Death Lovers.

Near savait qu'il n'aurait pas dû quitter la cellule d'enquête sans prévenir qui que ce soit, et arriver jusqu'à cet hôtel pour y louer une chambre avait été un vrai parcours du combattant. Pour une fois il aurait presque regretté d'être aussi jeune...

Accroupi sur le parquet froid, il empilait des sucres. Pas de dés... Les sucres faisaient très bien l'affaire en fait. Il n'avait plus envie de penser à Kira. Il aurait voulu essorer son esprit comme une serpillère pour l'avoir propre et vide... Ne plus penser à L non plus. Il ne voulait plus penser à rien, et c'était la première fois qu'il désirait une chose pareille. Il finit par se relever et s'approcha de l'énorme baie vitrée qui donnait sur l'immensité du vide et, beaucoup plus bas, sur les lumières de la ville. Il entendit un craquement derrière lui, et sourit, entortillant une mèche de ses cheveux entre ses doigts. Il était tellement prévisible...

« Bonsoir Mello. »

« Tu m'énerves. »

Le blond le rejoignit, et regarda par la baie vitrée, l'air vexé de ne pas avoir réussi à le surprendre.

« Alors Near, tu avances ? »

« Non, tu vois bien... »

« Mouais... Pas ton genre de fausser compagnie à tes nounous. »

Mello avait sorti une tablette de chocolat et la déballait lentement, ravi de voir qu'il avait finalement réussi à capter l'attention du gosse. Mais la tablette était minuscule, et, même s'il avait toujours beaucoup aimé Near, il n'avait aucune envie de partager SON chocolat... Tout en croquant dedans il se mit à réfléchir. Il sentait toujours le regard du plus jeune posé sur lui, et il sourit. Une idée venait de germer dans son esprit torturé.

« Tu en veux peut-être ? »

« ... »

« Bon, très bien ! »

Et il fit mine d'engloutir le dernier morceau qu'il avait pris soin de serrer bien trop fort entre ses doigts.

« Non attend ! »

Il ne put retenir un petit rire satisfait. Mais finit quand même son mouvement et se mit à mâcher en prenant tout son temps, profitant de l'air dépité de son rival. Il avala et rit encore. Puis il tendit le bras et approcha ses doigts poisseux de chocolat de la bouche de Near.

« Tiens, lèche... »

L'air outragé qu'il prit ne fit qu'agrandir son sourire et il appuya son index sur ses lèvres, forçant délicatement le passage. Le regard noir qu'il lui lançait le comblait de bonheur. Il adorait faire naitre des émotions sur ce visage toujours trop lisse et trop froid. Même lorsqu'ils avaient appris la mort de L, Near n'avait pas réagi et était resté impassible. Mello savait bien qu'à l'intérieur, il était dévasté, mais son visage toujours lisse comme du marbre le rendait fou. Alors, depuis leur plus jeune âge, il n'avait eu de cesse de le faire réagir, de lui arracher ce masque de mort. Il pouvait bien rester calme et ne jamais rien montrer aux autres, même à Watari si ça lui plaisait, mais pas avec lui. Il ne le tolérerait pas.

Il vit avec plaisir une très légère rougeur naitre sur les joues de porcelaine de son vis-à-vis et sentit une petite langue toucher le bout de son doigt. Elle s'enroula d'abord timidement autour puis Near saisit son poignet et sortit l'index de sa bouche pour pouvoir lécher à son aise le reste de sa main, s'attardant entre les phalanges et allant jusqu'à la paume. Mello trouvait cette vision bien trop érotique, et il aurait aimé s'être barbouillé de chocolat ailleurs...

« J'en ai aussi ici si tu veux... » S'entendit-il dire en désignant sa propre bouche.

« Mmmmh... »

Avant qu'il n'ait pu réagir, le garçon s'était jeté sur ses lèvres, le faisant basculer au sol, et Near s'assit à califourchon sur lui, léchant doucement leur contour. Il finit par les entrouvrir pour qu'il puisse atteindre le chocolat qui restait à l'intérieur, mais le plus jeune se contenta de rire en se redressant.

« Si je ne te connaissais pas, je pourrais croire que tu veux que je t'embrasse, Mello ! »

Il se renfrogna. Pourquoi serait-ce si inimaginable ? Il était vrai qu'à la Wammy's House ils n'avaient jamais été vraiment très proche malgré ces efforts pour animer son si joli visage... Si seulement Near n'était pas aussi... frigide ! Ce constat le désola... Il y aura tant de choses à faire avec cette si jolie bouche... Il sentit son désir monter, et regretta le tempérament de feu de Matt... Lui au moins avait tout de suite compris ! Même L avait compris... Mais pas Near. Lui qui était si intelligent, il ne comprenait rien aux désirs qui habitaient Mello... Et ne devaient surement rien comprendre aux siens non plus, s'il en ressentait bien de ce genre. Il croisa les bras sur son torse et regarda à nouveau par la fenêtre, essayant d'oublier le poids qui appuyait délicieusement sur son bas ventre et la chaleur qui le gagnait.

« Near, tu m'écrases ! »

« Vraiment ? J'ai pourtant l'impression que tu aimes ça... » fit-il avec un air totalement innocent sur le visage, ses doigts jouant avec une mèche de ses cheveux si clairs, tandis qu'il bougeait lentement son bassin. Mello crut que son coeur avait raté un battement. Alors il l'avait senti. Et il se moquait de lui, là, non ? Dans un cri de rage, le blond l'attrapa par les épaules pour le déloger et roula sur lui, s'allongeant sur son corps et plaquant son entrejambe contre celui du plus jeune. L'expression de Near était redevenue vide, l'énervant encore plus. Il avait envie de le frapper. Ça le détendrait. Mais il se retint et, poussant un soupir, se releva. Il alla s'assoir dans l'unique fauteuil de la pièce et sortit une nouvelle tablette de chocolat, essayant de penser à autre chose qu'à ce qui palpitait douloureusement entre ses cuisses tandis qu'il croisait les jambes. Fermant les yeux tout en mâchant, il entendit les chaussettes de Near frotter sur le parquet. Puis il sentit qu'on le poussait et, avec un grognement, lui fit un peu de place.

« Tu ne peux pas t'assoir normalement ? Tes pieds me font mal ! »

Toujours cette manie de s'assoir comme L, mais en ne pliant souvent qu'un seul genou. Near ne répondit rien, se contentant de poser son menton sur ses bras croisés. L'entendant soupirer à plusieurs reprises alors qu'il essayait de profiter de sa tablette, il se tourna vers le plus jeune. Celui-ci avait les yeux perdus dans le vide, balançant lentement son pied qui pendait en dehors du fauteuil. Il lui fourra les deux derniers morceaux de chocolat dans la bouche en souriant. Near eut d'abord l'air un peu surpris, puis tourna ses yeux sombres vers lui.

« Kechtufais ? »

« Ne parle pas la bouche pleine, tu vas gaspiller ! »

Enfin un vrai sourire... Il était vraiment mignon. Un vrai gosse. Pourquoi lui et Matt avaient-ils perdu cet air innocent ? Near finit d'avaler et reprit le cours de ses pensées, fixant le ciel sombre à l'extérieur. Le contact de son corps contre l'épaule et la cuisse de Mello devenait insoutenable. Il le brulait. Se levant d'un bond, il se mit à faire les cent pas. Matt s'énervait toujours quand il faisait ça, mais ça le détendait. Et, visiblement, son rival se moquait éperdument qu'il tourne comme un lion en cage. Il se demandait toujours pourquoi il était venu... Mais quand il avait vu sortir Near en douce, il n'avait pas pu résister. C'était bien trop tentant. Même s'il n'avait aucune idée de ce qu'il voulait réellement faire... Il avait juste eu envie de le suivre, et, peut-être, de fendiller son expression toujours si placide. Une petite voix le tira des sa rêverie :

« Dis Mello, ça ferait quoi si j'appuyais sur la détente ? »

« Qu... Putain Near rends-moi ça tout d'suite ! »

Mais, alors qu'il se rapprochait pour récupérer son arme qu'il avait bêtement dû perdre dans le fauteuil, le gosse la pointa sur lui, le faisant s'arrêter net.

« Tu crois que tu auras le temps d'avoir mal avant que ta cervelle ne repeigne la chambre ? »

Le blond déglutit difficilement, essayant de se convaincre qu'il y avait la sécurité, et que Near n'avait sans doute jamais utilisé d'arme à feu. Mais il le savait intelligent, et bien assez pour avoir surement déjà lu un manuel, ou au moins retenu le truc en regardant un film à la Wammy's...

« Fais pas l'con, rends-le-moi. »

Un sourire cruel transforma totalement le visage angélique de son rival et le coup partit, l'atteignant à l'épaule.

« Idiot ! »

Il récupéra l'arme et se servit de la crosse pour le frapper en plein visage, le faisant s'écraser au sol.

« Raaaaaah ! Near ! T'aurais pu me tuer bordel ! Et t'as bousillé ma veste ! »

Il l'arracha de son dos et regarda la déchirure.

« Mais c'est pas vrai ! Tu fais vraiment chier, sale gosse ! »

Et il se mit à le bourrer de coup de pied, le regardant cracher son sang. Il finit par s'arrêter et s'assit sur l'accoudoir du fauteuil pour évaluer les dégâts en enlevant son t-shirt. La balle n'avait fait qu'effleurer son épaule. Avait-il visé cet endroit ? Ou à côté de lui ? Ou bien simplement raté son coup...? Il préféra ne pas y penser. Peut-être que c'était lui qui avait oublié de mettre le cran de sureté et que Near ne l'avait pas fait exprès? Il n'en était vraiment pas convaincu, mais décida d'opter pour cette solution. Sinon il serrait bien obligé de coller une balle entre les si jolis yeux du gamin...

Il regarda la loque sanglante à ses pieds et enragea à nouveau. Son visage ne montrait rien. Même pas sa douleur. Il lui avait pourtant surement brisé plusieurs côtes ! Il se pencha pour l'attraper par le col et l'obliger à se redresser et prendre appui sur ses genoux.

« Alors p'tit con, qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire de toi ? »

« Gn... »

« Réponds ! » Et il se mit à le secouer comme un prunier. Seulement Near ne disait rien, se contentant de le fixer comme s'il ne le voyait même pas. Il le laissa retomber lourdement au sol en le lâchant et glissa du fauteuil jusqu'au plancher froid. Il tira sur les cheveux clairs pour rapprocher son rival et prit sa tête sur ses genoux, la caressant doucement.

« Pourquoi es-tu obligé de m'énerver comme ça à chaque fois ? Tu aimes que je te fasse du mal ? »

« Non... »

« Alors pourquoi tu me cherches toujours comme ça, hein ? »

« Sais pas... »

« Le grand N ne sait pas ? C'est la meilleure... »

« Ne te moque pas de moi... »

« Tu m'énerves. »

« Toi aussi. »

« Bien. »

« Bien. »

Et ils tournèrent tous deux leur regard ailleurs, essayant d'afficher une mine boudeuse. Pour Near, ce n'était pas vraiment difficile, son expression de tous les jours suffisait largement, mais pour le blond... Il se sentait à nouveau bouillir. Il se mit à tirer sur les mèches blanches rebelles de plus en plus fort en les enroulant autour de ses doigts. Reportant son attention sur le gamin, il constata que son visage était toujours aussi inexpressif et tira encore plus violemment. Il se crispa enfin lorsque, avec un bruit de déchirure, une mèche resta dans sa main. Mello la regarda, et l'amena à son nez pour la sentir. Elle avait une odeur de pomme... Un shampoing pour enfant, à tous les coups. Near se mit à geindre en essayant de trouver une position plus confortable, ce qui décida le blond à se relever et le porter jusqu'au lit en laissant son arme sur le parquet. Il s'allongea à ses côtés et le reprit dans ses bras, lui massant doucement le dos d'une main distraite tout en regardant son visage toujours aussi calme. Il finit par fourrer la mèche qu'il tenait toujours dans sa poche, et s'éloigna un peu. Near ouvrit des yeux interrogateurs.

« T'inquiètes, j'pars pas. »

« Je ne m'inquiète pas. »

« Non. Je sais, tu ne t'inquiètes jamais pour rien d'ailleurs ! » s'écria-t-il, sa rage montant à nouveau. Il se jeta sur lui, faisant sauter les boutons de sa chemise blanche maculée de sang pour découvrir son torse d'albâtre. Il était si pâle... Near ne réagissait même pas. Il se pencha sur son cou tout en s'installant sur lui, et le mordilla. Toujours aucune réaction. Il descendit suçoter un téton qui durcit dans sa bouche tandis qu'il pressait son bassin contre celui du jeune garçon. Rien. Il se redressa pour le regarder, aucune expression, son regard tourné vers l'extérieur, perdu dans le ciel orageux. Il lui prit le menton et le força à le regarder. Si beau... Il plaqua alors ses lèvres sur les siennes, et vit enfin ses yeux s'agrandir de surprise. Il se mit à les lécher, caressant ses cheveux et son torse tout en frottant son entrejambe déjà dur contre celui de Near et réussit à lui arracher un gémissement lorsqu'il glissa sa main dans son pantalon et son boxer, saisissant son sexe qui se réveillait lentement. Il lui caressa la joue de l'autre main et sentit enfin le gosse répondre à son baiser, ses petits bras l'entourant et le serrant fort. Il lâcha son membre pour pouvoir faire courir ses doigts sur son ventre. Mello voulait prendre son temps. S'il avait commencé par là, c'était uniquement pour le faire enfin réagir. Le plus jeune le laissa accéder à sa bouche, sa langue touchant timidement la sienne tandis qu'il l'enroulait autour avant de partir à la découverte du reste de ce nouveau territoire inconnu. Il goûtait encore le chocolat... Near écarta ses cuisses et enroula ses jambes autour de sa taille, faisant bouger ses hanches au même rythme que celle du blond. Il allait le rendre fou... S'il n'y avait pas eu Matt à la Wammy's House il l'aurait déjà embrassé et prit depuis longtemps. Il s'en voulait presque de l'avoir frappé... Presque ! Mais l'élancement qu'il sentait toujours dans son épaule tandis qu'il essayait de coller encore plus son corps au sien balaya sa culpabilité naissante. Il dut finalement casser leur baiser pour pouvoir reprendre son souffle.

« Mello je...je... »

« Mais tu bégayes ma parole ! » ricana-t-il.

« Humpf... »

Near essaya de le repousser, boudeur.

« T'es trop chou quand tu me laisses voir tes émotions, tu sais... »

« Humpf... »

Mello rit à nouveau. Il le trouvait vraiment adorable. Il se redressa pour lui enlever son pantalon et ses sous-vêtements, hésitant quelques secondes sur ses chaussettes. En règle générale il trouvait ça vraiment peu seyant au lit, mais là... Elles renforçaient son apparente fragilité. Il décida de les lui laisser et se débarrassa de ses bottines et de ses propres chaussettes, puis délassa son pantalon de cuir avant de l'enlever ainsi que son boxer. Il se recoucha sur Near et gémit lorsque leurs sexes se touchèrent, faisant sursauter son rival qui semblait s'être totalement désintéressé de la situation depuis qu'ils avaient cessé de s'embrasser. Il voulut reprendre leur baiser là où ils avaient dû l'interrompre, mais Near tourna la tête.

« Qu'est-ce qui a ? Tu n'aimes pas ? »

« J'ai mal aux côtes. »

« Ah. Je suis désolé. »

Devant l'air ébahi de son rival, il se mordit la langue. Il venait de s'excuser là ? Quel idiot ! À nouveau énervé, il ravit ses lèvres de force et l'obligea à les ouvrir en saisissant sa mâchoire. Il sentit ses dents, mais n'y prêta pas attention, frottant son membre douloureux contre le sien. Les ongles de Near lui rentraient dans la peau du dos tandis qu'il empoignait leurs deux sexes et se mettait à les branler ensemble. Le gémissement du plus jeune fut étouffé par sa bouche, mais il voulait plus. Beaucoup plus. Il cassa le baiser pour mettre ses doigts dans la jolie petite bouche de Near qui leur donna un méchant coup de dents, le faisant rire.

« Suce, si tu ne veux pas le regretter après ! »

Un grognement lui répondit, mais ses doigts étaient déjà assez humides. Il dut ensuite détacher les jambes de Near de sa taille, car malgré son manque d'enthousiasme soudain, celui-ci n'avait pas desserré sa prise. Il les reposa de chaque côté de son propre corps, les genoux pliés, et, après avoir lâché leur sexe pour pouvoir prendre appui sur son bras, glissa sa main entre les fesses du gamin qui les serra instantanément.

« Détends-toi ! »

« Non ! »

« Comme tu veux... »

Et il força le passage en introduisant directement deux doigts dans l'anneau étroit de son intimité, lui arrachant un cri et sentant ses ongles se renfoncer dans sa chair.

« Je t'avais dit de te détendre ! »

« Mello, arrête... », geignit-il.

« Jamais. »

Il commença à le préparer, faisant des mouvements de ciseaux de plus en plus amples à l'intérieur du jeune corps, avant d'enfoncer un troisième doigt, le faisant encore crier. Il aurait pu chercher sa prostate pour lui donner un peu de plaisir au milieu de toute cette souffrance, mais n'en avait pas envie. C'était de sa faute s'il se montrait aussi brutal. Il l'énervait autant qu'il l'attirait.

Il enfouit son visage dans son cou, et attrapa le lobe de son oreille pour le mordiller doucement, le faisant gémir de douleur et de plaisir. Il aimait beaucoup ce son. Lorsqu'il le jugea prêt, il retira ses doigts tout en se redressant, ravi de voir le visage de son rival aussi expressif. Ses joues étaient rouges, ses yeux, emplis de larmes, et sa respiration était saccadée.

« Si tu te décidais à être sage, je pourrais te faire plaisir avant de continuer... »

« Me faire plaisir ? Ce qui me ferait plaisir, c'est que tu arrêtes Mello ! »

« Non. »

« Alors fait comme tu veux ! » hurla-t-il.

Mello sentit à nouveau la colère monter en lui, mais essaya de se calmer en respirant profondément. Il décida de le faire coopérer d'une autre manière... et en lui faisant plaisir ! Il ne voulait pas l'amocher davantage, et il avait toujours un peu de sang sur le menton. Il le lécha, bien qu'il fut déjà coagulé, et descendit embrasser sa gorge, puis son torse. Il suçota ses tétons avec douceur tout en reprenant son sexe en main, le caressant lentement, avant de descendre en traçant une ligne de salive invisible qui fit frissonner Near avec sa langue jusqu'à son entrejambe. Il remonta ensuite le long de sa queue, le léchant toujours, jusqu'à son gland, lui arrachant un halètement rauque. Mello leva les yeux et vit Near qui le fixait, se mordant la lèvre inférieure, les joues encore plus rouges et le regard brillant. Il était tellement plus beau sans son masque d'impassibilité. Et tellement plus excitant aussi... Il lui sourit tout en donnant de petits coups de langue à la tête gonflé de désir de son membre, le regardant tandis qu'il gémissait. Deux petites mains vinrent jouer avec ses cheveux alors qu'il le titillait encore et il fut surpris qu'il ne pousse pas sa tête pour qu'il le prenne enfin complètement en bouche. Il serra alors légèrement ses lèvres en les laissant juste assez entrouvertes pour permettre au sexe de son rival d'entrer dans sa bouche et les descendit lentement, l'engloutissant en fermant les yeux. Il entendit Near gémir plus fort tandis que ses doigts tiraient sur ses cheveux de manière désordonnée. Son rival perdait enfin un peu de son calme à toute épreuve. Lorsqu'il sentit le gland au fond de sa gorge, il reprit la base de son membre dans sa main, et se mit à le pomper avec force, le faisant crier et se débattre sous lui. Mais il le tenait fermement de l'autre, gardant son bassin plaqué contre le lit.

« Mello...Ah... Mello... Arrête ça ! »

Mais Mello ne voulait pas arrêter. Surtout pas. Il rouvrit les yeux pour voir Near gesticuler désespérément, son visage tordu par le plaisir, les yeux clos, gémissant fortement.

« Ah Mello ! Je vais jouir ! Arrête ! »

Le blond accéléra un peu le mouvement de ses lèvres et en profita pour le lâcher et réintroduire un doigt dans son intimité qui c'était déjà resserrée, lui arrachant un cri de surprise. Il trouva tout de suite ce qu'il cherchait, et se mit à aller et venir contre le centre de son plaisir en rajoutant un deuxième doigt.

« Melloooo ! »

Et Near se libéra dans sa gorge en contractant tous ses muscles, lui arrachant presque les cheveux qu'il avait entortillés autour de ses doigts comme il le faisait habituellement avec les siens. Mello avala tout et le lécha consciencieusement avant de remonter l'embrasser en se rallongeant sur son jeune corps tremblant et s'installant entre ses jambes tout en retirant ses doigts de l'intérieur de son rival. Pendant qu'il l'embrassait, et que Near lui répondait avec une passion qu'il ne lui connaissait pas, il se guida contre son intimité, ce qui fit sursauter le plus jeune.

« Fais-moi confiance, Near. Je ne te veux aucun mal, juste te donner du plaisir, comme ce que je viens de faire... Tu crois que tu pourrais m'accorder un peu de ta confiance ? » lui susurra-t-il en rompant le baiser.

« ...Oui. Je pense bien. »

L'intense réflexion qui était passée durant une fraction de seconde sur son visage tandis qu'il avait semblé hésiter le fit rire et sa réponse le ravit. Il appuya plus fort son sexe, sentant l'anneau de muscles s'écarter doucement et enserrer son gland. Il poussa encore un peu plus fort, et se sentit aspirer à l'intérieur, gémissant et s'enfonçant brusquement en lui jusqu'à la garde.

« Aah ! Tu me fais mal ! »

« Pardon...pardon... Détends-toi Near, je serai doux maintenant. Je te le promets. Tu es juste tellement... bon ! »

Il attendit un peu qu'il s'habitue à sa présence, l'embrassant et le caressant, pinçant un téton pour lui faire oublier la douleur qui l'écartelait plus bas. La langue de son partenaire jouait avec la sienne, et il avait du mal à reconnaitre le garçon qu'il avait qualifié de frigide une heure plus tôt dans celui qui lui dévorait la bouche en ce moment. Il finit par manquer d'air, mais ne voulait pas se séparer de ses lèvres si douces... Il sentit alors deux petites mains le repousser et s'écarta en lui lançant un regard noir, vexer. Mais en voyant Near haleter, le souffle court, il rougit. Lui aussi avait besoin de respirer ! Il lui fit un petit sourire d'excuse et son amant se mit à onduler des hanches sous lui. Il n'avait visiblement plus trop mal. Il se redressa sur ses avant-bras et se mit à bouger avec prudence en lui, le faisant grimacer.

« Tu vas t'habituer, ça va aller. »

Il ne savait pas d'où lui venait toute cette gentillesse mielleuse, mais elle lui semblait naturelle avec Near. Il avait l'air tellement fragile... Lorsqu'il tapa le centre de son plaisir, son rival cria d'une tout autre manière, ses ongles griffant ses épaules. Encouragé, il se mit à cogner en lui de toutes ses forces sans quitter son visage d'ange des yeux, adorant le voir s'illuminer de plus en plus au fur et à mesure que la douleur laissait sa place à l'extase.

« Aaaah... Near ! »

Il se mit à gémir avec lui, le trouvant tellement étroit... Il prit ses cuisses et leurs peaux se mirent à claquer l'une contre l'autre dans un bruit mat qui l'excita encore plus, le faisant se redresser sur ses genoux pour pouvoir s'enfoncer encore plus loin, touchant son but à chaque coup de reins.

« Ah ! Mello ! Mello ! Je vais jouir ! Ah ! »

« Non ! » s'écria-t-il. « Pas encore ! »

Et, arrêtant de bouger, il détacha rapidement un de ses minces bracelets en caoutchouc qu'il portait pour s'en servir pour attacher la base du sexe de Near, serrant fort.

« Mais qu'est-ce que tu fais ? »

« Je n'avais pas vraiment prévu ça... Donc je n'ai pas d'anneau sur moi, mais ça fera très bien l'affaire. » Ricana-t-il avec un sourire mauvais.

Il l'embrassa rapidement avant de reprendre ses vas et vient et, très vite, Near compris à quoi l'anneau improvisé servait.

« Enlève-moi ça tout de suite Mello ! »

« Non ! »

« Si ! » Hurla-t-il. « Laisse-moi jouir ! »

« Hors de question ! Tu jouiras quand JE l'aurai décidé et pas avant ! »

Near sentit les larmes lui monter aux yeux. Il avait cru reconnaitre de la tendresse dans ce nouveau Mello qu'il ne connaissait pas, mais, visiblement, il s'était lourdement trompé, et il était toujours aussi cruel.

« Mello... Tu avais promis... »

« J'ai promis d'être doux pour que tu n'aies pas mal. Et maintenant, je ne pense pas te faire souffrir ! Si ? »

Near fut bien forcé de reconnaitre que non, il ne lui faisait pas du tout mal, au contraire.

« Tu n'auras qu'à me supplier ! » Ricana-t-il méchamment.

« Mello ! »

Et il ne put contenir ses larmes plus longtemps. Il n'avait plus pleuré depuis des années, il devait à peine commencer à marcher à l'époque... Il se sentait honteux. Faire « ça » avec son rival de toujours et désormais ennemi était déjà assez dégradant sans qu'en plus il ne doive se mettre à le supplier pour pouvoir jouir ! Il se promit de ne pas céder, et serra les dents tout en se focalisant sur le sexe de Mello qui allait et venait toujours en lui à une cadence infernale, lui procurant un plaisir immense à chaque fois qu'il tapait contre sa prostate, ne ratant jamais sa cible.

Cela faisait une heure maintenant que Mello l'avait empêché de jouir, et Near n'en pouvait plus. Il avait l'impression que son sexe allait exploser. Et son amant ne semblait absolument pas se fatiguer, gémissant juste régulièrement, venant chercher ses lèvres et changeant de temps en temps de position, continuant à faire crier Near bien que sa voix semblait sur le point de se briser après tout ce temps à se faire pilonner.

« Mello... J'en peux plus... Mello ! »

« Tu n'aimes pas ce que je te fais, Near ? »

« Si ! Mais je veux jouir... »

Il avait à nouveau cette adorable petite voix qui le faisait fondre.

« Supplie-moi. »

« Non ! »

« Tant pis pour toi... »

« Mello ! » s'écria-t-il alors que le blond frappait encore le centre de son plaisir. Ils étaient de nouveau dans leur position de départ, mais Near n'arrivait plus à garder ses jambes enrouler autour de la taille de son rival. Son endurance commençait vraiment à l'inquiéter, on aurait dit qu'il aurait pu continuer ainsi toute la nuit...

« Mello... S'il te plait... »

« Mmmmh... »

« Mello ! Tu m'avais promis ! »

« Oui... Réessaye. »

« Mello... Je t'en supplie... »

« Tu me supplies de quoi ? De continuer ? »

« Non ! Mello, laisse-moi jouir... s'il te plait. »

« Si tu en as tellement envie... »

« Oui ! S'il te plait Mello ! Fais-moi jouir... » Et il rougit en baissant la tête.

« Je te préviens, ça ne veut pas dire que je vais m'arrêter pour autant ! »

« Tout ce que tu veux Mello ! » S'écria-t-il en relevant la tête, ses yeux pétillant de joie.

Et le blond détacha l'anneau improvisé. Near jouit immédiatement dans un gémissement rauque et Mello sentit l'anneau de chair son contracter autour de son sexe alors qu'il continuait à aller et venir en lui. Il sentit son propre orgasme monter, et le laissa déferler, se laissant emporter par la lame de fond qui le fit se libérer au plus profond du jeune corps tremblant. Il se laissa alors lourdement retomber sur Near et l'embrassa avant d'appuyer sa tête sur sa poitrine. Mais, en se rappelant des coups qu'il lui avait donnés, il se redressa.

« Tu as encore mal aux côtes ? »

« Non, plus du tout. »

« Je ne t'en ai pas cassée ? » demanda Mello, étonné.

« Non, je ne crois pas. Peut-être que tu en as fêlé une ou deux, mais pour l'instant ça va... »

« Tant mieux ! » Et le blond lui fit un magnifique sourire qu'il ne put s'empêcher de lui rendre avec joie, enfouissant son visage dans ses longs cheveux blonds tout en le collant à lui, l'enserrant de ses bras et soupirant d'aise.

« Mello... Je croyais que ça ne voudrait pas dire que tu t'arrêterais... » Le taquina Near.

« Je n'en ai pas encore fini avec toi, ne t'en fais pas ! » Ricana le blond en levant les yeux vers lui.

Il vit avec délice son amant blanchir et ses lèvres prendre une teinte crayeuse tellement il les serraient fort, ce qui le fit beaucoup rire. Il le serra dans ses bras tout en roulant sur le dos, Near se retrouvant au-dessus de lui. Il le fit s'assoir sur son torse et prit son sexe en bouche, le suçant avec application. Au début le membre resta mou, mais, avec un peu de patience, et beaucoup d'adresse, il le fit durcir en quelques minutes, arrachant des gémissements de plaisir à Near tandis qu'il enfonçait à nouveau ses doigts dans l'intimité désormais plus que lubrifiée du gamin, caressant sa prostate. Il le regarda et la vision de son rival, les yeux fermés, la tête penchée vers le bas, les cheveux en bataille et la bouche entrouverte, sa respiration haletante et ses gémissements rauques tandis qu'il se mordait parfois les lèvres tout en les léchant, faillit le rendre fou. Il sentit son désir remonter en flèche et le fit basculer, le retournant sans ménagement pour qu'il se retrouve à quatre pattes, la croupe offerte. Il glissa un coussin sous son bas ventre pour la surélever et lui chuchota :

« On a pas encore testé comme ça... »

« Mello... Non... Arrête... »

« Tu demandes ça depuis le début ! Si je t'avais écouté, nous n'aurions rien fait... Tu trouves vraiment que notre rivalité vaut la peine de se priver de tout ce plaisir, Near ? »

« Mmmh... »

Il semblait hésiter, les yeux toujours fermés et les sourcils froncés. Finalement il les rouvrit et le regarda par-dessus son épaule avant de secouer négativement la tête.

« Je le savais ! » ria Mello avant de se renfoncer dans l'antre chaud et humide de son jeune amant avec un cri de plaisir auquel se joignit celui de Near. Très vite, son jeune amant vint à la rencontre de ses coups de reins, ses doigts déchirant les draps sous lui tandis qu'il gémissait, et leurs peaux se remirent à claquer l'une contre l'autre.

« Même après tout ça, tu es toujours aussi étroit Near... »

« Ah ! C'est... ah... toi... qui es énorme... Aaah ! »

« Je prends ça comme un compliment... » fit-il en se penchant pour se coller contre son dos, lui embrassant la nuque sans lâcher ses hanches qu'ils faisaient bouger au même rythme que son sexe qui s'enfonçait avant de ressortir entièrement du fourreau étroit et brulant de son rival, pour mieux y revenir, tapant contre sa prostate encore et encore et encore, lui arrachant des cris de plus en plus puissants. Mello prit son membre en main et se mit à le branler en même temps.

« Tu aimes, Near ? »

« Beaucoup... Melloooooo... »

« Tu veux jouir ? »

« Oui ! Oui ! »

« Tu penses l'avoir mérité ? » Lui susurra-t-il sensuellement à l'oreille avant de la mordiller et de la lécher.

« Je... je ne sais pas... »

« Mmmmmh... Oui, tu l'as mérité il me semble ! »

« Mello... »

Il se mit à bouger plus vite en lui tout en accélérant le mouvement de son poignet, gémissant contre la nuque du gamin au fur et à mesure que son propre orgasme montait. Il avait pris tout son temps la première fois, voulant profiter de lui le plus longtemps possible. Il ne voulait pas se séparer de lui, il se sentait tellement bien. Il eut une soudaine pensée pour Matt, qu'il savait aimer de tout son coeur, et se sentit réellement coupable pour la première fois de sa vie. Pourtant il n'y avait pas de raison, hein ? Lui et Matt ne parlaient jamais de leurs sentiments, se contentant de s'aimer avec leurs corps et leurs bouches... Et Near... Near était Near. Unique. Comme chacun des garçons qui avaient grandi à la Wammy's House.

Near dut sentir son trouble, car il arrêta les mouvements de sa croupe et se retourna en regardant au-dessus de son épaule :

« Mello ? Ça va ? »

« Oui, ça va. Excuse-moi. »

Il se redressa après l'avoir embrassé rapidement et se saisit de ses hanches, recommençant à le pilonner violemment.

« Branle-toi. »

« Mais, Mello... »

« Fais-le, s'il te plaît. »

Near obéit, prenant son sexe dans sa main et la faisant glisser rapidement dessus, jouant avec son pouce sur le sommet de son gland. Il rendit les coups de reins de Mello comme il pouvait tout en se branlant de plus en plus vite, gémissant de plus en plus fort. Sa voix était cassée, mais lorsqu'il sentit l'orgasme le submergé et que son amant s'enfonça brutalement en lui en relâchant sa semence, il cria. Le liquide chaud aspergea les draps en l'éclaboussant et sa main en fut recouverte. Il allait se laisser aller sur le lit malgré le liquide collant, mais Mello l'attira à lui, loin de la tache, et il se laissa aller contre son torse, frottant son dos contre. Le blond remonta ses genoux contre ceux de Near tout en le serrant fort. Il se sentait épuisé.

« Mello... »

« Oui Near ? »

« Embrasse-moi... »

« À tes ordres, petit prince. »

Le surnom le fit rire, et il sentit des lèvres chaudes dans son cou qui parcoururent le chemin jusqu'à ses lèvres en passant par la mâchoire tout en lui posant une multitude de petits baisers légers qui le chatouillèrent, continuant à le faire rire. Lorsqu'il sentit la langue douce de Mello s'introduire dans sa bouche, il l'accueillit avec joie, se retournant un peu pour pouvoir approfondir l'échange. Les mains de son rival parcoururent la peau de son torse en le faisant frissonner tandis qu'il l'attrapait par la nuque pour le rapprocher encore. Quand ils durent tous deux récupérer leur souffle, ils se sourirent mutuellement. Mello était ravi de ne pas revoir ce masque d'indifférence sur les traits angéliques de cet improbable amant. Il le serra dans ses bras et Near les recouvrit avec les siens en se blottissant dans la douce chaleur du corps de son ennemi.

Il ne voulait pas qu'il parte. Il avait envie d'encore le garder un peu, rien que pour lui... Juste encore un peu.

« Mello ? »

« Oui Near ? »

« Est-ce que... tu peux rester ? Juste ce soir... »

« Oui je peux... Si tu es sûr d'oser dormir avec moi ! »

« Mmmmmh... Oui je suis sûr ! »

« Alors c'est décider, je reste ! »

Et Near soupira d'aise, sentant les lèvres de Mello dans sa nuque. En quelques secondes, il s'endormit. Mello ne put s'empêcher de penser à Matt, qu'il devrait au moins prévenir, mais même s'il se contentait de lui envoyer un sms il était sûr qu'il le rappellerait, et il ne voulait pas s'engueuler avec lui avec Near dans les parages. Et il était trop bien avec le gamin dans ses bras que pour le lâcher et aller passer son coup de fil dans la salle de bain. Il s'excuserait plus tard. Il prit la couverture pour les couvrir et resserra encore un peu son étreinte autour du corps de son petit amant.

« Bonne nuit petit prince... »

Et, sans même prendre la peine d'éteindre la petite lampe qui les avait baigné de sa douce lumière toute la soirée, il s'endormit, le coeur léger.

FIN... ?

Reviews please !

J'hésite beaucoup à lui faire une suite, donc dites-moi ce que vous en pensez s'il vous plait ! Je sais que cette fic n'était pas du tout prévue, mais ça m'a pris, comme ça, tout d'un coup, là tout à l'heure, et j'ai tout écrit en quelques heures. En espérant qu'elle vous aura plu, je vous souhaite une très bonne soirée/journée !