent me dévisagea longuement, comme si je venais d'une planète inconnue. Daphnée arqua un sourcil interrogateur, tandis qu'Astoria avait pris le parti de m'ignorer, purement et simplement. D'ailleurs, à mon approche, la cadette des Greengrass s'était levée, pour monter dans son dortoir sans en claquer la porte.

-Excuse-la, dit Daphnée d'une voix mielleuse. Elle ne supporte pas de rester en présence d'un traître à son sang.

-Tu t'es vraiment entiché de Granger? Questionna Millicent, tout en me détaillant du regard.

-Bien sûr, s'exclama Matthew Forbes, avec sa naïveté d'enfant. Hermione, c'est son amoureuse!

-Matthew, s'il te plaît. Le rabrouai-je, légèrement irrité.

-Pourquoi tu l'as amenée ici? Attaqua Daphnée, sans me laisser une seule minute de répit. Tu te rends compte que tu as osé donner le mot de passe de notre salle commune à une Gryffondor! Ils sont nos ennemis, Théodore.

-Hermione est quelqu'un de confiance. Garantis-je avec sérieux. C'est un modèle de droiture et d'intégrité, elle ne répétera pas le mot de passe. De toute manière, maintenant que Saint Potter et la Belette ne sont plus là, elle ne peut pas vraiment le dire à qui que ce soit. Et je ne pense pas qu'aucun Gryffondor soit assez fou pour s'incruster ici.

Daphnée me sonda pendant de longues minutes, minutes pendant lesquelles il ne se passa rien. À dire vrai, je défiais quiconque de trouver quelque chose à redire. Je toisai les autres un à un, avant de m'enfoncer un peu plus confortablement dans le fauteuil. Millicent allait dire quelque chose, mais se ravisa au dernier moment. Blaise, quant à lui, me jeta un regard qui en disait long, avant de reporter son attention sur la chevelure brune de Tracey, qu'il caressait du bout des doigts depuis tout à l'heure. Tracey, elle, était confortablement calée entre les bras de Blaise et semblait réfléchir.

-Peu importe. Reprit Daphnée en pinçant les lèvres. Granger reste une sang-de-bourbe. Et en plus, tu l'as laissée sans surveillance là haut! Qui sait ce qu'elle pourrait y faire!

-Genre…fouiller dans vos affaires, par exemple? Grinçai-je non sans sarcasme. Pourquoi irait-elle fouiller dans vos affaires? Pourquoi craindriez vous qu'elle le fasse, si vous n'avez rien à cacher?

-Parce que…tenta Millicent, la voix rauque. C'est une espionne de Dumbledore! Tu sais tout comme nous qu'elle a créé ce truc avec Potter, quand Ombrage était encore là! Armée de Dumbledore, Théodore, ça veut dire ce que ça veut dire.

-Non, ça ne veut rien dire du tout! M'exclamai-je, agacée, alors que Matthew Forbes, à côté, venait de sursauter. Ce groupe a été créé dans le but de contrer la menace que représentait Ombrage pour notre école. Hermione m'a bien expliqué en quoi ça consistait, et ce n'était sûrement pas pour préparer une insurrection contre je ne sais quel ennemi à Poudlard…Encore faut-il qu'il y ait une menace, n'est-ce pas.

-Moi, je sais ce qui va se passer. Soutint Millicent, bornée. Ce mouvement va à nouveau se former s'il existe une menace sérieuse qui pèse sur l'école. Les membres de ce groupe sont reliés par je ne sais quel système qui fait qu'ils rappliquent sitôt qu'on les a appelés.

-Et comment tu sais ça? Demandai-je, durement, en rivant mes prunelles glacées sur le visage particulier de ma camarade.

-Je…ça fait plusieurs mois qu'on les surveille. Avoua Millicent, sous le regard furieux de Daphnée. On ne sait pas ce qui se prépare, mais ça se prépare. Si tu savais quelque chose, tu nous le dirais, n'est-ce pas?

Un frisson glacé me parcourut l'échine, remontant le long de ma colonne vertébrale. Oui, je savais quelque chose. Les Horcruxes. Potter qui m'avait demandé de protéger Hermione quand Weasley et lui seront partis. Potter qui avait demandé à Hermione de reconstituer l'Armée de Dumbledore, pour se préparer à une éventuelle attaque. Oui, j'en savais des choses, mais par amour pour Hermione, je ne voulais rien dire, même si mon silence équivalait à une trahison aux yeux des miens.

-Bien sûr que non! S'écria Daphnée d'une voix perçante. Bien sûr que non, il ne nous en ferait pas part! il est du côté de la sang-de-bourbe, je te rappelle!

-Daphnée, ça suffit! La réprimandai-je, sévèrement, n'aimant pas qu'ils traitent ma petite-amie de sang-de-bourbe, quels qu'ils soient.

-J'espère que tu as conscience de ce qui t'arrive. Reprit Daphnée, plus doucement. Tu te ranges avec elle, tu sais ce que cela signifie. Les jeux sont faits, Théodore. Nous savons tous que tu es un traître à ton sang. Tu sais quelles conséquences cela pourrait avoir. Tu n'es plus des nôtres.

-Je crois bien que je ne l'ai jamais été. Répliquai-je, avec humeur, tandis que je sentais un profond sentiment d'injustice envahir mon for intérieur.

-Tu as choisi Granger. Insista Daphnée. Peut-être pas explicitement, il est vrai, mais tous ces gestes que tu as envers elle le prouve. L'amener ici est la goutte qui a fait déborder le vase.

-Depuis quand suis-je considéré comme un traître à mon sang, exactement? Demandai-je, d'une voix rauque.

-Depuis toujours, je crois bien. Répondit la jeune Greengrass. Tu n'as jamais partagé nos idées. Même avant Poudlard, tu étais ami avec elle. Personne n'a jamais compris pourquoi tu tenais tant à la fréquenter. On vous voyait tout le temps travailler ensemble à la bibliothèque, et même après qu'elle soit devenue amie avec Potter et Weasley. Nous sommes suffisamment lucides pour comprendre que nous ne sommes rien à côté d'elle, en ce qui te concerne en tout cas.

-être ami avec une née-moldus ne signifie pas que je suis un amoureux des moldus et des sang-de-bourbe. M'exclamai-je avec humeur. À ce que je sache, Hermione est la seule fille de moldus que je fréquente, cela ne suffit pas à faire de moi un traître à mon sang. Ton argument n'est pas valide, Greengrass.

-Certes. Contra Daphnée, son regard toujours farouchement rivé dans le mien. Il y avait Hermione, il est vrai. Mais, tu es sorti avec Tracey, qui tout autant sang-de-bourbe que Granger. On ne te connaît que deux relations amoureuses, Théodore. Et ces deux filles que tu fréquentes plus ou moins régulièrement, ce sont des filles de Moldus.

-Peut-être. Concédai-je avec agacement, sous le sourire triomphant de la Serpentard. Cela n'est cependant pas suffisant pour faire de moi un traître à mon sang, je persiste et signe. Un traître à son sang, c'est un tout. C'est également une attitude, une mentalité. Des idéaux.

-Blaise fréquente certes Tracey, opposa Daphnée en fronçant les sourcils, mais de toute évidence, vous ne partagez pas les mêmes idées. Blaise croit encore en la suprématie du sang-pur, il croit aux idéaux du maître. Jusqu'à preuve du contraire, il a toujours la volonté de rejoindre ses rangs.

-C'est vrai ce qu'elle dit, Blaise? M'écriai-je assez durement, tout en me tournant vers mon meilleur-ami, dont le visage était en train de se décomposer.

-Tout le monde le sait, sauf toi. Soupira Daphnée, en secouant la tête d'un air navré.

-Crois-tu pourquoi on n'en parle jamais? Attaqua Blaise, blessé par le ton agressif que j'avais employé envers lui. Je sais très bien que nous n'avons pas les mêmes idées, mais je ne t'ai pas tourné le dos pour autant, j'ai toujours été loyal envers toi. Je t'ai soutenu quand tu avais tes problèmes avec Granger, j'ai essayé de t'aider avec tes problèmes, mais là, désolé, je ne me mouille plus. Tu as dépassé les bornes en l'amenant ici, et ta bêtise va tous nous rejaillir dessus.

-Mais réveillez-vous, bordel! M'écriai-je d'une voix tonitruante, faisant sursauter tout le monde. Je n'ai rien fait de mal. Hermione est malade, elle est trop faible pour qu'on la laisse seule pendant la nuit…

-Ferme-la, Théo. M'intima Blaise, durement. Encore une fois, tu t'enfonces dans le déni. Tu es persuadé que tu ne fais rien de mal en jouant les bons-samaritains, mais nous tous, ici présents, avons vu cet acte comme une provocation. Voilà pourquoi nous en faisons une affaire d'état. Tu sais qu'on déteste tous Granger, pour une raison ou pour une autre, et toi, tu…tu…

-Alors c'est pour ça, cette petite réunion? Grinçai-je, non sans cynisme. Vous vous êtes tous concertés pour me cracher sur le dos, et décider de…de quoi au juste? De me bannir? Peu importe ce que vous avez décidé. Je m'en fiche. Je me fiche de vos opinions, tous autant que vous êtes. C'est de ma vie dont il s'agit, et vous n'avez strictement rien à y redire.

-On n'a pas l'intention de te bannir. Coupa Blaise, non sans me gratifier d'un regard noir. Tu comprends toujours tout de travers. Non, tout ce qu'on veux, c'est que tu arrêtes de nous mêler à tes histoires. C'est ton problème, pas le nôtre. Hermione ne dormira pas ici ce soir. Drago est parti chercher le professeur Rogue.

Malefoy. j'aurais dû m'en douter. Non, ce petit con ne s'était pas effacé comme je l'avais cru, il avait décidé de prendre le taureau par les cornes, et régler le problème à sa manière, c'est-à-dire aller se plaindre à une autorité supérieure. Ici, l'autorité supérieure était le professeur Rogue. Je serrai les poings, sentant la colère monter en moi. J'étais en colère contre eux tous, et surtout, contre Blaise, qui cautionnait les agissements de mon ennemi juré. Le goût âcre de la trahison m'envahit la bouche. Vexé comme jamais, humilié, j'adressai un regard meurtrier aux autres, avant de me lever et de remonter au dortoir en claquant la porte. Un peu plus doucement, je m'avançai vers mon lit, avant de me mettre sous les couvertures, à côté d'Hermione. Hermione, qui était réveillée, et couchée sur le côté, recroquevillée sur elle-même.

-Hey, ça va mieux? Murmurai-je avec douceur, tout en repoussant une mèche de cheveux bouclés derrière son oreille.

-Pas vraiment. Coassa-t-elle d'une voix rauque. J'essaie de me reposer…mais je n'y arrive pas.

-Je suis désolé, il est vrai qu'on a fait un peu de bruit…

-Non, ce n'est pas grave. Coupa-t-elle, alors qu'elle caressait le dos de ma main du bout des doigts. Toi, ça va? Tu as l'air…en colère.

-Ce sont tous des imbéciles. Grognai-je, avant d'enfouir mon visage dans ses boucles brunes. Ils m'ont fait un scandale parce que j'ai osé t'amener ici.

-Il fallait s'en douter. Répondit-elle, faiblement, tout en caressant ma nuque et mes cheveux.

-Ils m'ont clairement fait comprendre que je n'étais plus des leurs. Grinçai-je, en fermant les yeux, pour mieux m'imprégner de son odeur. Et moi…ça ne me fait rien. Ce n'était pas comme s'ils m'avaient apporté quoi que ce soit tout ce temps… Je crois bien que nous sommes seuls, à présent.

-Théo…bredouilla-t-elle, en levant ses grands yeux marron vers moi.

-Chut. L'intimai-je, avant de poser doucement mes lèvres sur les siennes pour la faire taire. Je t'aime, Mia. Seulement, j'aurais aimé que les choses se passent autrement.

Alors, doucement, mes lèvres possédèrent les siennes avec passion. Hermione frissonna, et passa ses bras autour de mon cou, pour mieux approfondir notre échange. Elle entrouvrit les lèvres, timidement, m'invitant tacitement à franchir le passage ainsi accordé. Aventureuse, ma langue caressa gentiment sa lèvre inférieure, la faisant doucement gémir. je me glissai alors entre ses lèvres. Ma langue alla taquiner tendrement sa jumelle, ce qui la fit frissonner de la tête aux pieds. C'était doux, c'était tendre, et ça nous reflétait à la perfection. Mon cœur battait au rythme des mouvements de sa langue contre la mienne, et mon ventre se transforma à nouveau en ascenseur. Mes doigts avaient agrippé ses mèches brunes, alors que les siens caressaient lentement ma nuque. Une fois encore, je me surpris à me consumer de désir pour elle, pour cette fille que j'avais entre les bras et que j'aimais comme un fou, au point même de renoncer à tout ce que j'avais pour ses beaux yeux.

Elle soupira doucement mon prénom, entre deux baisers. Elle se cambrait tout contre moi, mes mains exploraient tranquillement son corps gracile. Cette fois, elle se laissa faire quand je voulus lui toucher le ventre. Elle ne protesta pas lorsque je glissai mes mains sous sa chemise d'uniforme pour venir caresser doucement sa peau de nacre. Hermione avait déjà mêlé ses jambes aux miennes, et elle caressait mon visage, le regard enfiévré. Elle rompit notre baiser et se blottit contre mon torse, entre mes bras. J'enfouis mon visage dans ses boucles brunes. Malefoy disait carrément qu'elle puait, mais n'importe quoi! Son odeur était tout simplement exquise, c'était ce mélange d'ambre, de vanille et de cannelle que sentait l'amortentia et qui me faisait tourner la tête. Nous restâmes un instant blottis l'un contre l'autre, profitant de la présence de l'être aimé autant que faire se peut. Hermione, à présent, ne grelottait plus.


Hermione avait fini par s'assoupir entre mes bras. Elle était toujours enveloppée dans ma cape, et avait l'air paisible. Distraitement, je lui caressais les cheveux tout en la contemplant dans son sommeil. D'emblée, je regrettai de ne pas pouvoir profiter de ce spectacle plus souvent. Je posai un baiser sur son front, et je resserrai mon étreinte autour d'elle. Hermione s'était endormie en me tenant la main, et pensivement, je regardais nos mains enlacées. J'aurais pu rester ainsi des heures, à simplement la regarder et m'écouter penser. La quiétude du dortoir des garçons était plus qu'appréciable, mais elle était de courte durée.

J'entendais des éclats de voix, venant d'en bas. Je fronçai les sourcils, piqué par la curiosité. Apparemment, ça s'engueulait sec là bas. Je lançai un regard inquiet à Hermione. Malgré le raffut, elle n'avait pas bougé d'un cil. Je posai doucement la paume de ma main sur son front. Elle était brûlante de fièvre, et le contour de ses lèvres légèrement bleu. J'hésitais vaguement à aller chercher quelqu'un, je sentais qu'une simple nuit de sommeil n'allait pas suffire à faire partir son mal, que le malaise était bien plus profond qu'un simple manque de sommeil. En me concentrant, je tentai de reconstituer la matinée, pour comprendre ce qui avait bien pu la mettre dans un état pareil. Hermione malade était en soi un fait exceptionnel, ça arrivait rarement, vraiment très rarement.

La porte du dortoir finit par s'ouvrir à la volée. Hermione remua légèrement, mais ne se réveilla pas malgré le boucan. Elle était toujours inerte entre mes bras. Sa respiration était faible, je sentais à peine son souffle dans mon cou. J'allongeai le bras pour tirer les rideaux du lit à baldaquin. Je blêmis dangereusement en voyant Rogue dans notre dortoir, visiblement très mécontent. De part et d'autre, il y avait Pansy Parkinson et Drago Malefoy, qui souriaient triomphalement.

-Quand il y a des problèmes, il faut toujours que Potter et sa fichue bande y soient mêlées. Accusa Rogue en nous adressant un rictus méprisant. Monsieur Malefoy vient de m'avertir qu'il y avait une intruse parmi les Serpentard?

-Je…commençai-je, outré d'avoir été dénoncé de la sorte. Hermione ne va pas bien, Monsieur. Regardez par vous-même.

-Si Miss Granger était malade, vous auriez dû l'amener à l'infirmerie. Trancha Rogue, sèchement. Vous n'aviez aucun motif sérieux et légitime de l'amener ici, si ce n'est que pour provoquer vos pairs.

-Hermione est malade! Insistai-je, en montrant ma petite-amie inanimée entre mes bras. Elle ne voulait pas que je l'emmène à l'infirmerie, ni même retourner dans son dortoir. Je n'aurais de toute façon pas pu la porter jusqu'à la tour des Gryffondor. Elle était incapable de marcher toute seule quand je l'ai trouvée.

-Vous l'avez trouvée où? S'impatienta Rogue.

-Euh…dans les toilettes désaffectées de Mimi-Geignarde. Répondis-je, en toute honnêteté.

Je ne savais que trop bien qu'il était inutile de mentir à Rogue. Étant très bon légilimens, il aurait vite fait de débusquer mon mensonge. J'avais donc pris le parti de lui dire la vérité, quitte à devoir répondre à un interrogatoire par la suite. J'en étais certain, il n'allait sûrement pas laisser passer l'épisode des toilettes de Mimi Geignarde sans tenter d'en savoir un peu plus. Je savais également qu'il était inutile de croiser les doigts pour qu'il oublie cette révélation. Rogue n'oubliait jamais. JAMAIS. C'était probablement pourquoi il paraissait si terrible au yeux des autres élèves.

-Que faisiez vous dans les toilettes pour filles?

-Ben…murmurai-je, en me frottant nerveusement l'arrière du crâne. Je n'ai pas vu Hermione du dîner, alors je me suis inquiété pour elle. En allant dans les étages, j'ai croisé Lavande Brown, qui est une des proches amies d'Hermione. Elle m'a dit où la trouver. Je sais que je n'avais pas le droit de m'y trouver, mais la nécessité de la trouver me paraissait bien plus urgente.

-Quels symptômes a-t-elle présentés? Questionna Rogue, sèchement.

J'ouvris des yeux ronds. Je trouvais cela bien présomptueux de sa part de s'essayer à un quelconque diagnostic, il n'était pas médicomage à ce que je sache. Il était un simple professeur, un ancien espion de Voldemort. Comme s'il avait lu dans mes pensées, l'irascible maître des potions s'empressa de rajouter:

-Vous avez tendance à oublier que je suis un spécialiste des poisons et des antidotes en plus de maîtriser l'art des potions.

C'était juste. Je me mordillai la lèvre inférieure, m'avouant vaincu. Si je voulais qu'Hermione soit soignée le plus rapidement possible, il fallait que je coopère. Je jetai un regard en biais à Hermione, qui ne s'était toujours pas réveillée. Entre temps, le professeur Rogue s'occupa de congédier Malefoy et Parkinson. Mon ennemi juré m'adressa un regard meurtrier lorsqu'il s'en alla, ce qui me fit hausser les épaules d'un air navré. Je dégageai une mèche brune du visage d'Hermione. La simple perspective pour qu'elle ait pu se faire empoisonner me faisait froid dans le dos.

-Je…j'ai trouvé Hermione en train de vomir dans la cuvette des toilettes. Je crois qu'elle fait une forte fièvre, tout à l'heure, elle était gelée et elle claquait des dents. J'avais l'impression qu'elle délirait parfois, mais je crois que c'était à cause de sa fièvre…c'est souvent arrivé à ma mère…sur la fin.

Je me rendis alors compte de ce que je venais de dire. Hermione. Ma mère. Ma mère qui était fort malade avant de mourir. Elle a agonisé pendant des jours entiers avant de s'éteindre. Un frisson glacé me parcourut l'échine, alors que je sentis une boule venir se loger au fond de ma gorge. Je craignais plus que tout qu'il arrive la même chose à Hermione. J'avais tellement peur de la perdre. Parfois, j'en venais à me dire que si elle mourrait, j'abrègerais ma vie de façon à ne pas rester trop longtemps loin d'elle. Vivre sans elle me paraissait tout bonnement inenvisageable.

-Il n'est rien arrivé de particulier? Interrogea Severus Rogue, agacé. Faites un effort de vous rappeler, Nott.

-Euh…On a eu un cours de botanique ce matin, elle a peut-être attrapé froid en se rendant à la serre.

-Ce n'est pas une simple grippe, Nott. Me rabroua Rogue, perplexe. Elle ne se réveille vraiment pas quand vous la secouez?

La secouer…C'était assez brutal comme manière de réveiller quelqu'un. Je jetai un coup d'œil à Hermione, incertain, avant de me pencher sur elle pour l'embrasser délicatement dans le cou. Je lui pressai gentiment l'épaule, tout en lui soufflant doucement dans l'oreille. Elle ne manquait pas de se réveiller lorsque ça arrivait, elle avait tout bonnement horreur de ça. Rogue me toisait de son regard froid, alors que je continuais à murmurer des mots doux à son oreille, comme je faisais pour la réveiller les matins où elle se trouvait dans mes bras lorsque j'ouvrais les yeux. Puis, je lui soufflai à nouveau dans l'oreille, un peu plus fort. Hermione n'eut aucune réaction, elle était désespérément inerte.

-Hermione! Râlai-je, avec impatience. Réveille-toi, ce n'est pas drôle.

Sous le regard inquisiteur de mon directeur de maison, je me sentais bête et pathétique. Surtout pathétique. Si Malefoy avait été là, il en aurait jubilé de me voir ainsi. Je me mordillai la lèvre inférieure en me rendant compte qu'Hermione n'avait toujours pas bronché. Je lui tâtai le poignet pour prendre son pouls. Les battements de son cœur étaient très faibles, son rythme cardiaque semblait s'être ralenti. Je blêmis dangereusement, avant d'oser un regard vers le professeur Rogue.

-J'ai peur de comprendre ce que cela signifie. Affirmai-je d'une voix rauque.

-Elle est dans le coma. Annonça Rogue, sans autre forme de préambule. Écartez vous, Nott, que je l'examine. Est-ce que vous vous rappelez de la plante que vous avez étudiée en cours ce matin?

-C'était de l'Asphodèle, monsieur.

-a-t-elle été en contact avec quelque chose en particulier?

-Je crois qu'Hermione s'est coupée avec le sécateur. Répondis-je en fronçant les sourcils. C'était à la main droite, je crois. Je n'ai pas eu le temps de voir ce qui se passait, déjà elle avait sucé son pouce pour arrêter le saignement, je suppose.

Rogue s'empara alors de la main diaphane d'Hermione, pour l'examiner sous toutes les coutures. Sur le pouce, un reste de coupure. Mais la coupure avait un aspect bizarre. Comme si elle s'était infectée. Comme si Rogue avait lu dans mes pensées, il me toisa de son regard froid, et me dit de sa voix doucereuse.

-Miss Granger a absorbé de l'essence d'asphodèle, qui a contaminé son système. Au vu de la coupure, elle en a absorbé une petite quantité, elle devrait donc se rétablir assez rapidement. Il faut aller la porter à l'infirmerie , pour que Mrs Pomfresh lui administre un antidote. Les symptômes que Miss Granger présentent sont caractéristiques d'un empoisonnement. Savez-vous quelles sont les propriétés de l'asphodèle, Théodore?

Je sursautai lorsque le maître des potions m'appela par mon prénom. Il était certes de notoriété publique que le professeur Rogue avait tendance à favoriser les élèves de sa propre maison, mais il appelait rarement ses élèves par leurs prénoms, exception faite de Malefoy. À nouveau, j'eus des envies de meurtre en pensant à mon ennemi juré, et je dus me faire violence pour ne pas céder à la tentation de lui envoyer un avada kedavra la prochaine fois que j'aurai le malheur de le croiser dans les couloirs. Cette fouine peroxydée m'aura vraiment pourri l'existence jusqu'au bout.

L'asphodèle. C'était une plante que nous avions étudié en cours de botanique, aussi je me devais de savoir quelles en étaient les propriétés. Je passai une main nerveuse dans mes cheveux, avant de murmurer avec lassitude:

-L'asphodèle est un puissant somnifère, monsieur. Elle est l'ingrédient principal de la goutte du Mort-Vivant. Lorsqu'elle est administrée à forte dose, l'asphodèle peut plonger le sujet dans un sommeil profond.

-C'est exact. Répondit Rogue, avec gravité. À l'état pur, l'asphodèle provoque des fortes fièvres et des malaises. Lorsque la fièvre est trop forte, le sujet qui en a absorbé peut plonger dans un coma à plus ou moins longue durée, tout dépend en réalité de la résistance de l'individu et de la quantité ingérée.

-Mais…Mais Hermione va s'en sortir, n'est-ce pas? Demandai-je, d'un ton incertain, ma voix vacillant dangereusement sous le coup de l'émotion. Ce…Ce n'est qu'une petite coupure.

-Oui, ce n'est qu'une petite coupure, mais d'après ce que vous avez dit, Miss Granger a porté son pouce à sa bouche lorsqu'elle s'est coupée, ce qui signifie qu'elle a sans le vouloir ingéré de l'asphodèle par voie orale. Néanmoins, ce sont des quantités résiduelles, aussi son coma peut durer quelques heures, voire quelques jours, le temps que la fièvre retombe. Vous auriez dû venir m'en parler plutôt que de jouer les héros à vouloir à tout prix l'emmener dans votre dortoir au mépris de ce que pensent vos pairs. Vous venez de faire preuve d'imprudence, et vous auriez peut-être évité ces soucis à Miss Granger si vous l'aviez portée directement à l'infirmerie.

J'accusai le coup sans sourciller. Rogue m'accusait clairement être responsable, pour partie tout du moins, du mal-être de ma petite-amie. Je savais qu'il serait inutile de parlementer et essayer de défendre mon point de vue, Rogue ne m'écouterait pas. Il ne m'écouterait pas simplement parce que je savais qu'au fond, il avait raison, et qu'il serait futile de le contredire sur ce point. Si je m'essayais à parlementer, je me prendrais très probablement en pleine face que les Gryffondor sont stupidement inconscients et qu'ils préféraient se mettre en danger plutôt que demander de l'aide à quelqu'un d'autre. Je me promis alors d'avoir une discussion avec ma copine à ce propos, une fois qu'elle serait réveillée, cela allait presque de soi.

-Vous croyez qu'on peut encore lui administrer l'antidote? M'enquis-je, d'une voix cassée, alors que je venais de me tourner vers Hermione pour la contempler.

-Mrs Pomfresh saura traiter son cas. Répondit froidement Rogue, en me dardant de son regard glacial. J'ose espérer que cet épisode vous mettra du plomb dans la cervelle. Pour un peu, vous auriez pu rivaliser avec ces stupides Gryffondor.

-Avec tout le respect que je vous dois, Professeur, j'ose demander si ça vous est déjà arrivé d'aimer quelqu'un au point même de braver tous les interdits et de briser tous les tabous pour pouvoir être avec cette personne.

Rogue ne répondit pas, sans doute parce que je venais de toucher une corde sensible. Ses lèvres s'étaient pincées, en signe de désapprobation, mais son regard s'était fait lointain, nostalgique. Aussi le ténébreux directeur des Serpentard avait-il aimé un jour? Cela m'étonnait, mais ce serait fort probable. Personnellement, je me foutais bien de savoir qui, tout ce qui m'importait, c'était ce simple fait. Rogue avait un cœur, et il avait déjà battu pour quelqu'un. En poussant mon imagination un peu plus loin, peut-être même avait-il aimé une fille née de moldus lui aussi, mais ça n'avait pas dû aboutir, je ne voyais pas du tout Rogue avoir une vie sexuelle épanouie. Pour qu'il se comporte de la sorte, il devait forcément être frustré. Puis, honnêtement, quelle femme pourrait le trouver séduisant, avec ses cheveux gras, son nez crochu, son teint jauni, et sa peau d'apparence aussi grasse que ses cheveux? Rien que le fait qu'il ait pu tripoter ainsi Hermione me révulsait particulièrement.

Cela dit, l'hypothèse selon laquelle Rogue a pu s'enticher d'une fille de moldus était tirée par les cheveux. Il n'y avait que moi pour me mettre dans des situations pareilles, simplement parce que j'avais le don de m'attirer les ennuis en faisant toutes ces choses improbables, peu digne du sang-pur que j'étais, et pressenti Mangemort qui plus est. Mon père m'avait toujours martelé que l'amour était une faiblesse, et qu'il devenait urgent de l'éradiquer, que je ne pouvais m'accomplir qu'en ne ressentant plus rien. Il m'avait appris à être étranger à tout ce qui m'entourait. Néanmoins, j'étais convaincu que mon amour pour Hermione ne m'avait pas affaibli, mais m'avait rendu meilleur. En sa présence, je pouvais déployer toute mon humanité, toute ma sensibilité à fleur de peau. J'étais humain, après tout. Un cœur blessé palpitait en mon for intérieur, s'emballant au gré de mes joies ou de mes peines. J'étais bien plus humain que n'importe lequel d'entre nous, mais j'étais probablement le plus vulnérable également: Hermione était mon talon d'Achille, et il suffisait de s'en prendre à elle pour m'atteindre.

-Vieille magie. Annonça brusquement Rogue, me faisant sursauter.

-Pardon? M'enquis-je, d'une voix légèrement rauque. Qu'est-ce que cela vient faire ici?

-Ce lien qui vous unit, commença Rogue, perplexe. C'est de la vieille magie.

-J'ai du mal à suivre, professeur. Lâchai-je, tout aussi perplexe que mon tuteur.

-Le professeur Dumbledore pense qu'un lien puissant vous unit à Miss Granger. Révéla Rogue, alors que je m'assis sur le lit, derrière moi. Ce lien transcende les sentiments humains, tels que l'amitié, l'amour ou le désir. C'est une magie puissante, très puissante, qui ne se créée pas toute seule, par le simple effet du temps qui passe. Si une telle hypothèse est vraie, quelqu'un a dû songer à vous offrir ce lien. Ce lien qui peut être aussi bien quelque chose de très positif, qu'une malédiction.

-Je ne comprends pas. Avouai-je, en toute franchise, alors qu'une moue perplexe venait de s'inviter sur mes lèvres pincées.

-Cela signifie, Théodore, que même si vous ne vous fréquentez plus pendant de nombreuses années, ce lien continuera à exister, il a été créé par quelqu'un qui s'est sacrifié pour permettre à ce lien d'exister. Ce lien est à prendre au sens large, il peut revêtir plusieurs aspects, et il semblerait que dans votre cas, tous ses effets n'aient pas encore été totalement déployés. Mais, et c'est une propriété commune à tous les liens qui peuvent exister, la magie se renforce dans chaque être lors de l'union des corps.

-Attendez. Le coupai-je, en me frottant la nuque, mal à l'aise. Par l'union des corps, vous sous-entendez l'acte sexuel?

-Je ne vois pas de quelle autre façon deux corps pourraient s'unir. Confirma Rogue, toujours inexpressif.

-Mais dans ce cas, interrogeai-je, piqué par la curiosité. Pourquoi cette magie se renforcerait spécialement pendant l'acte?

-De quelle façon avez-vous découvert vos pouvoirs? Me demanda brusquement Rogue, alors qu'une lueur amusée était apparue dans son regard aussi noir que l'intérieur d'un tombeau.

-Je euh…J'avais cinq ou six ans. Il paraît que j'ai manifesté mes pouvoirs plus tardivement parce que j'étais un enfant extrêmement calme, calme comme une mer d'huile. Mais une fois, j'ai perdu le contrôle de mes émotions. Mon père…voulait me frapper avec sa canne. J'étais terrorisé à cause de toute cette colère qui semblait palpiter en lui, prête à exploser. Il a fini par me coincer, et par lever sa canne. À ce moment là, j'étais dans une autre dimension, je m'étais comme enfermé dans un coin de ma tête, j'étais absent de mon enveloppe charnelle. Je m'étais psychologiquement préparé à ressentir de la douleur, et je m'étais exilé à cet effet. L'absence. Pour ne rien ressentir. Mais le coup n'est jamais venu. À peine avais-je fermé les yeux, que j'avais entendu une déflagration, et le bruit du verre qui se brise.

Je marquai une pause, effrayé par l'exactitude avec laquelle je me rappelais de tous ces souvenirs, qui appartenaient pourtant à ma petite enfance. À cette époque là, je connaissais déjà Hermione, et elle avait déjà découvert ses pouvoirs, en piquant une grosse colère. Au moment précis où ma magie s'était manifesté, j'étais terrassé par la peur, une peur viscérale, qui plongeait le sujet dans un état catatonique, l'isolant presque du monde extérieur. J'avais été terrifié par la perspective d'être roué de coups, et je m'étais défendu à cet effet, pour justement ne pas recevoir ces coups, même si à l'époque je n'avais pas vraiment compris ce qui s'était passé, juste que c'était bizarre et que je n'avais jamais eu aussi peur de toute ma jeune vie.

-Lorsque j'ai rouvert les yeux, poursuivis-je, le cœur battant à tout rompre, mon père n'était plus là. Il avait atterri sur un meuble qui portait un vase de cristal de Murano. C'est ça, le bruit de verre brisé que j'ai entendu. Et la déflagration c'était sans doute le meuble fragile qui s'est brisé sous l'impact.

-C'est exact. Éluda Rogue. Lorsque vous avez réussi à repousser la menace, vous étiez sous l'influence d'une forte émotion, qui était la peur. D'autres révéleront leurs pouvoirs sous l'effet de la colère. Dans d'autres situations, c'est l'instinct de survie qui permettra à la magie de se déployer dans toute son ampleur, mais aussi dans toute sa dangerosité.

J'hochai la tête, indiquant à mon professeur que j'avais compris ce qu'il voulait dire. Rogue marqua une brève pause, avant de reprendre son explication, qui somme toute m'intéressait.

-La magie existe en chaque sorcier, dès le début de sa vie. Même dans le ventre de sa mère, le fœtus dispose de cette essence magique. La magie apparaît dès lors que l'enfant à naître est conçu. Cela paraît logique lorsque les deux parents sont sorciers, mais l'origine de la magie est un mystère lorsque le sorcier est issue de deux parents moldus sur plusieurs générations.

-C'est pour cette raison que beaucoup de sang-pur pensent que les enfants de Moldus ont volé cette magie. Hasardai-je, bien que pas très convaincu par cette théorie.

-évidemment. Approuva Rogue, non sans m'adresser l'ombre d'un sourire. Quoiqu'il en soit, la magie fait partie de nous. Nous pouvons très bien faire de la magie sans recourir à une baguette, la baguette ne fait que canaliser la puissance qui est la nôtre. La baguette a été utilisée très tôt pour les sorciers afin de leur permettre de se civiliser, de vivre en société. Ils avaient compris que ne pas maîtriser toute cette magie allait leur porter préjudice: non seulement ils allaient être un danger pour les autres, mais aussi pour eux-mêmes.

-Vous voulez dire…que la magie est intimement liée à nos plus bas instincts? Interrogeai-je, littéralement captivé par cette explication.

-Vous avez juste. Confirma Rogue. La magie étant présente en chacun de nous, il devient alors logique qu'elle se révèle dans toute sa puissance lorsqu'elle est confrontée à nos plus bas instincts, que ce soit la haine que nous pouvons éprouver envers nos semblables au point même de vouloir nous détruire, ou encore la recherche de la jouissance à travers l'acte sexuel. C'est lorsque le sorcier s'affranchit de toute civilisation qu'il est le plus puissant. J'espère que vous comprenez ce que cela signifie.

J'hochai la tête d'un air entendu, alors que tout un tas de théories se formaient déjà dans ma tête. Je pensais notamment aux Mangemorts. Eux n'étaient plus tout à fait humain, ni tout à fait des animaux, ils étaient perdus entre deux états, et pourtant, ils n'en étaient pas moins redoutables. Je comprenais mieux pourquoi mon père s'était acharné à tuer mon humanité toutes ces années. Il avait agi ainsi pour m'abolir de toute conscience, pour anéantir tous mes principes. Il avait voulu faire de moi une machine à tuer, ni plus, ni moins. Cela ne l'excusait en rien d'avoir fait de moi ce que j'étais, mais je comprenais un peu mieux ses motivations. Je n'étais plus autant aveuglé par la haine et la rancœur. Pour autant, je n'étais pas prêt à lui pardonner, c'était tout simplement impardonnable.

-Je crois comprendre, oui. Marmonnai-je sombrement, en baissant le regard, pour fixer mes pieds. Et je pense comprendre aussi…pourquoi j'ai reçu une telle éducation, même si c'est encore difficile à avaler.

-En tant que fils de Mangemort, vous avez été formaté pour rejoindre la Cause. Pour la plupart d'entre nous, un Mangemort qui fait preuve de sentiments humain est plus faible que les autres, et donc, moins efficace. Seuls les plus cruels peuvent espérer tirer leur épingle du jeu. La puissance du sorcier atteint son maximum lorsqu'il est animé par la haine, par son envie de détruire l'autre. Toute hésitation, dans un combat, vous sera fatale.

-Je ne comprends pas le rapport avec…avec mon supposé lien avec Hermione. Objectai-je, le cœur battant. En quoi c'est supposé nous aider, je veux dire…quel est l'intérêt de se sacrifier pour créer un tel lien, c'est quoi ce lien, au juste?

À mesure que j'avais déblatéré toutes ces questions, mon cœur s'était mis à battre à coups redoublés, alors que l'angoisse montait insidieusement en mon for intérieur. Je ne voulais pas me mettre à croire que notre lien, ce qui nous unissait n'était en fait qu'un artifice, quelque chose créé par quelqu'un d'autre. Je ne le voulais pas. Une telle révélation ne pouvait pas aussi mal tomber, pas alors que tout allait bien entre nous. Je pris alors une décision purement égoïste, celle de tout garder pour moi, quitte à être le seul à en souffrir. Je ne voulais pas qu'Hermione soit au courant.

-Eh bien…répondit Rogue, plutôt sèchement. Ce que je veux dire, c'est que très peu de sorciers sont unis par un tel lien, tout simplement parce que rares sont les personnes qui connaissent l'existence d'une telle magie. Pourtant, si c'est cela qui vous chagrine, il ne s'agissait pas d'un rituel de magie noire. Il s'agissait de toute autre chose. Je pense qu'il est mieux d'informer Miss Granger de l'existence de ce lien, parce qu'il n'y a qu'en faisant des expériences que vous pourrez en mesurer toute l'ampleur. Les effets de ces liens sont multiples et diffèrent d'un duo à un autre. Sachez toutefois que vous ne pourrez jamais vous battre l'un contre l'autre, parce que ce lien vous empêche de vous faire du mal, tout du moins physiquement.

Je grimaçai à ces paroles. Je ne savais que trop bien qu'on ne pourrait pas se faire de mal, même si j'avais parfois songé à cette éventualité au cas où nous serions dans deux camps opposés, et appelés à nous battre. Pour autant, j'ignorais que cette expression pouvait être interprétée au sens littéral. Un frisson insidieux me parcourut l'échine, alors qu'une pensée dérangeante s'était insinuée dans mon esprit. Est-ce que cela voulait dire que si l'un venait à disparaître, l'autre était également condamné? Je glissai un regard vers la silhouette immobile d'Hermione. Elle paraissait si paisible, qu'elle semblait dormir, simplement dormir. Mon cœur se déchira à l'idée de la perdre pour de bon. Je savais d'emblée que je ne pourrai pas vivre sans elle. Il manquerait la seconde partie de mon âme, je me retrouverais amputé d'une part de moi-même. Je me tournai alors vers Rogue, le regard impuissant.

-L'infirmerie est encore ouverte, n'est-ce pas? Demandai-je, d'une voix rauque.

-Voilà ce que vous aurez dû faire depuis le début. Soupira Rogue, qui avait retrouvé sa morgue habituelle. Si vous aviez fait preuve d'un tant soit peu d'esprit, elle serait sortie d'affaire à l'heure qu'il est. Êtes vous capable de la porter jusque là bas?

-Je crois que ça va aller. Répondis-je, tout en emmitouflant Hermione dans ma cape.

-Dans ce cas, je vous ouvre le chemin. Annonça le maître des potions en quittant le dortoir des garçons, baguette au poing.

Je passai un bras d'Hermione autour de mes épaule, avant de glisser un des miens autour de sa taille. Puis, je l'attrapai en dessous des genoux, avant de la soulever doucement. Contre moi, elle semblait aussi légère qu'une plume. Après avoir vérifié une dernière fois qu'elle était bien installée, je me mis en marche, tâchant de ne pas penser que j'allais à nouveau traverser la salle commune après que mes pairs m'en aient banni.


Je déposai Hermione dans le premier lit qui vint, avant d'appeler Mrs Pomfresh d'une voix tonitruante. Rogue ne m'avait pas lâché d'une semelle, sans doute tenait-il à s'assurer que je ne fasse pas d'autre bêtises. Quant à moi, j'avais refusé de m'éloigner d'Hermione de plus d'un mètre. C'était peut-être ridicule, mais je restais persuadé que ma présence était indispensable, elle ne devait pas se sentir seule. En attendant l'arrivée de l'infirmière, je tirai la chaise à côté du lit, pour m'y asseoir, avant d'appuyer mes coudes sur le matelas et y enfouir la tête. Je restai ainsi prostré, près du corps d'Hermione, me languissant douloureusement de son réveil.

-Hermione, s'il te plaît, ne me laisse pas. Soufflai-je en prenant sa main entre les miennes.

Je portai sa main à mes lèvres pour y déposer un petit baiser. J'ignorais à quoi était dû ce miracle, mais la main d'Hermione était tiède, et elle semblait se réchauffer doucement à mon contact. C'était d'autant plus étrange que quelques instants plus tôt, elle était encore gelée. Un corps humain ne pouvait pas se réchauffer aussi vite, naturellement, je voulais dire. C'était peut-être en relation avec le fameux lien dont Rogue m'avait parlé tout à l'heure. À propos de Rogue, il était en train de s'entretenir avec l'infirmière. Je relevai la tête, arrêtant de déposer des petits baisers sur la main de la Gryffondor. Je continuai néanmoins de frictionner gentiment son dos, sentant cette chaleur surnaturelle irradier chacun de mes doigts, chaque zone qui entrait en contact avec la peau d'Hermione. Cette chaleur n'était ni étouffante, ni douloureuse, elle était au contraire très agréable.

-Je ne veux pas te perdre. Murmurai-je, en posant ma joue sur le matelas, juste où elle était allongée, pour mieux pouvoir la contempler. Pas maintenant, alors que nous sommes tous juste réunis.

-Mr Nott, écartez vous. M'ordonna Mrs Paumures en commençant à s'activer autour d'Hermione.

Bon gré, mal gré, je lâchai sa main, perdant cette douce chaleur. La main d'Hermione redevint glacée, et la mienne était légèrement froide. Je soupirai lourdement, avant de me lever et de me poster un peu plus loin, les bras croisés sur mon torse. Je ne tardai pas à remarquer que Rogue avait disparu. Sans doute s'était-il éclipsé après avoir dit ce qu'il savait à l'infirmière. Elle m'avait désormais gardé sous le coude pour répondre à toutes ses questions.

-Miss Granger est glacée. M'informa Mrs Pomfresh, inquiète. Je ne serai pas étonné si…

-Mais elle va s'en sortir, n'est-ce pas? Coupai-je, brutalement, faisant sursauter l'infirmière.

-Je ne sais pas. Avoua-t-elle, perdue. Laissez-moi le temps de l'examiner. Severus Rogue a parlé d'une coupure au pouce qui s'est infectée, c'est cela?

-Oui. Répondis-je, la gorge nouée, alors que je semblais au bord des larmes, l'estomac douloureusement contracté. Elle a ingéré accidentellement des résidus d'asphodèle en cours de botanique, ce matin.

-Ce matin? Et c'est seulement ce soir que vous me l'amenez? S'exaspéra Mrs Pomfresh.

-En fin de matinée, et tout l'après-midi, elle est allée en cours parfaitement normalement. C'est pendant le dîner que ça a commencé à dégénérer.

-C'est curieux. Éluda l'infirmière, tout en continuant à ausculter Hermione. Vous dites que c'est arrivé soudainement?

-Enfin, je pense. Je ne suis pas dans sa tête, vous savez. Tout ce que j'ai pu voir, c'est qu'elle allait bien, jusqu'à ce soir. Les poisons commencent à faire effet dès qu'ils sont ingérés, n'est-ce pas?

-Sauf si quelque chose retarde leur action dans l'organisme du sujet empoisonné. Révéla Mrs Pomfresh. Dans le cas de Miss Granger, qui a absorbé de l'asphodèle, le poison aurait dû faire effet dans les deux heures après ingestion, mais…

-Mais quoi? L'interrompis-je, assez brutalement. Dites-moi, s'il vous plaît.

-Je ne sais pas trop ce que c'est, mais une force invisible, si je puis dire, a empêché le poison d'agir, et en a éliminé une bonne partie de son organisme. Ce qui fait que ce ne sont que les résidus qui font effet, et ces effets ont nettement été atténués, ce qui signifie qu'elle se réveillera sans doute dans les heures qui viennent. Il y a une force qui la protège.

-Vous pensez que ça a un rapport…je veux dire…quand je lui serrais la main tout à l'heure, j'ai senti une espèce de chaleur émaner de nos mains jointes, alors que quelques instants auparavant, elle était glacée. Le professeur Rogue a exprimé l'hypothèse d'un lien magique existant entre nous et…et je pense que…que je suis en train de la guérir.

-Vous voulez dire que vous êtes en train de lui transmettre un peu de votre énergie vitale? S'étonna la nurse, en tournant autour d'elle pour prendre sa tension.

-C'est possible? M'étonnai-je à mon tour, alors que l'infirmière venait de froncer les sourcils.

-Je pense que oui. Répondit-elle, évasivement. Au cours de mes études, j'ai entendu parler de cas similaires…où une épouse avait sauvé son conjoint d'une mort certaine parce qu'ils étaient liés par un procédé d'ancienne magie. C'est un peu comme les liens maritaux, mais les effets sont plus extrêmes. Dans certains cas, au demeurant extrêmement rares, les sorciers ainsi liés peuvent percevoir la souffrance de l'autre au sens littéral. Ils souffrent réellement à la place de leur conjoint, et dans certains autre cas, ce qui les unit est assez fort pour guérir celui qui souffre.

-Mais qu'est-ce que vous appelez dans certains autre cas? interrogeai-je, intéressé.

-C'est difficile à dire, la plupart du temps, ce sont des cas d'école. Avoua franchement Mrs Pomfresh en détournant cependant le regard. J'ignore si c'est votre cas également. Vous dites avoir ressenti de la chaleur en touchant Miss Granger tout à l'heure, alors qu'auparavant, elle était glacée?

-Oui. Répondis-je, en sentant l'agacement poindre parce que je voulais des réponses.

-C'est curieux. Fit-elle remarquer, ce qui me fit lever les yeux au ciel. N'en abusez cependant pas, Mr Nott. S'il existe effectivement un lien entre vous, et que vous êtes capables de vous guérir mutuellement, cela veut dire que plus la souffrance de l'un est grande, plus l'autre va s'affaiblir, pour rétablir un semblant d'équilibre, voyez-vous?

-Je serais prêt à mourir si ça pouvait la sauver. Avouai-je en baissant la tête, tandis que l'infirmière me lançait un regard navré.

À mon grand soulagement, elle ne dit cependant rien. Elle se contenta simplement de m'adresser un sourire triste, avant de s'éclipser. Alors que je levai un regard interrogateur vers elle, Mrs Pomfresh répondit qu'elle allait chercher les potions nécessaires à ses soins dans son bureau. J'acquiesçai en silence, et retournai auprès de ma belle Hermione, qui n'avait pas même tressauté au cours de son examen. Faisant fi des avertissements de l'infirmière, je pris sa main dans la mienne, et la serrai doucement. Je cherchais désespérément cette chaleur, qui ne vint pourtant pas. Je posai un tendre baiser au creux de sa paume. Je pouvais presque sentir ses battements de cœur pulser dans chacune de ses veines, même jusqu'au bout des doigts. Il n'y avait que les soubresauts de son palpitant qui prouvaient qu'elle était bel et bien vivante.

Lentement, du bout des doigts, je caressais le dos de sa main. Je l'appuyais contre mon front brûlant. Elle avait à son poignet le bracelet que je lui avais offert il y a quelques jours, et qui lui avait fait énormément plaisir. J'effleurais doucement les breloques rondes serties de saphirs et d'éclats d'ambre. J'écoutais avec un sourire triste le tintement de son bracelet, à chaque fois que les breloques s'entrechoquaient sous l'effet de mon toucher. D'habitude, je n'avais pas besoin de l'y aider, ce bruit s'entendait sitôt qu'elle levait la main en classe pour participer. J'ouvris doucement sa main diaphane, pour contempler les veines bleutées qui transparaissaient sous sa peau d'ivoire. Elle avait la peau si pâle, une peau de nacre.

Je frottai finalement ma joue à l'intérieur de sa paume. Mes doigts chassèrent une boucle brune venue tomber négligemment devant son joli visage. Du bout du nez, j'effleurais la base de son pouce, tandis que je déposai mes lèvres sur son poignet délicat. Du contact entre nos épidermes émanait cette douce chaleur, que j'avais ressentie tout à l'heure lorsque je lui tenais la main. J'avançais ma chaise, avant de me pencher au dessus d'elle. Dire qu'il y a deux heures à peine, elle me serrait dans ses bras et m'embrassait avec passion. Je posai doucement ma tête contre son sein rond et ferme, et j'écoutai son cœur battre. Il battait doucement, mais je savais que tant que je m'accrocherai à ces battements de cœur, alors, elle sera en vie. J'aurais tout donné pour que sa main vienne ébouriffer doucement mes cheveux, ou caresser ma nuque, comme elle faisait tout le temps lorsque je me tenais tout contre elle. Pourtant, sa main restait désespérément inerte entre mes doigts. Je nouai mes doigts aux siens, puis je posai nos mains enlacées sur son ventre, précisément là où elle ne voulait pas que je la touche.

Là où j'étais, je pouvais sentir son doux parfum, cette odeur d'ambre, de cannelle et de vanille que j'aimais tant. Elle était tellement essentielle à mes yeux que sans elle, je me sentais démuni. Tout à l'heure, j'étais sérieux lorsque je disais que je mourrais si cela pouvait la sauver. Donner ma vie en échange de la sienne, je pouvais le faire sans problèmes. J'étais même prêt à marchander mon âme avec le diable, si cela pouvait sauver la sienne. Je ne pouvais pas vivre sans elle, cela m'était tout bonnement impossible.

-Tu sais, chuchotai-je, tout contre sa poitrine, je sais que tu souffres, et rien ne peut m'agacer davantage que de me sentir impuissant. Je ne peux rien faire pour t'aider, et j'en suis désolé. Si je le pouvais…j'aurais pris toute ta souffrance, et tout encaissé à ta place. Tout ce qui m'importe, c'est que tu ailles bien. Et là, tel n'est pas le cas, et ça me flingue.

Je sentais mon propre cœur se tordre douloureusement en mon for intérieur. Je ne pouvais pas supporter de rester là sans rien faire, surtout quand ma copine était aussi mal en point. J'avais promis de veiller sur elle, de la protéger coûte que coûte, et je n'étais même pas fichu de lui éviter un tel tourment. Tout ça à cause d'une bête coupure en cours de botanique. Il fallait qu'en plus on étudie l'asphodèle. Les autres s'en étaient sortis indemnes. Et elle, qui était censée être la meilleure élève de Poudlard, s'était blessée une petite fois en sept ans de cours. Ça aurait pu arriver aux boulets notoires, du genre Londubat. Mais non. Il avait fallu que ça lui arrive à elle, à cause de je ne savais quel coup du sort. Ça faisait si mal.

Et juste en ce moment, j'étais en colère. En colère contre moi-même, en colère contre cette Chourave de malheur. Cet incident arrivait comme un cheveu sur la soupe, alors que tout allait bien entre nous. Depuis qu'on s'était avoués nos sentiments réciproques, on filait le parfait amour, nous étions en parfaite harmonie. Et cette harmonie venait de voler en éclat. Je ressentais la douleur pour la première fois depuis un mois maintenant, et je constatais avec déplaisir que c'était une sensation que j'avais rapidement oubliée. Je caressai son ventre tendre et chaud du bout des doigts, avant de poser ma main par-dessus la sienne. Mes yeux, eux, recommençaient à me picoter désagréablement. À un point tel qu'une larme unique roula sur ma joue pour mourir sur mes lèvres. Ma respiration était devenue bruyante, saccadée. Je me blottis un peu plus contre elle, avant de reprendre la parole. Paraissait-il qu'il fallait parler aux personnes qui étaient dans le coma, car elles pouvaient nous entendre. Je parlai donc.

-Tu sais…ton père m'a demandé de veiller sur toi. Je lui dis quoi, moi, si tu ne te réveilles pas?

-Vous pourrez lui dire que ce n'est pas de votre faute. Répondit Mrs Pomfresh, qui était revenue. Il est inutile de culpabiliser autant, vous ne pouviez pas savoir ce qui allait arriver. Ça arrive à tout le monde de se couper. Ça se passe pendant une fraction de seconde, et on a à peine le temps de réagir que le mal est déjà fait. Et il n'y a pas plus humain comme réflexe que de porter son pouce à sa bouche quand on s'est blessé.

-Alors pourquoi ça fait si mal? Demandai-je, d'une voix brisée, après m'être redressé brusquement, comme si j'avais été pris en flagrant délit de je ne savais quoi de répréhensible.

-Parce que vous tenez à elle, Mr Nott. Sourit l'infirmière, doucement. Vous tenez à elle, donc vous vous inquiétez, ce qui est parfaitement normal. Mais vous devriez aller vous reposer, Théodore. La nuit porte conseil. Demain, elle ira mieux, je vous le promets.

-Vous avez l'air d'être bien sûre de vous pour me faire une telle promesse. Fis-je remarquer en haussant un sourcil.

-Miss Granger est une battante. Expliqua Mrs Pomfresh. Tout comme vous, d'ailleurs. Et avec vous à ses côtés, elle s'en sortira sans problèmes.

-Je dois rester auprès d'elle. S'il vous plaît. Insistai-je, en plantant mon regard dans le sien. Je me dois d'être là pour elle comme elle a été là pour moi quand j'allais mal. Je me fiche bien de passer la nuit dans des conditions spartiates. Je veux rester près d'elle.

-Dans ce cas…soupira Mrs Pomfresh. Mais mangez au moins quelque chose, vous êtes pâle comme la mort.

-Merci, mais ça ira. Coupai-je, déclinant ainsi son offre. Je suis juste un peu fatigué.

-Mangez quand même quelque chose, que vous ne vous couchez pas le ventre vide.

Tout en soupirant, j'acceptai la pomme qu'elle me donna. Je mordis dedans sans grande conviction, avant de boire un peu d'eau. Puis, une fois que j'eus fini, elle emporta le trognon de la pomme et le verre vide, et tira les rideaux derrière elle pour nous laisser un peu d'intimité. Je soupirai à nouveau, puis j'enlevai mes chaussures. Je déplaçai légèrement Hermione sur le côté, afin de pouvoir m'allonger à côté d'elle dans ce lit bancal. Puis, une fois bien installé, je pris Hermione dans mes bras pour la lover tout contre moi. Je nichai doucement mon visage dans ses boucles brunes. Je posai un baiser sur le sommet de son crâne. À nouveau, je ressentis cette douce chaleur. Le sentiment de plénitude revenait. Alors, je resserrai mon étreinte autour d'elle, avant que, complètement épuisé, je ferme les yeux à mon tour pour sombrer dans un sommeil sans rêves. Depuis la première fois depuis bien longtemps, j'avais fait une nuit d'une traite.


Le lendemain matin, je m'étais réveillé fourbu de courbatures. J'avais l'impression qu'un troupeau d'hippogriffes m'était passés dessus. Hermione, entre mes bras, n'avait pas bronché. J'avais dû me résoudre à la laisser pour suivre les cours de la journée, d'autant plus que par la force des choses, je me retrouvais contraint à prendre des notes pour qu'elle puisse rattraper les cours qu'elle était susceptible de manquer. Après avoir laissé un baiser sur ses lèvres, j'avais donc quitté l'infirmerie, le cœur lourd.

La journée m'avait paru atrocement longue. À chaque fois que j'en avais eu l'occasion, j'avais colonisé l'infirmerie dans l'attente de nouvelles d'Hermione. L'infirmière me regardait toujours d'un air désolé, parce que son état ne s'était pas amélioré depuis hier. J'étais d'autant plus furieux contre elle qu'elle avait promis que demain, Hermione irait mieux. Hermione n'allait pas mieux, et je dépérissais sans elle. Heureusement que les cours étaient là pour m'occuper l'esprit, sinon, je me serais déjà avada kadevrisé sur place.

En fait, j'étais d'autant plus impatient que la journée se termine parce que ce soir, j'avais des velléités d'aller voir Rogue dans son bureau, afin de programmer d'éventuelles leçons d'occlumencie. J'étais déterminé à apprendre cet art qui me serait bien utile dans cette guerre absurde. J'étais désormais un traître à mon sang, il fallait que je me protège autant que possible, le nombre de mes ennemis allait bientôt croître de façon exponentielle, et encore plus en dehors de ces murs. Pour l'heure, j'étais relativement en sécurité, et Hermione également. Je m'étais demandé en l'espace d'un instant si je ne ferais pas mieux d'insister auprès d'Hermione pour qu'elle apprenne elle aussi l'occlumencie, mais dans la mesure où elle était actuellement indisponible, je n'avais pas pu lui demander son avis.

J'avais dû m'armer de courage pour frapper à la porte du bureau de Rogue. Généralement, les élèves n'aimaient pas y aller, sans doute parce que leur présence en ces lieux signifiait qu'ils avaient été punis. Une fois les trois coups frappés à sa porte, j'avais discrètement croisé les doigts pour que l'irascible maître des potions daigne m'ouvrir. Les secondes s'égrenèrent, impitoyables. Puis, les secondes devenaient minutes, et les minutes s'éternisaient un peu trop à mon goût. Je m'apprêtais à rebrousser chemin, découragé, quand la clenche de la porte s'activa, et le battant grinça légèrement sur ses gonds. Rogue apparut derrière, plus impressionnant que jamais. Je dus me rappeler de respirer pour ne pas m'asphyxier sur place sous l'effet de l'angoisse qui me tordait les tripes.

-Théodore. Me salua poliment Rogue, alors qu'il dardait sur moi ses prunelles aussi sombres que l'intérieur d'un tombeau.

-Professeur. Répondis-je, en secouant légèrement la tête.

-Comment va Miss Granger? Demanda-t-il, d'une voix doucereuse, sans pour autant me laisser rentrer.

-Elle ne s'est pas encore réveillée, monsieur. Murmurai-je à voix basse, tout en baissant le regard, transpercé par un nouveau sursaut de douleur.

-Dans ce cas, pourquoi êtes vous ici?

-J'ai une faveur à vous demander. Avouai-je en toute franchise, tandis que je reprenais un semblant d'aplomb.

-Quel genre de faveur? Interrogea Rogue, en m'adressant une œillade suspicieuse.

-Des cours particuliers. Répondis-je du tac-au-tac, en osant le regarder dans les yeux.

-Vous n'en avez pas besoin de cours particuliers en potions, Nott. Trancha Rogue, abruptement. Vous avez largement le niveau dans cette discipline pour pouvoir passer vos ASPIC en toute tranquillité.

Le compliment me fit légèrement rougir. De sa part, c'était pour le moins inhabituel. Même Hermione, qui décrochait Optimal sur Optimal l'agaçait plus qu'autre chose. Le seul qui, à la rigueur, pouvait prétendre à quelques éloges de temps à autres était bien entendu Malefoy. Qui d'autre, d'après-vous, pouvait bénéficier d'un quelconque traitement de faveur de la part de l'irascible maître des potions? Ce n'était sûrement pas Crabbe et Goyle, ni même Blaise, qui était somme toute bien trop dissipé.

-Il ne s'agit pas des potions, monsieur. Il s'agit plutôt de disciplines hors-programme. Voilà, je me suis dit qu'avec la guerre qui se prépare, j'aimerais bien acquérir quelques facultés particulières.

-Lesquelles? S'impatienta Rogue, en me faisant enfin rentrer dans son bureau.

En un tourbillon d'étoffe noire, il était déjà retourné à son bureau, avisant d'un regard dégoûté le tas de copies qui l'attendait. D'un côté, je pouvais envisager qu'une telle tâche fût rébarbative, la plupart des devoirs rendus ne devait pas valoir grand-chose, vu le manque d'implication évident de la majeure partie des étudiants dans cette matière. Cependant, je pouvais m'autoriser à espérer que la mienne sortirait un tant soit peu du lot. J'avais toujours rendu des devoirs qui étaient de bonne qualité, il n'y avait aucune raison pour que je déroge à ce principe.

-Il paraît que vous êtes un excellent occlumens. Finis-je par lâcher, après quelques minutes de silence.

-Vous voudriez que je vous apprenne l'occlumencie? Interrogea Rogue, tout en pinçant les lèvres d'un air mauvais.

-Et pourquoi pas? Contrai-je, en fronçant les sourcils. Je ne suis pas plus mauvais élève qu'un autre. Je veux être capable de fermer mon esprit à toute intrusion. Mon père a commencé mon apprentissage lorsque j'étais encore très jeune, mais mon psychisme était trop fragile, ce qui a causé, d'après Dumbledore…

-Le professeur Dumbledore Nott. Me réprimanda Rogue, tandis qu'une sueur froide me roulait dans le dos.

-D'après le professeur Dumbledore, repris-je, imperturbable, cela a causé des dommages irréversibles. Mais j'ai grandi maintenant, et je veux apprendre. Je pense que je suis assez fort pour encaisser tout ça.

-Pourquoi j'accepterais? Me demanda-t-il, vivement.

Quoi? Il fallait réellement que je fasse un argumentaire pour le convaincre de m'apprendre l'occlumencie? Certes, nous ne nous battions pas du même côté, mais que penser d'un Mangemort repenti? On lui avait laissé le bénéfice du doute alors qu'il avait la marque, pourquoi il n'en serait pas de même pour moi qui avais montré patte blanche? Peut-être était-ce parce que justement j'avais montré patte blanche que cela posait problème. En dehors de toute considération d'ordre personnel, je décidai donc de me lancer dans une plaidoirie.

-Eh bien…je pense qu'il me faut un professeur compétent, et je pense que vous l'êtes. Qui plus est, vous avez accepté de donner des leçons à Potter alors que vous ne le portiez pas dans votre cœur, alors…

-Comment avez-vous su, pour Potter? C'était censé rester secret! Siffla Rogue, son regard noir me crucifiant sur place. Les élèves ne sont pas censés savoir que j'ai donné des cours à Potter!

-Hermione m'a mis dans la confidence. Répondis-je, en blêmissant subitement, impressionné par la soudaine colère de mon professeur. Elle me dit beaucoup de choses, dans la mesure où nous avons toujours été très proches.

-Partez! M'ordonna Rogue, alors que j'ouvrais la bouche pour tenter de protester. PARTEZ!

Et merde! Je n'étais pas sans ignorer que convaincre Rogue de me donner des cours d'occlumencie n'allait pas être facile, mais je ne pensais pas me heurter à un refus net et définitif, sans respecter le principe du contradictoire qui plus est. Je n'avais pas eu le temps d'exposer correctement mes arguments pour défendre ma cause, ce fut complètement frustré et dépité que je sortis du bureau, non sans me ressasser les dernières minutes pour tenter de comprendre où j'avais pu foirer pour me faire rembarrer de la sorte. Était-ce parce que j'avais évoqué Potter que Rogue s'était emporté?

Certes, j'avais fait preuve d'un culot démesuré en arguant de la sorte, et je réalisai, trop tard, que cela avait été mal interprété. J'avais clairement sous-entendu que si on avait accordé à Potter des cours d'occlumencie, on pouvait également me l'accorder sans problèmes. Autrement dit, je venais nettement de baisser dans l'estime de Rogue en réclamant ce à quoi Potter avait déjà eu droit, sous ce seul prétexte. Quel con! Puisque je ne savais pas me taire quand il fallait, puisque j'avais tendance à démarrer au quart de tour, j'avais anéanti toutes mes chances d'apprendre l'occlumencie, contrairement à ce que Dumbledore m'avait suggéré quelques mois plus tôt.

Néanmoins, je ne comptais pas m'arrêter en si bon chemin. Je voulais ces leçons. Elles étaient même indispensables à ma survie. Rogue n'avait pas le droit de m'en priver sous je ne savais quel prétexte pour le moins fumeux. Alors, je me mis en tête d'insister encore et encore, jusqu'à ce que j'obtienne gain de cause. Comme je n'étais pas un Serpentard pour rien, j'allais évidemment obtenir gain de cause. Ce n'était plus qu'une question de temps.


Et voilà pour ce chapitre! Vous en savez plus sur l'étrange mal dont est atteinte Hermione. Je sais, c'est vilain de couper maintenant, surtout que j'ai laissé un gros cliffhanger, à savoir si Hermione allait se réveiller ou non, mais je crains que vous n'aurez pas les réponses avant le chapitre suivant. Que va-t-il se passer pour Théodore à présent qu'il a été banni des Serpentard? Hermione va-t-elle se réveiller? Si oui, quand? Malefoy va-t-il réellement en rester là? Théodore va-t-il réussir à convaincre Rogue de lui donner des cours d'occlumencie? Réponse dans le chapitre 15, qui va venir clôturer le premier tome de la saga du fils prodigue. Je vous avais promis un chapitre apocalyptique, vous l'aurez. Il sera assez long, tant et si bien que je pense le publier en trois parties maximum. On pourra considérer alors que tous les éléments de l'intrigue ont été lancés. Préparez vous, parce que le prochain chapitre sera fort en émotions et en actions, et marquera un gros tournant dans l'histoire. Je ne sais pas dans combien de temps je le publierai, je veux bien le fignoler pour vous faire un bon chapitre, parce que c'est tellement important que je ne veux pas le bâcler. J'ai d'ailleurs fait mon plan pour ce dernier chapitre, y'a plus qu'à, je devrais dire. Merci de m'avoir lue, et n'oubliez pas la review en partant, c'est vraiment, vraiment, vraiment important pour moi.