Trouvant cette section consacrée à Major désespérément vide, je me suis décidée à mettre quelque chose dessus. C'est vrai quoi, cette série mérite amplement d'être mieux représentée ici... Ou en tous cas représentée déjà, on verra pour le « mieux ».

Du coup, comme je suis une grande fan du personnage de Toshi, ben c'est sur lui que c'est tombé. Et tant qu'à faire dans la fan fic, ben je lui ai collé une copine, vu qu'il a pas été fichu de s'en trouver une en 6 saisons (même si on y a presque cru à un moment).

Donc je vous présente une fan fiction assez banale somme toute, juste pour le plaisir de caser un personnage que j'aime bien avec un OC.

Comme ça avait assez peu d'intérêt sur le fond, j'ai fait de l'expérimental sur la forme. J'ai donc complètement déstructuré mon histoire, je ne l'ai racontée que via une série de scènes clés que j'ai collé dans le désordre. Et la première se situe pratiquement à la fin.

Du coup, je suis très intéressée par les review, pour savoir, d'une part si ma narration fonctionne, si on arrive à relier les morceaux (bon, c'est pas un thriller en même temps, ça devrait aller), si c'est clair et cohérent, et si, même avec un concept bateau, mon histoire plait.

Enfin déjà, à la base je remercie ceux qui liront!

I- Dusk... and her embrace

Il se disait vaguement qu'il le verrait mieux avec une lumière moins tamisée. Mais après tout, nul ne connaissait ce tatouage aussi bien que lui. Assis sur le bord du canapé, Toshi se penchait vers le corps longiligne étendu sous lui. Il étendit la main pour repousser avec délicatesse une mèche de cheveux de jais et dégager la nuque de la jeune femme. Du bout des doigts, il suivit le dessin qui courait entre ses épaules. Chaque ligne, chaque courbe, chaque trait. Il n'en revenait toujours pas qu'elle ait fait graver ce souvenir sur sa peau. L'émotion lui serrait la gorge alors que des images lui revenaient. Il ferma les yeux et se pencha encore pour déposer ses lèvres sur la peau de Leila. Sous la caresse, elle frémit comme un chat langoureux.

- Tu devrais enlever ta chemise si tu veux qu'on soit à égalité, murmura-t-elle d'un ton goguenard.

C'était bien elle de continuer à se moquer de lui même dans cette situation. Mais Toshiya était un garçon serviable et bien élevé. Il faisait toujours ce que les dames lui demandaient. Sa chemise atterri sur la tête de Leila, qui pouffa avant de la faire tomber au sol. Puis elle se redressa et le regarda par dessus son épaule, les yeux brillants d'un éclat malicieux. Elle le détailla ouvertement, observant avec attention la musculature de l'athlète qu'il était devenu.

- Tu apprécies la vue?

- Je ne me plains pas, répondit-elle d'un ton satisfait.

Il éclata de rire alors qu'elle reposait à nouveau le menton sur ses bras croisés devant elle.

- Je commence à me faire à l'idée du sportif professionnel. Je savais que c'était ce que tu voulais faire, je t'y avais encouragé d'ailleurs, mais je crois que quelque part, je n'ai jamais envisagé que quelqu'un de brillant comme toi ne poursuive pas ses études.

- Je te déçois?

- Quelle drôle d'idée... Arrêtes donc de te faire des noeuds au cerveau.

- L'hôpital qui se moque de la charité... murmura-t-il tout en passant à nouveau les doigts sur le tatouage qui ornait le dos de sa compagne.

Elle ne répondit pas, le laissant poursuivre ses caresses et replonger dans ses pensées. Il y avait huit ans qu'il avait fait ce dessin. Oh, bien sûr, l'original n'était pas aussi beau, le tatoueur qui avait immortalisé son oeuvre était un véritable artiste lui. Il ne s'agissait que d'une tentative maladroite de représenter ce qu'il ressentait, ou plus exactement la façon dont il se représentait Leila à l'époque. Il se sentait bien incapable de faire son portrait, alors il avait usé d'une image. Des grandes ailes étendues, avides de liberté, enserrées dans des épines qui les oppressaient à les faire saigner. Avec le recul, la représentation tenait un peu du cliché, et pourtant il trouvait toujours que ça lui ressemblait.

- Il a fait un superbe travail ton tatoueur.

- Parce qu'il a réussi à faire en sorte que ce ne soit pas kitsch?

Il grimaça. Dans le mille, comme d'habitude. Elle avait le chic pour formuler de façon percutante ce qu'il osait à peine se dire lui même. Elle s'étira légèrement sous lui. Il se pencha alors à nouveau pour embrasser les épaules de Leila, suivant le tracé du dessin de ses lèvres, une formulation muette de la gratitude qu'il ressentait pour la jeune femme, pour ce tatouage, et cette promesse éternelle que même loin de lui, elle ne l'oublierait jamais. La preuve que jamais elle ne l'abandonnerait. Elle savait à quel point c'était précieux pour lui. Il lui en était reconnaissant.

- Tu sais, murmura-t-elle alors, avec ma vie complètement déstructurée, il n'y avait qu'une seule chose au monde que je ne souhaitais pas perdre. Mais le risque de l'égarer me flippait tellement que le jour où j'ai rencontré un tatoueur assez doué, j'ai décidé de graver ce souvenir sur ma peau à jamais. Parce que ça venait de toi. Parce que tu avais su exprimer de cette façon quelque chose qui me définissait mieux que des mots. Pour être certaine que ce serait un souvenir que personne ne pourrait m'arracher. Et en définitive, il se trouve que j'ai toujours l'original. Ce dessin, et mon premier médiator. Ce sont les deux seuls trucs que j'ai réussi à sauvegarder dans le chaos délirant de mon existence.

Penché sur elle, le visage enfoui dans son opulente chevelure, Toshi écoutait. Quand elle se tût, il demeura un instant immobile à respirer son parfum, apaisé. Heureux. Puis il recommença à promener ses lèvres sur sa peau. Après ces confidences, il commençait à se sentir d'humeur mutine, et bientôt, ce furent aussi ses mains qui commencèrent à courir sur le corps de la jeune femme contre lui. Elle soupira, et, d'une invitation muette, l'incita à poursuivre. Il n'avait de toutes façons pas besoin de beaucoup d'encouragements, le souffle court et les pensées de plus en plus embrumées.

La porte claqua. Toshi se redressa en sursaut, hagard. Un beuglement résonna dans tout l'appartement.

- Hey Toshiiiii, tu m'héberges?

Goro ne s'attendait pas à ça. Bien sûr, cela relevait de l'évidence, sans quoi jamais il ne serait entré comme ça chez Toshi sans se poser de question. Après tout, n'était-ce pas pour ça que son meilleur ami lui avait donné un double des clés? Il ne se serait jamais imaginé qu'il tomberait sur Toshi torse nu avec une femme sur le canapé du salon. Non que le concept soit complètement délirant, après tout son ami était un jeune homme en pleine santé, et avait plutôt la côte auprès de la gent féminine. Mais enfin Toshi était un garçon discret quand même! Qu'est-ce que c'était que ces manières de se sauter dessus dans le salon? Pourquoi n'étaient-ils pas dans la chambre plutôt que de jouer les exhibitionnistes? Goro tentait encore de rassembler ses pensées quand il reconnu la fille, et il s'étrangla presque. Merde quoi! La veille encore ce faux jeton lui avait assuré qu'il n'y avait rien entre lui et cette furie! Il allait protester quand son regard croisa celui de son ami. Pour la première fois de sa vie peut-être, Goro eut la présence d'esprit de se taire, estimant qu'au vu de l'état de fureur de Toshi, commencer à lui faire des reproches par dessus le marché ne serait sans doute pas de nature à améliorer la situation. Il envisagea presque de ne rien dire du tout, de faire demi-tour et de repartir sans demander son reste.

Sauf qu'il ne pouvait pas. Cette pensée s'imposa à son esprit comme douche froide. Il s'était engueulé avec Shimizu, était parti en hurlant des âneries, et il n'était pas encore prêt à rentrer la queue entre les pattes. Il était exclu d'aller chez ses parents et de subir l'assaut de questions que son arrivée au beau milieu de la nuit provoquerait. Il ne lui restait donc que son meilleur ami, le seul chez qui il pouvait débarquer à deux heures du matin sans se faire (trop) incendier. Du moins l'espérait-il.

- Heu... bredouilla-t-il pour rompre le le silence pesant qui les entourait encore. Je me suis un peu engueulé avec Shimizu et je me demandais si je pouvait dormir chez toi cette nuit.

Mal à l'aise, il se mit à rire bêtement en se frottant le nez. Toshi le fixait, toujours immobile. Il ne semblait pas décidé à répondre, ou peut-être préférait-il éviter de le faire. Après tout, le jeune homme avait toujours détesté se montrer grossier.

Le salut de Goro vint de là où il l'aurait attendu le moins.

Leila ravala difficilement sa colère et sa frustration. Toshiya semblait encore plus énervé qu'elle, et il fixait cet abruti de Shigeno avec l'air de vouloir le dépecer vif. Elle doutait qu'il soit capable du moindre comportement cohérent dans l'immédiat. Elle allait devoir prendre sur elle, puisque de toutes façons le reste de la nuit semblait gâché.

Elle tendit le bras par dessus l'accoudoir du canapé pour attraper la chemise de Toshiya, qui avait le mérite d'être à portée de main, même si elle allait nager dedans. Elle repoussa doucement le jeune homme derrière elle pour se dégager de son étreinte et enfiler le vêtement.

- J'imagine qu'on doit libérer le canapé dans ce cas, grommella-t-elle en attachant les boutons et en secouant Toshiya d'une bourrade pour le sortir de son mutisme.

Se remettant sur ses pieds, elle le regarda du coin de l'oeil se redresser et soupirer en levant les yeux au plafond le temps de retrouver une contenance. L'autre débile profond de Shigeno était toujours planté comme un piquet dans l'entrée, en souriant bêtement. Un peu crispé le sourire quand même. Bien. Elle empoigna les pans de la chemise pour les nouer sur son ventre, plutôt que de tout laisser bailler. Toshiya se leva à son tour et alla dans sa chambre chercher une couette et un oreiller pour son ami, sans avoir encore prononcé le moindre mot. Leila profita de son absence pour se tourner vers l'autre crétin et le toiser avec un regard narquois.

- Tu te doutes bien que ça va se payer... Et avec de gros intérêts.

Un frisson glacé parcouru l'échine de Goro.