Salut! je sais que je mets beaucoup de temps à publier mes chapitres mais à partir de maintenant j'aurais plus de temps pour moi, donc je vais pouvoir en écrire davantage et plus rapidement... en effet sur les conseils de certains je vais me lancer dans l'écriture... Merci encore de m'avoir encouragé!

J'espère que vous aimerez la suite, c'est l'avant dernier chapitre!

Enjoy!


Comme la première fois, je mis un temps fou à trouver l'entrée de l'allée qui menait à la villa des Cullen; lors-qu'enfin je repérais la bifurcation je ne demandais pas mon reste et m'y engouffrais. La route me semblait bien mieux entretenue que lors de ma première venue, les hautes herbes avaient l'air d'avoir été taillé, les trous et les bosses semblaient beaucoup moins abrupts. Je roulais un moment, guettant la grande maison blanche qui surgirait de nulle part tel un joyau dans son écrin de velours vert. Finalement j'arrivais au bout de la route, elle était là, toujours aussi époustouflante, encore plus grande que dans mes souvenirs et contrairement à la première fois, les rideaux n'étaient pas tirés, la maison avait l'air vivante. Je coupais le moteur, inspirais et expirais profondément, descendais du pick-up. Je ressentais enfin les prémices de la peur, Alice m'avait assuré que jamais elle ne me ferait de mal, pourtant son compagnon ne m'inspirait pas la plus grande confiance. Et s'ils étaient vraiment... je ne voulais y croire. C'était impossible, ça n'existait pas. La soirée de ma découverte de la vraie nature de Jacob me revint en tête et je frissonnais, et si tout ce que je savais jusqu'à présent n'était qu'illusion, si en fait les monstres qui emplissaient nos cauchemars étaient réels. Perdue dans mes pensées, je ne m'étais pas aperçue que j'avais avancé jusque la porte d'entrée. Je sonnais et cette fois, personne ne vint m'ouvrir, j'insistais un peu mais toujours rien; je décidais de jeter un coup d'œil à l'intérieur. Tout était impeccable, les meubles, tous immaculés, étaient découverts, un vase posé sur une desserte contenait des fleurs fraîches. J'allais à l'autre fenêtre, une immense bibliothèque en bois sombre parcourait le mur de la vaste pièce, l'écran géant d'un ordinateur trônait au milieu d'un bureau de facture très moderne comparé au style de la pièce, ce qui malgré tout la rendait harmonieuse. L'écran était encore allumé, ce qui signifiait que la personne qui l'avait utilisé n'était pas très loin. Je restais bouche bée lorsque je pris conscience du fond d'écran, une photo de moi aux côtés d'Edward. Je restais stupéfaite de me voir aux bras de cet apollon et constatais que je ressemblais plus à une de ces groupies qui idolâtre leur rock star qu'à une petite amie, j'étais pitoyable. Normal que nous ne soyons plus ensemble, il avait tellement plus d'allure, plus de charisme que moi, c'était flagrant nous n'étions pas fait pour être un couple. Devant cette évidence, je sentais ma poitrine se comprimer, la peine m'envahissait toute entière. Je ne me souvenais pas de notre histoire et pourtant je me sentais vide, comme si on m'avait arraché une partie de moi. Je songeais à Jacob et m'en voulais de réagir comme ça, ce n'était pas correct vis-à-vis de mon petit ami. Je fixais l'image et l'écran de veille se mit en route, les larmes aux yeux je relevais la tête ce n'est qu'a cette instant que je remarquais une silhouette à travers la gigantesque baie vitré. Je me rapprochais de la fenêtre, portais mes mains en œillère et plissais les yeux, comme si ça allait m'aider. La seule chose que je pouvais dire, c'est qu'il s'agissait d'un homme ou d'une statue car il ne bougeait pas et me fixait, plutôt grand avec les cheveux foncé, j'étais soulagée de voir que ce n'était pas Jasper. J'expirais et décidais d'aller le voir afin d'en avoir le cœur net. Je contournais la maison en me retenant de courir, un mélange de peur et d'excitation prenait possession de moi. Je se saurais dire si c'était plus l'appréhension qui dominait ou à l'inverse si c'était l'exaltation qui menait la barque. Un dernier pas et j'étais arrivé sur une grande pelouse parfaitement tondue où se tenait la silhouette de tout à l'heure. Il se tourna et me regarda avec un grand sourire aux lèvres une fois de plus je fus frappée par cette étonnante similitude avec Alice et Jasper. Ces même cernes violettes, cette étrange pâleur, cet air figé. Pourtant quelque chose dans son allure me chiffonnais mais je ne parvenais pas à mettre le doigt dessus.

– Tu es Emmett, c'est ça? Tu saurais où se trouve Edward ? Il faut absolument que je lui parle.

Il ne répondait pas, il fit juste un signe pour m'indiquer de le suivre, je lui emboîtais le pas. Il prit un léger élan et sauta par-dessus la rivière qui délimitait le jardin. Je restais coite et effrayée, il me reluqua et me fit un sourire, un de ceux qu'on ne voit qu'en couverture des magazines. Je n'étais pas du genre à me pâmer devant le premier venu mais j'avoue que je n'étais pas totalement insensible au charme de cet éphèbe je savais qu'ils n'étaient pas des humains et pourtant j'oubliais immédiatement ma peur. Il me fixait toujours et m'attendait, cependant je n'étais pas capable de sauter aussi haut et loin que lui. Je le regardais d'un air interrogateur, il ne pipa mot et m'indiqua une petite ligne de cailloux, formant un chemin, non loin de l'endroit où je me tenais. Je traversais à mon tour, non sans difficultés, j'avais failli atterrir les fesses dans l'eau par deux fois, j'avais repris mon équilibre juste à temps. J'avais à peine posé le pied sur la rive opposée, qu'Emmett se dirigeait droit vers le cœur de la forêt. Il marchait trop vite pour moi, j'avais du mal à suivre me prenant les pieds dans chaque racine, emmêlant mes cheveux dans les branchages et trébuchant sur les cailloux ci et là. Lui, se déplaçait avec une telle aisance que s'en était vraiment surréaliste.

– Attend Emmett ! Je n'arrive pas à te suivre. Ralenti s'il te plaît. C'est encore loin ?

Il ralentit à peine, nous enfonçant toujours plus dans ce qui me semblait être un labyrinthe maintenant. J'aurais voulu lui poser mille questions, sur lui, sur son frère mais je n'y parvenais pas tant j'étais essoufflée à vouloir maintenir la cadence. Mes jambes commençaient à chanceler, je ressentais les prémices de l'essoufflement. Je faisais une pause, posant mes mains sur mes genoux et m'accroupissant pour détendre les muscles de mes cuisses. J'inspirais et expirais très lentement, pour que mes poumons ne me brûlent pas.

– Emmett... tu... vas... trop...vite...pour...moi. J'ai...besoin...de...reprendre...mon...souffle. Dis-je en inspirant à chaque mot.

Je levais les yeux vers mon guide, il se tournait et me contemplait d'un air arrogant, un sourire sardonique s'étira sur son visage et me glaça le sang. Je ne me sentais plus du tout en sécurité, mon cœur s'emballa et mes mains devinrent moite. Le jeune homme rassurant avait disparu, à sa place se tenait un... un prédateur.

– Emmett... Est-ce que ça va ? Tu... tu me fais peur. Où est Edward ? Je veux le voir.

Ma voix se brisa, il me faisait toujours face, releva la tête et me foudroya de son regard... écarlate. Ses pupilles, elles me rappelaient mon cauchemars, on aurait dit les même yeux que ceux de Jasper lorsqu'il avait voulu... je déglutis péniblement et respiraient fort, trop fort et son sourire s'étira un peu plus.

– Emmett. Qu'est-ce que... je... tu... Où est Edward ?

Cette seule question accentuait mon désarroi, je me sentais en danger et la seule chose que je voulais c'était être avec quelqu'un dont je ne gardais aucun souvenir et qui était dangereux lui aussi à croire que je les attirais tous. Qu'est-ce qui m'avait pris de le suivre et de m'enfoncer dans la sylve avec cet inconnu, parce-que c'était bel et bien le cas, j'étais avec un inconnu, tout frère d'Alice qu'il était.

– Emmett...

– Qui est Emmett ? Sa voix avait résonné jusque dans mes entrailles. Il arborait un sourire carnassier.

– Tu... tu n'es pas Emmett... mais tout à l'heure... tu as dit...

– Je n'ai rien dit du tout c'est toi qui m'as suivi.

Il avait raison, je n'avais pas attendu sa réponse et l'avait suivi sans demandé quoi que ce soit une fois de plus j'avais sauté aux conclusions et avais foncé tête baissé.

– Qui êtes-vous alors ? Qu'est-ce que vous me voulez ?

J'enfonçais mes mains dans ma veste et mon poing serré cogna contre du métal froid, je tâtais l'objet et fût ravie de constater qu'il s'agissait d'un spray au poivre, encore un, que Charlie avait dû glisser dans ma veste alors que je ne le voyais pas. Mais celui-ci, je ne lui en voudrais pas de me l'avoir mis là, bien au contraire. Je me sentais rassérénée.

– Tu as été plus encline à me suivre contrairement aux autres. Je n'ai même pas eu besoin de jouer de mes...talents dirons-nous. Si on peut appeler ça un talent.

Je vacillais, prise d'un léger vertige, la nausée me montait et pour parachever le tout, mes mains me picotaient. J'avais la sensation que j'allais m'écrouler au sol. Une voix résonna dans ma tête, une voix que malgré moi je ne connaissais que trop bien.

« Je suis le prédateur le plus dangereux au monde, chaque détails de mon apparence est fait pour te séduire. Ma voix, mon visage, jusqu'à mon odeur. Comme si j'avais besoin de tout çà... comme si tu pouvais m'échapper, comme si tu pouvais me vaincre. J'ai été créé pour tuer... »

Mes yeux se voilèrent et je sombrais je flottais, c'était comme dans mon rêve, lorsque j'étais dans les bras d'Edward, je sentais un corps froid et dur comme la pierre contre moi. Ce pouvait-il que je rêve encore ? Je ne voulais rien savoir, tout ce que je voulais, c'était me blottir contre le torse d'Edward et m'enivrer de son odeur. J'enfouissais ma tête au creux de son torse et inhalais profondément mais je ne reconnus pas le parfum enivrant que je pensais être celui d'Edward mais une odeur plus boisée, moins chaude. J'ouvrais les yeux et m'aperçus que j'étais dans les bras de celui que j'avais pris pour Emmett. J'essayais tant bien que mal de me débattre et de lui faire lâcher prise mais rien n'y fit. C'était comme si je tentais de pousser un mur, je me souvenais de la foi où j'avais voulu bouger Alice qui était assise dans mon fauteuil, ça m'avait fait la même impression.

– Tu es réveillée ? Tu as de la chance tu sais, beaucoup de chance.

– Posez-moi tout de suite. Je me voulais autoritaire mais ma voix n'était que suppliante.

– Oh ! Mais je vais te poser, dès que nous serons arrivé à notre destination, il serait d'ailleurs temps que je presse un peu les pas.

Alors, il prit de la vitesse, je n'arrivais pas à y croire, tout ce qui se trouvait autour de nous devint flou, je ne réussissais pas un distinguer quoique ce soit. Le vent fouettait mon visage et mes yeux me brûlaient, des larmes s'en échappaient. L'inconnu me jeta sur son dos et accéléra, si c'était encore possible. Les énormes troncs ne ressemblaient plus qu'à une masse informe aux couleurs de la sylve, ma vision n'était plus très nette et un nouveau flash s'insinuait dans mon esprit. J'avançais à une allure démentielle, une masse de cheveux bronze me cachait un peu la vue, je n'étais plus aussi mal installée, bien au contraire, je me sentais à l'aise. J'étais sur le dos d'Edward, je le savais de part cette délicieuse odeur qui m'enivrait. Nous nous déplacions avec aisance, enfin plutôt lui, moi je me contentais de me concentrer sur sa merveilleuse senteur afin de ne pas penser à mon estomac, tout retourné, qui faisait des siennes.

C'est là que je revins à la réalité, j'avais le cœur au bord des lèvres, cette vitesse ne me réussissait pas. Mais j'étais sûr d'une chose à présent, les flashs, comme je les appelais, étaient en fait des souvenirs. Je réalisais que depuis le début mon inconscient essayait de me faire me remémorer mes souvenirs d'avec Edward. J'avais oublié pas mal de chose mais je restais persuadée que mon cœur n'avait rien oublié. Nous arrivâmes dans une vaste clairière, une cascade coulait non loin d'ici, je pouvais entendre son vrombissement, mon assaillant me jeta au sol avec dédain, j'eus le souffle coupé, je tentais de me ressaisir et retrouvant ma respiration je saisis le spray au poivre dans ma poche. Avant d'avoir pu faire quoi que ce soit, mon agresseur se saisit de ma main et prit la petite bombe, il l'écrasa comme s'il s'agissait d'un simple mouchoir en papier.

- Oh, pas de ça ma jolie. Tout a l'heure je te disais que tu étais chanceuse, tu sais pourquoi?

Je tentais tant bien que mal de me débattre, il était passé derrière moi et tenait fermement mes mains dans l'une des siennes et ma mâchoire de son autre main.

- Tu as entendu ce que je t'ai demandé? La moindre des choses serait de répondre, c'est ce que font les gens polis. Alors tu sais ou non?

Ses doigts s'enfonçaient dans ma chair, puis dans mes os, je sentais la pression et la douleur s'accroître. Je compris qu'il voulait une réponse et tentais de faire non de la tête.

- Quoi? Tu disais ?

- N...Non. Pour...pourquoi? Marmonnais-je.

Les larmes inondaient mes joues à présent, il relâcha la pression et la douleur cessa instantanément, je me promis à ce moment-là que si j'en ressortais vivante, ce qui m'étonnerais, de ne plus jamais me plaindre de mes visites chez le dentiste.

- Tu as de la chance parce que tu n'aurais pas dû vivre aussi longtemps. Je me promenais, tout à l'heure, quel ne fut pas mon étonnement lorsque j'ai découvert la maison. Au début, je me suis demandé qui pouvait bien vivre là, et puis je l'ai senti, cette odeur bien distincte de notre espèce. Trois pour être précis, ils n'étaient pas partis depuis très longtemps. Je voulais m'en aller, tu t'imagines bien que trois contre un je ne faisais pas le poids et là je t'ai vu, si pleine d'espoir et prise de désarroi. Je t'ai immédiatement désirée, tu avais l'air si... Lorsque tu m'as rejoints, ton odeur m'a pris au dépourvu, je ne m'attendais pas à ce que tu sentes aussi bon, j'ai failli te tuer de suite. Et c'est là que tu as de la chance.

Il me maintenait toujours aussi fermement les poignets, il passa son autre main sur mon cou et renifla mes cheveux. Quelque chose d'humide glissait le long de ma nuque à présent, sa langue, je grimaçais. Je ne savais combien de temps allait durer mon calvaire avant l'inévitable alors je décidais de prendre les devants et de le provoquer.

- Vous... vous n'êtes qu'un monstre.

Ces mots prirent tous leur sens. Lorsque l'on est enfant, on nous rassure en nous disant que les monstres n'existent pas. Qu'aucune créature ne va surgir de votre placard ou d'en dessous de votre lit. En grandissant, on prend de l'assurance, on oublie nos terreurs passées. Mais les monstres ne sont pas couverts de poils violet, ils n'ont pas non plus la tête couverte de tentacules ou deux mâchoires avide de chair. Non, ils sont bien plus ordinaire, c'est pour ça que l'on y croit plus. Les monstres existent et j'étais la proie de l'un deux, il me tenait entre ses griffes et j'allais mourir. Un rire assourdissant me sortit de ma torpeur, sa bouche était tout près de mon oreille, je pouvais sentir son souffle, je sentais son haleine, un mélange sucré et âcre à la fois, comme des fruits qui auraient trop mûris.

- Mais non, bien au contraire. Si j'étais un monstre, tu ne serais déjà plus là. Avec toi, j'ai envie de prendre mon temps. Tu es tellement alléchante.

- Qu'est-ce que vous voulez à la fin ? Qui êtes-vous ? Pourquoi vous faites ça ? demandais-je dans un souffle de désespoir.

Juste toi... et quand à mon identité, je ne m'appelle pas Emmett mais ça tu l'avais compris. Mon nom est Liam. Que pourrais-je te dire sur moi ? eh bien, j'ai rencontré une femme, une femme exceptionnellement belle, je n'avais jamais vu pareil beauté auparavant, j'en suis instantanément tombé amoureux. Ensuite, je ne me rappelle que la souffrance, une horrible torture où j'ai cru souffrir mille morts et puis plus rien. A mon réveil, elle n'était plus là mais elle m'avait offert le plus beau cadeau. J'étais devenu ce que je suis et maintenant je la cherche…

- Mes amies ne vous avaient rien fait. La colère m'envahissait peu à peu.

- Bien sûr, mais vois-tu il fallait bien que je l'exhorte à me retrouver et il fallait bien que je mange. Autant lier l'utile à l'agréable.

- A vous retrouver ? Que… que voulez-vous dire ?

- Elle m'a retrouvé, elle va bientôt arriver et nous serons réunis

- Et ensuite, vous partirez ?

- Évidemment… nous irons parcourir le monde, chercher d'autres proies. Je te regretterai surement. Je me demande si...Tu veux vivre ? Alors cours.

Il voulait me laisser partir, je ne pouvais y croire, ça sentait le piège. Il voulait une chasse à l'homme mais je ne lui donnerai pas ce plaisir. Je ne bougeais pas, j'écartais les jambes afin de m'encrer un peu plus au sol, je soufflais profondément et levais les yeux vers lui et le fixais avec défis. Il me fixait et souriait d'un air carnassier.

- Tu ne veux pas t'enfuir ? Mais je te le dis, si tu ne cours pas tu vas avoir mal...

- Je ne bougerais pas, je ne ferais pas votre jeu.

- Tu en es sûre ?

Je ne pipais mot et continuais à le regarder avec fureur, une douleur fulgurante me frappa sa main écrasait mon épaule comme un étau. La douleur irradiait tout le long de mon corps à présent, je ne pouvais retenir les larmes qui ruisselaient sur mes joues. La peur qui me rongeait déjà, s'accentua au possible. Je tentais de reculer mais la pression qu'il maintenait était trop forte. Il me repoussa tout en relâchant sa prise, je trébuchais sur une pierre et tombais en arrière. La conscience humaine est étrange, elle vous pousse à faire des choses qui sont totalement inutile. Alors, je me mis à courir, aussi vite que je le pouvais mais c'était bien futile, en moins de deux il était de nouveau à mes côtés, je changeais de trajectoire et courrais à l'opposé une fois de plus il me rattrapa. Je ne pourrais jamais lui échapper, je le savais alors je stoppais net ma course. Il se planta devant moi et arborait toujours son sourire carnassier, une lueur en plus dans son regard rouge sombre.

- Qu'on en finisse, je n'ai plus l'intention de courir. Dis-je dans un élan de bravoure.

- Comme tu voudras…

Il bougea, mais tellement vite que ne pus distinguer ce qu'il faisait, un choc violent me propulsa en arrière, mon souffle en fût coupé. J'atterrissais sur le sol en glissant, ma tête heurta une masse dure et froide. Mes yeux se voilèrent un peu plus de larmes, une nouvelle douleur se déclara à l'arrière de ma tête, j'y portais mes doigts. Lorsque je regardais ceux-ci, ils étaient teinté de rouge, l'odeur de rouille et de sel arrivait à mes narines, la nausée me monta, je sentais le sang couler le long de ma nuque et imbiber le col de mon chemisier. Je levais les yeux vers mon assaillant, une expression étrange se dessinait sur son visage, on aurait dit qu'il souffrait et parallèlement qu'il était désireux, s'il n'avait pas l'air aussi effrayant j'aurais pu le comparer à un enfant qu'on aurait placé devant une vitrine de pâtisseries et à qui on aurait interdit de manger. En un instant il fut de nouveau près de moi, il se saisit de ma main et lécha mes doigts, un haut le cœur me submergea tandis qu'il nettoyait de sa langue mes doits ensanglanté. Je vomis.

- Tellement savoureuse…

La lueur qui brillait s'intensifia, il me souleva par le col et m'attira à lui, il ouvrit grand la bouche et la rapprocha de ma gorge. J'acceptais par la même l'inacceptable, les créatures de la nuit, celles qui vous font frissonner au cinéma ou dans les livres existent bel et bien. Ça y était enfin, j'allais mourir et je n'avais même pas pu dire à Charlie que je l'aimais...Mon pauvre Jacob…Et Edward, saura-t-il ce qu'y m'est arrivé? Me pleurera-t-il ? J'en doutais mais je préférais me dire que oui. J'aurais tant aimé me souvenir de ce qui s'est passé, le voir avant de partir. Peu importait qu'il ne veuille pas de moi, tout ce que je voulais c'était le voir en chair et en os, entendre sa voix et frissonner. Une bourrasque, un sursaut et mon corps qui retombait mollement sur le sol me sortit de mes songes, j'ouvrais les yeux et constatais que mon agresseur n'était plus là. A quelques mètres de là, une masse informe se déplaçait à une vitesse phénoménale, je ne pouvais distinguer que du gris, du blanc et du noir. Mon cœur eu un raté lorsque je distinguais une tâche de couleur cuivre s'agiter comme un feu follet. La masse s'immobilisa et je compris que ce que je n'avais pas réussi à distinguer tout à l'heure n'était en fait que Liam et Edward qui se battait. Liam était accroupi la stupeur se dessinait sur son visage, juste devant moi Edward, qui me tournait le dos, avait adopté une posture plus agressive, comme prêt à bondir sur mon assaillant. Bien que je ne puisse distinguer qu'une partie de son visage, il était encore plus beau que sur la photo du fond d'écran de chez les Cullen.

- Edward... Murmurais-je dans un souffle d'espoir.

Il se retourna légèrement et parut surpris mais il détourna le regard aussitôt. Que faisait-il ici ? J'avais cru comprendre qu'il avait quitté Forks. Comment avait-il su où je me trouvais ? Mais surtout, pourquoi me sauver ? Pourquoi venir risquer sa vie pour moi ? Etait-ce par culpabilité, il ne voulait peut-être pas avoir ma mort sur la conscience.

- Oh! Mais qu'est-ce que je vois là ?! Tu le connais ma douce ?

Liam s'était légèrement penché afin de me parler, Edward avait bougé en même temps faisant en sorte de lui obstruer la vue. Je voulais crier, dire à Edward de s'enfuir. Ce Liam avait l'air très fort et il était hors de question qu'une personne meurt à cause de moi.

- Tu ne me réponds pas ma douce? Ce n'est pas très poli. Ecoute, dit-il en s'adressant à Edward, je ne veux pas d'embrouille avec toi, je vais la prendre et partir plus loin afin de terminer ce que j'étais en train de faire. Désolé d'avoir envahi ton territoire.

- Tu ne la toucheras pas.

Les mots avaient franchi les lèvres d'Edward avec tant de fureur que je sursautais. Il s'accorda un nouveau regard en ma direction mais lorsque je voulu dire un mot, il détourna le visage une fois de plus. Pour je ne sais qu'elle raison il ne voulait pas qu'on me fasse de mal et pourtant c'est lui qui m'en faisait le plus en cet instant. Sans savoir exactement pourquoi, mon cœur se déchirait lorsqu'il détournait son regard de moi, ressentais une immense douleur à l'idée qu'il m'ignorait volontairement.

- Ah vraiment ! Et pourquoi ? elle n'est pas à toi que je sache… elle est mienne !

- Tu ne fais ça que pour attirer l'attention d'une autre.

- Comment… le sais-tu ? Liam était estomaqué.

- Ne t'attends pas à ce qu'elle vienne.

- Qu'est-ce que tu racontes ?

- Je sais que tu as massacré ces filles uniquement par… plaisir. Juste pour la faire venir, mais elle ne viendra pas.

- De quoi tu parles ? Je sais qu'elle va venir.

- Oh non, crois-moi. Elle ne mettra pas un pied à Forks.

- Qu'est-ce que tu as fait ? la colère avait pris le pas sur la surprise.

Liam se rua sur Edward, tout se passa très vite, celui-ci lui assena un coup qui fit voltiger Liam à une dizaine de mètres. Il était bien plus fort que je ne l'avais imaginé. Edward, revint à mes côtés et me souleva doucement dans ses bras, il me transporta à l'autre bout de la clairière, en périphérie de la forêt. Il me posa délicatement sur un rocher, me scuta, une expression de dégoût s'affichait sur son visage. Je le répugnais à ce point. Qu'avais-je donc pu lui faire pour le rebuter à ce point ?

- Ne bouge pas.

C'était un ordre, le ton était ferme et autoritaire et pourtant en entendant le son de sa voix je frémis, je comprenais de mieux en mieux pourquoi j'avais l'air d'une groupie sur cette photo il était la rock star. Edward repartit aussitôt en direction de Liam qui s'était relevé et courrait déjà dans notre direction. Il l'intercepta et ils entamèrent un nouveau corps à corps, je ne parvenais pas très bien à distinguer ce qu'il se passait tant ils se mouvaient avec une vitesse ahurissante. Au bout d'un moment, ils stoppèrent net, ils se tenaient à une distance plus ou moins raisonnable l'un de l'autre. Les lèvres de Liam remuaient mais je n'entendais rien de ce qu'il disait. Je tentais une approche discrète mais à peine avais-je fais un mouvement que les deux hommes me regardaient. L'un avec envie, Liam, et l'autre avec sévérité, Edward. Liam voulu profiter de cette diversion que j'avais créé et se jeta sur Edward, mais celui-ci l'esquiva avec aisance une fois de plus. La rage se lisait sur le visage de Liam, ne pas pouvoir atteindre Edward devait probablement le rendre fou. J'avais comme l'impression qu'il tentait de se rapprocher de moi mais à chaque tentative, Edward se tenait face à lui le maintenant toujours à bonne distance de ma personne, du moins c'était l'impression que j'avais. Je craignais pour la vie d'Edward, je ne voulais pas qu'il meurt par ma faute, si je n'avais pas été aussi imprudente, il ne se battrait pas en ce moment même pour me sauver la vie. Alice et Jacob m'avait ordonné de rester chez moi et comme à mon habitude je n'avais rien voulu écouter. Si seulement je pouvais avoir les pouvoirs de Jacob, je pourrais aider Edward. C'était tellement évident que je n'y avais pas songé immédiatement, Jacob pouvait aider Edward. Je cherchais mon portable dans mes poches, il n'y était pas. Je me saisis de mon sac à dos et commençais à le fouiller et jetant par terre les choses superflues. Une main dure et glacée s'empara de ma gorge et s'immobilisa, j'avais été tellement obnubilée par ma recherche que je n'avais ni entendu ni vu celle qui me tenait en respect à présent. Je savais qu'il s'agissait d'une femme de par ses doigts très fins et une bague sertie d'une émeraude qu'elle portait à l'annulaire de sa main droite. Elle me maintenait de façon que ma tête soit relevée, je voyais Edward debout près d'un corps tenant quelque chose à la main. Je ne distinguais pas très bien ce que ça pouvait être, visiblement il avait réussi à mettre Liam hors d'état de nuire. Il s'avançait lentement vers nous, le regard empli de… terreur. Il avait peur. Pour moi ?

- C'est ça que tu cherches ?

Elle balançait mon téléphone portable devant mes yeux et l'écrabouilla avant que je puisse faire le moindre mouvement pour tenter de le récupérer, elle resserra sa prise autour de mon cou. Edward avançait toujours et tenait toujours ce que je n'avais pas réussi à identifier tout à l'heure. Je fixais l'objet et un petit cri d'horreur s'échappa de mes lèvres en voyant ce qu'il tenait. Il tenait une tête, celle de Liam, je distinguais parfaitement les contours du visage à présent, ses yeux étaient grand ouverts et sa bouche formait une sorte de rictus, mélange entre la surprise et la douleur.

- Tu n'aurais pas dû tuer ma création… maintenant je vais être obligée de la tuer.

Elle disait ça avec une telle désinvolture que je doutais qu'elle veuille réellement venger Liam. Edward lâcha enfin la tête de celui qui avait voulu me tuer, elle roula puis s'immobilisa sur le côté, le regard fixé sur moi. Je me figeais en voyant Edward, le désarroi avait pris possession de ses traits, le chagrin se lisait dans ses yeux et au fur et à mesure qu'il s'avançait la souffrance se dessinait sur son visage. La femme me saisit fermement et me souleva, j'étais face à elle, elle me tenait toujours par le cou et je commençais à étouffer. Je ne pus m'empêcher de constater qu'elle était incroyablement belle, ses longues boucles noires tombaient en cascade dans son dos, ses traits étaient fin, ses lèvres pulpeuses, seul ses yeux me rappelaient qu'elle n'était pas humaine. Ses ongles s'enfonçaient petit à petit dans la chair de mon cou, jusqu'à la transpercer. Je sentais des élancements et du sang suinter des petites entailles.

- Dis-lui adieu, je vais en finir avec elle.

Cette fois c'était la fin, plus personne ne surgirait pour me sauver, je le savais, je jetais un dernier regard vers l'adonis qui m'avait, malgré tout, sauver la vie. Je fermais les yeux, aussi fort que je le pouvais, attendant la fin et regrettant de ne pas me rappeler. Ce qui se passa ensuite est compliqué à expliquer, ce fut comme si mon cerveau avait compris ce qui allait m'arriver, une multitude d'image, de mots et de noms envahissaient mon esprit. Je me souvenais, mon premier jour à Forks, la première fois où je l'avais vu, à la cafétéria. Le jour où j'avais failli mourir et qu'il m'avait sauvée du van de Tyler, nos longues discussions dans la clairière. La fois où j'avais vu sa peau luire au soleil, la rencontre avec sa famille, la partie de baseball, James, le bal, mon anniversaire, Jasper, son départ…, une immense douleur envahie mes entrailles à ce rappel... J'avais retrouvé la mémoire, je regrettais seulement que ça ne soit que maintenant maintenant que je savais ce que je ressentais pour lui. Je ne souhaitais qu'une chose dorénavant, partir et qu'il puisse mener sa vie comme il aurait dû la mener, sans moi. Je me tournais une dernière fois vers l'objet de mes tourments, une larme perla sur ma joue.

- Je t'aime… murmurais-je.

Une douleur fulgurante à la nuque m'arracha un cri, je sentais mon sang s'écouler en même temps que ma vie s'arrêtait. Je me sentais flotter et retomber mollement sur le sol, je ne parvenais plus à soulever le moindre de mes membres, je parvins tout juste à tourner la tête dans la direction d'Edward. Je distinguais à peine le couple qui venait d'arriver, un feu follet noir et blanc se précipitait sur moi. Je projetais mon regard par-delà Alice et j'apercevais Edward et Jasper, je crois, se jeter sur la femme. Je ne sais si c'était mon imagination ou si c'était réel mais les garçons démembrèrent la femme et y mirent le feu, un grand feu d'où s'échappait de la fumée violette.

- Tiens bon Bella, Carlisle arrive. Edward !

Je sentais des mains fraiches me manipuler comme si j'étais une poupée de chiffon, une forte pression tentait de contenir le sang qui s'écoulait de ma plaie. J'étais de nouveau soulevée et calée contre un torse dure et froid mais je savais à qui il appartenait et je me blottis contre lui, il se raidit. Après, tout reste très vague, nous sommes allés chez les Cullen, j'ai divagué… longtemps.