Titre: Cruelles intentions chapitre 1 (Cruel intentions part 1)

Auteur: kajornwan ( encore merci pour ton autorisation de traduire ^^!) De beaux textes sur Fei et Mikhail 3. Je vous invite à aller lire son LJ =D!

Traduction: Kandamio

Bêta: Lauriane Mayu Zangyaku-Sama (merci de ton aide 3)

Rating: PG-13 (pour le moment)

Fandom: Viewfinder

Pairing: Mikhail x Feilong

Tous les personnages appartiennent à Ayano Yamane.


Feilong fixa le portable noir qui vibrait dans sa main. Il haussa légèrement un sourcil en voyant le nom sur l'écran. Arbatov.

Il hésita un peu avant de prendre l'appel. Pourquoi pas un peu d'amusement après une si longue journée?

"Que veux-tu?" Fei parla en russe, une chose qu'il ne ferait pas habituellement étant donné que l'homme à l'autre bout du fil pouvait parler un cantonais impeccable. Même si la tête de Baishe parlait couramment plus de cinq langues, il ne s'embêtait jamais à parler autrement qu'en cantonais, à moins de ne pas avoir d'autre choix. Après tout, un homme dans sa position ne devrait jamais avoir à essayer d'impressionner qui que ce soit. Mais aujourd'hui il était d'humeur taquine.

"Tu as enregistré mon numéro. Je suis flatté." A en juger par sa voix, le jeune mafieux russe était vraiment impressionné.

"Comment aurais-je pu éviter tes appels sinon?" Feilong savait qu'il était un chieur arrogant. Mais c'était la chose "amusante" dans sa relation avec Mikhail, qui ne cessait de revenir vers lui, peu importe combien de fois il lui jetait ces mots à la figure.

Mikhail ne put s'empêcher de sourire. C'était bien Feilong, d'être si brutalement direct. "J'ai dû choisir le bon moment pour appeler, aujourd'hui, non? Qu'est-ce qui a bien pu te mettre de si bonne humeur?" Mikhail répondit d'une voix calme, joueuse. Il s'était habitué aux mots acérés de Feilong. Cela rendait seulement le personnage plus exquis.

"Je peux très bien raccrocher tout de suite pour mettre fin à ta curiosité."

Mikhail laissa échapper un léger rire. Il y avait une raison pour qu'il ait décidé de décrocher son téléphone, ce qui signifiait qu'il ne raccrocherait pas jusqu'à ce qu'il sache ce que Mikhail avait à lui dire.

"Aie pitié, mon cœur. Je ne te propose qu'un inoffensif dîner aux chandelles, pas le mariage."

"Tu devrais déjà connaître ma réponse" soupira Feilong. Le personnage le harcelait d'invitations à dîner depuis des mois. Il n'avait jamais accepté aucune d'entre elles, pas si ce n'étaient pas des repas d'affaires avec plusieurs autres convives.

"Tu n'aurais pas décroché si c'était pour dire non."

"Peut-être pas."

Même à cet instant, Mikhail n'en croyait pas vraiment ses oreilles, mais poser des questions ne ferait que donner à la fière princesse une chance de changer d'avis. Comme en affaires, il savait qu'il était temps de conclure. Après tout, convaincre sa royale majesté d'adhérer à une de ses propositions s'était révélé plus difficile que faire du trafic de drogue dans le QG de la police.

"Je passe te prendre à 7 heures. Tenue correcte exigée."

Passer le prendre? Mikhail le prenait-il pour une reine de promo?

"Je n'ai jamais dit que j'avais besoin que tu passes me prendre."

"Non, mais je ne me sentais pas d'humeur à me faire poser un lapin aujourd'hui." Il préférait aller embêter Fei à Baishe plutôt que de se faire encore poser un lapin dans un restaurant.

"C'est ce qui arrive quand on suppose mal. Je n'avais jamais dit que j'y serais."

C'était en partie vrai. Mais il n'avait pas non plus vraiment dit non.

"Eh bien, tu n'as pas vraiment dit oui non plus cette fois."

Feilong eut un petit rire. "J'y serai. Tu as ma parole. Dis-moi juste où."

"Tu ne penses pas vraiment que je vais croire un homme qui gagne sa vie avec des mensonges?

Mikhail savait qu'une fois qu'il avait pris une décision, ça ne servait à rien de le pousser. Mais ça ne faisait pas de mal d'essayer. Il aurait juste aimé voir le beau Fei assis dans sa Lamborghini pendant qu'il était au volant. Est-ce que ça ne vaudrait pas le coup d'oeil?

"Ne pousse pas ta chance trop loin, Mikhail Arbatov. Tu as une heure pour me dire où, ou tu peux oublier le dîner. Tu décides." Feilong se sourit calmement à lui même en mettant fin à la conversation. La seule façon dont Mikhail parviendrait à le faire jouer à son jeu serait en lui laissant les commandes.

Mikhail faisait tourner le délicat verre de vin dans sa main. Enfin, un rendez-vous avec la reine des glaces, pensa-il. Il avait le sentiment que son altesse royale le gratifierait de sa présence aujourd'hui, après l'avoir planté de si nombreuses fois. Il aurait dû mal prendre de se faire poser un lapin par Feilong, ou par n'importe qui d'autre, en cette matière. Un homme de sa position ne devrait jamais avoir à supporter quelque chose comme ça. Mais c'était Liu Feilong. Personne dans le monde n'aurait pu rassembler de manière aussi parfaite la beauté, la fierté, l'intelligence et la force, que Fei. Ce visage si irréellement beau avait le pouvoir de voler les cœurs de n'importe qui, le sien inclus. Mikhail n'avait jamais plus désiré quelqu'un, ni échoué tant de fois à obtenir ce qu'il voulait.

Cela faisait un peu plus de six mois qu'il avait rencontré le jeune leader de Baishe, à un mariage tenu par une très puissante famille chinoise, avec qui, comme il s'était avéré, lui et Feilong travaillaient. Liu Feilong, le célèbre leader de la plus grande organisation criminelle de Hong-Kong, était quelqu'un qu'on n'oubliait pas facilement. Dans une salle pleine de convives distingués en tenues de couturiers et en robes de soirées dignes de tapis rouges, Feilong était apparu avec une confiance inégalée, dans un magnifique cheong argenté qui avait éclipsé tout le monde. Mikhail aurait pu jurer que la belle chevelure noire qui tombait à sa taille était faite de pure soie. Comment telle beauté pouvait-elle exister chez un homme? Ce visage sans défaut faisait se sentir laide la plus belle femme dans la salle. Ce grand, élégant corps ondulait dans la pièce avec la grâce d'une ballerine, tandis que sa présence irradiait une intelligence incroyable et une suprématie absolue. Dès le moment où il avait posé les yeux sur Fei, Mikhail avait juré qu'il ferait n'importe quoi pour le faire sien. Et il avait essayé en vain jusqu'à ce jour.

Même si il tournait le dos à la porte du restaurant de luxe français, l'arrivée de Feilong ne passait pas inaperçue. Sa présence attirait l'attention de chaque paire d'yeux, peu importe quand et où il choisissait d'entrer. Voilà pourquoi Mikhail ne fut pas le moins du monde surpris lorsqu'il s'assit de l'autre côté de la table sans s'annoncer. Au moment où la pièce avait fait silence et où tous les yeux avaient semblé se diriger dans la même direction, il avait su que Feilong était arrivé.

"Je commençais à penser que tu allais revenir à ta vieille habitude de me poser des lapins." se plaint Mikhail sans lever les yeux.

"Oh, aies un peu confiance, veux-tu?" sourit sarcastiquement Feilong en tapotant son verre vide, pour qu'il soit rempli.

Mihail leva enfin les yeux vers l'homme assis de l'autre côté de la petite table. Son coeur manqua un battement lorsqu'il vit le visage si familier de ses rêves. L'élégant leader de la triade de Hong-Kong portait un de ses habits de couturiers en soie, au-dessus d'une chemise blanche faite d'un tissu fin, qui révélait juste assez le rose de sa peau impeccable pour laisser Mikhail imaginer le reste avec un brûlant désir. Peu importe combien de fois ils se rencontraient, Feilong ne manquait jamais de lui couper le souffle. Le personnage savait exactement comment utiliser ce qu'il avait pour manipuler les gens. Et il avait sans aucun doute les meilleurs attributs pour cette tâche.

"Es-tu sûr de vouloir te soûler près de moi?" C'était plus une suggestion qu'une question. Il avait entendu parler de la faible tolérance à l'alcool de Fei. Cela dit, ça ne gênait vraiment pas Mikhail.

"Peut-être que je choisis d'être gentil." Taquiner Mikhail était réellement un des plus grands plaisirs que la vie avait à lui offrir.

"Ou cruel. Je sais que tu prends plaisir à me rendre fou, entre autres choses."

Peut-être que Mikhail le connaissait vraiment un peu. Après tout, il ne pouvait nier à quel point il trouvait amusant de voir ce que le jeune mafieux russe était prêt à faire pour le mener où il voulait. C'était un jeu d'audace qu'il appréciait.

Le silence de Fei ne fit que confirmer que Mikhail avait raison. Le personnage était un réel, un arrogant chieur, avec le visage d'un ange. Mais c'était vraiment une des choses qui rendaient Feilong si attirant. "J'ai déjà pris la liberté de commander pour toi. J'espère que cela ne te gêne pas."

Fei s'adossa au dossier de sa chaise, pianotant des doigts sur la nappe blanche. "Dans ce cas nous allons voir si tu connais vraiment mes goûts en nourriture."

"Tes goûts en nourriture étaient faciles à cerner. Tes goûts au lit, j'ai encore à les apprendre.", dit-il en faisant un clin d'œil.

Pendant un instant, Mikhail vit une flamme se dresser dans les yeux de Feilong. Le personnage était déjà beau avec son habituelle expression indéchiffrable. Mais il était splendide au-delà de toute croyance avec ce regard terrifiant qui menaçait de tuer quiconque osait le déranger. Dieu avait vraiment une façon de torturer ses sujets pécheurs. Le tenter avec une créature glorieuse de façon malsaine comme Feilong, seulement pour lui refuser la permission de toucher, c'était vraiment une maudite punition.

"Te vient-il seulement à l'esprit que ce jour pourrait ne jamais venir?" Feilong avait pris une profonde respiration avant de répondre. Il n'était plus un enfant qui s'énerverait sur quelque chose comme cela.

Mikhail lui sourit en retour. "Oh, je n'en sais rien. Il y a quelques mois, tu évitais mes appels. Maintenant, tu as un dîner romantique avec moi. Dans quelques mois encore, nous serons probablement dans mon lit, en train d'avoir la partie de jambes en l'air du siècle, juste aux alentours de cette heure-ci."

"Tu ne serais pas assis ici, maintenant, si tu pensais que ce serait aussi facile." Feilong sourit savamment, essayant de son mieux de ne pas sortir son arme et de mettre une balle dans cette tête à boucles blondes en face de lui. Tuer une personne aussi importante mettrait Baishe dans une situation dangereuse. Il fallait juste qu'il continue à jouer le jeu, pour le moment.

Mikhail eut un rire léger à cette idée. Feilong était loin d'être naïf, et il connaissait vraiment sa valeur. Plus que cela, il savait que Mikhail aimait les défis. Une fleur aussi rare et exotique que Feilong ne serait pas aussi précieuse, si elle était facile à cueillir.

"Si tu es assez désespéré pour laisser n'importe quel garçon mignon réchauffer ton lit, ces derniers temps, alors ce n'est pas vraiment impossible pour moi, si?" Il dépassait les limites. Mais il était loin d'avoir peur de la rage de Feilong.

A sa grande surprise, Feilong éclata de rire. Quelque chose que Mikhail n'avait encore jamais vu avant. "Toi, tu voudrais être mon sex toy? Tu me déçois, Mikhail Arbatov."

"Ton sex toy? Oh, je pourrais être bien plus que ça, mon coeur. Tu ne sais pas ce que tu manques." Mikhail regarda Feilong dans les yeux, sans sourire. Il était sérieux. "Mais si c'est comme ça que tu veux l'appeler, alors oui, ça ne me gênerait pas. Je finirai par t'avoir, peu importe les circonstances, Feilong. Tu ferais bien de te souvenir de ça."

Feilong prit son temps pour calculer sa réponse. "Tu penses vraiment que je vais accepter cette offre?"

"Peut-être."

"Et me priver d'un divertissement que j'apprécie tant?"

Mikhail savait depuis longtemps que Feilong jouait avec lui. Le taquinant assez pour le garder près de lui, mais ne restant jamais assez près pour être à sa portée.

"Je sais que tu prends un plaisir sadique à me torturer, Feilong. Mais souviens-toi bien que ce divertissement particulier, c'est à moi de le donner." Mikhail fit une pause pour siroter son vin. "Ou de le retirer, en l'occurrence. Si tu ne commences pas bientôt à me donner quelque chose, tu pourrais bien devoir lui dire au revoir. Tout homme a ses limites, tu sais?"

Feilong rit sous cape. "Un plaisir sadique, hein? Je ne suis pas le seul avec de cruelles intentions ici, n'est-ce pas, Mikhail? Toute ta vie, tu as toujours eu ce que tu voulais. Maintenant, je suis la seule chose que tu ne peux obtenir, quoi que tu fasses. A la minute même où je cèderai face à toi, tu prendras pour de bon un avion pour Moscou. Et qui me divertira, à ce moment-là?"

"Donc théoriquement, tu as peur que je t'encule et que je me sauve, c'est ça?"

"Théoriquement, je dis que je m'amuse encore énormément. Donc non, tu ne coucheras avec personne ce soir. Pas avec moi, en tout cas." Fei s'adossa sur le dossier de sa chaise, sirotant tranquillement son deuxième verre. Jamais plus il n'autoriserait quelqu'un à jouer avec lui. Une fois lui avait plus que suffi. Et ça avait failli lui coûter la vie.

Mikhail regarda dans ces yeux magnifiques et y vit bien plus que ce qu'entendaient ces froides paroles. Il y avait plus en lui que cette froideur. Il ne serait jamais tombé si amoureux d'un simple chieur arrogant avec un joli visage. Feilong était compliqué, sophistiqué, et une contradiction vivante. Qui aurait imaginé qu'un chef de triade meurtrier qui gagnait sa vie en meurtres et mensonges aimerait lire, passer son temps dans des galeries d'art, et chérir son jardin plus que tout? Sous le masque froid et cruel qu'il portait étaient enterrées, au fond de lui, de fortes émotions. Mikhail se demanda ce qu'il avait vu dans ces yeux, pendant une fraction de seconde. Etait-ce de la colère? De la haine? Ou même de la tristesse? Ou était-ce une combinaison de tout cela? Il fallait qu'il sache. "Comment un homme aussi fier que toi peut-il avoir une si basse estime de soi?"

Feilong haussa légèrement un sourcil, face à une question qu'il n'avait jamais imaginé entendre dans sa vie. "Je suis comme ça?"

"Penser que tout ce que je veux de toi, c'est du sexe. Que je passerais simplement mon chemin si j'y parvenais. C'est comme si tu pensais que tu ne méritais rien de plus que ça."

Feilong en resta abasourdi. Il n'y avait jamais pensé sous cet angle. Peut-être la raison pour laquelle il ne pouvait se résoudre à faire confiance à quiconque était qu'il avait l'impression qu'il ne méritait pas d'être aimé. Être un enfant adopté et avoir quelqu'un comme son frère pour le lui rappeler constamment devait avoir laissé une cicatrice. C'était la raison pour laquelle il avait tant besoin de prouver l'amour de son père. Il n'avait pas l'impression d'être aimé et si sa propre famille ne l'aimait pas, qui donc le ferait? La trahison d'Asami ne pouvait que le conforter dans cette opinion. Tout venait de sa propre insécurité, dont il ignorait l'existence même. Pour une raison inconnue, Mikhail l'avait percé à jour.

Le manque de réponse de Feilong était inhabituel, mais en voyant l'expression sur son visage, Mikhail eut un pincement au cœur. Feilong avait l'air d'être sur le point de pleurer. Le personnage était profondément troublé. Une chose terrible avait dû lui arriver pour donner une si mauvaise estime de lui-même à quelqu'un d'aussi fort que Feilong. A ce moment-là, Mikhail aurait vraiment voulu le prendre dans ses bras et le réconforter avec un interminable baiser, mais il savait qu'il était trop tôt pour cela. Feilong avait besoin de savoir qu'il pouvait lui faire confiance, ou il ne le laisserait jamais s'approcher assez près. Ça allait être bien plus difficile que ce qu'il avait d'abord prévu. Il ne jouait pas les inaccessibles. Ce n'était pas qu'une question de temps. Il avait un problème de confiance en soi, et c'était probablement assez sérieux pour l'envoyer se cacher derrière une muraille de pierre.

"Tu sais que ce n'est pas que je ne pensais pas au sexe quand je t'ai pourchassé. Il n'y a pas une seule personne dans cette pièce qui n'ait pas envie de te sauter dessus, Feilong." Il s'arrêta pour observer la réaction de Fei. Son expression faciale ne changeait pas. Feilong lui rendit son regard, sans aucune trace d'embarras sur son visage. Il avait entendu ces mots un millier de fois, venant de juste n'importe qui.

"Si c'était tout ce que j'attendais de toi j'aurais pu simplement te prendre de force. Ce n'est pas dur avec mon pouvoir. Toi, entre tous, devrais le savoir."

"Bien sûr, mais alors tu serais déjà mort. Ce n'est pas dur avec MON pouvoir." Feilong sourit avec mépris à la remarque insultante.

Avec quelqu'un comme Feilong, c'était probablement vrai. Il y aurait eu une guerre mortelle entre Baishe et la famille Arbatov si il l'avait fait. Mais ce n'était pas ça qui aurait pu l'arrêter.

"Ce que je veux dire, c'est qu'un homme dans ma position reconnaît un trésor quand il en voit un. Ton sex appeal est juste l'une des choses qui te rendent aussi inestimable, pour moi. Donc non, je ne vais pas t'enculer puis juste partir."

Il pensait ce qu'il disait. Fei devrait savoir qu'il lui faudrait plus que son corps parfait pour satisfaire Mikhail. Il voulait son propre beau dragon. Il voulait voir Fei, avec toute sa fierté, se rendre, impuissant, face à lui.

"En plus, si c'était simplement pour le sexe, avec ton corps splendide, une fois ne serait jamais assez, de toute façon." ajouta-il.

Fei se rassit et écouta calmement. Que ce que Mikhail avait dit soit vrai ou pas, ça le flattait quand même. Ces yeux bleus de bébé ne semblaient rien cacher. Peut-être serait-ce une bonne idée de jouer son jeu un peu plus longtemps et de voir ce qu'il avait à lui offrir.

Tandis qu'il délibérait sur la réaction à avoir face à la promesse du russe blond d'entrer dans sa vie, leur serveur posa la nourriture sur leur table.

"Ah, nous y sommes. Tu dois avoir faim. Surtout après une si longue et horrible réunion à propos de l'acte de propriété du casino."

Son commentaire surprit Feilong. Comment avait-il réussi à obtenir des informations aussi détaillées? Des informations que seules des personnes de son cercle proche devraient connaître.

"Et comment saurais-tu cela?" Fei parlait en faisant de son mieux pour garder un air calme et composé.

"Je mets un point d'honneur à savoir tout ce qui te concerne, mon coeur. Je sais même à quelle heure tu prends ta douche et que tu dors nu, entre autres." Mikhail lui adressa un sourire malicieux. Il était temps d'amener la conversation sur des sujets plus légers.

"Oh, s'il te plaît, tu me coupes l'appétit." Feilong leva les yeux au ciel. Il allait vraiment attraper cet espion et écraser toute sa famille. Cela le mettait mal à l'aise de penser à ce que Mikhail avait pu découvrir d'autre.

"C'est seulement le premier plat, mon coeur. On a encore un long chemin à faire."

Feilong , incrédule, écarquilla les yeux. "S'il te plaît, dis-moi que ce n'est PAS un repas de neuf plats."

Il ne put s'empêcher d'apprécier l'air sur le visage de Fei quand il découvrit cela. Mikhail s'était bien assuré que ce serait une longue soirée. "Tu réalises à quel point c'est difficile d'avoir une place dans un restaurant Michelin trois étoiles en aussi peu de temps? Autant en avoir pour mon argent. Peut-être que si tu ne m'avais pas rejeté si souvent j'y aurais réfléchi à deux fois."

Il était difficile d'imaginer la somme que Mikhail avait versée pour tout cela. Mais ça lui ressemblait tellement de trop en faire. A chaque fois qu'il avait une excuse pour lui envoyer un cadeau, Mikhail s'assurait que Fei s'en souvienne. Comment aurait-il pu ne pas s'en souvenir? Le personnage lui avait envoyé tout un jardin à la place d'un bouquet. Le mois dernier il avait dû réorganiser tout le système de sécurité de son étude pour protéger un chef-d'œuvre de Monet que Mikhail lui avait envoyé. Son prochain cadeau d'anniversaire pourrait être une île exotique des Bahamas, équipée de luxueuses villas et bourrée de personnel, qu'il n'en serait pas le moins du monde surpris. "Tu aimes dépenser ton argent, non?"

"Aimer? Je suis obsédé par cela. Quel est l'intérêt d'être trop riche et de ne pas dépenser à mort? On ne vit qu'une fois, mon cœur. Autant vivre."

Ses éclatants yeux bleus étincelaient tandis qu'il parlait. Feilong ne pouvait nier qu'il y avait quelque chose d'unique à propos de ce russe blond aux yeux bleus. Mikhail était incroyablement confiant, extrêmement direct, et exceptionnellement intelligent. C'était un homme qui savait exactement ce qu'il voulait et n'hésitait jamais à faire ce qu'il fallait pour l'obtenir. Fei l'avait toujours respecté pour ça.

C'était la première fois qu'il voyait Fei sourire. Vraiment sourire. Même si ça n'était apparu qu'une fraction de seconde et même si c'était léger, c'était assez pour lui mettre des papillons dans l'estomac. "Maintenant, je paierais un million de dollars pour revoir ce sourire."

"Dix." Fei était d'humeur à négocier.

Mikhail rit. "Mon coeur, à dix millions il faudrait que je te ramène chez moi."

Fei sourit de dédain à la ridicule proposition. "Alors CA, ça ferait un chiffre que tu ne pourrais pas te permettre."

Mikhail fixa les yeux de Feilong en calculant sa réponse. Puis il sortit son chéquier, en déchira un des feuillets, et le signa. "Voici un chèque en blanc sur mon compte d'affaires. Tu sais combien je vaux. Teste-moi." dit-il en plaquant le chèque sur la table, juste entre eux deux.

"Tu es sérieux?" Il savait que Mikhail n'était pas normal. Mais Fei ne pensait pas qu'il était fou. Un chèque en blanc sur son compte d'affaires pourrait lui faire faire banqueroute en une nuit.

"Pour te mettre dans mon lit? Toujours."

Fei l'écouta avec stupeur. Mais l'air sur son visage montrait qu'il le pensait. "Tu es fou, tu le sais, ça?"

"On me dit souvent ça. Alors, quelle est ta réponse? Oui ou non?" Les yeux de Mikhail exigeaient une réponse.

Ça pourrait être intéressant, pensa Fei. Avec un chèque il aurait le pouvoir de détruire Mikhail Arbatov. Il pourrait l'utiliser pour le pousser à faire ce qu'il voudrait. Ou il pourrait l'utiliser pour étendre son propre pouvoir. Mais prendre ce genre d'argent en échange de sexe ferait de lui une pute. La pute la plus chère du monde, sans aucun doute, mais une pute tout de même. Il aurait dû se sentir gravement offensé, mais pour une raison quelconque, il ne l'était pas. Mikhail avait vraiment une technique, pour manipuler les gens.

Feilong savait depuis le début de quoi il s'agissait. Ce sournois d'enfoiré était en train de le tester, de voir ce qu'il valait vraiment. En d'autres circonstances, il rejetterait l'offre sans hésitation, mais alors le jeu finirait trop tôt, et il s'amusait trop. Il commençait à apprécier cette compagnie. Mikhail était quelqu'un qui pouvait à la fois maintenir son intérêt et continuer à le défier; un adversaire de valeur, indéniablement.

"Pourquoi se presser, Mikhail?" Il sourit malicieusement avant d'imiter les paroles exactes de Mikhail, avec l'accent russe et tout le reste. "Ce n'est que le premier plat, mon coeur. On a encore un LONG chemin à faire."


Les plats passaient, et le chèque se tenait toujours entre eux deux, intouché. Les deux hommes essayaient d'ignorer sa présence et faisaient semblant de parler d'autre chose. Mais de temps en temps, ils y jetaient un coup d'œil, et sentaient la tension monter et accélérer à chaque minute.

Mikhail savait qu'il était improbable que Feilong prenne le chèque, mais le fait qu'il n'ait pas encore refusé l'excitait et le rendait fou.

Fei délibérait pour savoir s'il devrait finir la soirée en laissant Mikhail sur sa faim ou si il devrait prendre le chèque et découvrir de quoi était fait le personnage. Après tout, à ce stade, il ne pouvait nier qu'il était curieux de savoir à quoi ressemblerait une partie de jambes en l'air avec ce malicieux russe aux yeux bleus, étant donné que la tension à cette table avait déjà dépassé l'excitation du coup le plus enivrant qu'il ait eu. Coucher avec des garçons mignons était distrayant, mais coucher avec un attrayant mafieux russe de sa classe, aux cheveux blonds et aux yeux bleus, pourrait être une expérience assez unique pour s'en souvenir.

Enfin, le dessert était sur la table. Mikhail s'impatientait. "Alors, est-ce que la princesse a décidé?"

Feilong resta assis, calme, comme si ce n'était pas une question importante. "J'attends encore mon café."

Mikhail se jura qu'il aurait empoigné cette nuque élégante et l'aurait étranglé à mort, s'il n'y avait pas eu ce désir brûlant dans sa poitrine. Il avait perdu patience et décidé de saisir le chèque et d'abandonner, mais la main de Fei l'attrapa juste avant lui.

"Je vais prendre ça" sourit Fei en agitant le chèque dans sa main. "Peut-on avoir un café, maintenant?"

Bon, maintenant j'ai plus qu'à aller me cacher pour avoir massacré ce chef-d'œuvre… Nan, je vais d'abord finir de traduire tous les chapitres et ensuite je vous laisse me lapider ^^...

Toutes critiques constructives sont appréciées ^^!