Bonjour à toutes !

Disclaimer:Twilight appartient à S. Meyer et cette super histoire à Nolebucgrl et rameau. Je ne suis que la traductrice :)

Comme nous sommes en week-end et que ce jour marque officiellement le début de quelques jours de vacances pour moi, j'ai décidé de faire une entorse à mon planning de publication pour vous présenter cet OS que j'adoooore ! - bon en même temps, c'est un duo de choc qui l'a écrit alors ça ne pouvait pas en être autrement ^^ -

Cette fiction est ma première traduction en dehors du couple Edward/Bella mais je reste quand même dans les canons ^^

Je vous présente donc une histoire Emmett/Rosalie... Elle est rated T pour un langage légèrement fleuri parfois mais rien de bien méchant ;)

J'espère que vous aimerez ! Encore et toujours merci aux auteurs !


~ Dinner Date ~

Nous marchions dans la rue et Esmée n'arrêtait pas de parler du dîner que Carlisle et elle organisaient. Bon, normalement, je n'avais rien contre une bonne soirée entre amis mais cette fois-ci, c'était différent.

« Est-ce que j'ai vraiment la tête de quelqu'un qui a besoin d'aide pour se trouver un rendez-vous ? »

« Non. » acquiesça la femme aux cheveux miel. « Mais Rose, tu oublies que je te connais. Je sais ce que tu essayes de cacher. »

Au lieu de souffler d'un air incrédule, je la regardai d'un air mauvais tout en lui faisant ma meilleure moue Je n'arrive pas à croire que tu aies dit ça. Esmée haussa les épaules et continua à avancer. Bien que je détestais l'admettre, elle avait raison. Elle me connaissait. Je ne voulais pas la laisser entrer mais cette femme adorable était aussi tenace qu'un pitbull quand elle avait quelque chose en tête et elle avait en tête de me caser.

Nous travaillions ensemble depuis deux ans quand j'avais raté le boulot pour la première fois de ma vie. C'était elle qui avait mis son travail en pause pour s'assurer que j'allais bien. Ce n'était pas le cas. Un coup d'œil par l'entrebâillement de la porte et elle entrait en me demandant de tout lui raconter. Elle m'avait tenue dans ses bras alors que je lui parlais de l'homme qui m'avait suivie dans la rue et m'avait violée. Elle m'avait ensuite parlée de son ex-mari et des abus dont elle avait souffert. Une de ses amis l'avaient poussée à porter plainte et elle avait retrouvé un semblant de pouvoir. Elle m'avait accompagnée au poste de police pour que je puisse porter plainte et nous étions amies depuis.

Mais aucun lien, aussi fort soit-il, ne pouvait me pousser à accepter un rendez-vous arrangé.

« Michael est un ami de Carlisle et tu sais que mon mari sait très bien cerner les gens. » continua Esmée encore et encore. « Michael vient de divorcer mais il est séparé depuis deux ans et c'est un très bon père pour son fils. J'ai rencontré le gamin et... »

« Un père célibataire ? Tu te fous de moi ? » crachai-je. « Tu sais bien que je ne supporte pas les gosses. »

Esmée me lança un regard entendu. Elle m'avait vu passer d'une relation amoureuse à une autre en pensant à chaque fois : cette fois-ci c'est la bonne, c'est lui, je vais enfin pouvoir former la famille dont je rêve.

« Très bien, qu'est-ce que tu veux que je dise ? »

« Je veux juste que tu admettes que tu veux une famille et des enfants. » dit Esmée alors que nous arrivions au café.

« Oui, je veux une famille un jour mais pas une toute faite. Je ne me vois pas dans le rôle de la belle-mère d'un marmot pourri gâté que je ne pourrais pas punir. Si je dois avoir des enfants, je veux leur donner naissance moi-même. » concédai-je avec réticence, ignorant mon cœur qui loupa un battement. J'aimais l'idée de devenir mère plus que je voulais bien l'admettre. J'avais imaginé ça trop de fois pour m'en souvenir : une petite fille aux cheveux blonds et avec des yeux d'un bleu brillant, vêtue d'une robe rose à froufrou et portant des souliers en cuir vernis.

« Je te l'ai dit, l'ex ne fait plus parti du tableau. Il s'occupe de son fils seul. » me rappela Esmée alors que nous commandions nos boissons. Exactement ce dont j'avais besoin, un homme pour qui je passerais au second plan, après son gamin. Rosalie Hale ne passait jamais au second plan.

« J-Je ne pense pas vouloir me lancer dans un truc avec un homme qui n'est pas prêt à s'engager. Son fils restera toujours sa priorité alors comment est-ce qu'il pourrait avoir du temps pour nous ? »

« Mais pourquoi ne pas le rencontrer ? Tu ne peux pas prévoir toute votre relation sans jamais avoir passé du temps avec lui. Ne pense pas le connaître avant de l'avoir rencontré. Toi plus que quiconque devrait savoir qu'on ne juge pas un livre à sa couverture. » continua Esmée, défendant son affaire. « Son fils ne sera pas là. On restera entre nous et vous pourrez apprendre à vous connaître, en amis. Il est charmant, drôle et tu sais, il adore les enfants. Ça le place devant tous les candidats que tu as fréquenté ces trois dernières années. »

Elle marquait un point mais je lui jetai quand même un regard mauvais. « Juste parce que les hommes avec qui je suis sortie se sont avérés être des gros connards, ne veut pas dire que je ne veux pas plus. »

« Alors donne lui une chance. »

« Non. » Je n'allais pas perdre cette discussion. « Écoute, il faut que j'aille m'entraîner à la salle de sport. On se voit demain au boulot, d'accord ? »

« D'accord. Promets moi d'y réfléchir. »

Je secouai la tête alors que nous nous séparions et que je me dirigeais vers la salle de gym. Les fées m'avaient peut-être donnée un superbe corps à la naissance mais je travaillais foutrement dur pour le garder. Je faisais plus que faire du shopping pour renouveler ma garde robe ou me pomponner dans des salons de beauté. Non pas que je n'aimais pas ça.

Je courais deux kilomètres plusieurs fois par semaine et j'allais à la gym, alternant entre les deux. J'avais appris de la façon la plus dur qu'il fallait s'entraîner et je n'allais certainement pas oublier ça. Plus jamais je n'aurais été une victime.

Par habitude, je commençai par faire de la corde à sauter pour m'échauffer et augmenter le rythme des battements de mon cœur. Cette activité avait un double effet positif. Ça me permettait de réveiller mon corps tout en me créant un public appréciateur. Même avec le meilleur des soutiens, certaines parties de mon anatomie étaient au centre de l'attention. Je doute même qu'ils avaient remarqué mon sourire moqueur.

Ou peut-être que c'était le cas pour quelqu'un.

Au niveau des poids se trouvait un homme que je n'avais jamais vu. Il était grand, sombre et fort. Il aurait pu être en couverture de n'importe quel magazine de fitness. Il me sembla percevoir une lueur d'amusement dans son regard avant qu'il ne se retourne et commence sa séance. Intéressant. Il m'ignorait de façon délibérée, j'en étais sûre.

Les hommes ne m'ignoraient. Il fallait absolument que je le rencontre.

Je mis rapidement en place mon plan et abandonnai ma corde à sauter pour me diriger vers lui. Je fis semblant de reprendre mon souffle et attendis jusqu'à ce qu'il s'attaque à d'autres muscles.

« Est-ce que vous pourriez m'aider ? » demandai-je. « Ça fait longtemps que je n'ai pas fait d'haltères et j'aurais besoin qu'on me dise si je fais bien les mouvements. » Il ne m'échappa pas que j'étais quasiment en train de le supplier de me mater alors que je travaillais les muscles de mes bras et mes épaules.

« Ouais, bien sûr. » Il m'offrit un sourire adorable de petit garçon et je me surpris à lui rendre. Des fossettes. Je sentis mes genoux fléchir un peu. « Au fait, je m'appelle Emmett. »

« Rosalie. »

Même en cherchant de toutes mes forces, je n'arrivais pas à trouver quelque chose à dire pour flirter avec lui, je dus alors faire parler mon corps. Alors qu'il m'observait et corrigeait ma posture, je laissai mes yeux le parcourir.

Il représentait exactement la perfection pour moi. Ses cheveux bruns étaient courts mais pas trop. On pouvait d'ailleurs voir ses boucles naturelles qui lui donnait un air sympa. Ses yeux étaient de la couleur d'un lac gelé, gris-bleu. Ses fossettes sous ses joues m'attiraient presque d'une façon magnétique. J'avais envie de passer mes doigts dessus. Sa mâchoire était ciselée et me suppliait d'y faire courir ma langue. Le corps d'Emmett... ressemblait à celui des mannequins qu'on voyait sur les couvertures de romans à l'eau de rose. Le genre d'homme qui prenait une femme dans ses bras pour l'emmener à l'étage. Carrément à tomber en pâmoison. Dieu merci, personne ne pouvait m'entendre penser parce que cet homme me transformait en idiote, incapable de dire un mot.

Je devais découvrir si l'homme en lui était aussi attirant que son apparence. Alors que je soulevais les poids, je cherchais un moyen de le revoir. Je ne voulais pas lui montrer que j'étais intéressée avant qu'il le fasse. C'était les hommes qui me couraient après et pas le contraire. Je lui lançai mon regard le plus aguicheur dans le miroir alors qu'il s'approchait pour arranger ma posture. Il remarqua l'heure sur la pendule en face de nous et fit la grimace.

« Rosalie, je suis désolé, mais je vais devoir y aller. Je dois être quelque part dans une demi-heure et ça me laisse juste le temps de m'y rendre. » Oh non, il partait alors qu'il ne m'avait même pas encore invitée.

« Oh d'accord, merci pour votre aide, Emmett. Vous êtes un très bon prof. » Et je craquais carrément pour les profs !

Il vira au rouge et me lança son adorable petit sourire en coin. « Écoutez, je n'ai pas pour habitude de faire ça, vous savez, draguer une femme à la gym, parce que ce n'est pas ce que je fais. Mais, je me demandais si nous pourrions faire quelque chose ensemble à l'occasion ? » Il était absolument adorable. Il parlait vite et semblait nerveux.

« J'aimerais beaucoup Emmett. Et si vous me donniez votre téléphone pour que j'y enregistre mon numéro ? » Il sembla soulagé et je dus retenir un petit gloussement. Qu'est-ce qui n'allait pas chez moi ? Je ne gloussais jamais. Il me tendit son portable et j'y notai mon numéro. « Il me tarde d'avoir de vos nouvelles. »

« Vous en aurez. » Il m'offrit une fois de plus son magnifique sourire en coin et me fit un petit signe de la main tout en s'éloignant vers la sortie.

Le lendemain, il me tardait de raconter à Esmée que j'avais rencontré quelqu'un à la gym. Et j'étais nerveuse de recevoir son appel. J'étais sûre qu'en rentrant ce soir là, j'aurais déjà eu de ses nouvelles. J'avais tort. J'avais passé la soirée à attendre, vérifiant si mon portable avait toujours de la batterie. J'étais si sûre qu'il m'appellerait aussi vite que possible. Peut-être qu'il essayait de la jouer cool et m'appellerait le lendemain. Il valait que je la joue cool moi aussi. Depuis quand est-ce que je passais ma soirée à attendre un coup de fil ? Peut-être qu'il appellerait demain.

Spontanément, mon esprit fut rempli d'images de tout ce que nous pourrions faire ensemble. Dîner dans un restaurant luxueux, se promener dans ma BMW décapotable sur la côte - le vent balayant nos cheveux, pique-niquer sur la plage de La Push, nous tenant la main et nous embrassant devant la lune. Nos langues bataillant alors qu'il serait allongé sur moi, son corps musclé se moulant parfaitement au mien. J'allais pouvoir faire courir mes doigts sur ses biceps puissants avant de les perdre dans ses boucles. Il me fallait cet homme. Calme toi, Rose, il va vite t'appeler.

Une fois de plus j'avais tort. Après trois soirs sans appel, j'étais prête à baisser les bras. Toute la semaine, il m'avait tardé d'aller en rendez-vous avec lui mais je supposais que ça ne devait pas se faire. Peut-être que je pouvais appeler une amie célibataire pour organiser une soirée entre filles au lieu de rester encore à la maison pour attendre un appel qui ne viendrait peut-être jamais.

Puis vendredi arriva. J'étais occupée à remplir un dossier que les ressources humaines m'avaient filée quand mon portable sonna. Je répondis sans vérifier qui m'appelait.

« Allo. »

« Rosalie ? S'il vous plaît, ne raccrochez pas. »

« Qui est à l'appareil ? »

« Emmett McCarty, le mec de la salle de sport. On s'est rencontré lundi. Je suis le connard qui était censé vous appeler trois jours plus tôt. S'il vous plaît, ne raccrochez pas, laissez moi vous expliquer. » Mes lèvres formèrent involontairement un sourire moqueur. Je devais me souvenir que j'étais en colère.

« Donnez une bonne raison d'écouter vos excuses. » exigeai-je.

« Parce que je ne vous donne pas d'excuses. Je vous supplie de me donner une chance de m'expliquer. Vous rencontrer a été la seule bonne chose de ma semaine et je serais anéanti si vous refusiez de sortir avec moi. Un vrai rendez-vous. Dans un resto sympa. »

« Je ne sais pas. »

« S'il vous plaît, dites moi oui. »

« Je ne pense pas pouvoir attendre une semaine de plus. » Je faisais de mon mieux pour dissimuler mon rire. Il semblait si sincère et je ne pouvais pas résister à son ton suppliant.

« Alors sortons ensemble ce soir. »

« Le délai est vraiment court. J'ai déjà prévu quelque chose ce soir. » J'espérais qu'il ne pouvait pas deviner que je mentais.

« Alors annulez. Vous ne le regretterez pas. »

« C'est trop tard pour prendre une réservation de toute façon, non, je ne pense pas... »

« Je connais des gens. Je peux les contacter. Dites moi juste que vous me rejoindrez à sept heures et que vous me laisserez vous expliquer en détails les raisons de mon ingratitude. »

« Seulement si vous acceptez de m'aider à travailler mes muscles extenseurs. » Je n'allais pas lui faciliter les choses.

« Ça marche. Où est-ce que je peux passer vous prendre ? »

« Et si je vous rejoignais sur place ? J'ai quelques trucs à faire après le travail alors ça serait plus facile pour moi. Envoyez moi les infos par textos, d'accord ? »

« Absolument. Il me tarde ce soir. » Je lui dis au revoir avant de raccrocher, retenant mon cri de triomphe. J'avais rendez-vous avec un beau gosse ce soir. Il y avait plein de choses à faire.

Quand je parlai à Esmée de mon rendez-vous, elle se mit presque à crier, effrayant tout l'étage. Nous essayâmes de rester discrètes mais je savais que nos chuchotements portaient bien plus loin qu'ils ne l'auraient dû, vu le petit sourire moqueur que me lança mon patron. Mais je m'en fichais parce que quand j'avais réalisé qu'il me fallait une nouvelle robe hyper sexy, il avait accepté de me laisser partir plus tôt.

J'allai au centre ville. J'étais sur le point de traverser quand je repérai une silhouette familière de l'autre côté de la rue. Emmett était très beau sous ce soleil chaud et je vis qu'il souriait. Apparemment, je n'étais pas la seule à être emballée par notre rendez-vous. Juste au moment où j'allais l'appeler je remarquai une jeune femme brune qui lui faisait signe et répondait à son sourire. Je sentis mon cœur lâcher.

J'avais été tellement occupée à admirer son magnifique visage que je n'avais pas vu le petit garçon qui marchait à ses côté. Le gamin remarqua la femme et partit en courant vers elle. Elle s'agenouilla et l'attrapa dans ses bras après que son petit corps et rencontré le sien. Elle passa la main dans ses cheveux et je vis quelque chose briller sur sa main. Même de loin, je pouvais deviner qu'elle avait un énorme diamant au doigt qui reflétait la lumière dans ma direction.

Je me torturai un peu plus en continuant à observant l'homme avec qui j'avais prévu de sortir, prendre dans ses bras la femme et le garçon. J'aurais pu jurer la voir l'embrasser et il rigola en réponse.

Emmett m'avait mentie. Il avait une femme et une famille et il m'avait demandée, non, suppliée de sortir avec lui ce soir-là. Techniquement, il n'avait dit que la vérité mais il aurait dû me parler de sa famille. À moins que ça soit ça son plan ? Me séduire avant de me dire qu'il voulait que je sois sa maîtresse ?

Personne ne se moquait de Rosalie Hale et j'allais lui montrer de quel bois je me chauffais.

Quelques heures plus tard, je me préparai volontairement avec soin pour la soirée. J'allais rendre Emmett fou, lui laisser croire qu'il allait avoir de la chance avant de l'écraser avec mon talon. J'enfilai une petite robe Prada en soie avec des Manolo Blahnik de dix centimètres. Je bouclai mes cheveux avant de les ramener en arrière, laissant tout de même quelques mèches encadrer mon visage. Je savais par expérience que les boucles me donnaient l'air plus abordable. Je voulais qu'il pense ça.

J'arrivai au Petit Bistro, un restaurant français du centre ville. J'avais fait exprès d'arriver quinze minutes en retard. Rien de mieux que de faire transpirer un peu un homme pour qu'il se détende un peu avant de transpirer à nouveau. Je maîtrisais cette tactique d'une main de maître. Je donnai le nom d'Emmett à la serveuse et elle m'escorta vers le fond du restaurant, jusqu'à une petite alcôve privée dans le coin. Évidemment, il s'était arrangé pour être dans le fond du restaurant. Il ne fallait pas que quelqu'un le voit avec sa maîtresse alors que sa femme cocue et son gosse l'attendaient à la maison sans avoir la moindre idée de ce qui se passait.

Les yeux d'Emmett s'écarquillèrent d'un air appréciateur lorsqu'il me vit. Je marchai lentement en direction de la table pour qu'il profite bien de la vue.

« Wow, Rosalie, vous êtes incroyable. » Il se leva d'un bond et me guida d'un geste souple vers ma place. Je sentis de l'électricité me parcourir lorsqu'il me toucha mais je repoussai cette sensation avant qu'elle puisse m'envahir. Je me fichais que mon corps ait envie de lui.

« Merci Emmett, vous aussi. » Putain, il l'était vraiment. Il portait une veste de costume grise avec une chemise blanche. Le tout s'accordait bien avec son pantalon couleur charbon. Connard. Il n'était pas obligé d'avoir aussi l'air appétissant alors que je n'allais pas en profiter.

Le serveur vint prendre notre commande de boissons et je dis à Emmett que je prendrais la même chose que lui. Je n'avais pas prévu de boire de toute façon. « Alors, Rosalie, s'il vous plaît, parlez moi de vous. J'ai l'impression d'avoir pensé à vous pendant des heures mais je ne vous connais pas vraiment. » Oh, n'était-il pas adorable ? Il pensait à moi en bordant son fils le soir ? En faisant l'amour à sa femme ? Enfoiré. Je ne pouvais pas déjà le laisser filer. J'avais un plan à accomplir.

Je décidai de le tester. Peut-être que j'allais avoir pitié de lui s'il avouait rapidement. « Eh bien, je viens d'un foyer brisé. » Il me regarda d'un air compatissant et me fit signe de continuer. « Mon père a trompé ma mère à plusieurs reprises et il n'essayait même pas de le cacher. Il a fallu bien trop longtemps à ma mère pour comprendre mais elle a fini par le jeter à la porte. » Je mentais sans scrupule. Jasper et Alice Hale étaient mariés et heureux de l'être depuis 35 ans.

Ce connard eut l'audace de prendre ma main sur la table. « J'en suis désolé, ça a du être dur à vivre. » Il n'allait donc pas saisir la perche que je lui tendais. Très bien. Il allait le regretter alors.

Je lui lançai un sourire à lui briser le cœur, faisant trembler ma lèvre inférieure. Meryl Streep n'était qu'une amatrice face à moi. « Ça l'était. J'ai beaucoup de mal à faire naturellement confiance aux hommes. J'ai connu bien trop de mauvaises relations. »

Il grimaça. « Je peux comprendre ça. » Oh est-ce que sa relation avec sa femme était mauvaise ? Elle avait l'air amical pour moi. Je retins ma remarque sarcastique et lui lançai un sourire compatissant en réponse.

Le serveur apparut et prit notre commande. Le menu était en français mais pas les prix alors au lieu de découvrir ce que c'était, je pris simplement le plat le plus cher sur la carte. Je ne pouvais certainement pas lui faire mal physiquement mais son portefeuille allait souffrir.

Après le départ du serveur, nous reprîmes notre conversation. Emmett me parla un peu de son enfance, de son frère Edward, de sa vie sur la côte est. Je fis semblant d'être pendu à ses lèvres, attendant le bon moment pour briser tous ses rêves.

On plaça nos assiettes devant nous. Je jetai un coup d'œil torve à mon plat et découvris que j'avais commandé une sorte de fruit de mer plutôt gluant. Hors de question que je mange ça. Heureusement, Emmett choisit ce moment là pour me parler des raisons pour lesquelles il ne m'avait pas appelée avant aujourd'hui.

« Écoute, je ne t'ai pas appelée pour une bonne raison... »

Je lui coupai la parole, heureuse d'en arriver enfin à ce moment là. « Je connais déjà la raison. »

Il cligna les yeux surpris. « Vraiment ? »

« Absolument. Et t'as vraiment du culot de m'avoir appelée. »

« Quoi ? »

« Emmett McCarty, tu n'es qu'un connard. »

« Non, attends une seconde, je sais que j'aurais dû te le dire mais ce n'est pas le genre de sujet qu'on peut facilement aborder dans une première conversation. »

Je partis en vrille à cette phrase là. « Hum, en fait, c'est EXACTEMENT le genre de chose dont tu aurais dû me parler dès notre première conversation ! Quand un homme a une femme et un gamin, il devrait en parler avant d'inviter une autre femme à sortir ! Il ne devrait même pas inviter une femme à sortir ! » Je criai et tous les regards dans le restaurant étaient posés sur nous mais je m'en fichais. J'avais un certain plaisir à avoir un public.

Emmett semblait horrifié. Bien, c'était ça qu'il aurait dû ressentir. « Écoute, je ne sais pas ce qui t'as fait penser ça... »

« Tu me mens encore ? Bon sang, t'es vraiment un enfoiré, tu le sais ça ? »

« C'est faux ! Tu ne comprends pas ! »

« Je comprends parfaitement. Je t'ai vu avec elle ! Je vous ai vu ton fils et toi, rejoindre ta femme aujourd'hui en centre ville. Tu vas me faire croire que ce n'est pas ton fils ? »

« Je ne vais pas nier ça mais... »

« Ça suffit Emmett ! Tu l'as embrassée là dans la rue, tout le monde pouvait vous voir. J'ai peut-être été assez stupide pour penser que tu étais un mec bien mais je ne suis pas assez bête pour t'écouter une minute de plus ! » Sur ces paroles, je lui jetai le verre de vin qu'il avait commandé pour moi à la figure et tournai les talons pour sortir du restaurant. Je l'entendis m'appeler mais je ne m'arrêtai pas. Je montai dans ma voiture et rentrai chez moi, laissant enfin mes larmes de douleur et d'humiliation couler.

Je marchai d'un pas difficile jusqu'à la porte d'entrée. Je me fichais de ce qui pouvait arriver à mes Manolo Blahnik ou à ma robe Prada. J'avais envie de me cacher sous les couvertures avec une bouteille de vin blanc sec pour me convaincre que je n'avais pas à regretter tout ça.

Emmett n'était qu'un connard qui trompait sa femme et il ne méritait ni ma pitié, ni mon temps. Je me tins ce discours à moi même pendant un moment puis je me souvins du contact de sa main sur ma peau. Je me rappelais avec quelle patience il m'avait montrée les mouvements à la gym et à quel point son sourire était adorable quand je réussissais enfin sans qu'il ne m'aide. Tout ça rendait le souvenir de l'air qu'il avait en regardant sa femme enlacer son fils encore plus douloureux. C'était sans doute un merveilleux père et il m'aurait donnée une merveilleuse famille s'il n'avait pas eu tendance à tromper sa femme. Je bus une autre gorgée à la bouteille.

Dans la matinée, la sonnerie de mon téléphone réveilla douloureusement mon cerveau et mes neurones. J'avais la gueule de bois. Je m'en saisis et l'amenai à mon oreille avant de répondre tout doucement, dans un murmure.

« Ça a intérêt à être important. »

« Salut à toi, rayon de soleil. » me salua Esmée de sa voix claire. « Comment s'est passé ton rendez-vous ? Je n'interromps rien, pas vrai ? »

« Esmée, tu peux pas y aller mollo, j'ai mal à la tête. »

« On a beaucoup veillé hier soir, hum ? Il faut que tu me racontes tout. »

« Non, en fait, j'ai trop bu et je me suis endormie. »

« Mais pourquoi ? Je ne comprends pas. Tu n'avais pas rencard avec le mec sexy que tu as rencontré à la salle de sport ? Qu'est-ce qui s'est passé ? »

« Oui, j'avais rendez-vous et on y est allé. Il m'a emmenée au Petit Bistro et a agi comme un gentleman jusqu'à ce que je lui dise d'aller se faire voir et de ne plus jamais m'adresser la parole, ou me regarder, voir même de penser à moi. »

« C'est tout ce que tu as dit ? » me questionna-t-elle.

« Il est possible que j'aie utilisé un langage plus coloré et que le volume est atteint les cuisines. »

« Mais pourquoi ? Je croyais qu'il te plaisait. »

« C'était vrai jusqu'à ce que je découvre qu'il a une femme et un gamin. »

« Comment est-ce que tu as appris ça ? »

« Je les ai vus, dans la rue, quand je suis allée m'acheter cette magnifique robe Prada pour mon rendez-vous avec lui. »

« Connard. »

« Exactement ce que j'ai dit. »

« J'espère bien que tu lui as dit. »

« C'est à peu près tout ce que je lui ai dit mais pas tout ce que j'ai fait. » admis-je en faisant un grand sourire jusqu'à ce que ça soit trop douloureux.

« Rosalie, qu'est-ce que tu as fait ? »

« Rien de bien méchant. J'ai commandé le plat le plus cher sur le menu et je lui ai jeté mon verre de vin à la figure. »

« Bien. Est-ce que ça va aller ? »

« Ça ira mieux dans un petit moment. »

« Alors tu vas pouvoir venir passer la soirée avec nous. » Je n'aimais pas démolir ses projets, elle avait l'air tellement pleine d'espoir.

« Je ne pense pas. Je ne suis pas déjà prête à rencontrer un autre jeune père qui cherche seulement à s'envoyer en l'air. »

« Je te l'ai dit, Michael n'est pas comme ça. »

« Si tu le dit. » Ma voix était remplie de toute la méfiance que je ressentais.

« Juste en amis. S'il te plaît Rose, je pense que ça serait bon pour toi de passer une soirée avec des personnes biens. C'est exactement ce dont tu as besoin pour retrouver foi en l'humanité. Je te le promets, je ne vais pas essayer de te caser mais je sais ce que ça fait d'être une personne seule au milieu d'une pièce remplie de couples. Dis moi que tu vas venir. »

« Je vais y réfléchir. »

Esmée me connaissait suffisamment pour savoir qu'elle avait gagné. Je n'étais pas de taille à l'affronter et voir Carlisle vénérer sa femme était exactement ce dont j'avais besoin. J'allais y aller mais pas pour les raisons avancées par Esmée. J'avais besoin de me souvenir à quel point mon amie était chanceuse contrairement à moi. Aucun homme ne me regarderait jamais comme Carlisle regardait Esmée, avec un amour et une adoration sans fin. C'était peut-être très beau à voir mais intérieurement, Esmée était la plus belle personne que je connaissais et c'était ça que Carlisle voyait à chaque fois qu'il regardait sa femme.

Lorsque j'arrivai chez les Cullen, je m'étais suffisamment remise pour apprécier la distraction que cela m'offrait. Ce dîner était exactement ce dont j'avais besoin pour me remettre de ma déception et passer à autre chose. Qui sait, j'allais peut-être même m'amuser. Michael n'était peut-être pas un compagnon envisageable mais ça ne devait pas m'empêcher de flirter avec lui pour me sentir un peu mieux. J'avais besoin de me sentir irrésistible.

Esmée m'ouvrit la porte et me salua. Elle me prit ma veste et nous entendîmes un rire dans le salon. Je lançai un regard interrogateur à Esmée et elle se contenta de hausser les épaules.

« Michael vient de nous raconter un de ses rendez-vous qui s'est mal passé. Apparemment, certaines femmes sont de vraies harpies. Va rejoindre tout le monde. J'arrive tout de suite. Il faut juste que j'aille voir le dîner en premier. »

« D'accord. Ne sois pas trop longue. » répondis-je en me dirigeant vers les voix. Je n'avais pas peur d'y aller seule mais j'avais la sensation que j'allais avoir besoin d'Esmée pour me mêler aux amis de Carlisle.

« Et c''est à ce moment là qu'elle m'a jeté son verre de vin à la figure ! » J'entendis une voix masculine qui me disait quelque chose. Je me demandais où est-ce que je l'avais déjà entendu ? Lorsque je compris enfin, il était trop tard pour reculer. Je me trouvais dans la même pièce qu'Emmett ''l'adultère'' McCarty et tout le monde me regardait. Le couple qui observait notre silence échangea un regard entendu. Je ne pouvais pas quitter Emmett des yeux alors que j'attendais mon humiliation inévitable lorsqu'il allait dire le prénom de la harpie de son histoire.

Au lieu de ça, c'est Carlisle qui prit la parole. « Vous vous connaissez tous les deux ? »

Emmett secoua la tête comme s'il se moquait de moi. « Non, pas encore. »

« Dans ce cas là, sois la bienvenue Rosalie, Esmée pensait que tu arriverais plus tôt. »

« Je sais Carlisle. Je suis désolée d'être en retard mais la circulation était horrible. » souris-je à l'hôte. Je parcourus la pièce du regard. Ma bouche devint sèche et je me décomposai lorsque je reconnus la jeune femme assise sur le canapé à côté d'un jeune homme vaguement familier. C'était la femme d'Emmett, la femme que j'avais presque rendu cocu. Je suppliai le ciel pour que le sol s'ouvre et m'engloutisse. Ça ou un éclair me tuant sur le coup auraient parfaits à ce moment là.

Carlisle suivit mon regard et reprit la parole. « Rosalie, voici Bella Swan, la fiancée d'Edward. Et Edward McCarthy est le frère de Michael. Bella, Edward, voici Rosalie Hale. Elle est amie et travaille avec Esmée. »

Je leur fis un signe de tête crispé, essayant de dissimuler ma confusion. Bella était fiancée à Edward ? Mais je pensais qu'elle était mariée à Emmett ? Michael ? Peu importe qui cet homme disait-il être ?

« Qui est Michael exactement et où est-ce qu'il est ? » Mes yeux se posèrent sur Emmett et je fronçai un peu plus les sourcils. Ils n'avaient pas la même couleur de cheveux et leur carrure était différente mais leurs traits du visage étaient étrangement similaires. Emmett n'avait-il pas mentionné un petit frère pendant notre rendez-vous fâcheux ? Si Edward et Emmett étaient frères, ça expliquait la ressemblance.

Carlisle s'approcha d'Emmett avant de prendre la parole. « Et voici Michael McCarthy deuxième du nom. Je ne pense pas que l'hôpital pourrait marcher sans lui. » J'entendais la fierté dans la voix de Carlisle alors qu'il faisait les présentations. J'eus beaucoup de mal à comprendre ce qui se passait. « Michael, voici Rosalie Hale, la femme volcanique dont je t'ai déjà parlé. »

« S'il te plaît Carlisle, Michael c'est mon père. Tous mes amis m'appelle Emmett. C'est un immense plaisir de vous rencontrer Mlle Rosalie. » Il me prit la main et l'amena à ses lèvres qui formaient un sourire cordial. J'étais comme hypnotisée.

« De même. » marmonnai-je d'une voix à peine audible. Il fallait que je sorte de là. « Je crois que je vais aller voir si Esmée a besoin d'aide. »

« Tu n'as pas à faire ça. » objecta immédiatement Carlisle. « Reste ici discuter avec tout le monde, je vais rejoindre mon adorable femme. »

« Non j'insiste. En fait, j'ai oublié de lui dire un truc et je préférerais ne pas partager ça avec tout le monde. Si vous voulez bien m'excuser. » Je ne leur laissai pas le temps de m'interrompre. Je tournai les talons et sortis de la pièce.

« C'est moi ou il y a eu des étincelles ? » entendis-je quelqu'un dire avant que je ne sois trop loin. Je supposais que c'était Edward.

Je me dirigeai vers l'entrée, me grondant mentalement quand je sentis une grande main chaude me saisir par le bras et me retourner. Soudainement, je me retrouvai plus près du corps très musclé d'Emmett que je l'aurais voulu. Mais j'aimais ça et c'était ça le problème. J'espérais qu'il prendrait mon rougissement pour de la colère, au lieu de comprendre que c'était un signe de désir.

« Il faut que je te parle. » murmura-t-il en me poussant dans une pièce que je supposais être le bureau de Carlisle. Il ferma la porte derrière lui et s'appuya contre. Ses yeux parcoururent mon corps des pieds à la tête avant de finalement croiser les miens. Je n'arrivais pas à décrypter son expression. « Tu es partie avant que je puisse t'expliquer. Je t'ai couru après mais tu avais déjà disparu quand je suis arrivée dans la rue.

« Je n'ai pas besoin d'explication. » Je me balançai nerveusement d'un pied à l'autre. Un côté de moi avait envie d'entendre ce qu'il avait à me dire mais l'autre mourrait d'envie de partir en courant sans jamais se retourner.

« Je ne suis pas d'accord. » Sa voix était douce et son attitude gentille alors qu'il s'approchait de moi. « Après ce que tu m'as dit... »

« S'il te plaît, pas la peine de me le rappeler. » le suppliai-je en fixant un coin de la pièce du regard. Je fus récompensée par un rire soulagé. J'avais dû mal entendre. Pourquoi est-ce qu'il aurait été soulagé ?

« Après ce que tu m'as dit et ce que tu as vu. » répéta Emmett alors que ses doigts se posaient sur mon menton pour tourner mon visage vers lui. « Je comprends ce que tu as cru. Je ne te reproche pas de penser que je t'aie menti pour ma famille mais j'aurais vraiment aimé que tu me laisses t'expliquer. Tu vois, tout ce qu'Esmée t'a dit est vrai. Je suis divorcé et j'ai un petit garçon de cinq ans que j'élève seul. Bella et Edward m'aident à m'occuper lui. C'est ça que tu as vu. Bella le gardait pour que je puisse passer une soirée mémorable avec toi. »

Oh. Tout commençait à prendre sens maintenant. Il ne pouvait pas laisser son fils seul chez lui pour sortir avec moi et la bague au doigt de Bella venait d'Edward, pas d'Emmett. Puis je réalisai qu'il avait décris notre soirée comme mémorable. « Oh. » Mon humiliation fut encore plus grande mais je ne pus pas m'empêcher de lui poser une question sur son ex femme.

« Irina, la mère d'Alec, m'a trompé à plusieurs reprises et a choisi de ne plus faire partie de la vie de notre enfant mais elle a voulu me saigner. Elle m'aurait prit tout ce que j'avais si Carlisle ne m'avait pas recommandé son avocat. Alors, tu comprends pourquoi je me sens si proche de la situation de tes parents, pas vrai ? »

Je clignai des yeux. Mon mensonge me revenait en pleine figure. « Euh, à ce sujet. Mes parents ne sont pas divorcés. En fait, ils vivent un mariage très heureux depuis trente-cinq ans. »

Son sourire m'indiqua qu'il le savait déjà.

« Tu me testes, hum ? C'est l'impression que j'ai eu après que tu sois partie comme une bombe du restaurant. Je me suis demandé si tout ce que tu m'avais dit été vrai. »

Un sentiment de culpabilité m'envahit et j'essayai de le repousser. Putain de merde, j'avais peut-être tiré des conclusions trop hâtives mais tout le monde aurait fait pareil dans une situation comme la mienne !

« Très bien, oui, j'ai menti mais c'est seulement parce que j'étais persuadée que tu me mentais toi aussi. Tu dois admettre que les preuves étaient plutôt flagrantes. »

Il me fit un sourire doux. « C'est vrai mais pourquoi est-ce que tu ne m'as pas simplement posé la question ? Tu aurais aussi très bien pu m'appeler et annuler le rendez-vous ? Pourquoi est-ce que tu es venue ? »

Et une fois de plus, je devais me montrer sous mon vrai jour. Tu parles d'une façon de faire bonne impression. Oh et puis merde, je n'allais plus jamais le revoir de toute façon. « C'est parce que je suis comme ça. Je suis Rosalie Hale et je ne laisse pas les gens me marcher dessus. Je voulais te faire payer. »

« Me faire payer quoi ? »

« Tes mensonges, enfin, ce que je pensais être tes mensonges. Te faire payer parce que je pensais tout le temps à toi depuis qu'on s'était rencontré mais que tu m'as fait attendre avant de m'appeler. Te faire payer... » J'arrêtai de parler. J'en disais beaucoup trop et ça ne me ressemblait pas.

Sa main toucha ma joue et je fus surprise de sentir des larmes. Je m'étais mise à pleurer sans m'en rendre compte. « Me faire payer quoi ? »

Je soupirai et m'offris complètement à lui. « Te faire payer pour tous les salops avec qui je suis sortie, les menteurs, ceux qui abusent, les connards et les enfoirés qui ne tenaient pas la distance face à mes rêves. »

Comme si je ne me sentais déjà pas assez mal, il me prouvait qu'il était différent de tous les hommes que j'avais rencontrés avant. Il était extraordinaire.

« J'accepte de payer pour les crimes que je commets. Je n'ai jamais dit que j'étais parfait mais la misogynie ne me va pas trop. Je ne sais pas comment quelqu'un peut s'en être pris à une dame comme toi. » Je le fixai la bouche ouverte. Emmett disait exactement les choses que je voulais entendre depuis des années. Et j'avais gâché toutes mes chances avec lui avant même qu'il y ait quelque chose entre nous.

« Quand je t'ai vu à la salle de sport avec ta corde à sauter et que tout le monde te regardait, j'ai dû me retenir pour ne pas t'emmener dans les vestiaires. Non seulement tu étais magnifique et en forme mais tu le savais et tu savais l'effet que tu faisais aux gens. Mais ça ne cachait pas le cynisme dans tes yeux. » Il repoussa une mèche folle, prenant mon visage en coupe. « Tu avais l'air de te sentir si seule et malheureuse, comme si personne ne pouvait te comprendre. »

Je dus détourner le regard. Je me sentais complètement nue devant lui et ce n'était pas à cause de ma robe minuscule. C'était quelque chose de pire. Il avait fallu des mois à Esmée pour atteindre les profondeurs de mon insécurité et à l'époque, de mon désespoir. Mais l'homme qui se tenait devant moi avait vu tout ça en un seul regard. Est-ce que il pouvait vraiment me comprendre ? Est-ce qu'il pouvait vraiment aller au-delà des masques que je portais et des barrières que j'avais construites autour de moi ? Est-ce qu'il était le bon ? Les répercussions de mon erreur me donnaient la tête qui tourne.

« Et tu es venue me voir pour me demander de t'aider avec les poids. J'ai bien compris que c'était un stratagème. Ce qui m'a surpris c'est le changement en toi. Ton regard était différent de celui que j'avais vu quand nos yeux s'étaient croisés dans le miroir. Tu n'avais pas l'air de te sentir seule, tu avais l'air... » Il fit une pause pour choisir ses mots avec soin. Il ne pouvait pas s'arrêter là ! Je devais savoir ce qu'il pensait. J'avais peur d'entendre ses mots mais je savais que je devais le faire. Même si nous n'allions jamais être ensemble je devais savoir exactement ce que j'avais perdu.

« Vulnérable. Tu semblais si ouverte, réceptive et vulnérable. C'était comme si tu t'offrais à moi tout en espérant que je n'accepterais pas. »

Je me mordis la lèvre. Est-ce que j'avais vraiment pensé ça ? Est-ce que j'avais vraiment espéré qu'il ne soit pas de taille à me gérer ? Ça devait être le cas parce que j'étais toujours là à espérer l'impossible. La seule différence cette fois-ci, c'était que je savais qu'il pouvait faire toutes les choses dont j'avais rêvé. Je me préparais à le voir prendre sa revanche finale avant de partir. Je ne pouvais reprocher mon malheur qu'à moi même.

Il souleva mon menton et chercha mon regard, rigolant doucement. « J'aurais vraiment voulu te rencontrer des années plus tôt mais en même temps, je suis content que ça ne sois pas le cas. Je n'aurais pas eu Alec si je t'avais rencontrée plus tôt et je ne peux pas t'imaginer sans toutes les expériences qui ont fait de toi la femme que tu es aujourd'hui. » S'il vous plaît, achevez moi maintenant. Il était en train de me tuer avec sa tendresse et son départ allait me détruire.

« Promets moi simplement une chose. » me demanda-t-il finalement.

Je levai les yeux d'un mouvement hésitant vers son magnifique regard gris.

« Promets moi que c'est la dernière fois que tu me fais payer les erreurs de quelqu'un d'autre. »

Abasourdie ne pouvait même pas décrire ce que je ressentais. Est-ce qu'il me donnait vraiment une autre chance après que j'ai agis comme une psychopathe la veille ?

« Emmett, est-ce que tu es bien en train de dire ce que je pense que tu dis ? »

Sa bouche forma un petit sourire en coin qui fit flancher mes genoux. « Ce que je suis en train de dire Rose, c'est que j'aimerais beaucoup réessayer. Un autre rendez-vous, dans un autre endroit. Une nouvelle chance de bien commencer, si c'est ce que tu veux, bien sûr. »

Est-ce que c'était ce que je voulais ? C'était lui qui aurait dû prendre ses jambes à son coup. Je le fixai en plissant les yeux. « Qu'est-ce qui ne va pas chez toi ? »

Il laissa échapper un rire tonitruant qui me fit sursauter. « Pourquoi tu me demandes ça ? »

« Eh bien, je veux dire, je ne comprends pas pourquoi tu veux me donner une deuxième chose après la façon dont j'ai agis. »

Il toucha à nouveau ma joue. « Rose, tu as peut-être réagi de façon exagérée mais c'était par rapport à ce que tu savais. Et même si c'était à mes dépens, je dois admettre que j'ai admiré ton style quand tu m'as dit d'aller me faire foutre dans un restaurant bondé. »

Je rigolai doucement, je n'avais pas pu me retenir. « Tu vois, c'est évident qu'il y a quelque chose qui ne pas chez toi si tu es toujours attiré par moi après ça ! »

Il haussa honteusement les épaules. « J'aime les femmes fortes et belles qui sont capables de se défendre. Je veux apprendre à te connaître Rosalie. Tu veux bien ressortir avec moi ? » Ses magnifiques yeux me suppliaient alors que ses doigts caressaient mon menton. Je m'approchai de lui. Je voulais lui répondre avec plus que de simples mots. Juste au moment où mes lèvres allaient rencontrer les siennes, la porte du bureau s'ouvrit. Esmée passa la tête à l'intérieur et un sourire s'étala sur son visage.

« Je suis désolée, je voulais juste vous prévenir que le dîner est servi. Je vous laisse un moment tranquille. »

Emmett recula et fit courir sa main de ma mâchoire à ma main. Il entrecroisa nos doigts. Je sentais de l'électricité à chaque contact. « Tu veux bien te joindre à nous maintenant, on aura plein de temps pour discuter, pas vrai Rose ? »

J'étais incapable de trouver les mots. Je me contentai de hocher la tête et de presser sa main. Nous passâmes devant Esmée et elle me fit un signe du pouce pas vraiment subtile. Je lui souris avant de parler tout bas. « Je suis sa harpie et c'est lui le connard marié d'hier soir. »

Esmée écarquilla les yeux sous la surprise et son rire résonna. « Tu vois, je savais que vous vous plairiez ! » Elle nous guida jusqu'à la salle à manger, un sourire triomphal sur les lèvres. Carlisle remarqua nos mains jointes et sourit à sa femme, célébrant leur don de marieurs.

« Alors, qu'est-ce que vous faisiez tous les deux ? »

Emmett lui sourit. « On s'organisait pour sortir ensemble la semaine prochaine, si Bella veut bien me remplacer vendredi ou samedi soir ? »

« Oh bien sûr, j'en serais ravie. Edward et moi avons quelque chose de prévu vendredi mais samedi serait parfait. » Je commençais à apprécier Bella. Son affection pour Emmett et son fils était évidente.

« Emmett, c'est une super idée mais au lieu de demander à Bella de garder Alec, on pourrait le prendre avec nous et aller pique-niquer au parc. » Esmée en eut le souffle coupé. Elle savait quelle genre de concessions je faisais en acceptant de rencontrer le fils d'Emmett et de faire partie de sa vie. C'était un immense pas en avant pour moi et je ne l'aurais pas fait pour n'importe qui.

« Rose, c'est une super idée et on le fera carrément mais j'aimerais d'abord passer du temps seul avec toi. Alors, ça serait bon pour samedi ? » Son sourire plein d'espoir fit fondre mon cœur.

« Oui, il me tarde d'y être. »

« Génial, je connais un petit restaurant français... » Je lui donnai un coup de coude et il éclata de rire. « Bella, je crois que tu devrais prévoir de garder Alec pour la nuit. J'ai le sentiment que la soirée va se prolonger très tard. » Ses doigts effleurèrent les miens sous la table et je le sentis jusqu'à mes doigts de pieds. En effet, la soirée allait sans aucun doute se prolonger.


Je sais ce que vous vous dites... ce bon vieux quiproquo ^^ mais Rosalie était phénoménale, non ? Je ne sais pas si on peut espérer en lire plus un jour mais si c'est le cas, je serai là ;)

J'espère en tout cas que vous avez aimé... Comme toujours, votre avis m'intéresse ! Qu'avez-vous pensé ? Vous aimez les couples hors Edward&Bella ?

Je pense publier un autre OS ce soir et aussi sans doute la suite de TLC... En tout cas, d'ici là, prenez soin de vous !

XOXO

Eresy