Hey tout le monde ! Okay, ça a été long... Très très long. Mais pour une fois, j'avais une bonne raison : Plus d'ordinateur !

J'avais perdu toute la fic et honnêtement, j'avais pas vraiment envie de reprendre. Mais bon, vos reviews m'ont motivé et me revoilà !

Toujours pas beaucoup d'action dans ce chapitre, mais il sert juste de transition pour ce qui arrive. A savoir un peu de Faith/Ken

Je remercie tout ceux qui laisse des reviews et OTH-FOQ qui prend le temps de corriger mes chapitres ( et qui le fait plus rapidement que moi ! )

Bonne lecture, et si vous avez des idées à me donner, je suis toute ouïe !

Chapitre 16

Je me retrouvais à nouveau dans cette pièce noire, sans murs, sans plafond et sans sol. Cette immensité noire semblait m'engloutir toute entière. J'étais couchée – ou plutôt en position horizontale, pas sûre de pouvoir s'allonger dans le vide.

Et comme la dernière fois, j'étais totalement submergée par une douleur atroce, une perforation, et au sens littéral du terme. Toutes mes fibres nerveuses étaient excitées, et c'était pas vraiment une partie de plaisir.

La femme se tenait à côté de moi, accroupie, regardant loin devant elle.

« As-tu fais ton choix ? Demanda-t-elle mystérieusement. »

Pourquoi, ô pourquoi elle continuait de m'emmener faire un tour dans ce néant déchirant pour me poser des questions sans aucun sens ? Mais qu'avais-je fait, bordel ?!

« Foutez-moi la paix... Gémis-je. »

Elle continua de regarder loin, sans même prêter attention à mes paroles. Ou même à mon agonie qui commençait vraiment à être au-delà du supportable.

« Pourquoi ne m'écoutes-tu pas ? Me réprimanda-t-elle. »

Hein ? C'est un tout petit peu l'hôpital qui se fout de la charité là, on est d'accord ? Elle faisait que m'ignorer moi et mes gémissement de douleur, mais après faudrait que je l'écoute quand même me raconter ses salades sur les choix et tout le bazar ? Elle me tire d'une bonne nuit de sommeil bien mérité dans les bras de B pour me raconter son baratin, je l'écoute sans rien dire, elle répond pas à mes questions, et encore c'est ma faute ? Elle me prend un peu pour une conne, on est d'accord hein ?

« Quel choix ? Demandai-je, réprimant difficilement le flot d'insultes qui voulait sortir.»

J'étais sûre que ça n'aurait pas arrangé les choses.

« On en a déjà parlé, tu t'en souviens ? Tu as choisi de ne pas te retourner contre tes amis. C'est un grand pas, venant de toi. »

J'essayai de détecter une pointe d'ironie dans sa voix, en vain. Elle ne semblait pas vouloir rire. Merde, elle me pensait si foutue que ça ? Incapable de faire de « bons choix » ? J'étais à ce point un cas désespéré ?

« As-tu choisi de le dire à tes proches ? Leur as-tu demandé conseil ? »

Je restai silencieuse. Non et non. Ça ne servait à rien de toute façon. Que je le dise ou pas, ça ne changerait rien. Je mourrai le 31, point barre.

« Ça les concerne, après tout. C'est de leur faute si tu meurs.

Non... Ce n'est pas à cause... A cause d'eux... Haletai-je, les yeux fermés.»

Cela pourrait presque être une conversation tolérable sans cette putain de souffrance. Franchement, ils abusaient un peu. Elle abusait de me faire venir ici pour me dire que des conneries.

« Tu meurs car tu ne veux pas rejoindre le côté adverse, côté qui te traiterait comme une reine...

- J'ai déjà goûté au pouvoir et à l'obscurité, ça m'a coûté trois ans de taule. Non merci, fis-je sans bégayer, ce qui me ravit.

- Ici tu n'irais pas en prison. Tu es indispensable aux deux camps. Sans toi avec eux, la victoire leur est arrachée. Alors, tu n'as aucune autre raison que tes amis pour t'éloigner du camp adverse.

- Ils n'y sont pour rien.

-Alors quoi ? Qui ?

- Je veux juste être quelqu'un de bien pour une fois ! Et si je dois mourir pour ça, soit ! M'exclamai-je, furieuse. »

Elle se redressa, silencieuse, et me sourit comme la dernière fois.

J'ouvris les yeux rapidement, haletante et en sueur. La respiration erratique, je scrutai les environs avec un air sur mon visage qui, je ne doute, devais être très comique.

Je reconnus rapidement la chambre du square Grimaurd et je lâchai un soupir de soulagement. Cette tarée m'avait enfin libérée. Je me demandai vraiment combien de temps elle m'avait gardé cette fois.

Je me rendis compte qu'une main était sur mon épaule, et je tournai lentement la tête. Malgré l'obscurité, je distinguai deux prunelles émeraude qui me fixaient avec insistance et inquiétude.

« Tout va bien, Faith ? Demanda B d'une voix endormie.

- Ça va t'inquiète. Rendors-toi, la rassurai-je en évitant son regard, laissant mes yeux se poser sur le mur défraîchi devant moi.

- C'était un cauchemar ? Tu parlais et tu semblais souffrir. J'ai essayé de te réveiller mais je n'ai pas pu. Ça avait l'air assez intense...

- Tout va bien, Buffy, répétai-je d'une voix lasse, utilisant son nom complet comme pour l'avertir de ne pas aller plus loin.

- Si tu le dis... Ça fait deux fois que tu as ce genre de rêve, Faith. Si tu veux que notre relation marche, il va falloir que tu t'ouvres à moi, que tu arrêtes de me cacher des choses, fit-elle d'une voix triste. »

Elle attendit quelques instants une réponse, puis, lasse, elle se recoucha de son côté du lit double que nous avait fourni Kreattur. Mon cœur se serra sous la culpabilité, et je me couchai également, toujours incapable de prononcer le moindre son. Car la seule phrase qui sortirait en ce moment serait 'On peut pas construire une relation, je vais mourir'.

Et, entre nous, c'était pas vraiment cool d'insérer ça dans une conversation avec la personne que tu aimes.


« Ce n'est toujours pas un Patronus ça, Faith, soupira Harry en croisant les bras. »

Je soufflai à mon tour et passai une main dans mes cheveux. Voilà une heure et demie qu'on était dans le sous-sol et malgré toute l'aide et les explications de mon demi-frère, rien n'y faisait. Je bloquai littéralement sur ce sortilège.

« Un souvenir heureux, Faith. C'est tout. Juste un souvenir, m'encourageai-je. »

Je pointai ma baguette devant moi, déterminée. Harry sourit devant ma résolution et ouvrit la grande malle d'un coup de baguette.

Aussitôt, une forme noire gigantesque apparut devant mes yeux.

« Spero Patronum, dis-je avec fermeté. »

Si le faux Détraqueur avait été doté d'une bouche, il aurait éclaté de rire devant ma pitoyable performance. Une très légère nappe de fumée blanche sortit de l'extrémité de ma baguette, n'empêchant en rien la silhouette de foncer sur moi.

« Spero Patro... Commençai-je, mais cette tentative n'aboutit même pas. »

Alors que je sentais mes forces me lâcher à une vitesse phénoménale, la silhouette disparût. Je chancelai un peu alors qu'Harry me donnait une énième fois un carreau de chocolat.

« Tu n'es pas assez concentrée sur ton souvenir. Est-il même assez puissant ? Demanda le brun alors que je grignotai la friandise. »

Je grimaçai et continuai à savourer ma sucrerie. Un souvenir à la fois heureux et puissant. Ha ha ha. Quelle blague.

« Écoute, j'suis juste peut-être pas faîte pour apprendre ce sort, alors, laissons tomber, okay ? Déclarai-je en faisant courir une main dans mes cheveux. »

Il fronça les sourcils.

« Ce n'est pas un sort facile, mais il n'y a qu'une personne de ma connaissance qui ne sait pas formuler ce sort.

- Qui c'est ? Peut-être que c'est pour la même raison ?

-C'est Voldemort. Il est incapable d'éprouver du bonheur. Mais bon, il ne s'inquiète pas trop des Détraqueurs. Il sait comment les manipuler. Tu te crois tant semblable à lui que ça ? Incapable d'être heureuse ? Demanda-t-il en croisant les bras, ses prunelles vertes ancrées dans les miennes. »

Bon, c'est vrai que j'avais eu une enfance malheureuse, une adolescence chaotique et un début merdique dans ma vie d'adulte. Mais peut-être pas à ce point quand même. Je savais être heureuse. Les moments avec Ken étaient plutôt cool. Et ceux avec B étaient pas mal aussi...

« A moins que ce soit la prophétie qui continue à te travailler.

- Je continue toujours à me demander pourquoi un vieux fou doit me tuer pour régner en maître suprême sur le monde. J'ai rien demandé, moi.

- La vie est injuste, Faith.

- Ouais, c'est vraiment une chienne. Et puis... Pourquoi j'apprends tout ça, tous ces sorts. Je vais mourir dans moins de quinze jours, mais personne ne veut me laisser en paix. Franchement, je passerai bien les quinze derniers jours de ma vie à glander. Mais non, faut que je bosse. Pourquoi ? Je vais me jeter droit dans la gueule du loup le 31, y a pas de solution miracle.

-Peut-être que si, dit-il mystérieusement.»

Je serrai les poings de rage. Je commençai vraiment, mais alors vraiment, à en avoir plein le dos de leurs sous-entendus merdiques. Bordel, ça leur coûtait quoi d'expliquer les choses clairement ? Deux phrases en plus ?

« Honnêtement Harry, si tu sais quelques chose et que tu me le dis pas, demi-frère ou pas, je te démonte ta tête. Est-ce que tu me comprends ? »

Il hocha la tête, imperturbable. Là, voilà ce qu'il faut faire. Etre claire et précise. J'aurai pu dire 'si tu omets de me mentionner une information importante, il se pourrait que dans un avenir plus ou moins proche, la partie supérieure de ton corps soit menacée, voire même condamnée.' J'aurai pu dire ça, mais j'avais préféré être claire et précise. Putain, pourquoi les gens pouvaient pas être un peu comme moi, des fois ?

« Je ne sais rien, Faith. Tout ce que je peux te dire, c'est que Dumbledore ne fait jamais rien sans raison. Peut-être y a-t-il encore un espoir que tu survives ?

- Tu as bien entendu la prophétie, non ? 'Ce ne sera que lorsque le dernier battement de cœur de l'Essence résonnera au milieu de la bataille que le pouvoir ultime pourra être distribué'. Tu vois un espoir la dedans, toi ? »

Il ne répondit pas, esquissant seulement une grimace.

« C'est bien ce que je pensais, lançai-je, amère.

- Hey, Faith, tu es là ? Fit une voix étouffée à l'étage.

- Au sous-sol ! Criai-je en reconnaissant Ken. »

Harry soupira, apparemment frustré de pas avoir pu répondre à ma question.

« Tout va bien, frérot. Occupe-toi de ta prophétie et je m'occupe de la mienne, okay ? »

Il hocha la tête, peu convaincu, et monta les escaliers. Il sortit de la pièce au moment où Ken entra.

Quel timing, dis donc. Elle descendit vers moi en lançant un regard derrière son épaule.

« Tu lui as fait quoi ? Il tirait une de ces tronches ! S'exclama-t-elle en pointant la porte derrière elle de son pouce. »

Je soupirai et haussai les épaules comme réponse.

« Tu veux quelque chose en particulier, Ken ? Parce que je m'entraînais là.

-Ouais, j'aimerai te parler... A propos du mariage. »

Génial. J'aillai avoir une conversation avec ma meilleure amie sur le mariage que je ne pourrai peut-être même pas voir. C'était définitivement la meilleure journée de ma vie.

« Ah oui, le mariage... Y a un problème ?

- Non, je voulais te dire qu'on avait décidé d'une date Will et moi. Dumbledore nous a dit que la grande bataille était le 31. On a décidé de le faire après. Will était pas très d'accord au début, mais elle a cédé.

- Après ? Mais je croyais que vous vouliez le faire en Angleterre... Déclarai-je en réprimant un soupir. »

Je ne pourrai pas assister au mariage de ma meilleure amie. Et honnêtement, même avec la menace du titre de demoiselle d'honneur et de toutes les responsabilités qu'elle avait (notamment le port d'une robe), ça me faisait vraiment chier de pas pouvoir être aux côtés de Ken pour ce jour-là. Mais je ne pouvais pas lui dire ça, si ? Bien sûr que non...

« Ouais, à ce propos... On ne rentrera pas tout de suite à Cleveland. Willow veut revoir d'anciennes amies en Écosse, et puis… Elle veut rencontrer mes parents. Je lui ai dit que c'était totalement inutile, mais elle insiste, alors... On va devoir aller se pointer chez moi où ma mère va lui raconter plein d'histoires embarrassantes et que mon père va essayer de l'effrayer. Enfin, tu vois le style.

- Ça va être l'horreur, dis-je, incapable d'émettre plus de son.

- Un véritable calvaire, affirma Ken. Mais… Ça le vaut. Crois-moi, Faith, ça vaut le coup. Will, c'est vraiment la bonne, tu sais ? »

Je souris à ces paroles, presque attendrie (mais pas totalement, parce que je ne suis ni une pré-adolescente, ni une faible, ni une personne guillerette et surtout pas le portrait craché de B). Mais cette petite voix dans ma tête ne cessait de me répéter que Ken allait devoir supporter la mort de sa meilleure amie juste avant son mariage, et que c'était injuste. Mais on avait déjà statué sur la situation. La vie était injuste. Et sans vouloir me faire plaindre ou quoique ce soit, en ce moment, la mienne l'était particulièrement.

« Enfin, je crois que tu le comprends... Ça a l'air d'aller avec Buffy, dis-moi ! »

Je lâchai un petit rire en haussant mes sourcils.

« Pas très subtil le changement de sujet, tu m'as habituée à mieux, fis-je en souriant.

- Ouais, bah, je ne cache pas que j'ai envie de savoir ce qui se passe dans ta tête. Savoir si je vais avoir bientôt le titre de demoiselle d'honneur moi aussi.

- Ouais, t'emballes pas Ken, ça fait quoi, 3 jours ? C'est déjà notre record personnel pour ne pas s'être engueulées, commence pas à nous caser pour la vie, okay ?

- Ouais, mais y a un progrès immense là ! Merde, Faith, tu sors avec Buffy Summers ! Tu attends ça depuis des années ! Des années que tu baves dessus, et là, maintenant que tu peux enfin l'avoir, on dirait que t'en a rien à foutre ! Qu'est-ce qui va pas ?

- Tout va bien Ken... commençai-je, mais apparemment elle n'était pas décidée à me laisser exprimer mes opinions.

- Non, sinon tu sauterais de joie, comme toute personne normale !

- Et ben, je suis pas normale okay ? Je suis pas comme toi, comme Red ou comme B ! Je saute pas de joie moi !

- Pourquoi ? En quelques jours tu apprends que la fille de tes rêves a des sentiments pour toi, qu'une partie de ta véritable famille vient d'être dévoilée et qu'elle est représenté par un mec adorable et très sympa, que ta meilleure amie va se marier, alors pourquoi tu tires cette tronche d'enterrement ? Demanda-t-elle presque en criant.»

Putain, je savais qu'elle le verrait. Je connais peut-être B et Red depuis plus longtemps, mais c'est sans aucun doute Ken qui me connaissait le mieux. Je savais qu'à la minute où elle serait réveillée, elle allait comprendre qu'un truc clochait. C'était certain. Putain de merde. Sors toi de là, Faith, et vite !

« Juste... Laisse tomber Ken, okay ? »

Génial, c'est sûr que là, elle allait te laisser tranquille. Pitoyable Faith. Bouge-toi pour trouver une raison à ta gueule de dépressive.

« Ouais, non, ça va pas arriver. Je suis ta meilleure amie, bordel. Tu peux me parler, Faith. Merde, je sais que t'es pas habituée à avoir des personnes à qui parler, mais je suis là. Il s'est passé quelque chose, quelque chose d'assez important pour t'empêcher d'être heureuse des choses que tu voulais le plus dans ta putain de vie ! Ce que tu comprends pas, c'est que quand toi tu es malheureuse, des gens autour de toi s'empêchent aussi d'être heureux, parce qu'ils sont morts d'inquiétude ! Will, Buffy, moi ! Merde, Faith, arrête de vivre recluse et de t'enfermer dans tes malheurs ! Dis-nous ce qui se passe dans ta tête, dis le moi ! S'écria-t-elle en plantant son regard dans le mien. »

Je serrai les dents et détournai le regard. Les yeux de Ken étaient bourrés de colère et d'inquiétude. Mais je pouvais pas la rassurer, non. Parce que ça ne la rassurerai pas. 'Et alors quoi, tu attends le jour J pour dire à tous que tu vas crever dans la soirée ?' fit une petite voix insupportable dans ma tête. Je ne savais pas quoi faire. J'étais perdue.

« Tu te fais des idées Ken. Tout va bien. »

Je ne la regardais pas, ne voulant pas voir la déception dans ses yeux. Je ne pouvais pas remplir mon rôle de meilleure amie là, j'en étais juste incapable. Et je ne pouvais pas remplir mon rôle de petite amie avec B. Je savais pas pourquoi, mais je sentais que j'étais en train de tout gâcher.

« Je vois. T'as intérêt à vite changer d'avis et de profiter d'avoir des gens à ton écoute, parce que ça risque de pas durer si tu continues à faire ta tête de con ! S'écria-t-elle. »

Elle sortit du sous-sol en claquant la porte derrière elle, faisant trembler les murs de la pièce. Bon, je pensais pouvoir dire qu'elle était en colère. Très certainement contre moi, d'ailleurs. Je passai une main sur mon front, écartant quelques mèches de cheveux au passage, et fermai les yeux. Une boule était en train de se créer dans ma gorge, et la culpabilité me tordait les entrailles. Je devais leur parler. C'était pas juste de les laisser dans l'ignorance pour la simple et bonne raison que j'avais pas le courage de l'avouer. Que je ne m'étais pas encore faîte à l'idée que j'allais mourir tout simplement.

« Ça te dérange si je te rejoins ? Demanda une voix à la porte. »

J'ouvrais les yeux et les tournais vers la silhouette de Red. Elle se tenait là, debout au seuil avec des yeux de chien battu.

« Non. »

Simple, précis. Je commençai vraiment à devenir un modèle en la matière... Elle descendit vers moi et alla s'asseoir sur les tapis entassés derrière moi.

« J'ai croisé Ken. Peux-tu me dire pourquoi ma fiancée était énervée à ce point ? Demanda la rousse en penchant la tête sur le côté.»

Je baissai la tête et raclai le sol bétonné avec les semelles de mes chaussures comme une gamine prise en faute.

« Elle essaye de se mêler de chose qui ne la regarde pas, déclarai-je.

- Oui, c'est ce que font les meilleures amies. Tu pourras demander à Buffy combien de fois elle a dû subir mon 'visage résolu' pour avouer des choses qu'elle ne voulait pas dire, fit Willow avec un petit rire. »

J'esquissai un petit sourire, imaginant très bien la scène.

« Kennedy tient énormément à toi Faith. Pourquoi tu ne lui fais pas confiance ? Questionna-t-elle.

- C'est pas ça. C'est juste que c'est quelque chose que je dois arriver à régler seule. Je ne veux pas vous impliquer plus que vous ne l'êtes déjà, me défendis-je.

- Tu veux dire que ta mort prochaine ne nous concerne en rien, c'est ça ? Dit-elle innocemment. »

Je levai la tête à ces mots, la fixant droit dans les yeux. Elle était au courant ? Comment pouvait-elle le savoir ? Dumbledore m'avait assuré que seuls quelques membres de l'Ordre de je-sais-plus-quoi étaient au courant. Elle lisait mon esprit ou quoi ? Je fronçai les sourcils.

« Tu lis dans les pensées toi aussi ? Reste loin de mon cerveau Red, je suis sérieuse, la menaçai-je. »

Ses yeux s'agrandirent sous le choc, mais je ne savais pas si c'était dû à la menace ou à l'accusation. Elle leva les deux mains pour se protéger, comme si j'allais l'agresser physiquement. Je pouvais pas, bien entendu. D'abord, parce qu'elle était la fiancée de ma meilleure amie actuellement très en colère contre moi. Et puis aussi parce que, ben, j'avais pas vraiment envie de me transformer en une connerie comme une grenouille ou un grille-pain. Ça faisait des mois qu'elle nous bassinait sur le fait qu'il en manquait un à l'académie, je voulais pas vraiment dépanner, si vous voyez ce que je veux dire.

« Non, non, c'est pas ça, pas ça du tout ! Je veux dire, oui je peux lire dans les pensées si je le voulais, mais je ne le fais pas ! Enfin des fois je le veux, mais c'est pas pour autant que je le fais, même si je le peux et le veux ! Parce qu'il y a une certaine intimité à respecter et que les gens n'aiment pas qu'on entre dans leur tête... Bon d'accord, j'avoue, des fois je le fais, mais jamais sur toi ! J'entre pas dans ta tête, ne t'inquiète pas, même si Kennedy me le demande des fois ! Oh mon Dieu j'aurais jamais dû dire ça, tais-toi Willow, tais-toi Willow ! Et puis – Non, arrête de parler ! »

Je la laissai divaguer, les bras croisés et un sourcil relevé. Oui, c'était ça la source de pouvoir magnifique, l'une des sorcières les plus puissantes qui puissent exister sur cette planète, celle qui pouvait réaliser n'importe quel sort en un claquement de doigts, une déesse aux dons quasi-illimité. Une petite rousse qui babillait. On était pas dans la merde.

« Ça va ça va, j'ai compris Red, tu lis pas dans mes pensées. Pourquoi tu sais ça alors ? L'interrogeai-je, lui faisant cesser son discours. »

Elle haleta comme si elle était en apnée depuis le début de son speech, ce qui ne m'étonnerait qu'à moitié.

« Dumbledore m'a fait écouter la prophétie, révéla-t-elle après avoir repris son souffle.

-Quoi ?! Pourquoi ? M'étonnai-je. »

Je le retiens, le vieillard. 'Evitez de divulguer cette prophétie, moins de personnes sont au courant, moins ce sera dangereux'. Résultat, il commençait à y en avoir beaucoup trop de gens qui la connaissait à mon goût. Elle se mordit la lèvre en essayant d'éviter mon regard.

« Qu'est-ce qui se passe, Red ? »

Elle ne répondit pas, continuant de poser ses yeux partout sauf sur moi.

« Willow, qu'est ce qui se passe ? Demandai-je, sérieuse. »

C'était plus l'emploi de son prénom que la question qui lui fit tourner la tête vers moi, ses yeux verts noisettes s'ancrant enfin dans les miens. J'y vis une certaine douleur mélangée à de la frustration, ce qui m'interpella un peu.

« Un problème ?

- Je ne suis pas censée t'en parler, fit-elle d'une voix mal assurée. »

Vu son ton, je savais déjà qu'elle allait craquer.

« Will, dis-moi. Ça concerne la prophétie ? Demandai-je en l'obligeant à me regarder. »

Elle ferma les yeux pour éviter les miens et soupira. C'était gagné.

« Dumbledore m'a demandé d'étudier la prophétie pour voir s'il n'y aurait pas une solution alternative. Parce que la prophétie est un double problème, avoua-t-elle.

- C'est à dire ? Fis-je, la gorge sèche.

- Non seulement elle prédit ta mort, mais elle est aussi très claire sur la date. Le 31 décembre. Et Voldemort connaît la prophétie.

- Je vois toujours pas le souci. Explique-toi.

- Il te veut dans ses rangs. Ou du moins, il te voulait. Maintenant, il veut te tuer avant la veille du nouvel an pour ne pas être inquiété par la prédiction. Le plan de Dumbledore est de te garder enfermée jusqu'au 31, pour qu'il soit totalement bloqué. Lors de la bataille, Voldemort sait qu'aucun de ses adeptes ou lui ne devra te tuer, sous peine de perdre la guerre. Il faudra donc...

- Que ce soit quelqu'un de notre camp qui me tue j'ai compris. En gros, vous attendez juste le bon moment pour me sacrifier, quoi ? Fis-je d'une voix si glaciale qu'on aurait cru à une attaque de Détraqueur.»

Willow me regardait sans rien dire. Voilà où j'en étais arrivée avec ces conneries de magie. Putain, des jours, je me disais que j'aurais dû rester en prison. On m'aurait foutu la paix au moins.

« Qui ? Demandai-je toujours sur le même ton.

- Dumbledore veut le faire. Il va falloir une certaine quantité de pouvoir pour neutraliser une Tueuse avec de la magie. Toi encore plus, vu ton potentiel. Mais si Dumbledore n'y arrive pas, ce sera à moi de le faire. »

J'encaissai ses paroles, sans rien dire. Je sentais progressivement la colère s'insinuer en moi. Mourir était une chose, mais par la main de mes amis en était une autre. Je serrai les dents et senti mes mains trembler.

« Et tu as trouvé une solution alternative ? Questionnai-je, la voix tremblante. »

Elle secoua négativement la tête pour répondre, et baissa les yeux vers le sol.

« Alors je vais mourir, c'est définitif. Il n'y a plus aucun espoir. »

C'était plus une déclaration qu'une question, mais j'espérai quand même qu'elle me réponde que j'avais tort. Un bruit de verre cassé se fit entendre et Red et moi levâmes simultanément la tête vers la porte qui reliait le sous-sol au salon. Mes yeux s'agrandirent sur la brune sur le seuil, un verre brisé dans la main, le regard fixé sur moi.

« Ken... Commençai-je, mais c'était trop tard. »

Elle se retourna et détala vers le salon. Sans penser une seconde à quelque chose, je grimpai les escaliers quatre à quatre et entrait moi-même dans le salon. J'arrivai à temps pour la voir se dirigeait vers une porte et je la suivi. Je me sentis entravée par plusieurs paires de bras, mais je les écartais sans délicatesse. Mon cœur battait à la chamade, ma respiration était sifflante et je luttai activement contre les personnes qui me retenaient. Je ne voyais personne, rien, seulement cette porte qui s'ouvrit à la volée pour se fermer derrière Kennedy. Alors sans réfléchir, je sortis ma baguette et lançai derrière mon épaule.

« Impedimenta ! »

Les bras me lâchèrent aussitôt, et je profitai de la voie libre pour me faufiler entre les imposantes armoires. Je ne jetai pas un regard derrière moi, et attrapai la poignée, ouvrant la porte avec plus de force que nécessaire. Je continuai à courir, ne me souciant pas de mon environnement ou des bruits qui m'entouraient. Kennedy était hors de vue maintenant, mais je gardai une allure constante, comme si elle allait apparaître miraculeusement devant moi. Je ralentis ma course seulement cinq minutes après avoir franchi la porte, me rendant compte que même si la maison était grande, elle ne pouvait pas l'être à ce point. Je posai pour la première fois depuis de longues minutes le regard autour de moi. Des arbres verts foncés et des maisons en briques se dressaient là, seulement illuminés par les rares lampadaires au bord de la chaussée. Je levai les yeux vers le ciel étoilé et mon souffle resta bloqué dans ma gorge.

Ma meilleure amie avait disparu. J'étais à l'extérieur alors que je ne devais pas sortir de la maison. Pire, je ne savais même pas où j'étais.

Ah, si. J'étais dans la merde.