DISCLAIMER : Je ne touche pas d"argent pour cette histoire parce que rien est a moi mais à JKR ( sauf pour les personnages que j'ai inventé).

Chapitre I

Un soir d'halloween, dans la paisible ville de Godric's Hollow, une jeune femme rousse s'affairait à mettre les dernières décorations à la maison des Potter.

- Tu sais quand Sirius doit arriver ? Demanda-t-elle.

- Il m'a dit vers 20h30, répondit James.

- Et il est… ?

- 19h, souffla-t-il distraitement.

- Alors pouvez-vous m'expliquer, monsieur mon mari, ce qui vous prend d'astiquer le parquet devant ma cheminée alors que personne n'est attendu avant un moment? Plaisanta Lily.

James soupira fortement et se laissa tomber sur un fauteuil.

- Et si au lieu de ne rien faire tu t'occupais plutôt de ta progéniture ? Reprit-elle un sourire aux lèvres. J'ai l'impression que s'il poursuit ses efforts, Harry finira vraiment par s'envoler.

James regarda son fils et rit doucement. Harry, déguisé en vampire pour l'occasion, courait maladroitement, les pans de sa cape largement écartés, et sautillait allègrement dans l'espoir de s'élever dans les airs, et de pouvoir planer au-dessus de toutes ces bougies et citrouilles que sa mère faisait flotter au-dessus de la table à manger. Parfois il arrivait même à décoller de quelques vingtaines de centimètres, c'était peu selon Harry, mais il n'en démordait pas et gardait son but à l'esprit.

Pourtant, malgré ce que pensait le jeune enfant, ces petites démonstrations de magie instinctive étaient bien plus que l'on pouvait espérer d'un sorcier de sang-pur âgé de quatre ans. Age et rang que le petit Harry n'avait pas.

James sourit en pensant aux réactions qu'auraient ses amis en voyant son fils. Lunard aurait surement ri du choix du costume, Patmol aurait encouragé son filleul à voler, fier comme un paon, et Queudver… Ben Queudver aurait été fasciné par les faux crocs du garçon, après tout Peter avait toujours aimé les objets pointus. En pensant à Peter, ça lui rappela quelque chose.

- Je me demande quand Queudver va arriver.

- Pourquoi ? Interrogea Lily en posant deux tasses de thé sur la table basse et s'asseyant en face de son mari.

- Il m'a dit ce matin qu'il passerait plus tôt pour apporter une surprise à Harry.

- Ah bon ? Tu as une idée de ce que ça pourrait être ?

- Nan, mais d'après lui cette surprise sera tellement inoubliable qu'il faudrait au moins quelque chose comme nous revenant à la vie pour l'égaler !

- Vraiment ! Pouffa Lily. Pourtant Harry est encore un bébé, c'est presque sûr qu'il ne s'en souviendra pas.

- Je pense aussi, mais Patmol lui était vert de jalousie, alors il s'est mis en tête de trouver un cadeau qui surpassera celui de Queudver bien que celui-ci lui ai assuré qu'il n'y arrivera pas !

Pendant que les deux adultes riaient de l'ardeur que mettait Sirius à conserver l'exclusivité sur son filleul, ledit filleul, qui s'était assis par terre épuisé de sa course qui durait depuis un moment, fixait intensément la porte d'entrée, une lueur étrange dans le regard et les membres crispés. Lily, remarquant l'état de son fils, lui parla d'une voix douce.

- Harry chéri, qu'est-ce qu'il y a ? Tu as vu quelque…

Avant qu'elle n'ait pu terminer sa phrase, la porte d'entrée, celle qu'Harry dévisageait précédemment, explosa en projetant des morceaux de bois dans la pièce. James, croyant que son fils avait encore fait de la magie instinctive, s'apprêtait à le gronder quand il vit une longue silhouette vêtue de noir passer calmement l'encadrement de la porte.

- Voldemort, souffla James abasourdi, Lily ! Prend Harry avec toi et cours ! Je vais le retenir ! Cria-t-il en reprenant ses esprits.

Lily hocha rapidement la tête, attrapa son fils, le calant dans ses bras, et se mis à courir vers la cuisine où une porte menait à l'extérieur. Pourtant à peine posa-t-elle un pied dans la cuisine qu'elle entendit distinctement le bruit d'un corps tombant lourdement au sol.

Quelques larmes coulèrent mais elle ne cessa pas de courir. Le crissement des galets sous chacune de ses foulées résonnait dans sa tête. Il fallait qu'elle aille en dehors des zones anti-transplanage. Là, elle pourrait les mettre en lieu sûr, elle et son fils.

Mais quand Lily entendit le bruit tranquille des pas de son adversaire derrière elle, elle céda à la panique et trébucha, faisant tout de même attention à ce qu'Harry ne soit pas blessé. Elle se releva prestement et fit face à son opposant. Voldemort dans toute sa splendeur leva sa baguette, d'un mouvement que l'on pourrait presque décrire comme gracieux, vers la jeune femme qui reculait de plus en plus.

Les yeux de la rousse allaient de droite à gauche à une vitesse hallucinante, tentant de trouver une issue, une ruse, qui lui permettrait de se soustraire à cette situation qui lui échappait totalement.

- Non, non, non, murmura-t-elle. JAMES ! JAMES ! Appela-t-elle, soudain prise de panique, les larmes ruisselant sur son visage.

- Vois ta mort en face, Sang-de-Bourbe ! siffla la voix nasillarde du Seigneur des ténèbres. Avada…

POV Harry

Harry dans les bras de sa mère, était perplexe. Il ne savait pas ce qui se passait, pourtant il était persuadé que quelque chose de grave se déroulait en ce moment. Il ne connaissait pas l'homme qui était entré dans sa maison mais le petit garçon était content de ne pas avoir à courir à cet instant, après tout il avait déjà donné.

Harry tourna sa tête sur le côté et remarqua qu'il manquait quelqu'un. Quelqu'un de très important même ! Le garçonnet bougea dans les bras de sa mère et babilla furieusement pour lui faire remarquer qu'il manquait quelqu'un, qu'il était resté derrière, mais elle n'avait pas réagi, continuant juste de courir. Harry lui n'était pas d'accord. Un Potter n'abandonne jamais un membre de sa famille. Jamais ! Sa mère devrait pourtant le savoir !

Mais à force de bouger Lily tomba et quand elle se releva, fi face à l'homme. L'homme était grand et chauve, les yeux rougeoyant, le visage aplatit et le nez inexistant et Harry était certain que sa peau était plus blanche que de la poudre de cheminette.

Le garçon décida, dès qu'il le vit, qu'il ne l'aimait pas. Il était convaincu que c'était lui qui les avait séparés. Mais foi d'Harry il ne se laissera pas faire sans agir ! Alors quand l'homme aux yeux rouges leva son bâton magique vers eux, il attrapa fermement les cheveux de sa mère, pensa très fort à l'endroit où il voulait atterrir, et transplana avec elle.

POV Lily

Ils se retrouvèrent tous les d'eux dans la chambre d'Harry, qui serrait son doudou avec force et passion dans ses bras tandis que Lily, abasourdie, n'en revenait toujours pas. Son bébé de quinze mois avait transplané avec elle à l'intérieur d'une zone anti-transplanage ! Waouh !

- Harry chéri tu es génial ! s'exclama-t-elle en attrapant sa baguette qui était sur la table à langer.

Elle commença par sécuriser la pièce en lançant divers boucliers et sorts de verrouillage sur la porte puis elle se mit à vider frénétiquement tous les tiroirs de la chambre, à la recherche du portoloin d'urgence qu'elle y avait rangée. Malheureusement pour Lily, dans sa précipitation, elle ne vit pas son salut, sous la forme d'un bouton de manchette, tomber au sol et rouler sous la bibliothèque du petit Harry…

POV Harry

Harry lui était aux anges et serrai tendrement Dou dans ses bras. Après deux-trois gazouillis et moult supplications et promesses bien placées, Dou avait pardonné à Harry de l'avoir oublié.

Dou était l'âme sœur d'Harry. Ils se connaissaient depuis la naissance de ce dernier et ne s'étaient plus jamais quittés. Dou vivait avec Harry une relation fusionnelle que même les parents Potter ne pouvaient stopper.

Mais Dou avait un secret. Un secret qu'il n'avait encore jamais révélé à Harry. En vérité, Dou n'était que le fruit d'une expérience ratée des maraudeurs. Ceux-ci, dans un moment de pur égarement, avaient eu la folle, et ô combien incontrôlable, idée de créer, pour le premier descendant des maraudeurs, le doudou ultime qui, à lui seul, regrouperait les formes animagus des quatre concernés en une entité alliant puissance et beauté...

Les quatre jeunes hommes avaient vite déchanté, ils s'étaient attaqués à un troll trop gros pour eux. L'expérience fut un échec total. Niveau pouvoir Dou en avait juste assez pour cligner des yeux et remuer la queue allant parfois, dans un sursaut de magie, jusqu'à se lever, faire quelques pas et s'effondrer. En termes de beauté ce n'était pas mieux. Dou était à la base un magnifique loup gris à qui vient s'ajouter une queue de rat rose et une tête de chien noir qui, à la place des oreilles, avait deux majestueux bois de cervidé.

Pour être sincère, Dou était d'une laideur mystique. Ce fut d'autant plus surprenant pour les maraudeurs le jour de la présentation Dou/Harry, quand celui-ci eu littéralement le coup de foudre pour la peluche et ne voulut plus la quitter. A partir de ce jour personne ne réussit à ne serait-ce qu'endommager le lien reliant ces deux êtres hors du commun.

Pendant qu'Harry racontait à Dou comment il avait voleté dans le salon et que Lily continuait de chercher avec acharnement le portoloin dans les tiroirs, la porte de la chambre fondit brusquement, comme ayant été en contact avec de l'acide. L'homme entra de sa démarche nonchalante et pointa sa baguette magique vers sa mère quand celle-ci voulu récupérée la sienne posée sur la commode près de l'entrée, juste derrière le Lord.

- Tu n'échapperas pas à ton destin deux fois de suite, catin ! Cracha le Seigneur des Ténèbres. Avada Kedavra !

Harry regarda le corps de sa mère tomber lourdement au sol. Quelque chose n'allait pas ! Même si elle était fatiguée, sa mère ne devrait pas s'effondrer comme ça. Ce n'était pas normal ! Harry s'approcha du corps de sa mère, Dou serré dans les bras, et l'appela. Mais elle ne répondait pas. Il se tourna alors vers l'homme et le regarda droit dans les yeux.

L'homme avait sa baguette pointée sur son front et le dévisagea pendant de longues secondes.

- Tu as de magnifiques yeux, jeune Harry. Ils irradient d'une puissance rare, la puissance des Serpentard ! Il fit une pause puis repris. Reçois ce sort de mort, couleur de ton pouvoir, et cours rejoindre les tiens Harry Potter ! Avada Kedavra !

Harry était un petit garçon chétif de cinq ans qui se savait pas comme les autres. En effet, contrairement à ce que son oncle et sa tante pouvaient penser, Harry savait qu'un grand pouvoir l'habitait. Des choses étranges se passaient toujours autour de lui quand il ressentait de vives émotions et puis il y avait aussi cette pièce. Cette pièce était apparue il y a un peu plus de deux ans et depuis ce jour, Harry était capable de voir.

Présentement Harry était devant la porte du grenier qu'il devait ranger sur ordre de son oncle. Tous les jours Harry avait une longue liste de corvées à effectuer, et bien qu'il les termine toutes avant la tombée de la nuit, son oncle lui en rajoutait encore quand il rentrait de son travail, le laissant à bout de force au moment du coucher. Mais son don, bien qu'il ne fasse disparaitre ni les bleus ni les cicatrices, l'aidait en atténuant la douleur et en fortifiant son corps pour qu'il ne succombe ni aux coups ni aux lourdes charges qu'il devait parfois soulever.

Quand le garçon entra dans la pièce, il vit immédiatement quelque chose qui l'attira. Dans une boite à chaussure au fond du grenier, se trouvait un classeur où étaient rangées des coupures de journaux. Il n'aurait jamais pensé trouver un objet de ce genre chez sa tante, mais après tout ils étaient de la même famille donc ça ne devrait pas être si surprenant. Outre le fait que le nom du journal était des plus étranges, la Gazette du Sorcier, ce fut les photographies animées qui l'intriguèrent le plus.

Le point commun de toutes ses photos était la présence d'un homme de grande stature, la peau pale, le nez crochu, les cheveux noirs mi- longs, une grande robe de la même teinte que ses cheveux et cet air sévère qu'il arborait sur chaque cliché. Son nom était Severus Snape et chaque article présent dans le classeur parlait de lui.

Dans l'un il était question de lui devenant le plus jeune maître potionniste depuis plus de trois siècles.

Dans un autre il s'agissait d'une dépêche de son arrestation par les aurors pour acte mangemoresque et crime contre le monde magique publié le 10 novembre 1981.

Le deuxième plus long article du classeur datait du 15 novembre 1981, soit cinq jour après son arrestation, et décrivait son procès où il a été jugé non coupable pour tous les chefs d'accusation à la suite du témoignage inopiné d'un certain Albus Dumbledore qui, avec preuves à l'appui, affirmait que Mr Snape jouait le rôle d'un éventuel espion à son compte. Sur la photo on le voyait qui serrait la main de l'actuelle ministre de la magie, Millicent Bagnold, qui lui présentait des excuses officielles.

Dans un autre il était dit qu'il avait obtenu un poste en tant que professeur de potions dans l'école de sorcellerie de Poudlard dont le directeur était le fameux Albus Dumbledore qui l'avait innocenté lors de son procès. Sur ce cliché Severus avait à ses côtés un homme âgé plus grand que lui d'une tête, à la longue barbe blanche et au regard bleu pétillant. Il portait une robe et un chapeau pointu de couleur bleu électrique où plusieurs étoiles mauves se baladaient au gré de leurs envies. Il avait également une main posé sur l'épaule de Severus, dans un geste paternaliste.

L'article qu'Harry trouva le plus intéressant était en fait une biographie relatant le parcours de Severus Snape. La partie qui captiva le garçon disait que le concerné était ami avec feu Lily et James Potter avec qui il a effectué sa scolarité. Il y avait en bas de la page un petit encadré qui précisait que les époux Potter étaient les parents du Survivant. Survivant qui avait vaincu le Lord Noir la nuit du 31 octobre 1981 en retournant un sort de mort ne lui laissant en tout et pour tout que sa célèbre cicatrice en forme d'éclair.

En lisant ces mots Harry toucha sa cicatrice. Alors elle venait de là ! Harry n'avait jamais cru à la version de son oncle comme quoi ses parents alcooliques avaient eu un accident de voiture les tuant sur le coup, et ne lui faisant qu'une simple cicatrice. Harry regarda par la lucarne et vit qu'il faisait nuit noire. Il n'avait pas pensé avoir lu aussi longtemps ! Car, bien que le petit brun sache déjà lire, il lui arrivait encore de buter sur quelques mots sans compter que dans tous les textes qu'il avait lus, de nombreux termes lui étaient encore inconnu.

En tout cas il allait avoir une très longue discussion avec sa très chère tante. Elle lui devait des explications, et s'il maniait correctement toutes ses cartes, il n'aurait certainement plus de corvées à faire. Harry pris le classeur et descendis les escaliers pour rejoindre la cuisine, où surement sa tante se trouverait.

POV Pétunia

Pétunia, accoudée à la table de la cuisine, dégustait paresseusement son Earl Gray en laissant vagabonder son esprit. Dernièrement elle c'était remise à penser à lui. Elle se demandait ce qu'il devenait. S'il faisait toujours le même métier. S'il était marié… Elle soupira.

Ce n'est que quand elle entendit le raclement de la chaise sur le carrelage, qu'elle se rendit compte qu'elle n'était plus seule. Elle leva la tête pour tomber sur des yeux si verts qu'ils en devenaient gênants. C'était presque les même que ceux de sa sœur, Harry avait juste un petit quelque chose en plus qui rendait son regard intimidant. Et elle n'aimait pas ça.

- Que fait tu là, enfant ! Pesta-t-elle. As-tu fini de ranger le grenier ?

Harry pris tranquillement le temps de s'assoir et de regarder intensément sa tante, avant de commencer à parler.

- Disons qu'en commençant à nettoyer, j'ai trouvé une chose forte intéressante au sujet de laquelle j'aurai voulu que tu m'apporte plus de précisons, dit Harry d'une voix trainante en déposant le classeur sur la table.

En le voyant, Pétunia pâlit sensiblement, ses yeux étaient exorbités et son souffle court. Cependant elle se reprit rapidement et répliqua vertement.

- Je ne te dois rien du tout garçon ! C'est plutôt toi qui devrais m'être redevable après que j'ai généreusement acceptée de te prendre sous mon toit ! Petit ingrat ! Et aussi qui t'as permis de fouiner dans mes affaires ! Je devrais te…

- Tut tut tut, tante Pétunia. Il n'est jamais bon de jouer avec les émotions d'un jeune sorcier n'ayant pas le contrôle total sur ses pouvoirs. Après tout, un accident est si vite arrivé. Une petite contrariété ? Et…BOUM ! C'est la cuisine qui explose. Ce serait navrant n'est-ce pas ? Et puis, que diraient les voisins…

La femme blonde passa rapidement du blanc au vert. Cela provoquerait un tel scandale. Ça allait jaser dans tout le quartier ! Il n'y avait qu'une seule solution. Elle devait accepter. Pétunia hocha la tête avec résignation.

- Bien tante Pétunia, tu as fait le bon choix, sourit Harry, satisfait.

- Demain… Aujourd'hui Vernon et Dudley risquent de nous entendre. Alors demain, quand ils seront partis, je te raconterai tout ce que je sais…

Harry fit un petit signe de la main, pour montrer qu'il était d'accord. Il sortit de la cuisine, le classeur en main, et se dirigera vers son placard.

- Bonne nuit tante Pétunia, puissent tes rêves t'emporter vers un monde merveilleux, murmura Harry, plus pour lui-même que pour sa tante, en refermant le porte du placard derrière lui.