Personnages / Pairing : Ace & Luffy – enfin, surtout Luffy.

Rating : T+

Spoilers : Tome 58, non ?

Note de l'auteur : Leen, tout est de ta faute ! Ne me donne plus jamais d'AMV sur eux deux passé minuit ! Tu sais très bien que je suis beaucoup plus émotive quand je suis fatiguée ! *n'ose pas le dire, mais oui, pour une AMV d'une minute trente huit, elle a trouvé le moyen de pleurer*

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- Au moins, le mien, il bat -

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Il sentait ce trou sous ces doigts. Ce trou immonde, comme une aberration, comme une déchirure béante de la réalité. Car il était dans un rêve. Il était impossible qu'il soit autre part que dans un rêve.

Il était effrayant de penser qu'à l'endroit où se trouvait auparavant de la chair, il n'y avait maintenant qu'un vide. Il était atroce de penser que s'il avait voulu, s'il avait simplement voulu, il aurait pu passer son poing à travers le corps de Ace. Le trou était assez gros. Rien que cette pensée-là faillit le faire vomir.

Ace...

Ca ne pouvait pas être possible, simplement. Il était impossible qu'il soit mort, qu'il lui ai dit au revoir. Il était impossible qu'il ait fermé les yeux.

Car il voulait voir ces yeux ouverts, et ces lèvres où quelques minutes avant se formait encore un sourire, et ce cœur qui pendant près de dix ans avait battu à l'unisson du sien.

Il était dérisoire de penser que s'il avait collé sa tête contre le torse de son frère, il n'aurait plus entendu aucun écho.

Ace... Ace...

Ces murmures auraient pu être cris. Ces paroles auraient pu être bile. Il les hurlait, les crachait presque, lui qui restait immobile et fixait son frère avec des yeux qu'on aurait dit morts.

Ace...

Et cette prière, oh Dieu, cette prière muette se faisait si présente sous son crâne qu'il avait l'impression qu'elle allait déborder, couler par ses oreilles.

Je veux que ce ne soit qu'un rêve... il faut que ce ne soit qu'un rêve...

Ace... !

Des soubresauts infimes agitaient ses épaules. De sa bouche sortaient à présent d'inaudibles plaintes, des gémissements aigus et bas son cœur battait trop doucement pour qu'il puisse l'entendre.

Mais au moins, le mien, il bat encore...

A ces mots, une fois de plus, il sentit de la bile remonter en jet acide le long de sa gorge, et il aurait pu se pencher en avant et vomir, là, devant toute la Marine et l'équipage de Barbe Blanche. Mais il ne pouvait plus bouger. Il n'avait plus la force de se pencher. Et la bile, avec réticence, revint en arrière et laisse un goût amer, de sang et de mort, dans sa bouche.

Oui, il était inhumain de penser qu'il vivait toujours, alors que son cadavre à lui lui pesait encore sur les bras.

Alors qu'il était mort.

Ace...