TITRE: Quidditch & complications

THEME 7: Superstar.

FANDOM: Harry Potter.

PAIRING: Hermione Granger/ Théodore Nott.

RATING: M. (lemon soft).

DISCLAIMER: Rien ne m'appartient, je ne fais que martyriser les personnages pour les besoins de cette série de OS.

NOTE DE L'AUTEUSE: Encore une fic', mais celle-ci est particulière. Il s'agit effectivement d'un recueil de OS que j'ai écrits pour la communauté 30 baisers sur Livejournal. Ce défi consiste tout simplement à écrire 30 one-shoot sur 30 thèmes différents, et chaque one-shoot doit contenir au moins un baiser. Dans ce recueil, vous trouverez de tout. Du pendant Poudlard, du post-Poudlard, parfois un UA, tout dépend ce que les thèmes m'inspirent en réalité ^^ Les rating sont également variés, parce qu'ils peuvent osciller du K+ au M, je préviendrai à chaque one-shoot. Voilà tout ce que vous deviez savoir sur cette fic', que je publie également dans cette communauté, en espérant que ce recueil de one-shoots sans prétentions vous plaisent autant que j'ai aimé les écrire.


Hermione jeta un regard triste à l'assemblée, prise d'un soudain accès de mélancolie. Une fois encore, elle ne se sentait pas à sa place, elle était étrangère au bonheur de ses amis, et elle regrettait de ne pas être restée bien à l'abri sous sa couette. Au moins, rien n'aurait été susceptible de lui rappeler sa solitude en ce jour maudit. Elle n'aurait pas non plus eu à penser qu'aujourd'hui, c'était le dîner de fiançailles d'Harry et Ginny. Elle n'avait pas eu d'autre choix que d'y assister, elle ne voulait pas les décevoir. Voilà un des défauts d'Hermione Granger: elle faisait toujours passer le bonheur des autres avant le sien.

Probablement était-ce la raison de sa solitude en cette soirée. Si elle avait écouté son égoïsme, elle aurait supplié Théodore de revenir en Angleterre juste pour cette soirée…avant de se rappeler que personne ne savait qu'elle vivait avec cet homme depuis presque sept ans. Cet homme qu'elle avait l'impression de perdre chaque jour un peu plus, et qui restait inaccessible, même pour elle. Entre eux, tout avait toujours été parfait. Ils s'étaient trouvés lors de leur sixième année à Poudlard, suite aux réunions organisées par Slughorn, et ils ne s'étaient plus quittés depuis. C'était avec lui qu'elle avait eu sa première fois, première fois qui fut suivie par de nombreuses autres fois, où ils s'aimaient avec passion. Même sept ans après, le désir était toujours là, puissant et impérieux, et ne demandait qu'à être assouvi. Seul problème: Théodore était absent la plupart du temps, pour ne revenir que le week-end. Et encore. Pas tous les week-end.

Dans ces conditions, il devenait difficile d'assouvir son propre désir. Hermione et Théodore ne se voyaient plus qu'en coup de vent, et cela attristait l'ancienne Gryffondor, qui aurait aimé pouvoir profiter de son amoureux un peu plus longtemps. Cette fois encore, il n'a pas pu se libérer pour venir avec elle, à moins qu'il n'ait même pas fait l'effort de se libérer. Résultat, Hermione était assise sur cette chaise, en train d'abuser sur l'hydromiel. Elle fut néanmoins tirée de ses pensées délétères par Ginny Weasley, future Mme Potter, qui avait délaissé son futur mari pour la voir elle, sa meilleure amie qui, à ce train là, allait finir vieille fille.

-Enfin un moment où on peut parler toutes les deux! S'écria la cadette des Weasley avec enthousiasme. J'ai cru qu'ils ne me laisseraient jamais tranquille!

-Mais…c'est ta fête de fiançailles! souligna Hermione, en arquant un sourcil étonné. C'est normal qu'ils t'accaparent.

-Oui, mais j'aurais tué pour passer un petit moment avec ma meilleur amie. Ronchonna Ginny, enfantine, avant d'enlacer son amie de ses deux bras.

C'était peut-être idiot comme geste, mais cela avait suffi à faire sourire Hermione, à chasser momentanément les gros nuages noirs qui flottaient au dessus de sa tête. Dans les bras de Ginny, Hermione se sentait moins seule, moins démunie, le sentiment de manque était moins grand, plus supportable. Bien sûr, elle aurait voulu avoir son petit-ami avec elle, juste pour ce soir, mais c'aurait été trop demander. Théodore Nott était un homme occupé, et elle s'était mise avec lui en toute connaissance de cause, même si à Poudlard il ne pratiquait pas encore son foutu Quidditch à haut niveau.

-Quelque chose ne va pas, 'Mione. Murmura Ginny à son oreille, sa chevelure rousse se mêlant aux boucles brunes de l'ancienne Gryffondor. Quand tu es heureuse, tu souris tout le temps et tu es plus bavarde que d'habitude. Là, tu sembles être en train de te morfondre, et tu abuses sur l'hydromiel.

-Je t'assure que ça va! Soupira Hermione avec lassitude. Harry et toi vous allez vous marier, depuis le temps que j'attends d'être votre demoiselle d'honneur!

-Vraiment? S'enquit Ginny en lui tirant la langue, enfantine. Je comptais plutôt demander à Lavande.

-Tu n'oserais pas m'évincer. Bouda Hermione en croisant les bras sur sa poitrine, alors que Ginny éclatait de rire.

-Ne me mets surtout pas au défi. L'averti Ginny, d'un ton qui se voulait menaçant.

Cela dit, Ginny n'était guère crédible. Quelques instants plus tard, toutes deux éclatèrent de rire, et elles rirent jusqu'aux larmes, sans trop savoir pourquoi elles s'esclaffaient ainsi. Hermione se reprit un peu d'hydromiel, malgré qu'elle était pompette. Grâce à Ginny, sa bonne humeur était revenue, et elle ne comptait pas penser à Théodore pour le moment. Elle aurait bien le temps de ruminer une fois de retour à la maison. Cependant, Ginny ne semblait pas disposée à lâcher l'affaire. Elle était déterminée à faire parler son amie coûte que coûte.

-Allez, Mione, dis moi ce qui ne va pas. C'est Théodore?

Comme d'habitude, Ginny touchait en plein dans le mille. Elle connaissait son amie par cœur, et avait été la première au courant de sa liaison avec Théodore. Malgré que le célèbre joueur de Quidditch ait été un Serpentard, issu d'une famille pro-Voldemort, Théodore était resté intact et sincère, il ne jouait pas. Il était l'un des rares de sa maison à faire preuve d'autant de franchise, et à ne pas vouloir de toute cette merde. La guerre, les morts, les combats. Il avait eu le courage de dire non, au péril de sa vie, et maintes fois, Hermione l'avait taquiné sur le fait qu'il était probablement un Gryffondor refoulé, ce qui faisait presque toujours râler le jeune homme. Hermione eut un sourire triste en pensant à leurs incessantes querelles, et but une nouvelle gorgée sur sa boisson.

-Il n'est pas là. Chuchota Hermione avec tristesse. Il n'est plus jamais là, il passe à peine le week-end. Et quand on doit parler, il prétend toujours être occupé. Tu crois qu'il voit quelqu'un d'autre?

-non, surtout pas! Souffla Ginny avec effarement. Ça fait des années que vous êtes ensemble, il t'aime de tout son cœur, ça se voit! Seulement…Tu sais, c'est une superstar dans le monde du Quidditch, et il doit être très pris à cause de ses entraînements, et autres compétitions. Je suis sûre que ça lui ferait plaisir qu'un jour, tu viennes le voir à Seattle. L'Amérique, ce n'est pas le bout du monde, quand même.

-Un peu. Bougonna Hermione, pour la forme.

-Tu n'as aucune excuse. Trancha Ginny. C'est toujours lui qui vient en Angleterre, et toi, tu ne te déplaces jamais! Contrairement à ce que l'on pourrait penser, ce ne sont pas toujours aux hommes de faire des efforts! Nous aussi, on doit les surprendre! Ça fait quand même sept ans que vous êtes ensemble, ça ne tient qu'à vous de ne pas sombrer dans la routine. Se faire des surprises en fait partie!

-Mais je ne peux pas…commença Hermione.

-Lui ne peut pas davantage, dans ce cas. Et pourtant, il fait l'effort de venir quand il peut. Je suis sûre qu'il serait content de te voir débarquer à Seattle. Théodore n'a pas de maîtresse, Hermione. Il n'est pas du genre à en avoir une. Si tu commences à te faire des films maintenant, tu es fichue! Théo n'a aucune raison d'aller voir ailleurs, n'est-ce pas?

-Pas à ce que je sache. Balbutia Hermione, en rougissant légèrement, comprenant très bien où Ginny voulait en venir. Je…Tout a toujours été très bien entre nous, parfait je dirais même. On s'entend presque sur tout, on…on est en parfaite osmose. Et…Le désir est toujours là, de même que la passion. On ne fait jamais l'amour de la même manière, et…

-Alors, il n'y a aucune raison de s'en faire. Conclut Ginny, en sirotant sa boisson. Tous les couples connaissent une mauvaise passe, il ne faut tout simplement pas baisser les bras. Harry et moi avons également eu des hauts et des bas, et regarde où nous en sommes. On va se marier, ma chérie! Si toi aussi tu veux te marier avec ton homme, il va falloir être très patiente.

Hermione soupira longuement, et finit son énième verre, la tête lui tournait légèrement. Peut-être que Ginny avait raison, en fin de compte. C'était juste une mauvaise passe. Pourtant, ils ne se disputaient pas plus que d'habitude, ils étaient toujours aussi amoureux. Seulement, la distance commençait à s'immiscer entre eux, et pour beaucoup d'autres couples, c'était le début de la fin. Hermione se promit alors qu'il n'en serait pas de même pour le sien. Il en était absolument hors de question.


Hermione laissa échapper un énième gémissement, alors que Théodore s'insinuait toujours plus profondément en elle, créant à chaque pénétration son lot de décharges électriques. Elle s'était agrippée à son dos robuste, sculpté par les heures de pratique du Quidditch, et se surprit à le désirer encore en sentant ses muscles rouler sous sa peau d'albâtre. Il était beau. Indécemment beau. Et à chaque fois qu'elle se perdait dans son regard d'un bleu sombre, elle en tombait toujours plus amoureuse, elle s'enlisait dans ses sentiments sans qu'elle ne puisse en sortir. De toute manière, elle ne voulait pas s'en sortir.

Leurs regards se croisèrent, assombris par le désir. Hermione se cambra davantage sous les caresses de son homme, et avait fermé les yeux, son visage s'était figé dans une expression purement extatique. Théodore l'embrassa avec passion, alors qu'elle passait ses bras autour de son cou, les mains de Théodore enserrant ses hanches avec force. Elle soupira en sentant sa langue se mêler à la sienne avec force, et il laissa échapper un gémissement rauque lorsqu'il recommença son langoureux mouvement de va-et-vient après cette courte pause. Il enfouit son visage dans ses boucles brunes, alors qu'elle agrippait ses mèches folles avec force, ses doigts crochetant désespérément sa nuque. Leurs deux corps étaient collés l'un à l'autre autant que faire se peut, elle ne vivait plus que pour le contact électrisant de sa peau, elle ne vivait plus que pour le sentir en elle.

-Je t'aime. Laissa-t-il échapper dans un souffle, alors qu'il reprenait ses lèvres avec passion.

Avait-elle seulement entendu? Venait-il réellement de lui dire je t'aime? Elle avait attendu ce moment pendant tellement longtemps, il ne pouvait pas le lui avoir dit alors qu'ils faisaient l'amour. Seulement, Hermione savait que les hommes perdaient le contrôle pendant l'amour, laissant volontiers leurs sentiments s'exprimer. Ils étaient mis à nu, au sens propre comme au sens figuré, sans doute était-il plus facile pour eux de s'exprimer. Mais pendant l'acte…Hermione avait du mal à y croire. Tellement, qu'elle s'était figée, ce qui ne manqua pas d'alerter son partenaire bien qu'il était pris dans le feu de l'action.

-Quelque chose ne va pas? S'enquit-il d'une voix chargée par le désir.

-Tu m'as dit je t'aime. Souffla-t-elle, surprise.

-Pourquoi, je n'ai pas le droit? Susurra-t-il au creux de sa nuque, tout en souriant d'un air malicieux.

-Tu me l'avais jamais dit avant. Répondit Hermione, d'une voix chevrotante.

-Eh bien, maintenant c'est fait. Dit-il, en déposant une pluie de baisers le long de sa mâchoire, pour remonter à son menton. Je t'aime.

Puis, il continua à chantonner ses je t'aime à chaque baiser qu'il laissait sur sa peau, faisant exploser le cœur de l'ancienne Gryffondor à chaque fois. Elle ferma les yeux, avant de se laisser emporter par la jouissance, alors que l'amour de sa vie donnait ses derniers coups de rein, avant de s'oublier lui aussi. Elle accueillit l'ancien Serpentard entre ses bras, caressant son dos moite de sueur. Ils restèrent un moment enlacés, prisonniers de leur bulle de bonheur, dont-ils ne voudraient sortir pour rien au monde. Elle était si bien entre ses bras, qu'elle aurait voulu que cela dure toute une éternité. C'étaient dans ces moments là que tout était parfait entre eux. Absolument parfait.


-Tu pars déjà? Geignit-elle alors que Théodore s'extirpait du lit, partant à la recherche de son boxer noir.

-Je n'ai pas le choix. Lança-t-il par-dessus son épaule, alors qu'il enfilait son sous-vêtement, offrant la vue de ses fesses musclées à sa compagne.

-Allez, reste encore un peu. Le supplia-t-elle, d'un air boudeur.

Théodore soupira, puis il revint près du lit, pour poser un baiser sur les lèvres brûlantes de sa petite-amie. Elle passa ses bras autour de son cou, refusant tout simplement de le lâcher. Elle ne voulait pas le lâcher parce qu'elle savait qu'elle ne le reverrait pas, au mieux, avant le week-end suivant. Théodore glissa ses mains dans le dos nu de sa compagne, tout en l'embrassant avec passion. Les doigts de l'ancien Serpentard allaient et venaient le long de sa colonne vertébrale, déclenchant chez l'ancienne rouge-et-or une salve de frissons délicieux.

-D'accord. Soupira-t-il, incapable de lui refuser quoi que ce soit. Mais pas plus de cinq minutes.

-Alors, on a intérêt à faire vite. Susurra-t-elle au creux de son oreille, avant de faire glisser son caleçon le long de ses jambes.

Théodore parvint à s'extirper du lit trois heures plus tard. Hermione et lui avaient une conception très large des cinq minutes, mais ce n'était pas pour lui déplaire, bien qu'il était encore plus épuisé qu'après un entraînement intensif de Quidditch. Hermione était vraiment épuisante, sur tous les plans, mais il l'aimait tellement. Théodore se souvenait parfaitement de la première fois où il l'avait vue. C'était pendant leur première année, à bord du Poudlard Express. Hermione et lui s'étaient télescopés. Sur le coup, Théodore avait râlé, mais il avait ravalé sa réplique cinglante en croisant les prunelles chocolat de la fillette de onze ans qu'elle était alors. Machinalement, il l'avait aidée à se relever, et elle est partie sans demander son reste. Plus tard, Théodore avait su qu'elle était partie en croisade pour rechercher Trevor, le crapaud de cet imbécile de Londubat, et par suite, Théodore ne l'avait plus jamais méprisé. C'était après tout grâce à lui qu'il avait rencontré celle qui allait devenir la femme de sa vie.

Théodore avait remis sa chemise, sans en fermer les boutons. Il avait simplement pris le temps d'aller fumer à la fenêtre, comme il le faisait toujours après l'amour. De sa paume il aplatit ses cheveux châtain foncé en bataille, et passa une main dans sa nuque légèrement nouée. Il se dit avec fatalité qu'il ferait appel à une masseuse une fois arrivé à Seattle, bien qu'il aurait voulu que ce soit sa belle Hermione qui s'y colle. Elle avait des doigts de fée et massait à merveille, mais ce n'était pas raisonnable, déjà qu'il était en retard. Il ne voulait pas prendre le risque de sombrer dans la luxure à nouveau. Parce que s'il entrait à nouveau dans ce lit, il n'était pas sûr de pouvoir en sortir, d'où le fait qu'il avait préféré partir tant qu'elle dormait, pour éviter la douleur des au-revoir. De toute manière, Hermione et lui s'arrangeaient pour ne jamais se croiser les matins où il devait partir. Au moins, disait-elle, elle ne pleurerait pas comme une madeleine.

Théodore soupira, et écrasa sa cigarette sur le bord de la fenêtre, avant de glisser le mégot totalement consumé dans la petite niche en pierre, qui faisait office de cendrier depuis des années. Les parpaings pouvaient être bien utiles lorsqu'il s'agissait de planquer des tas de petites choses. Puis, paresseusement, Théodore referma la fenêtre et reboutonna sa chemise tout en réprimant un bâillement. Il n'avait pas beaucoup dormi ces quarante-huit dernières heures, aussi espérait-il pouvoir récupérer ses heures de sommeil en revenant à Seattle. Décalage horaire ou pas, Théodore était tellement crevé qu'il allait s'endormir sans trop de difficultés. Il s'agenouilla dans le lit, au milieu du fatras de draps et de couvertures, et se pencha légèrement sur Hermione, encore endormie. Il laissa un baiser au creux de sa nuque, avant de chuchoter à son oreille.

-Je reviens samedi prochain. Promis.

Sur ce, il se retira définitivement, mit sa veste et prit ses affaires, avant de quitter sans bruit l'appartement qu'ils partageaient depuis maintenant cinq ans.


-Théodore! Beugla le coach Johnson à l'adresse de son meilleur joueur. Viens par ici!

Bon gré, mal gré, Théodore s'exécuta sans rechigner, son t-shirt à la main. Si le coach était venu le déranger alors qu'il était en train de se changer aux vestiaires, c'était bien pour une bonne raison. Théodore enfila son t-shirt, puis il sortit du vestiaire d'un pas raide, sous le sourire goguenard de ses coéquipiers qui avaient bien vu les marques d'ongles qu'Hermione avait laissées sur sa peau d'une pâleur marmoréenne.

-Je te présente Jenny Stewart. Annonça le coach, en désignant d'un signe de tête une petite blonde, toute mignonne, qui écrivait vivement sur son calepin. Jenny est journaliste et elle aimerait écrire un article sur l'équipe, et plus particulièrement sur toi.

-Sur moi? Demanda Théodore, légèrement surpris. Vous savez pourtant que j'ai fait le choix de ne pas donner d'interviews.

Ce que Théodore détestait particulièrement dans sa profession, c'était bien l'hypermédiatisation dont il faisait l'objet. Lorsqu'il était en Angleterre, il était à peu près tranquille, mais lorsqu'il était à Seattle, il ne pouvait pas faire un pas dehors sans être harcelé par des fans, des paparazzis ou des journalistes qui l'avaient fliqué toute la journée en espérant un mot de sa part. Théodore avait rechigné en acceptant les trois gorilles qui l'accompagnaient partout où il allait, mais son coach lui avait assuré que c'était nécessaire pour assurer sa sécurité. Théodore s'était fait à l'idée qu'il allait être surveillé 24 heures sur 24, même si ça ne lui plaisait pas. Voilà pourquoi il ne voulait pas qu'Hermione le rejoigne à Seattle. Sa vie ici était infernale et il ne voulait pas l'exposer. Depuis qu'il était célèbre, Théodore avait volontairement jeté le voile sur sa vie privée, n'accordant des interviews qu'au compte-gouttes, créant cette aura de mystère qui les rendait toutes folles. Théodore, à ce jour, était le joueur le plus mystérieux de son équipe, et finalement, peu de personnes le connaissaient vraiment.

Mais peut-être que s'il consentait enfin à donner une interview, les journalistes le laisseraient un peu tranquille. Il ne demandait que ça, être tranquille. C'était à cet effet qu'il envisageait de parler au coach Johnson de sa décision, mûrement réfléchie. Il n'en pouvait plus de tout ce cirque. Déjà qu'il prenait un peu de drogue de temps à autres pour supporter la pression, il n'avait aucune envie de finir dépressif à peine vingt-trois ans. Cela faisait des mois qu'il voulait retourner aux Frelons de Wimbourne, ses premières amours, et la situation n'avait fait que s'éterniser. Seulement, il n'avait pas encore parlé de son retrait de l'équipe à son coach, et encore moins à Hermione.

-D'accord. Finit-il par concéder, après un silence qui dura une éternité. On peut éventuellement s'installer à côté pendant que vous me poserez vos questions?

Jenny Stewart acquiesça vivement, et elle suivit Théodore dans le local habituellement réservé au coach. Il s'assit posément sur une chaise, alors que Jenny occupait celle d'en face, tout en déballant ses affaires. Théodore fut soulagé de voir qu'elle n'avait pas sorti de plume à papotte, mais une somptueuse plume de paon, tout ce qu'il y avait de plus classique. Théodore pianotait nerveusement sur la table, en attendant que Jenny soit prête. Puis, la jolie blonde sortit sa liste de questions, et prit la parole.

-Alors. Théodore. Vous êtes le joueur le plus méconnu de toute l'équipe de Seattle, et pourtant, vous êtes la coqueluche de la gente féminine du haut de vos vingt-trois ans. Rappelez-moi votre parcours?

-Eh bien…commença l'intéressé en se frottant anxieusement la nuque. J'ai commencé en tant que poursuiveur dans l'équipe de Quidditch de l'école. À l'époque, j'étais encore à Poudlard et je jouais dans l'équipe de Serpentard. C'est un ami qui m'a fait entrer dans l'équipe, et après quelques entraînements, il a semblé que j'étais plutôt bon pour ça. Pour quelqu'un qui passait son temps dans les bouquins et les devoirs, c'était quand même un comble *rires* j'ai occupé le même poste jusqu'à la fin de mes études. Et après la guerre, j'ai été repéré par le sélectionneur des Frelons de Wimbourne. J'y ai joué pendant à peu près trois ans, puis le sélectionneur de l'équipe nationale est venu voir un match des Frelons, à la recherche de jeunes talents pour constituer la nouvelle équipe nationale. Après des semaines, ils ont réussi à négocier mon transfert, un contrat qui pesait des millions de gallions,

-Et quel numéro portiez vous à cette époque? S'enquit Jenny, d'une voix enjouée, tout en notant frénétiquement les réponses du jeune Nott sur son parchemin.

-Je portais le même qu'aujourd'hui, qui m'a suivi pendant toute ma carrière. C'est-à-dire le numéro 7.

-Et que signifie ce chiffre?

-C'est une date anniversaire. Expliqua Théodore avec un sourire. C'est ce jour là qu'avec ma copine, nous avons échangé notre premier baiser, et cette année, ça fait sept ans que nous sommes ensemble, donc c'est d'autant mieux choisi.

-Et la suite de votre parcours, donc? Poursuivit la jeune femme sans s'attarder sur le fait que Théodore avait avoué qu'il n'était plus célibataire.

-J'ai joué deux ans en équipe nationale. Et, pareillement, je me suis fait remarquer par un recruteur tout droit venu des USA. On parlait beaucoup de mois à l'époque, il y avait eu un scandale autour de mon transfert et de tout l'argent que je coûtais alors que je n'étais qu'un simple joueur de Quidditch, mais cela ne m'a pas empêché de venir jouer pour les Comètes de Seattle. Mon transfert a eu lieu il y a six mois, et cela a impliqué beaucoup de choses, notamment un changement de cadre de vie auquel je n'étais pas vraiment préparé.

-C'est donc ce qu'on appelle une carrière bien remplie! Vous êtes talentueux, vous êtes riche, vous êtes le fantasme de la moitié des femmes de la planète, et côté cœur alors, ça donne quoi?

-Comme je viens de vous le dire, je suis en couple depuis un peu plus de sept ans, et ma célébrité n'a rien changé à ce niveau là. Vous savez, c'est un peu grâce à elle que j'en suis arrivé là, c'est elle qui fait en sorte que je garde la tête sur les épaules.

-Vous avez des projets?

-Pas vraiment. Ricana Théodore, légèrement mal à l'aise. Disons que depuis que je joue à Seattle on n'a plus vraiment l'occasion d'en parler ensemble. Lorsqu'on se voit, je préfère être avec elle plutôt que parler d'avenir. Pour le moment, nous n'avons pas de projets de mariage ou de bébé, mais ça ne saurait tarder. Cela dit, c'est quelque chose que je désire, peut-être pas dans l'immédiat mais pourquoi pas dans quelques temps? Je serais alors le plus heureux des hommes.

L'interview se déroula pendant de longues minutes encore. Théodore répondait à toutes les questions sans aucun détour, se livrant au jeu avec tout le professionnalisme dont il pouvait faire preuve. Il parvenait même à se détendre à mesure que Jenny posait toutes ses questions. Tout passa en revue: ses amis, sa famille -bien qu'il n'aimait pas parler de sa mère décédée quand il était encore jeune-, son parcours scolaire, ses goûts, jusqu'à même la couleur de ses chaussettes. Puis, au bout de trois heures d'interview, très exactement, Jenny congédia Théodore, en le remerciant chaleureusement d'avoir joué le jeu. Théodore avait répondu que c'était normal et qu'il tenait à recevoir un exemplaire de l'article avant qu'il ne soit publié. Jenny acquiesça vivement, et lui promit de lui envoyer l'article en avant-première.


Ce matin là, Hermione était revenue avec un sachet en papier provenant de la pharmacie, et elle s'était enfermée dans la salle de bains, sans oser en déballer le contenu. Au bout d'un long moment passé à tergiverser et à peser le pour et le contre, Hermione avait sorti l'une des boîtes en carton, et lu attentivement la notice, pour la forme, mais aussi pour retarder le moment où elle aurait à le faire. Puis, elle prit une profonde inspiration, et fit le test de grossesse. Elle attendit quelques instants, et le résultat ne faisait aucun doute: elle était enceinte. Elle ignorait encore de combien de temps, mais tout ce qu'elle savait, c'est qu'un petit être était en train de grandir dans son ventre, et que ce n'était pas le moment le plus propice pour avoir un enfant. Théodore était loin, et Hermione n'avait pas envie de vivre sa grossesse toute seule. Elle avait encore moins envie d'élever cet enfant toute seule. Alors, pour la première fois depuis des années, Hermione Granger se mit à pleurer sur son sort, ce qu'elle s'était toujours refusé de faire, catégoriquement.


Le week-end suivant, comme tous les week-end, Théodore était venu la rejoindre à Londres, dans leur petit appartement. Théodore avait maintes fois proposé d'en changer et d'en prendre un plus grand, ayant largement les moyens de se l'offrir, mais Hermione avait toujours refusé. C'était leur premier appartement, celui qui avait été le théâtre de leur vie commune pendant près de sept ans. Entre ces murs était enfermée toute leur jeunesse, et leur chambre avait connu bien des ébats. Toutes les pièces de l'appartement, à dire vrai. Leur amour s'était épanoui entre ces murs, et Hermione ne pouvait pas se résoudre à abandonner les lieux, bien que ce jour viendrait lorsqu'ils commenceraient à fonder une famille.

Elle était allongée dans le canapé, dans les bras de Théodore, qui embrassait son épaule dénudée. Le plaid était enroulé autour de leurs corps nus, et elle bénissait le fait qu'il ne puisse pas voir son expression contrariée. Au bout d'une demi-heure passée à se mâchonner la langue, Hermione se jeta enfin à l'eau.

-Il faut que je te parle d'un truc. Lâcha-t-elle dans un souffle.

-Moi aussi. Souffla le jeune homme au creux de sa nuque, ses doigts délaissant le délié de ses hanches pour venir jouer avec ses boucles brunes.

-Toi d'abord. Invita Hermione, qui s'était renfrognée.

-Eh bien…j'ai démissionné des Comètes. Annonça-t-il, en embrassant sa peau d'albâtre. L'interview que j'ai accordée à Jenny Stewart était la première et la dernière, voilà pourquoi elle était aussi complète. Et quelques jours plus tard, j'ai donné ma démission au Coach. Je n'en pouvais plus de cette vie.

-Oh, c'est merveilleux. S'écria-t-elle, d'une voix brisée, alors que ses yeux marron se remplissait de larmes d'émotions.

-Je voulais être avec toi. Chuchota-t-il au creux de son oreille, avant d'en mordiller le lobe tout doucement. Je n'en pouvais plus d'être loin de toi, tu me manquais trop. Puis, je ne supportais plus la pression. Je voulais retourner à une vie normale.

-Mais…mais tu vas jouer où? Balbutia Hermione, sous le choc.

Elle s'était attendue à tout, sauf à ça. Elle avait tant voulu que Théodore revienne vivre à ses côtés, qu'ils cessent leur relation à distance pour reprendre une relation de couple normale, mais elle n'aurait jamais pensé que Théodore puisse tout plaquer pour elle. Le Quidditch lui tenait tellement à cœur. Sans répondre à ses questions, Théodore attrapa son menton et posa un tendre baiser sur ses lèvres. Hermione accepta le baiser sans rechigner. Elle ferma les yeux, pour qu'il ne puisse pas voir le trouble qui habitait ses prunelles ambrées.

-Je reprends du service parmi les Frelons de Wimbourne. Répondit tout simplement Théodore, en embrassant délicatement sa tempe. Le sélectionneur a accepté de me reprendre, et deux fois plutôt qu'une. Comme quoi, je suis retourné à mes premières amours. Et cette fois, mon transfert n'a pas coûté des millions de gallions. En fait, il n'a rien coûté du tout. Comme j'étais suffisamment pété de tunes, j'ai refusé le moindre sou. Cela me faisait tellement plaisir de revenir jouer parmi les Frelons que j'aurais presque refusé qu'ils me payent.

Il avait ponctué ses dires d'un rire léger, qui avait beaucoup fait rire Hermione. Malgré sa célébrité, Théodore était resté humble, et était gêné lorsqu'il bénéficiait de traitements de faveur en raison de son statut de joueur de Quidditch international. Hermione connaissait suffisamment Théodore pour pouvoir affirmer qu'il aurait aimé continuer à vivre une petite vie bien tranquille, loin de tout ce cirque engendré par sa célébrité. Pour quelqu'un d'aussi calme et solitaire que lui, qui n'aimait pas entendre du tapage et qui stressait à chaque fois qu'il venait chez les Weasley, la transition avait été brutale.

Elle avait par ailleurs lu l'interview qu'il avait donnée, n'ayant pas tardé pour lui envoyer un exemplaire du journal où il était paru. Théodore était très séduisant sur cette photo et l'interview avait été d'une rare sincérité. C'était comme ça, Théodore ne savait pas mentir. Et qu'il envisage de se marier et d'avoir des enfants avec elle dans un futur plus ou moins proche l'avait enchantée. Théodore ronronna légèrement, ce qui fit s'esclaffer Hermione, qui caressa tendrement sa joue. Puis, il mordilla tendrement le contour de son oreille, la faisant frémir au passage.

-Et toi? Chuchota-t-il à sa nuque. Que voulais-tu me dire?

-Je…Je suis enceinte. Lâcha-t-elle en laissant ses larmes rouler sur sa joue. Je…je suis désolée, mais je ne savais pas comment te le dire, et…

-Tu es enceinte? Balbutia-t-il, éberlué.

-Oui. Confirma-t-elle dans un souffle. Je suis enceinte de sept semaines. Je…j'ai fait un test de grossesse la semaine dernière, et dans la foulée, j'ai pris un rendez-vous chez le gynécomage, qui m'a confirmé le diagnostic tout en me révélant le sexe de notre futur enfant.

-Et?

-C'est une fille. Annonça Hermione, d'une voix éteinte, en laissant échapper de nouveaux sanglots.

Hermione laissa à Théodore le temps d'assimiler ce qu'elle venait de lui dire. Légèrement tremblante, elle attendait sa réaction. La lèvre inférieure d'Hermione se mit à trembler devant l'inertie de son compagnon. Puis, Théodore embrassa doucement le creux de sa nuque, avant d'embrasser chacune de ses larmes, et enfin, la commissure de ses lèvres. Il posséda ses lèvres avec passion, et Hermione répondait à ses baisers, légèrement perplexe.

-Alors, j'ai bien fait de démissionner des Comètes. Dit-il simplement en esquissant l'ombre d'un sourire, sa main venant caresser tendrement le ventre de sa petite-amie.

Le cœur d'Hermione se mit à cogner plus fort alors que Théodore caressait son ventre avec beaucoup de tendresse, donnant tacitement son assentiment. Hermione fut soulagée qu'il réagisse bien, elle ne s'était vraiment pas attendue à une telle réaction. Et alors qu'il s'allongeait doucement au dessus d'Hermione, prêt à lui faire l'amour une nouvelle fois, Hermione savait qu'aux côtés de Théodore, elle vivrait heureuse. Elle ne put s'empêcher de sourire en pensant que leur fille viendrait au monde neuf mois plus tard, et qu'ils allaient être jeunes parents. Pour le reste, ils avaient le temps, pensa Hermione alors qu'il venait de s'insinuer lentement en elle, lui arrachant un gémissement de plaisir. Ils avaient le temps, puisqu'ils avaient toute la vie devant eux.


Et voilà pour ce premier one shoot. J'espère qu'il vous aura plu! Pour une fois, je n'ai pas grand-chose à dire, si ce n'est que: une petite review, s'il vous plaît? Les autres viendront au fur et à mesure. J'ai déjà une idée pour un autre thème, mais on verra bien.

Sinon, concernant mes autres fics, j'ai bien avancé sur le chapitre 12 du Fils Prodigue, et l'intrigue continue de se goupiller lentement mais sûrement. Et j'ai écrit presque 2 scènes sur Would you be happier. Revivre est toujours en stand-by, je n'ai pas encore eu l'occasion d'y retravailler, et ça risque d'être tendu parce que mes partiels sont dans moins d'un mois ._. Pendez moi.

Bisous bisous, et à la prochaine!