Je m'excuse énormément pour le long retard, disons que j'étais très occupée et je n'ai pas pu publier. Je remercie du fond du coeur ceux qui ont mis dans leur favoris, qui on décider de suivre ma fanfiction.

Je veux aussi dire que je met beaucoup de stéréotype dans cette fanfic, n'en soyez pas offusqué. Les prégugés me répugnent, je les met pour l'ambiance.

Enfin, bonne lecture,

Nanao-chan07.


Baishe chapitre VI


«Il y a dans la mélancolie assez de poison pour tuer un homme.»

Maurice Toesca (1904-1998)


Hong-Kong, 2012.

Hong-Kong baignait dans les lumières spécialement allumées pour la nuit. Les voitures étaient encore en train de rouler à toute vitesse dans les rues, les phares jaunâtres allumés. Le smog aussi était très présent, il planait comme un fantôme jaune, un peu brun au-dessus de la métropole. Parmi les diverses ruelles sombres, les commerces de drogues, de sexe et d'armes illégales étaient éveillés depuis une ou deux heures. L'argent blanchi passait d'une main à l'autre et tombait dans les poches des rares qui dirigeaient.

À environ une heure de route de Hong-Kong, dans un coin plus reculé de la Chine, quelqu'un à la tête cagoulée venait de s'infiltrer discrètement dans une immense résidence, un long couteau effilé dans sa main droite. Ses petits yeux bruns brûlaient d'une détermination peu commune et il commença à marcher, faisant attention de faire le moins de bruits possible. Dès qu'il sentait une personne approcher, il se collait dans le coin d'un mur ou se cachait derrière un meuble. D'après ses contacts, elle serait présente cette semaine et qu'elle bougeait que très peu de son bureau la nuit. Il n'avait plus qu'à prier qu'elle ne soit pas partie dans une autre pièce, car il n'avait qu'une chance, une seule.

Il arriva finalement devant une porte qui ressemblait aux autres, mais il savait que c'était la bonne. Il passa sa main sur sa nuque et sa sueur lui resta dans la main. Il avait très chaud, le stress lui serrait le ventre.

Ne t'inquiète pas, grand frère. Je nous vengerais ce soir.

Il ouvrit très lentement la porte, de façon la plus silencieuse possible et posa un pied à l'intérieur de la pièce presque vide. Elle était plongée dans le noir. Il crut un instant que Dieu était de son côté, sa cible avait le dos tourné, en plein milieu de la pièce, ses longs cheveux noirs luisant sous les rayons de la lune. Tenant fermement son long couteau, il s'approcha d'elle et tendit l'arme, pour la poignarder.

«-Shui.»

Soudainement, il se fit plaquer douloureusement au sol par un géant de près de deux mètres de haut. La lame avait changé subitement de propriétaire et elle se trouvait à présent sous la gorge de son ancien. Il déglutit bruyamment, les yeux bruns perçants de Shui le menaçant. Shui pesa délicatement sur la lame qui cisailla violemment le cou de l'infiltré, faisant couler le sang.

«-Arrête et écarte-toi.»

Shui obéit à contrecœur et en claquant la langue, puis se posta près de sa cible qui venait de se retourner vers l'homme couché à terre.

Son visage asiatique et ses beaux yeux bridés étaient maintenant parfaitement visibles pour l'homme. Elle portait des leggings noirs qui descendaient jusqu'à ses chevilles et un chandail traditionnel chinois qui tombait jusqu'en dessous de ses fesses. Un Beretta brilla entre ses longs doigts fins. Elle se pencha vers lui et son visage à lui seul le mit hors de lui.

«-Ne t'approche pas, sale meurtrière!» s'exclama-t-il en espagnol.

Elle recula, un peu étonnée par son répondant. Il se releva et enleva sa cagoule de sa tête. C'était un latino, un mexicain. Il avait des cheveux noirs qui collaient sur sa tête toute en sueurs et de grosses lèvres vulgaires formaient sa bouche. Il était petit, pas plus d'un mètre soixante-dix. Il essaya de lui envoyer un coup de pied au visage, mais elle le bloqua d'une facilité déconcertante.

«-Ta mère ne t'as pas appris de ne pas frapper les gens? Je pense que je dois te le rappeler.» Ironisa-t-elle dans la même langue. Elle reprit son sérieux. «Shui.»

«-Oui, Yue-sama.»

Il assena au Mexicain une solide droite à la mâchoire et celui-ci se fit projeter au mur. Étourdi, la lèvre inférieure éclatée, il se soutenu tant bien que mal, les mains sur le mur. Il regarda Ming Yue, ses yeux brillants d'une colère noire. Ming Yue, elle, ne montra rien et déclara, amusée :

«-J'imagine que c'est un acte solitaire. Personne n'aurait engagé quelqu'un d'aussi incompétent pour m'assassiner.»

Il baissa la tête, honteux. Il mordit férocement sa joue intérieure. Pourquoi n'avait-il pas été capable d'accomplir sa vengeance…? Était-il aussi minable que ça? Et il ne l'avait même pas effleuré. Il avait été stupide de croire qu'il réussirait à la tuer.

«-Alors, quel est le motif de cette mise en scène?» continua Ming Yue.

Il darda une nouvelle fois son regard sur elle et les larmes lui vinrent aux yeux.

«-Vous nous avez tout pris… Toi et ton frère, vous avez tout détruit et… et… vous avez tué mon frère!» s'exclama-t-il d'une voix chevrotante.

Ming Yue garda le silence avant de finalement comprendre en haussant un sourcil.

«-Je vois… Tu dois être l'un des résidents de l'orphelinat qui a explosé en…2008, n'est-ce pas?» éluda-t-elle.

Le latino ne répondit rien, incapable de prononcer un seul mot tant que sa gorge était nouée par la rage et la tristesse.

Thaïlande, 4 ans plus tôt.

Ming Yue s'éveilla à six heures précises, par le réveil matin qui propageait son bruit strident partout dans la chambre. Elle posa son doigt sur «off» et rejeta les épaisses couvertures d'hiver à côté d'elle. Elle déposa ses petits pieds sur le tapis moelleux et se leva. Ming Yue entra rapidement dans la salle de bain par la porte correspondante, elle devait faire vite, les cours commençaient à sept heures et elle devait encore s'habiller puis ensuite manger. Elle alla aux toilettes, se lava les mains et aspergea son visage d'eau glacée pour se réveiller correctement. Elle retourna dans sa chambre et prit ses vêtements pliés qu'elle avait placés la veille sur son lit. Ming Yue enfila la chemise et le pantalon extensible noirs que le pensionnat exigeait et se fit une haute queue de cheval, laissant quelques mèches tomber sur les côtés de son délicat visage asiatique. Elle sortit de la chambre pour aller dans la grande salle à manger où elle se fit servir un petit déjeuner composé principalement de fruits exotiques.

Elle alla s'asseoir à sa table habituelle et commença à manger. Son esprit dériva pendant qu'elle mettait une mangue dans sa bouche. C'était son anniversaire. Elle avait quinze ans aujourd'hui, le 1er février. Son regard fixa le vide et elle tenu distraitement sa fourchette en l'air. Mama avait l'habitude de lui faire un gâteau triple chocolat pendant cette journée et Ming Yue en prenait toujours deux grosses parts à elle seule. Le gâteau à Mama avait un goût particulier qui le rendait meilleur que les autres. Mama n'avait jamais voulu donner sa recette à personne, pas même quand Ming Yue le lui avait demandé. Cependant, elle en avait été privée pendant plus de quatre ans maintenant. Elle rejeta la tête en arrière et regarda la lumière au plafond.

«-Liu nee-sama? Vous allez bien?»

Oda Misaki arriva à sa table et posa sa propre assiette en face d'elle et s'assit devant elle, son grand sourire au visage. Depuis qu'il avait vu qu'elle semblait se résigner sur le sujet de ses frères, il avait recommencé trop rapidement à manger avec elle chaque matin. Et dès qu'il le pouvait, il passait du temps en sa compagnie. S'en était presque rendu que ses seuls moments en solitaire étaient lorsqu'elle allait dormir et prendre sa douche. Ming Yue soupira et continua de manger.

«-Bien, toi?»

«-Je suis en pleine forme!» Il passa sa main dans ses cheveux. «Aujourd'hui, nous sommes le 1er février, non?»

Ming Yue tiqua.

«-Exact. Mais où veux-tu en venir?»

Elle fut sur ses gardes, les lèvres pincées et les sourcils froncés. Ses doigts déposèrent ses ustensiles à côté de son assiette et son index commença à taper légèrement la surface de la table de bois.

Le visage d'Oda étincela.

«-C'est votre anniversaire n'est-ce pas? Joyeux anniversaire, Liu nee-sama!» s'exclama-t-il.

Elle se détendit. Pendant un instant, elle avait eu peur. C'était une personne qui serait capable de vous humilier en faisant exploser des feux d'artifice pour votre anniversaire juste pour vous faire plaisir. Au moins, il s'était suffi à un simple souhait de joyeux anniversaire, même s'il l'avait peu trop fort à son goût. Ming Yue déposa ses ustensiles dans son plat et se leva.

«-Ne cri pas si fort.» Elle hocha la tête. « Bonne journée Oda-kun.»

Oda se leva lui aussi ses yeux braqués sur elle.

«-Que voulez-vous pour votre anniversaire, Liu nee-sama?» se risqua-t-il pendant qu'elle s'éloignait.

«-Absolument rien.»

Et elle sortit pour aller à ses cours. Ming Yue passa sa main sur son front en expirant. Elle l'avait échappé belle. Ming Yue n'aurait pas su quoi répondre, aurait menti et en aurait payé les frais. En redressant les épaules, elle pénétra dans la pièce où se donnait son premier cours de la journée.

Une limousine s'arrêta sans faire crisser les pneus près du terrain de dix kilomètres carrés. Le ciel était couvert de nuages gris et la pluie se déversait sur la totalité du sud de la Thaïlande. Le chauffeur stoppa le moteur et débarqua, parapluie à la main. Il ouvrit la portière de la banquette arrière et un individu mâle en sortit. Le chauffeur lui déposa le parapluie dans sa main et l'individu hocha la tête en signe de remerciement. Il se redressa et entama sa marche vers le «pensionnat» Tasanee, en faisant attention de ne pas mettre ses pieds dans la grosse flaque d'eau devant lui. Une rafale lui fit échapper le parapluie des mains et celui-ci s'envola dans les airs. En soupirant, il s'empressa de pénétrer dans l'établissement.

Il poussa la grande porte principale et s'engouffra dans le pensionnat. Immédiatement, ceux qui étaient présents dans le hall d'entrée posèrent leur regard sur cet inconnu aux beaux traits androgynes. De l'eau dégoulinait de sur ses longs, très longs cheveux noir jais et tombait au sol goutte par goutte. Son bel imperméable Trench-coat court noir de luxe qui lui arrivait un peu au-dessus des genoux était aussi trempé, ainsi que ses chaussures types Derby noires. Il détacha la mince ceinture en tissu et accrocha l'imperméable sur le portemanteau à côté de la grande plante verte. Il portait une simple chemise blanche en lin qu'il avait parfaitement bien roulé jusqu'au coude. Elle était rentrée dans un pantalon noir en toile qui était mouillée de façon très légère au bas. Ses yeux tout aussi noirs et bridés étaient entourés de beaux cils recourbés. Il paraissait jeune, dans les quinze ans ou seize ans environ. Son visage était impassible quand il vit le directeur du pensionnat se diriger vers lui, l'air affolé.

«-Monsieur Fei long!» s'écria-t-il.

Le directeur, Kiettisuk Saowaluk était habillé de son complet gris, parce que Fei long était une personne de marque et il se devait de bien paraître devant lui. Fei long, lui, jeta un bref coup d'œil à sa tenue à lui et soupira intérieurement. Il aurait préféré porter l'une de ses tenues traditionnelles que ce linge européen. Il s'y sentait mille fois plus à l'aise. Les vêtements européens étaient d'après lui, trop serrés.

Il reporta son attention sur le vieux directeur grisonnant et au ventre rebondi. Il lui serra la main poliment.

«-Bonjour monsieur Saowaluk.» Fei long fit une brève pause. «Comment allez-vous?»

«-Très bien, mais j'étais inquiet! Vous n'arriviez pas et le rendez-vous était pour 10 h ce matin, vous savez qu'il est presque huit heures et demie du soir…?»

Fei long fronça des sourcils. Oui, il le savait parfaitement. En fait, il avait même fait exprès pour arriver en retard. Ce que lui avait dit Yancui il y avait à peine une semaine l'avait déstabilisé.

«-… Tu… Tu veux vraiment que je l'amène avec moi? Elle pourrait tout faire planter.» Avait demandé Fei long.

«-Oui. Il faut bien qu'elle sorte de son petit cocon, un jour ou l'autre.» Avait répondu sèchement Yancui.

«-Bien, frère. Je raccroche.»

«-Oui je le sais très bien, monsieur Saowaluk. Je m'en excuse, j'ai un contretemps.» S'excusa Fei long.

«-Bon, eh bien, puisque vous êtes ici, allons signer les papiers dans mon bureau personnel.»

Fei long hocha la tête et le suivit.

Lorsque Ming Yue eut terminé de s'habiller, elle sortit de la salle de bain encore remplie d'air chaud à cause de sa douche. C'est avec agacement qu'elle remarqua Oda qui l'attendait près de l'entrée. Elle rejeta ses longs cheveux au-dessus de son épaule en ayant une grimace exaspérée.

«-Sérieusement… Pourquoi es-tu toujours ici dès que j'ai terminé ma douche?» demanda Ming Yue en se dirigeant vers la salle à manger.

Oda lui emboîta le pas, la suivant de près.

«-Mais pour vous accompagner, Liu nee-sama.»

Tout en continuant de marcher, Ming Yue lui jeta un regard dubitatif puis secoua la tête.

«-C'est une raison complètement dérisoire, tu le sais ça? J'ai l'impression d'être suivi par un harceleur amateur.» Finit-elle par déclarer descendant les marches.

Le visage d'Oda devint effrayé.

«-Mais je ne le suis pas du tout! Je veux simplement être là si vous avez besoin de moi!» s'écria-t-il pour essayer de faire disparaître le malentendu.

Ming Yue eut un rire bref en poussant la porte et respira un bon coup l'odeur délicieuse de la nourriture qui planait dans la salle à manger.

«-Avoue-le, tu te prépares à être un harceleur professionnel.»

Ming Yue accepta le plat qu'on lui offrait en disant distraitement «merci» au cuisinier. Oda, lui, parut une fois de plus choquer.

«-Mais je vous jure que non, Liu nee-sama!»

«-Menteur.»

Ming Yue le regarda du coin de son œil et sourit intérieurement. Elle aimait bien le faire sortir de ses gonds, c'était amusant à voir. Le visage du petit Oda devenait rouge comme une tomate et son air incrédule valait des millions.

Le stylo laissa son encre sur la page blanche, dévoilant une signature bien à la calligraphie fine. Un paquet de billets de cinq cents dollars passa d'une main à l'autre et un long soupir brisa le silence.

«- Je ne comprends pas pourquoi vous n'acceptez pas l'argent Yuan…» maugréa Fei long en reposant le stylo sur la table.

«-Je suis… Je suis désolé, monsieur Fei long. Notre établissement marche avec l'argent américain et thaïlandais seulement…» s'excusa Saowaluk, la voix mal assurée.

Fei long jeta un coup d'œil à travers la petite fenêtre du bureau de M. Saowaluk. Il était presque neuf heures et la nuit était déjà tombée, plongeant la pièce dans le noir. Seules des chandelles blanches placées dans leur respectif bougeoir mural éclairaient la pièce. Il fixa M. Saowaluk d'un air insistant.

«-Vous êtes bien sûr qu'elle peut… réussir ce travail?»

M. Saowaluk hocha la tête pour la énième fois et plaqua ses rares cheveux sur son crâne dégarni.

«-Oui, bien sûr. Ne vous inquiétez pas, Monsieur Fei long. Elle est très compétente.»

«-D'accord.» Fei long rejeta ses longs cheveux par-dessus son épaule. «Je m'absente. Vous me ferez revenir ici lorsqu'elle y sera elle aussi.» Déclara-t-il, hautain.

Fei long se détourna du directeur et sortit de son bureau, toujours en gardant son menton légèrement incliné vers le haut. Il referma la porte et lâcha la poignée. Soupirant, il passa sa main dans ses cheveux et commença à marcher sans but parmi l'établissement.

Le jour de ses douze ans, sa mère était venue le voir pendant son entraînement de kung-fu. Il avait immédiatement senti qu'il était arrivé quelque chose, parce que sa mère et lui, se voyaient rarement compte tenu de leurs lourdes responsabilités. Ils avaient retrouvé sa jumelle. Fei long avait voulu la voir tout de suite. Lo Shen l'avait stoppé dans son brusque enthousiaste. Et Fei long a été décontenancé. Ming Yue, sa jumelle, ne se souvenait probablement pas de lui. En tout cas, avait dit Lo Shen, elle n'avait jamais mentionné son jumeau. Fei long s'était alors laissé tomber à genoux sur le tapis. Il avait relevé sa tête et avait redemandé à la voir. Lo Shen avait secoué la tête. Impossible, elle avait perdu ses parents adoptifs et personne ne savait si elle allait supporter le changement. Il avait protesté qu'elle réussirait.

Pour la première fois depuis que Fei long côtoyait Lo Shen, celle-ci n'avait pas de réponse claire à ses questions. Il avait alors réalisé que la Ming Yue de ses souvenirs n'allait peut-être pas survivre et que les prochains mois seraient décisifs pour elle. Et elle n'était plus celle d'avant, elle était une Américaine dans l'âme. Elle n'avait plus aucun point commun avec celle qu'il avait connue. Fei long s'était résigné à ne pas la contacter et vers ses treize ans, il du obéir à Yancui. Leur père était trop occupé pour prendre soin d'eux et Fei long fut mis sous le contrôle de Yancui. Yancui ne les jamais aimés, il les avait toujours considérés comme des bâtards. Parce que Fei long et Ming Yue n'avaient pas comme père biologique, Liu Jian Feng.

Une fille de seulement cinq centimètres de moins que lui frôla son épaule gauche. Il écarquilla les yeux et sa respiration s'accéléra. Il se retourna et s'empara brutalement du poignet si familier de cette fille aux cheveux comme les siens. Très longs, noirs et soyeux. Il plongea son regard dans le sien. Il devait avoir l'air stupide comme de cette façon, les yeux grands ouverts et la bouche ouverte.

«-Ming Yue…!» s'exclama-t-il dans un souffle court.

«-Qui es-tu?»

Si elle avait pu, elle aurait mis sa main devant sa bouche à cause de son idiotie. Cet adolescent, qui venait de l'intercepter, lui ressemblait comme deux gouttes d'eau. Seulement que sa moitié était de sexe opposé. L'évidence s'imposa dès qu'elle le vit. Ou deux fractions de seconde après qu'elle eût déblatéré une question aussi stupide.

Fei long lâcha sur-le-champ le poignet frêle de Ming Yue. Il se mit à une distance respectable de près d'un mètre, et reprit un air hautain. Il eut un bref rire sec et dédaigneux.

«-Ton jumeau, serais-tu aveugle au point de ne pas le remarquer…?»

Les sourcils de Ming Yue se froncèrent. Elle n'avait pas prévu de se retrouver face à face avec son frère jumeau avant un ou deux ans et qu'il ait un ton aussi froid et méprisant envers elle. Son visage se glaça et plus aucune émotion ne traversa son visage.

«-Excuse-moi d'être aussi aveugle.» Elle croisa ses bras sur sa poitrine, le menton levé. «Et qu'est-ce que mon honorable jumeau vient faire ici?»

«-Des affaires concernant Baishe.»

Il se souvint de sa raison à Tasanee.

«-Suis-moi, Ming Yue.» Reprit-il.

«-Avez-vous bien compris, mademoiselle Liu? Y a-t-il un point que je doive éclaircir?»

«-N… Non, j'ai tout retenu…» murmura Ming Yue.

Elle frotta nerveusement ses mains l'une contre l'autre pour cacher son énervement. Ses lèvres étaient pincées et son genou tressautait tant elle était si soudainement stressée. Assise sur la chaise devant le bureau du directeur où Fei long l'avait amenée, ce dernier était debout, accoté au coin de la pièce. Il avait gardé son visage fermé tout le long de l'explication du directeur sans piper mot. Maintenant que le directeur eut fini, il ouvrit la bouche.

«-Alors si tu as compris, sors d'ici et je t'attendrai en avant du pensionnat.»

Ming Yue hocha faiblement la tête, se leva et sortit de la pièce sous les yeux des deux hommes. Arrivée dans sa chambre, elle s'affala sur le petit fauteuil en velours. Elle se massa les tempes en s'obligeant à reprendre une respiration plus régulière.

Elle voyait bien que quoiqu'elle fasse, dans la prochaine heure, resterait ancrée dans sa mémoire. Elle soupira et se mit devant le miroir pour se faire une haute queue de cheval. Une fois finie, elle prit l'holster sur la table de nuit et l'attacha de façon à pouvoir mettre son Glock à l'arrière de son dos. Elle aurait peut-être besoin de l'utiliser. Ming Yue prit une grande inspiration, elle devrait un jour ou l'autre tuer, c'était évident. Elle s'était entraînée à tirer sur des maquettes et s'en sortait très bien, sauf qu'elle se doutait bien que ce n'était pas la même chose que dans l'action de la réalité. Serait-elle capable de peser sur la détente, tuant la personne qui serait devant elle? Ming Yue espérait de tout son cœur que oui. Elle n'avait pas le droit à l'erreur, ni la faiblesse. Si la réponse s'avérait à être non, elle pouvait dire adieu à sa vie, et elle désirait vivre, ardemment.

Elle jeta un coup d'œil sur l'horloge accrochée au mur. Dix-huit heures quarante. Il était temps de se mettre en route. Le stress envahissait Ming Yue et faisait battre son cœur à cent miles à l'heure. Un tas de scénarios passait dans sa tête pendant qu'elle se rendait au lieu de rendez-vous.

Son jumeau l'attendait, le dos tourné et cinq hommes de main à ses côtés. L'un d'eux la remarqua et tapa sur l'épaule de Fei long pour lui indiquer sa présence du pouce.

«-Viens, entre dans la voiture.»

«-Hé, crevette…?»

«-Grand-frère! Je t'ai demandé cent fois de ne pas m'appeler comme ça!»

«-Ah, désolé, petit pois.»

Alejandro serra ses petits poings en dardant un regard noir sur son frère qui s'esclaffait. Ce dernier tapa le dos de son jeune frère et continua à rire. Il le prit entre ses longs bras et ils tombèrent sur le grand sofa de la salle principale de l'orphelinat. Il n'y avait presque plus personne à cette heure-ci et Jésus, le plus vieux des deux, avait demandé de veiller plus longtemps avec son petit frère, Alejandro.

«-Alors, Drodro, est-ce que tu t'y plais, ici, en Thaïlande?» demanda Jésus, plus sérieux.

Ils étaient nés à Mexico City, dans le quartier qui faisait partie des plus mal famés de la capitale. Leurs parents furent tués lors d'une violente querelle entre deux gangs de rue. Ils ont donc été placés dans un orphelinat de la ville. Lorsque Jésus et Alejandro eurent respectivement douze et huit ans, des drôles d'hommes étaient arrivés dans leur orphelinat et avaient emmené les frères et quelques autres en Thaïlande par bateau clandestin. Jésus, intelligent pour son âge, avait senti plusieurs billets de mille passer d'une main à l'autre. Cependant, il savait que ce n'était pas sécuritaire d'essayer d'en savoir plus. Depuis quelques mois, ils vivaient en Thaïlande avec leurs mêmes confrères qu'à Mexico City. Les nouvelles personnes qui s'occupaient d'eux étaient majoritairement des hommes, que Jésus trouvait un peu louche et parlait parfaitement espagnol.

Jésus regarda son petit frère Alejandro, attendant sa réponse. Alejandro lui sourit.

«-Je suis heureux ici, grand frère.»

Alejandro était la seule famille de Jésus et il était le centre du monde pour ce dernier. Jésus était prêt à sacrifier sa vie pour son petit frère.

«-Tiens, prends ça, et à mon signal, tu y iras.»

Fei long mit l'objet dans le creux de la main de Ming Yue. Elle referma ses doigts en hochant la tête gravement. Elle prit le plan qui était posé entre eux deux et le plia avant de le mettre dans sa poche. Elle posa sa main sur la poignée, se préparant à sortir.

«-Vas-y»

Ming Yue sortie, et courra silencieusement dans la nuit noire. Ses longs cheveux en queue de cheval volaient au vent et ses pas foulaient le sol, rapide comme l'éclair d'un tapotement presque inaudible.

Arriver devant la porte arrière de l'orphelinat, sans n'avoir rencontré personne, Ming Yue crocheta la serrure. Elle ouvrit la porte en tâchant de faire le moins de bruits possible et se faufila à l'intérieur. Elle repéra immédiatement le conduit d'air, grimpa au mur, décrocha la grille et pénétra dans le conduit. Elle sortit le plan de sa poche et le regarda un moment, puis le remit à sa place initiale. Ming Yue, en califourchon, commença à ramper entre l'espace métallique.

Au bout d'un certain temps, elle arriva à une autre ouverture et d'après son plan, elle était au centre de l'orphelinat. Elle se rappela les mots de Fei long :

«-quand tu seras rendue, active la bombe.»

Ming Yue regarda à travers la grille du conduit. La pièce était sombre, et il n'y avait évidemment personne. Ses pieds touchèrent le sol et elle sortit délicatement la bombe de sa poche, la mit au sol et l'activa. Elle s'apprêtait à rentrer dans le conduit, quand une voix bourrue l'interpella en espagnol. Elle ne comprit que l'essentiel.

«-Hé! Toi! Qu'est-ce que tu fous?!»

Elle se figea et la lumière alluma.

«-Ne bouge plus! Je suis armé!»

Ming Yue se retourna en se mordant la lèvre inférieure.

«- Après, tu auras dix minutes pour sortir.»

Le cerveau de Ming Yue tournait à cent à l'heure. Cela lui prenait exactement sept minutes l'aller, donc sept minutes le retour. Il était déjà passé une minute. Elle avait donc deux minutes pour se débarrasser de ce qui la gênait.

Le Mexicain s'était approché, le fusil braqué sur Ming Yue.

«-Tu voulais foutre la merde, gamine?!»

Il se rapprocha encore plus d'elle, au point d'être à quelques centimètres de son visage. Son haleine puant la bière et ses cheveux bruns étaient très gras. Ming Yue eut une grimace et l'homme plissa des yeux, montrant sa perversion.

«-Où tu voulais peut-être autre chose…?» laissa-t-il sous-entendre.

«-L'orphelinat cache un réseau de prostitution pédophile.»

Le Mexicain descendit son bras en empoignant la cuisse de Ming Yue. Elle réagit sur-le-champ en voyant la faille. Elle releva son genou valide et frappa l'entrejambe du Mexicain. Elle ne le laissa pas le temps de riposter qu'elle le frappa à la tête et il tomba à terre, sonné.

Ming Yue regarda la bombe, il lui restait sept minutes trente secondes. Elle s'apprêta à remonter.

«-S-Stop…! Arrête-toi, sale putain!»

Ming Yue se retourna brusquement et ce laissa le temps au Mexicain de se mettre en elle et le conduit d'air.

«-Tu ne passeras pas! N'y pense même pas, la môme!»

Le cœur de Ming Yue battait fort dans sa poitrine et une goutte de sueur coula à l'arrière de son cou. Il lui restait que sept minutes.

À bout, elle mit sa main dans son dos et empoigna son Glock prestement.

«- Bouge-toi.»

Le Mexicain lui fit un doigt d'honneur.

Six minutes trente secondes.

Il ne lui restait plus assez de temps. Il lui faudrait trouver une autre sortie, mais avant, se débarrasser du Mexicain.

Ming Yue se força à se vider la tête et agit. Ses bras se levèrent et elle braqua son arme. Elle pressa la détente et la déflagration se fit sonore. Les gouttes de sang vinrent tacher son visage.

Elle venait de tuer un homme de sang-froid.

«-N'hésite pas à te servir de ton pistolet.»

Le corps du Mexicain gisait maintenant au sol, le sang continuait de former une flaque rouge et avait aussi éclaboussé sur les murs vert pomme.

Ming Yue regardait le cadavre, son Glock encore braqué sur le vide, les yeux écarquillés. Son esprit s'était momentanément déconnecté.

C'était lui ou moi.

C'était une morale qu'elle avait apprise tôt avec ses professeurs. Il fallait toujours qu'elle favorise sa vie à celle de son voisin.

Une lumière rouge attira son attention.

Cinq minutes et vingt-sept secondes.

Ming Yue partit en courant, ne prenant pas le temps de remettre son Glock dans son holster. Elle fonça sur les premières portes et suivit les indications des panneaux de sortie quand il y en avait. Par chance, elle ne rencontra personne.

«-Tu devras de dépêcher de sortir, l'orphelinat est grand.»

Quand elle arriva finalement devant l'immense porte vitrée, son instinct lui disait qu'il lui restait que quelques secondes. Elle poussa la porte. Barré. Pas de serrure. Ming Yue commença à paniquer et sa respiration s'accéléra. SI elle était encore à l'intérieur lorsque la bombe éclatera, elle pouvait signer son arrêt de mort. Désespérée, elle recula d'un mètre, pris son élan et fracassa la vitre de son pied.

Ming Yue eut à peine le temps de se faufiler entre le trou ouvert, qu'elle se sentit projetée et perdit connaissance.

Jésus fut réveillé par du bruit venant de la salle de jeux. Il se redressa silencieusement pour ne pas déranger son petit frère qui dormait à poings fermés, Jésus marcha jusqu'à la porte entrouverte de la salle de jeux. Il vit une Asiatique aux longs cheveux noirs et le surveillant de nuit. Il l'entendit parler espagnol avec un fort accent américain. Il la vit lever son pistolet et abattre le surveillant. Il vit le sang revoler sur les murs et ses yeux s'écarquillèrent. Il la vit jeter un coup d'œil inquiet vers… une bombe. Il y marquait qu'il restait plus que cinq minutes et vingt-sept secondes. Obéissant à son instinct, il partit en courant rejoindre Alejandro. Il le secoua violemment et le petit ouvrit lentement les yeux, fatigués.

«-Qu'y a'-il, grand frère…?»

«-Vite! Lève-toi, Alejandro! Allez, plus vite, pas de temps à perdre!» s'écria-t-il.

Jésus prit Alejandro pas le bras et le força à se lever précipitamment. Le plus jeune des deux fronça des sourcils et ne se pressa pas.

«-Mais pourquoi…?» insista-t-il.

«-Alejandro! On n'a pas le temps pour ça! Vite, amène-toi!» le hâta Jésus.

«-Non, je veux que tu me le dises, grand frère.» Se borna à répéter Alejandro.

Jésus perdit patience et tapa l'arrière de la tête à son frère.

«-Obéis-moi, Alejandro!» hurla-t-il.

Le petit eut les larmes aux yeux et Jésus se sentit mal, mais Alejandro fit ce qu'il dit et suivit en courant son grand-frère. Au bout de près de cinq minutes, Jésus et Alejandro arrivèrent finalement devant la porte arrière. Jésus l'ouvrit brusquement et poussa Alejandro à l'extérieur avant de le suivre.

«-Cours le plus loin possible, Alejandro! Vite!»

Alejandro obtempéra et lorsqu'il fut à une centaine de mètres de l'orphelinat, celle-ci explosa, mais Dieu merci, Jésus n'avait été qu'effleuré par les débris. Il accourut près de son petit frère et l'encercla dans ses bras. Leur soulagement ne fut qu'une courte durée. Un homme habillé d'un habit noir arriva près d'eux. Jésus eut tout juste le temps de pousser Alejandro qu'il se fit tirer une balle dans la tête. Horrifié, Alejandro fixa le corps mort de son grand-frère et la main du tueur se posa sur son épaule, le faisant sursauter.

«- Va-t'en, petit.» Dit-il en mandarin sans qu'Alejandro ne puisse rien comprendre.

L'homme fit un signe de la main et Alejandro comprit. Les larmes salées qui donnaient un goût amer au fond de sa bouche infantile et il partit en courant. Ce n'est que quelques années plus tard qu'il apprit que c'était Ming Yue Liu et son jumeau qui avait fait sauter l'orphelinat. Et qui avait donné les ordres.

«-Mademoiselle Liu!»

Les cinq hommes de main cherchaient partout sur le terrain des traces de la fille des Liu. L'un d'eux, plus près des débris que les autres, commençait à paniquer sérieusement. Que leur arriverait-il s'ils n'étaient pas capables de retrouver la fille des Liu? Ils seraient certainement tous renvoyés. Le ciel était noir avec au milieu, une pleine lune entourée d'un halo blanc qui avait été, auparavant, cachée par les nuages. La pluie avait cessé depuis un long moment. Il vit une forme humaine sous de nombreux débris, à peine éclairée par la lune. Sa cage thoracique décompressa et il s'approcha de la fille des Liu.

«-Mademoiselle Liu?»

Ming Yue releva la tête, du sang coulait lentement sur son visage sale. L'homme de main s'approcha d'elle et souleva les débris au-dessus d'elle. D'un hochement de la tête, Ming Yue le remercia et appuya ses mains sur l'asphalte pour se relever. L'homme de main lui prit le bras pour l'aider. Une fois debout, elle chancela soudainement et il entoura ses épaules de son bras pour l'empêcher de tomber.

«-Mademoiselle Liu!»

«-C'est bon, je vais bien. Je peux marcher.»

Ming Yue mettait son poids que sur une seule jambe. L'homme de main la regarda attentivement. Il se pencha et tâta le mollet droit de Ming Yue avant de se redresser, l'air grave.

«-Navré de vous l'apprendre, mais vous sembler avoir un morceau de vitre qui est entré dans votre mollet.» Dit-il, l'air grave.

Elle claqua la langue et essuya distraitement le sang qui lui coulait près de ses yeux. Elle plongea son regard froid dans celui de l'homme de main.

«-Alors, aide-moi à marcher.»

Il acquiesça et la soutenu tout le long de leur marche, pendant que Ming Yue titubait. Elle se mordit la lèvre inférieure. Elle n'aimait pas se montrer en situation de faiblesse, comme maintenant. Elle se sentait alors qu'un fardeau peu digne. Elle avait manqué de mourir dans ce travail et cela l'agaçait profondément. Ming Yue n'aurait pas du avoir, ne serait-ce qu'une égratignure. Elle soupira. Plus qu'ils avançaient, plus qu'il y avait des cadavres jonchant le sol recouvert de roches. Ming Yue eut un rire sans joie.

«-Il y en a donc plus que je pensais.» Dit-elle, sarcastique.

«-Nous attendrons ceux qui on réussit à sorti, à l'extérieur et nous les tuerons.»

Ils ont dû se réveiller lorsque j'ai tiré, se dit Ming Yue. Rendu à la voiture, l'homme de main ouvrit la portière et quand Ming Yue fut engouffrée à l'intérieur, il appela les autres pour leur annoncer qu'il l'avait trouvé.

Ming Yue grimaça lorsqu'elle du s'appuyer sur son pied blesser pour s'asseoir sur la banquette de cuir. Elle referma la portière.

«-Alors tu es vivante.»

Elle se retourna vers Fei long qui avait le regard fixé à travers la vitre. Il ne voulait pas croiser les yeux de sa jumelle. Elle eut un pincement au cœur. Il avait probablement prémédité sa mort. Enfin, par façon qu'il avait dit sa constatation, il n'était pas heureux qu'elle soit vivante. Elle baissa la tête.

«-Oui.»

«-J'ai eu peur.»

Ming Yue fixa Fei long qui s'obstinait à ne pas le regarder. Elle écarquilla des yeux quand elle vit une larme tomber sur le pantalon noir de Fei long. Il avait la voix tremblante, elle venait de le remarquer. Il se retourna finalement vers elle, les sourcils froncés. Il avait été inquiet pour elle. Sans un mot, il s'approcha d'elle et l'encercla de ses bras. Bouche bée, elle ne réagit pas. Fei long enfouit son visage dans les longs cheveux noirs et tachés de sang de Ming Yue. Ils restèrent un long moment dans une étreinte fraternelle jusqu'à ce que Fei long recule doucement, en tenant Ming Yue à bout de bras. Pour la première fois depuis huit ans, il lui offrit un faible sourire, soulagé.

«-Je m'excuse. Tu aurais pu perdre la vie. Je suis terriblement désolé, Ming Yue… Excuse-moi…» murmura-t-il.

Toujours sous le choc, Ming Yue hocha la tête, ses lèvres esquissant un sourire sans qu'elle s'en aperçoive.

«-Tu ne…me détestes pas…?» souffla-t-elle.

«-Je ne t'ai jamais détesté.»

Sa réponse était le contraire du comportement qu'il avait adopté envers elle. Mais il ne savait pas quoi dire d'autre. La voiture démarra et Ming Yue grimaça de douleur une nouvelle fois. Fei long prit un air soucieux. Il fixa le mollet de Ming Yue où un filet de sang coulait.

«-Tu es blessée.» Constata-t-il. «Désolé, il n'y a pas de trousse de secours ici. Cela te dérange d'attendre jusqu'au pensionnat?»

«-Non, je ne suis pas faite en coton.»

Fei long sourit.

«-Je sais.»

«-Vous sentez-vous mieux, mademoiselle Liu?» demanda l'infirmière.

«-Oui merci.»

Ming Yue était assise sur le lit immaculé de l'infirmerie de Tasanee. On venait de soigner et panser ses blessures. Fei long avait surveillé tous les gestes de l'infirmière, inquiet. Finalement, il y avait eu plus de peur que de mal. Il remit l'imperméable qu'il avait enlevé lorsqu'ils étaient arrivés à l'infirmerie. Avant de partir, il se retourna vers Ming Yue.

«-Ah, j'allais oublier. Joyeux anniversaire, Ming Yue.»

Celle-ci sourit.

«-A toi aussi, Fei.»

Le lendemain, au centre de Tokyo.

Asami était assis derrière son bureau, regardant ses papiers, un verre de Scotch à la main. Son nouveau bras droit, Kirishima, était à ses côtés, comme à l'habitude, sur ses gardes. Soudain, le cellulaire de Kirishima vibra et celui-ci s'empressa de sortir de la pièce pour répondre, sous le regard curieux d'Asami. Kirishima ne recevait que rarement des appels, et c'était toujours de précieux contacts. C'était une des raisons pour lesquelles Asami l'avait engagé, c'était un précieux atout qu'il ne pouvait négliger. De plus, son nouveau secrétaire était dévoué et remarquablement efficace au tir.

Kirishima revint dans le bureau, sans laisser transparaître d'émotions. Asami reposa son Scotch et croisa ses bras.

«-Qu'y a-t-il?» demanda Asami.

La réponse se fit immédiate.

«-L'orphelinat qui cachait un réseau de prostitution pédophile important en Thaïlande a explosé.» Dit-il.

«-Ah oui, géré par des Mexicains, il me semble.» Asami fronça des sourcils. « Continu.»

«-D'après ce que dit ma source, l'orphelinat commençait à faire de l'ombre aux réseaux de Baishe. Il paraîtrait qu'hier soir, les jumeaux Liu on fait équipe pour s'en charger. Ils ont tué presque tous les occupants.» Poursuivit Kirishima.

Asami hocha la tête et s'alluma une cigarette tout en se levant et, se posta devant l'immense fenêtre de la pièce.

«-Autre chose?»

«-Non, aucune autre nouvelle pour l'instant, Asami-sama.»

Asami continua d'observer distraitement Tokyo, plongé dans ses pensées. Il avait hâte de voir le parcours de cette si jeune et prometteuse Liu.

Hong-Kong, 2012.

Les rayons de la lune éclairaient sombrement le visage fermé de Ming Yue. Son bras était tendu vers le latino. Son Beretta était collé sur son front et le jeune Alejandro serra des dents. Ming Yue lui fit un sourire désolé, hypocrite.

«- Désolé, mais tu ne pourras pas réaliser ta vengeance. Tu t'excuseras auprès de ton frère rendu au ciel. Adieu.»

Elle tira et le sang aspergea la pièce et tacha le tapis. Les cheveux de Ming Yue étaient à présent tachés de sang qui ruisselait sur elle. Elle se retourna vers Shui qui n'avait pas bougé d'un pouce.

«- Je vais prendre une douche. Assure-toi qu'à mon retour, tout soit nettoyé.» Ordonna-t-elle.

Il s'inclina avec respect pendant qu'elle sortait de la pièce.

«-À vos ordres, Yue-sama.»

Fin du chapitre VI

«-J'ai tué. J'ai trop tué. Et cela me pèse le cœur. Pensais-je vraiment que ma misérable vie valait plus que la leur? C'était des pensées stupides. Je suis une meurtrière idiote.»