Bonsoir !

Merci à Elodiev31, July-bOnes, pucinette52, Manooon et Guest pour leurs reviews !

Merci tout spécialement à pucinette52 pour avoir posté la 250ème review !

Bonne lecture !


Chapitre 26 : Complices

Angela avait le souffle coupé. Allison Bloom, complice du tueur ? Cela expliquerait beaucoup de choses. Notamment les micros dans l'appartement du F.B.I., le passage secret et l'omniprésence du tueur…mais pourquoi ce dernier aurait-il tué sa complice ? Un agent du F.B.I. aurait pu lui être utile pour éviter d'être pris par la suite. Et pourquoi dans ce cas le tueur aurait-il laissé Green en vie ? Il devait avoir une bonne raison, mais laquelle…

«Vous êtes sûr ? demanda l'artiste, encore sous le choc.

-Tout à fait…malheureusement…

-Pouvez-vous me dire pourquoi vous pensez que c'était elle ?

-Elle me l'a dit je…elle avait la main posée sur son arme, elle m'a dit de foncer dans l'arbre, j'ai refusé et elle m'a menacé…finalement je n'ai pas pu l'éviter…et elle est morte…

-Mais vous vous êtes vivant, c'est l'essentiel, fit Angela d'une voix douce en posant la main sur le bras de l'agent.

-Oui…si vous le dites. Comment va Temperance ?»

Angela leva un sourcil en entendant comment il l'appelait. Temperance ?

La jeune femme baissa la tête.

«Elle…elle a été enlevée cette nuit.

-Oh non…combien de temps suis-je resté dans le coma ?

-Plusieurs jours…

-Je suis désolé…pour votre amie.

-Il ne faut pas. On les retrouvera. Et en vie.

-Si vous le dites…

-J'en suis certaine, dit-elle, plus pour elle-même que pour Green.

-Si je peux aider…

-Non, ce n'est pas la peine. Reposez-vous. Vous ne nous serez d'aucune utilité si vous ne tenez pas debout.»

Angela sourit, amenant Green à faire de même.

«Vous avez raison. Mais je voudrais tellement pouvoir faire quelque chose…j'aurais dû voir qu'Allison n'était pas normale…je me sens nul…

-Non, il ne faut pas, déclara Angela d'une voix qui se voulait convaincante. Vous n'y êtes pour rien. Nous non plus on n'a rien vu, et le F.B.I. pas davantage.

-Mais elle…elle était ma partenaire…ma partenaire, vous comprenez ? Elle était ma meilleure amie, on se soutenait mutuellement dans le boulot et même en dehors…dès que j'avais besoin de quelqu'un, je savais qu'elle était là…et j'étais là pour elle…maintenant tout cela est fini…je ne la reverrai plus jamais…»

L'agent en larmes se pencha vers Angela, qui le prit dans ses bras. Elle pouvait comprendre ce qu'il ressentait. Elle savait que Booth et Brennan ressentiraient la même chose s'ils perdaient l'autre, surtout dans ces conditions. Ce travail forgeait vraiment des sentiments forts envers les collègues.

Après plusieurs minutes, Green se calma.

«Je suis désolée, reprit Angela, mais je dois vous poser quelques questions.

-Allez-y…

-Est-ce que l'agent Bloom avait de la famille ?

-Elle avait une fille de cinq ans. Le père l'a abandonnée. Je crois que ses parents sont morts, et elle avait un frère qui est parti à Hawaii. Sa fille est avec lui en ce moment.

-Bon…comment aurait-elle pu rencontrer le tueur à votre avis ?

-Je n'en sais rien, soupira Green. Lors d'une enquête, devant l'école de sa fille, près de chez elle, dans un bar, dans la rue, pendant des vacances…qu'est-ce que vous voulez que j'en sache ? Elle ne m'avait pas dit qu'elle avait rencontré un tueur en série !

-Oui, bien sûr. Ça va de soi. Est-ce qu'elle vous semblait être victime de pressions ces derniers temps ?

-De pressions ? De quel genre ?

-Par exemple, est-ce qu'elle paraissait paranoïaque, un peu sur les nerfs ? Est-ce que vous pensez qu'elle aurait pu être l'objet de menaces ?

-Je ne sais pas, je ne sais plus...en tout cas, elle ne m'en a jamais parlé.

-Est-ce que vous savez comment elle entrait en contact avec le tueur ?

-Non…vous avez regardé ses mails, son téléphone ? suggéra Green.

-Jusqu'ici, nous n'avions pas de raison de le faire, mais dès que je serai de retour à l'Institut, je m'y mettrai.

-D'autres questions ?

-Non, pas pour le moment…un agent passera prendre votre déposition concernant l'accident tout…

-Pas accident. Meurtre, rectifia Green. Et je suis de plus en plus convaincu que j'étais la cible.

-Pourquoi le tueur aurait-il voulu vous supprimer ?

-Pour laisser le champ libre à Allison…mais je n'arrive pas à croire qu'elle…»

Sa voix se tut. Il ne pouvait pas aller plus loin. C'était trop dur. Trop dur.

Angela eut un regard empreint de pitié pour lui. C'était tellement triste…

«Bon, dans ce cas, je crois que je vais vous laisser, fit-elle en se levant.

-Non, attendez. Vous reviendrez ?

-Si vous voulez. En fin d'après-midi, ça vous va ?

-C'est parfait. En attendant, reposez-vous.

-Entendu. Au revoir, mademoiselle Montenegro.

-Au revoir, agent Green» répondit l'artiste avec un sourire en passant la porte.


Après être passée au F.B.I. faire son compte-rendu à Cullen, Angela était revenue à l'Institut Jefferson. Elle était à présent assise à son bureau, un stylo dans la main, passant en revue les relevés téléphoniques d'Allison Bloom. Jusqu'ici, rien qui sorte de l'ordinaire. Des coups de fil à des collègues, à la baby-sitter de sa fille, à son école primaire et un autre à son frère. Elle y était depuis des heures, et elle commençait à saturer. Angela posa donc la feuille qu'elle venait de terminer et décida de se changer un peu les idées avec un café.

Mais, alors qu'elle sortait de son bureau, elle vit quelqu'un arriver vers elle.

«Max ? Qu'est-ce que vous faites là ?

-Où est ma fille ? Je n'arrive pas à la joindre depuis hier soir, j'ai besoin de lui parler, où est-elle ? demanda-t-il, visiblement paniqué.

-Max… commença Angela en se mordant la lèvre. Je suis désolée…

-Quoi ? Quoi ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Dites-moi, Angela !

-Max, Brennan a disparu dans la nuit…personne ne sait encore comment, mais les autres examinent la chambre…

-Non…non ce n'est pas possible…c'est un cauchemar…»

Max avait baissé les épaules il marchait à présent comme un automate, le regard vide. Il se laissa tomber sur le canapé de l'artiste, complètement abattu. Le vieil homme prit sa tête dans ses mains, et Angela comprit qu'il était à deux doigts de pleurer.

«Temperance… murmura-t-il, la voix brisée. Mon bébé…pourquoi…»

Les larmes coulèrent sur ses joues. Il renifla à plusieurs reprises, tentant de se contenir.

«Max… fit Angela avec douceur, posant délicatement la main sur son épaule. On va la retrouver, vous savez.

-Mais quand ?! QUAND ?! Le F.B.I. n'a même pas été fichu de l'arrêter pour les autres crimes, et il n'a même pas su protéger ma fille correctement ! Et maintenant il va la tuer ! Vous comprenez ? LA TUER ! Si seulement j'avais été là…j'aurais dû rester avec elle…j'aurais pu l'en empêcher…la sauver…Ruth…pardonne-moi…»

Il éclata en sanglots. Angela en eut le cœur brisé. Le chagrin de cet homme, de ce père aimant prêt à tout pour sauver sa fille l'émouvait énormément. C'était tellement beau et triste. Elle savait que Max aurait souffert mille maux pour sa fille, et que cette situation dans laquelle il était totalement impuissant le rendait fou.

«Angela…je ne peux pas…je ne veux pas qu'elle meure…je ne pourrai pas…supporter ça…

-Vous n'aurez pas à endurer ça, Max. On les retrouvera à temps.

-Le F.B.I. ne trouvera rien. Ce sont des incapables. Il faut que je fasse les recherches moi-même. Vous m'aiderez ?

-C'est-à-dire ?

-J'aurai besoin de tout savoir de vos progrès. Vous me communiquerez les informations dont j'aurai besoin ?»

Angela dut réfléchir quelques secondes. C'était bien entendu une entorse à la déontologie du métier, mais Max avait raison. Le F.B.I. ne trouverait rien.

«Oui. Je vous aiderai.

-Merci Angela. Temperance a de la chance de vous avoir.»

L'artiste sourit.

«Non, c'est moi qui ai de la chance. Elle est géniale. Un peu butée parfois, mais bon…

-C'est vrai qu'elle peut être vraiment obstinée. Mais je suis tellement fier d'elle…si vous saviez…

-J'imagine, oui.

-Elle est la seule chose de bien que j'ai faite dans ma vie. Je ne veux pas la perdre. Elle est ma lumière…»

Angela avait les larmes aux yeux. C'était tellement…entendre un père évoquer la tendre affection qu'il portait à sa fille, pour elle dont le père n'était pas vraiment là pour elle durant sa jeunesse…

Après un long silence, Max se reprit :

«Alors, qu'est-ce que vous savez sur la disparition de ma fille ?»


Pendant ce temps, Camille et Hodgins étaient toujours à l'appartement. Les agents étaient partis, les laissant seuls.

«Docteur Hodgins, vous avez terminé ?

-Presque, docteur Saroyan. Encore un petit échantillon et c'est bon… répondit l'entomologiste, qui tenait un coton-tige dans sa main gantée.

-Bon, je commence à ranger. Ne traînez pas !»

Environ une demi-heure plus tard, ils étaient sur le chemin de l'Institut.

«Qu'est-ce qu'on fait ? demanda soudain Hodgins.

-À propos de quoi ? fit Camille en fronçant les sourcils.

-Vous savez, le passage secret ! s'exclama Hodgins, les yeux grand ouverts. Il y a forcément au moins un agent du F.B.I. dans le coup.

-Et pourquoi ça ?

-Le tueur n'aurait pas pu mettre cette cloison en place pendant que Booth et Brennan étaient dans l'appartement et qu'ils étaient surveillés. Donc elle y a été installée avant. Question : comment le tueur savait-il que le F.B.I. leur attribuerait cet appartement ? Réponse : une taupe.

-Moui, ça se tient. Vous pensez à quelqu'un en particulier ?

-Je ne sais pas trop…cet agent là, Garrett, il est bizarre. Il sent la conspiration !

-Personnellement, c'est King que je trouve louche. Il a l'air trop gentil. Et puis il est du genre «armoire à glace».

-Aussi…mais de toute façon, ils sont tous du gouvernement ! Et si...mais oui, ça expliquerait tout ! Et s'ils étaient tous de mèche ?

-Calmez-vous un peu avec vos théories de conspiration, docteur Hodgins. Attendons de voir ce qu'Angela a pu apprendre de Green.»

L'entomologiste croisa les bras, un peu boudeur.


Angela regarda Max.

«Qu'est-ce que vous comptez faire ?

-D'abord, j'aurai besoin d'un allié. De quelqu'un qui connaît Samuel. Un de mes amis, Fred. Donc d'abord je vais le chercher et le convaincre de m'aider. Ensuite, je vais essayer de comprendre comment l'agent Bloom l'a rencontré et demander à mes contacts s'ils n'ont pas entendu parler de quelque chose. Samuel a forcément besoin d'un endroit un peu reculé pour les garder prisonniers, donc il a peut-être fait appel à quelqu'un du milieu.

-Vous pensez pouvoir la retrouver à temps ?

-Je l'espère, Angela. Je l'espère vraiment. Si vous avez du nouveau, appelez à ce numéro.»

Max tendit un morceau de papier à Angela.

«Bon, je vais y aller. Bonne chance pour vos recherches.

-Vous aussi. Et surtout, tenez bon.»

Il disparut dans le couloir. Angela retourna à ses relevés téléphoniques, ayant complètement oublié ses velléités de café.


Hodgins se décolla du microscope. C'était la quatrième fois qu'il examinait cet échantillon, et il ne parvenait toujours pas à déterminer de quoi il s'agissait. Il se sentait tellement nul. Booth et Brennan étaient en danger de mort, et il n'arrivait même pas à identifier le premier échantillon provenant de l'appartement !

Il s'assit sur son tabouret, s'appuyant sur ses coudes, serrant les poings pour y poser sa tête. Il avait beau se creuser la tête, il ne trouvait pas. Ce ne devait pourtant pas être si difficile !

Angela, qui passait par là en allant voir Camille, l'aperçut et entra dans le laboratoire, munie de sa blouse.

«Hodgins ? Ça ne va pas ?»

Il releva la tête en entendant la jeune femme. Il ne savait pas qu'elle était là.

«Angela ? Non, je n'arrive pas à identifier cet échantillon, et ça m'énerve. Ils ont besoin de moi, et je ne suis même pas fichu de trouver ce que c'est !

-Calme-toi Hodgins. Tu sais, on est tous bouleversés par ce qui se passe. Ne te laisse pas abattre. Reste concentré, comme si ce n'était qu'une enquête ordinaire, d'accord ?

-Mais ce n'est PAS une enquête ordinaire ! Il s'agit de Booth et Brennan, et je ne veux pas qu'ils meurent parce que je suis un incapable !

-Arrête, Hodgins. Tu sais très bien que tu n'es pas un incapable. Tu es même tout le contraire, tu es un génie.»

Les deux amis échangèrent un regard. Angela sourit.

Hodgins sembla soudain en proie à une illumination.

«Ça y est ! Je sais ! Merci Angela !» s'exclama-t-il en se précipitant sur son ordinateur.

La jeune femme sourit et ressortit du laboratoire, direction la salle d'examen où se trouvait Camille.

L'artiste trouva sa patronne penchée au-dessus du cadavre de Leslie Banks. Elle avait l'air triste. Angela s'approcha.

«Camille ?»

La pathologiste releva la tête.

«Oui ? Vous avez appris quelque chose de Green ?

-Oui, selon lui, l'agent spécial Allison Bloom était la complice du tueur.

-Vous le croyez ?

-Pourquoi pas ? Cela expliquerait pas mal de choses.

-Sûrement… fit Camille, un peu ailleurs.

-Vous vous sentez bien ?

-Oui oui, c'est juste que je n'arrête pas de penser à Brennan et Booth…vous pensez qu'il va leur faire tout ce mal à eux aussi ?»

Angela ne répondit pas. Elle ne savait pas quoi dire. Elle espérait que non, mais elle savait que ce serait probablement le cas.

«Je m'en voudrais tellement si on ne les retrouvait pas…à temps…

-Ce ne serait pas votre faute.

-Mais si. Je suis le chef de cette équipe, donc c'est sur moi que tout repose. Si l'équipe ne les retrouve pas, c'est que j'aurai échoué. Je n'aurai pas été à la hauteur.

-Vous l'êtes, Camille. Sinon vous ne seriez pas ici.

-C'est peut-être vrai» répondit-elle avec un faible sourire.


Qu'en pensez-vous ? Une petite review et à dimanche !