Salut me revoilà! Et je m'imptressionne là! A peine plus de 15 jousrs entre 2 chapitres! (ok, ok, ça reste long, mais quand même!)


3. Le temps d'une lettre

Assis à son bureau, Bakura examinait la carte pour ce qui devait être au moins la millième fois. Il n'arrivait toujours pas à croire que ça puisse être un faux. Pourtant en y regardant de plus près, il y avait effectivement quelques détails qui pouvaient prêter à réflexion. L'échelle des distances qui ne semblait pas toujours parfaitement exacte, le nom de certains îlots qu'il ne reconnaissait pas, ou encore le fait que s'il était logique de dissimuler ses richesses à une distance raisonnable afin de les rendre moins accessibles, il était tout de même curieux d'aller les enterrer complètement à l'autre bout des mers. Ce n'était pas pratique pour aller piocher dedans en cas de besoin… Or l'endroit indiqué comme emplacement du trésor mettrait de longs mois de navigation à être atteint. Par contre, ça ressemblerait bien à une tactique visant à éloigner quiconque tenterait d'en prendre possession en le faisant se balader aux quatre vents pour lui faire perdre le plus de temps possible, la possibilité qu'il existe là-bas une cachette tellement géniale qu'elle valait le coup de se taper le chemin semblant assez peu probable… Bien sûr ça pouvait aussi n'être qu'une coïncidence et il se posait peut-être trop de questions pour rien.

Après des heures passées à se casser la tête, il ne savait toujours pas quoi penser. Il supposait qu'il pourrait toujours garder cette carte prétendument fausse tout en procédant également à l'« échange ». Une nouvelle confrontation avec la garde des Ishtar ne l'impressionnait pas le moins du monde. Il avait déjà battu ces hommes une fois, et ce serait encore le cas cette fois-ci. Il n'avait aucun doute là-dessus. À ce moment-là, lorsqu'il aurait cette deuxième carte en main, il aviserait !

Ce qu'il ne supportait pas, c'était cette sensation de s'être fait avoir, d'avoir été floué. Il espérait d'ailleurs que l'homme de la taverne n'avait pas été au courant de cette histoire et qu'il lui avait donné ses informations en toute bonne foi. Dans le cas contraire il avait plutôt intérêt à ne plus recroiser sa route… Même s'il était vrai qu'il n'était pas reparti de cette maison tout à fait les mains vides.

-« Tu es encore occupé avec ce truc ! Tu ne devrais pas plutôt être en train d'écrire une lettre de demande de rançon ? Les pirates ont vraiment du temps à perdre ! »

-« Marik, j'essaie de me concentrer ! » Un peu de silence, c'était vraiment trop en demander ?

'Attends une seconde…'

-« Marik ! »

-« Plus de « monsieur Ishtar » ? » Oui, c'était bien ce qu'il craignait. Il était là. « Bah, en fait je préfère, parce que - »

-« Qu'est-ce que tu fais là ! Tu ne devrais pas être dans ta cellule ? »

-« C'était crade et ennuyeux. Je visite. C'est la première fois que je me retrouve sur un bateau –pirate en plus ! Je n'allais pas laisser passer une occasion pareille ! »

-« Je… Tu… » N'importe quoi. Vraiment n'importe quoi ! « Et puis d'abord, comment es-tu sorti ? »

-« Oh, je pourrais te le dire… Mais ce serais vachement moins marrant ! »

Bakura leva les yeux au ciel avant de se retourner pour les poser sur son visiteur –qui prenait visiblement la situation avec beaucoup de légèreté. Celui-ci, par contre, ne semblait plus disposer à lui accorder un regard. Il s'était déjà complètement désintéressé de lui, bien trop absorbé par l'exploration des lieux.

-« Dis-moi, c'est pas trop mal ici, encore… Si on compare au reste, bien sûr… »

-« Évidemment ! C'est ma cabine ! »

-« Ce n'est pas très grand mais on a quand même un peu d'intimité. Et puis il n'y a pas trop d'humidité ni de…hum…moisissure. » Se dirigeant vers le mur le plus proche, Marik s'employa à gratter du bout du doigt une petite tache verdâtre qui colorait la paroi, le tout d'un air spécialement dégouté. « Je crois que je vais m'installer ici… »

-« …T'installer…dans… Non ! »

-« Tu ne t'imagines tout de même pas que je vais passer toutes mes soirées dans cette cellule minable ? »

-« Si. C'est exactement ce que je m'imagine. Et comme c'est moi le capitaine de ce navire, je crois que c'est exactement ce qui va se passer. Il me suffit d'appeler mes hommes pour qu'ils t'y remettent tout de suite et ne touche pas à ça! »

D'un geste désinvolte, Marik lâcha le bibelot poussiéreux qu'il avait pris sur une vieille étagère, seulement pour se saisir du compas qui se trouvait à côté.

-« Bah, de toute façon je vois pas vraiment ce que ça change. C'est pas comme si j'avais la moindre chance de m'enfuir du bateau. Y'a que de l'eau tout autour à perte de vue… »

-« Tu es un prisonnier ! » rugit Bakura « Ce qui veut dire, au cas où tu l'ignorais, que tu n'as rien à dire ! Tu te terres au fond de ta cellule, tu te tais et tu crains pour ta vie ! »

-« Tu ne devrais pas me traiter comme ça. Je crois qu'on a déjà établi que tu avais besoin de moi… »

Tu as établi. Moi j'ai dit que j'allais y réfléchir ! »

-« C'était il y a des heures ! » s'exaspéra Marik, prenant bien le temps d'appuyer lourdement sur le mot « heures », certainement pour souligner encore une fois à quel point les pirates manquaient de réactivité à son goût. « Comme je suis toujours en vie, j'estime que ça signifie que tu as accepté le marché…ou en tout cas que tu y es relativement favorable. » Bakura se contenta de pousser un soupir agacé et Marik y vu le signal qu'il pouvait continuer. « En tant qu'élément indispensable à la réussite de ton opération, j'estime également qu'il t'incombe de veiller à ce que les conditions de mon séjour soient aussi optimales que possibles. Partant de ce postulat et prenant en compte le fait que cette cabine est ce que l'on peut trouver de mieux dans un environnement tel que - »

-« Tu n'auras pas ma cabine ! »

Marik le regarda, soupira à son tour –très longuement et très bruyamment–, s'approcha du bureau, s'appuya dessus et regarda Bakura sans un mot et avec un (trop ?) grand sourire.

-« Quoi ? »

-« Tu préfèrerais partager peut-être ? »

-« Huh ? »

-« Allons, je sais très bien que tu ne serais pas contre. Tu crois que je n'ai pas vu comment tu me dévorais des yeux tout à l'heure, dans ta grande salle ? Il aurait vraiment fallu être aveugle ! »

-« QUOI ? Pas du tout ! Et on ne va rien partager ! »

Marik se redressa et s'écarta du bureau.

-« Hé bien tant mieux pour toi, je n'en avais pas l'intention de toute manière. » Il prit le temps de rigoler en dévisageant le capitaine qui, lui, par contre, n'avait pas l'air d'avoir envie de rire « Et cette lettre alors ? »

-« QUELLE LETTRE ! »

-« Ben tu sais, pour la rançon ! Il serait temps de commencer à l'écrire. » Il promenait ses yeux sur le bureau, observant les différents papiers et ustensiles qui se trouvaient là. « Tu sais écrire, au moins ? »

-« Marik… »

-« Tu sais, tu peux me le dire si tu ne sais pas, ce ne serait pas une honte ou un truc comme ça. Je veux dire, tu es un pirate après tout, et tu ne - »

-« Je sais écrire ! »

-« Tu es sûr ? Parce que sinon je pourrais l'écrire pour toi si tu veux… »

-« Marik, la ferme ! » Voilà. Ça faisait à peines quelques heures qu'ils se connaissaient et Bakura avait déjà envie de l'étriper. Vraiment envie. Il se leva, se dirigea vers la porte (sans prendre en compte le flot de parole qui continuait à sortir de la bouche de son interlocuteur) et sorti dans le bref couloir qui jouxtait la cabine. Un peu plus loin il aperçut trois hommes d'équipages qui se disputaient pour savoir si oui ou non le plancher était droit. « Vous, venez ici ! »

Oh, ça faisait du bien d'être écouté et obéi. Il leur désigna Marik du doigt, plus du tout disposé à poursuivre plus longtemps leur discussion, et leur donna ses instructions.

-« Ramenez le prisonnier dans sa cellule. Maintenant. Et assurez-vous qu'il y reste cette fois ! »

.xXx.

La lettre fut écrite. Puis elle fut envoyée, après une attente de quelques jours pour permettre à la famille de s'inquiéter et faire monter la pression.

Ce n'était pas une lettre qui demandait une réponse. Elle précisait simplement l'heure, la date, le lieu et conseillait d'être là, tout du moins si ''vous voulez avoir la moindre chance de revoir votre enfant vivant''. Apporter la carte originale était évidemment une condition obligatoire.

Pendant le laps de temps qu'il passa inévitablement à bord, Marik sembla s'accommoder assez bien de sa condition de prisonnier. En fait le terme « prisonnier » n'était peut-être pas celui qui convenait le mieux. « Passager temporaire à liberté restreinte et soumis à une surveillance draconienne mais à l'effectivité toute relative » aurait probablement été plus approprié. On le retrouvait régulièrement à divers endroits du bateau –ponts, calles, cabines...un homme jura même l'avoir aperçu dans la vigie– mais assez rarement dans son cachot en définitive. Il était surprenant de voir à quelle vitesse il était passé de la défensive à une attitude indéniablement plus détendue, y compris dans son style vestimentaire, troquant son veston de bonne famille contre une simple chemise...qu'il semblait adorer laisser complètement ouverte ! Personne ne savait exactement où il l'avait trouvée, ni où il dormait ou ce qu'il mangeait, mais il semblait se débrouiller plutôt bien en fin de compte. Il lui arrivait même assez fréquemment d'entamer la conversation avec les membres d'équipages, souvent mal à l'aise, ne sachant généralement pas vraiment quoi faire dans cette situation qui ne leur semblait pas totalement « normale ». Et si de temps en temps, par acquis de conscience ou sur ordre express de leur capitaine, il leur arrivait de le reconduire dans sa cellule, ils savaient pertinemment qu'il n'y resterait jamais longtemps.

La manière dont il parvenait à s'échapper à chaque fois tenait du mystère. C'était comme si aucune serrure ne pouvait lui résister. Bien sûr, Bakura aurait pu organiser des tours de garde devant la grille pour l'empêcher de l'ouvrir à nouveau, mais il avait beau être un pirate sanguinaire, il n'avait pas eu le cœur d'imposer à ses hommes les élucubrations de leur « prisonnier » plusieurs heures d'affilées –qui sait, ce genre de traitement inhumain aurait pu les mener à une mutinerie... Surtout qu'il y avait largement assez à faire sur le navire que pour ne pas gaspiller bêtement de la main d'œuvre dans une tâche que l'on pouvait considérer comme superflue. Il se contenta simplement de leur conseiller de garder un œil sur les canots –oui, il était presque sûr d'avoir entendu Marik poser nonchalamment des questions sur leur maniement... Une fois ce détail réglé, il devait bien l'avouer, Marik avait raison lorsqu'il disait qu'il ne pourrait pas aller bien loin tant qu'ils navigueraient au milieu de l'océan ...Et oui, effectivement, il n'était pas non plus particulièrement désagréable à regarder... Si seulement il pouvait être moins bruyant !


Si vous vous posiez la question, le plancher était droit (il était juste balloté par les vagues en même temps que le bateau). Ce qui prouve qu'au moins un des hommes n'était pas bourré!

ATTENTION: Voilà, je voulais juste faire une petite remarque pour vous dire qu'il est possible que vous trouviez Marik un peut OOC. Mais voilà, je crois que je m'inspire beaucoup de Marik dans YGO Abridge (ben oui, pour moi the Abridge c'est totalement canon!:) J'espère que ceux qui ne connaissent pas ne trouve pas tout ça trop bizarre (et que ceux qui connaissent non plus, d'ailleurs-_-"...). En même temps Marik m'a toujours semblé être un peu le genre, ben...un peu...chieur? (attention, quand je dis ça c'est affecteux^^)...ou alors c'est juste dans ma tête?

Voilà voilà...bon ben je vous dit à au moins dans 15 jours (Yup, ce matin je pars à la côte belge:D...et je n'aurai pas de connection internet... Qui sait, l'air marin me donnera peut-être de l'inspiration!) et bien sûr, n'hésitez pas à reviewer pour me faire part de vos commentaires;)!