Je ne ferai pas d'excuse pour la longue attente : je n'en ai pas.

J'espère que vous allez aimer.


PDV Justin

Il m'a conduit chez Linds, mais il m'a ignoré pendant toute la fête. Au moment de quitter les filles pour finir la nuit au Babylone, il m'a remorqué vers sa Jeep son bras autour de mes épaules et il ne m'a pas lâché de la nuit… A deux heures, il a annoncé aux autres que nous partions (sans me demander mon avis…), il a dit à Michael de ne pas se prendre la tête et que c'est moi qui le déposerai à l'aéroport le lendemain.

Je me demande qui avait l'air le plus idiot : Michael la bouche grande ouverte avec les yeux exorbités ou moi qui me suis accroché à Emmet pour ne pas m'effondrer sur le sol. Je me suis mordu la langue un nombre de fois incalculable pour m'empêcher de demander des explications à Brian sur son comportement et encore plus pour m'empêcher d'imploser de joie.

Dès qu'il a repris le chemin de sa nouvelle vie, je me suis une fois de plus totalement effondré. Il était parti sans un mot. Le bonheur de ces quelques heures ressemblaient au chant du cygne. Mais ils étaient tous là, Daphné, Ted, Emmet et même Michael pour essayer de me remonter le moral.

Trois semaines plus tard, en sortant de mes classes à PIFA, j'avais un message laconique de mon bel absent : je serai à Pittsburgh à 21h00, prend la Jeep et vient me chercher.

J'attendais face à la porte depuis plus de deux heures, quand il a débarqué. Il s'est avancé vers moi, il a murmuré un « Salut » et il m'a poussé vers les toilettes des hommes…

Ma vie ressemblait à un tour sans fin de montagnes russes. En haut, il y a Brian avec moi, les après midi avec Gus, les nuits sans sommeil au loft. En bas, il y a le silence de semaines sans nouvelles.

Brian revenait avec la même routine. Il appelait toujours pendant mes cours, laissant toujours le même type de message… Lorsqu'il était là, je ne pouvais pas m'éloigner de plus de quelques mètres, où il viendrait réclamer son esclave en le remorquant par sa ceinture. J'ai adoré son attitude possessive même si aux yeux de tous je passais pour un animal de compagnie bien dressé, toujours disponible et enthousiaste…

Quand il repartait, j'avais tellement peur qu'il ne revienne pas, qu'il appelle Michael plutôt que moi… Je n'ai jamais osé demandé quoi que se soit. Brian est comme un animal qu'on n'apprivoisera jamais. Un geste vers lui et tu ne le reverras plus. Tu perds tout.

Et puis, il est resté quatre semaine sans rentrer, l'absence la plus longue depuis son premier retour. Par les filles, je savais qu'il travaillait comme un forcené. Je me suis accroché à l'idée qu'il ne pouvait pas venir et pas qu'il ne voulait plus venir, sinon je serai devenu fou.

J'avais enfin un message : Un billet t'attend au guichet Air Liberté tu décolles à 19h. Et pas de bagages en soute !

Dans l'avion, je me sentais au bord d'une crise de panique majeure…

Et il était là, plus beau que jamais.

« Salut. »

« Salut. »

Il a mis une main à l'arrière de ma nuque, l'autre autour de ma taille : et j'ai eu un vrai baiser de cinéma au milieu de cet aéroport. Le naturel est quand même revenu au gallot, lorsqu'il m'a poussé vers les toilettes…

PDV Brian

Je sais qu'il m'aime toujours. Mais il ne dit rien, il suit le mouvement. Je le rejette, il ne dit rien. Je le traite comme mon larbin, il ne dit toujours rien. Il va finir par se lasser…

Mais je ne sais pas comment changer les choses. Si seulement il me demandait des comptes, de justifier mon comportement. On se disputerait et tout rentrerait dans l'ordre, d'une façon ou d'une autre… Mais il ne dit rien.

Je voudrai pouvoir lui dire ce qu'il est pour moi, mais je ne sais pas exactement quoi.

Un des associés a eu un accident de ski et j'ai du travaillé presque vingt heures par jour pour reprendre ses dossiers.

Alors maintenant je sais. Plus jamais je ne veux passer autant de temps sans lui.

Je lui ai envoyé un billet. J'ai vraiment eu peur jusqu'au dernier moment qu'il ne vienne pas. Je suis obligé de me retenir de ne pas courir. Car je ne suis pas une lesbienne !

Maintenant qu'il est ici, je vais le séquestrer dans mon lit pour les prochaines vingt quatre heures. Mais il ne repartira pas sans qu'on ai une conversation, sur un sujet que je n'ai jamais voulu aborder : nous.

Mon plan est simple et efficace. Je vais le mettre totalement nu, l'allonger sur mon tapis, le lécher partout et puis je vais lui demander s'il a déjà rêvé de New York avec moi…

FIN