Coucou, bon je sais que je suis grave à la bourre sur mes autres fics mais les chapitres arrivent avant la fin de la semaine... Voilà le début d'une nouvelle fiction... Une histoire qui me trottait dans la tête encore et encore et qui m'empêchait d'avancer pour les autres. Enfin bref, voilà le premier chapitre en espérant sincèrement que ce début d'histoire vous plaise ... Un merci tout particulier pour ma Bêta Méla Nie qui a pris le temps de me relire et de corriger mes impardonnables fautes ;)

Bonne lecture...

POV Edward

Je me réveillais en sursaut en entendant la sonnerie de mon portable. Je sortais de l'un de ces songes que j'aimais tant. Encore une fois, je venais de me faire rappeler à l'ordre. Tout le bonheur que je croyais retrouver n'était, une fois de plus, qu'un rêve. Avant de décrocher, je passais une main sur mon visage pour y découvrir de nouveau des larmes. Ces larmes nocturnes qui me rappelaient que mon cœur était mort de tristesse ce fameux jour. Ce jour où je l'avais perdu. Ce jour où je m'étais juré de la retrouver au péril de ma vie.

- Cullen, annonçais-je de ma voix rauque en décrochant.

- Au QG dans vingt minutes. Tu entres en action.

Je raccrochais sans répondre. Que répondre à ça de toute façon ? Un ordre reste un ordre.

Je me regardais dans le miroir de la salle de bain. Je me regardais sans me voir. J'étais devenu l'ombre de moi-même depuis cinq mois. Depuis ma descente aux enfers en perdant l'ange de mon paradis. Pourtant ce jour avait si bien commencé…

Flashback

Je la regardais dormir, comme à mon habitude quand je me réveillais avant elle. Dieu qu'elle était belle. Ses cheveux étaient étalés autour de son magnifique visage. Ses pommettes étaient rouges, ce qui me prouvait qu'elle était bien au chaud sous la couette. Je ne voulais pas la réveiller. Je savais qu'elle s'était couchée très tard à cause de ses révisions.

Ma petite femme. Dire que dans une semaine, cela fera deux ans que nous sommes mariés. Bientôt dix que nos vies se sont croisées. Aujourd'hui je n'imaginais pas ma vie sans elle.

Je lui caressais une de ses joues du bout des doigts tout en déposant de tendres baisers dans son cou.

- Debout ma belle, lui soufflais-je à l'oreille en déposant un baiser sous celle-ci.

- Hum hum, marmonna-t-elle en s'enfonçant un peu plus sous la couette.

- Non, non, ma beauté. Je sais que tu es réveillée, riais-je en la prenant dans mes bras.

- 'Core cinq minutes, ronchonna-t-elle en nichant sa tête contre mon torse.

- Ok, mais pas une de plus, lui dis-je tendrement en lui caressant les cheveux.

- T'es un amour, murmura-t-elle en déposant un baiser sur mon torse.

- Un amour qui n'a pas eu droit à un bonjour digne de ce nom, la taquinai-je.

Elle se redressa et posa ses lèvres sur mon menton.

- Un tout petit peu plus haut et tu gagnes le gros lot, ma princesse, lui dis-je en riant.

- Te moque pas. Je suis fatiguée, souffla-t-elle.

- Je n'en doute pas. Tu as encore veillé très tard hier.

- Je suis désolée.

- Hey, ne le sois pas bébé.

- Mais j'ai l'impression de te délaisser, maugréa-t-elle.

- Ma puce, quand je pars en mission, on ne se voit pas pendant des jours voir des semaines. Tu ne t'en plains pas alors que je culpabilise de te laisser seule à l'appart en sachant que tu angoisses pour moi.

- Mais avant d'être avec toi, je savais le métier que tu voulais faire. Je l'ai accepté. Même s'il est vrai que j'ai peur pour toi.

- Tu sais que tu ne devrais pas.

- Je n'y peux rien.

- Enfin bref. Quoi qu'il en soit j'ai accepté aussi le fait que tes études de droit te prennent beaucoup de temps pour le métier que tu veux faire. A la différence de mon métier, c'est que toi tu es dans le salon avec moi.

- Alors tu ne m'en veux pas, demanda-t-elle d'une petite voix.

- La seule chose pour laquelle je pourrais t'en vouloir serait de ne pas me donner le baiser que j'ai réclamé il y a...

Je fus coupé par ses délicieuses lèvres qui prenaient possession des miennes. Son baiser était délicat, léger, presque timide. Un de ses baisers qui ne me donnait pas du tout envie de sortir du lit. Je savais que ce n'était pas possible mais j'avais vraiment envie d'approfondir notre étreinte ce matin. Elle finit tout de même par briser ce délicieux baiser. Elle plongea son regard vert, qui pétillait et que j'aimais tant, dans le mien en me faisant un petit sourire coquin. A mon avis, elle avait dû sentir mon désir se réveiller contre elle.

- Bonjour mon ange.

- Bonjour ma beauté.

J'allais pour replonger sur ses lèvres quand elle posa son index sur les miennes.

- Les cinq minutes sont écoulées, sexy boy !

Elle s'échappa de mes bras pour aller s'enfermer dans la salle de bain.

- Tu ne perds rien pour attendre, criais-je rieur mais frustré.

J'entendis son rire au travers de la porte.

- Ne soyez pas fâché Agent Cullen, riait-elle de plus belle, je serais me faire pardonner...

Fin du Flashback

J'étais toujours dans la salle de bain où son rire flottait. Je regardais en direction de la porte avec l'infime espoir de la lui voir franchir. Elle viendrait glisser ses bras autour de moi en m'entourant de sa chaleur, de son odeur et de sa douceur.

Je secouais la tête pour garder les idées claires. Aujourd'hui une nouvelle mission m'attendait. Il ne fallait pas que je flanche. Même si j'avais la désagréable sensation que quelque chose allait changer. A part sauver des filles de ce détraqué de James, je ne voyais pas ce que cela pouvait être.

Je soufflais une fois de plus en passant ma main dans mon cou. Mes doigts frôlaient la chaîne où pendait mon alliance.

Pourquoi ne l'avais-je pas au doigt ?

Pour une mission où je devais séduire la femme d'un dealer de drogue. Avec mon alliance, la mission n'aurait pas fonctionné. L'enlever, d'ailleurs, me broyait les entrailles. C'était comme si je tournais la page. Mais je n'étais définitivement pas prêt de tourner cette page. Tant que je ne saurais pas ce qu'il lui était arrivé, je m'acharnerais à la retrouver.

Cette mission, par contre, allait m'empêcher pour un temps de continuer mes recherches. Mais je savais que mon frère Emmett et mon meilleur ami Jasper, qui étaient aussi mes collègues, allaient les mener pour moi. Ils étaient les seuls qui continuaient de me soutenir. Ils s'acharnaient autant que moi. Soit pour retrouver la petite belle-sœur, soit pour retrouver la meilleure amie.

Dieu, que tu me manques...

xoxoxoxoxoxox

QG du FBI

J'entrais directement dans la salle de réunion où Carlisle, Jasper, Emmett, Seth, Garrett et Esmée qui était procureur dans cette affaire, m'attendaient pour commencer la réunion.

- Bonjour Edward, installe-toi. On allait commencer, lança Carlisle.

- Que se passe-t-il de si important pour me sortir du lit à quatre heures du matin, maugréa Esmée.

- Seth a eu de nouvelles informations de son indic. Emmett et Jasper aussi en ont eu grâce aux témoignages des deux filles qu'ils ont sauvées des mains de James.

- Si les transactions ont été effectuées, pourquoi ne pas avoir lancé l'assaut, demandais-je irrité.

- Parce qu'il reste une fille sur place.

- Comment ça ? Je pensais que les deux filles, que Jazz et Em' ont sorti de là, étaient les seules.

- Non Edward. D'après les deux filles, une serait encore sur place. Elle aurait pris leur défense, d'ailleurs, face à James, m'apprit Carlisle.

- Une dure à cuire, soufflais-je. Est-ce pour elle que je dois intervenir ?

- Oui. Elle est devenue la bête noire des acolytes de James. Dès qu'un de ses sbires essayent de l'approcher, elle leur fait regretter amèrement.

- Est-ce qu'ils l'ont...

Je me tortillais sur ma chaise nerveusement. Je ne pouvais pas m'imaginer qu'un monstre ait pu faire subir des atrocités à cette fille.

- Si ta question est de savoir si elle a été violée, la réponse est non, Edward.

Je soufflais de soulagement.

- Quand je disais que personne ne l'approchait, je ne plaisantais pas, lança Seth.

- Explique-toi, l'incitais-je à poursuivre.

- D'après mon indic Laurent, James aurait essayé de s'amuser avec cette nana le premier soir de sa captivité. Elle...

Il avala sa salive difficilement en plaçant ses mains sur son entrejambe.

- Elle lui a planté le coupe-papier dans ses parties, termina Seth en grimaçant.

- Outch, firent Em' et Jazz en même temps.

- Je vois que ce que cette femme a fait, te plaît Edward, vu le sourire que tu arbores, lança Carlisle.

- Et bien... je suppose que ce bâtard n'a eu que ce qu'il méritait, crachais-je.

- Rosalie, la fille que j'ai acheté, dit Em' en mimant les guillemets de ses doigts, m'a raconté que la fille... Quel est son prénom d'ailleurs ?

Seth fouilla dans son dossier, parcourut une feuille.

- Mallory... Elle s'appelle Mallory, dit-il.

Je prenais des notes pour ne pas perdre une miette des informations distillées car au moindre dérapage de ma part, la vie de Mallory ainsi que la mienne seraient en danger.

- Donc Rosalie m'a raconté que Mallory l'aurait sauvé de justesse de James, continua Em'.

- Que lui a-t-elle fait ? demanda Garrett que j'entendais pour la première fois depuis le début de la réunion.

- Rosalie est arrivée en même temps que Mallory. James a voulu palper la marchandise. Il n'a pas eu le temps de faire un mouvement que Mallory lui a administré un sacré coup de genou dans les parties. C'est ensuite qu'elle lui a planté le coupe-papier. Sans lui avoir mis au passage un crochet du droit pour le finir. Les sbires de James étaient à trois pour la retenir mais elle s'est vengée d'eux par la suite. C'est pour cela qui ne l'approchent pas.

- Bon sang mais c'est Tomb Raider, la nana, ria Garrett.

- Et encore tu ne sais pas ce qu'elle leur a fait. Pour le premier déjà, elle a arraché les fils électriques d'un interrupteur qu'elle a placé sur la poignée de leur chambre. Elle a renversé le verre d'eau en dessous de la porte. Quand elle a entendu les pas et vu que la poignée bougeait, elle a allumé l'interrupteur, le gars a pris une sacrée joute. On peut dire qu'il est au courant maintenant, ria Em'.

- Quand au deuxième, elle lui a brûlé le visage, ajouta Seth.

- Comment ? Demandais-je.

- Tout simple. Allumettes, désodorisant. Je te laisse imaginer comment elle s'y est prise.

- Et le troisième, demanda Garrett, qui se retenait de rire.

- Le troisième, que dire... Elle lui a planté un morceau de verre dans la carotide.

- Si elle sait si bien se défendre, pourquoi ne s'est-elle pas sauvée ? Demandais-je irrité, même si j'étais admiratif du courage de cette fille.

- Il la tient, lança Jasper. D'après Alice, la fille que j'ai sauvée, il a une emprise sur elle.

- Un chantage, confirma Carlisle.

- Sa vie ou celle de sa mère qu'il tient en otage quelque part, termina Jazz.

- Putain, crachais-je en me levant.

Cette histoire de chantage compliquait l'affaire.

- Je suis peut-être trop curieuse, mais comment cette Mallory a sauvé Alice, demanda Esmée.

- Alice est arrivée quelques jours après les deux autres. Elle n'était pas du tout dans les attentes de James. Petite, cheveux courts, tout ce qu'il déteste. Donc il a décidé que ce serait son défouloir.

- Oh Seigneur, lâcha Esmée émue.

- S'il te plaît, reprends-toi Esmée, demanda Carlisle.

- Oh mais désolée d'avoir un cœur. Comment peux-tu rester insensible face à ce que ces filles subissent, s'énerva-t-elle.

- Tu sais que ce n'est pas cela. Mais si je me penche sur le côté émotionnel dans une affaire, je peux ranger l'arme au placard.

- Oui, c'est vrai, pardon, renifla-t-elle.

De voir mes parents se disputer m'arrachait le cœur. Mais Carlisle avait raison. Si on laissait nos sentiments parler, nous étions foutus.

- Continue Jazz', relançais-je pour oublier ce petit incident.

- Donc je disais qu'il voulait passer ses nerfs sur cette pauvre Alice. Mallory s'est interposée. Ainsi James s'est défoulé sur elle plutôt que sur Alice.

- Pourquoi ? Vu que James en avait peur, demanda Seth.

- Elle l'a mise au défi. Elle lui a dit de s'en prendre à un adversaire à sa taille. C'est la dernière fois que les filles l'ont vu d'ailleurs.

- Mais merde, cette fille n'a donc pas l'instinct de survie, m'énervais-je.

- Tout ce que je sais, c'est que les filles affirment que les sbires de James étaient plus que ravis. Il l'aurait enfermé à la cave. Apparemment de ce qu'elles pouvaient entendre; Mallory serait très affaiblie voir mourante. James ne la nourrissait que tous les trois jours. Et encore nourrir est un faible mot. Elles ont entendu dire aussi lors d'une conversation entre deux des gardes que Mallory allait faire payer ce que James lui faisait subir.

- Elle va se venger ? Demanda Seth.

- Pas directement. Elle a dit qu'elle ne donnait pas cher de sa peau quand il tombera entre certaines mains.

- C'est quoi ça, elle nous fait des devinettes maintenant ? Maugréais-je.

Je me pinçais l'arête du nez. Cette fille était un vrai challenge mais surtout un vrai danger à elle toute seule.

- Est-ce que les filles en ont appris plus sur elle quand elles étaient ensemble ? Demandais-je en essayant de garder mon sang-froid.

- Non, elles sont restées que trois jours ensemble. Depuis qu'elle a pris la défense d'Alice, Mallory est séquestrée et enchaînée à la cave. Elle est très affaiblie, amaigrie. Elle ne tient même plus sur ses jambes. Laurent, mon indic doit même la nourrir, termina Seth.

- James a décidé de la vendre, dit Carlisle.

- Pourquoi ? Enfin je veux dire pourquoi maintenant ? Demanda Garrett.

- Parce qu'elle est mourante et qu'il ne veut pas de squelette au placard d'après ce que m'a dit Laurent, dit Seth.

- Fils de...

- C'est là que tu entres en action Edward, me coupa mon père.

- Elle n'acceptera jamais de me suivre si sa mère n'est pas en sécurité, crachais-je.

- Ce sera à toi de la convaincre.

- Hors de question, hurlais-je en tapant du poing sur la table. Je n'abandonnerais plus personne dans ma putain de vie, sifflais-je.

- Ça n'a rien de personnel Edward, s'énerva Carlisle. Ce n'est pas de ta vie que l'on parle là. Mais celle d'une fille qui brave tous les dangers pour vivre.

- Je la pensais mourante, crachais-je sarcastiquement.

- Pas si tu la sauves, cria-t-il.

Il souffla longuement avant de reprendre.

- Écoute, je sais que c'est dur pour toi depuis que...

- Ne t'avise pas de dire son prénom, le menaçais-je.

- Bordel, tu es agent du FBI. Tu es ici pour sauver et protéger ton prochain. Même si tu penses avoir échoué pour...

- Tais-toi, criais-je. Tu ne sais rien de ce que je pense ou de ce que je ressens. Parce que toi, tu as encore ta femme à tes côtés, hurlais-je à bout de souffle.

- J'ai perdu une fille, c'est la même chose, murmura-t-il.

- Ça suffit, nous coupa Esmée. Je prépare les documents qu'il faut pour que tout soit en règle. Carlisle tu vois pour préparer les mallettes. Edward, la transaction se fait dans deux heures, vois un peu avec les autres comment entrer en action. Je veux qu'on en finisse avec tout ça, vous me fatiguez à la fin.

- Combien a-t-il demandé ? Demandais-je en portant ma main à la chaîne qui pendait à mon cou.

- Trois cents mille dollars !

- Pour une mourante ? Demanda Em'. Putain, il met le prix cet enfoiré.

- Il veut en tirer un maximum d'après Laurent. Et apparemment, c'est une belle compensation pour tous les dégâts que cette fille lui a causé, termina Seth.

- Bon, je pense qu'on a fait le tour. Tout le monde à son poste. Dès que tu as récupéré la fille, on lance l'assaut. Et Edward...

- Je sais ce que j'ai à faire papa, crachais-je.

- Juste... pas d'imprudence, dit-il en sortant de la pièce sans me regarder.

xoxoxoxoxoxox

Deux heures plus tard

J'étais arrivé à destination. Cet enfoiré ne se refusait rien. Villa avec piscine et jacuzzi. Mecs armés jusqu'aux dents. Et des filles, à moitié nues, qui se pavanaient pour ce chien.

J'avais envie de vomir à voir ce que ce gars avait pu se payer tout en vendant des filles honnêtes et innocentes.

- Vous êtes Tyler Hawkins ? Demanda un des gardes de James.

- Oui, répondis-je glacialement.

- Bien. Monsieur vous attend dans son bureau. Suivez-moi.

Nous montions un escalier en colimaçon. Mes yeux erraient partout, sur chaque recoin de la villa. Soit pour trouver une issue au cas où. Soit pour savoir quel chemin prendre pour déloger ce cafard de son royaume quand l'assaut sera donné. Bien sûr, il était question que j'en fasse partie.

- Nous y voici. Mais d'abord...

J'allais pour amorcer un pas quand le type me plaqua au mur.

- Petite précaution du patron.

Le gars me palpa sûrement pour déloger l'arme que je possédais.

- Depuis la venue de cette furie que vous allez acquérir, le patron ne veut plus prendre de risque.

Putain, j'avais juste une envie… celle de lui foutre mon poing dans la gueule pour avoir posé ses mains sur moi.

- Bien sûr faites donc. Mais le fait de demander ne vous aurait pas écorché la gueule, crachais-je.

- Oh mais que vois-je… Monsieur est armé.

- Pourquoi ne pas l'être ? Pour que votre Boss puisse me tirer une balle dans le dos quand il aura le fric en main. Je prends aussi mes précautions mais si cela dérange que je porte une arme, je peux très bien rebrousser chemin.

- T'as pas la langue dans ta poche. Tu dois en avoir des bonnes. Je suppose que la garce enragée en aura pour son argent, ria-t-il.

J'attrapais son bras qui pendait le long de son corps, pendant qu'il riait. Pauvre con, ne jamais baisser la garde... Je lui tordais dans le dos et le plaquais à mon tour contre le mur.

- Ne t'avise plus de poser une main sur moi, au risque de te prendre une balle entre les deux yeux. Je ne suis pas là pour me faire péter les couilles par un petit connard de ton genre, sifflais-je.

- Que se passe-t-il ici ? Lança James.

- Il n'a pas aimé que je le fouille Monsieur. Et il a une arme, couina le mec.

- Pas que je suis contre mais je n'aime pas les méthodes de ce merdeux. Et pour l'arme, je ne vois pas pourquoi je ne serais pas armé alors que vous l'êtes.

James partit dans un fou rire alors que moi, je voulais récupérer mon flingue pour le buter.

- Je vous aime bien Monsieur Hawkins. Si vous voulez bien le lâcher et passer dans mon bureau pour traiter de notre affaire. Eric rend lui son flingue et va à la boulangerie, j'ai pas déjeuné ce matin.

Je me figeais. Des images de ce fameux jour me revenaient en pleine face. C'était exactement pour cette raison que ma femme était sortie ce matin-là. La boulangerie. Elle adorait aller chercher les petits pains tous chauds pour le petit déjeuner.

" Je vais à la boulangerie mon amour, je ne serais pas longue. Je t'aime," avait-elle crié avant de claquer la porte.

C'est la dernière phrase qu'elle avait dit. La dernière fois que j'avais entendu sa voix. La dernière fois que j'avais vu son sourire.

- Monsieur Hawkins ? Vous entrez ou bien vous avez réellement changé d'avis ? S'inquiéta James.

- Non, finissons-en, je n'ai pas toute la journée.

Nous nous installions chacun dans un fauteuil en se jaugeant du regard. Il avait de la chance qu'un bureau nous sépare, sinon je lui aurais déjà fait la peau.

- Alors, voilà comment cela se passe. On fait d'abord la transaction. Trois cents mille dollars, c'est beaucoup d'argent à compter. Pendant ce temps, un de mes gardes vous conduira à la ...fille, si on peut l'appeler comme ça. Pendant que je compterais l'argent, je souhaite que vous restiez dans la demeure juste au cas où vous m'auriez pris pour un con.

- Où est la fille ? Osais-je demander en le coupant, même si je connaissais déjà la réponse.

- A la cave, souriait-il

- Hors de question que je reste à la cave, le défiais-je.

Il ne fallait pas que je reste dans un endroit isolé et surtout sans issue. On ne sait jamais ce qu'il pouvait arriver.

- Je vous mettrais dans une des chambres et...

- Je veux que la fille y soit également. C'est non-négociable.

- Mais...

- Je pense payer assez cher pour vouloir la fille à mes côtés. Et de ce que j'ai pu entendre vous satisfaisiez toujours vos clients, Monsieur Hunter. Est-ce que je me trompe ? Lui demandais-je froidement.

- Non, bien sûr que non. Autre chose peut être ? Demanda-t-il irrité.

- Est-il possible de commencer la transaction ? J'ai un long voyage qui m'attend et j'aimerais pouvoir profiter de ma future épouse au plus vite.

- Vous comptez épouser cette cinglée ? Hurla-t-il incrédule.

- Je ne pense pas que cela vous regarde et je vous prierai de garder vos remarques plus que déplacées envers ma future femme. A moins que nous mettions un terme à cet échange et que vous préfèreriez trouver un nouvel acquéreur ?

Je savais qu'il n'en trouverait pas d'autre. Le prix était trop élevé pour une fille qui était mourante. Personne, même le plus déjanté de la terre n'aurait pris le risque de payer pour elle.

- Non, non. Je vais demander à l'un de mes gardes de vous conduire à elle. Par contre au moindre souci, il y a un interrupteur près de la porte. C'est une sorte de sonnette d'alarme. La fille l'utilise quand elle a besoin de se soulager. Mais cette alarme a plus servie à sauver mes gardes de cette furie... euh cette fille plutôt que pour ses propres besoins.

- Elle doit bien avoir un nom, non ? Demandais-je plus pour la forme en connaissant une fois de plus la réponse.

- Elle dit s'appeler Mallory. Ce que je doute, vous savez. Mais même sous la torture, elle n'a rien voulu dire. A croire qu'elle fait partie des services spéciaux et qu'elle a été entraîné sous la torture pour ne rien dévoiler, ria-t-il.

La torture ? Je serrais les poings et la mâchoire. Attends-toi à subir plus enfoiré, lorsque tu passeras entre mes mains.

James appuya sur l'interphone.

- Laurent, amène-toi pour emmener l'acheteur voir Mallory. Et pas dans dix ans, crétin. Dit-il.

- Tout de suite, répondit ce dernier.

Deux minutes plus tard, Laurent nous avait rejoints dans le bureau.

- Tu conduis Monsieur Hawkins jusqu'à la fille ensuite tu les emmènes dans la meilleure chambre que nous avons, débita James.

- Bien. Si Monsieur veut bien me suivre, dit-il d'une voix lasse.

Je me levais pour suivre Laurent. On redescendait les escaliers. Plus on descendait, plus les lieux devenaient sinistres. Et le sentiment, que j'avais ressenti ce matin, s'intensifiait.

- Elle est bien plus résistante que ce que James a bien pu vous dire, lança Laurent. Elle a juste omis de montrer qu'elle gardait des forces.

- Pourquoi me dire tout ça ? Demandais-je prudemment.

- Je sais qui vous êtes. Et il faut que vous la sortiez d'ici au plus vite. Elle a peut-être gardé des forces mais c'est très limite. Je ne sais pas si elle tiendra une semaine de plus. Elle ne sait pas que vous êtes agent du FBI. Je ne lui ai pas dit. Donc restez quand même sur vos gardes, chuchota-t-il. Elle peut être très brutale quand on essaie de l'approcher. Elle a pas mal d'imagination quand il s'agit de se venger. Je pense que vous avez dû entendre parler de ce qu'elle a réservé aux acolytes de James ?

- Oui, elle ne les a pas épargné.

- Et elle a raison. Saviez-vous qu'elle avait une vie avant que cette merde lui tombe dessus ?

- Comme toutes les filles qui sont passées dans cet enfer, concluais-je.

On arriva devant une porte en bois massif. Il y avait des barreaux en haut de cette dernière qui nous permettaient de voir ce qu'il se passait à l'intérieur, grâce à une petite lucarne. Un vrai cachot. Laurent déverrouilla la porte et l'ouvrit. Il me fit un hochement de la tête.

- Voici votre bien, Monsieur. Je vous laisse. Je vais vous préparer une chambre ainsi que quelques collations, dit-il à mon encontre.

J'hochais simplement la tête sans dire un mot. Je n'arrivais pas à détacher mes yeux de cette forme humaine qui était en boule contre le mur, dos à nous. Il n'y avait pas de chaînes qui retenaient Mallory.

- Ils l'ont détaché ce matin en sachant qu'un acheteur viendrait pour elle, répondit Laurent à ma question muette. Je vous laisse. Au moindre problème, appuyez sur l'alarme. Je reviens vous chercher dans dix petites minutes.

J'hochais une nouvelle fois la tête sans dire un mot. La porte se referma derrière moi dans un bruit sourd. Je m'avançais doucement dans la pièce éclairée par un faible halo de lumière. Le silence était tel que mes pas légers se répercutaient avec force dans ce cachot.

- Ne m'approchez pas où je jure que vous le regretteriez, me dit une voix rauque et faible à la fois.

J'ignorais son avertissement et avançais encore. Arrivée au niveau de la fille, dont je ne distinguais pas le visage, je posais une main sur son épaule pour la mettre face à moi.

Tout d'un coup, je reçus un nuage de poussière dans les yeux.

- Putain, sifflais-je.

Je frottais mes yeux qui piquaient pour tenter d'y retrouver la vue quand un petit corps me fonça dedans. Elle n'avait tellement plus de force qu'elle ne me bougea pas d'un centimètre. Par contre, elle savait se servir de ses poings. Bordel, elle n'y allait pas de main morte en plus.

- Je vous ai dit de ne pas me toucher, connard, siffla-t-elle.

J'avais réussi à attraper ses poignets sans avoir retrouvé ma vue qui était toujours floue. Je la retournais en la bloquant dans mes bras. Son dos était contre mon torse. Une sensation bizarre m'assaillit à ce moment précis.

- Calmez-vous bon Dieu. Je ne suis pas là pour ...

Un hoquet de surprise m'interrompit suivi de sanglots. Tout le corps de la jeune femme se détendit d'un coup contre moi. Elle ne luttait plus. Elle était prise de tremblements. Elle renifla.

- Ed... Edward… Murmura-t-elle.

Je me figeais. Ma vision s'était stabilisée même si quelques larmes avaient coulé. Je retournais la personne que j'avais dans les bras dans un mouvement brusque. Je fis un pas en arrière en la lâchant sous l'effet du choc. J'aurais pu imaginer tous les scénarios possibles. Rien que pour revoir ses yeux, retoucher sa peau, sentir son odeur. Mais jamais je n'aurai pensé à cette scène qui se jouait devant moi. Après cinq mois de recherches acharnées, il fallait que je la retrouve dans le plus vicieux des trafics. Et au bout de ce qui m'avait parût une éternité, je prononçais enfin le prénom de celle que je ne croyais jamais revoir. Le prénom de ma femme.

- Bella...

Alors quelles sont les impressions ?

A très vite pour la suite, Robisous ...