Parce que je t'aime

Elle avait toujours été une virtuose du lever de coude. Nicolas le savait. De plus, elle était polyvalente, elle excellait dans l'art de l'insulte, du mensonge, de la manipulation. Cela n'ennuyait pas Nicolas si Jeanne s'emportait contre lui. Parce qu'il savait qu'elle lui était supérieure. Elle était belle, légère, profonde, spirituelle, sensuelle. Lui était lent, lourdaud, un homme mal dégrossi. Il s'estimait déjà heureux de l'avoir, c'était un miracle qu'elle ait épousé un être comme lui. Elle l'avait sans doute fait pour honorer sa part de leur contrat. Mais elle avait de l'honneur, elle avait tenu parole. Alors, qu'elle boive, qu'elle l'insulte, qu'il soit son chien, Nicolas trouvait cela normal. Elle était tout, il était rien. Cela lui faisait mal de la voir se détruire ainsi. Il se taisait. Mais un jour, il finit par enfin s'affirmer.

- Laisse moi donc! Si j'ai envie de brûler ma vie, en quoi cela te regarde?

- Cela me regarde parce que je t'aime!

Jeanne le regarda, stupéfaite avant de pester contre les sensibleries.

- Jeanne, pour une fois, écoute ton chien. Je suis toujours resté silencieux. Mais là, je ne peux plus me taire. Je t'aime Jeanne. Je t'aime vraiment. Et quand tu souffres, cela me tue car je ne peux qu'observer ton martyr en silence. Tu es en flammes et je ne peux apaiser ce brasier qui te dévore. Je sais bien que je suis ton opposé le plus parfait, mais je voudrais pouvoir t'aider plus qu'en exécutant tes désirs. Je veux que tu saches que je ferai n'importe quoi pour toi! Même si c'est juste t'écouter.

- Serais-tu en train de devenir un homme, Nicolas?

- Je ne sais pas mais c'est l'amour qui me donne mon audace. Et j'irai jusqu'au bout.

L'homme prit la bouteille des mains de Jeanne et la jeta dans la pièce avant d'embrasser sa muse avec passion. Elle ne le repoussa pas. Car, au fond de son âme, elle avait de la tendresse pour Nicolas et ses mots l'avait touchée. Parce qu'elle avait besoin de ce contact. Elle avait besoin de lui, tout simplement.

- Quel jour sommes-nous aujourd'hui? Demanda Jeanne entre deux baisers

- Le 14 février ma douce. Le jour des amoureux chez les Insurgés américains.

- Pff. Sensibleries inutiles. Désormais, ce jour sera le jour de Nicolas de la Motte, le jour où il a enfin osé s'exprimer.

Nicolas sourit avant que sa concupiscence prenne le dessus.

- Je t'aime Jeanne. Et je sais que tu m'aimes aussi.