Bonjour tout le monde! Après le succès du premier omake, voici le second^^ Celui-ci est beaucoup plus difficile à comprendre sans avoir lu la fic de base... je vous encourage donc à aller parcourir ces six petits chapitres de rien du tout :D

Bonne lecture à vous~! J'espère que vous aimerez tout autant que le premier omake \o/

Our family
(Notre famille
)

-C'est aujourd'hui qu'ils vont chercher Yui ! s'écria Watanuki en bondissant dans le bureau de Dômeki.

Ce dernier était en train de passer les rubans d'un gros emballage cadeau contre la lame de son coupe-papier, pour faire de belles spirales dorées.

-Je sais, pourquoi tu crois que je suis en train de perdre mon temps à emballer ce truc ?

-Ooooh, c'est un cadeau pour Yui-chan ? susurra Watanuki en se collant contre son dos, enroulant ses bras autour de sa poitrine.

-Hn, répondit Dômeki en agrafant une petite étiquette dorée sur l'emballage.

-Tu me fais jamais de cadeau, à moi, bouda Watanuki en gonflant les joues.

-J'ai faim, dit Dômeki en rangeant l'agrafeuse, le regard dans le vague.

Watanuki s'écarta en hurlant au scandale. Et il en avait assez d'être considéré comme un larbin, et il avait pas que ça à faire de cuisiner, et il voulait que Dômeki le voie comme un petit ami et pas comme un serviteur, et il avait aussi besoin d'attention, et…

-Tais-toi, baka, souffla Dômeki en enroulant son bras autour de sa taille pour l'embrasser.

-Tu t'en tireras pas toujours à si bon compte, grogna Watanuki en faisant la moue.

-On y va ? demanda Dômeki en prenant sa veste. J'ai dit à Sakura et Tomoyo que je passais les chercher avant d'aller chez Kitsune-san.

-Yay ! Avec un peu de chance, on pourra éviter Yûko !

Il se frottait les mains en ricanant comme un psychopathe.

-Impossible. Elle m'a dit qu'elle venait, avec… des amis…

-Naaaaaooon ! s'écria Watanuki en jetant les bras au ciel.

-Bon, on y va ou on va les louper… grommela Dômeki en chopant le cadeau par un bout et Watanuki par le coude.

Ils descendirent sur le trottoir, montèrent dans la voiture du policier et démarrèrent en trombe.

-J'en ai marre ! s'écria Watanuki, alors que Dômeki ralentissait à l'approche d'un feu rouge.

-De quoi ? marmonna Dômeki en l'épiant du coin de l'œil.

-Je veux pas voir Yûko. Elle va encore se moquer de moi…

-Tu t'en fous, gronda Dômeki avec un léger sourire.

Il se pencha vers lui et l'embrassa à nouveau, presque de force, mais Watanuki ne trouva ni l'énergie ni la volonté nécessaire pour l'en empêcher. Il posa ses mains sur ses épaules, caressant ses cheveux courts du bout des doigts. Quand il se dégagea enfin de son étreinte, Watanuki se remit à râler pour faire bonne figure.

-Le feu est vert ! Allez, dépêche-toi, sombre crétin ! Raaah, en plus t'as écrabouillé le cadeau ! Tu es vraiment…

-Moi aussi je t'aime.

Watanuki vira au rouge vif et ne prononça plus un mot durant tout le voyage, pas même quand Tomoyo entra dans la voiture, tirant Sakura derrière elle avec des rires de gamine.

-J'y crois pas j'y crois pas j'y crois pas, répétait-elle en battant des mains. C'est mon Fye, c'est comme mon fils ! Il va avoir un enfant ! Avec Kurogané ! Mon autre fils !

-On fait dans l'inceste, chez les Daidôji ? ricana Watanuki.

-Hm, tu parles, mon cœur ?

Watanuki rougit encore plus et se jura mentalement de ne plus ouvrir la bouche de la journée.

-Mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu, continuait Tomoyo en secouant ses poings serrés, de bas en haut, avec les yeux froncés comme deux petites flèches pointant l'une vers l'autre.

-C'est comme si on allait être grand-mères, s'exclama Sakura avec un sourire ravi. Et on a même pas trente ans ! C'est génial !

Watanuki ne comprenait pas trop ce qu'il y avait de génial, mais en même temps, c'étaient des filles. Les filles, c'est toujours plus bizarre que les garçons.

-Qu'ils vont être mignons tous les trois ! s'exclamèrent les deux filles en choeur.

Watanuki leva les yeux au ciel, c'était parfaitement ridicule. Comment elles pouvaient trouver ça mignon, deux hommes avec un bébé dans les bras ? Il jeta un regard à Dômeki, qui, bizarrement, avait les joues légèrement roses.

« Je ne veux même pas savoir à quoi il pense » songea Watanuki avec une grimace horrifiée.

Ils arrivèrent devant le Kitsune no Oden et arrêtèrent la voiture.

Sakura et Tomoyo bondirent de la voiture en hurlant comme des folles. Il y avait quelque chose d'étrange, à voir deux jeunes femmes redevenir subitement des petites filles, des gamines de douze ans en train de sautiller sur place, de se tenir par les mains pour entamer des danses enfantines parfaitement mignonnes.

C'était une matinée de printemps. Près de dix mois avaient passés depuis la fugue de Fye. Un peu plus qu'une grossesse normale. Ces dix mois s'étaient passés comme une vraie grossesse, entre Fye qui s'angoissait tout seul avant de se gaver de fraises, et Kurogané qui se rongeait les ongles quand personne n'était là pour le voir et qui se mettait en quatre pour satisfaire son blond.

Sakura pointa du doigt le trottoir d'en face.

-Tchii ! C'est Tchii-chan ! Youhouuu ! Tchii-iiiii ! s'écria-t-elle en secouant les bras comme une demeurée.

La blonde tendit le bras vers elle, secouant la manche de l'homme qui l'accompagnait.

Hideki leva la tête vers le petit groupe et sourit. Ils traversèrent la route en courant.

-C'est Fye qui a invité Tchii, expliqua Tchii avec un sourire doux. Et Tchii était très, très contente, parce que Tchii aime beaucoup Fye, alors Tchii a apporté un cadeau !

Elle désigna le paquet qu'elle avait en mains, le levant au-dessus de sa tête comme un trophée.

Hideki rit doucement en passant un bras autour de la taille de la jeune fille.

-Elle était très excitée à l'idée de voir cet enfant, expliqua-t-il en essayant de la faire taire.

-On est tous là ? demanda Watanuki, espérant du fond de son cœur ne pas voir Yûko.

-Non, Yûko et ses amis ne sont pas arrivés, dit Tomoyo en faisant la bise à Tchii et Hideki.

Watanuki lâcha un juron à voix basse.

-Tu parles encore, chuchota Dômeki avec un rire silencieux, tout en serrant la main aux nouveaux arrivants.

Juste quand son amant allait rétorquer que sa langue parlait contre sa volonté, une voiture se gara devant le restaurant avec un crissement de pneus.

Fujimoto était au volant. Kobato jaillit de la voiture en lançant un grand :

-Ohayoooo !

…et en tombant.

Fujimoto bondit hors de la voiture en grommelant quelque chose sur les filles cinglées qui feraient mieux de regarder où elles posaient leurs pieds, puis l'aida à se lever.

-Ça va ? demanda-t-il à mi-voix en époussetant sa robe bleu pâle.

Kobato rougit en balbutiant que ce n'était pas grave. Fujimoto posa la main sur sa joue ronde, les sourcils froncés d'inquiétude.

Yûko sortit de la voiture, déployant un immense kimono noir orné de grands oiseaux rouge et or, dont l'obi couleur cuivre défiait toutes les lois de la gravité.

-Kobato-chan a laissé son sac dans la voiture, commenta-t-elle simplement en tendant un large sac vert pomme à la jeune fille.

Puis, elle claqua les doigts dans la direction de Watanuki.

-Hn, toi, va aider mon amie à sortir de la voiture.

Le jeune homme hurla encore quelques malédictions, sachant malgré tout qu'elles n'auraient aucun effet, puis ouvrit la portière de la voiture de Fujimoto. Il aida la vieille dame qui y était installée à se lever.

-Bon, tout le monde est là, maintenant ? demanda Yûko en posant les poings sur les hanches, conquérante.

-Hm, hm. Sauf les stars du jour, mais ils ne devraient plus tarder, répondit Sakura tout en serrant Kobato dans ses bras.

Fujimoto referma sa voiture pendant que tous les autres s'engouffraient dans le petit restaurant, quittant l'air frais du printemps pour les lourdes senteurs de magie du Kitsune no Oden.

Kitsune les accueillit avec dix verres déjà remplis de bière ou de soda.

-Vous pouvez boire un peu en attendant qu'ils arrivent, ils m'ont appelé pour dire qu'il y avait des embouteillages, expliqua-t-il en s'inclinant légèrement.

Ils déposèrent tous les cadeaux qu'ils avaient apportés sur une table, avant de s'asseoir sur les hauts tabourets du comptoir.

-Oh mon Dieu, j'ai tellement hâte de les voir ! s'exclama Tomoyo. Je suis trop trop trop impatiente ! Oh, Saku-chan, tu as bien pris l'appareil, hein ?

Sakura sourit en sortant un appareil photo numérique de son petit sac.

-On va prendre plein de photos de notre petit Yui-chan !

-Ma Sakura, je t'aime trop ! s'écria la directrice en se jetant littéralement sur sa petite amie pour la dévorer de baisers.

Kobato blêmit.

-Oh, non… j'ai oublié l'appareil photo, Fujimoto…

Le jeune homme sortit son gsm de sa poche, en disant :

-C'est pour ça que Dieu a inventé les téléphones portables avec appareil photo.

Kobato lui adressa un sourire radieux, les yeux brouillés de larmes de joie.

De son côté, Hideki se battait avec Tchii pour l'empêcher de boire de la bière.

-Mais c'est tellement bon ! Tchii adooore la bière ! se défendit la petite blonde.

-Oui, mais tu sais bien que tu ne tiens pas l'alcool.

Tchii se mit à bouder de façon parfaitement séduisante, et Hideki ne put résister. Il prit son visage entre ses mains et l'embrassa doucement.

-C'est quoi ce délire ? Les hormones sont en folie dès qu'on a des amis qui ont des enfants, ou quoi ? râla Watanuki.

-C'est pas les hormones, ça s'appelle « l'affection », corrigea Yûko avec un sourire moqueur, le nez dans son verre.

-N'importe quoi, c'est complètement…

Il fut interrompu par une main baladeuse qui se frayait un chemin sous son T-shirt. Sans réfléchir, il balança son coude en arrière, heurtant Dômeki au creux de l'estomac.

-Je croyais que tu avais besoin d'attention, grommela Dômeki en se massant le ventre.

-Pas ce genre d'attention ! Pervers.

Dômeki leva les yeux au ciel.

-Il te faudrait quel genre d'attention, alors ? Une bague en diamants et un genou au sol ?

Il souriait légèrement, railleur.

-Absolument pas, grogna Watanuki, grimaçant.

-Oh, alors il faudra que j'aille me faire rembourser chez le bijoutier, marmonna Dômeki d'un air ennuyé.

-Qu-Quoi ? s'exclama Watanuki, des étoiles dans les yeux, encore plus émerveillé que quand, adolescent, il se promenait avec cette fille dont il était amoureux, Himawari. Tu… Tu as acheté…

-Eventuellement, sourit Dômeki.

-Quoi « éventuellement » ? Tu l'as achetée, ou pas ?

-Ça dépend de ce que tu me prépareras à manger ce soir.

Watanuki fut tenté de hurler au complot, mais il vit le léger renflement de la poche de son jean noir. Il rougit, baissant les yeux.

-Mais je la porterai pas. C'est pas un bijou pour un homme…

-Hn.

Dômeki lui prit le menton entre le pouce et l'index et l'embrassa doucement.

La porte s'ouvrit sur ces entrefaites, laissant la douce lumière du printemps se déverser dans la salle.

Toutes les têtes se tournèrent vers les nouveaux arrivants.

-Fye-chan ! s'écria Tchii en fonçant sur lui.

Toutes les filles se précipitèrent vers lui dans une débauche de jupons froufroutants.

-Montre-nous Yui ! s'exclama Sakura en battant des mains.

-Mais… tu ne le tiens pas dans tes bras ? s'étonna Kobato.

Fye sourit, un peu gêné.

-Non, j'ai… peur de le lâcher. C'est Kuro-papa qui s'occupe de ça… souffla-t-il en se tournant vers le Japonais, posant une main sur son bras, dans le creux duquel reposait un petit paquet de tissu bleu.

-Je peux le prendre dans mes bras ? demanda Kobato en se mettant sur la pointe des pieds pour regarder ce qu'il se passait dans le paquet de tissu.

-NON ! s'écria Fye en mettant sa main devant l'enfant, comme pour le protéger. Euh… non, pardon… j'ai… je suis pas à l'aise… désolé…

Fye se mit à rire, embarrassé. Les larmes commençaient à poindre au bord de ses cils.

-Désolé, marmonna-t-il.

Kurogané passa un bras autour de ses épaules pour le serrer contre lui.

-Calme-toi, crétin, chuchota-t-il. Je le tiens.

Fye acquiesça en essuyant ses yeux.

-Tchii aime pas voir Fye pleurer. Tchii a vu trop souvent Fye pleurer, murmura Tchii en lui tendant un verre de bière.

Fye éclata de rire et serra la jeune fille contre lui, avant de prendre la bière et d'en boire une gorgée. Pendant ce temps, Kurogané s'était un peu baissé pour que les trois autres filles, plus petites, puissent voir Yui.

-Ooh, il dort, murmura Sakura.

-Il est beau… chuchota Tomoyo

-C'est dingue, il ressemble à Fye, souffla Kobato.

-Tchii peut prendre une photo ? demanda Tchii en apparaissant, les yeux brillants, les joues roses, l'appareil photo levé.

Fye accepta, tous sourires.

-Attends, on va le déposer sur un coussin, il sera plus à l'aise, murmura Kurogané en resserrant soigneusement les pans du tissu autour de leur enfant.

Le petit groupe transita vers le bar, et Fye attrapa un coussin d'une banquette et le posa sur le comptoir, surveillant Kurogané qui installait Yui le plus confortablement possible.

Yûko sourit en voyant le blond le dévorer du regard, subjugué par sa beauté. Elle s'approcha sans bruit et se posta derrière les jeunes parents pour poser une main sur l'épaule de Fye.

-Il est très mignon, dit-elle avec un sourire doux. Tu es heureux de l'avoir, non ?

Le blond hocha vivement la tête, caressant la joue potelée du bébé du bout des doigts.

Kitsune se pencha par-dessus le comptoir pour observer Yui.

-Magnifique, dit-il avec son sourire étrange. Il a quel âge ?

-Trois mois, répondit Fye à mi-voix.

-On peut prendre des photoooos, maintenant ? s'impatienta Sakura.

Kurogané s'écarta, tirant Fye qui semblait décidé à ne plus quitter leur fils du regard.

Tomoyo le prit en photo sous tous les angles, Sakura s'extasia sur ses cheveux blonds, Kobato toucha du bout du doigt une petite main qui dépassait des langes, Tchii posa un bisou sur son front velouté, la vieille voyante caressa sa joue en murmurant quelques bribes d'une ancienne berceuse traditionnelle, Yûko prononça à voix basse ce qui semblait être une bénédiction, et les garçons se contentèrent d'observer le bébé, l'air vaguement mal à l'aise.

Quand tout le monde fut passé, Fye se jeta littéralement sur le comptoir, pour surveiller Yui au plus près.

-Il est stressé, l'excusa Kurogané en se plaçant derrière lui pour lui chuchoter à l'oreille des « calme-toi ».

-Je peux pas me calmer ! protesta Fye. Il est juste… tellement… beau…

Kurogané sourit à moitié, enlaçant doucement son blond.

-J'ai préparé des oden pour tout le monde, dit Kitsune pour essayer de détourner l'attention de toutes les personnes présentes, qui contemplaient les deux amants avec des sourires béats.

-Oooh, oui ! s'exclama Watanuki en dansant sur place, l'estomac grondant déjà de faim alors qu'il n'était que onze heures.

-Je sais, on va déballer les cadeaux ! s'exclama Kobato.

-Ouiiiii ! surenchérit Sakura.

Yui remua doucement les lèvres, en fronçant les sourcils.

-Hey ! On dirait Kurogané, là ! lança Tomoyo, attendrie.

-Chut, il va se réveiller, murmura Tchii.

En effet, Yui ouvrit ses grands yeux bleu azur en approchant ses petites menottes de son menton. Ses yeux trouvèrent directement ceux de Fye et il tendit le bras pour toucher la joue du jeune homme. Ce dernier sentit les larmes monter à nouveau.

-Il est magnifique… et il est à moi… murmura Fye. Et merde, pourquoi je pleure tout le temps, moi ?

Kurogané chuchota quelque chose au creux de son oreille, en promenant ses mains sur son ventre.

Tomoyo était troublée. Elle n'avait jamais vu Kurogané être aussi démonstratif. Peut-être que finalement, c'était lui que la paternité allait guérir.

-On commence par mon cadeau ! s'exclama Sakura en tendant un paquet à Fye. On l'a choisi à deux, Tomoyo et moi.

Fye sourit en attrapant le cadeau, pendant que Kurogané prenait Yui entre ses deux mains gigantesques pour le mettre en position assise.

Yui tendait le visage, intrigué, les yeux grands ouverts. Il attrapa dans son petit poing un morceau du papier d'emballage rose, comme pour le tirer vers lui.

-Attends, murmura Fye. Voilààà…

Il sortit une peluche du paquet, un sourire radieux aux lèvres. Il s'agissait d'une espèce de petit ours ailé, avec une longue queue de lion. Il la donna à Yui qui l'attrapa gauchement pour la serrer contre lui.

-Il s'appelle Kero, expliqua Sakura avec un grand sourire.

-A moi ! chantonna Tchii. Mais j'ai oublié de faire un emballage…

Elle tendit une petite poupée aux cheveux roses coiffés en une queue de cheval en tire-bouchon, qui portait un petit bustier rose, un pantalon blanc bouffant, des petits souliers roses et un chapeau rose et blanc.

Kurogané tiqua.

-C'est une poupée. Pour fille. Yui est un… garçon.

Tchii eut l'air malheureux. Fye, alarmé, chercha quelque chose de réconfortant à dire.

-T'inquiète pas ! C'est un garçon, mais c'est bien qu'il ait des jouets de fille ! Il ne faut pas lui mettre en tête des idées débiles et sexistes dès l'enfance, KuroKuro !

Kurogané leva les yeux au ciel, mais Tchii semblait rassurée.

-C'est Sumomo. Elle est mignonne, non ?

-Oui, s'exclama Fye avec un sourire doux en posant la main sur sa joue.

Les cadeaux se succédèrent : Dômeki avait offert une petite boule de poils noire, aux longues oreilles pointues et au front orné d'une bille bleue, Yûko avait acheté une espèce de peluche blanche, de forme allongée, comme une chenille avec une tête de renard, la vieille voyante avait préparé elle-même un talisman protecteur.

Fye les remercia avec force courbettes, infiniment reconnaissant envers tous ces nouveaux et anciens amis, et Yui accorda à chaque présent une étreinte quasi-étouffante et un sourire radieux. Sa bouche ressemblait à deux pétales de fleur rosée, et quand il souriait, tout son visage s'éclairait d'une sorte de lumière surnaturelle.

Kobato s'approcha en dernière, fouillant dans son sac. Elle en sortit un petit chien bleu clair aux pattes et aux oreilles plus foncées, au cou sanglé d'un collier rouge en cuir.

-C'est Ioryogi. C'est… mon Yui.

-Mais… tu n'es pas obligée de… murmura Fye, sachant combien Kobato était attachée à cette peluche.

-Il était pas toujours gentil avec moi. Il se moquait de moi, souvent. Mais il m'aimait bien. Il était gentil, au fond. Aujourd'hui, je sais que ce n'est qu'une peluche. Qu'il ne me parle pas. Qu'il ne peut pas réellement veiller sur moi. Mais je le donne à Yui, parce que j'espère qu'il veillera sur lui aussi bien qu'il a veillé sur moi.

Ses yeux étaient encore brouillés de larmes. Elle échangea un long regard avec Fye, un léger sourire sur les lèvres.

Fye accepta enfin son cadeau, qu'il donna finalement à Yui.

-Merci, murmura-t-il, vraiment très touché par son présent.

Yui tira sur le collier du petit chien, gazouillant comme tout bon bébé de trois mois, puis enfourna l'oreille bleu foncé et la mordilla de ses gencives roses et édentées.

Kobato éclata de rire, ses larmes s'évaporant d'un coup.

-Ioryogi-san n'aurait jamais admis que je fasse ça, souffla-t-elle en caressant du bout des doigts la joue ronde de Yui.

Fujimoto l'enlaça en souriant à peine, du même sourire mince que Kurogané.

Fye se mit à entasser les peluches dans son sac, pour débarrasser le comptoir, et Kitsune y posa les grands bols.

-Itedekimasu ! s'exclama le groupe.

Ils se mirent à manger en discutant de tout et de rien. Yui avait été installé sur les genoux de Kurogané et Fye se tenait tout contre lui pour donner à manger à l'enfant. Tous les trois, ils étaient un peu dans leur bulle, une bulle de bonheur qu'ils n'auraient jamais pu imaginer.

Lorsque vint l'heure de se quitter, il y eut encore quelques larmes d'émotion, beaucoup de rires et d'embrassades. En voyant tous ces gens qui, d'une façon ou d'une autre, l'avaient aidé à se sortir de sa prison mentale, Fye se sentait plus libre et heureux que jamais.

Ils se quittèrent en se promettant de se retrouver vite, pour voir encore Yui.

Le soleil commençait à se coucher à l'horizon quand Fye claqua la porte de la voiture.

Yui dormait à l'arrière, dans son couffin. Le blond jetait parfois des regards derrière son épaule pour vérifier qu'il était toujours bien installé.

-J'ai peur qu'il lui arrive quelque chose, avoua-t-il enfin en regardant la route.

-Tu peux rien faire contre la vie. Il lui arrivera toujours quelque chose, répondit Kurogané. Mais quoi qu'il arrive on sera là pour le protéger ou l'aider.

Fye acquiesça mais ne dit rien. La main de Kurogané lâcha le volant pour se poser sur la cuisse du blond.

-A quoi tu penses ?

-Tu crois qu'il faudra lui dire ?

-Dire quoi ? murmura Kurogané en fronçant les sourcils.

-Que je suis… tu sais…

Fye décrivit avec son index une spirale près de sa tempe.

-Tu n'es plus malade, grogna le Japonais.

-Donc on lui dira pas, soupira le blond, soulagé.

-Bien sûr que si !

-Quoi ?

-S'il nous demande comment on s'est rencontrés, tu comptes lui répondre quoi ?

-Euh…

-« On a fait nos études ensemble ». Là, il va te demander pourquoi alors toi tu es serveur et pas psy. « On avait des amis en commun », et il trouvera étrange que nos amis en commun soient soit des cinglés, soit des psys. « On s'est rencontrés dans un bar », alors il faudra lui expliquer quel genre de bar, et pourquoi, et quand, et j'aime pas mentir aux enfants.

-Par contre ça te dérange pas de dire à notre fils que je suis cinglé ?

-Tu ne l'es plus, c'est la différence. Yui a le droit de savoir qui tu es, d'où tu viens, comment tu t'es construit.

-Ouais ben moi je…

-On est arrivé, l'interrompit Kurogané en garant la voiture en bas de leur immeuble.

Ils descendirent, le Japonais prit Yui dans ses bras sans le réveiller et Fye attrapa le sac empli de cadeaux. Arrivés dans leur appartement, ils couchèrent leur fils dans sa nouvelle chambre.

-Je t'aime, Yui, chuchota Fye en lissant les plis de sa couverture. Tu es mon deuxième coup de foudre, mon amour.

Il posa un bisou sur le petit nez de l'enfant endormi.

-Et Kuro-papa t'aime aussi, murmura le blond en attrapant la main de son amant.

-Hm, ouais, marmonna Kurogané, assez maladroitement.

Ils sortirent de la chambre sur la pointe des pieds. Dans le couloir, le Japonais agrippa les hanches de Fye et le plaqua contre son corps.

-« Deuxième coup de foudre » ? dit-il avec un sourire. J'imagine que c'est moi, le premier…

Le blond rit doucement, les yeux plongés dans ceux de son homme.

-On fait l'amour ?

Fye écarquilla les yeux, presque choqué par les paroles de Kurogané.

-Non, Yui va…

Mais il ne se débattit pas lorsque, une fois dans la chambre, le Japonais commença à le déshabiller et à promener ses mains sur son corps.

Ils étaient trois. Ils étaient une famille.

-Oh, Kuro… je t'aime tellement… soupira Fye.

-Nh…

Ils allaient être bien, à trois, dans cette vie paisible et ordinaire des familles aimantes.

Dans la douceur des draps défaits, Fye et Kurogané touchèrent le ciel du bout des doigts, yeux dans les yeux, peau contre peau, dans un long soupir épuisé.

Fin.


Alors, qu'en avez-vous pensé?^^ Laissez-moi des commentaires, please ^w^