J'avoue que là je ne sais pas vraiment ce que je peux faire pour arriver à être pardonnée. Avant toute chose, je souhaiterais vous remercier pour vos messages de soutien. Ils m'ont fait énormément de bien. J'ai eu une rupture assez difficile, et qui dit rupture difficile dit amis et famille au petit soin. Et "au petit soin" pour eux voulait dire "Allez vient on sort, tu restes pas à te morfondre chez toi !". Après ça il y a eu les vacances d'été, le travail, les voyages, et je n'ai pas eu beaucoup le temps d'écrire. Manque de temps et manque d'envie aussi. J'avais commencé à écrire ce chapitre, puis je l'ai supprimé, puis ré-écrit, puis j'ai modifié, pour finalement arriver à ça. J'espère qu'il vous plaira, ou ne vous décevra pas trop tout du moins, et comblera certaines de vos attentes. La suite, je ne sais pas quand elle arrivera. J'avais un plan de l'histoire bien précis dans ma tête, que j'ai décidé de changer. Et la rentrée approche, deuxième année de Langues Etrangères, et avec elle le travail qu'elle va apporter. Néanmoins, je ne lâche pas cette histoire, et je promets de ne plus vous lâcher non plus, mes lectrices adorées. Encore une fois, merci pour vos reviews et vos messages de soutien, merci à toutes celles qui prenaient des nouvelles. Je vous aime. Et je vais bien sûr prendre le temps de répondre aux reviews du chapitre 6 !

Mumz3l-Neskouiik-Bura : Merci pour le compliment, et ta remarque sur Pansy qui m'a bien faite rire (même si dans ma fic j'imagine Pansy moins moche qu'à Poudlard !).

FaithStrange : Je suis pareille que toi, je n'aime pas quand des objets moldus sont introduits dans le monde sorcier (du style MP3 transformés...) SAUF la cigarette, je trouve qu'elle ajoute tout de suite de la sensualité à une scène ;)

MaaNaa : Oui, la relation Ginny/Luna va jouer un rôle dans la fiction, surtout dans les prochains chapitres où elle va prendre plus d'importance. Mais je préfère ne pas en dire plus pour éviter tout spoil possible ! Et la "fête" de Zabini arrivera sûrement au prochain chapitre. Peut-être même qu'elle couvrira un chapitre et demi, je n'ai pas encore décidé.

Aude9483 : Malheureusement, la "fête" de Zabini n'est pas encore pour ce chapitre, il faudra (encore) attendre un peu. Oui, je sais que c'est un comble de dire ça sachant que vous avez du attendre presque 3 mois pour avoir ce chapitre !

S3iky0 : Tant mieux si ce chapitre t'a autant plu, on ne peut pas me faire plus beau compliment :) Et pour la taupe je ne dirais RIEN, RIEN, RIEN, même sous la torture ! (Bon, peut-être que je ne résisterais pas aux chatouilles...) Tout ce que je peux dire, c'est qu'on va en apprendre (un peu) plus dans ce chapitre.

Jabelherdra : J'espère que l'eau que j'ai mis à la bouche n'a pas desséché depuis presque 3 mois (*pouet* jeu de mots de merde bonjouuur) : pour la taupe, on va en savori (un peu) plus dans ce chapitre, mais pour la fête il faudra attendre encore un peu !

GiselleLevy : Mais pareeeeil que toi, la cigarette dans le monde sorcier c'est tellement sensuel ! (Et grâce à la magie, ça n'est absolument pas néfaste, non non non !). Et je ne vais pas tout de suite être clémente avec Hermione (MOUAHAHAH JE FAIS CE QUE JE VEUX JE SUIS LE MAITRE DU JEU ! ... Ahem), mais je vais peut-être lui accorder un peu d'aide pour lui éviter de se dépatouiller toute seule !

Ancre : OMG Merci pour le fou-rire ! J'imagine parfaitement la scène
"Draco porta son regard sur Rabastan.
- Je sais que c'est toi la taupe.
- NAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA AAAAAAAAAAAN !
Les deux hommes se retournèrent pour voir arriver une folle furieuse armée d'une hache. D'un geste précis, elle fit fendre l'air à son arme et trancha d'un seul coup la tête de Lestrange. Elle darda ensuite un oeil mauvais vers Malfoy, qui se liquéfia sur place.
- On va dire que tu n'as rien vu de tout ça, et que c'est Blaise la taupe. Ok ?
- O... Ok."
Sinon je vais essayer de plus exploiter le personnage de Pansy dans les prochains chapitres, mais tu as déjà un début d'explication sur sa personnalité dans celui-ci.

Loufoca-Granger : Oui, Lestrange est un gros pervers. Et oui, d'une part s'il n'avait pas demandé à Draco de rester, on n'aurait pas eu de discussion Draco/Hermione, et puis je voyais aussi sa demande comme un "Regarde ce que je suis en train de faire. Je sais que tu refuses de coucher avec des Sangs-de-Bourbe, mais ça reste ton ancienne camarade de classe, et en plus tu sais ce qu'on dit d'elle...". Quand à la scène de la discussion Draco Hermione, à la relecture je trouvais certains passages confus et pas forcément très crédibles, mais je voyais pas comment amener ça autrement. Tant mieux si c'est bien passé !

Roman 2005 : Merci pour tous ces compliments et désolée d'avoir fait attendre si longtemps, j'espère que la suite sera à la hauteur de tes espérances !

People-Leave : Ou quel pervers vicieux, ça marche dans les 2 sens x) Et j'aime bien comme TOUT LE MONDE s'attend à ce que Blaise ou Theo soit la taupe, alors que je n'ai franchement pas vraiment exploité le personnage de Nott pour le moment (après tout, peut-être que je l'ai fait devenir un pervers sanguinaire ?)

Praxagora : Tant mieux si mon univers te plait, et c'est vrai que j'essaie d'amener petit à petit des réponses aux questions restées en suspend, et j'espère réussir à répondre à toutes ! Merci beaucoup pour tes compliments, et j'espère que la suite va te plaire :)

Tulusito : Ah la question de la cicatrice ! C'est vrai que je n'ai pas explicité les scènes, vu qu'elles se déroulaient en fait dans ma tête, mais je m'arrange pour que le personnage d'Hermione soit toujours placé ou habillé de telle manière à ce que Draco ne puisse pas voir la cicatrice. Déjà, elle s'est atténuée avec les années. Ensuite, la première fois que Draco voit Hermione, elle est dans la pénombre. Ensuite elle est toujours habillée. Et pour la scène avec Lestrange, je voyais Draco se positionner un peu de profil et derrière, donc il ne la remarque pas. Ensuite quand Hermione va dans la salle de bains, elle est dos à lui, et quand elle revient elle est habillée. Mais c'est vrai que j'aurais pu plus expliciter. En même temps, je ne voyais pas comment le faire sachant que Draco ne cherche pas une marque en particulier sur son corps, vu qu'il ignore l'existence de cette cicatrice.

DreamJess : Pure erreur de ma part, c'est vrai que j'aurais du mettre "Le Lord" ou quelque chose du même style. Merci à toi de me l'avoir fait remarqué, c'est très juste !

Sweety-girl-35 : Je retarde le moment, je sais !

Hp-Drago : Malheureusement la soirée n'est pas encore au programme pour ce chapitre. Peut-être le prochain...

Miss-Writer33 : Oui, Luna et Ginny n'est surement pas le couple le plus crédible qu'il soit, mais je vais expliciter (et expliquer) cette relation dans les prochains chapitres. Sinon petite parenthèse, j'ai pour le moment lu assez rapidement la fin de ta fic (manque de temps oblige) et j'ai juste adoré ! Je viendrais commenter tes chapitres prochainement :)

Tite Rei : Je rougis devant autant de compliments ! Merci énormément, et j'espère que cette suite sera à la hauteur de tes espérances !


Chapitre 7 : L'attentat

Hermione leva les yeux au ciel devant la moue suppliante qu'arborait Ginny. La jeune rousse avait joint ses mains et la regardait de ses grands yeux marron, où perlaient même quelques larmes. Sa lèvre inférieure avait été ramenée légèrement en avant et tremblotait doucement.

Hermione finit par éclater de rire devant le faux air désespéré de son amie.

- Je n'ai pas gardé un très bon souvenir de ma dernière visite sur le Chemin de Traverse, dit-elle à la rousse.

- S'il te plait Hermione… Je ne suis pas sortie de la Maison depuis des semaines ! Et puis on sera toutes les deux, on pourra mieux se défendre.

- Mais bien sûr.

- On demandera à un des garçons de venir avec nous ! plaida Ginny.

- Madame Rose les a déjà envoyé faire des courses et les autres doivent rester dans la Maison.

- S'il te plait Hermione… S'il te plait, s'il te plait, s'il te plait, s'il te plait…

La brune leva une nouvelle fois les yeux au ciel puis finit par capituler et referma d'un claquement sec le livre qu'elle était en train de lire. Aussitôt, un grand sourire victorieux apparu sur le visage de la rousse, qui se leva prestement du lit d'Hermione pour aller prendre leurs capes respectives.

La brune se leva à son tour tout en soupirant longuement. Ginny et elle avaient le même jour de congé, et ce n'était pas la première fois que la rousse réussissait à la faire sortir contre sa volonté. Elle enfila sans grand enthousiasme la cape que lui tendait son amie et se saisit de sa besace en cuir. Quelques minutes plus tard, les deux jeunes femmes étaient sorties de la maison close.

Une fine pluie tombait drue sur la ville, les obligeant à rabattre leur capuchon sur leur tête. Elles s'engagèrent dans la rue, et rejoignirent bien vite le Chemin de Traverse. Ce dernier était presque désert, seuls quelques sorciers se hasardant dans les rues sous la pluie. En revanche, les cafés et restaurants affichaient presque complet.

Hermione et Ginny ne s'attardèrent pas sur le Chemin de Traverse et s'engagèrent dans l'Allée des Embrumes, à cette heure-ci déserte. Elles s'arrêtèrent devant une lourde porte en bois surmontée d'une tête de cerf. Le pub « Prongs » était le lieu de rendez-vous de la Cour des Miracles du Londres sorcier. Tous les Sangs-de-Bourbe et même certains Sangs-Mêlés s'y retrouvaient régulièrement. Le pub était tenu par Tom, l'ancien gérant du Chaudron Baveur dont il avait été expulsé par des Mangemorts à l'arrivée au pouvoir de Voldemort. Le Chaudron Baveur, du fait de sa place stratégique et de son rôle de pont entre les mondes sorcier et moldu, était désormais tenu par des Mangemorts.

Les deux jeunes femmes s'installèrent à leur table habituelle, un peu à l'écart du reste. Hermione laissa la rousse quelques instants pour aller leur chercher leurs thés. Quand elle revint, deux hommes s'étaient installés aux côtés de Ginny, qui semblait mal à l'aise. Hermione les identifia tout de suite comme des Sangs-Mêlés, grâce à leur cape vert foncé. Elle connaissait les codes par cœur. Noire pour les Sangs-Purs. Verte foncée pour les Sangs-Mêlés. Marron pour les Sangs-de-Bourbe. Rouge pour les prostituées. Et au vu des sourires malsains qu'affichaient les deux hommes, ils avaient également reconnu la couleur de leurs capes.

Hermione posa brutalement les deux tasses sur la table et s'installa en face de Ginny. Aussitôt, un des deux hommes vint prendre place à ses côtés, se collant presque à elle. Les deux amies échangèrent un regard, et Hermione pu lire un certain soulagement dans les yeux de son amie.

- Pouvons-nous vous aider Messieurs ? demanda Hermione d'une voix calme et polie.

- Je pense, oui, répondit l'homme se trouvant à côté d'elle, avec un sourire malsain. Vois-tu, ma jolie, mon ami et moi-même cherchons un peu de distraction. Et au vu de la couleur de vos capes, vous n'allez certainement pas faire vos mijaurées, n'est-ce pas ?

- Oh, je vois, murmura Hermione en fermant ses yeux.

Elle sentit soudain la main de l'homme remonter le long de sa cuisse, sous sa jupe. Rouvrant les yeux, elle vit à la mine dégoûtée de Ginny que le deuxième homme était certainement en train de faire de même avec la rousse. Les deux jeunes femmes échangèrent un regard et Hermione hocha très discrètement de la tête.

Vive comme l'éclair, la brune sortit un petit poignard d'une des poches de sa cape, et pressa la lame tranchante contre l'entre-jambe de l'homme assis à ses côtés, le faisant sursauter. Hermione jeta un rapide coup d'œil à Ginny, et constata que la rousse venait certainement de faire de même avec l'homme assis à ses côtés. Tout en accentuant la pression de sa lame, Hermione se pencha vers son voisin de table.

- Bien, maintenant que je suis sûre d'avoir toute votre attention… Premièrement, je ne suis pas ta jolie. Deuxièmement, et même si je suis effectivement une prostituée, mon amie et moi venons ici uniquement pour nous détendre, et n'avons donc pas envie de nous faire aborder par des abrutis congénitaux dans votre genre. Vous allez donc vous lever bien tranquillement et allez trouver quelqu'un d'autre à harceler. Si vous n'avez pas quitté notre table dans les dix secondes, je m'assurerais que tu ne puisses plus jamais te reproduire. Me suis-je bien faite comprendre ?

L'homme ne répondit pas, se contentant de la défier du regard. Hermione accentua encore plus la pression de sa lame, sentant le tissu du pantalon commencer à se déchirer.

- Me suis-je bien faite comprendre ? répéta-t-elle, toujours de sa voix douce.

L'homme hocha la tête et Hermione relâcha alors la pression qu'elle exerçait sur sa lame, lui permettant de se lever de son siège. Il adressa un signe de tête à son compagnon, et ils s'éloignèrent précipitamment de la table des deux jeunes femmes. Ces dernières échangèrent un sourire amusé et avalèrent une gorgée de thé.

- Ça te manque, n'est-ce pas ? demanda Ginny.

- Quoi donc ?

- Ne pas pouvoir parler franchement quand tu le veux, et les envoyer se faire foutre quand tu juges qu'ils vont trop loin.

- On s'y fait. Comme à tout, répondit Hermione de sa voix douce tout en reprenant une gorgée de thé.

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Allongé sur le dos dans son lit, son bras droit ramené derrière sa tête, Draco Malfoy contemplait le plafond de sa chambre. Son drap ne le recouvrait que jusqu'aux hanches, et il était nu en dessous. Pansy était de nouveau venu le rejoindre la veille au soir, ce qui expliquait qu'il se trouvait encore au lit en début d'après-midi.

Il tourna la tête et contempla le corps allongé à ses côtés. Pansy était couchée sur le ventre, tête tournée de l'autre côté du lit, laissant le loisir à Draco d'admirer la peau diaphane de son dos ainsi que sa longue chevelure corbeau. Il tendit le bras et écarta quelques mèches de cheveux pour caresser doucement la peau de son dos. La jeune femme se retourna vers lui, yeux grands ouverts.

- Est-ce que tu m'aimes ? demanda Draco sans cesser de lui caresser le dos.

Pansy ne répondit pas tout de suite, et se retourna sur le côté, se détachant par la même occasion de la caresse de son amant. Elle prit son temps pour réfléchir, puis finit par répondre.

- J'ai été amoureuse de toi. A Poudlard. Mais vraiment. Pas comme toutes les autres filles qui se pâmaient devant toi dès que tu apparaissais. Mais évidemment tu ne t'es rendu compte de rien. Après tout, pour toi je n'étais que la bonne Pansy, la bonne amie que tu aimais bien venir sauter quand aucune de tes poules ne te satisfaisait ou n'était disponible. Et puis après Poudlard et l'arrivée du Lord au pouvoir… Donc pour répondre à ta question, avant de t'aimer, j'aime le Lord. J'aime le Lord au point d'aller au devant de la mort pour lui avec joie. J'aime le pouvoir. Et j'aime encore plus le Lord pour le pouvoir qu'il m'a accordé.

Tout en parlant, elle s'était rapprochée de lui et avait commencé à lui caresser le torse, tout en descendant lentement vers son bas-ventre. Elle commença à lui caresser doucement le sexe, avant de le prendre en main et de lui imposer un lent mouvement de va-et-vient. Draco déglutit et grogna doucement, s'offrant sans retenue à la caresse.

- Mais ne t'inquiète pas, continua-t-elle de son ton doucereux. Je t'aime assez pour être une bonne épouse Malfoy. Je serai ton alliée, tant que tes intérêts n'iront pas à l'encontre de ceux du Maitre. A nous deux, nous serons invincibles Draco. Et quand le moment sera venu, je t'offrirai un fils. Tu veux savoir ce que j'aime chez toi Draco ? J'aime ton tempérament. J'aime tes airs aristocratiques. J'aime ton nom, je ne peux pas le nier. J'aime tes yeux de glace. J'aime ta force. Et surtout, ajouta-t-elle en se rapprochant de lui, j'aime ton admirable queue.

Elle déposa un léger baiser sur ses lèvres puis glissa le long du corps du blond. Ce dernier se cambra légèrement et gémit de plaisir en sentant la bouche de son amante se refermer sur sa hampe dressée. Puis il oublia pourquoi il avait posé cette question.

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La pluie avait cessé de tomber quand Hermione et Ginny ressortirent du pub, aussi purent-elles circuler à tête découverte. Les regards s'attardaient comme toujours sur elles, mais Ginny, à la différence d'Hermione qui passait la tête haute et faisait mine de ne pas les voir, s'en amusait. Elles reconnaissaient toutes deux certains de leurs clients dans la foule, et Ginny n'hésitait pas à leur lancer des œillades charmeuses et autres clins d'œil quand ils regardaient dans leur direction.

- Arrête ça, murmura Hermione en attrapant le bras de la rousse.

Ginny venait juste d'adresser un sourire aguicheur à un homme à quelques mètres d'elles, alors qu'il se promenait avec son épouse et ses enfants. L'homme s'était rendu compte du petit jeu de la rousse, et ses joues venaient de prendre une belle teinte vermillon. Il essayait tant bien que mal d'attirer son épouse et ses enfants de l'autre côté, visiblement dans une tentative désespérée pour que sa femme ne remarque pas la prostituée qui lui faisait de l'œil.

- Et pourquoi devrais-je arrêter ? demanda Ginny. Il vient me sauter, qu'il l'assume ! Tu crois qu'il achète des fleurs à sa femme à chaque fois qu'il repart, afin de se prouver à lui-même qu'il n'est pas un mauvais mari ?

- Sûrement. Et c'est aussi grâce à toi qu'il revient détendu tous les soirs. Et il t'en est très reconnaissant. Maintenant, arrête de te comporter comme la dernière des allumeuses, ou la Brigade ne va pas tarder à nous tomber dessus.

- On s'en fout, on se les est tous tapé aussi.

Cette fois, Hermione ne pu retenir un grand éclat de rire, s'attirant au passage les regards outrés de quelques passants, puis poussa Ginny en avant afin d'éviter l'inévitable scandale si la rousse continuait ses œillades éhontées. Si Hermione tentait d'oublier son statut de prostituée en dehors des murs de la Maison, Ginny elle réussissait à s'en amuser. Elle s'était d'ailleurs plus vite faite à sa nouvelle condition que la brune, certainement grâce au soutien moral et affectif que lui apportait Luna.

Au bout de quelques minutes, Ginny s'arrêta devant la devanture d'un magasin vendant des vêtements et des bijoux.

- Ça te dérange si j'y vais ? Je dois acheter quelques affaires, et j'aimerais trouver un cadeau pour Luna.

- Vas-y, je serai chez Fleury et Bott. Tu n'auras qu'à m'y rejoindre.

Les deux amies se séparèrent, Hermione continuant sa route sur le Chemin. Elle fut bientôt obligée de s'arrêter une nouvelle fois, la rue étant bloquée pour laisser passer des Mangemorts. Ces derniers se rendaient au restaurant, se pavanant devant la foule amassée devant eux. Poussée par la foule, Hermione se retrouva au deuxième rang, presque face aux Mangemorts. A côté d'elle, une jeune femme tendait son bébé, dans l'espoir de recevoir la bénédiction d'un des proches de Voldemort.

Hermione détourna la tête en voyant un des Mangemorts s'approcher pour poser sa main sur la tête du nourrisson. La broche en M qui refermait sa cape était ornée d'une émeraude, comme la plupart des autres Mangemorts. Une bonne partie des proches de Voldemort semblait se réunir dans ce restaurant pour fêter quelque chose.

Au bout de quelques instants, les Mangemorts finirent par rentrer et la foule se dispersa, permettant à Hermione de continuer son chemin. Cependant, à peine avait-elle fait quelques pas qu'une violente migraine la frappa, l'obligeant à s'appuyer contre une des façades pour ne pas tomber. Pliée en deux, elle ferma les yeux, espérant que la douleur s'estompe. Au bout de quelques instants, elle réussit à se redresser et rouvrit les paupières. Autour d'elle, le temps semblait s'être ralenti, et elle n'entendait plus aucun bruit. Son regard se porta sur une sorcière qui passait très lentement à ses côtés, portant une pile de livres dans ses bras. Avec des gestes décomposés, Hermione la vit buter contre une irrégularité dans les pavés, et les livres s'envolèrent très lentement dans les airs. Hermione voulu tendre les bras pour les rattraper, et une bouffée de panique la saisit quand elle s'aperçut qu'elle ne pouvait plus esquisser le moindre mouvement. Puis elle se vit, à quelques centimètres de l'endroit où elle se trouvait. Elle se voyait, s'éloignant très lentement du mur contre lequel elle s'était appuyé, les yeux fixés sur le restaurant dans lequel venait d'entrer les Mangemorts. Alors elle comprit qu'elle n'était que spectatrice de la scène, une scène qui ne s'était vraisemblablement pas encore déroulée. Hermione suivit le regard de son double et le porta à son tour sur le restaurant. Un frisson la parcourut, et elle sut que ça allait arriver. Quelques instants plus tard, la façade du restaurant explosa en mille morceaux, et elle ferma les yeux par reflexe.

Quand elle les rouvrit, le temps avait reprit sa course normale. Sa tête tourna encore quelques instants, puis elle se décolla légèrement du mur contre lequel elle s'était appuyée, et porta son regard sur la façade du restaurant. Intacte. Hermione poussa un petit soupir de soulagement. Tout ça n'avait surement été qu'une hallucination.

Ce fut alors qu'elle entendit un bruit de chute sur sa gauche. La sorcière de sa vision venait de trébucher, et tous ses livres avaient chuté à terre. Un frisson de peur secoua Hermione, et elle reporta son attention sur le restaurant. Ça allait se produire.

Il y eu une déflagration, et la façade du restaurant dans lequel venait d'entrer le groupe de Mangemort explosa en mille morceaux, projetant des morceaux de pierre et de bois dans tout le Chemin de Traverse. Hermione se sentit décoller par le souffle de l'explosion, et elle atterrit quelques mètres plus loin, sonnée. Elle allait tenter de se relever quand deux autres explosions se firent entendre, et elle sentit le poids d'un corps se poser brusquement contre le sien.

- Ne bouge pas, souffla une voix à son oreille.

Hermione obéit et resta immobile jusqu'à ce qu'elle sente le poids du corps de l'inconnu se faire moins lourd alors qu'il se relevait. Elle se retourna sur le dos et vit une main à la peau foncée se tendre vers elle. Elle leva les yeux et reconnut Blaise. Attrapant la main du Mangemort, elle se releva. Un véritable paysage d'apocalypse se déroulait devant ses yeux. Des sorciers gisaient à terre, pour la plupart morts. Elle voyait les visages tordus de douleur, les larmes sur les visages, le sang, mais elle n'entendait rien. Elle reconnut la sorcière qui avait laissé tomber ses livres. Son corps sans vie gisait sur une étale à quelques mètres d'elle, tordu dans une position grotesque.

Hermione sentit la main de Blaise sur son épaule. Elle reporta son attention sur lui et vit ses lèvres bouger, sans qu'aucun son n'en sorte. Il sortit alors sa baguette de sa poche et l'agita près de l'oreille de la jeune femme. Aussitôt, l'ouïe lui revint, et elle put entendre les hurlements d'agonie et les pleurs. Instinctivement, elle se rapprocha de Blaise, qui ne semblait pas outre-mesure perturbé.

- Tu saignes, remarqua-t-il simplement.

Il sortit un mouchoir de sa poche et le pressa doucement contre son front. Hermione grimaça de douleur. Il l'appliqua ensuite doucement contre sa lèvre, qu'elle avait du se mordre en tombant. La jeune femme se rendit alors compte de la douleur qui la frappait à chaque fois qu'elle respirait, ainsi que celle lancinante dans son poignet.

- Tu as mal autre part ? demanda Blaise.

- Aux côtes. Et au poignet.

Il posa délicatement ses mains le long de son buste, tâtant pour tester quelles côtes la faisait souffrir. Hermione grimaça de douleur quand il toucha un point sensible. Il prit alors délicatement le poignet de la jeune femme et l'examina.

- Tu as deux côtes cassées, mais ton poignet a l'air d'être juste foulé. Madame Rose devrait pouvoir réparer ça sans problème.

- Qu'est-ce que tu fais ici ? demanda-t-elle.

- On n'a pas le temps pour les questions, répondit-il un peu durement en regardant autour de lui. La Brigade ne va pas tarder à arriver, et avec elle de nombreux Mangemorts. Tu es venue seule sur le Chemin ?

- Non, il y a Ginny, dans une des…

- Va la chercher, la coupa-t-il. Prenez les petites rues, et rentrez aussi vite que possible. Vous n'étiez pas là, tu m'entends ?

- Mais…

- Pas de questions. File.

Il attrapa le capuchon de la cape d'Hermione et le rabattit sur sa tête. Comprenant qu'il ne valait mieux pas discuter, la jeune femme s'élança à la recherche de la rousse. Elle se déplaça rapidement, zigzaguant entre les victimes et les corps sans vie, feignant de ne pas les voir. Sa seule peur était qu'il soit arrivé malheur à Ginny. Heureusement, elle la retrouva devant la boutique où elle l'avait laissé, contemplant le spectacle avec horreur, la bouche entrouverte. Le soulagement se peignit sur son visage quand elle vit arriver Hermione.

- Par Merlin, j'ai cru que tu étais morte ! s'écria-t-elle en s'élançant vers elle pour l'enlacer.

- Plus tard, la coupa Hermione. On doit filer.

- Quoi ? Pourquoi ? Rassure-moi, tu n'y es pour rien ?

- Non, mais la Brigade va nous faire avoir des ennuis si on reste ici. Vient.

Hermione attrapa Ginny par le poignet et l'entraina à sa suite dans un dédale de petites rues. Derrière elles, les premiers « crac » se faisaient entendre, signe que la Brigade et les Mangemorts venaient de transplaner.

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Une horrible odeur de chair brûlée saisit Draco à la gorge quand il transplana sur le Chemin de Traverse. Se couvrant le bas du visage avec un mouchoir, il se mit en quête d'un visage connu. Après quelques instants de recherche, il aperçut Blaise qui se tenait un peu à l'écart, répondant aux questions d'un agent de la Brigade. Draco s'approcha d'un pas nonchalant, et attendit que l'agent ait terminé.

- Je suppose que ce n'est pas une bougie magique mal réglée qui a tout fait péter ? ironisa le blond.

- Tu supposes bien.

- Tu m'expliques ce qui s'est passé ? Et surtout pourquoi tu es toujours en vie.

- C'est surtout à toi de me dire pourquoi tu n'y étais pas.

Draco enfonça ses mains dans les poches de sa cape et fit semblant de réfléchir.

- Voyons… D'un côté, l'anniversaire sinistre d'une bande de Mangemorts que je connais à peine. De l'autre, le cul de Parkinson.

- Compris. Moi j'étais juste en retard. J'ai été retenu au Ministère plus longtemps que je ne le pensais. J'ai transplané ici, j'allais vers le restaurant, et il a juste explosé.

- Tu n'as rien vu ? Personne qui s'enfuyait ?

- Non, et je ne sais pas comment ils ont fait. Il y avait des protections tout autour. Elles ont juste été désactivées à leur entrée et réactivées aussitôt que le dernier avait passé la porte.

- Combien de victimes ?

- Au moins six. Sans compter le personnel du restaurant. Et les dommages collatéraux.

Draco porta son regard sur les vestiges du restaurant, l'air songeur. Le début d'incendie avait rapidement été maitrisé, et maintenant membres de la Brigade et Médicomages s'affairaient pour soigner blessés et transporter les cadavres.

- Tu ne trouves pas ça bizarre ? demanda le blond en reportant son attention sur Blaise.

- Quoi donc ?

- L'attentat. Ce n'est pas le premier contre les nous, mais c'est la première fois que les terroristes causent des dommages collatéraux. Les fois précédentes, ils s'étaient assurés de ne toucher que nos troupes.

Blaise haussa simplement les épaules.

- Et toi, rien de cassé ? demanda alors Draco.

- Merci de t'en soucier ! Et non, tout va à peu près bien. Je m'étais cassé une côte, mais un médicomage me l'a remise. A part ça, que des écorchures.

- Les filles adorent les cicatrices.

- Comme si j'avais besoin de ça ! Je vais rentrer chez moi, mais la Brigade peut me joindre si elle a besoin.

- Ce n'est pas la Brigade qui viendra te poser des questions. Je ne suis pas censé te le dire, mais le Lord m'a chargé de découvrir les terroristes responsables des attentats. Moi et Rabastan.

- Tu as des pistes ?

- Je ne peux pas en parler.

Blaise hocha simplement la tête, puis ils se saluèrent et il transplana. Toujours les mains dans les poches, Draco s'approcha de son pas nonchalant d'un des membres de la Brigade. Ce dernier arrêta aussitôt de photographier les vestiges du restaurant et se mit presque au garde-à-vous.

- Combien de victimes ? demanda le blond.

- Les six proches du Lord. Aucun n'a survécu. Trois employés du restaurant. Et une douzaine de passants. Sans compter la vingtaine de blessés.

- Sait-on ce qui a causé l'explosion ?

- Mes collègues sont avec Monsieur Lestrange à l'intérieur. Ils pourront vous en dire plus.

Malfoy hocha simplement la tête comme remerciement et se dirigea vers l'intérieur du restaurant, ou plutôt ce qu'il en restait. Les deux baies vitrées qui encadraient l'entrée avaient littéralement explosées, projetant leurs débris de verre dans toute la rue. Il ne restait plus désormais que les encadrements de bois, qui pour certains étaient à moitié arrachés. La porte d'entrée avait littéralement été arrachée de ses gonds, et propulsée dans la rue. L'intérieur du restaurant était noir de suie, et le lustre de cristal qui pendait autrefois au plafond gisait sur le sol, en partie fracassé. Les tables avaient toutes été renversées et brûlées pour certaines.

Rabastan se trouvait au centre de la pièce en compagnie d'un autre membre de la Brigade, certainement à l'endroit où se tenait la table accueillant les Mangemorts. Les deux hommes se retournèrent en entendant Malfoy approcher.

- On sait ce qui a causé ça ? demanda le blond.

- Une bombe de fabrication moldue, répondit Rabastan d'un ton méprisant. Elle était placée sous la table, et elle était réglée par minuterie. Rien d'éclectique, donc pas détectable.

- D'éclectique ? demanda Malfoy d'un ton perplexe.

- Je pense que monsieur Lestrange veut dire « électrique », corrigea l'employé de la Brigade. Une technique moldue plus facilement repérable par notre magie.

- Pour avoir causé autant de dégâts et détruit les protections, il devait bien y avoir un peu de magie, non ? demanda Rabastan.

- Pas forcément. Les protections fonctionnaient de l'extérieur vers l'intérieur, mais pas l'inverse, expliqua l'employé.

- Je veux les listes des personnes ayant eu accès à l'intérieur du restaurant dernièrement, ordonna Malfoy. Serveur, coursier, livreur.

Malfoy tourna les talons et sortit du restaurant, talonné par Lestrange. Une fois dehors, Rabastan entraina le blond à l'écart.

- Tu as une idée derrière la tête, Malfoy, et j'aimerais bien que tu me la fasses partager. On bosse en équipe aux dernières nouvelles !

- Je ne peux pas t'en parler pour le moment. J'ai besoin de faire des recherches plus approfondies.

Rabastan le toisa d'un air méfiant, puis annonça qu'il allait se rendre à la Brigade afin d'examiner les preuves, et faire un premier rapport au Lord. Sur ces derniers mots, il transplana.

Malfoy regarda une dernière fois la façade explosée du restaurant, l'air songeur. Cet anniversaire était gardé secret depuis longtemps. Les seules personnes au courant devaient être les Mangemorts invités, ayant ou non accepté l'invitation, ainsi que le personnel du restaurant. Or, si aucun des membres du personnel ne manquait à l'appel aujourd'hui, la liste des suspects se restreignait à un plus petit cercle de Mangemorts, dont Rabastan Lestrange faisait également partie.

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Assise sur une des chaises de paille de la table de la cuisine, Hermione fixait son thé fumant d'un œil absent. Il était plus de minuit et demi, et la jeune femme fuyait le brouhaha ambiant qui régnait dans le dortoir. Les filles avaient terminé leur service depuis une demi-heure, soit beaucoup plus tôt que d'habitude. La raison était que les Mangemorts, clients réguliers du soir, avaient visiblement été priés de ne pas sortir ce soir, en raison de l'attentat de l'après-midi.

A leur retour à la Maison, Hermione et Ginny avaient été prises à part par Madame Rose qui les avait questionnées sur les récents évènements. La brune avait du rester plus longtemps afin de se faire soigner. Madame Rose avait refermé la blessure de son front, ainsi que celle de sa lèvre, et soigné ses côtés brisées ainsi que son poignet. Elle lui avait ensuite ordonné d'aller se changer et de lui apporter les vêtements qu'elle portait pour les brûler. En effet, ces derniers comportaient des déchirures dues à l'explosion et certainement des traces de la présence de la jeune femme sur les lieux du crime. Mieux valait faire disparaitre tout ça au cas où des membres de la Brigade viendraient l'interroger. Même si elle n'était plus qu'une prostituée, elle restait néanmoins Hermione Granger, et la Brigade essaierait certainement de classer rapidement le dossier en l'accusant de complicité avec la Résistance, ainsi que de terrorisme.

Pourtant, ce n'était pas ce qui inquiétait Hermione. Elle ne pensait même pas qu'elle pourrait être inquiétée pour quoi que ce soit, et laissait ces préoccupations à Madame Rose. Ce qui l'inquiétait pour le moment était la vision qu'elle avait eu cette après-midi. Cela avait été brusque, rapide, mais elle ne pouvait le nier. Elle avait vu l'explosion avant qu'elle ne se produise.

La porte de la cuisine s'entrouvrit en grinçant, interrompant la brune dans ses réflexions. La tête de Ginny apparut alors dans l'embrasure. Cette dernière esquissa un petit sourire en voyant Hermione.

- Je peux entrer ? demanda-t-elle.

- Bien sûr, répondit Hermione.

Ginny pénétra dans la pièce et se dirigea vers les placards d'où elle en sortit une tasse. Se servant en thé, elle se remplit une tasse fumante et vint prendre place face à son amie.

- Tu m'expliques ce que tu as ? Tu es restée silencieuse tout le restant de l'après-midi. Ça a un rapport avec l'attentat ? Tu as vu quelque chose là-bas ?

- Il s'est passé quelque chose de bizarre là-bas. Je ne sais pas si je devrais t'en parler. En fait, je ne sais pas vraiment ce qu'il m'arrive. Elle s'interrompit quelques instants pour se mordiller la lèvre inférieure, et entortilla une de ses mèches de cheveux autour de son index. J'ai vu l'attentat Ginny.

- Evidemment que tu l'as vu, tu étais à quelques mètres du restaurant.

- Non, je l'ai vu avant qu'il ne se produise. Une ou deux minutes avant.

Hermione lui raconta tout. Sa brusque migraine, la vision qu'elle avait eue en rouvrant les yeux. Le temps qui semblait s'être ralenti. Comment elle s'était vu, elle, à quelques centimètres d'elle. La dame faisant tomber ses livres, son incapacité à bouger, obligée d'être uniquement spectatrice. Comment elle avait vu le restaurant explosé au ralenti. Comment elle avait cru à une hallucination, avant de revoir cette même dame faire tomber ses livres.

- Qu'est-ce qui m'arrive Ginny ? murmura-t-elle. Si j'avais accès à une bibliothèque, j'aurais fait des recherches, mais là… Je peux juste me poser des questions.

- Si je peux me permettre de faire une hypothèse… Bon, elle est peut-être un peu foireuse, mais je pense que c'est ta magie qui se manifeste. Tu es une sorcière puissante Hermione. Brillante, mais surtout puissante. Et ça fait maintenant six ans que ta magie est briguée. Tu es comme un chaudron trop rempli sur lequel on aurait posé un couvercle. Au bout d'un moment, ça déborde.

- J'aime ta comparaison très flatteuse. Et je ne pense pas que ton explication soit foireuse. A ton avis, qu'est-ce qu'il va se passer ? Ma magie va continuer à faire des siennes ?

- Mon hypothèse ne va pas plus loin.

Les deux jeunes femmes échangèrent un sourire, puis finirent leur thé en silence et remontèrent au dortoir.

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Les jours qui suivirent furent paradoxalement à la fois plus durs et plus doux pour les filles de la Maison de Bastet. Les Mangemorts étaient sur le pied de guerre depuis l'attentat du mercredi, aussi désertaient-ils les maisons closes, pour le plus grand bonheur des filles. Pour autant, ces dernières avaient l'interdiction de sortir, puisque le zèle soudain de ces mêmes Mangemorts frisait la paranoïa, et les risques de se faire arrêter seraient proportionnels au temps que mettraient les sbires de Voldemort à découvrir les auteurs des différents attentats.

Le premier dimanche après l'attentat, quatre jours donc après les faits, était donc très calme pour les filles. Les clients habituels passaient cette journée avec leur famille, et à peine une dizaine d'hommes passait dans la journée.

A deux heures de l'après-midi, la Maison était vide et toutes les filles se trouvaient au rez-de-chaussée, vautrées pour la plupart dans des canapés. Certaines se limaient les ongles en bavardant, d'autres étaient plongées dans un livre, d'autres encore répétaient leur numéro, moins par zèle que pour tromper l'ennui.

La sonnette d'entrée retentit, faisant tourner toutes les têtes. Il n'y avait personne pour tenir le vestiaire le dimanche après-midi, sauf en cas d'affluence anormale, les clients devant sonner à la porte avant d'entrer. Michelle, préposée à l'accueil ce jour-là, se leva alors et se dirigea vers l'entrée, disparaissant derrière le lourd rideau de velours foncé. Elle réapparut quelques minutes plus tard, ouvrant le passage au client.

Les filles avaient toutes arrêté leur activité, prenant des poses plus lascives, tout en examinant le nouveau venu. Agé d'une petite quarantaine d'année, il était doté d'un physique moyen. Taille moyenne, cheveux châtains coupés courts, yeux marrons cachés derrière des lunettes de vues ordinaires. Physique ordinaire, robe de sorcier ordinaire. Monsieur Tout-le-monde en personne. Le look parfait du petit gratte-papier. Pas du tout le style à venir se compromettre avec des prostituées.

Michelle et lui s'approchèrent des filles, puis la jeune femme prit place au côté de ses amies et lui demanda d'une voix charmeuse laquelle il désirait. Le regard de l'homme passa sur chacune des filles, puis il finit par tendre son index vers Hermione, toujours sans prononcer un mot.

- Quels services puis-je vous offrir ? demanda la brune d'une voix langoureuse. Je préfère vous prévenir que mes tarifs sont élevés. Cinquante de l'heure si vous souhaitez juste discuter. Cent cinquante pour une danse, à partir de deux cents si vous désirez aller plus loin.

Toujours sans parler, l'homme sortit une bourse d'une des poches de sa veste et la tendit à Hermione. La jeune femme s'en saisit puis se leva pour aller la poser sur la balance magique. Cette dernière indiqua que la bourse contenait deux cents gallions.

- Après vous, déclara-t-elle en tendant la main vers l'escalier menant aux chambres.

Le client ne se fit pas prier et passa devant elle d'un pas pressé. Hermione le talonna, tout en jetant un regard entendu à ses amies, accompagné d'un clin d'œil.

Arrivés à l'étage, elle lui passa devant et se dirigea vers la chambre numéro huit, qu'elle ouvrit. Elle le laissa passer devant, puis entra à son tour. Son client se tenait au milieu de la pièce, bras ballants, ne sachant visiblement pas quoi faire.

Hermione s'approcha de lui en roulant des hanches et se colla contre son corps.

- C'est la première fois que vous faites ça, je me trompe ? chuchota-t-elle à son oreille. Je sais reconnaitre les novices. Ne vous inquiétez pas. Vous avez juste à me dire ce que vous désirez, et je m'occuperai du reste. A moins que vous ne souhaitiez prendre les commandes, bien sûr.

- Pourriez-vous m'enlever ma robe ? demanda-t-il d'une voix polie.

Hermione ne put s'empêcher de sourire. C'était les premiers mots qu'il prononçait depuis qu'elle l'avait vu, et il était d'une politesse presque exagérée. Il était visiblement nerveux, comme s'il craignait de faire quelque chose de mal.

D'une main experte, elle passa la robe de sorcier par-dessus sa tête et se retourna pour aller l'accrocher à une patère. Toujours dos à lui, elle retira langoureusement la ceinture de son peignoir, laissant les pans s'écarter sur le côté, dévoilant ses dessous en dentelle crème.

- J'ai pour habitude de ne pas embrasser, mais si vous le souhaitez, je peux déroger à ma règle. Je le fais parfois.

Elle fit glisser le peignoir le long de son corps, le laissant admirer la cambrure de son dos et de ses fesses. Prenant une petite inspiration, elle se retourna face à lui… et poussa un cri de surprise.

- Par Merlin, qu'est-ce que c'est que ce bordel ? s'écria-t-elle.

L'homme en face d'elle n'avait plus rien de son client dans la quarantaine. Plus grand, avec une carrure plus athlétique, il semblait avoir dans la vingtaine. Ses cheveux de jais tombant sur sa nuque étaient très ébouriffés, et quelques mèches retombaient sur son front. Deux grand yeux d'émeraude fixaient Hermione, qui, bouche ouverte et yeux écarquillés, contemplait la cicatrice en forme d'éclair que ne parvenaient pas à dissimuler les mèches sur son front.


Tatiiiin ! Un petit twist final ne fait jamais de mal ^^

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