Chapitre 11 Conclusion

« Seeley, Seeley, entendait-il au loin. Seeley!

- Christine! » Hurla-t-il en se redressant en sursaut sur son canapé.

Complètement trempé de sueur, la respiration haletante et les yeux allant dans toutes les directions, il tentait de retrouver ses esprits. Il observa dans un état de panique ce qui se trouvait à ses côtés. Il était dans son salon et toutes les horloges indiquaient qu'il était presque minuit. Il toucha ses objets, son divan, sa bière, la bague qu'il tenait toujours entre ses mains et tout avait une certaine consistance. Il était bien réveillé, ce n'était plus un rêve. Il le savait maintenant. Confus et paniqué, les tribulations de la nuit évanescentes dans son esprit, il leva les yeux sur la femme qui se tenait au-dessus de lui qui semblait trouver divertissante l'agitation de son conjoint.

« Tu vas bien, Seeley? Demanda-t-elle.

- Oui. Je crois.

- Tu nous faisais tout un cauchemar!

- Cauchemar?

- Tu t'étais endormi sur le canapé. Je t'ai réveillé, tu semblais faire un mauvais rêve. Tu n'arrêtais pas de dire : 'ne t'en vas pas, Christine, ne t'en va pas?' Qui est Christine? Demanda-t-elle amusée devant un Booth qui resta un peu trop longtemps muet alors que son rêve lui disparaissait tranquillement de sa tête. Tu as quelque chose à m'annoncer?

- C'est une gamine que j'aurais aimé connaître, dit-il encore un peu confus par son brusque réveil. Je ne sais plus trop...

- N'y a-t-il pas quelque chose que je devrais savoir? Blagua-t-elle.

- Peut-être, chuchota-t-il, en roulant le boitier de sa bague entre ses mains. Un sentiment d'angoisse s'emparait de lui à chaque fois que le velours du boîtier frôlait ses doigts. Il fixa son regard sur elle un instant, cherchant à revivre les sentiments qu'il avait autrefois clamés pour elle, mais ne sentait plus rien, pas d'amour, pas d'envie, rien. C'est comme si en se réveillant, il n'y avait que Bones dans ses pensées. Bones qui lui avait dit qu'elle l'aimait pas moins de trois semaines auparavant!

- Seeley? Demanda-t-elle soudainement inquiète. Tu es sûr que ça va?

- On ne peut mieux, dit-il en laissant s'échapper une respiration qu'il ne savait pas qu'il retenait alors qu'un sourire apparaissait doucement sur ses lèvres. En fait, dit-il en glissant subtilement la bague de ses poches, je ne me suis jamais senti aussi bien depuis des mois.

- Oh! Répondit Hannah qui n'était pas certaine de comprendre. Tant mieux alors.

- C'est que, vois-tu, Hannah. Je n'avais pas réalisé avant aujourd'hui, que j'avais tord tout ce temps. Depuis presque un an, j'essayais de me convaincre de quelque chose et aujourd'hui… j'avais tord, répéta-t-il en souriant brillamment.

- À propos de quoi, Seeley? Essayait-elle toujours de comprendre.

- Hannah… je… je suis désolé, je… c'est… euh…

- Oh mon Dieu, réalisa-t-elle soudainement. Tu veux me quitter.

- Hannah!

- Je n'arrive pas à y croire. Tu veux me quitter et pourtant Tempérance m'avait dit que tu…, chuchota-t-elle alors qu'elle vit le regard de son amant changer à l'audition de ce nom. Oh, mon Dieu! C'est elle! Tu es amoureux de Tempérance!

- Je suis tellement désolé, Hannah.

- Tu aimes Tempérance… et elle t'aime aussi… et je suis dans votre chemin, se chuchotait-elle à elle-même.

- Hannah, je t'ai aimée. Je te jure que je t'ai aimée. J'ai même pensé te demander de m'épouser. Demain matin en fait, j'avais prévu le faire, mais là, ça me frappe au visage. C'est Bones! C'est elle!

- Il y a tellement de choses qu'elle sait de toi que j'ignore, réalisait-elle, presque indignée. Il y a tellement de choses que seuls vous deux pouvez comprendre. Je t'empêche de vivre la vie que tu voudrais vivre!

- Hannah…

- Tu dois lui dire, Seeley, résolut-elle. Tu lui dois bien ça.

- Mais c'est No… noël. Je ne peux pas… je ne peux pas te laisser comme ça! Je ne peux pas te laisser seule à Noël!

- Seeley, si tu me plaques ce soir ou dans deux jours, il n'y aura pas de différence. Mais Tempérance, elle, passe les Fêtes seule. Elle me l'a dit! Et tu sais que même si elle dit le contraire, ça la tue de n'avoir personne cette nuit.

- Fêter Noël seul signifie que personne ne nous aime, chuchota-t-il se rappelant les sages paroles de Max.

- Demain, tu vas aller la rejoindre et tu vas aller lui dire ce que tu ressens pour elle. C'est la seule chose que tu me dois, Seeley. C'est la seule chose que je veux de toi ce soir, dit-elle en pointant un doigt autoritaire vers lui. Promets-moi que tu vas lui dire ce que tu ressens pour elle. Promets-moi que je n'aurai pas le cœur brisé pour rien.

- C'est promis, Hannah, promit-il. Il s'avança vers elle, la prit dans ses bras et l'embrassa sur la joue. Merci.

- De quoi? De me faire plaquer? C'est pas la première fois!

- Non, de comprendre.

- Seeley…

- Je suis désolé, Hannah. Sincèrement.

- Je suppose qu'on n'était pas fait pour être ensemble.

- Dans une vie où je ne connaitrais pas Bones, tu aurais été la première en lice, avoua-t-il avec sincérité.

- Merci, Seeley. Enfin, je crois.

- Va, prends la chambre. Je vais garder le canapé. On s'y habitue, blagua-t-il laissant s'échapper un petit rire des lèvres d'Hannah. Bonne nuit, Hannah.

- Bonne nuit, Seeley », dit-elle en traversant la pièce pour se rendre à la chambre à coucher.


Alors que les rayons du soleil déjà haut dans le ciel lui caressaient le bout du nez, elle pouvait entendre à l'autre bout de son appartement le frappement continu de quelqu'un qui cognait à la porte. Souhaitant d'abord ignorer l'espèce d'intrus qui interrompait son sommeil matinal, l'insistance avec laquelle il continuait de frapper ne lui laissait pas le choix. Elle enfila une robe de chambre et marchant d'un pas lent et endormi jusqu'à la porte, elle passait une main dans la broussaille de ses cheveux avant de l'ouvrir sur les visages souriants et illuminés de Booth et de son fils qui attendaient de l'autre côté, un sapin à la main.

« Joyeux Noël Bones, dirent-ils en chœur devant une Brennan à la fois étonnée et confuse devant la surprise de l'arrivée de ses amis.

- Booth, mais qu'est-ce que vous…

- Eh bien, Bones, un petit oiseau m'a dit que vous n'aviez pas de sapin de Noël cette année. Alors, fidèles à notre tradition, nous avons décidé de remédier à la situation, dit-il en envoyant un coup de coudre à son gamin de dix ans.

- Mais, comme tous les magasins sont fermés ce matin, on a dû enlever les décorations du sapin de papa chez lui pour te l'amener parce que papa dit que c'est dans l'esprit de Noël de donner quelque chose de précieux à une personne qu'on aime ».

Brennan leva les yeux sur Booth qui donna un coup de coudre plus prononcé à son fils.

« Parker, qu'est-ce que tu dirais de descendre aller chercher les premières décorations dans la voiture? Je dois avoir une discussion avec Bones un moment.

- Est-ce que je peux avoir les clés?

- Évidemment! Pas de bêtises!

- D'acco-d'acc! Fit Parker avant de s'en aller d'un pas enthousiaste vers l'ascenseur.

- Booth… dit Brennan une fois qu'ils furent seuls.

- Il vous plait? Parce que s'il ne vous plait pas, il avait une place très confortable dans mon appartement.

- Booth. Où est Hannah?

- Elle… elle est chez moi.

- Booth, je ne… le coupa-t-elle, refusant de le séparer d'une femme qu'il aimait la journée la plus importante de l'année.

- … Elle est chez moi, reprit-il, et elle fait ses bagages. On a rompu hier.

- Oh! Je… je suis désolée pour vous, Booth. Vous accordiez beaucoup d'importance à votre relation avec Hannah. Je sais que…

- Bones! Bones, l'interrompit-il. C'est moi qui l'ai quittée.

- Mais, vous m'avez dit que…

- J'ai dit bien des choses Bones, des choses que je regrette amèrement. Hannah et moi, on s'aimait, mais hier, je me suis réveillé et soudainement, c'était vous! Il n'y avait que vous dans ma tête et dans mon cœur! Je n'arrivais pas à croire que j'étais sur le point d'abandonner l'amour de ma vie pour l'idée qu'une autre femme puisse m'aimer. Vous êtes la femme de ma vie, Bones!

- Mais vous… Dans la voiture…

- Bones, je regrette de vous avoir fait de la peine. Je regrette de vous avoir fait pleurer et de vous avoir fait croire que vous ne valiez pas la peine. Je regrette que vous ayez passé la soirée seule hier et de vous avoir laissé croire que je ne vous aimais pas. Parce que tout le temps où j'étais avec Hannah, même si je l'aimais beaucoup, vous étiez toujours celle que j'aimais le plus. Je vous aime, Bones et ça, aucune personne ne pourra jamais m'enlever cela.

- Booth, je …

- J'aimerai qu'on se donne une chance, vous et moi. Qu'on arrête de se voiler la face et de se dire ce que nous ressentons vraiment l'un pour l'autre.

- Et… et que ressentez-vous?

- Présentement? Demanda-t-il la faisant hocher la tête. Je vous aime, Bones. Je vous regarde et vous êtes si belle avec votre tête du matin et vos yeux brillants. Je suis, dit-il en faisant un pas vers elle, amoureux de vous! Je le suis depuis longtemps et je le serai probablement toute ma vie! La question reste à savoir, est-ce que j'arrive trop tard?

- Vous… vous ne pouvez pas… Vous m'avez dit qu'Hannah n'était pas un lot de consolation… que…

- J'espérais qu'Hannah ne soit pas un lot de consolation, mais mettons les choses en perspective : je n'ai jamais dit à Hannah que j'avais un problème de jeu alors que vous êtes la raison pour laquelle j'ai arrêté! Je ne lui ai jamais même mentionné que j'étais sniper dans l'armée alors que vous êtes celle qui m'aidez à rester sain à chaque fois qu'on me rappelle que j'ai été autrefois payé pour tuer des gens. Vous êtes la seule qui me connaissez vraiment. Vous êtes la seule avec qui je voudrais passer ma vie.

- Booth, chuchota-t-elle dans un demi-soupir. Vous… vous m'aimez?

- Plus que je puisse l'exprimer. La seule idée de vivre sans vous, Bones, est insupportable. Même si vous ne m'aimez pas, je préfère passer une éternité comme ami et partenaire à vos côtés que de passer une minute de plus avec une femme qui n'est pas vous.

- Booth, dit-elle en glissant sa même sur son visage, comme pour s'assurer que tout ça était réel et qu'elle ne rêvait pas. Je crois... je crois que je vous aime aussi.

- Bones », chuchota-t-il en appuyant sa joue dans sa main, fermant les yeux calmement savourant le moment qu'il vivait. Le cœur battant, il les ouvrit ses yeux et plongea dans le bleu des mers qu'étaient ceux de Bones. Il était ensorcelé par elle, par sa beauté, par son intelligence. Il s'avança vers elle et tout doucement déposa un baiser sur ses lèvres.

Elle y répondit immédiatement, envoûtée, amoureuse. Avant qu'elle ne le sache, elle sentait ses mains se coller à ses joues et elle plaça les siennes autour de son cou les glissant dans ses cheveux. Ils entendirent tous les deux le sapin frapper durement le plancher, mais n'y prêtèrent pas attention. Ils étaient ensemble, enfin! S'arrachant difficilement l'un de l'autre, il se sépara d'elle et ouvrant ses yeux pour l'observer, voyant une éternité de bonheur se dessiner devant lui, il commença à rire.

« Booth? » Questionna Brennan, incertaine de la cause de l'hilarité de son ami, mais sentant ses mains capturer les siennes et observant la joie qui teintait les traits de son visage, elle ne put que rire à son tour.

« Qu'est-ce qu'il y a de si drôle?

- Je suis heureux.

- Pardon.

- Je suis heureux à un point où ça en vient ridicule, Bones. Je suis heureux!

- Vous expérimentez une grande sécrétion de dopamines et d'épinéphrine provocant un comportement d'hilarité et la sensation de bonheur.

- Bones, tu réalises? Ça y est! On y est! Toi, moi, Parks et pour le reste de notre vie…

- Booth, l'avertit-elle d'un ton léger; elle n'était toujours pas confortable avec le concept de l'amour éternel.

- Ok, pour le reste de la journée, nous serons heureux! Ce n'est pas ce qu'on peut appeler un miracle de Noël, ça? » Rit-il en s'approchant à nouveau d'elle pour l'embrasser.

Alors que le baiser prenait de plus en plus d'ampleur, du bout du corridor, ils entendirent un 'yes' bien senti. Se séparant en riant, Booth se dirigea d'un pas rapide vers son fils qui les regardait le sourire aux lèvres aux portes de l'ascenseur, tenant une boîte de décoration dans ses mains. Atteignant le gamin complètement hilare, Booth le souleva, le coinça sous son bras et le traina jusqu'à l'entrée de l'appartement de Bones.

« Allons, Parks, es-tu prêt à décorer le sapin de Bones?

- Oui!

- Qu'est-ce qui vous dit que vous pouviez rentrer? S'interposa Brennan un sourire aux lèvres.

- Que doit-on faire? Demanda Booth tout sourire gardant toujours son fils sous son bras.

- Taxe? » Répondit-elle en tendant sa joue.

Échangeant un regard taquin, les deux hommes prirent d'assaut les deux joues de Brennan qui laissa échapper un petit rire de surprise. Les invitant enfin à pénétrer son appartement, Brennan s'esclaffait alors que les hommes empoignaient leur sapin et ses ornements pour enjouer cet endroit qui lui avait semblé lugubre depuis son retour des Moluques.

Il était drôle de penser qu'à peine de vingt-quatre heures plutôt, cet homme s'était arrêté dans une boutique de bijoux pour acheter à un prix trop élevé une bague qui l'aurait emprisonné dans un marasme émotionnel jusqu'à la fin de ses jours. Ce matin-là, alors qu'il regardait son fils raconter à la femme de sa vie la signification de chaque décoration qu'il plaçait à travers les branches de leur arbre de Noël, il ne pouvait croire à la chance qu'il avait de s'être réveillé à temps. Se rappelant vaguement d'un rêve qu'il avait fait sur son canapé la veille, il était reconnaissant au Ciel de lui avoir donné une seconde chance d'être enfin heureux… pour toujours.

La fin!

NA: Merci pour tous vos commentaires. Je suis très heureuse d'avoir écrit cette histoire! Je me concentrerai maintenant à me sortir de mon blocage d'auteur pour Le garde du corps! Merci encore!