Hey les gens ! Me voili me voilààààààà ! (Je suppose que vous m'aviez reconnu ... Zut zut zut, du coup, pas d'effet de surprise !). Je ne vous ai pas trop manqué au moins ? Si oui, venez par ici, j'ai des cookies, des bisous et des câlins pour tout le monde ! ("A girl can dream ..." No ? x)).

Vous savez quoi ? J'ai une grande annonce à vous faire. A vos mouchoirs les amis, cette fiction est bientôt finie ! Et oui, il s'agit ici de l'avant-dernier chapitre de Pieces, qui regroupera donc 23 chapitres. Mais comme on dit, je vous compte pour mieux vous retrouver, non ? Car ne vous inquiétez pas, Unexpected Renew est loin d'être finie pour le moment (d'ailleurs, je n'ai aucune idée de quand elle le sera, car pour le moment, j'ai encore un tas de choses à écrire !), une nouvelle fiction est en préparation, et j'ai encore des OS et des idées en réserve ! Alors certes, la prochaine update de Pieces sera la dernière de cette 'série', mais en aucun cas mon ultime update.
Voilà voilà, je jugeais bon de vous prévenir dès à présent, puisque sans vous, je ne serais probablement là où je suis maintenant.

Allez, n'hésitez pas à laisser une petite review au passage, ça fait toujours plaisir de savoir ce que vous en pensez ! Et on se retrouve très bientôt, comme toujours !

See ya people :D


Chap' 22

Alors qu'il se plongeait dans un rêve des plus excitants qui soient, où Cuddy portait un déshabillé alléchant à souhait, une main l'extirpa de sa douce rêverie, le faisant brusquement sursauter. Aussitôt, un rire féminin se fit entendre, un rire qu'il saurait reconnaître entre mille. Il ouvrit donc les yeux en toute hâte, et se tourna vers la jeune femme, surpris de sa présence et certes un peu inquiet sans raison à ce propos.

- Je te manquais déjà ? La taquina-t-il avant d'attraper discrètement l'une de ses mains et de jouer avec ses doigts.

Elle leva les yeux au ciel, faussement exaspérée par son comportement, et prit place sur le bord du bureau, après avoir dégagé certains des papiers qui l'encombraient.

- Je suis venue voir Wilson pour savoir comment mon remplaçant se débrouille, se moqua-t-elle en lui souriant tendrement. Et j'ai à te parler.

Il fronça les sourcils, et la fixant intensément, attendant la suite de ses propos. Après tout, il l'avait quitté à peine une heure plus tôt, encore nue dans leur lit, et voilà qu'elle lui annonçait qu'elle avait quelque chose à lui dire. Que pouvait-ce bien être ?

- Il s'est passé quelque chose avec les filles ? Ou avec toi ? Ma mère veut venir à la maison pour convaincre à tout prix que se marier serait la meilleure chose pour notre couple ? L'assomma-t-il de questions, redoutant ce qu'elle pourrait bien lui annoncer.
- Hep hep hep, on se calme Papa-poule ! Plaisanta-t-elle, sa main sur l'avant-bras du médecin. Les filles et moi allons parfaitement bien, et ce n'est pas ta mère que j'ai eu au téléphone.
- La tienne ?
S'étonna-t-il en traçant du bout des doigts les courbes du genou droit de la Demoiselle.

A nouveau elle se mit à rire, le visage rayonnant. Elle posa sa main sur la sienne, suivant les mouvements qu'il faisait sur sa peau douce.

- Mais non, ne t'en fais pas, plaisanta-t-elle doucement. C'était ma cousine Hailey, qui m'annonçait qu'elle allait se marier.
- Et pourquoi est-il si important que tu me préviennes maintenant ?
S'étonna-t-il.
- Justement, la suite risque de moins te plaire, le prévint-elle, ce qui le fit aussitôt hausser les sourcils, surpris. Elle a prévu une croisière aux Caraïbes pour une partie des invités de la cérémonie, et m'appelait pour m'annoncer que les filles, toi et moi sommes invités.

House releva la tête, étonné par cette annonce.

- Ta cousine sait pour nous deux ?
- Pas vraiment non, mais elle m'a assuré que mon petit-ami pouvait venir, qu'elle serait enchanté de faire sa connaissance, assura la Doyenne. Puisque ma mère a sciemment omis d'annoncer que Grace n'est pas prévu, qu'elle est arrivée alors que nous avions rompus. Pour eux, nous l'avons désiré parce que nous voulions former une vraie famille. Quoi qu'il en soit, tu serais partant ?

Il fit glisser sa main dans ses cheveux poivres et sel, les ébouriffant au passage. La proposition était alléchante, plus que délicieuse même. Car croisière dans les Caraïbes signifiait Cuddy en tenues courtes, très courtes. Cuddy en maillot de bain, Cuddy trempée, … Le bonheur quoi !

- Pourquoi pas … Déclara-t-il en caressant doucement les hanches de sa Belle. Ce serait pour quand ?
- Dans un mois, et pour trois semaines, expliqua-t-elle. Une semaine pour l'aller, une semaine dans les îles Vierges, et une semaine pour le retour.
- Tu penses que ce ne sera pas problématique pour Grace vu son très jeune âge ?
- Hailey m'a assuré que notre fille bénéficiera de tout le confort dont elle aura besoin à bort
, expliqua-t-elle, assise sur le bord du bureau, souriant tendrement à l'homme qui se tenait devant elle. Et puis, ça nous fera beaucoup de bien de passer du temps tous les quatre, dans un lieu paradisiaque …

Malheureusement pour eux, l'arrivée de l'équipe de House dans la salle mitoyenne écourta leur discussion, et elle se redressa, intimant une certaine distance entre elle et lui. Rémy adressa un clin d'œil dans leur direction, seule consciente de ce qui existait réellement entre ses deux patrons et ce qui les unissait profondément.

- House, on a un cas ! Fanfaronna Taub en brandissant un dossier dans ses mains, qu'il secouait fièrement devant lui.

Le concerné laissa échapper un soupir, et roula des yeux, faisant aussitôt rire la jeune femme.

- Allez hop au travail House, et que ça saute ! Se moqua-t-elle avant de s'éloigner en balançant des hanches avant de disparaître dans les couloirs de l'hôpital qu'elle dirigeait.

A contre-coeur, il fut contrait de rejoindre ses sbires, et de prétendre s'intéresser un tant soit peu au patient que le petit juif leur avait déniché. Au vu de ce qu'il contenait, le Diagnostic ne serait pas long à poser, et ils seraient bien vite débarrassés de ce cas.

Durant trois semaines, ce fut l'effervescence dans la villa de Cuddy. Cette dernière ne tenait plus en place, vérifiant constamment les bagages qu'elle avait soigneusement préparé. Plus l'échéance de leur départ arrivait, plus elle était intenable.

Du haut de ses trois mois, Grace était un merveilleux bébé. Elle faisait ses nuits complètes, adressait de larges sourires à ses parents et à sa grande sœur, et semblait répondre en gazouillant lorsqu'ils s'adressaient à elle. Dans les bras de sa mère, elle était une vraie petite princesse, toujours vêtue de sublimes tenues qui lui allaient à merveille. Chaque fois que son père jouait du piano, elle se montrait plus calme que jamais, cela parvenait toujours à stopper ses pleurs lorsqu'elle semblait inconsolable.

Le départ était prévu pour le lendemain, tous les bagages étaient posés dans l'entrée. Il commençait à se faire tard, les filles dormaient à poings fermés depuis un moment déjà. Les deux adultes quant à eux, étaient entrelacés dans les draps, se perdant dans leurs caresses attentionnées. L'un comme l'autre était sur le point de s'endormir, mais le téléphone du Diagnosticien en décida autrement.

Elle tourna la tête vers l'objet, et tendit la main pour l'atteindre. Il pesta lorsqu'elle le plaça entre eux, afin qu'ils puissent tous deux prendre connaissance de la personne qui cherchait à le joindre.

- Ton équipe à cette heure-là ? S'étonna-t-elle en fixant le petit écran.
- Ils savent pourtant que je suis en congé dès demain, grogna-t-il, l'appareil vociférant toujours « Mmmbop ».
- Mais s'ils insistent, c'est que c'est urgent. Alors tu devrais vraiment répondre, nota-t-elle avant de décrocher et de lui mettre le téléphone contre l'oreille, ne lui laissant plus d'autre choix.

Il roula des yeux, tout juste la voix de Foreman raisonnait-elle dans ses tympans. La jeune femme à ses côtés redescendit un peu sous les couvertures, déposant une nuée de baisers sur le torse nu de son compagnon. Lorsqu'il raccrocha, il posa un peu brutalement le cellulaire sur la table de nuit, avant de se tourner vers la Doyenne, le visage bien moins souriant qu'avant l'appel.

- Le fils d'un de tes donateurs est très malade, annonça-t-il gravement, son pouce retraçant les formes du visage de son amante, comme pour les imprimer dans sa mémoire, ce qu'il aimait faire.Il a été transféré au PPTH de toute urgence, et bien sûr Monsieur « J'ai-du-fric-alors-faîtes-tout-ce-que-je-vous-dis-à-la-seconde-quand-je-bouge-ne-serait-ce-que-le-petit-doigt » veut que toute mon équipe planche au plus vite sur le cas.

Elle releva la tête, croisant son regard et y cherchant de quoi le conforter, quoi lui dire.

- Tu … Tu veux dire que … Commença-t-elle.
- Que je ne peux plus partir, poursuivit-il. Sinon tu risques de perdre l'un de tes plus gros donateurs, et le sexe entre nous risque d'en pâtir !

Elle roula des yeux, amusée par ses propos, mais aussi un peu déçue de l'annulation soudaine de leurs projets.

- Alors si je comprends bien, tu vas rester sur Princeton … Souffla-t-elle en remontant le drap sur eux.
- J'ai pas vraiment le choix, regretta-t-il amèrement. Te voir constamment en maillot de bain est bien plus alléchant, mais si je me défile, le conseil risquerait de ne pas apprécier et pourrait te retirer ton poste sous prétexte de ton incompétence à me faire t'obéir, malgré le fait que tu sois en congé maternité et que personne ne sache pour nous.

Elle vint se blottir davantage contre lui, son nez niché au creux de la nuque de celui-ci.

- Alors je vais devoir partir avec les filles sans toi, fit-elle en se mordillant la lèvre inférieure, peu enthousiaste à l'idée d'être loin de lui.
- Ca ne m'enchante pas vraiment, mais on dirait bien
, souffla-t-il avant de déposer un baiser sur le sommet de son crâne. Car il est évident que d'ici demain matin, même avec tous les efforts du monde et mon cerveau génialissime, je n'aurais pas résolu ce dossier.

Elle fit une moue attristée, se serrant un peu plus encore contre lui.

- Ma famille sera déçu de ne pas pouvoir voir le merveilleux père de ma fille, assura-t-elle en se relevant sur ses coudes afin de mieux contempler son petit-ami. Tu crois que tu pourras au moins nous accompagner jusqu'au port ?

Il fit mine de réfléchir à sa proposition, quand bien même son choix était déjà fait.

- Bien sûr que oui, promit-il. Vu l'heure du départ du bateau, j'aurais le temps de revenir sur Princeton et d'arriver dans ma tranche d'horaire habituel à l'hôpital, comme ça personne ne se doutera de rien. Et je compte bien leur faire regretter de m'avoir privé de mes congés !

Elle sourit alors, et se pencha pour l'embrasser tendrement.

- Mais c'est qu'il est adorable mon petit Gregounet, plaisanta-t-elle en faisant marcher ses doigts sur son torse.
- Appelle moi comme ça encore une fois et je te jure que Little Greg se montra tellement sauvage que tu ne me surnommeras jamais plus comme ça, ironisa-t-il en accentuant son air pervers.

Elle se mit à rire innocemment, enroulant ses bras autour de lui.

- Ou au contraire, j'en redemanderai encore … Murmura-t-elle d'un ton malicieux.

Il mordilla le lobe de son oreille, la pressant tout contre lui, se délectant de l'odeur délicate d'agrumes et de noix de coco grillée qu'elle dégageait.

- T'es une vraie Diablesse toi hein, chuchota-t-il avant de la faire basculer sous lui, la recouvrant de son corps viril.
- Avec un compagnon comme toi, ça devient une nécessité tu sais, assura-t-elle. Sinon notre quotidien sexuel serait vite devenu ennuyeux, pour notre plus grande tristesse !

Ils rirent d'une même voix, se dévorant des yeux. Puis les caressent entraînèrent d'innombrables baisers, tous plus enflammés les uns que les autres. Les mains parcouraient leurs peaux nues, ne laissant pas une seule seconde sans caresses. Ils étaient bien décidés à profiter de cette dernière nuit ensemble avant le départ de la jeune femme …

Durant au moins deux bonnes heures, ils s'unirent, ne faisaient plus qu'un, comme eux seuls en avaient le secret. Ce fut une vraie bataille, où aucun d'eux ne sortait perdants. En dehors de quelques petits « dommages collatéraux » tels que deux suçons pour elle, et de nombreuses griffures dorsales pour lui. De puissants orgasmes les secouèrent, manquant presque de faire trembler les murs s'ils n'étouffaient pas leurs gémissements dans la bouche de l'autre. Ils ne se séparèrent que de longues minutes après, la respiration encore courte.

Épuisés par leurs ébats, ils s'endormirent l'un contre l'autre, entremêlés ensemble. Bercés par leur rythme cardiaque, leurs doigts entrelacés, ils passèrent une nuit des plus reposantes et délicieuses.

A quatre heures du matin, la villa était déjà en pleine ébullition. Cuddy courait dans tous les sens pour s'assurer qu'elle n'oubliait rien, Rachel chouinait parce qu'on l'avait réveillé bien trop tôt à son goût et que Maman ne voulait pas qu'elle retourne se blottir sous sa couette moelleuse, et Grace pleurnichait parce que tout le monde bougeait, lui accordant ainsi moins d'attention.

Une bonne heure plus tard, ils avaient tous pris place dans la Lexus, House au volant. A ses côtés, la jeune femme avait posé sa main sur sa cuisse, tandis que leurs filles dormaient paisiblement à l'arrière. Ils profitèrent du trajet jusqu'au port de Cape Liberty à Bayonne, pour discuter tranquillement, se taquiner. Ces 1H09 leur parurent trop courtes, car déjà les bateaux se dessinaient devant eux. Elle laissa échapper un soupir, s'enfonçant dans son siège. Elle regrettait sincèrement qu'il ne puisse partir avec eux, ces vacances ne seraient plus les mêmes sans lui à ses côtés …

Après avoir garé le véhicule sur le parking du port, House se pencha vers sa compagne, lui offrant un tendre baiser, avant de poser son front contre le sien, son regard plongé dans le sien.

- T'as intérêt à t'amuser là-bas, déclara-t-il tandis que son pouce parcourait les courbes de son visage. Mais pas trop tout de même hein, ton corps est à moi, ne l'oublie pas !

Elle sourit, et acquiesça doucement avant d'enrouler ses bras autour de son cou et de se blottir comme elle pouvait contre lui. Ils n'étaient pas même encore séparés, que déjà il lui manquait. Ces trois semaines sans lui allaient être longues, très longues …

Ils sortirent ensemble de l'auto, et Lisa se chargea d'installer Grace dans le couffin qu'House avait préparé. Il se chargea ensuite de réveiller Rachel, la tenant comme il pouvait contre lui, sa canne dans l'autre main. La jeune femme elle, tenait fermement la poussette de sa fille, les yeux rivés au sol. Ils auraient du partir ensemble, non pas seulement elle et les petites, c'était trop injuste à ses yeux. Certes, elle était médecin et bien consciente qu'une urgence comme celle-ci ne pouvait être éviter, mais là, cela fichait en l'air leurs premier vrai séjour en famille et en dehors des USA.

L'un contre l'autre devant l'immense paquebot, ils profitaient de leurs derniers instants avant l'embarquement. Rachel tenait son Lamby contre elle, accrochée à la jambe de sa mère et à celle de House tandis que les deux médecins s'enlaçaient tout simplement. Il frottait le dos de sa compagne, le nez au beau milieu de ses boucles ébènes. Grace dormait profondément, aucunement dérangée par la foule de personnes qui envahissaient d'ores et déjà le quai.

Bien vite, les deux amants durent se séparer, les membres de la famille de Lisa venant tour à tour les saluer et admirer le bébé ainsi que sa grande sœur. Greg aurait sincèrement voulu prendre ses jambes à son cou, et s'enfuir se réfugier à l'écart avec sa petite famille pour profiter en toute quiétude d'eux, mais il avait promis à la jeune femme de se présenter à sa famille, il ne pouvait donc pas se défiler. Ces bises, ses poignées de main, ces faux sourires d'usage, il haïssait ça. Mais Lisa méritait largement l'effort qu'il fournissait, elle méritait ce qu'il pouvait y avoir de mieux pour elle.

Le temps passait trop vite, et déjà il était temps d'embarquer. Cuddy embrassa longuement son compagnon, se pressant autant qu'elle pouvait contre lui. Les larmes roulèrent le long de ses joues, sans même qu'elle ne puisse les retenir. Depuis qu'ils sortaient ensemble, jamais ils n'avaient passer autant de temps sans se voir. Et même avant qu'ils ne forment un couple, ou durant leur rupture, avant qu'elle ne découvre sa grossesse. Jamais ils n'avaient passer autant de temps loin l'un de l'autre depuis qu'ils travaillaient ensemble, elle redoutait déjà ses trois semaines.

Elle gagna la pont supérieur du paquebot, Rachel accrochée à sa jambe, et Grace blottie contre sa poitrine. Elle faisait alors de grands signes en direction de son compagnon, de même que la fillette, sa peluche dans la bouche tandis que sa petite sœur dormait toujours. Quant à House, le seul resté sur la Terre ferme, il souriait légèrement, espérant rassurer de la sorte sa compagne, bien que lui même ne l'était pas totalement.

Il regarda le bateau s'éloigner, et ne bougea qu'une fois le paquebot hors de sa vue. Il monta alors en voiture, et se laissa retomber sur le siège conducteur, avant de mettre sa tête dans sa main et de souffler un bon coup. Jamais il n'aurait cru que laisser sa compagne s'éloigner comme ça aurait été si dur. Et pourtant, il en prenait brutalement conscience. Il s'était tellement habitué à se réveiller à ses côtés dans leur lit, à la taquiner sans cesse, à prendre soin d'elle sans pour autant trop le montrer, qu'à présent qu'il se retrouvait seul, sans celles qui égaillaient ses journées, il regrettait d'avoir accepté de la laisser partir sans lui. D'autant plus qu'il ne pourrait pas la contacter autant qu'il le souhaiterait ...

Durant les 47,8 miles que duraient le trajet, il ne pouvait s'empêcher de penser à autre chose qu'à Lisa et aux filles. Il se concentrait juste assez sur la route, mais son esprit était totalement ailleurs. Il avait tellement envie de faire marche arrière, et de rattraper le bateau peu importe comment. De les retrouver, d'envoyer balader son cas. Et de simplement passer du temps avec ceux qu'il aimait …

Lorsqu'il finit par franchir les grandes portes d'entrée, personne ne lui accorda grande importance. Après tout, il était dans sa tranche horaire habituelle d'arrivée dans l'hôpital, rien de bien surprenant donc. Son visage fermé témoignait de son peu d'intérêt pour son cas actuel, ce qui n'était pas nouveau. Alors fort heureusement pour lui, personne ne devinerait la nature exacte de son humeur …

Le trajet dans l'ascenseur lui parut durer une éternité, et à peine les portes s'ouvrirent-elles qu'il se précipita à l'extérieur de la machine, aussi vite que sa jambe blessée le lui permettait. Rejoindre Wilson ? Très peu pour lui. Il n'avait qu'une envie, se ruer sur son ordinateur, se connecter à Internet, et checker ses mails, dans l'espoir d'en avoir reçu un d'elle. Car elle lui avait promis de le prévenir en temps réel, sitôt le bateau parti et sa connection WEB établie.

Il ne prêta aucune attention à son équipe installée autour de la table en verre, et jeta son sac sur l'un des fauteuils de son bureau avant de se laisser retomber sur le sien. MacBook en marche, il vérifia sa messagerie, et soupira en constatant l'absence de quelconque nouvelle de la part de Cuddy. Une vraie déception qu'il tenta de dissimuler du mieux qu'il pouvait …

Plutôt que de rester devant l'écran à broyer du noir, il rejoignit ses sbires, espérant qu'ainsi il pourrait accélérer les choses, poser un Diagnostique plus rapidement et ainsi clôturer le dossier aussi vite qu'il leur était parvenu entre les mains. Et enfin, s'octroyer les congés qu'il avait du annulé, quitte à tout mettre en œuvre pour trouver un moyen de rejoindre sa compagne et leurs filles sur le paquebot. Même s'il fallait y mettre le prix, il était prêt à le faire, pour elle.

Malheureusement, aucune des pistes dont ils disposaient n'était concluante, il leur semblait tourner en rond. Il envoya donc sa Team faire une batterie de tests, histoire de donner un coup d'accélérateur aux choses, et qui sait de trouver enfin l'information qui leur permettrait de reconstruire le puzzle de ce casse-tête.

Pendant ce temps, il boita jusqu'au bureau de son meilleur ami, et se laissa retomber sur le canapé de celui-ci, sans même prêter la moindre attention à l'infirmière qui discutait avec ce dernier, réglant quelques papiers au sujet de patients du service. Evidemment, Wilson le fusilla du regard, bien décidé à lui faire remarquer qu'il n'avait pas sa place durant de telles discussions, et qu'un peu de politesse ne lui ferait pas de mal. Mais House n'en avait que cure et ne bougea pas d'un poil, s'enfonçant un peu plus dans le cuir moelleux de l'assise.

Le Cancérologue congédia sa jeune infirmière, s'excusant silencieusement de la présence du Diagnosticien, puis daigna enfin accorder son attention à ce dernier.

- Il serait vraiment temps que tu apprennes la politesse, lâcha le brun aux yeux marrons, tout en se laissant choir dans son siège à roulettes. Tu sais, toquer à une porte ne t'abîmera pas le poing, pas plus que demander l'autorisation d'entrer avant de le faire ne t'arrachera la langue.

Le concerné tourna la tête dans sa direction, haussa légèrement les sourcils, peu intéressé par les propos de son ami. Après tout, ce n'était pas pour ça qu'il était venu le voir, mais pour quelque chose de bien plus important.

- Cuddy est partie dans les Caraïbes avec les filles … Annonça le Néphrologue, sa canne tournant entre ses doigts.

- Et alors, c'était prévu depuis un petit moment, non ?
- Certes, mais elles devaient partir avec moi
, rappela l'infirme, avant de laisser échapper un soupir. Mais à cause de ce fichu cas, je perds mon temps ici alors que je pourrais me dorer la pilule sur un bateau, avec Cuddy à demi-nue !

Sa conscience sur pattes roula des yeux, et glissa sa main dans ses cheveux, les ébouriffant au passage.

- Et qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Le coupa-t-il en le fixant, comme s'il tentait de le sonder au plus profond de son âme.

- J'ai un mauvais pressentiment, expliqua le Diagnosticien, le regard ancré au sol.

Wilson haussa les sourcils, cherchant à comprendre le comportement de son ami. Ce n'était pas son genre de s'inquiéter pour rien, vraiment pas du tout, tout le monde pourrait le confirmer. Alors pourquoi son visage semblait si fermé, si éteint ?

- Tu as peur qu'elle trouve mieux que toi là-bas ? Tenta de plaisanter James, dans l'espoir de décrocher un petit sourire de son interlocuteur. Crois moi, elle est parvenue à te supporter jusque là, elle t'aime sincèrement, jamais elle ne te trompera. D'autant plus que toi et les filles, vous faites son bonheur.

House releva la tête vers lui, plongeant enfin son regard dans le sien, avant de se passer une main lasse sur le visage. Tout ça devenait une vraie torture, qui commençait d'ores et déjà à le dévorer de l'intérieur alors qu'elle n'était partie que depuis peu. Mais il n'y pouvait rien, c'était plus fort que lui, ce séjour ne lui laissait rien présagé de bien bon, et quoi qu'il fasse, il lui serait impossible de penser à autre chose.

- C'est pas à ce sujet là, assura-t-il, imprimant le pommeau de sa canne à l'intérieur de sa paume.J'ai la sale impression qu'il va leur arriver quelque chose, et je ne plaisante pas. Quel idiot j'ai été de la laisser partir toute seule …

Son ami vint à ses côtés, et apposa une main se voulant réconfortante sur son épaule.

- Arrête de voir le mal partout, tu te tourmentes pour trois fois rien. Tout va bien se passer, et d'ici trois semaines tu retrouveras ta petite famille. Ne penses plus à ça, et tout ira bien.

Le concerné secoua brièvement la tête, avant de se lever, prêt à à quitter le bureau. Il se tourna vers l'oncologue, esquissant un vague sourire.

- Merci Wilson …

Les jours avaient finis par passer, et l'inquiétude de House n'avait pourtant pas diminué. Il était de moins concentré sur son cas, quand bien même le patient fut placé en soins intensifs, son pronostique vital devenant réellement engagé. Mais pas moyen de faire sortir le Diagnosticien de sa bulle, il n'avait envie de rien, et ne parvenait à rien. Il demeurait des heures entières devant son ordinateur portable, à attendre encore et encore qu'elle se connecte pour prendre de ses nouvelles. Bien sûr, elle essayait au maximum de trouver le temps de lui parler, mais en mer ce n'était pas toujours facile.

Ce matin là, son ressentiment était plus grand encore. Tel un mort-vivant dans la villa, il allait de pièces en pièces, son regard s'attardant sur des choses du quotidien, les plus insignifiants soient-ils, mais en lien avec sa famille. Sa famille.

Installé au volant de sa voiture, il parcourait les quelques kilomètres séparant la maison de l'hôpital, la radio allumée, histoire d'avoir un semblant de compagnie. Alors que sa station diffusait un vieux tube des Beatles, le programme fut interrompu le temps d'un flash info. Et ce qu'il entendit le clou sur place, si bien qu'il fut forcé de se ranger sur le bas-côté de la route ...

TBC ...