Une fiction qui me trottait dans la tête depuis pas mal de temps…

Ne sachant avec qui le mettre, j'ai hésité à l'écrire puis à force de réfléchir, j'ai trouvé une personne idéale !

Bonne lecture !

« Hors de tout » :

Le soleil était très haut dans un ciel sans nuages. Un jeune homme brun, allongé sur un trottoir, se redressa vivement et jeta un regard hagard et désorienté autour de lui.

Il se massa la nuque, grimaçant de douleur et une lueur inquiète assombrit ses yeux quand il vit du sang tacher sa main.

Il se palpa la nuque avec minutie et jura entre ses dents, sous un élancement de douleur. Il examina les environs, perplexe et intrigué par le silence et l'absence d'habitants. Puis, l'architecture des bâtiments, ainsi que leur état de délabrement avancé, le choqua et attisa sa curiosité.

Son instinct de limier l'avertit d'un potentiel danger dans ce quartier presque en ruine et visiblement déserté par ses habitants.

L'homme fronça des sourcils, tentant de se souvenir de ce qu'il avait précédemment dans la journée.

Des fragments d'images lui vinrent à l'esprit et le cerveau analysa ces informations. Au fur et à mesure que les images étaient décodées, le jeune brun pâlit atrocement et promenait des regards éperdus et effrayés sur les immeubles et les rues sans véhicule.

L'absence d'activité humaine ne correspondait nullement aux souvenirs que le brun avait gardé de sa journée et un frémissement parcourut tout le corps svelte et sportif du jeune homme : Quelque chose de sinistre émanait de ces murs et une menace sous-jacente suintait du quartier à l'abandon.

Un vertige le prit quand le brun se rendit compte de l'absurdité et de l'impossibilité de cette situation.

Vingt minutes auparavant, lui, son équipe et une escouade d'intervention avaient défoncé un hangar et investissaient les lieux d'un trafic de drogue.

Son gilet et son uniforme l'attestaient, ainsi que sa plaque et son arme de service.

Mais alors, où étaient son équipe et la brigade d'intervention ? Mais surtout, où était-il ?

Et pourquoi cette impression de menace insidieuse ancrée en lui ?

Le brun aperçut des silhouettes qui se mouvaient à une vingtaine de mètre de lui et saisissant son arme, il le braqua dans leur direction.

« -Eh, les mecs ! S'écria un des adolescents de la bande, hilare. Tu as vu l'antiquité ? Jamais vu ça ! »

Leur curiosité sérieusement « piquée », les cinq adolescents se mirent à siffler en dévisageant l'homme et son uniforme. Ils tournèrent autour de lui, dans le but de l'encercler mais l'homme devina leurs intentions et se recula, se préparant une retraite.

Il fut saisi de malaise en voyant leur mine insolente, froide et dure et leur peu d'appréhension devant son arme.

Une chose « clochait » : La vision d'un agent de l'Etat aurait du décourager tout initiative de ce gang et les faire détaler. Ou à défaut, causer une frayeur de s'attaquer à un agent en fonction.

« -Un riche qui se serait perdu ici ? Supposa un autre plus petit et roux, d'une voix avide et féroce. Pas de chance ! Tu es sur notre territoire. La loi c'est nous ! »

Braquant le canon de son arme, d'une manière dissuasive, le jeune brun déclara :

« -La Loi, c'est moi et ma plaque qui la représentons. Alors, si tu tiens à ne pas avoir d'ennui, tu dégages. Avec tes potes. C'est clair ? »

Des rires moqueurs et effrontés lui répondirent et le décontenancèrent. Le petit roux fit un clin d'œil et lança :

« -Mais tu te crois où avec ton accoutrement ridicule ? Ici, c'est notre territoire et tu vas l'apprendre. »

Sur cette menace, il siffla et l'homme vit émerger des immeubles un attroupement de jeunes armés de matraques de fer.

Sans attendre d'en voir plus, il se mit à courir dans la direction opposée. A la clameur derrière lui, il comprit que le gang se lançait à sa poursuite.

Enjambant des murets, franchissant des tas de rues défoncées, le jeune homme courait désespérément.

Des carcasses de voitures brûlées l'intriguaient mais il n'avait pas le temps de s'attarder dessus. Il entendait ses poursuivants se rapprocher de plus en plus et il désespérait de trouver du secours.

Mais où était la police ? Rien ne semblait marcher dans ce quartier et il n'y avait aucune trace de cabine téléphonique.

Epuisé, à bout de souffle, il s'adossa à un mur d'une boutique en ruine et commença à faire feu, sans conviction. Des balles atteignirent leurs cibles mais cela n'arrêtait pas les autres membres qui, sans pitié, piétinaient les blessés.

L'arme fut à court de munitions et le jeune brun leva les yeux au ciel, murmura une prière et ferma les yeux, résigné.

Soudain, des sirènes retentirent et une patrouille de police arriva sur les lieux. Le jeune brun, soulagé, voulut se précipiter vers ses confrères mais ceux-ci, des fusils à la main et casqués, l'ignorèrent et se mirent en rang serré, faisant face au gang.

Un détail frappa le jeune homme qui scrutait attentivement les uniformes et les voitures de la police.

Des initiales revenaient souvent : L'OCP. Et le nom d'une ville, Détroit.

« -Eh, vous ! Le héla une jeune femme, casqué et lourdement armée. Ne restez pas là ! Si vous voulez vivre ! »

Le jeune brun, abasourdi par les uniformes et leurs boucliers futuristes, ne se fit pas prier et assista, médusé, à une fusillade en règle entre les forces de l'ordre et le gang. Celui-ci s'était organisé et barricadé derrière des fenêtres et des vitrines de magasins.

« -Mince ! Jura la jeune femme, énervée par la résistance du gang. Où es-tu passé, mon cher partenaire ? »

Dans un crissement assourdissant de pneus sur le l'asphalte, une voiture, au design sportif et aux lignes simples, stoppa devant le rang des policiers qui cessèrent de tirer.

Le jeune brun, pétrifié, les yeux écarquillés, vit la portière s'ouvrir sur…Un robot !

Les yeux exorbités, il suivit cet agent hors du commun du regard et le vit se planter devant les immeubles où se « planquaient » le gang.

« -Il était temps, Murphy. Fit la jeune femme, en abaissant son fusil. Tu faisais quoi ? »

Le robot ne l'écouta pas et remuant sa tête dans toutes les directions, repéra ses cibles et ses angles d'attaque.

Sans crier gare, il brandit une arme surgie de sa cuisse et visa rapidement. Des cris de douleurs signifièrent que le robot avait atteint ses cibles.

Ce que voyant, les policiers se ruèrent à l'assaut des membres restants.

« -Toujours aussi efficace, mon « vieux Robocop ». Complimenta la jeune femme, en lui tapotant sur l'épaule. Tu te chargeras de notre rapport ? »

Robocop rangea son arme et fit :

« -Tu peux compter sur moi, Lewis. Retournons au QG. »

N'attendant pas le consentement de sa partenaire de terrain, il marcha en direction de sa voiture blindée. Subitement, il se figea et son regard se porta sur le jeune brun qui ne le quittait pas des yeux.

Scannant le visage du jeune homme, il fit appel à sa base de données et des photos virtuelles de criminels défilèrent sous ses yeux. Aucunes ne correspondaient à l'inconnu.

Le robot se dirigea vers l'homme qui ne put réprimer un frisson de crainte à son approche.

« -Qui êtes-vous, monsieur ? » Demanda Robocop, avec courtoisie.

Hypnotisé par les traits humains du robot dont on n'apercevait que les lèvres, les joues et le nez, le jeune brun ne pensa pas à répondre.

Puis reprenant ses esprits, il balbutia, d'une voix pleine de désarroi :

« -Je suis l'agent fédéral Don Epps. »

A suivre.

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