Hey hey !

Et oui, c'est vendredi, c'est nouveau chapitre ! Il est différent des autres, on croise les doigts pour qu'il vous plaise !

Bonne lecture !


Chapitre 21 : Nuremgard

Hermione était toujours menottée, mains dans le dos, alors que James Potter et Sirius Black l'emmenaient dans les couloirs sombres de la prison sorcière. Elle était épuisée, magiquement vidée, et avait du mal à avancer. Elle n'avait pas prévu que le combat contre Voldemort serait si éprouvant. Cependant, les Aurors ne la laissaient pas souffler, la poussant de l'épaule quand elle peinait à mettre un pied devant l'autre.

- Dépêche-toi, gamine, gronda James. J'aimerais bien rentrer chez moi avant le lever du soleil.

- Ca tombe bien, moi aussi… ironisa la Serpentard.

L'enchanteresse reçut une nouvelle poussée et faillit tomber dans les escaliers. Elle réussit néanmoins à conserver un équilibre précaire et poursuivit son chemin, toujours encadrée par les deux anciens maraudeurs. Devant eux un des gardiens de Nuremgard ouvrait la marche, son jeu de clé tintant à chaque pas.

- Nous y voilà ! finit-il par dire.

Il déverrouilla une cellule et en ouvrit la grille. Sirius ôta les menottes des poignets de la Sage et la poussa sans ménagement dans la petite pièce lugubre. Hermione trébucha et tomba au sol, le nez dans la poussière. Elle se releva et éternua bruyamment sous les rires sardoniques des trois sorciers.

- Bonne nuit petite, et à demain ! ricana le gardien en fermant la cellule.

Hermione ne répondit pas et observa rapidement la pièce alors que les hommes s'éloignaient en plaisantant entre eux. Tout en frottant ses poignets endoloris, elle regarda avec dégoût les latrines sales et la paillasse aux draps déchirés et tachés qui allait lui servir de lit pour les prochains jours.

- J'espère que Minerva et Merlin me tireront vite fait d'ici… marmonna-t-elle en allant s'allonger.

La Sage secoua la couverture pour en ôter le plus de poussière et de bestioles possible et se couvrit avec.

« Je débarrasse le Ministère de l'ennemi public numéro un et voilà les remerciements… » songea-t-elle, amère, en fermant les yeux.

« Tu t'attendais à quoi ? A ce que Fudge t'offre son poste de Ministre de la Magie ainsi qu'un bouquet de fleurs ? » ironisa la Source.

« Pas vraiment… Mais je ne pensais pas finir dans un tel endroit. » rétorqua Hermione.

« Tu les as fait flipper… Dumbledore avait eu un mal de chien à battre Voldemort la première fois. Et toi, tu arrives du haut de tes 16 ans et tu l'as dérouillé en moins d'un quart d'heure. »

« Ouais, mais quel quart d'heure ! » soupira la Serpentard en pensant aux bleus qu'elle ne manquerait pas d'avoir le lendemain.

- Il semblerait que j'ai un nouveau voisin de cellule… s'éleva une voix grave teintée d'un léger accent.

Hermione se redressa sur sa paillasse et fronça les sourcils. Elle reconnaissait cette voix. Serait-ce possible que…

- A qui ai-je l'honneur ? demanda-t-elle en se levant et en s'approchant de la petite lucarne donnant sur l'extérieur.

- Gellert Grindelwald… Que fait une jeune fille, si j'en juge par la voix, dans une sombre cellule de Nuremgard ?

- J'ai volé des cookies chez Bertie Crochue et je me suis fait attraper, maugréa l'enchanteresse en frissonnant.

Il faisait un froid glacial dans sa cellule malgré la chaleur de l'été. Elle récupéra sa couverture et s'enveloppa dedans.

- Bien sûr… ricana Grindelwald. Je sens votre pouvoir magique. Et je dois dire qu'il est impressionnant. Quel est votre nom, Miss ?

- Hermione Granger, répondit la Serpentard.

- Qu'avez-vous fait pour mériter d'échouer ici ? insista le mage temps.

- Et bien, j'ai mis fin cette nuit à l'ascension de Voldemort, et Fudge sait comment remercier les personnes qui rendent service au Ministère… rétorqua la jeune femme, désabusée.

Un éclat de rire retentit et Hermione eut un léger sourire.

« Ne te laisse pas tromper par tes souvenirs, Hermione… Il n'est pas le Grindelwald que tu as connu dans le passé. N'oublie pas ta mission… » prévint la Source d'une voix sérieuse.

« J'ai réussi à le faire changer une fois. Pourquoi pas une deuxième ? Pourquoi est-ce si important qu'il meure ? Il pourrait s'unir à moi pour m'aider à combattre Dumbledore... »

« Nous avons passé un marché. Tu dois l'honorer. Sinon, les conséquences seront dramatiques… »

« Comment ça ? » demanda l'enchanteresse.

La Source ne répondit pas et Hermione soupira, énervée. Après tout, Gellert pourrait être un allié de taille si elle réussissait à nouveau à le faire basculer du bon côté.

« Il n'a jamais basculé du bon côté, comme tu le suggères maintenant. Il pensait juste que tu l'aiderais à tuer Dumbledore. Il ne sera jamais un ami, Hermione… » finit par lâcher la Source.

La Sage roula des yeux mais préféra ne rien ajouter. Si elle continuait à objecter, le débat se poursuivrait toute la nuit et elle et son invitée psychique n'arriveraient jamais à tomber d'accord. Elle se rallongea sur sa paillasse et s'endormit rapidement, épuisée comme elle ne l'avait jamais été.


Le lendemain matin, un bruit métallique réveilla l'enchanteresse qui grogna.

- Debout là-dedans ! C'est l'heure de bouffer ! s'exclama une gardienne.

Hermione se leva péniblement et s'étira mollement. Elle avança devant la grille et la gardienne, baguette pointée sur la Sage, déverrouilla la cellule.

- Suis ton voisin, il te montrera le réfectoire, dit sévèrement la femme en jetant un regard noir à l'adolescente.

L'enchanteresse haussa un sourcil puis tourna légèrement la tête. Elle aperçut Grindelwald, un peu plus jeune que dans ses souvenirs, qui lui fit un signe de la main. Le vieux sorcier avait un sourire amusé et attendit que la Serpentard le rejoigne pour trottiner dans les couloirs.

- Je suppose que vous n'avez jamais séjourné en prison, commença Gellert avec bonne humeur. Aussi, quelques règles élémentaires. Ne répondez jamais aux gardiens. Car vous n'avez pas de baguette, mais eux, oui. Ensuite, restez près de moi. En tant que mage noir et assassin réputé, personne ne me cherche d'ennuis. Et il en sera de même pour vous si vous acceptez ma protection.

- C'est très aimable de votre part, Monsieur Grindelwald, mais je sais me défendre…

Le vieux sorcier lui jeta un regard en coin et eut un léger sourire.

- Magie sans baguette, n'est-ce pas ? murmura-t-il alors que tous deux pénétraient dans la cantine.

- Pardon ? demanda Hermione en haussant un sourcil.

- Je l'ai senti. Vous êtes puissante. Cela ne m'étonne pas que vous soyez venue à bout de ce vermisseau de Voldemort.

Il se saisit d'un plateau repas et de couverts en plastique, imité aussitôt par l'enchanteresse.

- Si vous tenez à rester en bonne santé, évitez tout ce qui a été cuisiné ici. Donc, tout ce qui est à base d'œuf est à proscrire. En revanche, les laitages, la viande, les légumes, vous pouvez y aller.

Hermione attrapa une assiette de pain pas trop rassis, prit une plaquette de beurre et un café plutôt clair. Gellert et elle s'assirent au bout d'une table occupée par quelques détenus à la mine patibulaire.

- Il y a deux « promenades » par jour, continua Grindelwald. Dans la cour centrale de la prison. Ne vous y trompez pas, il s'agit d'un carré de béton avec trois brins d'herbes pour donner illusion. Comme vous êtes nouvelle, les détenus vont tenter de vous intimider pour vous extorquer le moindre objet ou vêtement que vous avez. Bien évidemment, le marché noir est en vogue, et votre montre vaut au moins trois paquets de cigarettes…

- Pourquoi m'aidez-vous ? coupa la Sage après avoir bu une gorgée de café.

Elle grimaça et reposa sa tasse. Le breuvage était vraiment infect.

- Vous n'avez pas encore l'habit du prisonnier, ce qui ne devrait pas tarder, mais votre uniforme m'indique que vous faites vos études à Poudlard. J'ai un vieil ami qui dirige l'établissement.

- Albus Dumbledore… grommela Hermione.

- Je suis certain qu'il serait désappointé qu'une de ses élèves subissent de mauvais traitement en prison. Bref, pourquoi êtes-vous ici, et pas à Azkaban ?

- J'ai seize ans, répondit l'enchanteresse en beurrant un toast à moitié brulé. Et les détraqueurs ne sont pas autorisés à garder des mineurs.

Grindelwald eut un rire rauque et ôta le sachet de thé de sa tasse.

- Et entre les deux promenades, on fait quoi ? demanda Hermione en mordant dans sa tartine.

- Et bien, il y a des activités. Il y a la bibliothèque, qui n'est pas trop prisée par les détenus. Outre le fait que beaucoup d'entre eux ne savent pas lire, elle est composée à quatre-vingt-dix pour cent de littérature moldue, ce qui décourage les quelques lettrés qui composent cette prison.

- GRANGER ! TON AVOCAT EST LA ! hurla un gardien en s'approchant de leur table.

Hermione sursauta, surprise, et se leva promptement.

- Mon avocat ? balbutia-t-elle, interloquée.

- Ne traîne pas et suis-moi, grommela l'homme en lui jetant un regard froid.

La baguette du gardien pointée sur elle, l'enchanteresse quitta le réfectoire l'estomac vide et remonta un couloir. Elle passa devant plusieurs gardiens, franchit de nombreuses grilles et finit par pénétrer dans une petite pièce meublée uniquement de deux chaises et d'un bureau.

- Assieds-toi et attend ici ! gronda l'homme avant de s'éclipser.

Elle entendit la porte se verrouiller et soupira. Son estomac gargouillait et elle maugréa en pensant qu'elle n'avalerait rien avant le repas du midi. Au bout de quelques minutes, la porte s'ouvrit et la Sage fut surprise de voir la mère de Pansy Parkinson entrer dans la salle.

- Bonjour Hermione… dit gentiment la femme en s'asseyant alors que la porte se refermait à nouveau.

- Bonjour Madame Parkinson, répondit la Serpentard, éberluée.

Helen posa son attaché case à côté du bureau et en sortit un dossier ainsi qu'une barre chocolatée qu'elle poussa en direction de la jeune femme.

- Je me suis dit que tu aurais faim… commença Mrs Parkinson.

- Merci ! s'exclama Hermione en attrapant avidement la friandise qu'elle déballa en quelques secondes.

L'avocate posa un regard bienveillant mais inquiet sur l'amie de sa fille et ouvrit le dossier qu'elle avait posé sur la table.

- Bien. Le professeur McGonagall m'a envoyé un hibou cette nuit pour m'avertir de tes… soucis avec le Ministère. La bonne nouvelle est que je pense pouvoir te faire sortir d'ici assez rapidement.

- Par la grâce de Merlin, merci ! soupira la Serpentard.

- Cependant, il va falloir que tu me fasses un récit détaillé de la nuit dernière. Les charges qui pèsent contre toi sont assez lourdes : utilisation de la magie en infraction avec la réglementation concernant les mineurs, transplanage sans permis, entrée au Ministère sans autorisation, éventuel usage de la magie noire…

- J'ai fait échouer Voldemort dans ses projets de prise du Ministère ! s'exclama Hermione, outrée.

- Et c'est ça qui les inquiète… murmura Helen. Tu as seize ans, et tu as mis fin à l'ascension de l'un des sorciers les plus puissants sur terre. Tu es arrivée on ne sait comment au Ministère de la Magie et Fudge craint que tu ne prennes la relève de Tu-Sais-Qui.

- Mais c'est absurde ! rétorqua l'enchanteresse.

- Je le sais bien, Hermione. Je te connais depuis que tu as douze ans. Ce n'est pas moi qu'il faut convaincre, mais le Magenmagot. Heureusement, tu as de ton côté plusieurs professeurs, dont Minerva McGonagall qui jouit d'une crédibilité certaine dans notre communauté.

Mrs Parkinson fit une courte pause et observa la jeune femme devant elle.

- Tu as passé une visite médicale ou pas ? finit-elle par demander en jaugeant des bleus que la jeune fille arborait sur le visage.

- Non, pas encore…

- Et ils ne t'ont pas donné de vêtements propres. Ca, je m'en occupe. Maintenant, peux-tu m'expliquer en détail ce qui s'est passé cette nuit ? Ton récit complet m'aidera à te tirer d'affaire. Je compte demander une audience pour dans trois jours au plus tard… Un procès ne sera pas utile, j'espère.

Hermione se mordit la lèvre inférieure. Elle allait devoir trouver un mensonge crédible pour pouvoir sortir de là.

- Bien. Hier après-midi, j'ai entendu le professeur Rogue discuter avec le professeur McGonagall. Tous deux parlaient à voix basse, mais j'ai quand même pu capter l'essentiel de leur conversation. Et le professeur Rogue a annoncé à la Directrice que Voldemort tenterait de s'emparer du Ministère le soir même.

La Sage mangea une bouchée de sa barre chocolatée puis reprit.

- En tant que née de moldus, je savais ce que ça signifiait pour moi. Aussi, je me suis faufilée hors de l'enceinte du château sans être vue. J'ai appelé le magicobus mais, après cinq minutes d'attente, il n'était toujours pas arrivé. Ayant lu la théorie sur le transplanage et vue l'urgence de la situation, j'ai décidé de la mettre en pratique.

- Pourquoi as-tu décidé d'y aller ? Pourquoi n'as-tu pas laissé faire McGonagall ?

- Parce que personne ne l'aurait crue ! Elle aurait eu les mêmes ennuis que Dumbledore, répliqua Hermione.

- Comment as-tu fait pour mettre hors d'état de nuire les mangemorts et Tu Sais Qui ?

L'entretien se poursuivit et la jeune femme donna le plus d'éléments possibles en passant sous silence les détails embarrassants.

- Je vais négocier avec les membres du Magenmagot pour d'obtenir au plus vite un droit de visite, finit par dire Mrs Parkinson. Mais rassure-toi, je m'engage à te sortir d'ici très rapidement. Pas question que tu croupisses tout l'été dans une cellule.

- Merci beaucoup. Pour vos honoraires… commença l'enchanteresse.

- Laisse tomber, coupa l'avocate avec un léger sourire. Si je ne te sors pas de là, Pansy serait capable de te faire évader elle-même en embarquant Millicent dans l'aventure.

Helen Parkinson se leva et serra chaleureusement la main de la Sage.

- Je repasse te voir dès que j'ai du nouveau. N'hésite pas à me signaler le moindre problème.

L'avocate frappa quelques coups à la porte et un gardien ouvrit pour la laisser sortir. Quelques minutes plus tard, Hermione fut conduite à l'infirmerie où elle fut examinée rapidement par un médicomage sentant fort l'alcool et dont les mains s'attardaient là où elles n'auraient pas dû. L'enchanteresse prit sur elle, enfila les vêtements propres qu'on lui donnait et gagna la cour pour la promenade matinale.

Gellert n'avait pas menti. C'était un immense carré de béton sur lequel étaient entassées des détenues. Apparemment, les heures de sortie variaient en fonction du sexe du prisonnier. La Sage trouva un coin isolé, s'adossa contre un mur, bras croisés sous sa poitrine et observa l'agitation, plongée dans ses pensées. Elle devait attendre que la mère de Pansy la sorte de ce trou. Elle pourrait aisément s'évader, mais pour aller où ? De plus, en tant que fugitive, elle ne pourrait retourner à Poudlard pour achever sa tâche. Elle soupira en espérant pouvoir retrouver bientôt la quiétude du manoir McGonagall.

- Alors gamine ? T'as volé des sucettes sur le Chemin de Traverse et tu t'es fait coffrer ? se moqua une voix aigue.

Hermione leva les yeux et remarqua quatre femmes qui s'avançaient vers elle.

« Les ennuis commencent… » pensa-t-elle sans bouger.

« Si tu ne t'imposes pas maintenant, elles vont te mener la vie dure. » fit remarquer justement la Source.

- Dis-moi merdeuse, elle a l'air de valoir un paquet de fric, ta montre ! s'exclama une blonde plutôt enrobée en s'appuyant bras tendu contre le mur, la main à quelques centimètres de la tête de la Serpentard.

Hermione jeta un coup d'œil au bijou plaqué faux or et bracelet en cuir.

- Sûrement deux paquets de cigarettes… Pourquoi ? ironisa la préfète.

- Tu vas nous la filer sans faire d'histoire… gloussa une sorcière aux cheveux noirs et au visage ravagé.

L'enchanteresse haussa un sourcil dédaigneux et les détenues la dévisagèrent.

- T'es sourde ou quoi ? Donne ta toquante ! insista une des sorcières.

- Vous voulez savoir pourquoi je suis ici ? demanda calmement la Sage. J'ai tué Voldemort hier soir…

Les femmes échangèrent un regard interloqué puis se mirent à rire. La blonde se saisit violemment du poignet gauche de la Serpentard.

- Arrête tes conneries et file ta montre.

Hermione serra le poing droit qui se couvrit instantanément de glace et l'envoya dans le sternum de la détenue. Cette dernière se plia en deux, le souffle coupé.

- Si tu veux l'heure, tu n'as qu'à demander poliment, se moqua la préfète.

Les trois autres sorcières se jetèrent sur la Sage et une bagarre commença.

- BASTON ! hurla, réjouie, un groupe de femmes un peu plus loin.

L'enchanteresse n'arrivait pas à esquiver tous les coups, mais en rendait pas mal, usant de sa magie avec discrétion et parcimonie. Au bout de cinq longues minutes, des gardiens arrivèrent de toute part et séparèrent les combattantes.

- Vous allez vous calmer au mitard ! tonna une gardienne en attrapant Hermione par les épaules.

- Et en quoi cela diffère du bouge qui me sert de cellule ? demanda bravement la préfète alors qu'elle était poussée dans les couloirs sombres de la prison.

- Mitard veut dire isolement, donc pas de visite ! répliqua sèchement la geôlière. Tu vas y rester quelques jours, ça t'apprendra à bien te comporter !

La Sage se trouva enfermée dans une pièce minuscule sans fenêtre et poussa un soupir douloureux alors que la grille se fermait sur elle. Elle essuya d'un revers de la manche sa lèvre enflée et remarqua qu'elle saignait.

- Il faut coucher avec qui ici pour consulter un médicomage ? s'exclama-t-elle, amère.

N'ayant pas de réponse, elle s'allongea sur la paillasse inconfortable et ferma les yeux. Elle avait du mal à respirer et s'inquiéta de l'état de ses côtes.

« Tu t'en es bien tirée ! » la félicita la Source.

« Je vais avoir la réputation d'une caïd, super ! Pour une ancienne Ministre de la Magie, ça le fait ! » ironisa la Serpentard, amère. « Si je récupère un jour le job, rappelle-moi de réformer l'institution carcérale… »

« Bon, vu que tu es bloquée ici pour un long moment, mets ce temps à profit pour te reposer. Je vais t'endormir. Et rassures-toi, je reste aux aguets. Au moindre mouvement suspect, je te réveille… »

Avant que l'enchanteresse n'ait le temps d'objecter, le sommeil s'empara d'elle et elle sombra dans les ténèbres.


Ginny jeta un rapide regard à Hermione qui avait le visage fermé.

- Je comprends mieux pourquoi un de tes premiers décrets en tant que Ministre fut de réformer le système carcéral.

L'enchanteresse ne répondit pas, se contentant de faire tourner sa canette de bière entre ses mains. Ginny la serra contre elle et déposa ses lèvres sur la joue de la Sage en un doux baiser.

- Je suis épatée. A ta place, je serais devenue folle.

- Je l'étais déjà, répondit Hermione en plaisantant. Après tout, j'entendais des voix.

- Une voix, rectifia la rousse. Allez Jeanne d'Arc, mets-nous la suite. Plus vite on aura fini ce triste épisode, plus vite on passera à un souvenir plus réjouissant, si tu vois de quoi je veux parler…

L'enchanteresse hocha la tête et les deux sorcières plongèrent à nouveau dans la pensine.


Quand Hermione finit par ouvrir un œil, elle se rendit compte de toute façon qu'il lui était impossible d'ouvrir les deux. Elle se redressa lentement sur sa paillasse et jeta un coup d'œil à sa montre.

- Déjà midi ? marmonna la jeune femme.

« Ouais, mais du lendemain. T'étais en tellement mauvais état que j'ai jugé utile de te faire dormir une journée complète. Et bonne nouvelle, il y a un plateau repas nauséabond qui t'attend… » répliqua joyeusement la Source.

La Serpentard se leva difficilement et avisa le petit lavabo près des toilettes. Elle se passa le visage sous l'eau et s'essuya avec son haut.

- Granger ! Tu as une visite ! aboya une gardienne. Mets les mains derrière le dos et reste près de ton lit.

L'enchanteresse leva les yeux au ciel mais fit ce qu'on lui demandait. La femme, une brune aux cheveux gras, petite et replète, entra dans la cellule, la baguette pointée sur la Sage.

- Tourne-toi ! ordonna la femme.

Hermione pivota et sentit les menottes se refermer sur ses poignets. La gardienne l'attrapa par les épaules et la sortit de la pièce d'isolement.

- Je m'appelle Sally Hopkins. Je serai ta gardienne attitrée pour la durée de ton… séjour… se moqua la femme. Bref, on a reçu une lettre du Ministère. Aujourd'hui, tu regagnes ta cellule. Après ta visite, tu iras prendre une douche.

- Quel bonheur ! ironisa la préfète.

Quelques minutes plus tard, Hermione fut assise brutalement sur une chaise dans une salle de parloir déserte.

- Vous ne me libérez pas ? grimaça la Sage en secouant les poignets dans son dos, faisant tinter les menottes.

- T'es dangereuse, donc non. Ca t'apprendra à te battre dès ton premier jour, rétorqua froidement la gardienne.

Hopkins sortit et verrouilla la porte. Hermione soupira et elle posa sa tête sur la table en fer, sa joue contre la surface froide. Elle était épuisée, affamée, sentait le fauve et donnerait tout ce qu'elle avait au monde pour un casse croute et un bon bain.

La porte s'ouvrit une nouvelle fois et l'enchanteresse ouvrit son œil valide. Elle sursauta et se redressa en croisant le regard vert inquiet de Minerva McGonagall. Cette dernière observa horrifiée son élève qui avait un œil au beurre noir, la lèvre gonflée et plusieurs bleus sur le visage. L'Ecossaise posa sur la table les deux cafés qu'elle tenait à la main et posa son regard furieux sur Hopkins.

- Vous pouvez la détacher ? demanda sèchement le professeur de métamorphose à la gardienne.

- Vu qu'elle a envoyé quatre détenues à l'infirmerie, non, répliqua cette dernière avec un rictus.

- Et elle n'y est pas allée ? insista McGonagall.

- Elle n'a rien de grave, marmonna la gardienne avec un haussement d'épaules avant de quitter la pièce.

Minerva s'assit en face de l'enchanteresse à la figure tuméfiée et posa doucement sa main sur la joue de la préfète.

- Dès que je sors d'ici, je contacte immédiatement Maître Parkinson… murmura la directrice adjointe.

Hermione ferma son œil et profita de la chaleur du contact.

- Finalement, je me demande si Azkaban n'aurait pas fait office de paradis à côté de ce trou… plaisanta la Sage.

- Comment te sens-tu ?

- J'ai la forme, ça se voit… répliqua la Serpentard en grimaçant. Quelles sont les nouvelles ?

- Fudge est sur la sellette, ses jours au ministère sont comptés. Scrimgeour, actuel commandant des Aurors, est pressenti pour le remplacer. Ce qui est une bonne chose, car il paraît qu'il ne tarit pas d'éloges sur toi.

Minerva prit un gobelet de café et aida Hermione, les mains toujours liées dans le dos, à le boire.

- S'il est nommé, tu seras libre. Autre bonne nouvelle : Dumbledore, ayant soutenu Cornelius dans sa décision de te faire enfermer, risque gros aussi.

- C'est-à-dire ? demanda Hermione en fronçant les sourcils.

- Et bien, cela n'a pas plu à beaucoup de parents d'élèves que le Directeur de Poudlard ait demandé l'internement d'un des éléments les plus brillants du collège. Lucius Malefoy est monté au créneau et a écrit un véritable réquisitoire contre Albus dans l'édition du jour de la Gazette. Et comme Malefoy père a encore beaucoup d'influence auprès du conseil d'administration…

- Il va être éjecté de Poudlard ? demanda Hermione, stupéfaite.

- Mieux ! Grâce au soutien de Dolorès Ombrage, je vais être nommée Directrice dans les prochains jours et Dumbledore sera rétrogradé. Il récupère l'enseignement de la métamorphose et il sera mon adjoint.

- Il doit être entrain de bouffer son chapeau ! se moqua l'enchanteresse.

- Effectivement. Je l'ai croisé hier dans les couloirs du château, il paraissait… contrarié. Mais ce n'est pas le plus important. Il faut que tu tiennes le coup quelques jours, qu'on te fasse sortir d'ici.

- Ca ne devrait pas poser trop de problème ! soupira la Sage.

- Je vais toucher deux mots à Rufus sur tes conditions d'incarcération, voir ce qu'il peut faire.

Hermione étendit comme elle le put ses jambes sous la table et secoua la tête.

- Non, pas la peine. Qu'il se concentre sur la prise du poste de Fudge…

La porte s'ouvrit et Hopkins passa sa tête par l'entrebâillement.

- Il vous reste cinq minutes ! s'exclama-t-elle avant de claquer la porte.

Minerva se leva et s'accroupit à côté de l'enchanteresse. Le professeur posa sa main sur la jambe de la préfète et plongea son regard dans les yeux noisette.

- Si seulement je pouvais t'emmener avec moi… murmura la directrice-adjointe, la voix rauque d'une émotion contenue.

- Laisse agir Mrs Parkinson et occupe-toi de Poudlard. Dumbledore te rendra seule responsable de sa déchéance et t'en fera payer les conséquences.

- Mais comme d'habitude, tu seras là pour veiller sur moi alors que je ne peux pas te sortir d'ici…

McGonagall soupira en se levant et posa doucement ses lèvres sur le front tuméfié de la Sage.

- Je reviendrai bientôt.

- J'espère que je serai partie avant, ironisa l'enchanteresse.

Le professeur eut un mince sourire et quitta la pièce après avoir jeté un dernier regard inquiet à la jeune femme. Hermione étouffa un juron alors que Sally pénétrait dans la salle et la levait brusquement de sa chaise.

- Je t'emmène aux sanitaires pour que tu puisses prendre une douche. Je te donnerai tout ce qu'il faut sur place pour ta toilette…

La Serpentard ne répondit pas et suivit la gardienne. Elle songeait en avançant dans les couloirs à son entrevue avec McGonagall et souriait. Elle était heureuse que sa Guide soit venue lui rendre visite, même si elle était ennuyée qu'elle l'ait vue dans cet état.

- Elle est mignonne, ta nana… ricana Hopkins alors qu'elles s'enfonçaient plus profondément dans la prison.

- Pardon ? demanda sèchement Hermione.

- Ta copine. Ne dis pas le contraire, j'ai vu comment vous vous regardiez…

- Je ne pense pas avoir fait les présentations. La personne qui est venue me voir est Minerva McGonagall, future Directrice de Poudlard, répliqua l'enchanteresse d'une voix glaciale.

- M'en fous, t'as une jolie petite poule…

Sally s'arrêta brusquement et plaqua violemment la Serpentard contre un mur. Les poignets d'Hermione, toujours attachés dans son dos, se râpèrent sur les pierres.

- La prochaine fois qu'elle pointe ses superbes miches ici, je m'occuperai personnellement de la fouille au corps… murmura la gardienne.

- Touchez-la et je casserai vos doigts un à un, menaça la Sage en la fusillant du regard.

Hopkins éclata de rire et pressa son corps contre celui de la préfète.

- D'ailleurs, il se peut que ta gonzesse t'ait fait passer des trucs en douce. Il va falloir que je te fouille…

« C'est quoi son problème ? Je vais pas me faire tripoter par une truie à mon âge… » grimaça Hermione.

« Vu que je partage ton corps, je me permets d'émettre un avis : défonce-la ! » l'encouragea la Source.

Les mains de la gardienne effleuraient la poitrine de la Serpentard. Cette dernière prit une grande inspiration et donna un coup de boule dans le visage d'Hopkins. Un craquement sinistre retentit, couvert rapidement par le cri de la geôlière qui recula en se tenant le nez. Du sang s'écoulait entre ses doigts et Sally blêmit.

- Sale traînée ! Tu vas me le payer, petite p…

Elle ne put finir son insulte car la Sage lui avait décroché un coup de pied en plein ventre. La gardienne se plia en deux et Hermione en profita pour envoyer son genou en plein dans la mâchoire. Hopkins s'écroula sur le sol, sonnée, le visage en sang.

- Si tu oses t'approcher d'elle, je te tue… prévint froidement la Serpentard alors que des tauliers arrivaient en courant.

La préfète fut plaquée au sol puis traînée jusqu'à la cellule d'isolement. Pendant le trajet qui fut fort long et très douloureux pour l'enchanteresse, les prisonniers exprimèrent leur joie en criant et en applaudissant l'élève.

- T'as amoché une matonne ! Chapeau bas, Miss ! s'exclama un homme en lui faisant une révérence.

- Je te paie une clope quand tu sortiras du mitard, Granger ! ajouta une détenue en se tapant sur la cuisse.

Hermione fut abandonnée, toujours menottée, au milieu de la cellule qu'elle avait quittée un peu plus tôt dans la journée. Elle se mit debout difficilement et se vautra sur la paillasse inconfortable.

« Franchement, tu l'as bien éclatée. C'était magnifique ! » la complimenta la Source.

« Peut-être, mais avec tout ça, j'ai toujours pas pris de douche… et je suis obligée de dormir sur le ventre, le nez dans la vermine... » maugréa l'enchanteresse en fermant son œil valide.


Ginny se redressa et plongea son regard dans celui d'Hermione.

- Te serais-tu battue pour moi ? demanda-t-elle sérieusement.

- Dois-je te rappeler que j'ai affronté Potter le zombi sur un toit lors d'un orage et que Pansy m'a remise debout à coup de défibrillateur maison ? Et tout cela, rien que pour tes beaux yeux ? répondit la Sage.

La rousse rougit légèrement et un mince sourire étira ses lèvres.

- Excuse-moi…

- Tu es toujours jalouse de Minerva ? Après toutes ces années ?

- Que veux-tu ? Les bonnes habitudes ont tendances à être tenaces…


Quelques heures plus tard, la Serpentard fut tirée de son sommeil par deux gardiennes. L'une assez jeune, grande et fine, rousse, l'autre petite et brune.

- T'as des amis haut placés, Granger. On te sort de là. Détour par la douche avant de te ramener dans ta cellule.

- Super, j'vais enfin pouvoir regarder par la fenêtre… ironisa l'enchanteresse.

- Arrête ton baratin. Garde-le pour ton avocate qui passera te voir tout à l'heure…

La préfète fut levée et ses menottes ôtées. Elle bougea rapidement ses bras courbaturés et frotta ses poignets blessés. La rousse, qui n'avait toujours pas dit un mot, posa délicatement sa main sur l'épaule de la Sage et l'emmena hors de la pièce.

La gardienne brune marchait quelques pas devant et ne leur jetait aucun regard. Hermione observa rapidement la jeune femme qui marchait à ses côtés, la retenant quand elle trébuchait. Elle lui donnait tout au plus vingt-cinq ans.

- Merci d'avoir envoyé Sally à l'infirmerie… murmura la rousse.

- Ce fut un plaisir, grommela la Serpentard.

- Fais attention dans la douche. C'est le traquenard préféré de Margaret.

- Qui est ? interrogea la préfète.

- Celle qui marche devant. Je tenais à te remercier d'avoir tué Tu Sais Qui. Ce pourri a assassiné mes grands parents pendant la première guerre.

- Là encore, ce fut un plaisir, Miss…

- Mary. Mary Grant.

Elles finirent le trajet silencieusement et s'arrêtèrent devant une porte métallique comportant une petite lucarne.

- Tu peux y aller, Mary, je m'occupe du reste, grogna Margaret.

La rousse eut un regard lourd de sens avant de s'éloigner rapidement. Hermione et la gardienne pénétrèrent dans les sanitaires. La blonde ouvrit une armoire et donna à la prisonnière une serviette éponge et un petit savon.

- T'as dix minutes, pas une de plus, dit sèchement Margaret.

- Et le shampoing, c'est en option ? ironisa la Serpentard.

La geôlière soupira mais attrapa une petite bouteille en plastique qu'elle lança à la Serpentard avant de quitter la pièce. Hermione se déshabilla rapidement et posa ses vêtements sur un lavabo. Elle se dirigea vers une douche, fit couler le jet d'eau et claqua des doigts pour en avoir de la chaude à la place de l'eau glaciale qui sortait du tuyau. Elle ferma les yeux et profita de la sensation du liquide sur son corps, se savonnant doucement, se lavant les cheveux avec délice. Quelques minutes plus tard, elle tourna le robinet et attrapa sa serviette. Alors qu'elle se séchait, la porte des douches s'ouvrit et trois détenues pénétrèrent dans la pièce.

- Vous avez cinq minutes… dit sèchement la voix de Margaret.

La porte fut refermée dans un bruit sinistre et les prisonnières se dirigèrent vers la Serpentard. Cette dernière observa les trois sorcières qui tenaient des balais et une serpillère trempée.

- C'est l'heure du ménage ? se moqua la préfète.

Une des détenues, qui avait la serpillère, la fit claquer violemment sur le sol et Hermione grimaça.

« Ca doit faire mal… » fit remarquer la Source.

- Tu vas prendre une dérouillée, Granger… marmonna une femme. Dans cinq minutes, tu regretteras de jouer la fière à bras avec les matons.

- Et dans une minute, vous aurez toutes la gueule sur le carrelage… Vous êtes sûres que vous voulez vous battre ? demanda calmement l'enchanteresse.

Un sorcière ôta la brosse du manche et se saisit à deux mains du bâton de bois.

- Ok… Vous ne me laissez pas le choix… murmura Hermione en claquant des doigts.

Tous les tuyaux de la pièce explosèrent, répandant de l'eau sur le sol. Les trois sorcières échangèrent un regard étonné avant de se jeter sur la Sage. Cette dernière posa rapidement sa main dans l'eau et envoya sa magie sur le sol. De l'électricité apparut pour parcourir le carrelage trempé et frapper de plein fouet les prisonnières qui s'apprêtaient à tabasser la jeune femme. Elles s'écroulèrent dans l'eau, leurs corps parcourus de spasmes, et finirent par perdre connaissance.

Hermione interrompit son sort et, après avoir jeté un dernier regard aux trois sorcières évanouies, finit de se sécher et s'habilla rapidement. Elle ramassa ses affaires, les balança sans ménagement dans l'armoire et s'approcha d'une des prisonnières. Voyant un paquet de cigarettes dépasser d'une des poches de la femme, elle le prit, en extirpa un tube de nicotine et l'alluma d'un claquement de doigts. En rangeant le paquet dans sa propre poche, elle inspira une longue bouffée pour la souffler doucement en sortant de la pièce.

La Sage croisa le regard surpris de Margaret et eut un rictus amusé.

- Y'a une fuite d'eau. Vous devriez appeler un plombier… se moqua la Serpentard en tirant à nouveau sur la cigarette.


Ginny fronça les sourcils et prit sur elle pour ne pas détruire la cigarette que venait de s'allumer Hermione.

- C'est à cause de ce petit séjour que tu t'es remise à fumer ? Je me demandais ce qui t'avais poussé à reprendre ce vice…

- Non, pour le coup, ce n'est pas de la faute de Pansy.

- Pour une fois qu'elle n'y est pour rien… maugréa la rousse. Tu comptes arrêter quand ?

- Pardon ? Tu as dit quelque chose ? se moqua Hermione.


Hermione était de retour dans sa cellule et, dès que la porte fut refermée et le gardien éloigné, une voix grave s'éleva.

- Vous avez fait… des étincelles ces derniers temps, Miss Granger…

L'enchanteresse s'assit sur sa paillasse et soupira.

- On ne peut rien vous cacher, Monsieur Grindelwald.

- Vous avez une magie vraiment étonnante… Je me demande ce que ça serait de vous affronter.

La Serpentard ne répondit pas et s'allongea le plus confortablement possible.

« Ton corps a faim. » grogna la Source.

« Je suis au courant ! » lâcha la préfète en se retournant sur son lit de fortune.

« Ca me gêne… »

« Tu m'en vois navrée, très chère. » ironisa la Sage alors que son estomac gargouillait.

« Vivement que tu sortes d'ici. Je tuerai l'humanité entière pour manger les pancakes de ta Guide… »

« T'as déjà voulu la détruire et pour un motif moins noble ! » ricana Hermione.

« C'était avant de goûter à la cuisine de cette chère Minerva… Si j'avais su, j'aurais parasité ton corps plus tôt et manigancé pour que tu sortes avec elle ! »

« Minerva, sauveuse du genre humain grâce à ses pancakes… »

« N'empêche, faut vraiment qu'on se tire de là ! »

« Je ne te le fais pas dire… »

Hermione se leva et s'approcha des barreaux de sa cellule.

- J'ai rien avalé depuis deux jours ! C'est possible d'avoir à manger ? s'exclama-t-elle en direction du couloir.

- Patiente encore une heure, Granger ! répliqua un gardien. C'est pas un hôtel restaurant, ici !

- Heureusement, car je ferais débarquer les services d'hygiène sinon… grommela la Serpentard alors que Grindelwald éclatait de rire. Et le service de chambre laisse à désirer !

Gellert ricana à nouveau et un gardien se planta devant la cellule de la Sage.

- Ton avocate vient d'arriver. Recule et mets tes mains bien en évidence ! tonna le geôlier.

- C'est un plaisir que de vous obéir… ironisa la préfète.

Quelques minutes plus tard, elle se retrouva une fois de plus au parloir et Mrs Parkinson était debout, sur le pas de la porte, effarée.

- Par Merlin ! jura l'avocate. Je pensais que le professeur McGonagall avait exagéré… Mais je constate qu'elle est en-dessous de la réalité. Que s'est-il passé ? demanda la mère de Pansy en voyant l'état de la jeune femme.

- Les joies de la vie carcérale, répliqua Hermione entre ses dents.

Helen sortit un appareil photo de son sac et prit plusieurs clichés.

- McGonagall m'a arrangé un rendez-vous avec Rufus Scrimgeour. Avec ces photos, je te garantis que demain soir au plus tard, tu es libre.

- Je vous fais confiance… Quand est-ce que Fudge va se faire virer par le Magenmagot ?

- Normalement ce soir, après la réunion extraordinaire de l'instance, répondit Mrs Parkinson. Il va y avoir pas mal de changements dans les prochains jours.

Hermione hocha la tête et l'avocate soupira.

- Je vais demander à ce que tu te fasses examiner par un médicomage.

- Si ça ne vous dérange pas, je préfère attendre d'avoir quitté ce trou. Je passerai à Sainte Mangouste.

- Tu es sûre ?

- Oh oui… grommela l'enchanteresse.

- Comme tu le sens. Je viendrai te chercher demain. Essaie de ne pas te faire plus amocher d'ici là.

- Je ferai mon possible, soupira la Sage.

Helen se leva et posa sa main sur l'épaule de la Serpentard.

- Tiens le coup, c'est bientôt fini…

Elle lui jeta un dernier regard bienveillant et quitta la pièce. Quelques instants plus tard, un gardien vint la chercher.

- C'est l'heure du repas !

- Quelle chance… rétorqua la préfète, acide.

Hermione suivit le geôlier jusqu'au réfectoire, prit autant de nourriture qu'elle pouvait et s'assit à une table vide. Quelques instants plus tard, elle fut rejointe par Grindelwald.

- Je constate que vous vous êtes bien amusée avec vos camarades de jeu, se moqua gentiment le mage temps.

- Oui, je suis sûre que vous auriez apprécié le spectacle, rétorqua la jeune femme entre deux bouchées.

Gellert eut un léger rire et attrapa son morceau de pain.

- J'espère avoir l'occasion de jouer en tête à tête avec vous. La partie promet d'être passionnante…

- C'est pas un peu facile de s'attaquer à une gamine qui n'a pas fini ses études ?

Le regard du sorcier changea pour devenir sérieux et pétillant d'excitation.

- Allons, Miss Granger. Nous savons vous et moi que vous êtes bien plus qu'une… gamine qui n'a pas fini ses études.

- Et je suis quoi alors ?

- C'est ce que j'aimerais bien savoir…


Le lendemain, la journée passa lentement, mais sans incident. Hermione se dégourdit les jambes pendant la promenade matinale et remarqua avec regret que le paquet de cigarettes qu'elle avait pris la veille était presque vide. Cependant, quelques détenues vinrent lui offrir une clope, pour la remercier d'avoir mis Sally Hopkins hors service pendant quelques jours. Aussi, après le dîner, elle regagna sa cellule et s'en alluma une. Installée sur sa paillasse, elle voyait sans le regarder le plafond décrépi.

« Je vais encore passer une nuit ici… » songea-t-elle, ennuyée, en pensant que Mrs Parkinson n'était pas passée la chercher.

« C'est pas trop grave… Ca s'est bien passé, aujourd'hui ! » fit remarquer la Source.

« Super ! Je terrorise l'ensemble des détenus, et ils m'offrent des cigarettes en pensant acheter leur paix et leur sécurité… j'ai l'impression d'être un parrain de la Mafia. Magnifique ! » gronda la préfète.

Soudain, des bruits retentirent dans le couloir. Des détenus sifflaient, lançaient des injures et des gardiens tentaient de les calmer.

- Que se passe-t-il encore ? maugréa l'enchanteresse en se levant.

Trois personnes s'arrêtèrent devant les grilles de la pièce et la Serpentard fronça les sourcils à la vue d'un homme vêtu d'une robe de sorcier encadré de Mary Grant et d'une femme en uniforme d'Auror. La préfète mit quelques secondes à reconnaître Tonks dont le visage, habituellement jovial et rieur, était fermé.

- Miss Granger, je suis Elroy Chaterston, le directeur de la prison. J'ai reçu l'ordre du nouveau Ministre de la Magie, Mr Scrimgeour, de vous libérer. Votre avocate vous attend dans le hall des visiteurs. Le capitaine Tonks et Miss Grant vont vous accompagner récupérer vos affaires pour vous escorter jusqu'à la sortie.

Mary Grant déverrouilla la cellule et Hermione sortit, se demandant si tout cela n'était qu'un rêve.

- A bientôt Miss Granger. Je vous promets qu'on se retrouvera… fit la voix de Grindelwald.

L'enchanteresse ne répondit pas, et fut emmenée à l'entrée de la prison. On lui rendit son uniforme de Poudlard, qui n'avait pas été lavé, et sa baguette magique. Grant fit un léger signe de tête à la Sage avant de retourner dans l'enceinte sécurisée de la prison, tandis que Tonks la dirigeait vers une pièce donnant sur le jardin extérieur de Nuremgard. Helen Parkinson les attendait et soupira de soulagement en voyant l'amie de sa fille.

- Capitaine Tonks, auriez-vous l'amabilité d'aller prévenir Monsieur le Ministre que nous serons dans son bureau d'ici un petit quart d'heure ? demanda l'avocate.

- Bien sûr, répondit la métamorphomage avant de s'éloigner pour gagner l'aire de transplanage.

Une fois seule, Helen s'approcha de la Serpentard et lui sourit.

- Ca a été plus long que prévu mais j'ai tenu ma promesse. Tu vas venir avec moi au Ministère. Le professeur… pardon, la Directrice McGonagall nous attend sur place. Scrimgeour souhaite discuter avec toi.

- Ca peut pas attendre demain ? demanda Hermione avec un regard suppliant.

- Plus vite ce sera fait, plus vite tu seras débarrassée… Je vais te faire transplaner. Ce serait dommage qu'à peine sortie de prison tu doives y retourner pour transplanage sans permis, non ?

- Effectivement. Merci pour tout, Mrs Parkinson… murmura l'enchanteresse.

- De rien, Hermione. On y va ?

La Sage hocha la tête et, quelques minutes plus tard, elle retrouva la sensation familière et toujours désagréable du transplanage. Quand elle put enfin prendre une grande inspiration, elle se retrouva dans le hall du Ministère, toujours ravagé par la bataille qui s'était déroulé quatre nuits plus tôt. Alors qu'elle pénétrait avec son avocate dans un des ascenseurs, elle savourait la liberté retrouvée.


Et voilà ! En espérant que ça vous a plu ! Un commentaire ? Une remarque ? Le bouton review est fait pour vous ! ^^

En vous souhaitant un bon vendredi et un excellent week-end, Sygui et moi vous faisons de grosses bises !