Bonjour à vous !

Pour commencer les remerciements, à Annetoutsimplement, kraqui83, Kyssou, Grazie, Triskelle sparrow, LittleFlicka, LaFan, Caalypso94, lisou et les quelques anonymes : Merci Beaucoup !

Merci pour vos commentaires, et votre persévérance, après tout, certains d'entre vous me soutiennent depuis le début. (Nous savons là de qui je parle ;) Un trait de caractère qui demande énormément de patience, j'en ai conscience.

J'ajoute une mention spéciale pour miss Mia qui m'as écrit un des plus beau commentaire argumenté que j'ai jamais lu.

Comme je me le dois à chaque fois, je m'excuse pour l'irrégularité de mes publications. Le retour du travail à tendance à coupé toute pensée créative. Mais je n'abandonne pas je le promet !

Hope you like this one, enjoy reading ...

XX Poukie-scrapbook.

ps/ si l'envie vous en prends jetez un coup d'œil à mes autres fics peut-être vous plairont-elles.

8 : Se rapprocher d'une vérité.

Il avait fallu approximativement dix minutes au relais électrique pour acheminer l'information, une dépêche via ordinateur 'San Antonio – Texas' pour 'Yukon – Canada'. Un email sans objet, ni expéditeur. Un email que les cracks en informatique auraient jugé intraçable.

Ça ne m'avait pas inquiété, au contraire, la boîte remplissait son rôle d'agent de liaison.

Je n'avais rencontré qu'une fois l'humain à l'autre bout du clavier, c'était à son insu, dans un bar du vieux Manhattan. Un genre de bonhomme à complet bleu et cigares bas de gamme, transpirant ce parfum nauséabond de débrouille qui collait aux ambitieux ; aux prédateurs. Un personnage de la trempe des Grands, adjectif où le 'G' Majuscule se gargarisait d'une influence certaine. J'avais signé aussitôt.

En vérité, engagé cet humain n'était qu'un moyen d'évincer le Rat. James appelait ça 'frotter la petite bête' et considèrent mon mentor l'expression n'était nullement innocente. Je ne sue s'il se référait au Rat ou simplement à ma propre appellation - La bête - Peut-être étais-ce un mélange des deux, une façon de nous … lier ?

Une sale perspective dont il valait mieux ignorer les aboutissants.

Dans tous les cas, l'irrévérence qui caractérisait l'indic m'empêchait de lui reconnaître un talent en son domaine et je m'étais fait un plaisir de relayer sa place, dénigrant ainsi son importance au sein du clan. Mais la nature humaine de son remplaçant me procura une joie plus intense, devenant une humiliation vicieuse basé sur le principe communiste d'échange équivalent. 'Un animal pour un autre' Aurait-on pu avancer.

Le Rat n'apprécia pas le trait d'esprit comme il aurait dû et à ce souvenir, je m'étouffais presque de suffisance. Certes, ce n'était qu'une petite victoire dans mon combat pour lui pourrir l'existence, mais une victoire sur le chemin de la suprématie. L'e-mail reçu placerait, par ailleurs, une nouvelle brique sur ses épaules.

L'objet du message, quant à lui, tenait sur deux lignes un mot suivit d'une adresse.

' Trouvé

Parc Carlsbad ; Nouveau-Mexique ; USA'

Plus explications auraient été inutiles.

Il m'avait fallu huit secondes pour échapper au contrôle Cullen. Cinquante-deux heures plus tard je traversais l'Amérique du Nord.

Bien que l'avion soit un moyen de transport plus rapide je n'avais pu me résoudre à patienter en cabine. Si trop de nourriture concentrée au même endroit ne me rendait pas folle, il assurait un bain de sang. Qui disait bain de sang disait disparitions de pilotes et crash-aérien. Assurément un désagrément, de plus, je n'investissais pas à perte.

Ce furent donc cinquante-deux heures de courses, sous un soleil de plomb, jusqu'à cette grotte à l'aura si particulière si semblable à la mienne. L'aura vampirique.

Mon sourire s'étira, retenant à peine mon impatience. Enfin je la tenais !

Sachant qu'il ne s'agissait pas d'une visite de courtoisie, il aurait été impoli voire malvenu de ne pas s'annoncer. Je me fis donc entendre, soulevant bruyamment la terre de mes pieds nus. Pas que j'ai jamais accordé d'importance aux courtoisies, mais je devais à ce dossier un soin particulier. Après tout, Maria avait été le premier prénom sur ma liste.

D'ordinaire, il ne m'incombait pas d'engager les missions diplomatiques. Être ambassadeur demandait un panel, charme, malice, retenue, qui me faisait défaut. Ça c'était le travail de James. Il savait se montrer séducteur quand il le fallait. Une méthode qui ne m'emballait pas des masses, quel intérêt avais-je à appâter un tiers quant je pouvais le menacer ?

Prudente je pénétrais dans la caverne, laissant glisser ma silhouette à travers l'obscurité. Quelques rayons de lumières parvenaient à l'intérieur, se reflétant sur un enchevêtrement de crânes et d'os humains. Je réalisais assez vite qu'ils tapissaient les parois telle une mosaïque et face au manque de visibilité, je du imaginer la décoration dans son ensemble. Une vision spectaculaire auquel on ne pouvait contester une certaine beauté, assez macabre j'en conviens, mais néanmoins stylisé.

J'avais déjà-vu chose semblable dans une Chapelle … Portugaise me semblait-il. Dans une petite ville du nom d'Evora.

Si je m'étais alors demandé quel prétexte, la Sainte Église dans sa folie architecturale, avait-elle mise sur le compte d'un massacre d'innocent. La question d'un motif, ici, n'avait pas lieu d'être. Loin d'être contrefaite l'ornementation m'apparaissait pure. À l'image de la blancheur des os.

Maria annonçait la couleur, forçant mon admiration.

Ma réflexion artistique fut malheureusement interrompue par une voix caverneuse, faîte de grondements agressifs. Le genre de Kit d'intimidation trop parfait pour qu'il n'ait été travaillé par avance, mais je passais outre, ne voulant pas gâcher cette fabuleuse et première impression.

- Comment avez-vous trouvé cet endroit ? Disait la voix. Qui êtes-vous ?

- Maria ? Demandais-je pour seule réponse.

Ignorant mon intervention, elle reposait ses questions. Sa voix résonnait d'un côté, ses pas de l'autre, me donnant le tournis. Il m'était impossible de la localiser et je me sentis soudain en danger. 'En danger' me répétais-je comme si la notion m'avait frappé. Cette sensation d'insécurité provoqua une bouffé d'adrénaline qui pulsa dans mes veines. Je me sentis flotter jusqu'à ce que l'envie de rire fusse d'une violence irrésistible. Je ne me gênais pas, faisant ricocher mon bien-être à travers l'habitacle.

On me proposait une compétition, un jeu de stratégie. Un prédateur. Une proie. Qui était qui ? Question fascinante. Je ne pouvais décemment pas refuser son offre, quel ambassadeur inopportun contrarierait son hôte ?

Ravie de la tournure des évènements, j'entamais le premier mouvement, me déplaçant de côté, réduisant ainsi l'espace qui m'éloignait de la paroi. Je ne m'arrêtais ni trop prêt pour être aculé, mais suffisamment pour éviter un revers. Protégeons nos arrières, un angle mort ne s'appelait pas sans raison un angle mort.

- Colis Fedex au nom de Maria. Déclarais-je lorsque je fus en position.

Mon trait d'humour fit un flop. Je réalisais alors que le silence qui m'entourait était celui de l'incompréhension et ma bêtise me fit pouffer.

- Mon erreur, continuais-je passablement amusé, j'oubliais que la grande Maria avait une déficience linguistique de plus de deux siècles à rattraper. Je me repris, cherchant mes mots. Je délivre une sorte … d'invitation, comme un coursier le ferait. Mais je dois m'assurer d'être à la bonne adresse. Etes-vous Maria ?

- Trésor, on ne demande pas ce qu'on ne veut offrir. M'assura la présence dans le noir.

Sur ses belles paroles, elle passa à l'offensive, testant ma garde. Elle avait l'avantage du terrain et j'étais quasiment certaine que les ténèbres qui nous entouraient n'indisposaient en rien sa vision. La balle était dans son champ, l'échiquier en place. Elle joua.

Pion blanc 2C en 4C. Une approche par mon flanc droit que je réprimais sans difficulté.

En gage de bonne volonté, je la gratifiais de mon prénom. Sacrifice inutile ? Non ! Un minimum de protocole était toujours de mise dans le cadre d'une négociation.

- Isabella. Me présentais-je.

La réponse ne fut pas immédiate mais apposa la confirmation que j'attendais.

- Maria.

Aucune de nous deux ne s'embarrassa d'un patronyme. La relation nous rattachant aux principes vampiriques n'aurait pu s'accommoder d'une telle désillusion. Un semblant de liberté, voilà ce que c'était.

Il n'y avait que les humains pour exister au travers du nom de leur père. Un concept ridiculement insultant qui leur échappait. Être fils de ; descendant de ; femme de ; un bon moyen de n'être personne. Exister à travers un nom de famille, c'était abandonner son identité au profit d'une classification antérieure à sa naissance, être catégoriser par la société, leur en donner le pouvoir.

Le docteur à part, qui s'enchaînait intentionnellement à une idée ?

Si être Swan limitait mes possibilités, être moi les rendaient infinies. Plus de soumission, plus de ligne de conduite, l'instinct reprenait ses droits et je ne lutterais, certes pas, contre ce phénomène.

Brusquement, une brise se leva, animant une nouvelle pièce sur l'échiquier. Je reconnus une tour, frappe frontale. Mon adversaire tentait d'en finir rapidement en me prenant en vitesse, misant sur ma surprise.

'La surprise, c'est ce que l'inattendu fait à sa réflexion', m'aurait certifié James qui vouait un culte à ses propres énigmes. Cette supposition me fit sourire, et sans tarder, je décidais d'appliquer sa philosophie au combat, parant l'attaque de la façon la plus inattendue qui soit : en confrontant verbalement ma tour à la sienne.

- Nous allons reverser l'autorité. Déclarais-je avant qu'elle ne puisse porter son coup.

Rapide. Direct.

L'assaut arrêta le temps. Net.

Et elle se mit à rire. Pas d'une joie libératrice, mais conflictuelle. Un rire que seul le ressentiment pouvait décupler. Ressentiment envers l'autorité pour sa traque ? Envers mon audace ? Je n'écartais aucune possibilité.

- Que de prétention pour un nourrisson dans ton genre, c'est amusant … Me dit-elle alors, ponctuant sa phrase d'un ton lancinant. Dis-moi trésor, que comptes-tu faire pour ajourner le règne d'Aro ? Le raccourcir ? Elle rigola de sa blague avant d'y apporter une vibration cruelle. Ne viens pas m'assaillir de tes présomptions ridicules, soit une gentille petite fille et rentre à la maison. Sauve ta misérable existence.

Une insulte ? Mon sang ne fit qu'un tour et je deviens mauvaise, frappant là ou le mal pullulait.

- Voyez qui me trouve misérable ... une carcasse en décomposition dans un trou à lapin. J'envie ta situation, vraiment. Emprisonnement à vie c'est ça ? Peut-être ce sont-ils décidés à te laisser pourrir dans ton terrier ou peut-être ont-ils oubliés ton existence.

- S'ils m'avaient oublié crois-tu que mon sanctuaire serait ainsi ? Demanda-t-elle sans se démonter. Si majestueux. Regarde autour de toi trésor, tous ses trophées me rendent hommages. Des adversaires, des assassins que j'ai écrasés. Admire-les, ressent leur déclin, ils sont bien ici pour une raison !

Même si mes yeux ne la percevaient pas, je devinais sa gestuelle. Il y avait dans son indignation une note très Rosalie, sûrement la vanité qu'elle engendrait par ses possessions, mais si je parvenais à faire la transposition, je ne pus retenir ma condescendance. Elle était dans le déni.

- Vielle folle. L'insultais-je a mon tour. Combien de temps depuis leurs dernières visites ? Des mois ? Des années ? Tu ne sais plus ? T'imagines-tu qu'ils ignorent où tu te caches ? Mon contact humain as pu te trouver, pourquoi ne le pourraient-ils pas ? Penses-tu vraiment qu'un esprit humain puisse outrepasser leurs capacités ? Tu n'es pas si stupide, si ?

Mes questions, enchaîné à toute vitesse, ébranlèrent sa personne, pourtant je la sentais résister. Elle hésitait, ne voulant se remettre en cause. À nager trop longtemps à contre-courant, on finissait par se fatiguer, et Maria avait peur de réaliser qu'elle s'était déjà noyée.

La tonalité de sa voix changea, transformé par l'anxiété. Inconsciemment j'étais devenu prédateur à ses yeux, une menace à éradiquer. Je n'ignorais pas les cris de son subconscient qui suppliait d'ignorer mes arguments, mais sa part vampirique, impulsive, balayèrent ses résolutions : son instinct me défia.

- Toi qui sembles si bien savoir, dis-moi ! Dis-moi, pourquoi m'auraient-ils laissé la vie sauve !

- Il n'est pas question de te laisser la vie sauve, lui dis-je en insistant bien sur ce point, tu n'as juste plus d'importance à leurs yeux. Tu es devenue ton propre geôlier.

C'était vicieux de ma part, et, à ses mots je donnais un ample coup dans la cage de son esprit. Trop brutal peut-être. La cage s'ébranla, Maria explosa de colère devenant presque incohérente.

- Sale petite intrigante ! Hurla-t-elle en me fonçant dessus, je l'esquivais … J'étais à deux doigts d'asseoir mon autorité sur ce trône. À l'heure qu'il est tu devrais plier échine ! … Implorer ma clémence ! De – quel – droit – me – provoques-tu ! Articula telle difficilement.

Elle recommença une série d'attaque qui n'aboutie à rien et son esprit commença à dériver.

- … S'ils ne m'avaient pas trahi, je serais au pouvoir … ils m'ont trahi ! … Je méritais de gouverner ! …

- Qui à trahi ? Demandais-je intéressé.

- Le Major ! Peter ! Les fils de catins ! Je leur faisais confiance … ils étaient privilégiés … ça ne leur suffisait pas, ils m'ont trahi ! Traîtres ! Traîtres ! Hurlait-elle encore et encore.

Je voulue obtenir d'autres renseignements, mais elle ne m'écoutait déjà plus. Vomissant en ma présence un flot de parole qu'elle ne parvenait à contenir. Je percevais des brides de son discours. Elle parla d'une Cecilia, victime collatérale. De la trahison des siens. De son besoin de sécurité et l'importance de sa cachette. Beaucoup.

Elle était devenue folle, sûrement depuis un bon moment. L'incertitude associée à l'isolation quotidienne avait dû lentement la consumer, la faisant sombrer.

Je trouvais affligeant qu'un vampire de son renom soit dominé par la peur. Une déception qui souleva un point important dans mon objectif de recrutement ; avec un esprit brisé, Maria pouvait-elle m'être d'une quelconque utilité ?

Analysant les éléments à ma disposition, je me convainquis que sa folie ne pouvait engendrer de trop gros inconvénient. Après tout, elle n'était pas seul vampire à partager le trait de l'imprévisibilité.

- Tu veux te venger ? La questionnais-je en espérant éveiller son intérêt. Très bien, nous le voulons aussi. Faisons cause commune. Rejoins-nous.

Sa poigne agrippa alors mon bras et pour la première fois je vis son visage, sale, dévasté.

- Qui est nous ? Me demanda-t-elle les yeux écarquillés avant d'enchaîner.

- Ce sont eux, n'est-ce pas. Ils vous envoient. N'est-ce pas, n'est-ce pas ?! Mais je ne partirais pas d'ici … non … je ne suis pas si stupide ! Elle ricana. Vous et ses traîtres allez au diable ! Sortez d'ici ! Je ne veux plus vous voir ! Sortez !

Il n'y avait rien à en tirer et c'est désappointé que je me retirais. Dans une crevasse à l'entrée du sanctuaire, je coinçais une carte de visite au nom du Docteur. Un investissement, au cas où elle s'aventurerait hors de sa cage. Je le fis à moitié pour James, à moitié pour moi. Un allié serait la bienvenue dans la bataille qui s'annonçait, mais si elle ne se présentait pas à temps ou que la rébellion fut étouffée dans l'œuf, j'avais au moins la certitude d'avoir envoyé une créature des plus chaotiques à mon créateur. Une sorte d'offrande post-mortem.

Revenant à mon affaire, je sortis le téléphone d'Emmet, cherchant un réseau. Rien. Il me fallut alors revenir sur mes pas, m'éloigner de la forêt pour rejoindre un village que j'avais traversé plus tôt. Dès que les trois barres apparurent, je cliquais sur l'écran qui composa le numéro.

- Allo ? Y'a quelqu'un ? Mais comment sa marche ce truc, entendis-je une voix jurer entre les grésillements de l'appareil.

- Le Rat, qu'est ce que tu fiches avec mon portable ? L'accusais-je. Où est James ?

- Indisponible chérie. Sa voix était plus forte à présent, je compris que son cerveau conservateur avait finalement trouvé le sens logique d'un téléphone. Comment se déroule ta réunion de famille ?

Je marmonnais mécontente.

- Mon temps est précieux, si tu as quelque chose à dire c'est le moment. Je lui envoyai une insulte. D'accord, écourtons cette charmante conversation. Au plaisir, dit-il en raccrochant.

Je résistais à la tentation de briser le téléphone entre mes doigts et le rappelais.

- Quoi encore ? Entendis-je presque aussitôt.

- Il faut que je parle à James !

- Il est en mission diplomatique et je suis plutôt occupé, pas comme certaines. Tu t'ennuies je suppose ?

L'insinuation me fit bouillir. Comment osait-il remettre en question mon utilité dans la guerre qui se préparait ! Ce n'était pas que, prenant rarement part au recrutement, je ne jouais pas mon rôle. D'où d'après lui venait la tranquillité relative de la Cité des Highlands ? Qui se débarrassait des obstacles, de leurs possibles menaces, mettant sa vie sur le billard ? Certainement pas lui, qui à la moindre occasion se réfugiait dans la paperasse. Je serrais les dents. Vraiment, entendre sa voix me rendait d'humeur désagréable !

Coupant court à ses fantaisies, je lui parlais de Maria et de notre entretien. Ce fut si aisé qu'on aurait pu la croire facile à débusquer. Une provocation de ma part, le Rat n'avait jamais pu trouver d'informations quant à sa position.

- Quoi ? Tu veux des félicitations ? Me répondit-il agressif. J'espère que tu n'as pas oublié de lui parler du point de rendez-vous, il reste seulement trois mois.

- Je ne l'ai pas fait, elle n'était pas fonctionnelle.

Son soupir désabusé ne m'échappa en aucune façon.

- Je savais qu'on ne pouvait pas te confier un boulot. Avança-t-il. Ça à encore fait son œuvre, pas vraie ? C'est plus fort que toi, tu ne contrôle toujours pas ton tempérament. Tu resteras éternellement un nouveau-né, la bête.

Il l'avait dit. C'était tabou. La bête. Mes babines se retroussèrent, accompagnant mes crocs d'un grognement féroce à l'encontre du combiné.

Je le haïssais. Dieu que je haïssais le Rat. Je n'avais jamais haï une personne avec pareille intensité et il eut fallu que nous soyons membres d'une même communauté. Que nous ayons chassé ensemble. Le serment était définitif, tel un tatouage sur la peau qu'on n'avait pas choisie. Renforçant son emprise par l'aversion de soi qu'il en résultait. Il y aurait toujours une partie de lui en moi et réciproquement. Intolérable.

- Pourquoi tu appelles ? Continua-t-il lasse de notre échange.

Ma colère prenant le pas sur la raison, j'envisageais de lui parler des deux nouveaux noms sur ma liste, juste pour le détromper. Alléger mon envie de sang, ma frustration. Je me repris de justesse. Ç'aurait été comme lui demander une faveur, assumer que j'avais besoin de son aide. Plutôt mourir.

- Mon rapport déchet. Appuyais-je de mon dégoût. Mon ton détourna son attention, le rendant menaçant à l'autre bout du fil et je me sentis mieux. Comprenant que je tenais là un procédé gagnant contre sa personne, j'en rajoutais une couche rétablissant mon équilibre interne.

- Autre chose le Rat. Ne salie plus jamais mes affaires. Que James te protège ou pas, je planterais mes crocs dans ta gorge.

- J'adorerais te voir essayer la bête, insista-il cruellement, ta soumission n'en sera que plus divertissante.

- Bien.

- Bien. Profite de tes vacances.

Il raccrocha.

Connard.

°oOo°

Je fus dissipée sur le chemin du retour. Ma fureur ayant réveillé mon besoin de sang je m'adonnais au meurtre de masse, sans distinction. C'était une chose que l'on ne pouvait me reprocher : faire distinction.

Contrairement à la plupart des vampires, je n'entretenais aucune particularité quant au choix de mes victimes. Personne n'était privilégié, personne n'était exclue. Une des raisons pour laquelle on me trouvait si dangereuse, je frappais sous l'impulsion. Qu'importe le sexe, la nationalité, l'âge ou la religion tant que la proie me donnait satisfaction. Tant que je pouvais me nourrir de sa peur.

Encore une fois, on m'avait trop bien élevé.

Je doutais que Charlie puisse s'en congratuler.

N'ayant que vaguement conscience de mon allure, je regagnais la villa Cullen. C'est la bruyante réaction du Steak d'Edward qui me renseigna sur mon aspect. Par curiosité, je me regardais à travers la vitre du salon, me retrouvant nez à nez avec la personnification de ma sauvagerie.

Le sang dégoulinant de ma mâchoire. Mes vêtements trempés du même liquide. Mes avant-bras colorés jusqu'au coude. J'étais effrayante, ne pouvant que m'en féliciter. Et pour cause, mon apparence à elle seule représentait l'esprit de mon clan. Un esprit façonné par le chaos à l'image d'une flamme se moquant des obstacles. Indépendant. Incontrôlable.

Je fus tenté d'envoyer à mon mentor une photo du résultat, mais la simple pensée du Rat réceptionnant le message me dissuada. Foutu rongeur !

Délaissant mon reflet, je m'aperçus alors de la tension qui régnait dans la pièce. Une tension générale provoqué par ma condition. Plutôt amusant, non ? Le pouvoir qu'un peu d'hémoglobine me donnait sur une bande de vampires abstinents.

Il n'était pas saint de se retenir de la sorte : qui se contenait explosait formulation bien connue. Pour ma part, j'étais convaincu qu'entretenir quelques écarts renforceraient leurs tolérances à la nourriture. C'était aussi l'avis des spécialistes, représentés ici par le diététicien de James.

Suite à un gage impliquant une tentative de végétarisme, ce pauvre diététicien dû affronter l'insatiable appétit de mon mentor et ses mauvaises habitudes de jeu. Le point étant qu'une récompense pouvait faire miracle ; même si dans le cas présent, ce ne fut une réussite pour aucun des deux.

Ne comprenant pas l'entêtement des Cullens à l'égard des aliments, je voulus tester les limites de leurs certitudes, et, les narguant à moitié, me mis à lentement suçoter le bout de mes doigts. Il ne fallut pas longtemps pour les voir capituler, agrémentant la dégustation de petits gémissements gourmands, leurs yeux tournèrent au noir.

Je reportais la première manche.

Passant aux choses sérieuses, je tentais une approche physique. Jasper que la fragrance enivrait, du se faire violence pour contenir sa soif. Il était à ma merci et en avoir conscience rendait l'idée plus attractive encore.

Joueuse, je posais un baisé sur sa joue, m'attardant quelque peu au contact de sa peau. Son corps vibra, me demandant plus. M'assurant d'un regard que la demi-portion fut trop paralysée par l'odeur pour intervenir, j'entrepris de lécher la trace que mes lèvres ensanglantées avaient laissée sur sa peau. Il en grogna de plaisir.

Après cela, le Docteur se réveilla et me demanda poliment d'aller me débarbouiller. Je reniflais méprisante. Il venait de gâcher mon effet. Néanmoins la requête avait un train de retard. Étant médecin, le parfum du sang n'aurait pas dû l'inquiéter. Sans doute aurait-il pu intervenir dès le départ. Alors quoi ?! Le spectacle lui convenait ?

Ennuyée par les nébuleuses motivations du Docteur, je me vengeais sur son premier-né. Juste sous ses yeux, je collais une bise à son humaine. Proposant implicitement au vampire le plat du jour. 'Goutte-moi' disait la marque sur sa joue 'j'en es plein en réserve'.

Je les abandonnais là.

Qu'ils se débrouillent.

Ignorant les prédateurs affamés que j'avais laissés derrière moi, j'empruntais le couloir conduisant à la salle de bain et après un rapide brin de toilette, me rendis au bureau. Là, j'allumais l'ordinateur, commençant à taper un message à destination de mon indic.

- On parle de toi au journal télévisé. Déclara Jasper qui m'avait rejoint dans la pièce, s'éloignant intelligemment d'une probable tentative d'homicide. Enfin homicide si on considérait l'assassinat d'une consentante comme un délit. Elle était consentante, non ? La tuer relevait presque de la faveur.

Mais là n'était pas la question, et laissant de côté les bizarreries de la nature, je relançais le Texan.

- Que disent-ils ?

- Qu'un groupe de psychopathes a ravagé les Etats-Unis. Nouveaux Mexique, Colorado, Wyoning, énuméra-t-il. Ils ont parlé de 'victimes déchiquetées', de 'jour de deuil national' et le président a mentionné une brigade de spécialistes 'anti-terroristes'. Les humains … souffla-t-il désespéré.

Je ricanais. Je ne savais pas ce qui me paraissait le plus absurde, cette histoire de groupe terroriste ou de deuil national. À supposé que nous étions un groupe, comment pouvait-on confondre mes actions avec celles de terroristes ? N'y avait-il aucune archives sur les dégâts des explosions ? Quant au jour de deuil national … je dois dire que je me sentais flatté. Tout compatriote ne se voyait pas dédier une journée du calendrier. Quel honneur.

- La nouvelle à fait pas mal de bruit du côté de l'Italie. Continua Jasper en me sortant de mes pensées. Ne te fais pas repérer Isabella, ça pourrait mal se terminer.

Il agrémenta sa mise en garde d'une pointe d'anxiété qui ne me fit même pas sourciller. Ça le vexa. Une méchante vague d'angoisse coupa alors mon souffle, m'ordonnant de prendre ses paroles en considération. Mes doigts s'arrêtèrent sur le clavier l'espace d'une seconde, avant de reprendre leur besogne, imperturbable.

Ce n'était pas que son inquiétude à mon sujet ne m'atteignait pas, mais comment lui expliquer qu'être sur liste noire vampirique importait peu ? Que d'ici trois mois, l'autorité serait réformée, ou annihilé par un coup d'état ? Sinon tout avoué, je ne voyais pas. Je fis donc semblant de ne rien comprendre, contournant mon dilemme de la manière la moins subtil qui soit. Comportement qui le fit fulminer.

Bien qu'exprimant peu son opinion, Jasper avait l'habitude d'être écouté, entendu. C'était une sorte d'autorité innée que chacune de ses paroles, soigneusement pesée avant d'être énoncé, appuyaient de leurs justesse. Essayant de se calmer, il s'approcha de l'ordinateur et mécaniquement se mit à lire l'écran par-dessus mon épaule. Il bloqua presque immédiatement.

- Le Major et Lieutenant Peter, commença-t-il d'une voix que je ne parvenais à identifié. Pourquoi les cherches-tu ?

Ça fit tilt.

Lieutenant. Il avait dit Lieutenant. Rapidement je relis mon texte.

En relation avec le précédent dossier, nous cherchons des informations sur deux hommes, un certain Major et Peter. Notre délai est fixé à deux mois, votre prix sera le notre blabalabla …

Pas de Lieutenant. Il savait. Je fis aussitôt pivoté mon fauteuil en direction du magicien.

- Peux-tu nous mettre en contact ?

Ma question, peut-être trop directe, s'écroula tel un poids sur l'atmosphère. Nous restâmes immobiles quelques minutes, nous jaugeant l'un l'autre. Lui indécis et suspicieux, moi intéressé par ce soudain revirement.

- Que leurs veux-tu ? Me demanda t-il finalement.

- Simplement discuter.

- On ne demande pas à les rencontrer pour simplement discuter. Me rabroua-t-il agacé par ses mystères. Sais-tu seulement qui ils sont ?

Non, je l'ignorais, mais ses connaissances sur le sujet m'intéressaient. Comprenant que je n'obtiendrais rien de façon détournée, je jouais carte sur table.

- Je sais qu'ils étaient dans le camp de Maria avant de la trahir.

- Maria. Répéta-t-il avec une lenteur calculée. Comment le prénom de cette sale pute mégalomane a-t-il pu se retrouver sur tes lèvres ?

L'intonation me prit de cour. D'où venait donc tout ce mépris ? Je le sondais sans succès, il me passait au travers. Sensation que je détesta. Pourtant, ce fut la première fois que le vampire m'apparaissait sous une forme libérée, là où la passion irradiait d'une beauté malsaine.

Passion qui ne m'était destinée.

Ce fut plus fort que moi, je me laissais envahir par la jalousie. Jalousie à l'encontre de Maria, de la haine qu'il lui consacrait. Juste pour elle.

Je voulais Jasper, je le voulais tout entier. Alice avait déjà sa soumission et maintenant Maria me volait sa haine ? Que me restait-il ? Son amour ? J'avais envie de rigoler. C'était grotesque … tellement faible.

Amer je lui parlais de notre rencontre, ne sortant pas plus de mots qu'il n'en fallut.

- ? Dit-il sans en prendre compte.

Son ton ne questionnait pas, il ordonnait. Nourrissant ma jalousie qui devient rancune. Il voulut forcer son don pour m'arracher l'information et je me mis à grogner. Il essayait de me contrôler le salaud. Une petite voix en moi, que mon instinct affectionnait, en appelait au châtiment. C'était d'une logique implacable, qui recevait un coup ripostait. Pourtant son comportement me travaillait, il prenait l'affaire avec trop de sérieux, comme s'il y était impliqué. Comme si …

- Qui es-tu ? Demandais-je en plissant des yeux.

Il me regarda durement, me donnant l'impression de l'avoir piégé.

- Le Major, lâcha-t-il récalcitrant, j'étais le Major. Stupide petit soldat à la botte de Maria. Supérieur direct du Lieutenant Peter. Nous avons combattu ensemble, nous l'avons vendu ensemble. Elle et sa putain de croisade du pouvoir. On a sauvé notre peau, et si c'était à refaire, je le ferais encore. Maintenant j'ai suffisamment attendu. Je veux une réponse ! Où est-elle ?!

Méthodiquement, je triais les informations reçues dans ma tête. Jasper était le Major. Le Major. Bras droit d'une folle égocentrique. Commandant de son armé. Un tueur. Il avait créé, puis détruit des hordes de nouveau-nés. Il avait fait la guerre à leurs côtés. Il les avait eus sous son emprise. Il les avait terrifiés. Impressionnant.

Plus j'y pensais, plus je trouvais cela cohérent. Le titre représentait la dernière pièce d'un puzzle, qui sans le vouloir me travaillait.

Repensant à notre prochaine altercation, je me dis que le Major pouvait s'avérer d'une grande utilité. Néanmoins, il l'avait dit lui-même, Maria avait été 'vendu' ce qui sous-entendait qu'il était en bon termes avec l'autorité. C'était logique. Devenait favori qui sauvait le roi de la chute. Si je voulais qu'il prenne part à notre rébellion, je devais jouer serré, monnayer la seule information qui eut une valeur à ses yeux.

Il n'allait pas apprécier.

- Si je te conduis à elle, m'aideras-tu en retour ?

Tel que je l'avais prédit, il entra dans une fureur noire, envoyant balader le mobilier tandis que je restais stoïque.

- Tu me fais du chantage ?! Gronda-t-il de son accent sudiste. À moi !?

- J'ai besoin du Major. Lui dis-je, essayant de ne pas faire ressembler la phrase à une excuse. Malheureusement, elle sonna aussi claire à mes oreilles qu'un bâton appelant les coups.

- Comme tu as besoin de la bête ? Compléta-t-il impitoyablement. Je me figeais et voyant mon expression, il ricana. Croyais-tu sincèrement que j'ignorais ce que tu étais devenu ?

Ça me fit mal. Extrêmement mal. Je fis taire ma colère en me disant qu'il s'agissait de ma victoire. Qu'il en soit réduit à me blesser pour obtenir ce qu'il désirait prouvait qu'il était aux abois. La prochaine étape, solution de recours, était celle de l'impact physique. Il frapperait bientôt et je lâcherais à ses trousses la bête qu'il m'avait balancé au visage.

- Je ne veux pas entendre ses mots dans ta bouche. Le menaçais-je une première fois.

- Pourquoi, c'est ce que tu es non ? Tout comme je suis le Major.

Ce fut de trop. Mon poing fut le premier à partir et Jasper qui n'attendait qu'une occasion de se défouler l'accueillit avec une joie inappropriée.

Attrapant mon poignet au vol, il me tordit méchamment le bras puis l'immobilisa dans mon dos. Le mouvement me rappelait un autre qu'il avait déjà utilisé contre moi, mais je n'étais plus un nouveau-né. Donnant un coup de tête en arrière, je fis passer son bras libre par-dessus mon épaule pour agripper sa main que je tirais vers l'avant. Pris par surprise, Jasper fit un vol plané qui l'envoya au sol. Je n'eus pas le temps de m'en réjouir, qu'il était déjà sur moi. Ce fut rapide, l'instant d'après je m'écrasais contre le mur.

Nous aurions pu continuer longtemps cette petite altercation, toutefois je n'étais pas dupe ; malgré toutes ses années il dominait encore le jeu. Constat qui renforça ma position quant à sa place dans la prochaine guerre.

Je me mis alors à parler, de Victoria et notre vengeance. Du temps qu'il nous avait fallu pour trouver les responsables. Du recrutement. De notre plan.

- D'ici trois mois, lui dis-je, nous déclencherons une guerre contre l'autorité. Il nous faut des alliés. En échange je te donnerais Maria. Je fis une pause dans ma tirade avant d'ajouter. Pour une fois dans ta vie ne me laisse pas tomber, j'ai besoin de toi.

Il y eut un silence suivant cette déclaration. Un silence pesant que Jasper ne fit rien pour alléger. Ni par son don, ni par ses paroles.

- Combien êtes-vous ? Demanda-t-il au bout d'un moment.

- Une trentaine.

Il grogna de frustration.

- Et tu penses vaincre avec ça ? J'ai déjà eut affaire à eux, ses gens ne se battent pas à la loyale. Si tu commences cette guerre, tu vas mourir.

- Nous avons des atouts dans nos manches. Le détrompais-je.

- C'est stupide ! Tu ne vas pas jouer ta vie contre une poignée d'atouts ! Voyant que je me préparais à riposter il m'interrompit. Non ne dit rien, je me fiche de ce que tu penses, tu n'iras pas.

Il ponctua son injonction de larges doses de bien-être qui anesthésièrent mon esprit. Puis réalisant qu'il essayait de tromper mes sentiments, je lui jetais un regard noir. Je refusais d'échanger la confiance d'un de mes proches contre un bonheur factice. Que voulait-il ? Me voir déserté ? Ça n'arrivera pas. James représentait plus pour moi que les Cullens au complet. J'avais vécu plus de soixante ans avec lui. Il n'était pas seulement mon clan, il était mon guide, mon ami, mon frère.

- Je ne trahirais pas James. Déclarais-je furibonde.

Ma réponse agit sur le Texan comme une bombe à retardement et ne sachant plus comment me convaincre d'oublier cette folie, les mots sortirent tout seuls.

- Et moi dans tout ça ? Tu y a pensé ? Que crois-tu qu'il va se passer si tu meurs ! Me hurla-t-il dessus.

- Que va-t-il se passer ? Lui demandais-je sérieuse.

- Ne joue pas à ça avec moi, répliqua-t-il sèchement, je ne suis pas d'humeur.

Comprenant parfaitement ce qu'il impliquait, je décidais de m'exprimer de la manière qu'il comprenait le mieux. Et, regroupant tous les sentiments qu'il m'inspirait, je les laissais déborder. D'abord vient l'affection, puis l'envie, la jalousie … le désir. Mes émotions se succédèrent graduellement jusqu'à ce sentiment qui chamboula tout. Il voulut s'échapper.

- Arrête. M'ordonna-t-il aussitôt.

- Quoi tu vas encore me repousser ? Lui demandais-je la voix rempli d'ironie.

J'y pensais un peu plus fort, voulant faire pression.

- On ne repousse pas la mort. Certifia-t-il avec froideur. Garde ton information, elle ne vaut pas son prix. Je trouverais Maria par moi-même et je le ferais vivant.